‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 349 sur 1042 · TREMBLANTE · texte numérisé non relu

TREMBLANTE

— Qui frissonne ; qui est agité de mouvements saccadés, généralement accompagnés d'un sentiment de froid : Etre tremblant de fièvre, de froid. Il Qui est agité de petits mouvements saccadés causés par l'affaiblissement des organes .: Avoir la tète tremblante. (Acad.) Mes genoax tremblants ne pouvaient me soutenir. (J.-J. Rouss.)

— Agité, frémissant de peur, de colère ou de quelque autre sentiment : Combien les rois sont exposés à être te jouet des hommes lors même que les autres hommes paraissent tremblants à leurs pieds t (Féu.)

— Chevrotant; qui s'élève et s'abaisse par intervalles rapides, en parlant d'un son et particulièrenent de la voix : La chèvre a quelque chose de tremblant et de sauvage dans la voix. (Chateaub.) Il Irrégulier et variant d'intensité par oscillations rapides eu partant de ia iumière : La lumière tremblante d'une torche.

— Pathol. Délire tremblant Syn. peu

■ USlté de DELIR1UM TREMENS.

— Art vétér. Maladie tremblante, Maladie particulière du mouton.

— Art culin. Se dit d'une pièce de bœuf si grasse et si entrelardée de graisse, qu'elle tremble au moindre mouvement.

— s. m. Mus. Modification des jeux de l'orgue, qui les fait trembler à volonté.

— Modes. Papillote d'or que les dames de Nuremberg portaient à leur coiffure, et qui brillait en tremblant à chacun de leurs mouvements.

— s. f. Ichtbyol, Nom vulgaire du tremedor. V. ce mot.

— Encycl. Art vétér. Maladie tremblante. Sous ce nom et sous ceux de maladie convulsive, maladie folle, maladie chancelante mal de nerfs, on désigne une maladie des moutons, qui parait s'être introduite en France avec les mérinos et ne s'est jusqu'à présent fait remarquer que sur cette race et sur les bétes à laine améliorées. Il n'est cependant pas bien prouvé que les races indigènes ni même les autres quadrupèdes domestiques en soient exempts. Elle attaque presque exclusi-

vement les jeunes bêtes, depuis l'âge d'un an jusqu'à trois ans révolus, plus tôt ou plus tard, suivant qu'elles sont plus ou moins poussées de nourriture. On a remarqué d'une manière générale qu'elle se développait avec d'autant plus de précocité que l'accroissement était plus prompt et plus avancé. Elle détermine le dépérissement graduel des bêtes, la fonte de la graisse et la production de certains vers intestinaux. §a durée ordinaire est de cinq à six mois ; quelques individus périssent ayant cette époque, tandis que d'autres la dépassent. On considère comme étant à l'abri de son invasion les individus qui ont dépassé leur troisième année ; cependant il ya des exemples de bêtes plus âgées qui en ont été atteintes.

Cette maladie ne suit pas toujours la même marche. Le plus souvent, elle se montre avec tous les caractères d'un prurigo; d'autres fois, elle se rapproche de l'épilepsie et constitue une véritable maladie convulsive. Dans le premier cas, la maladie débute par des démangeaisons qui vont toujours en augmentant et qui persistent aussi longtemps que la maladie elle-même. Ces démangeaisons se manifestent d'abord à l'origine de la queue et à la croupe, d'où elle se propage peu à peu aux reins, dans les membres et finissent par gagner les pieds et la tête ; elles deviennent parfois si violentes que les animaux se mordent et se déchirent, La faiblesse des reins qui les accompagne et s'accroît dans la même proportion qu'elles dégénère en paralysie complète, de sorte qu'avant de mourir l'animal, perclus de ses , membres, reste plus ou moins longtemps ' étendu sur le sol sans pouvoir bouger de place,

La maladie se décèle par les frottements réitérés que l'animal exerce contre tous les corps durs qui sont à sa portée. Au début, les démangeaisons sont légères, et ne résident que dans la queue; après qu'elles se sont apaisées par des frottements, l'animal se remet à manger comme à l'ordinaire et paraît jouir de la plus parfaite santé. Mais, a mesure que la maladie fait de3 progrès les frottements des différentes parties "du corps deviennent plus fréquents, plus forts et plus longs. La bête remue souvent la queue et l'agite parfois d'une manière violente. Il orrive un moment où elle se livre à des accès de frottements qui durent jusqu'à l'épuisement des forces et déterminent l'arrachement de la laine. La plupart des bêtes se mordent la queue et les parties inférieures des membres , s'arrachent la laine des parties où elles portent la dent et finissent par y produire des excoriations. A force de se retourner dans la litière, quelques individus s'empêtrent dans le fumier ; d'autres, en se frottant contre les râteliers, s'embarrassent et se prennent entre les fuseaux.

A une époque plus avancée de la maladie le mouton prend un air inquiet et é^aré • if devient extrêmement craintif, et la moindre chose lui inspire de la frayeur ; hors de la bergerie, il porte la tête "haute, tient les oreilles basses, fait de petits pas et semble marcher en cadence; il va seul, s'arrête souvent pour se frotter et se mordre et vacille, tantôt du derrière, tantôt du devant parfois de tout le corps. La marche devenant de plus en plus incertaine et chancelante, il tombe fréquemment et reste lon"temps couché. Une époque arrive enfin où°il ne peut plus se tenir debout et demeure étendu sur la litière ; dans cette affreuse position, il cherche encore à manger et a boire ■ an ayant soin de le retourner et de lui procurer quelques aliments, on peut prolonger son existence de huit à dix jours ; on observe aussi qu'il emploie ses derniers efforts pour se mordre et se gratter.

L'autre variété de la maladie, celle qui se rapproche de l'épilepsie, commence toujours par une roideur particulière de la région lombaire. Cette partie du tronc décrit une voussure en contre-haut, état qu'elle conserve plus ou moins longtemps. L'animal tient tes oreilles très-basses; il chancelle du train de derrière et ses conjonctives ont un aspect rouge. Il est sujets des tremblements genérauxqui ne'durent quequelques instants et se renouvellent à différents intervalles- la moindre frayeur fuit naître cette sorte 'de tremblement, qui cesse dès que la bête redevient calme et tranquille. A une certaine époque surviennent des convulsions qui se renouvellent par accès, pendant lesquels il y a tension et roideur extrême de tout le corps; ces accès, peu différents de ceux de 1 épilepsie, sont d autant plus intenses et fréquents que l'affection a fait elle-même plus de progrès ; à chaque accès, le malade reste étourdi, comme abattu, et il ne reprend que lentement ses forces. L'animal perd l'appétit, ses digestions se font mal, le ventre devient dur, et le trouble, augmentant, amène enfin la mort.

Parmi les savants qui ont beaucoup écrit »ur \a tremblante, les uns croient qu'elle peut se transmettre par la voie de génération et même par contagion. D'autres, au contraire, disent qu'elle n est ni héréditaire ni contagieuse,Quelques-uns enfin pensentqu'elle est contagieuse, mais non héréditaire. Il eu est qui l'attribuent à la procréation par des béliers trop ardents, qu'on empêche dans leur état de surexcitations de satisfaire suffisamment leurs besoins.

TREM

La tremblante étant considérée jusqu'à ce jourcomme au-dessus des ressources de l'art, on s'attache seulement à. la prévenir. Sacrifier les bêtes attaquées, réformer toutes celles qui proviennent de montes faites par des béliers ayant donné ultérieurement des signes évidents de maladie, tels sont les soins auxquels doit conduire l'idée de l'hérédité. Les premiers essais en ce genre ayant été couronnés de succès, cette méthode préservative est aujourd'hui mise en pratique par les agronomes.

TREMBLAY, bourg et commune de France (Ille-et-Vilaine), canton d'Antrain, arrond. et à 28 kilom. de Fougères; pop. aggl., 374 hab. — pop. tôt., 2,525 hab. Moulins, fabriques de sabots. Patrie de i'anatomiste Bertin et du botaniste René Desfontaines.

TREMBLAY (François Leclerc du), dit le Pèro Joacpb, célèbre agent du cardinal de Richelieu?V. Joseph.

TREMBLAYE (le chevalier de La), poëte français, né dans l'Anjou en 1739, mort en 1807. Il entra en relation avec Voltaire , qu'il alla visiter à Ferney en 1764, et les quelques lettres qu'il reçut de l'illustre philosophe lui tournèrent la tête de vanité, selon l'expression de d'Alembert. Outre des poésies insérées dans divers recueils, on a de ce médiocre littérateur : Sur quelques contrées de l'Europe (1788, 2 vol. in-s°), en prose mêlée de vers; Œuvres posthumes (1808, 2 vol. in- 12).

TREMBLE s.^m. (tran-ble — du latin tremula, sous- entendu populus, peuplier tremblant ; de tremere, trembler). Action de trembler, tremblement : Le tremble me saisit, mes dents claquaient avec oiolence. 1] Vieux mot, usité encore dans quelques départements.

— Bot. Espèce de peuplier, dont les feuilles tremblent au inoindre vent.

— s. f. Ichthyol. Nom vulgaire de la torpille.

— Encycl. Bot. Le tremble est un arbre de 15 a 20 mètres de hauteur, à tige droite, couverte d'une écorce lisse, d'un gris blanchâtre ; ses feuilles, assez petites, arrondies, dentées, glabres, sont portées sur de longs pétioles aplatis latéralement, de telle sorte qu'ils donnent prise à l'air et tremblent au moindre vent. Ce caractère, qui se retrouve du reste plus ou moins dans les autres peupliers, a valu à l'arbre ses noms en latin et en fiançais. Cet arbre était connu des anciens; on pense que c'est le cercis de Théophraste. Les Lutins l'appelaient peuplier libyque , parce qu'ils le regardaient a tort comme originaire de la Libye. On le trouve répandu dans presque toute l'Europe. Il croit dans les bois des régions montagneuses, à toute exposition, et végète" dans tous les terrains, même au milieu des pierres et des rochers ; il préfère néanmoins les sols frais et sablon." neux. Il est surtout connu comme arbre forestier; mais, sous ce rapport, on ne s'occupe guère de le multiplier, car il se propage de lui-même, par ses rejetons eta ses drageons, avec une telle facilité qu'il envahit le terrain au détriment des autres essences. Ses racines longuement traçantes se glissent dans les interstices des rochers et, quand elles sont trop gênées, s'étendent à fleur de terre. Les jeunes plants sont trèsrobustes et ont une croissance rapide; mais, vers l'âge de cinquante à soixante ans, cet arbre commence a se creuser à l'intérieur. I Il ne faut donc pas attendre trop tard pour abattre sa tige, qui "d'ailleurs n atteint pas un diamètre en raison de sa hauteur. On cultive le tremble en taillis ou en lignes. Son bois est mou et prend beaucoup de retrait par la dessiccation. On l'emploie néanmoins pour la charpente en lieu sec, l'ébénisterie, la menuiserie, la sculpture. On en fait des conduites d'eau et des voliges; on le réduit aussi en lames minces, pour faire les carcasses des chapeaux de dames. Comme bois de chauffage, il est très-médiocre et ne sert guère pour le four ; mais son charbon que est léger et convient pour la fabrication de la poudre à canon. L écorce est employée pour le tannage, et elle est assez résineuse pour qu'on en fasse des torches. Les mammifères rongeurs s'en nourrissent. Les dairns et les chevreuils broutent ses jeunes pousses; les animaux domestiques mangent volontiers ses feuilles vertes ou sèches. Cet arbre e3t d'un assez bon rapport dans les sols d'alluvion exposés aux débordements. Il se propage très-bien par la bouture à bois de deux ans. On le cultive dans le3 parcs et les jardins paysagers, pour l'agréable effet qu'il produit par l'élégance et la mobilité de son feuillage.

tremblé, ÉEadj. (tran-blé — rad. trembler). Qui est ou semble être exécuté d'une main tremblante, peu assurée, peu ferme : Ecriture trkmblbë. Dessin tremble. Ligne

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