TRAVERSIER
TRAVERSAI,, ALE adj. (tra-vèr-sal,a-le — rad. traverse). Qui est de traverse, d'embranchement : La trame, ou les fils traversaux de l'étoffe, était faite de coton.'
• TRAVERSANT, AKTTE adj. (tra-vèr-san, an-te — rad. traverser). Miner. Se dit des parties de certaines roches feuilletées qui en percent et traversent les feuillets : Lorsqu'il y a des parties orbiculaires disséminées, ces parties sont enveloppées par les feuillets, et
non TRAVERSANTES.
— s. m. Pèche. Sorte de filet qu'on enfouit dans le sable, lorsque la mer est basse, et k la tête duquel on attache des lignes de distance en distance.
— Techn. Fléau de la balance commune.
TRAVEHSARI (Ambroise), plus connu sous le nom d'AmiiroUe le Cnmniduio, moine et écrivain italien, né k Portico, dans la Romagne, mort k Florence en 1439. Il entra dans l'ordre des Camaldules, dont il devint général en 1431, et parut avec éclat aux conciles de Bâle, de Ferrare et k celui de Florence, où il rédigea le décret d'union entre l'Eglise grecque et l'Eglise latine. La corruption qui régnait dans plusieurs monastères, dont quelques-uns étaient de véritables maisons de débauche, décida le pape Eugène IV k les réformer , et ce fut Ambroise le Camaldule qui fut chargé de ce soin. Ce moine nous a laissé, sous le titre de ffodceporicon, une relation naïve et curieuse des difficultés qu'il éprouva pour remplir cette mission. On a de lui en outre une Chronique du A/onl-Cassin, des harangues, des lettres et diverses traductions d'ouvrages grecs.
TRAVEBSAHI (Charles-Marie), théologien italien, né a Lugo (Ferrarais). Il vivait au xvnio siècle. Entré dans l'ordre des Servîtes, il professa la théologie k Mantoue et se rangea parmi les adversaires de Hontheim, dont il attaqua les opinions dans un ouvrage intitulé Ennodii Faventini de romani pontificii primatu (Fnenza, 1771, in-4°). En même temps il se faisait l'apologiste du Père Nannaroni, dont divers ouvrages avaient été mis à l'index, et deux écrits qu'il publia dans ce but, une Dissertation théologico - polémique sur la communion du sacrifice non sanglant de la loi nouvelle (1779) et une Instruction sur le sacrifice de la messe (1780), furent également interdits. Cette instruction a été de nouveau mise a l'index en 1819. On ignore l'époque de la mort de Traversari, qui, lors de ses démêlés avec la cour de Rome, était aumônier de la duchesse douairière de Guastalla.
TRAVERSE s. f. (tra-vèr-se — rad. travers). Pièce de bois qu'on met en travers, dans certains ouvrages de menuiserie et do charpente, pour les assembler ou pour les affermir : Mettre des traverses ô une porte, à une fenêtre.
— Fig. Obstacle, empêchement, opposition, affliction, revers : II faut s'armer de patience dans cette vie et tâcher d'être insensible aux
TRAVERSAS. (Volt.)
— Chemin de traverse ou simplement Traverse, Chemin étroit, plus direct que la grande route, ou conduisant en un point où celle-ci ne passe pas : Prendre ta traverse, les chemins DE TRAVERSE. Nos CHEMINS DE TRAVERSE présentent peut-être encore plus de terrain perdu que nos grandes routes. (B. de St-P.) il Fig. Voie détournée, différente de la voie ordinaire : Il y a, pour arriver aux dignités, des chemins détournés ou de traverse qui sont les plus courts. (La Bruy.) La reconnaissance est un chemin de traverse qui mène bien vite à l'amour. (Th. Graut.)
— Rue de traverse, Petite rue qui va d'une grande rue à une autre.
— A la traverse, Comme entrave, pour entraver, arrêter, faire obstacle : Notre marché eût été conclu si un tel ne fût venu À la traverse, ne se fût jeté k la traversa. (Acad.)
— Blas. Nom donné par quelques auteurs au filet, quand il est en barre : La traverse est ordinairement une brisure qui désigne les bâtards dans une grande maison. (Maigne.)
— Jeux. Paris de traverse, Paris qui ne sont pas du courant du jeu.
— Fortif. Massif de terre que l'on élève soit pour soustraire les défenseurs aux projectiles de l'ennemi, soit pour renforcer quel-
TRAV
que partie faible d'un ouvrage. Il Tranchée qu'on fait dans le fossé sec d'une place assiégée, ou pour le passer, ou pour empêcher qu'on ne le passe. Il Traverse tournante, Traverse complètement isolée et dont on peut faire le tour.
— Mar. Banc de sable, de vase ou de gravier, k l'entrée d'un port, d'une rade, d'une baie. Il Ouragan de peu de durée.
— Navig. ftuv. Perche posée entravers d'un train de bois, pour le consolider.
— Pêche. Traverse des bourdigues, Cloisons qui se dirigent l'une vers l'autre et forment des espèces de goulets.
— Chem. de fer. Chacune des pièces de bois placées sur le sol perpendiculairement à la direction de la voie- d'un chemin de fer, et sur lesquelles les rails sont établis.
— Méean. Machines à vapeur à traverse, Celles dans lesquelles la tige du piston porte une traverse courant entre deux glissières, qui maintiennent le mouvement du piston dans une direction rectiligne.
— Constr. Gros tuyau de fonte qui conduit dans une cheminée ouverte à l'extérieur la fumée d'une autre cheminée qui n'a pas d'issue propre.
— Techn. Chacune des barres transversales qui servent à maintenir et à fortifier les barreaux d'une grille. Il Bande de bois plate, qui se pose avec des chevilles sur le derrière des fourchettes d'un carrosse. Il Morceau de bois qui s'attache des deux bouts sur les brancards d'une voiture. 11 Armature en cuivre, sur laquelle est monté le coulisseau d'un piston de cuvette de lieux d'aisances.
— Nom donné, dans le haut Languedoc, à la troisième façon qu'on donne aux terres.
— Syn. Trnverite, barrière, ombarrna, etc. V. barrière.
— Encycl. Chem. de fer. Les rails qui constituent une voie ferrée sont maintenus par des coussinets ou des éclisses ; les pièces sont elles-mêmes fixées par l'intermédiaire de boulons et de chevillettes sur des traverses en bois qui répartissent les pressions et maintiennent l'écartement des rails. Ce sont ces traverses qui reposent sur une couche de ballast, c'est-à-dire sur un sol artificiel solide, qui transmet au terrain sur lequel est placée la voie des pressions plus régulières et mieux réparties. Les traverses sont généralement en bois.
Les traverses peuvent différer soit par leur forme, soit par leurs dimensions, soit par le bois dont elles sont faites.
On leur donne une section rectangulaire, demi-circulaire ou mixte. Autrefois, on a essayé d'employer des traverses triangulaires, mais elles tendaient à pénétrer comme des coins dans le ballast pat leur arête inférieure et étaient exposées à tourner autour de cette arête-, aussi les a- c-on abandonnées. La forme la plus employée est la forme rectangulaire ; mais on tient compte de l'essence du bois, de la préparation subie pour la conservation des traverses.
Le chêne non préparé est toujours équarri parce que l'aubier pourrirait ; préparé au contraire, il est employé sous forme demi-cylindrique. Le procédé Boucherie donne des traverses demi-rondes qu'on peut équarrir après ; les procédés Bréant et Bethell donnent des traverses de l'une ou de l'autre forme.
Considérées d'après la question de prix, ces deux formes de traverses sont en général k peu près équivalentes, et dans chaque cas particulier on se décidera en tenant compte des conditions locales.
Le volume des traverses doit être assez grand pour donner au système par sa masse et par la butée du ballast sur son périmètre la stabilité nécessaire; ce volume varie de 0010,09 k omo,ig suivant que la forme est prismatique ou demi-cylindrique.
On ne saurait d'ailleurs diminuer au delà d'une certaine limite les dimensions des traverses. Une longueur de 2m,50 n'est pas trop grande pour la largeur de voie usuelle (im,5l); on a constaté que des traverses plus courtes, même avec une largeur augmentée, ne répartissent pas convenablement les pressions. La solidité de la traverse exige un minimum d'épaisseur, au-dessous duquel ii convient d'ailleurs de ne pas se tenir si on tient à la fixité des attaches. Entin, de la longueur dépend la largeur de la traverse ; car il faut que les pressions soient supportées par une base suffisamment grande ; on pourrait, il est vrai, rapprocher davantage les traverses en les rendant moins larges; mais ce qui importe n'est pas la surface totale d'appui, variable avec la section du rail, c'est la surface de chaque appui ; chaque traverse est, en effet, appelée à supporter à un instant donné une charge maximum sensiblement égale au poids de la paire de roues de la machine la plus chargée. La question du rapprochement ne doit pas préoccuper outre mesure ; les conditions deviennent satisfaisantes lorsqu'on donne aux traverses l'écartement moyen eu rendant chacune d'elles suffisante pour supporter la charge particulière qu'elle aura à subir.
Les traversés dont les dimensions suivent sont eu service sur quelques grandes lignes. Est français. Traverses équarries, 2U1,55 à ï«a,75 X 0a>,13à0">,16 X 0m,21 àOm,30. Cette dernière dimension, qui est la largeur, est plus grande pour les traverses de joint et plus faible pour les traverses intermédiaires.
TRAV
Traverses âem\-rondes2™, 55 &2n,t5 X 0™,li a 0m,18 X 0™,26 à oa>,35.
Paris-Méditerranée. Longueur, 2m,75. Largeur des traverses intermédiaires, 0™,20 ; des traverses de joint, om,30. L'épaisseur varie de ûm,15 k 0°i,18, suivant que les traverses sont rectangulaires ou demi-circulaires.
Chemins de fer anglais,
Chemins de fer des Etats-Unis, 2n\44 X 01>,18 X 0m,15.
Les dimensions trop faibles de ces traverses sont une cause principale de l'insuffisance des voies. On ne tient pas assez compte de la condition de répartition des pressions et on ne considère les traverses que comme des tirants destinés à maintenir l'écartement des rails. Chemins de fer allemands. Les traverses de joint y reçoivent des dimensions plus grandes que les traverses intermédiaires, et les différences de cube sont le plus souvent exagérées. De là résulte une augmentation de prix inutile et notable. Les traverses longues et larges ont cependant l'avantage de donner une base de pres.sion suffisante, si imparfait que soit le bourrage sur le milieu de la voie ; les traverses d'Amérique ne donnent pas ce résultat, même lorsque le bourrage est très-soigné dans toutes les parties ; en effet, les traverses légères oscillent de droite a gauche et ces vibrations les dégarnissent vers les bouts. Si on augmente leur nombre, l'économie disparaît et le mal n'est pas complètement réparé, car le bourrage devient plus difficile. Aussi les supports très-rapprochés sont-ils très-déplacés par le passage des trains ; il arrive même que des supports soient suspendus aux rails, ce qui donne à ceux-ci des flexions excessives et disloquent les crampons.
Tous les bois n'ont pas les qualités convenables aux traverses; les seules essences etn-. ployées sont le chêne, le hêtre, le pin, le sapin, parfois le charme et le mélèze, pour ce qui concerne, du moins, les chemins de fer européens.
Soumises aux diverses influences destructives des chocs, de l'humidité, des changements de température, les traverses ont des durées variables qu'il importe de connaître. Le chêne est presque le seul bois qu'on puisse employer sans préparation lorsqu'il a été équarri. Dans de bonnes conditions, cet arbre, lorsqu'il est sain et compacte et bien enfoui dans un terrain assaini, peut durer douze à quatorze ans. Le terrain de production a aussi une grande influence, qui fait rejeter les bois extraits de certaines forêts k terrain léger.
D'excellentes traverses de cœur de chêne peuvent durer une vingtaine d'années, comme l'ont prouvé les études de M. Buresch sur les chemins de fer de Hanovre et des expériences faites dans le Wurtemberg. Tout dépend encore de l'importance des charges que supportent les traverses et de la fréquence do ces charges, en un mot du trafic de la ligna ; en Angleterre, de très-bonnes traverses posées sur un excellent ballast dans le XSreat- Eastern ont duré pendant seize ans-
La durée moyenne des traverses dans les chemins de fer allemands k trafic moyen et construits dans de bonnes conditions a été de onze années.
Les traverses de sapin peuvent durer environ huit années, mais il faut fréquemment réduire cette période à quatre ou cinq ans, sans motifs apparents, la durée du sapin étant très-variable comme sa nature. Ces traverses sont très-usitées en Allemagne et en Belgique; elles paraissent être dans ce dernier pays mieux établies et plus durables.
Le hêtre non préparé est d'un mauvais usage; les alternatives de sécheresse et d'humidité le décomposent très-rapidement et on ne peut compter sur une durée plus grande que deux ou trois ans. Le pin fournit des traverses qui durent de quatre à cinq ans. Le mélèze des forêts élevées a une assez grande solidité et se conserve pendant une douzaine d'années. Quand il a crû k des altitudes faibles, sur des coteaux peu élevés, il est bien moins résistant et dure à peine sept ou huit ans.
Les résultats précédents concernent les chemins de fer de l'Europe centrale ; si on regarde ce qui se passe dans les pays à climats extrêmes, on reconnaît que la durée de. conservation des traverses se raccourcit notablement. C'est ainsi que, dans les Indes, la question des traverses k beaucoup inquiété les constructeurs. On y a employé le sapin anglais, les bois d'Australie, le teck, le bois de fer et les bois de la côte ouest de l'Iudoustan.
Les bois d'Australie, et notamment le jarrah qui est très-dense, sont d'une faible durée, trois ans à peine ; ces bois très-lourds coûtent, du reste, beaucoup pour frais de transport. Le teck, moins lourd, se comporte très-bien, mais il est cher. On l'emploie sous une épaisseur de o™,07, ainsi que le bois de fer, qui sert en plusieurs points du réseau indien.,
Les traverses employées k l'état naturel, même lorsqu'on a soin d'enlever l'aubier, se pourrissent et se déchirent rapidement sous l'action des forces physiques et chimiques qui tendent à les détruire. On a songé depuis
TRAV
longtemps à préserver ces pièces de la pourriture prématurée; les matières préservatrices sont nombreuses, et l'on n'est point encore parfaitement fixé sur la valeur de chacune d'elles.
Le sublimé corrosif, la créosote, le sulfata de cuivre sont les substances antiseptiques les plus efficaces. Mais on ne saurait les comparer entre elles d'une manière sûre, car même pour une essence, un antiseptique et un mode d'application donnés, on ne connaît pas la durée exacte de la pièce préparée : celle-ci dépend des soins apportés au travail et de certaines conditions secondaires dont . on n'est souvent pas maître. Les dissolutions antiseptiques ne préservent d'ailleurs que le bois tendre des essences et n'atteignent pas le cœur ou bois dur.
Les traverses sont placées dans des conditions très-défavorables en ce qui concerne l'action atmosphérique de l'humidité et les réactions de la sève sur les substances ternaires non azotées du bois ; mais d'autre part elles sont k l'abri de l'action destructive des insectes. Les substances préservatrices coagulent les matières azotées putrescibles, ou forment avec elles des combinaisons stables d'où disparaissent les ferments.
Les antiseptiques sont d'un emploi plus ou moins fréquent suivant les ressources de la contrée où les traverses sont préparées. La créosote est obtenue, ainsi qu'un grand nombre de composés, confondus sous la même nom pour la question qui nous intéresse, par la distillution du goudron de houille vers 20.0". - On l'emploie donc le plus souvent dans les pays riches en houille, comme en Angleterre, en Belgique, en Prusse, et dans quelques Etats allemands. L'Est prussien emploie le mélange de créosote et d'huile lourde de goudron avec le goudron lui-même.
Le sulfate de cuivre est presque exclusivement en usage sur les chemins de fer français; il est appliqué en Allemagne; son emploi exige qu il soit pur, à un centième près de sulfate de fer.
Le sublimé corrosif est dangereux et cher; mais, utilisé avec les précautions convenables, il a donné d'excellents résultats.
Le chlorure de zinc, au contraire, est peu coûteux, mais moins énergique ; il est encore en faveur sur quelques lignes allemandes.
Nous ne nous étendrons pas ici sur le mode d'emploi des antiseptiques ; les divers moyens d'application ont été indiqués ailleurs. V.