‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 336 sur 1042 · V. INDUSTRIE · texte numérisé non relu

V. INDUSTRIE

Travaux cl tel Jours (LES) , poëlïie didactique d'Hésiode, un des plus anciens monuments de la littérature grecque (vue siècle av. J.-C). C'est un recueil de maximes et de préceptes relatifs, les uns à la morale, les autres à l'agriculture et à l'économie domestique. L'auteur l'a adressé à son frère, Perses, qui, dans le partage de la succession paternelle, l'avait frustré d'une partie de ce qui lui revenait; maislepoëte administra sagement son bien; Perses, au contraire, perdit le sien par incurie ; Hésiode, sans le lui reprocher trop vertement, lui dédia, pour son édification, cette suite de leçons salutaires. Au fond, ce n'est pas seulement à son frère qu'il s'adresse ; c'est k tous ses contemporains. Ce poème venait k Son heure.

En effet, en quittant la vie guerrière pour la vie agricole et civile, les peuples ont dû substituer l'empire du travail, l'amour de la propriété à l'abus de la force, aux rapines de la conquête. Le poëme les Travaux et les Jours nous montre l'introduction d'un élément nouveau dans la civilisation naissante, l'élément du travail.

Comme composition, ce poëme paraît d'abord bien au-dessous de Y Iliade et de l'Odyssée. Hésiode ne s'est assujetti à aucun plan régulier. Après avoir invoqué les Muses et adressé une semonce k Perses, il décrit les cinq âges du monde, puis cite un apologue, donne des conseils tantôt à son frère et tantôt aux souverains, passe de l'agriculture à la morale et de l'économie domestique k la navigation ,. et finit par recommander des pratiques superstitieuses. Ses transi tionssont enfantines : i Maintenant je vais te parler d'autre chose ; • ou bien : ■ Maintenant je vais raconter aux rois un apologue qu'ils comprendront.» Mais k cette époque reculée, un ouvrage de ce genre, recueil de préceptes techniques et d'observations générales, présentait beaucoup plus de difficulté que le récit poétique des héros populaires. Par son ingénuité et les détails familiers dont il fourmille, ce poëme nous transporte, plus encore que ceux d'Homère, au sein de la civilisation primitive. 11 offre un grand intérêt historique, comme témoignage des mœurs à cette époque ancienne. C'est la civilisation dans son enfance, le passage de la vie guerrière à la vie laborieuse, de la société héroïque, basée sur la force, k une société nouvelle fondée sur le travail, l'ordre et la propriété. < Homère, dit M. Alphonse Feitlet, avait peint surtout la vie des héros , qui était à peu près celle des chefs de clan : sorte de rêve pantagruélique, toujours à table, repas se succédant et se continuant, même pendant le siège de Troie. Ce n'était nullement la vie des contemporains du poète, vie assujettie et pauvre, laborieuse et pâtissante. Hésiode l'a retracée dans son poëme, dont le titre, les Travaux et les Jours, dit tout, chaque jour ramenant son travail ; Hésiode peint la réalité. » S'il nous atteste les progrès des sciences et des arts, il nous initie au secret de cette corruption des mœurs qui dégénérait déjà en tyrannie chez les rois, en vénalité chez les juges, en avarice, en jalousie, en paresse chez presque tous les cjtoyens. Mais en même temps que ses justes plaintes annoncent un état rongé de vices nombreux, le poëte remonte, sous le rapport de la religion, à une époque bien antérieure, puisqu'il constate cette croyance des premiers siècles du polythéisme, que les dieux et les hommes sont issus d'une uièmeorigine.Ici, comme dans la Théogonie, Hésiode est le chantre de deux époques. S'il cherche à corriger ses contemporains, c'est en évoquant d'anciens souvenirs ; c'est en prononçant des commandements et des interdictions qui ressemblent aux dogmes des religions sacerdotales ; c'est en revêtant sa muse de cette forme sentencieuse qu'affectait la poésie symbolique des temps primitifs.

Hésiode explique l'origine du mal sur la terre par la belle fable dramatique de Prométhée et Pandore et par sa poétique légende des cinq âges. Aux faibles, il recommande la, résignation dans un apologue, l'Eperoier et le Rossignol, et aux forts, tout en leur reprochant leur violence, il montre le bonheur qui suit l'accomplissement du devoir, les fléaux que l'injustice déchaîne après elle. Après cesconseils généraux, le poëte engage particulièrement son frère à se livrer à l'agriculture , parcourt avec lui les travaux des champs et à cette occasion décrit quelquefois des tableaux vraiment saisis; on doit surtout remarquer cette description de l'hiver qu'on croirait, selon une judicieuse observation de M. Ampère, due k un poëte du Nord, Perses peut choisir aussi les entreprises de commerce par mer comme moyen de s'enrichir; de là des détails curieux sur le choix du navire, les saisons favorables k la navigalion. Après quelques avis de civilité puérile, de simple bienséance, le poëte termine par une sorte d'almanach populaire et superstitieux sur les jours fastes et néfastes, par rapport aux travaux de l'agriculture, du ménage ou de la navigation. Il dresse un calendrier à l'usage des agriculteurs.

On peut reprocher à ce poëme son manque

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d'ordre et de méthode. C'est le milieu et l'époque où il a vécu qui ont fait Hésiode ; son style est grave, sérieux et précis; il révèle un siècle de crise sociale, ou la pensée a besoin de se résumer dans un langage plein et nerveux, et de se concentrer en elle-même. Il parle des phénomènes de la nature en homme qui a vécu aux champs et dont l'âme n'est pas restée froide au spectacle de la nature. Mais il est avant tout moraliste, donneur de conseils; il excelle à présenter, sous une forme concise et piquante, les vérités du sens commun. Il semble n'avoir adopté la forme du vers que dans le but de rendre ses préceptes plus faciles à retenir; sa poésie à une utilité pratique.

Travail ( DE L'ORGANISATION DO ) , par

M. Louis Blanc (1840). Cet ouvrage, qui avait d'abord paru dans la Bévue du progrès, ' obtint un grand succès populaire. Tandis que les économistes s'accordaient presque tous pour le condamner, les masses 1 accueillirent avec enthousiasme. Cette divergence d'opinions s'explique par la nature même du livre, des questions qu il traite et par l'intérêt profond que témoigne l'auteur aux classes pauvres. Quel est le but que se propose M, Louis Blanc? Il nous l'apprend lui-môme : «Une s'agit pas de déplacer la richesse; il s'agit de l'universaliser en la fécondant; il s'agit d'élever, pour le bonheur de tous, de tous sans exception, le niveau de l'humanité.»

Le principe dominant dans la théorie de M. Louis Blanc est l'association , non l'association telle qu'on l'entend communément, mais l'association organisée. Partant de ce point, qu'il faut «assurer» du pain au pauvre, l'auteur se demande quelle sera la force qui doit se charger de cette œuvre sublime, Sera-ce l'industrie? NonI car elle est basée sur la concurrence, et la concurrence n'est u'une abominable oppression, parce qu'elle »it du pauvre la victime du riche. Elle" enrichit le riche et appauvrit le pauvre, accroît les inégalités sociales, engendre l'oppression et la fraude et tend à remplacer l'aristocratie de race par l'aristocratie d'argent. La concurrence est pour le bourgeois une cause incessante de ruine, pour le peuple un système d'extermination, et cependant elle ne procure pas à la masse des consommateurs e bon marché", qui lui sert de prétexte et qui seul pourrait l'excuser.

Le travail, tel qu'il est constitué, ne saurait assurer du pain au pauvre ; il faut donc chercher ailleurs le remède à la misère. C'est cependant toujours au travail que l'auteur demandera son moyen de diffusion de la richesse ; mais, pour cela, il faut que le travail soit organisé. Il demande que I Etat crée ce qu'il appelle des ateliers sociaux où tous les citoyens auront droit uu travail; l'atelier possède un capital que l'Etat lui a fourni, qui est collectif, qui est destiné à s'accroître indéfiniment, qui appartient en propre à l'association. Les travailleurs dans ces conditions peuvent se suffire à eux-mêmes. Le

ceux', au contraire, que ces conditions ne satisfont pas gardent leur argent, qui n'est pas indispensable à l'atelier. Le concours des capitalistes est toujours utile, jamais nécessaire ; donc pas de débats possibles. Pour les salaires, leur égalité, admise en théorie, est rejetée en pratique, et voici les raisons qu'en donne l'auteur : « Comme l'éducation fausse et antisociale donnée à la génération actuelle ne permet pas de chercher ailleurs que dans un surcroît de rétribution un motif d'émulation et d'encouragement, la différence des salaires serait provisoirement graduée sur la hiérarchie des fonctions. » Plus tard , quand les esprits seront mieux préparés, on pourra établir l'égalité des salaires. Au point de vue philosophique, la doctrine de M.Louis Blanc est strictement vraie ; elle prêche » l'absorption de l'individu dans une vaste solidarité où chacun recevrait selon ses besoins et ne donnerait que selon ses facultés. » Malheureusement, l'économie politique est une science éminemment pratique; voilà ce que n'ont point manqué de dire les adversaires de l'auteur; voilà ce que l'auteur s'est également dit k lui-même. Qu on lise attentivement l'œuvre de M. Louis Blanc, on y verra comme une sorte de rêve, qui pourra, dit l'auteur, se réaliser plus tard. Nous craignons, pour notre part, que l'avénement de son système ne soit subordonné à l'extinction des deux passions humaines les plus vivaces, i'amour-propre et l'égoïsme. • Dans l'édition de 1840, nous ne voyons rien qui indique chez l'auteur une intention bien réelle de mettre ses idées en pratique; il fait dans son programme des concessions -aux idées modernes ; il attend tout d'une éducation nouvelle. La révolution de 1848 est venue ; M. Louis Blanc a été sommé d'appliquer son système. On sait ce qui est advenu des ateliers nationaux, dont l'établissement, hâtons-nous de le dire, n'était point conforme à ce programme en bon nombre de points. Ses adversaires ont crié victoire 1 Ils ont eu tort. Celte épreuve ne prouve rien contre le système ; car le moment de la tenter n'était pas encore venu. Le tort de M. Louis Blanc, c'est de n'avoir point su résister à des invitations perfides; c'est d'avoir eu une trop grande confiance en lui-même et surtout d'avoir trop cru aux sentiments généreux.

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Travail (le), étude philosophique et sociale, publiée en 1864 par M. Jules Simon. S'il est une question attachée au flanc du xix<= siècle et qui menace de ne lâcher prise qu'une fois satisfaite, c'est la question du travail, et ce n'est que justice. Ce qui en retarde la solution, c'est que l'élément politique s'y mêle et obscurcit les vérités fondamentales de la science. Ce sont ces vérités que M. Jules Simon a tenté de remettre en lumière en traitant cette grave question sous tous .ses aspects, comijie philosophe et comme économiste. 1! a surtout démontré, et c'est le point capital de son livre, combien fausse est cette doctrine qui proclame un antagonisme permanent et inévitable entre le capital et le travail, ces deux branches parallèles de la fortune publique.

Parmi les divers modes de travail, le travail manuel est celui qui excite le plus de sollicitude, parce qu'il est le partage du plus grand nombre. Retracer son histoire, montrer comment, après avoir secoué l'antique servitude, il a traversé humblement le moyen âge pour se relever libre , en France du moins, à la fin du xvme siècle, indiquer sa situation présente sous un régime de liberté civile et d'égalité , telle a été la pensée de M. Jules Simon. L'histoire du travail se lie intimement k celle des révolutions politiques et sociales. Dans l'antiquité, la main-d'œuvre était esclave ; l'effort des bras dénotait une condition servile; sous l'empire romain, à côté des esclaves figure une population d'ouvriers libres, mais parqués dans l'enceinte infranchissable des corporations, à ce point que l'état de liberté n'était pour eux qu'une forme nouvelle et perfectionnée de la servitude, et qu'ils ne comptaient ni comme individus ni comme classe. Au moyen âge, l'ouvrier vit dans l'abaissement et sous le despotisme seigneurial ou royal, ne se défendant à une époque tardive que par l'organisation tyrannique elle-même des confréries, écrasé sous les impôts, sous les exactions, sous les règlements de toute sorte, et par suite incapable de conquérir l'indépendance et la dignité. Les philosophes du xvme siècle considérèrent le travail comme le principe du droit qui faisait égaux tous les citoyens. La Révolution prit des mesures pour assurer la liberté du travail; mais de nombreuses lois l'ont entravée depuis cette époque et il s'agit de regagner le terrain perdu. Poursuivant jusqu'à nos jours l'histoire du travail manuel, M. Jules Simon reconnaît que l'irrévocable suppression du régime des castes a consacré l'égalité pour les populations ouvrières; il accorde que depuis la proclamation du suffrage universel, il n'y a plus de privilège politique et que chacun est citoyen au même titre. Cependant il conclut que, pour les ouvriers, 1 égalité n'existe guère que de nom, qu'elle ne représente qu'un droit abstrait dont ils ne peuvent faire usage; il nous montre les ouvriers frappés d'incapacités sociales qui contrastent avec leur récente capacité politique et qui résultent non-seulement de leur manque d'instruction, mais encore du maintien de certaines lois inspirées par la défiance et par les préjugés d'un autre âge. La voie est cependant ouverte, il s'agit d a- . voir le courage de la suivre.

Après avpir proclamé l'impérieuse nécessité de l'instruction populaire , l'auteur consacre un chapitre à décrire les rapports étroits qui unissent fa science et la main-d'œuvre. 11 démontre ensuite combien if importe de multiplier les causes du travail, source unique du salaire, et c'est ici que l'économie politique intervient avec ses principes et ses enseignements fondés sur l'expérience. Avec son aide, l'auteur s'efforce de faire comprendre que le travail ne doit être gouverné, administré que par lui-même ; que les règlements protecteurs le gênent ; qu'il réclama pour domaine non plus le champ clos de la nationalité, mais les vastes espaces de l'univers, et que désormais la concurrence est le seul régime qui puisse, d'une part, susciter et multiplier les éléments de travail , d'autre part attribuer à chacun ce qui lui revient selon sa capacité et ses œuvres.

M. Jules Simon conclut simplement : la première chose, c'est vivre; la liberté naît ensuite de la vie. Appliquons-nous donc à développer* dans tous les sens le mouvement industriel et commercial, à perfectionner nos instruments de travail, à répandre de saines notions sur la concurrence et sur les rapports que la force des choses établit entre la maind'œuvre et le capital. L'accroissement du bien-être précipitera le progrès moral et la liberté sera.

Travail selon la coutume des ateliers el la loi <lu DéeulOfcue (L'ORGANISATION DU), par

M. Le Play (1870). Cette étude reproduit sous une nouvelle forme les idées exposées précédemment par l'auteur dans sa Réforme sociale. Le point de départ de tout son système se trouve dans cette proposition, que M. Le Play déclare une vérité fondée à la fois sur la raison et l'expérience : «Tandis que ,les riches oisifs, les sceptiques, les lettrés et les gouvernants inculquent l'erreur à la nation, puis s'éteignent pour la plupart sans postérité, certaines familles de tout rang, vouées à l'agriculture , à l'industrie , au commerce , prospèrent et se perpétuent sous la salutaire influence du travail, de la coutume et du Décalogue. Ces familles, même dans les plus hûin-

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bles situations, possèdent la science la plus utile, celle qui maintient l'union parmi les hoimnes. Elles se reconnaissent toutes à un même caractère; elles exercent sur leurs collaborateurs et leurs voisins l'autorité légitime qui se fonde sur le respect. Les familles qui ont occupé cette situation en France aux grandes époques de prospérité ont été détruites ou amoindries par l'absolutisme des souverains, la corruption des cours et par les persécutions exercées au nom du peuple. Elles tendraient k se reconstituer sans cesse par le travail, le talent et la vertu, si elles n'étaient désorganisées sans relâche par deux lois de la Révolution, le partage égal des successions et l'interdiction"de la recherche de la paternité.»

En considérant l'invasion du mal social dans ses deux foyers principaux, c'est-à-dire en France et en Angleterre, M. Le Play trouve que le gigantesque développement de l'industrie 'en Angleterre et la division du travail, en constituant des agglomérations urbaines et rompant les liens qui attachaient primitivement l'ouvrier au sol, ont introduit dans la production des périodes fiévreuses, suivies de chômages forcés, ont exagéré le salaire, mais pour le suspendre bientôt, puis, sous l'influence de doctrines théoriques, ont développé l'antagonisme de l'ouvrier et du patron. En France, au contraire, la démoralisation, commencée par les classes dirigeantes depuis Louis XIV et Louis XV, a été continuée par les violences et les abus de la Révolution, par l'esprit d'insurrection constamment entretenu, par une centralisation excessive qui a détruit tous les éléments de la vie industrielle, et notre pays a dû subir une série de douloureuses expériences, sans qu'il fût possible de fonder rien de positif.

M. De Play ne croit pas à la solution de la question ouvrière par 1 association et la coopération. « Les communautés créées à titre d'essai dans l'Occident depuis 1848 ont, dit-il, en général échoué par trois causes principales : les ouvriers n'ont guère obéi aux pouvoirs qu'ils avaient constitués; ils ont choisi des chefs peu capables, ou ils ont mal rétribué ceux qui étaient à la hauteur de leur mission ; enfin , ils ont partagé prématurément les profits et ils n'ont pu constituer rien de durable. Quant aux rares communautés qui ont réussi k vivre, elles resteront toujours dans une société libre à l'état d'exceptions. Elles ne conviennent, en effet, ni aux masses dépourvues des qualités morales nécessaires à toute action collective, ui aux individus éminents qui peuvent prospérer par leurs propres efforts. Elles répondent seulement aux convenances de cette catégorie restreinte d'ouvriers qui, par leur bonne conduite, se prêtent aux exigences du travail en commun, sans avoir l'initiative que réclame le succès sous le régime individuel. »

C'est évidemment dans ces considérations, répétées comme simples notes à la fin de l'ouvrage et développées tout au long dans la Réforme sociale du même auteur, que se trouve le point de départ du système qu'il voudrait faire prévaloir. Si l'organisation du travail comme les réformateurs modernes la comprennent, c'est-à-dire tendant à donner au travailleur une part de plus en plus large dans les produits, est complètement chimérique, il est évident qu'il faut retourner à l'ancien système, dût-il nous ramener vers le moyen âge; car l'antagonisme actuel des classes nous présage, si nous restons dans le statu quo, un conflit inévitable.

L'importance des croyances religieuses comme élément social est très-fortement indiquée dans le livre de M. Le Play. Nous voudrions glisser sur cette question brûlante ; mais nous ne pouvons nous empêcher do remarquer que la direction donnée dans ces derniers temps aux affaires religieuses ne paraît guère propre à faciliter ta solution du problème social. Il est évident, par exemple, que l'infaillibilité pontificale et le dogme de 1 immaculée conception n'apporteront pas dans ces débats de nouveaux éléments de conciliation.

Nous ne terminerons pas sans faire remarquer à quelles étranges conséquences un homme de science et de méthode peut être .entraîné par l'esprit de parti. M. Le Play signale le moyen âge, de l'an 496 à 1270, comme une des époques les plus prospères de notre histoire, et il attribue cette prospérité à l'influence du clergé. Parmi ces réformes qu'il regarde comme les plus nécessaires, il compte la liberté de tester, et par suite celle de favoriser un des enfants au détriment de tous les autres. Cela suffit pour faire juger l'œuvre, qui est moderne par la forme et l'enchaînement des raisonnements, mais très-arriérée par son esprit.

Travail {philosophie du}, par Aldrick Caumont (1871, 1 vol. in-B°). Sous ce titre général, M. Caumont, qui est un des collaborateurs du Grand Dictionnaire, a réuni cinq études dont le rapport à la question du travail paraît quelquefois un peu forcé. Elles ont pour titres : Harmonies de la justice, Direction de la liberté, Moralité dans le droit, De l'humanité laborieuse, Visions sur l'humanité. Les idées de M. Caumont, quelquefois un peu trop mystiques peut-être, sont généreuses et respirent l'amour de l'humanité. Pour en donner un spécimen, nous nous bornerons à citer les passages suivants : « Loi

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de perfectibilité indéfinieje l'homme, le travail physique, intellectuel et moral est la synthèse vivante de la philosophie, la véritable Somme économique et juridique des temps nouveaux. » — • Sans le travail, cette grande force individuelle et collective toujours en création et en mouvement, l'humanité ne se serait jamais élevée k la vertu, à la société, à la civilisation. Sans le travail, cette loi des lois, les nations vivraient sans garantie, sans principes, sans foi, sans droit. »

Travail de» femmes nu xix° siècle (LE), par

M. Paul Leroy-Beaulieu (Charpentier, 1873, 1 vol. in-18). Le sujet de cet ouvrage avait été mis au concours par l'Académie des sciences morales et politiques. M. Leroy-Beaulieu, qui obtint le prix, avait déjà été couronné en .1868 et en 1872 pour deux études importantes sur les questions ouvrières. Son travail, bien divisé et rempli de faits, met dans une heureuse lumière tous les points de l'important sujet qu'il traite.

Ce n'est que depuis peu de temps, et grâce aux développements modernes de l'industrie, que les femmes peuvent trouver à gagner leur vie en dehors des travaux domestiques. Dans l'antiquité, elles ne sortaient guère de la famille et étaient absorbées par les soins du ménage. La femme gardait la maison et filait la laine; c'est ainsi que nous la représentent les tableaux des mœurs antiques. Durant le moyen âge et jusqu'à Louis XIV, les femmes ne trouvèrent guère l'emploi de leur activité en dehors du foyer domestique; les travaux à l'aiguille, la quenouille et le rouet, les occupations agricoles, voilà à quoi se bornait leur action. Le développement des industries luxueuses, encouragées par Colbert, commença à leur créer des ressources plus étendues. A la fin du siècle dernier, la transformation de la production par les progrès des arts mécaniques acheva de donner aux femmes un rôle 'plus considérable. Les progrès constants faits par la mécanique permettent d'employer des femmes pour des fabrications qui demandaient autrefois beaucoup de force et d'énergie. Maintenant, le rôle des ouvriers est simplifié et exige seulement l'adresse nécessaire pour conduire une machine ; or, la femme est au moins aussi adroite que l'homme. Dans certaines manufactures de vis et d'écrous, en Angleterre, les femmes sont en majorité. Une enquête de 1S43 cite une manufacture de vis qui occupait 300 femmes contre 60 hommes. Elles y entrent à l'âge de treize ans, plus généralement à seize ans. Ln fabrication des épingles se fait principalement par de jeunes femmes de quatorze a dix-huit ans. Lord Brougham, dans un discours prononcé en 1862, affirmait que « les trois quarts des femmes adultes non mariées, les doux tiers des veuves et un septième des femmes mariées sont occupées, dans la Grande-Bretagne, à des travaux indépendants ou isolés. En Belgique, un recensement fait en 1846 constatait qu'il y avait 7,06C femmes, filles adultes ou enfants du sexe féminin occupées aux travaux des houillères, et 63,S3G employées dans les manufactures. Ce nombre s'est considérablement accru. En 1868, il y avait 13,524 femmes et filles occupées à l'exploitation des houillères. Aux Etats-Unis, c'est par centaines de mille qu'on peut compter les femmes employées à toutes sortes de travaux.

Mais le salaire est-il en proportion des efforts? Le sort de la femme est-il sensiblement amélioré par cet accroissement d'occupations? M. Leroy-Beaulieu pense que de grandes réformes sont à faire pour donner à la femme le bien-être qu'elU mérite par son travail, et l'éducation morale, que la manufacture ne procure pas comme la famille. Si la moyenne des salaires est de S francs par jour pour les ouvrières employées dans les fabriques, l'existence de l'ouvrière k domicile est beaucoup plus précaire ; celle-ci, en effet, n'a qu'une rétribution inférieure d'un tiers au moins à celle des premières. L'avénement de ia grande industrie a donc été pour la femme un immense bienfait, mais elle a rendu impossible le travail à domicile.

De tout cela, que résulte-t-il ? C'est qu'il est maintenant prouvé que la femme, laissée jusqu'à présent à l'écart , peut rendre de grands services à la société et qu'on doit développer ses facultés par tous les moyens possibles. Son éducation a été jgsqu'alors beaucoup trop négligée. On doit reconnaître pourtant qu'eu Angleterre, en France, en Allemagne, en Amérique se fondent des écoles professionnelles pour les femmes. ■ Ces écoles professionnelles, dit M. Leroy-Beaulieu, sont un des moyens les plus efficaces de servir les intérêts matériels et moraux de l'humanité. La meilleure sauvegarde de la vertu, c'est la connaissance d'un métier honnête et lucratif. Préparer les jeunes filles à un travail qui les nourrisse et les relève, c'est établir entre elles et la débauche une solide barrière, c'est préparer l'union des ménages et la bonne éducation des générations k venir. »

Noua ne sommes point, sur ce terrain, de l'avis de M. Leroy-Beaulieu, et nous pensons qu'il faut tendre à laisser la femme dans la famille, et, pour que cela soit possible, arriver à ce que le chef de famille ait un salaire suffisant pleinement aux besoins de sa femme et de ses enfants.

Travaux publies (MINISTÈRE DES). Pendant

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longtemps, sous l'ancienne monarchie, la construction et l'entretien des travaux publics furent abandonnés soit aux pouvoirs locaux, soit à des associations directement intéressées à l'exécution et à la conservation de ces travaux. Dans le domaine du roi, les ponts et chaussées étaient dirigés et administrés, sans aucune vue d'ensemble, par les agents de l'administration générale.

L'entretien de tous les bâtiments et lieux fortifiés appartenant au roi était confié à un officier nommé visiteur général des œuvres. Dès le règne de Charles VI, les fonctions de cet officier furent conférées aux trésoriers déjà chargés des voies de communication.

A partir du xvie siècle, l'action du pouvoir central commença k s'exercer sur l'es travaux publics, qui jusqu'alors avaient eu, pour ainsi dire, un caractère exclusif d'utilité locale. Sully essaya le premier de créer une administration centrale des travaux publics. Aux charges de surintendant des bâtiments et de surintendant des fortifications, il joignit, en 1599,'celle de grand voyer de France, qui lui donnait des fonctions analogues à celles qu'exerça depuis le directeur général des ponts et chaussées. La centralisation que le ministre de Henri IV avait tenté d'établir dans le service des ponts et chaussées tomba devant la résistance et l'hostilité des pouvoirs locaux; en 1626, la charge de grand voyer fut supprimée. Au bout de quelques années, on conçut la nécessité de réorganiser un service central. En 1645, on créa trois offices de grands voyers, surintendants des ponts et chaussées. Oolbert institua, dans les pays d'élection, un directeur général chargé de l'ensemble du service. Dès le règne de Louis XI, une commission spéciale pour la recherche des mines avait été instituée; à la tête du service était un général maître gouverneur et visiteur des mines. En 1601, Sully mit l'administration des mines sous les ordres d'un grand maître surintendant et réformateur général. La Révolution trouva les ponts et chaussées dans les attributions du contrôle des finances et les transporta au département de l'intérieur, où ils reçurent, dès 1791, une organisation plus forte et plus féconde ; la loi du 25 avril-25 mai 1791 attribua au ministère de l'intérieur, entre autres attributions, le maintien et l'exécution des lois touchant les mines, les ponts et chaussées et autres travaux publics, la navigation ut le flottage sur les rivières; iadirectiondes objets relatifs aux bâtiments et édifices publics; la surveillance de l'exécution des lois relativement à l'agriculture, au commerce de terre et de mer, aux produits des pêches maritimes, à l'industrie, aux arts et inventions, fabriques et manufactures, aux primes et encouragements. Le commerce, l'agriculture et les travaux publics se trouvaient donc réunis dans la main du ministre de l'intérieur, comme ils l'avaient été dans celle du contrôleur général des finances. En l'an IV furent créés le conseil des . mines, puis le conseil des bâtiments civils.

Le 5 nivôse au VIII, le service des ponts et chaussées forma une direction générale; en 1810, les mines furent, a leur tour, organisées en direction. L'ordonnance du 19 mai 1830 créa un ministère des travaux publics, chargé de la direction des ponts et chaussées, des mines, etc.; ce nouveau département n'eut qu'une existence éphémère, et fut réuni au ministère de l'intérieur le 31 juillet 1830. Une ordonnance du 13 mars 1831 organisa le ministère du commerce et des travaux publics, auquel elle donna des attributions trèsétendues. Le 6 avril 1834 eut lieu un nouveau remaniement d'attributions entre le département du commerce et des travaux publics et celui de l'intérieur ; les ponts et chaussées, les mines et les bâtiments civils rentrèrent à ce dernier département. Il ne resta au premier que l'agriculture, le commerce et les manufactures, sous le titre de ministère du commerce. Le 2 mars 1836, la direction générale des ponts et chaussées fut, encore une fois, détachée du ministère de l'intérieur et réunie au ministère du commerce, qui reprit le titre de ministère du commerce et des travaux publics. En 1839, nouvelle séparation des ministères du commerce et des travaux publics, constitués isolément; le 23 juin 1858, les ministères du commerce," de l'agriculture et des travaux publics furent de nouveau réunis. Mais le 17 décembre 1868 on les sépara de nouveau, et depuis lors le ministère des travaux publics a été maintenu.

Dans les attributions de ce ministère se trouvent: les corps nationaux des ponts et chaussées et des mines ; la nomination aux emplois administratifs dans les travaux publics ; la proposition aux places des fonctionnaires dont la nomination est. réservée au président de la République ; les routes nationales et départementales, sauf, pour ces dernières , les questions de comptabilité qui entrent dans les attributions du ministre de l'intérieur ; la navigation fluviale ; la défense contre les rivières et torrents; les canaux de navigation; le contrôle des canaux concédés ; les ports maritimes de commerce : l'éclairage des côtes ; les bacs et dunes, les associations syndicales pour le dessèchement des marais et les travaux d'irrigation; la réglementation des usines situées sur les cour» d'eau et des usines métallurgiques ; les rechercoes et concessions de mines; la police des

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mines, carrières, etc.; les mesures de sûreté pour les appareils à vapeur; les chemins de fer; le contrôle des travaux de construction des chemins concédés et le contrôle de l'exploitation ; les palais nationaux et bâtiments civils, la nomination des architectes, régisseurs , etc.

Les services intérieurs du ministère des travaux publics sont organisés ainsi qu'il suit:

Cabinet particulier du ministre;

Services généraux placés sous la direction du secrétaire général, et comprenant le secrétariat, la division du personnel, la division de la comptabilité et le dépôt des cartes et plans ;

Le service des ponts et chaussées et chemins de fer, placé sous la direction d'un directeur général. Il comprend':

10 Pour les ponts et chaussées, division des routes et ponts: 1er bureau, routes r,*^ tionales ; 2« bureau, routes départementales et police du roulage. Division de la navigation : l<" bureau, ports maritimes, canaux de navigation ; 2e bureau, rivières navigables et flottables ; 3B bureau, irrigations, dessèchements, usines et services divers.

2° Pour les chemins de fer, division des études et travaux : 1er bureau, études et concessions ; 2° bureau, travaux. Division de l'exploitation : lor bureau, exploitation commerciale; 20 bureau, exploitation technique, statistique centrale des chemins de fer.

Le service des mines, placé sous la direction du secrétaire général, comprend, division des mines et usines : 1" bureau, mines, appareils à vapeur ; 2e bureau, usines métallurgiques, eaux minérales, cartes géologiques et cartes agronomiques, statistique de 1 industrie minérale.

La direction des bâtiments civils et des palais nationaux comprend quatre bureaux.

Auprès du ministère des travaux publics sont institués, Sous la présidence du ministre : un conseil général des ponts et chaussées, un conseil général des mines, un conseil général des bâtiments civils, une commission centrale des chemins de fer, une commission des phares et une commission centrale des machines à vapeur.

Dans les services extérieurs du ministère des travaux publics se trouvent compris : les inspections générales des ponts et chaussées ; le service des ponts et chaussées dans les départements ; les inspections générales des chemins de fer; l'Ecole nationale des ponts et chaussées ; les inspections générales des mines ; lo service des mines dans les départements ; l'Ecole nationale des mines; l'Ecole des mineurs de Saint-Etienne; l'Ecole des maîtres-ouvriers mineurs d'Alais; enfin le service des palais nationaux.

Terminons par la liste des ministres qui ont dirigé les travaux publics depuis la création de ce ministère.

Capelle, du 19 mai 1830 au 30 juillet suivant. Le ministère est alors supprimé.

Dufaure, 12 mai 1839.

Jaubert, 1er mars 1840.

Teste, 29 octobre 1840.

Dumon, 16 décembre 1843.

Jayr, 9 mai 1847.

Marie, 24 février 1848.

Trélat, 11 mai 1848.

Recurt, 28 juin 1848.

Vivien, 13 octobre 1848.

Léon Faucher, 28 décembre. 1848.

Lacrosse, 29 décembre 1848.

Bineau, 31 octobre 1849.

Magne, 9 janvier 1851.

Lacrosse, 26 octobre 1851.

Magne, 3 décembre 1851.

Lefebvre-Duruilé, 23 janvier 1852.

Magne, 28 juillet 1852. Le 21 juin 1833, le ministère des travaux publics est réuni à celui de l'agriculture et du commerce.

Gressier, 17 décembre 1868.

De Talhouet, 2 janvier 1870.

Plichon, 15 mars 1870.

J. David, 10 août 1870.

Dorian, 4 septembre 1870.

De Larcy, 19 février 1871.

Teisserenc de Bort (par intérim), 22 juin

Fourtou, 7 décembre 1872.

Bérenger, 19 mai 1873.

Deseilligny, 25 mai 187?. '

De Larcy, 26 'novembre 1873.

Caillaux, 22 mai 1874.

Christophle, 9 mars 1876.

TRAVAIL ou DU TRAVAIL (Alphonse), aventurier français, né à Grenoble, mort, a Paris en 1617. Jusqu'à trente ans, il suivit le métier des armes. Ayantalors donné sa démission d'officier et abjuré le protestantisme, Travail entra chez les capucins et prit le nom de Père Hilarion. Peu après, il se mit, comme espion, aux gages du duc de Savoie, Charles-Emmanuel 1er, qui l'envoya à Paris en 1600. Là, Travail parvint à gagner la confiance de la marquise de Verneuil, maltresse de Henri IV, et lui persuada qu'il obtiendrait facilement du pape la réalisation de la promesse que le roi de France avait faite par écrit d épouser la marquise. Sous prétexte d'aller solliciter la dispense du mariage de la princesse de Bar, Travail obtint de Henri IV des lettres de recommandation auprès d'Ossat, ambassadeur de France à Rome; Arrivé dans cette ville, il se livra à toutes sortes d'intrigues, et d'Ossat, voyant

TRAV

à qui il avait affaire, le fit expulser de Rome. A son retour à. Paris, Travail fut emprisonné, puis relâché. Il quitta alors l'ordre des capucins, endossa la soutane et continua à se livrer à toutes sortes de basses intrigues et prit part, dit-on, à la conjuration formée contre Henri IV par les comtes d'Auvergne et d'Entragues. Devenu par la suite un des agents de Luynes, il joua un rôle dans l'assassinat du maréchal d'Ancre (avril 1617). Il ne put obtenir l'archevêché de Tours, que Luynes lui avait promis, et conspira, dit-on, contre lui. Quoi qu'il en soit, en mai 1617, il fut traduit devant le parlement et condamné k être roué vif et brûlé en place de Grève, comme ayant tenté d'empoisonner la reine mère. Travail marcha au supplice avec une grande fermeté.

TRAVAILLANT, ANTE adj. (tra-va-llan, an-te; M»mll. — mi. travailler). Qui travaille, qui a l'habitude de travailler : La classe travaillante.

— Machine travaillante, Machine qui exécute un travail mécanique.

— Techn. Surfaces travaillantes, Surfaces des meules entre lesquelles s'opère l'écrasement des matières a moudre.

TRAVAILLÉ, ÉE (tra-va-llé ; II mil.) part. passé du v. Travailler. Soumis k un travail, modifié par le travail : Du bois travaillé. De l'ivoireartistemeniTKkVkihhè. Il Elaboré, soumis à un travail de perfectionnement: Livre bien travaillé. Style trop travaillé. Il Dont les œuvres sont soumises à un travail de perfectionnement : Tacite a l'air bien moins travaillé que Salluste, Quoiqu'il soit sans comparaison plus plein et plus fini. (I.aharpe.)

— Fig. Tourmenté , inquiet , agité : Un homme travaillé de la fièvre, de la goutte, de la pierre. Une âme qui «/travaillée par l'ambition. Il Soumis à des sollicitations , à des tentatives de corruption, d'embauchage, d'entraînement : Les juges sont travaillés par la partie adverse,

— Théâtre. Acteur travaillé par le public, Acteur sifflé, hué, assailli d'injures et de projectiles.

— Manège. Accablé de fatigue : Un cheval travaillé. 11 Avoir les jambes travaillées , Avoir les jambes fatiguées, ruinées par le travail.

— Art culin. Sauce travaillée, Sauce à laquelle on a donné la consistance convenable.

TRAVAILLER v. n. ou intr. (tra-va-llé ; Il mil. — rad. travail).- Faire du travail, peiner pour faire quelque chose : Travailler nuit et jour. Elle est en âge de travailler. Travaillons, gagnons notre pain. (Boss.) Travailler est un devoir indispensable à l'homme social. (J.-J. Rouss.) Les contribuables travaillent pour satisfaire les besoins dçs fonctionnaires. (F. Bastiat.) Travailler, c'est dépenser sa vie; travailler, en un mot, c'est se dévouer, c'est mourir. (Proudh.) Les femmes riches ne travaillent pas assez, et tes femmes pauvres travaillant trop. (J. Simon.) Travailla à loisir, quelque ordre qui vous presse.

BOILEAt).

Travaillez, prenez de la peine, C'est la fonds qui manque le moins.

La Fontaine.

Travaille! est bien facile a dire; Travaille! est le cri des heureux.

A. Barbier.

— Avoir de l'ouvrage, une occupation lucrative : Ces pauvres gens sont bien malheureux, ils n'ont pas travaillé de tout Vhioer. (Acad.) Il Etre achalandé : Ce négociant travaille beaucoup. Le jour de l'an est l'époque où les confiseurs travaillent le plus.

— Avoir une action féconde : La nature travaille éternellement dans le temps et dans l'espace. (T. Thoré.)

— Agir, volontairement ou non : H a travaillé pour nous en cherchant à nous nuire. On prétend que vous travaillez contre moi.

— Fonctionner activement, en parlant de l'esprit : Son espfit, son imagination, sa tête

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