V. DÉTENTE
— Travail d'une chute d'eau. V. chute,
— Art vétér. Les travuils sont des machines destinées à assujettir les animaux indociles ou sur lesquels on veut pratiquer quelque opération douloureuse. Il y en a plusieurs modèles; les principaux sont : les travails à poteaux, les travails-murailles et le Ut-muraille à bascule.
Le travail à poteaux est celui que l'on voit k la porte de presque toutes les forges. Il consiste en quatre poteaux fortement assemblés, tant en haut qu'en terre, entre lesquels ou assujettit le cheval. Ces poteaux ont de 2 k 3 mètres de hauteur, et ainsi disposés ils forment une espèce de cage dans laquelle le cheval est maintenu debout. Les travails bien conditionnés ont quatre anneaux fixés
d'où
mais
TRAV
dans le sol pour arrêter les quatre membres au moyen de cordes et d'entraves et portent en haut des poulies pour tenir la tète élevée. Des bandes de cuir ou de sangle passées sous le ventre et fixées à des treuils sont destinées à soulever légèrement le cheval, à l'arrêter ainsi dans tous ses mouvements et k lui ôter toute défense. Il est bon de garnir de coussins bien rembourrés l'intérieur des poteaux et traverses, au inoins celles de ces pièces qui sont carrées , afin d'éviter les fortes contusions. Quelque bien conditionnée que soit cette machine, assez dispendieuse à établir, elle est à peu près délaissée par les opérateurs, et ne sert plus aujourd'hui qu'aux maréchaux des départements du Nord et de quelques parties de l'Allemagne, pour ferrer les chevaux qui y sont habitués. Ce travail, en effet, offre plusieurs inconvénients, et malgré les précautions queJ'on prend pour y faire entrer les animaux, beaucoup s'y refusent; il est rare qu'on parvienne à les y placer sans employer les autres moyens de contrainte. Une fois qu'ils y sont entrés, ils peuvent encore s'agiter en tous sens et se heurter dangereusement contre des pièces de bois, avant qu'on soit parvenu à leur ôter assez de points d'appui ; aussi renoncet-on généralement à assujettir ainsi les animaux pour les opérer ; on trouve plus prompt et plus commode d'abattre, et l'on a raison. Les accidents que l'usage du travail ordinaire peut occasionner n'ont pas échappé à Bourgelat, qui les a signalés et qui eût su trouver sans doute dans son génie les moyens d'y parer, s'il eût vécu davantage ou si d'autres soins plus importants n'eussent absorbé son attention et son temps. Ce que l'illustre fondateur des écoles vétérinaires n'a pas entrepris, d'autres l'ont essayé, et nous avons aujourd'hui des machines ingénieuses préférables, aux travails ordinaires et dont on retirerait certainement des avantages si l'on pouvait les rencontrer partout. Malheureusement, la plupart sont compliquées, dispendieuses, exigent un emplacement spécial qu'on ne peut guère avoir que dans les grands établissements destinés au traitement des animaux. La plus nouvellement connue de ces machines est le travail-muraille.
Le travail-muraille, que Gohier perfectionna, se compose d'une grande plate-forme en planches de sapin exactement jointes, appliquées contre un mur et ayant 2 mètres de hauteur sur 3 mètres de longueur. Ces planches sont solidementclouées, àleurs extrémités et dans leur milieu, sur trois piliers bien scellés dans le mur. Neuf anneaux, fixés dans le mur avant que les planches soient posées, ce qui a polir but d'éviter tout tiraillement sur ces planches, sont disposés sur différents points de la plate-forme. Deux anneaux, distants l'un de l'autre de om,85, sont placés à om,80 du sol, à égale distance tous deux des- bords de la plate-forme. Deux autres anneaux sont à 1 mètre du sol, à im,60 l'un de l'autre; le cinquième' et le sixième anneau sont à in>,30 du sol et k 2 mètres l'un de Tautre; deux autres, à im,50 de hauteur, sont écartés de l mètre ; et enfin le dernier anneau est placé entre les deux précédents. Tous ces anneaux sont à fleur des planches. En outre, a la partie inférieure de la plate - foi'me est une grosse poutre d'environ 3 mètres de longueur engagée dans le sol et dans laquelle sont fixô3, par des vis, deux nouveaux anneaux. On y attache les pieds de l'animal avec des entraves pourvues de petits lacs, lorsque cela est jugé indispensable.
Pour fixer un cheval à l'aide de cette machine, on passe d'abord une plate-longe par son milieu dans les deux premiers anneaux désignés eton étend ses deux bouts sur le sol; une autre est arrêtée dans l'un des deux seconds anneaux, du côté où doit être placée la tête de l'animal, que l'on commence à attacher à l'un des troisièmes anneaux ; on le pousse ensuite par le côté contre le travail; on- relève aussitôt les bouts de la première plate-longe et on les engage à l'instant, de bas en haut, dans les quatrièmes anneaux. Deux hommes ou un seul s'en saisissent (suivant la résistance de l'animalj. Cela fait, on passe la plate-longe fixée en avant du poitrail dans les ganses de l'autre platelonge ; ces ganses doivent se trouver à peu près vers le milieu du corps. Enfin, on engage cette même plate-longe dans celui des seconds anneaux qui se trouve en arrière des fesses, et on la fait remonter de bas en haut et obliquement, d'arrière en avant, pour la passer dans celui des deux quatrièmes anneaux qui est au-dessus de la croupe; un aide s'en saisit et. la tient. Si l'animal cherche à se déplacer en se cabrant, on l'en empêche alors en portant l'extrémité de la plate-longe passée dans celui des quatrièmes anneaux au-dessus du garrot dans celui des deuxièmes anneaux qui est en avant du poitrail. On peut aussi recourir à la capote, qui recouvre les yeux et les tempes, pour empêcher l'animal de se frapper la tête contre les planches.
Ce travail, plus simple que le travail à poteaux, n'offre pas, comme ce dernier, l'embarras des piliers ou des barres qui masquent l'animal; aussi convient-il très-bien quand on a une opération ou un pansement à faire sur un des côtés du corps. Il peut d'ailleurs être construit très-économiquement, en scellant simplement les anneaux dans les pierres
TRAV
d'un mur solide en maçonnerie et en prenant toutes les précautions voulues pour éviter les frottements. On peut de cette manière fixer les grands ruminants comme les chevaux ; la présence même des cornes, chez les bœufs, ne cause qu'une faible gêne.
Le lit -muraille présente plus d'avantages, mais il est plus compliqué et plus coûteux. Il consisté en une sorte de plate-forme mobile tournant sur une charnière, permettant ainsi de coucher l'animal et de l'élever à des hauteurs lifférentes. 11 est formé par une paroi ou espèce de table k bascule matelassée de i mètres de longueur et de 3 mètres de largeur. On y attache le cheval au moyen d'umj sangle , puis on tourne la paroi, et ainsi le cheval se trouve couché sur une espèce de table, ce qui se pratique avec l'aide de deux hommes seulement. Mais de toutes les machines de ce genre, inventées pour assujettir les chevaux, celle qu'a décrite Fromage de Feugré est certainement la plus perfectionnée jusqu'à ce jour. Si elle est plus compliquée que les précédentes, elle présente aussi plus d'avantages, puisque la plate-forme, qui est la pièce principale, prend diverses positions et produit des effets différents, en permettant d'y assujettir le cheval debout, ou couché sur le sol, ou couché à la hauteur d'une table, ou" renversé sur le dos. Ce lit est une machine ingénieuse et présente, sans nul doute, de nombreux avantages. Seulement, ces avantages suffisent-ils pour compenser le prix élevé auquel doit revenir un appareil semblable? C'est aux
Eraticiens à consulter leurs ressources et leurs esoins pour juger, en ce qui les concerne, la question en dernier ressort.
— Iconogr. Les anciens confondaient le travail manuel avec la servitude ; aussi n'eurent-ils jamais l'idée de le figurer par quelqu'une de ces nobles et poétiques allégories dont ils étaient si prodigues. Parmi les travaux d'Hercule, tant de fois représentés par les artistes de la Grèce et de Rome, il en est sans doute de fort grossiers, le nettoiement des écuries d'Augias, par exemple ; mais ce serait une erreur de croire qu'en les faisant accomplir par un héros, la Fable antique ait voulu prouver que de pareils labeurs n'ont rien d'avilissant. Lorsque des peintres de la décadence gréco-romaine s'avisèrent de mettre en scène, dans leurs tableaux, de simples artisans, des laboureurs, des cordonniers, des barbiers, des tailleurs, on ne trouva rien de mieux que de les appeler du nom dédaigneux de rhyparographes.
■ Longtemps auparavant, les artistes d'Egypte avaient cru pouvoir, sans déroger, retracer des sujets de ce genre ; il nous suffira de citer une sculpture représentant les Travaux agricoles, qui décore le tombeau de Chamhati, intendant des domaines royaux, sous la XVIII0 dynastie, et qui a été publiée par Prisse d'A venues.
Il appartenait à l'art moderne de montrer qu'un travailleur est aussi digne d'intérêt qu'un héros, en peinture et en sculpture, comme dans la réalité. Beaucoup d'artistes, il est vrai', n'ont aperçu et reproduit que le côté pittoresque des scènes de la vie ouvrière et de la vie rurale; les artisans des tableaux flamands et hollandais ont presque toujours une grossièreté qui touche k la caricature. Ce n'est guère que depuis une quarantaine d'années que la vérité vraie a pris le dessus en ce genre de représentations.
Parmi les figures allégoriques du travail qui ont été créées par 1 art moderne, la plus célèbre est celle que Poussin a placée dans son tableau da la Vie humaine ; il lui a donné les traits d'une femme pauvrement vêtue, ayant les épaules nues et les bras décharnés, se mouvant avec peine et jetant un regard languissant sur la Richesse, dont elle parait implorer le secours. Cette image est bien plutôt celle de la Fatigue, du Travail ingrat et impuissant : le travail actif et fécond des artisans modernes demanderait à être représenté avec des bras musculeux et une ardeur infatigable. M. Puvis de Chavanes a exposé ai} Salon de 1863 deux grandes toiles intitulées le Repos et le l'ravait; au centre de cette dernière composition, des forgerons frappent sur l'enclume le métal rougi ; à droite, au premier plan, des charpentiers dégrossissent des troncs d'arbres ; k gauche, une jeune mère reçoit des mains de l'aïeule son enfant nouveau-né; au fond, un laboureur dirige'sa charrue, attelée de deux boeufs. Ces ligures de ce tableau sont presque entièrement nues ; la couleur est extrêmement pâle et morne, et le dessin, qui vise à l'ampleur, manque tout à fait de fermeté et de précision. D'autres représentations allégoriques ont été peintes par M. Charles Muller, dans la salle des Etats, au Louvre, et par M. D.-A, Magaud,dans un des grands salons de la préfecture de Marseille. Sous le titre de Travail et Paresse ou Industrie et Paresse {The Effects of Jnduslry and Idleness), W. Hogarth a dessiné une série de compositions ou il a mis en parallèle l'existence de deux artisans partis du même point, mais avec des. dispositions toutes différentes : l'un, rangé, laborieux, économe, monte de degré en degré l'échelle sociale, et, parvenu k l'apogée des honneurs municipaux, traverse- Londres dans tout l'appareil qui entoure le lord maire quand on le conduit k Guild-HalL; le second, s'abandonnant
TRAV
aux séductions de l'oisiveté, tombe dans l'indigence et, mal conseillé par elle, devient criminel et finit par la corde. Cette œuvre . de Hogarth est très-célèbre en Angleterre.