‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 341 sur 1042 · CONSERVATION · texte numérisé non relu

CONSERVATION

• La liqueur peut être intrbduite par simple immersion au bain froid, ou par simple immersion dans un bain chaud k température peu élevée ou porté k l'ébullition. On peut ne faire l'immersion dans un bain chaud qu'après avoir chauffé le bois k l'étuve pour le purger de l'eau et de l'air qu'il contient. Ce procédé a donné peu de bons résultats.

La liqueur peut être introduite en vase clos par l'action d'une pression artificielle, le bois ayant été purgé d'air et d'eau par l'action du vide et soumis k l'action de la vapeur d'eau. C'est un bon procédé un peu coûteux, mais très-satisfaisant.

Enfin, le procédé le plus logique est le procédé Boucherie, universellement appliqué, avec quelques modifications de détail destinées k l'améliorer.

Outre ces divers modes d'application d'antiseptiques aux traverses, on a de tout temps employé le flambage des traverses. La carbonisation superficielle est destinée k retarder la pourriture des bois enfouis dans le sol. Le procédé Lapparent consiste k flamber le bois k l'aide du dard d'un chalumeau k gaz. Le prix de revient est de 0 fr. 151 par traverse sur le chemin de fer d'Orléans; si faible que soit le résultat obtenu, qui est réel, il suffit k justifier une dépense aussi peu importante.

Les traverses préparées se conservent pendant des périodes de durée variables, mais assez longues. Les traverses bien créosotées posées en Angleterre depuis trente tins sont encore parfaitement saines ; on ne les remplace jamais k cause d'une imperfection due a l'action des agents extérieurs, mais toujours par suite des dislocations dues aux actions mécaniques; le procédé est donc parfait k ee point de vue.

Le sulfate de cuivre donne une moyenne de dix ans pour la période pendant laquelle les mêmes traverses peuvent être en service; la durée de conservation varie d'ailleurs avec les essences.

Il en est de même pour les traverses préparées au chlorure âe zinc, qui donne une conservation convenable pendant une durée moyenne de huit années. Le chêne se conserve pendant quinze ou seize ans; cela tient, d'après certains ingénieurs, k l'action du chlorure de zinc sur le cœur même de l'essence.

Les traverses subissent des façons trèssimples, connues sous le nom de sabotage et qui intéressent au plus haut point les constructeurs de chemins de fer, pour la régularité des trains et la sécurité de i'esploitation. "

Ces opérations sont : la taille des portées de rails, de plaques, de coussinets ou de coussinets -éclisses; le forage des avanttrous; la pose des coussinets.

Pour les voies k coussinets, Aolissèes en porte-k-faux., ces opiw'toM se font dans un

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chantier de sabotage et la .traverse arrive toute prête sur place. Si les éclisses sont à joints , les trous des traverses de joints sont forés sur place.

Dans la voie Vignole, les tire-fond sont enfoncés sur place.

Les entailles des voies à coussinets sont horizontales, si ce "n'est pour les traverses de joints à éclisses. Dans les traverses Vignole, les entailles sont toutes inclinées, excepté pourtant celles qui reçoivent des plaques, notamment des plaques de joint.

Les entailles se font à la main ou à la machine. Le premier moyen est le plus employé; l'ouvrier se guide au moyen d'un gabarit, sorte de reproduction de la voie au droit des traverses. C'est par conséquent pour la voie à coussinets l'ensemble de deux bouts de rails entretoisés à la distance voulue par une poutre en T; pour les traverses à joints éclisses, les bouts de rails sont remplacés par des plaquettes. Pour la voie Vifnole, le gabarit de sabotage se compose de eux sabots en fonte percés de quatre cheminées au droit des crampons ou des tirefond ; les entailles plus grandes des traverses de joint sont faites au moyen d'un gabarit spécial. Dans tous les cas, c'est la face la moins large qui reçoit les entailles ; la face la plus grande en superficie repose sur le ballast et donne une meilleure base de pression. L'entaille est amorcée suivant deux lignes limites au moyen de deux traits de scie, et on la termine à la besaigue. On la vérifie au "gabarit, et on a soin de maintenir les épaulements limites qui résistent à la poussée des roues et soulagent ainsi les attaches, surtout vers l'extérieur des traverses.

La profondeur des entailles atteint un peu plus de om,01, et elles doivent être assez grandes pour que la surface de pose du rail soit au moins de om,l5. Ce minimum est porté à 0m,20 pour les traverses de joint.

L'emploi des machines ne s'est pas encore généralisé ; il réunit cependant les conditions d'exactitude et de rapidité que l'on est en droit de leur demander. Un grand nombre de machines à saboter ont été construites. L'Est français et les chemins de fer bavarois emploient la machine de M. Denis, et le Nord emploie la machine Castor. M. Couche décrit dans son Traité des chemins de fer la machine Klauss, qui a donné de bons résultats.

Le forage des trous se fait dans l'atelier de sabotage pour les voies à coussinets; le travail se fait à la main, en insérant la tarière normalement à la face de l'entaille dans les trous des coussinets qu'on écoince sur le gabarit. Les trous des tire-fond sont percés sur la voie et les crampons enfoncés quand les boulons des coussinets - éclisses sont euxmêmes serrés à fond. Dans les voies Vignole, la tarière est engagée dans les cheminées du gabarit; elle est seulement guidée, à cause du jeu. Lorsque la traverse est destinée à des rails rattachés par des encoches, ou à des joints, il y a quelques modifications de détail ; quelquefois on ne fore les trous que sur la voie.

Les machines qui façonnent les entailles percent aussi des trous.

Le sabotage doit être l'objet d'un contrôle rigoureux ; le gabarit doit être fréquemment véritié. Dans la compagnie d'Orléans, chaque traverse est soumise à un examen fait au moyen d'une jauge. La pièce est refusés lorsque les appendices intérieurs des coussinets ne peuvent entrer ou lorsque le jeu entre ces appendices et les bords de l'entaille dépasse oni,oo-l.

Pour éviter l'action de l'antiseptique ou simplement du bois sur le fer, il convient de galvaniser les traverses, cette préparation est employée aux chemins de fer du Nord et aux chemins de fer de l'Est. Les parois des trous sont enduites de goudron appliqué à chaud. Si les traverses sont conservées au sulfate de cuivre, on doit employer du goudron végétal, ainsi qu'on le fait sur les chemins de fer Paria-Méditerranée.

Lorsqu'on emploie le flambage, les trous doivent subir une opération spéciale. M, Lapparont recommande de carboniser leurs parois, préalablement enduites de goudron, au moyen d'une tringle de fer chaufifee au rouge. Un a essayé de plusieurs manières l'emploi prolongé des traverses par l'utilisation des traverses mises au rebut. Ces pièces ne sont, en effet, le plus souvent atteintes que dans une partie restreinte de leur longueur, celle qui correspond aux rails. M. Huber a proposé de former de nouvelles traverses au moyen des parties saines de deux anciennes traverses; le seul emploi, qui ait réussi est l'utilisation de ces bois pour la formation de paraneiges dans les sections exposées à être envahies par ta neige.

Les divers essais de voie métallique tentés jusqu'à présent se divisent en plusieurs classes ; elles sont caractérisées par les conditions suivantes :

ire classe. Rails ordinaires avec supports en fonte.

20 classe. Rails ordinaires avec traverses en fer analogues aux 'traverses en bois.

3<= classe. Rails à supports longitudinaux continus, applicables aux Vignole seulement. *<>. classe. Rail modifié faisant pièce avec son support longitudinal et posé sur le ballast.

Nous ne nous occuperons ici que de la se-

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conde classe, en renvoyant au mot voib pour l'étude des autres systèmes.

Les traverses en fer doivent remplir certaines conditions; leurs faces en contact avec le ballast (plan de pose, faces latérales) doivent répartir sur des surfaces assez étendues les charges supportées' par les rails; elles doivent de plus être assez rigides et se prêter à une attache solide des rails sans être trop lourdes ni trop chères. Cette condition paraît être une des plus difficiles à remplir. Plusieurs systèmes de traverses ont cependant été mis a l'épreuve et ont donné d'assez bons résultats pour que l'application en soit économique.

L'usine Couillet (Belgique) fabrique un support en double T haut et posé de champ. Il peut être relié au rail par l'intermédiaire d'une fourrure en chêne qui rachète la saillie du T, mais dont l'emploi est en réalité inutile ; on pose le rail immédiatement sur les dés, en ayant soin d'éviter qu'il y ait du jeu. Le claquement de ce mode de pose est encore à craindre dans l'appareil Desbrière, qui détermine le serrement du rail par des clavettes latérales.

Nous mentionnerons encore le système proposé par M. Zorès et connu sous le nom de traverses de Fraisans. Il a été appliqué avec succès sur plusieurs embranchements des chemins de fer de l'Est et sur la compagnie de Paris à la Méditerranée. Les poids et les prix sont de 54 kilogrammes et de 14 francs pour la traverse de joint, 39 kilogrammes et 10 fr. 50 pour la traverse intermédiaire , 40 kilogrammes et 10 fr. 60 pour la traverse de contre-joint.

Concurremment avec le type de Fraisans, la compagnie de l'Est en expérimente un autre, étudié par ses ingénieurs, et qui diffère du précédent par la fixation du rail et par la suppression d'une platine qui porte le patin du rail et qui est, dans la traverse Fraisans, fixée par des rivets au joint. Ce système est à l'essai depuis 1865 pour les traverses intermédiaires, dont le poids est de 49ki',425 sur la ligne de Paris à Mulhouse. Un rapport du service de la voie permet de conclure à l'emploi de ce système, si l'augmentation de prix des bois et l'abaissement de celui des fers continuent à se produire comme dans les dernières années, et reconnaît aux traverses en fer l'avantage de la rapidité de production et de pose.

Les chemins de fer du Nord expérimentent aussi un type qui ne diffère de celui de Lyon que par le poids un peu moindre de la traverse.

Nous mentionnerons aussi les traverses de l'IndiuD Branch RaiLway, expérimentées sur les conseils de M. Wilson; ce sont des traverses à plateau pour les coussinets et elles offrent un assez grand nombre d'avantages. Des différentes expériences faites par le chemin de fer de l'Est, il résulte que, même sur les points où la vitesse est très-grande dans le trafic, les traverses métalliques ont une grande stabilité. Il convieut-néanmoins d'employer un ballast un peu liant, se coulant dans le creux des traverses et donnant ainsi aux charges une base d'application très-suffisantêT

L'action de l'humidité ne se fait" pas sentir outre mesure sur les supports métalliques enfouis dans le ballast. Les vibrations que leur impriment les trains les préservent de cette action destructive. C'est là une des meilleures raisons qu'on puisse invoquer pour l'application des traverses métalliques, dont l'emploi serait absolument impossible si elles étaient susceptibles de se rouiller même lentement. L'étude des supports longitudinaux continus et surtout celle des rails immédiatement posés sur le ballast ont jusqu'à un certain point diminué l'importance des traverses métalliques, en reportant à d'autres expériences la recherche des moyens de construction pour des voies complètement métalliques; niais ce dont on doit le plus s'applaudir, c'est l'intérêt avec lequel est étudiée en général aujourd'hui en France, en Allemagne et dans l'Inde anglaise la question de la suppression du bois dans l'établissement des voies de chemin de fer.

TRAVERSE (GRANDE-), lies des Etats- Unis (Michigan), sur la côte N.-O. du lac Michigan. Elles présentent une superficie d'environ 40 kilom.

TRAVERSE (GRANDE-), lac des Etats-Unis, dans l'Etat de Michigan, par 45» 10' de latit. N. et 270 40' de longit. 0. Il a 60 kilom. de longueur sur l! de largeur et reçoit l'Ortaux.

TRAVERSÉ, ÉE (tra-vèr-sé) part, passé du v. Traverser. Coupé en travers; percé de part en part : Un pttys traversé par une rivière. Paris est traversé par la Seine. Il eut ta poitrine traversée d'un coup d'épée.

— Fig. Qui éprouve des traverses, des obstacles, des embarras : Etre traverse dans toutes ses entreprises.

— Blas. Se dit des pièces de Vécu enfilées par d'autres pièces : Battou-Châtel : Ecartelé aux 1 et 4 de sable, à la croix d'or ; aux S et 3 d'azur, à six annelets d'argent, traversés de dards d'azur et posés trois, deux et un.

— Manège. Cheval bien traversé, Cheval fort du dessous et large du poitrail.

— Archit. Pierre traversée, Pierre marquée de brettures entre-croisées.

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TRAVERSÉ (lies du MARQUIS-DE-), groupe d'îles de l'océan Atlantique méridional, par 560 40' de latit. S. et 29° 10' de longit. O. Elles sont au nombre de trois et peu éloignées les unes des autres; l'une d'elles renferme un volcan en activité. Elles ont été découvertes en 1819 par Bellinghausen.

TRAVERSÉE s. f. (tra - vèr - se — rad. traverser). Trajet dans lequel on traverse une étendue d eau, pour aller d'une terre à une autre : La traversée de Calais à Douvres, de Marseille à Alger, du Havre à New- York. Longue, pénible traversée.

— Voyage à travers un pays : Pendant sa traversés de la France, on ne lui permit pas de descendre de voiture. (Chateaub.)

— Fig. Traversée de la vie, Existence comparée à un voyage dont la naissance et la mort seraient les termes : Nul n'est à l'abri de l'orage dans la traversée de la vie. (Bois te.)

— Chem. de fer. Traversée de voie, Point où deux voies se coupent. Il Disposition donnée aux rails à l'endroit où deux voies se coupent, pour que les trains lancés sur une des deux voies puissent continuer leur marche dans la direction convenable.

— Comm. Sorte de toile fine, mais commune.

TRAVERSELLITE s. f. (tra-vèr-sé-li-te — de l'raverselle, nom -propre de lieu). Miner. Variété de diopside, trouvée près du village de Traverselle, en Piémont, et qui se présente en prismes rectangulaires de couleur vert foncé, offrant des stries longitudinales et terminées ordinairement d'une manière irrégulière.

TRAVERSER v. a. ou tr. (tra-vèr-sé — rad. travers). Parcourir dans sa largeur et passer au travers de : Traverser une province. Traverser une campagne, une forêt, une rivière. (Acad.)

— Etre situé au travers de : L'allée gui traverse le jardin. La Seine traverse Paris. La grande route traverse son domaine. (Acad.)

— Percer de part en part : La pluie a traversé son manteau, ses habits. Une balle lui A traversé le bras. (Acad.)

— Etre porté, communiqué au delà de l£<j renommée de Shakspeare a mis cent quarante ans à traverser te détroit. (V. Hugo.)

— Se maintenir, subsister pendant toute la durée, assister à l'évolution complète de : Nous avons traversé trois révolutions. Le génie éminemment gai des Provençaux a traversé la religion chrétienne sont en être sensiblement altéré. (H, Beyle.) Avec l'élude, on traverse les mauvais jours sans en sentir le poids. (Aug. Thierry.)

— Fig. Contrarier, s'opposer, susciter des obstacles à, empêcher ou retarder le succès de : Traverser quelqu'un dans ses projets. La fortune ne peut appartenir à l'homme sans quelque condition qui en traverse la jouissance. (Azaïs.)

O bienheureux celui qui peut de sa mémoire Effacer pour jamais ce vain espoir de gloire. Dont l'inutiie soin traverse nos plaisirs!

Racan.

— Traverser l'esprit, Se présenter rapidement et fugitivement à la pensée.

— Mar, Prendre, aborder par le travers : Traverser la lame. Traverser un navire ennemi. Il Traverser une ancre, La relever pour la placer horizontalement le long du bord, quand elle est suspendue au bossoir. Il Traverser les voiles, Roidir les écoutes du côté du vent, dans un virement de bord vent devant. Il Traverser la misaine, Haler sur l'écoute de misaine pour faire entrer le point de misaine dans le navire et faire abattre celui-ci, quand il est trop près du vent.

— Techn. Travailler en travers, dans la largeur : Traverser une planche avec le rabot. Traverser une peau avec te couteau à décharner. On ne traverse à Paris que l'agneau, qui a besoin de. souplesse et de douceur, pour en faire des ouvrages délicats. (J. de Fontenelle.) Il Traverser tes copeaux, Les séparer en divisant la feuille en quatre parties égales. Il Traverser les queues, Faire venir, au moyen des chardons, la laine aux endroits où une couverture était cousue.

— v. n. ou intr. Occuper toute l'épaisseur, passer d'un côté à l'autre, de part en part : Une pièce d'assemblage qui traverse. (Acad.)

Se traverser v. pr. Etre, pouvoir être traversé : A cet endroit, le fleuve peut SB traverser à la nage.

— Fig. Se susciter mutuellement des obstacles : Les hommes se traversent dans la route du bonheur,

— Manège. Se traverser des épaules, des hanches, Porter les épaules, les hanches de travers, dans une direction oblique : Ce cheval se traverse des épaules.

— Mar. Présenter le travers.

TRAVERSIER, 1ÈRE adj. (ira-vèr-sié, iè-

re — rad. traverser). Qui traverse. Il Peu usité dans ce sens général,

— Fig. Ennemi, contraire : Abailard était né sous une planète traversière. (Est. Pasq.)

Il Vieux en ce sens.

— Mus. Flûte traversière, Flûte ordinaire, instrument dont on joue en le mettant presque horizontalement sur les lèvres.

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— Mar. Vent traversier, Vent qui permet aux bâtiments de se rendre alternativement d'un lieu à un autre dans les deux sens opposés. Il Barque traversière, Barque qui sert habituellement à traverser d'un endroit à un autre peu éloigné.

— Art vétér. Mules traversières. V. traversée.

— s. m. Verge qui forme la croix du haut d'une bannière.

— Pintiule mobile d'un instrument de mathématiques ou d'astronomie, appelée plus souvent curseur. Il On dit aussi traver-

SAIRE.

— Mar. Sorte de chasse-marée ponté, à trois voiles. Il Traversier de chaloupe, Pièce de bois qui lie par l'avant les deux côtés d'une chaloupe il Mettre la misaine au traversier, Mettre le point de la voile vis-à-vis du traversier. Il Traversier de port, Vent qui vient en ligne directe dans un port, et qui empêche d'en sortir.

— Techn. Nom donné à des bâtons qui soutiennent plusieurs cordes et qui opèrent la communication des inarches avec les lames, dans les métiers à tisser.

— s. f. Mar. Cordage fixé au diamant d'uue ancre, pour la traverser.

— Art milit. Chacun des cordages qui, dans la construction des ponts, relient les corps des supports flottants l'un à l'autre ou à la rive.

TRAVERSIN s. m. (tra-vèr-sain — rad.

travers). Chevet, oreiller long qui occupe toute la largeur du lit.

— Faux traversin. Oreiller long que l'on met au pied du lit, pour faire symétrie avec celui qui est à la tête.

— Mar. Traverse établie entre deux pièces do la charpente, pour les consolider : Tra-

I versin d'écoutilles. Il Traversins de nage, 1 Marchepieds des chaloupes et des canots, ' pièces de bois sur lesquelles les nageurs up- ! puient leurs pieds.

! — Navig. fluv. Nom donné à des pièces de I bois disposées à la tète et à la queue d'un train flottant.

— Techu. Chacune des pièces de bois qu'on assemble pour former un fond de tonneau, il Bâton qui, dans une boucherie, sert à tenir ouvert le ventre d'un animal, il Fléau d'une balance.

TRAVERSINE s. f. (tra-vèr-si-ne — rad.

traverse). Pièce de bois qu'on fixe horizontalement sur des pilotis, pour les relier les uns aux autres.

— Mar. Planche qui sert à passer d'un bateau dans un autre.

— Techn. Traverse d'un grillage.

— Adjecti v. Mules traversines, Fissures qui surviennent au paturon et au boulet des chevaux atteints des eaux aux jambes. Il On dit

aUSSi TRAVERSIÈRES.

TRAVERSINER v. a. ou tr. (tra-vèr-si-né — rad. iraversine). Navig. fluv. Disposer les traversines de ; Traversiner un train de bois.

TRAVERTIN s. m. (travèr-taîn). Miner.

Tuf calcaire des environs de Tivoli, en Italie, employé dans les constructions : Les édifices de Rome sont construits en travertin. (Acad.) Le Cotisée est construit presque en entier de blocs de travertin. (H. Beyle.)

TRAVESTI, IE (tra-vè-sti) part, passé du v. Travestir, Qui est déguisé, qui a pris un habit propre.à un autre sexe ou à une autre condition : Des femmes travesties et masquées.

— Bal travesti, Bal dans lequel les danseurs et les danseuses sont travestis.

— Fig. Qui déguise Son caractère, qui se montre volontairement sous ufa faux jour : Je ne puis m'accommoder du caractère de cette femme ; elle est toujours travestie. (La Bruy.) Il Dénaturé, présenté sous un faux jour : Il voyait toutes ses intentions, tous ses décrets travestis en attentats contre les lois du pays. (Mérimée.) Imité d'une façon grotesque : L'Enéide travestie. La llenriado travestie.

— Théâtre. Râle travesti, Rôle d'un acteur qui prend des travestissements.

— Substantiv. Personne travestie : Comte, lui dit le travesti, donne-moi cinquante francs pour aller souper. (M. Alhoy.)

— s. m. Horlic. Variété de tulipe.

TRAVESTIR v. a. ou tr. (tra-vè-stir — d'un type latin transvestire, faire changer de vêtement; de trans, au delà, et de vesiire, vêtir). Déguiser sous un habit d'un aiure sexe ou d'une autre conditition : On le travestit en femme pour le sauver de prison. On a travesti des soldats en paysans pour surprendre la place. (Acad.)

— Fig. Fausser, dénaturer, présenter sous un faux jour : Bavarder politique, c'est, le plus souvent, travestir en héroïsme la fourberie. (Frédéric II.) La politique travestit les mensonges en vérités, et les vérités en mensonges. (Boiste.) || Traduire, imiter d'une façon burlesque : Scarron a travesti Virgile. On a travesti la Henriade et Télémaque. (Acad.)

Se travestir v. pr. Etre, pouvoir être travesti : Dans la lutte des partis, les vices se

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travestissent en vertus, et les vertus en vices. (Boiste.)

— Se déguiser, en prenant l'habit d'un autre sexe ou d'une autre condition : Se travestir pour passer à travers le camp des ennemis. Sb travestir en moine. (Acad.)

— Fig. Changer sa manière ordinaire, déguiser son caractère : Il a- le don de se travestir comme il lui plaît. (Acad.)

— Syn, Travestir, déguiser. V. DÉGUISER. TRAVESTISSEMENT s. m. (tra-vè-sti-se-

raan — rad. travestir). Action de travestir ou de se travestir ; On a vu mainte fois le travestissement être un moyen de licence et de désordre. (Ste-Beuve.)

— Fig. Transformation, action de dénaturer : Des traductions sont d'heureux travestissements, lorsqu'elles ne sont pas des caricatures. (Boiste.) Hœderer, qui aimait la discussion, n'admettait pas te travestissement de son opinion. (Ste-Beuve.)

— Théâtre. Rôle à travestissement , Rôle dans lequel les acteurs représentent successivement différents personnages ou des personnages d'un sexe autre que le leur, a Pièce à travestissements, Pièce dans laquelle les acteurs représentent successivement divers personnages.

— Encycl. Théâtre. On appelle en particulier travestissement le fuit de ces changemets subits de costume qui, dans certaines

Ëièces, s'exécutent à la vue du spectateur, 'acteur chargé d'un rôle à travestissement porte, l'un sur l'autre, deux costumes. Celui qui est en dessus est divisé en deux par tout le corps, buste, jambes, bras, etc., et chacun de ses côtés est, non point cousu, mais joint par des cordes à boyau passées dans des œillets et simplement arrêtées par des noeuds faciles à défaire ; ces différentes cordes ont tous leurs bouts lixé3 aux pieds, de façon a être facilement saisis par une main adroite. Lorsque le moment du travestissement est arrivé, l'artiste, tout en continuant son rôle, va se placer a un endroit de la scène déterminé; là, derrière chacun de ses pieds, s'ouvre un petit trappillon, invisible pour le public et juste assez grand pour laisser passer les mains de deux habilleuses placées à cet effet en dessous du plancher de la scène. Rapidement, l'acteur dénoue les cordes qui maintiennent par en haut son costume, tandis qu'en bas des mains agiles agissent de même et se saisissent des divers fils de rappel répondant à tous ceux qui joignent les diverses parties du vêtement. Puis, quand le signal est donné, on tire tous les fils, fortement et rapidement, le costume tombe et disparaît par les deux trappillons, qui se referment aussitôt sans que le public ait eu le temps de rien distinguer. Tel ebt le mécanisme, en réalité très-simple, d'un prestige de mise en scène dont l'efiet est immanquable et qui produit toujours une grande impression sur le spectateur.

On appelle aussi rôles à travestissement les rôles dans lesquels un artiste représente successivement divers personnages, ce qui l'oblige à changer fréquemment de costume; mais ces changements ont lieu dans la coulisse. «C'est une espèce de rôles, dit l'auteur du Manuel théâtral, dans lesquels excellent Perlet, f otier et Gontier. Monrose, dans les rôles travestis du Mercure gâtant, ne laisse pas oublier qu'il est Monrose ; l'acteur paraît souvent en lui, quand le personnage devrait seul se montrer ; c'est le reproche qu'on pourrait adresser quelquefois à Bernard- Léon. Mlle Déjazet est bien placée dans les travestissements. •

C'est, en effet, dans les travestissements que Ml'9 Déjazet s'était acquis durant tant

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d'années une renommée incontestée, on pourrait presque dire de la gloire. Elle a joué des rôles de ce genre dans une foule de pièces : le Capitaine Charlotte , la Douairière de Brionne, les Prés Saint-Gervais, la Comtesse du Tonneau, les Premières armes de Bichelieu, etc. Il faut citer aussi, sous ce rapport, M. Henri Monnier, qui s'est fait remarquer dans plusieurs pièces écrites par lui-même : la Famille improvisée, les Cancans, Grandeur et décadence de M. Joseph Prudhomme. '

Travestissements (les), opéra-comique en un acte, paroles de Paulin Deslandes, musique de M. Albert Grisa'r; représenté à l'Opéra-Comique le 16 novembre 1839, repris au Théâtre-Lyrique en 1854 et aux Folies-Nouvelles en octobre 1858. Cette pièce n'est qu'un arrangement de la jolie comédie de Marlon et Fronlin ou Assaut de valetsfiouës au commencement de ce siècle avec un grand succès. Cet ouvrage a paru faible. On y a remarqué néanmoins l'air de ténor chanté par Chollet et accompagné par une clarinette obligée, et des couplets oien tournés, chantés par M'ie Prévost.

TRAVESTISSEUR s. m. (tra-vè-sti-seur — rad. travestir). Celui qui travestit une œuvre littéraire : Scarron est le travestisseur de i'Enéide.

— Par exagér. Mauvais traducteur,

TrnTinia (la), opéra en trois actes, livret de M. Piave, musique de M. Verdijreprésenté à Venise en mars 1853 et au Théâtre-Italien de Paris le 6 décembre 1856. Violetta Valéry, nouvelle Dame aux camellias, mène une existence tumultueuse, dissipée, vertigineuse avec son amant Alfredo. Le père de celui-ci va trouver la courtisane et tente des efforts désespérés pour lui arracher son fils. Les scènes de bal, de jeu se succèdent. Violetta, compromise, outragée, devient odieuse à Alfredo, qui s'en éloigne en la maudissant. Au troisième acte, la malheureuse femme est arrivée au dernier degré de la phthisie pulmonaire; étendue sur son lit funèbre, elle rassemble ses forces pour chanter un duo avec Alfredo, qui est revenu assister à l'agonie de sa maîtresse, pendant qu'on entend au dehors la bacchanale du mardi gras, et elle meurt dans ses bras. On peut dire que la musique du maestro a fait accep'ter le sujet. Elle est assurément bien propre à captiver l'auditeur le plus prévenu. L'introduction, le chœur dans lequel se trouve le brindisi : Libiamo ne' lieti calici, le duo sur un temps de valse sont des morceaux tout à fait saillants, dont la mélodie est ferme, vive, accentuée et bien caractérisée. Au second acte, ia scène entre le père et le fils est assez pathétique. Celle dans laquelle Alfredo, indigné, jette à la tète de Violetta les billets de Banque et l'or a de l'énergie et du mouvement. Le troisième acte est douloureux à voir, mais la musique est délicieuse h entendre. La romance chantée par Violetta mourante, son duo passionné avec Alfredo méritent d'être placés au rang des meilleures inspirations de M. Verdi, Il est à regretter que le compositeur ait un peu négligé son instrumentation. Certains instruments de cuivre, comme le cornet à pistons, accompagnent trop obstinément les voix pendant de longues phrases entières. Le rôle principal a été joué avec succès par Ml'e Piccolomini en 1856; les autres ont été remplis par Mario et Graziani. La Traviata a été l'occasion d'un nouveau triomphe pour MUePatti. Cet opéra a été donné au Théâtre-Lyrique le 27 octobre 1804, sous le titre de Violetta. Mlle Nillson y a trouvé l'un do ses plus beaux succès.

Nous allons donner deux des morceaux les plus remarquables de la Traviata •

cavatine.

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