TREMBLÉE
— Calligr. Ecriture tremblée ou substantiv. Tremblée, Ecriture à jambages sinueux.
— Mus. Sons tremblés, Sons qui produisent une sorte de tremblotement, du à des inégalités successives et rapides dans l'intensité.
— s. m. Typogr. Filet serpentant, alternativement gras et maigre.
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TREMBLEMENT s. m. (tran-ble-man — rad. trembler). A-itation da ce qui tremble : Le tremblement d'un pont suspendu. Avoir un tremblement dans le bras droit.
— Agitation convulsive produite par une vive émotion : A cette vue, j'éprouvai un tremblement dans tout le corps. Nul lie marche seul la nuit sans tremblement. (V. Hugo.)
— Pop. Tout le tremblement, L'ensemble nombreux des personnes ou des choses : Il conduit après lui sa femme, sa fille, son chien et tout le tremblement. Il a fallu voir le notaire, le juge, l'avocat et tout le tremblement,
t — Paléogr, Nom donné aux sinuosités' d'une écriture en usage au moyen âge.
— Mus. Sorte de cadence précipitée, qui se fait soit en chantant, soit en jouant de quelque instrument : Il faut faire un tremblement sur cette note. (Acad.)
— Pathol. Agitation convulsive et habituelle des membres : Le tremblement est quelquefois déterminé par l'usage du café et des liqueurs alcooliques. (Choinel.)
— Géol. Tremblement de terre, Secousse qui ébranle le sol'sur une grande étendue : La Sicile est sujette à de grands tremblements déterre. (Acad.) Un 1537, i7 y eut une éruption du Vésuve qui causa un tremblement de terre dans toute la Sicile pendant douze jours. (Boss.)
— Encycl. Pathol. Ce phénomène a fixé, dès la plus haute antiquité, l'attention des grands médecins. Hippocrate, Celse, Arétée en font mention; Galien s'en occupe en traitant des symptômes ; plusieurs de ses successeurs, tels qu'Aetius et Puni d'Egine, consacrent à ce phénomène morbide un court chapitre et en indiquent le traitement curatif. On admettait, dès lors, diverses espèces de tremblements; mais il en est quelques-unes dont la connaissance est d'une date plus récente.
Le tremblement affecte presque exclusivement les muscles de la vie de relation ; mais il se montre sous des formes très-variéesrelativement à son siège, à son intensité, à sa durée, etc. Comme ces variétés résultent de la maladie, c'est surtout au point de vue de ses causes qu'il importe de considérer le tremblement.- Il peut se déclarer à la suite de' l'abus des liqueurs fortes, des excès vénériens, de ia masturbation surtout, de l'usa»e immodéré du thé, du café, des boissons fermentées, d'une vive émotion de l'âme, de l'impression du froid, d'un ébranlement par une contusion du rachls. d'une lésion des centres nerveux ou d'un organe, auquel cas on le dit symptomatique ; il peut résulter encore de l'usage de l'opium ou de la belladone, de l'intoxication mer-eurielle ou saturnine, enfin des progrès de l'âge. Ces trois dernières causes ne produisent souvent qu'un tremble- ' ment partiel borné aux bras, au cou, au tronc quelquefois même a une partie très-limitée' comme les paupières" d'un seul œil, la mâchoire inférieure, une seule main.
On distingue le tremblement aigu et le tremblement chronique; cette division est très-importante au point de vue du diagnostic et du pronostic. A l'état aigu, cette maladie est moins rebelle et laisse plus d'espoir qu'à l'état chronique. Dans le premier cas, on peut l'attribuer le plus souvent à une affection aiguë du cerveau ou de la moelle épinière, à un empoisonnement par le plomb i'aicooi ou les narcotiques, à une attaque' d'hystérie, d'épilepsie, etc. Le tremblement , est encore continu ou intermittent. La première forme accompagne les maladies aiguës ; ou chroniques du cerveau, la seconde les névralgies en général et la fièvre intermittente. Le tremblement varie beaucoup quant à son intensité; ilpeut être à peine perceptible, ou avoir une violence telle, que les fimlades ne peuvent plus se tenir sur leurs pieds ni saisir aucun corps avec les mains la tête peut se porter constamment d'avant en arrière, ou bien de côté et d'autre; ou bien encore elle exécute .un mouvement da rotation des plus pénibles. Si le tremblement affecte les muscles qui concourent à l'articulation des sons, la parole est saccadée et plus ou moins embarrassée (Grisolles).
Le tremblement ne compromet jamais la' vie par lui-même; niais il constitue, en général, une infirmité rebelle et souvent incurable. Le traitement de cette affection ne peut être bien dirigé que lorsqu'on a déterminé la cause du mal, et c'est toujours contre celle-ci qu-il faut agir, soit en la faisant cesser, si elle est libre, soit en la combattant si elle ne dépend pas de la volonté de l'individu.
Le tremblement mercuriel ne se déclare que chez les ouvriers qui, par état, sont obligés de manier le mercure très-divisé, soit par la chaleur, soit par la trituration ; tels sont les doreurs, les argenteurs, les metteurs uu tain, les miroitiers, les constructeurs de baromètres.. L'infection n'a lieu que par la respiration des vapeurs mercurielles répandues dans les ateliers. L'hiver semble plus favorable que l'été au développement de cette maladie; ia raison en est sans doute que, durant cette saison, les portes et fenêtres se trouvant fermées à cause du froid l'air se renouvelle moins souvent, les vapeurs toiiques s'uoomuuleut davantage et sont
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respires en plus grande quantité. Le tremblement rriercnriel est grave à cause de son opiniâtreté et parce qu'il est souvent incurable. La maladie se développe presque toujours d'une manière lente et progressive. L'ouvrier s'aperçoit d'iibord que ses bras sont moins sûrs, moins forts que de coutume ; ils vacillent, puis ils frémissent; enfin ils tremblent. Les mêmes phénomènes se passent dans les membres inférieurs, et bientôt tout travail manuel devient impossible. Les malades ont le teint pâle, les chairs molles, la parole traînante, embarrassée ; ils sont languissants; leurs membres, faibles et chancelants, sont agités de secousses involontai-, res; la marche est peu solide, incertaine; quelquefois les malades ne peuvent faire un pas sans s'appuyer sur un corps solide; les membres supérieurs sont souvent plus affectés que les membres inférieurs, et c'est toujours par eux que commence la maladie.
Lorsque le tremblement est intense, dit Mérat, les malades ne peuvent porter aucun liquide à la bouche sans le renverser, et même aucun aliment solide, a cause de la difficulté
Qu'ils ont de le diriger juste. Aussi, beaucoup e ces malheureux sont obligés de prendre leur nourriture avec la bouche, a la manière des quadrupèdes, s'ils ne peuvent avoir recours à quelqu'un pour lés faire manger. Il est assez rare pourtant, dit Grisolle, que la maladie soit portée à ce degré. La marche du mal est lente et progressive ; elle offre des intermittences lorsque les individus suspendent leurs travaux et qu'ils cessent de s'exposer aux vapeurs du mercure.
Le tremblement mercuriel peut guérir spontanément par le simple éloignement de la cause qui le produit. • Le seul traitement dont Pexperien.ee ait démontré l'utilité, dit Grisolle , consiste dans l'emploi des sudorifiques, tels que la poudre de Dower, les tisanes de sassafras , de salsepareille et de gaïac édulcorées avec le sirop de Cuisinier , et auxquelles on ajoute en outre 16 ou 30 grammes par litre d'acétate d'ammoniaque. Les bains chauds, surtout les bains de vapeur, Us bains sulfureux artificiels ou naturels doivent être employés concurremment avec la médication interne. En raison de l'état anémique ou cachectique de quelques individus, on devra associer une médication tonique corroborante , le quinquina, les vins généreux et une alimentation réparatrice. Ce traitement doit être suivi avec persévérance. On peut prévenir ou du moins rendre moins fréquents les résultats fâcheux des vapeurs mercurielles en plaçant lés ouvriers dans des ateliers vastes, bien aérés, où sont déposés à propos des fourneaux d'appel. »
Le Uelirium tremens, qui est le tremblement résultant de l'abus des boissons enivrantes, mérite aussi des considérations spéciales. V. ce mot.
— Géol.. Tremblements de terre. Depuis l'origine des sociétés humaines, les tremblements de terre ont été un juste sujet d'épouvante et d'horreur. Un simple ébranlement de l'éeorce terrestre, qui n'est pour l'histoire naturelle de notre globe qu'un accident insignifiant, est une source d'affreux malheurs pour l'homme. Avant de présenter l'histoire de quelques événements de ce genre, de ceux qui ont laissé dans la mémoire des hommes les plus tristes souvenirs, il est utile de tracer le tableau général dès tremblements de terre au point de vue scientifique. Nous passerons successivement en revue les accidents précurseurs des tremblements de terre, V'étendue superficielle de cet ébranlement du sol, la durée et la direction des secousses, les effets qui en résultent pour la configuration du sol, les désastres qu'ils occasionnent, enfin l'impression morale qu'exerce sur l'homme cet effrayant phénomène.
On croit communément- qu'un tremblement de terre est toujours précédé, annoncé par quelque agitation inusitée de l'air, par un violent orage , ou par une agitation anomale de l'aiguille aimantée. Il n'en est rien. Cette absence de phénomènes précurseurs ne peut d'ailleurs surprendre quand on suit que la cause des tremblements de terre est tout intérieure et, par conséquent, n'a rien à démêler avec les conditions de l'atmosphère. . C'est souvent par le soleil le plus radieux, par le calme le plus profond des airs qu'éclatent soudainement ces catastrophes ; le terrible tremblement de terre de Lisbonne surprit cette capitale à neuf heures du matin, par une des plus belles matinées. Les tremblements de terre arrivent par un ciel serein, comme par un temps de pluie et par un orage. De Humboldt, dans les nombreux tremblements de terre qu'il a observés dans le nouveau monde, n'a jamais vu l'aiguille aimantée influencée par ce phénomène ; un autre voyageur, Adolphe Ehrmann, a fait la même remarque dans la zone tempérée à l'occasion d'un tremblement de terre qui se fit ressentir à Irkoustsk, près du lac Baïkal, le 8 mars 1829. Le tremblement de terre de Rio-Bamba, l'un des plus grands désastres dont l'histoire fasse mention, ne fut précédé d'aucun symptôme atmosphérique extérieur.
Il arrive souvent qu'un bruit effrayant précède, accompagne ou suit la catastrophe ; mais ce bruit n'a pas son origine dans l'atmosphère; il gît dans les entrailles du sol; il résuite du craquement des roches, cédant sur
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une immense étendue à la pression des laves enflammées qui les brisent. Un épouvantable bruit souterrain précéda de quelques minutes le désastre de Lisbonne; mais la grande secousse de Rio-Bamba ne fut signalée par aucun bruit. Une détonation formidable fut entendue sur le sol de Quito et dlbarra, villes distantes de quelques lieues de Rio-Bamba, mais ce fut vingt minutes après la catastrophe. La nature du bruit varie beaucoup ; tantôt il roule, il gronde, il résonne comme un cliquetis de chaînes entre-choquées ; il est saccadé comme les éclats d'un tonnerre voisin, ou bien il retentit avec fracas comme si des masses de roches vitrifiées se brisaient dans les cavernes souterraines. On sait que les corps solides sont d'excellents conducteurs du son et que les ondes sonores se propagent dans l'argile cuite dix fois plus vite que dans l'air; aussi les bruits souterrains peuvent-ils s'entendre a une distance énorme du point où il se sont produits. A Caracas, dans les plaines de Calauozo et sur les bords du rio Apure, l'un des affluents de l'Orénoque, c est-à-dire sur une étendue de 1,300 myriamètrea carrés, on eutendit une effroyable détonation, sans éprouver de secousse, au moment où un torrent de lave sortait du volcan d<i Saint-Vincent, situé dans les Antilles, a une distance de 120 fhyriamètres. C'est, par rapport à la distance, comme si une éruption du Vésuve se faisait entendre en France. Lors de la grande éruption du Cotopaxi en 1744, <m entendit les détonations souterraines à Slonda, sur les borda de la Magdalena ; cependant la distance de ces deux points est de 21 myrtamètres; leur différence de niveau est de 5,500 mètres, et ils sont séparés de Quito, de Pasta et de Popayan par des masses montagneuses colossales, par des Vallées et des ravins sans nombre. Evidemment le son ne fut pas transmis par l'air; il se propagea dans la terre à une grande profondeur. Le jour du'violent tremblement de terre de la Nouvelle-Grenade, en février 1835, les mêmes phénomènes se reproduisirent à Popayan, à Bogota, à Santa- Maria et dans le Caracas, où le bruit dura sept heures entières; a, Haïti, à la Jamaïque et sur les bords du, lac de Nicaragua. Ces bruits souterrains éclatent parfois sans accompagner ou suivre aucun tremblement de terre. Le 9 janvier 1784, des mugissements et des tonnerres souterrains se firent entendre à Guanaxato, capitale de la province du même nom, au Mexique, et durèrent plus d'un mois, coupés de temps en temps par de violentes détonations. Du 13 au 16 janvier, ils étaient tellement violents qu'ils ressemblaient à un orage souterrain. Ce qui prouve que ces bruits provenaient bien de dessous terre, c'est qu'on les entendait avec beaucoup plus d'intensité dans les mines, à 50 mètres au-dessous du sol. Un fait semblable s'est présenté dans notre siècle. En 1822, l'Ile de Meleda, située dans l'Adriatique, sur les côtes de la Dalmatie, fut mise en émoi par des bruits souterrains qui se prolongèrent pendant quatre années entières, jusqu'en 1820, k tel point que les habitants voulaient abandonner l'île.
Un tremblement de terre n'étant autre chose qu'une oscillation, un mouvement de l'éeorce terrestre, ne peut pas ébranler un point unique du globe, mais il doit s'étendre sur un assez grand espace. Quelquefois l'étendue de la région agitée est très-considérahle; il est facile de s en convaincre par quelques exemples. Le tremblement de terre le Lisbonne se fit sentir sur une étendue évaluée à quatre fois la surface de l'Europe. C'est en Portugal, en Espagne et dans la partie septentrionale.de l'Afrique que la première secousse eut le plus de violence. Le port de Sétubal, à quelque distance de Lisbonne, fut submergé par une vague énorme; a Cadix, de hautes murailles voisines du -rivage furent emportées par la mer, qui s'éleva a plus de 20 mètres au-dessus de son niveau ordinaire. Dans le Maroc, plusieurs viiles furent dévastées, et à Alger et à Fez on compta plus de 10,000 victimes Ijumaines. Sur le bord occidental de l'Atlantique, dans les petites Antilles, OU la marée ne dépasse pas 0m,75, les eaux devinrent tout à coup entièrement noires et montèrent a une hauteur de plus de 7 mètres. Au même moment, lus lacs de la Suisse, ceux de la Suède et la mer qui baigne les côtes de la Norvège furent violemment agites, pendant qu'un calme complet régnait dans l'atmosphère. Plusieurs cours d'eau furent détournés. On constata l'interruption des sources thermales de Tceplîtz, qui apparurent de nouveau peu de temps après, mais ayant cette fois une couleur de sang. Elles inondèrent la ville et frappèrent les habitants d'effroi. Sans expliquer ce singulier phénomène, il faut admettre un ébranlement souterrain changeant la direction des eaux et les faisant passer par une couche d'ocre rouge. On rapporte aussi que le Vésuve, alors en pleine éruption, s'apaisa tout a coup au moment de la commotion.
Les tremblements de terre de la Calabre, en 1783 et 1784, se propagèrent dans toutes les directions h- une distance de plus de 70 lieues à la ronde, tant sur terre que sur mer. Les tremblements de terre du Chili (juillet 1794), qui ébranlèrent 300 lieues de rivage, furent ressentis à 170 lieues en mer, ce qui donne à l'ébranlement une superficie de plus de 50,000 lieues carrées. Les secousses du
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tremblement de terre de la Martinique se propagèrent sur toutes les Antilles, sur la Floride, sur les côtes du golfe du Mexique et sur une partie de l'Amérique du Sud, c'est-à-dire sur une étendue de 375,000 lieues carrées. Un champ d'action si étendu montre que les forces qui produisent ces phénomènes se manifestent profondément dans l'intérieur de notre planète, et non à la surface seulement. Elles donnent probablement lieu à des ondes d'ébranlement, transmises de proche en proche,à travers les massesminéralesélastiques, jusqu'à la couche superficielle. La propagation de ce mouvement se fait ainsi d'une manière analogue à celle du son.
Les tremblements de terre peuvent aussi se produire dans la mer, A la suite d'un de ces phénomènes, lo fond de la mer peut osciller et par suite un violent mouvement être ainsi imprimé à la masse des eaux. En pleine mer, les vaisseaux ont souvent ressenti des secousses de cette espèce. En 1660, le capitaine Oxman voguait dans les mers du Sud, lorsque tout à coup, à l'improviste, son vaisseau éprouva une agitation qui causa à l'équipage une grande frayeur. Le même accident arriva au navigateur Leraaire, dans le détroit qui porte son nom. Les secousses provenant de ces tremblements de mer ont quelquefois démâté les bâtiments ou produit des voies d'eau. Cependant l'équilibre naturel à un navire rend ce genre d'accident peu dangereux. L'agitation des flots produite par les tremble' ments de terre n'est guère à redouter que sur les rivages; mais dans cette dernière circonstance elle produit souvent de terribles catastrophes. Pendant le désastre le Lisbonne, le soulèvement de la mer ajouta ses ravages à ceux de la chute des maisons et des édifices. Les flots s'élevèrent à, plus de 15 mètres au-dessus des plus hautes marées, et, se précipitant dans la ville par trois fois, entraînèrent tout sur leur passage. Pendant le tremblement de terre de Lima, le 28 octobre 1746, la mer, s'élevant à la hauteur de . plus de 80 pieds, engloutit la malheureuse ville de Callao, et en se retirant enleva jusqu'au terrain sur lequel elle était construite. De grands navires furent transportés à une lieue et demie dans les terres. Sur toute la population de la ville, quinze personnes seulement échappèrent à la mort. Tous ces faits prouvent la violence de l'action mécanique que peut exercer la mer quand elle est lancée contre ses rivages par une action convulsive du sol.
La durée d'un tremblement de terre est éminemment variable. 11 est des pays dans lesquels l'agitation du sol se prolonge pendant des semaines et des mois entiers ; on a vu au Pérou la terre trembler pendant plusieurs années consécutives. En certaines contrées, les tremblements de terre sont en quelque sorte périodiques. A la Jamaïque, par exemple, il faut s'attendre une fois par an a une trépidation du sol. Il est des pays où les secousses se font ressentir pendant six ou douze mois consécutifs ; il se passe ensuite des siècles sans que l'on rencontre la moindre trépidation. Il en est d'autres où le phénomène n'a duré qu'une heure, un jour ou une seconde. Mais, quels . que soient le nombre et la fréquence des secousses dont lasuite compose un tremblement de terre, la durée d'une secousse est presque instantanée. Le tremblement de terre qui, en 1693, renversa la ville de Messine et cinquante autres localités de la Sicile, en causant la mort de 60,000 individus, ne dura que cinq secondes. Celui qui, en 1812, détruisit Caracas ne dura que trois secondes. Pendant ces trois secondes il y eut trois secousses.
La direction des mouvements du sol est très-difficile à préciser, car il est très-rare, au moment d'une catastrophe de ce genre, qu'il se trouve un observateur assez courageux pour rester sur le point ébranlé et noter exactement le sens des convulsions terrestres. Aristote, qui a pu observer en Grèce et sur le littoral de l'Asie quelques tremblements de terre, a le premier établi trois catégories distinctes dans la direction et dans le sens des secousses. On peut dire que les secousses sont tantôt ondulatoires ou horizontales, tantôt verticales, c'est-àdire résultant d'une succession rapide de soulèvements et d'affaissements du sol, tantôt enfin tournoyantes. On a remarqué que les ondulations qui se succèdent dans les tremblements de terre ont ordinairement une direction constante, suivant laquelle vraisemblablement l'ébranlement se propage dans l'intérieur du sol, Quelquefois cependant les secousses d'une certaine direction alternent avec les secousses d'une direction différente. Dans les tremblements de terre de Caracas en 1811, et du Chili en 1822, les secousses du nord au sud se croisaient de temps en temps avec d'autres de direction perpendiculaire. La vitesse de propagation est variable et dépend de la nature des terrains traversés. Pour te tremblement de terre de Lisbonne, on a reconnu que la vitesse avait été cinq fois plus grande entre les côtes du Portugal et celles du Holsteinquele long du Rhin. De Lisbonne à Glûckstadt, séparés par la distance de 295 milles, l'ébranlement a parcouru 2,490 mètres par seconde, c'est 1,075 mètres de moins que le son n'en parcourt dans un tuyau de fonte. D'après de Humboldt, une secousse verticale dirigée de bas en haut dans le tremblement de terre de Rio-Bamba produisit l'effet de l'explosion' d'une mine ; les cadavres
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de plusieurs individus fur.ent lancés jusque sur une colline opposée, haute de plus de 150 mètres. On a souvent prétendu que les chaînes de montagnes, surtout quand elles sont granitiques comme les Apennins, arrêtent la propagation des tremblements de terre. Mais trop de faits ont contredit cette assertion pour qu'on puisse la maintenir dans la science.
Les effets des tremblements de terre ne se bornent pas au renversement des villes, lo sol même subit des modifications importantes. Il peut se soulever, comme il arriva dans lo terrible tremblement de terre du Chili, en 1822, où l'on vit la côte de l'Amérique s'élever sur un espace de plus de 300 lieues. Des montagnes nouvelles peuvent enfin apparaître et souvent, à l'inverse, des montagnes s'écroulent tout d'une pièce en comblant les vullées. Quelquefois le sol s'entr'ouvre, laissant après la catastrophe des crevasses qui ont souvent plusieurs lieues de longueur. Ces crevasses ne restent pas toujours permanentes; ouvertes au moment de la secousse, elles restent quelquefois béantes pendant quelques minutes, puis se referment subitement, écrasant tout ce qui est tombé dans le précipice ouvert. On a vu disparaître dans l'espace béant du sol des individus dont les corps, quelques instants après, étaient lancés, au milieu d un déluge d'eau, du même gouffre qui venait de les engloutir. Un changement de niveau du sol, résultant de l'exhaussement ou de l'abaissement d'une quantité plus ou moins considérable de terrains, est un effet des plus communs des tremblements de terre. En 1819, dans l'Inde, une colline de 20 lieues de longueur sur 6 lieues de largeur s'éleva tout à coup au milieu d'un terrain plat et uni. Plus loin, au sud et parallèlement à la même direction, le pays s'affaissa, entraînant les villages et le fort de Sindré, qui resta entouré d'eau. Ce qui s'est produit dans l'Inde sur une immense étendue se manifeste constamment dans tout tremblement de terre surdes espaces plus restreints. Le niveau primitif du sol est bouleversé, ce qui produit le changement du cours des rivières, et amène, de ee fait, de nouveaux désastres.
Par les crevasses on voit souvent s'élancer des éruptions de matières diverses, d'eau, de gaz et même de flammes. A Catano, en 1818, on vit jaillir des fentes de la terre des jets d'eau chaude. A Messine, en 1782, la terre vomit de la boue et de la fumée noire. Pendant le tremblement de terre de Lisbonne, eu 1755, on vit des flammes et des colonnes de fumée sortir des crevasses qui s'étaient formées dans les rochers d'Alsidras. Pendant le tremblement de terre de la Nouvelle-Grenade, du 16 novembre 1827, d'immenses effluves de gaz acide carbonique, qui sortaient des crevasses de la terre, asphyxièrent un grand nombre d'animaux qui vivent dans les cavernes. Les eaux qui s'échappent ainsi du sol sont souvent mêlées de sable, et il se produit même des éruptions de sable sec qui déterminent dans le sol de petites ouvertures circulaires. Les dégagements de gaz sont difficiles à apprécier sur la terre, mais ils sont très-manifestes sous une couche de liquide. Quelquefois pendant les tremblements de terre la mer bouillonne, ce qui est produit par le dégagement des gaz. Les effets si variés des tremblements de terre tendent adonner toute probabilité à certains événements consignés par les anciens dans leurs annales. Qui oserait aujourd'hui nier ce que Pline nous raconte, que la Sicile fut séparée de l'Italie par un tremblement de terre, qu'il en fut de même de l'Ile de Chypre qui fut arrachée de la Syrie? Pourrait-on nier la possibilité da l'existence de la fameuse Atlantide qui, d'après les chroniques égyptiennes, disparut sous les eaux, quand de nos jours il s'est passé des faits analogues?
L'effet produit par la vue d'un tremblement de terre est tout à fait particulier et terrible. « Cette impression, dit Alex, de Humboldt, ne provient pas de ce que les images des catastrophes dont l'histoire nous a conservé le souvenir se présentent à notre imagination. Ce qui nous saisit, c'est que nous perdons tout à coup notre confiance innée dans la stabilité du sol. Dès notre enfance nous étions habitués au contraste de la mobilité de l'eau, avec l'immobilité de la terre ; tous les témoignages de nos sens avaient fortifié notre sécurité. Le sol vient-il à trembler, ce moment suffit pour détruire l'expérience de toute la vie. C'est une puissance inconnue qui se révèle tout k coup, le calme de la nature n'est qu'une illusion, et nous nous sentons rejetés violemment dans un chaos de forces destructives. Alors chaque bruit, chaque souftle d'air excite l'attention ; on se délie surtout du sot sur lequel on marche. Les animaux, principalement les porcs et les chiens, éprouvent cette angoisse ; les crocodiles de l'Orénoque , d'ordinaire aussi muets que nos petits lézards, fuient le lit ébranlé du fleuve, et courent en mugissant vers la forêt. i Nulle catastrophe, en etfet, n'imprima à l'esprit autant de justes terreurs; il ne faut donc pas être surpris d'entendre dire que les hommes qui ont été témoins d'un tremblement de terre sont ceux qui eu appréhendent le plus le retour.
Dans le grec moderne, les tremblements do terre sont appelés theomânia, littéralement « la colère de Dieu. • Cette expression a probablement été suggérée par le laugage de la
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Bible, où nous trouvons des passages tels que celui-ci : « Il regarde la terre et elle tremble ; il touche les collines et elles fument. »{Ps. civ, 32.) i C'était en soi, dit Max Mùller, un terme * très-juste, mais qui ne tarda pas à perdre sa signification étymologique et devint, le nom conventionnel et ordinaire pour un tremblement de terre. Cependant cette expression entretint dans l'esprit du peuple l'idée que les tremblements de terre étaient, d'une manière spéciale, un effet de la colère divine et qu'ils différaient en cela des orages, ou de la famine, ou de la peste. Il en résulta que les gens qui, comme Photius, étaient assez téméraires pour attribuer les tremblements de terre à des causes naturelles étaient décriés par la multitude irréfléchie, comme étant des incrédules et des hérétiques. «
Quelle est lu cause des mouvements internesdu globequi donnentlieu sur notre solàde si gmnds et si terribles phénomènes? Un émineiu géologue anglais, M. Mallet, la voitdans les éruptions sous-marines à la suite desquelles J'eau pénètre parles canaux ouverts jusqu'à lu surface ignée de la lave. 11 en résulte d'après lui de violentes explosions, dont ies contre-coups, transmis dans toutes les directions, constituent les tremblements de terre. M. Poulett-Serop émet une autreopinion. Des masses minérales profondément situées augmenteraient tout à coup de température en recevant un surcroit de chafeur du foyer intérieur, et leur dilatation produirait des déchirements successifs dans les roches adjacentes, en même temps que des pulsations ondulatoires. M. Daubrée fait intervenir dans ces grands effets mécaniques les eaux tant météoriques qu'océaniennes. Il admet qu'elles pénétrent dans les chaudes régions de la terre, non-seulement par des fissures étendues, mais encore par une fiitration lente résultant de la porosité et de la capillarité des roches. Des expériences de laboratoire lui ont montré que ces infiltrations se produisent même en présence de contre-pressions très-fortes. Tout le monde sait que l'intérieur de notre planète, à partir de 12 lieues seulement de sa surface, est occupé par une masse lîqiide incandescente, par des matières en fusion ; on peut se représenter l'écorce de la terre comme un simple radeau flottant, sans autre soutien que sa cohésion, sur un océan de feu. Cette mince écoree doit ressentir différentes impressions par suite du mouvement tumultueux de la masse liquide qui la supporte. Un physicien contemporain , M. Alexis Perrey,a cherché àétablir, tant par le calcul que par le rapprochement d'un nombre considérable d'observations, que l'attraction lunaire et solaire, qui produit a la surface de notre globe le flux et le reflux des mers, agit également sur la mer de feu intérieure cachée dans le centre de la terre ; il explique par l'attraction de la lune les tremblements de terre, qui seraient pour ainsi dire le résultat de l'océan de lave intérieur. Cette hypothèse explique du même coup les phénomènes des tremblements de terre et ceux des volcans. En effet, que les Ilots incandescents de l'océan intérieur viennent a heurter la croûte terrestre sur sa face inférieure, il y aura sur une étendue variable tremblement de terre. Que la pression exercée par les laves sous-jacentes ait assez de puissance pour rompre l'écorce terrestre et établir par une fracture une communication directe de la surface du globe avec l'intérieur, les laves, c'est-à-dire les flots de la mer intérieure, se feront jour au dehors; il y aura volcan.
TREMBLER v. n. ou intr. (tran-blé. — Ce mot, qui correspond à l'italien tremotare et a l'espagnol tremblar, vient du latin tremutus, agité, tremblant, de tremere, trembler, qui appartient à la même famille que le grec Irtmô, craindre, trembler, tromos, crainte, tromeios, craintif, tetremainô, trembler, toutes formes qui paraissent se rattacher à la racine sanscrite (ras, trasami, trasjami, craindre, trembler, d'où, trusta, timide, craintif, trasas, mobile, trasurus, craintif). Etre agité de petits mouvements saccadés : Les feuilles des arbres tremblent au moindre vent. La terre trembla deux fois. Au bruit de l'artillerie, toute ta maison trembla. Sa voix fait trembler les vitres. (Aci*i.)
— Eprouver des mouvements musculaires vifs, pressés, convulsifs : Trembler de froid. La fièvre fait trembler. Les membres des ui'et/fariisTRijiMBLKNT continuellement. Uiiprouver de petits mouvements convulsifs causés par une émotion vive : Trembler de peur. Trembler d'espoir.
— Avoir grand'peur, s'effrayer : Je tremblais pour nous. Le faible tremble devant l'opinion, le fou la brave, le sage la juge, l'homme habite la dirige. (Mme Roland.) Le dévot n'aime pas, il tremble. (Raspail.)
Un conjuré qui tremble est bien près de périr.
A. Chlnier.
— Chevroter, produire des sons tremblants : Sa voix tremblait.
— Trembler comme la feuille , Trembler ) beaucoup.
— Faire trembler, Inspirer une grande crainte, une extrême frayeur à : // fait trembler toute l'Europe. (Acud.) Le méchant gui fait trembler e st bien prés de trembler luimême. (Beaumareh.) il Ftim. A faire trembler, D'une manière surprenante, prodigieuse ; II mange et boit À faire trembler.
TREM
— v. a. ou tr. Trembler la fièvre, Etre dans le frisson de la fièvre : Elle laissa retomber sur ses genoux sa tète un instant soulevée et continua de trkmbler la fièvre. ( Alex. Dum.)
— Gramm. Voir la note sur craindre.
TREMBLEUR, EOSE s. (tran-bleur, eu-za — rad. trembler). Personne qui tremble : Au bout de quinze ou vingt ans, et souvent plus tôt, la moitié des doreurs sur métaux deviennent de vieux trembleurs comme moi. (E.
Sue.)
— Personne craintive, peureuse, circonspecte h l'excès : Vous ne l'engagerez jamais dans cette affaire, c'est un trembi.kur, (Acad.) Le dévot est un tremBleur; il aime moins Dieu qu'il ne le redoute. (Raspail.)
— Hist. Nom injurieux donné aux modérés, pendant la Révolution française.
— Hist. relig. Nom que l'on donne à certains sectaires anglais et américains.
— s. m. Techn. Appareil qui communique aux cocons contenus dans la bassine un sautillement continuel, favorable à leur dèvidiige.
— Pathol. Nom donné vulgairement aux personnes atteintes de la chorée.
— Physiq. Trembieur électrique, Appareil électrique qui sonne tant que le disque est fermé.
— Mamm. Espèce de singe, du genre sapajou, qui habite la Guyane.
— Ornith. Nom vulgaire de la hulotte.
— Ichthyol. Nom vulgaire de l'anguille électrique de Surinam.
— s. f. Tasse qui est retenue dans sa soucoupe par une sorte de galerie.
— Pêche. Mode de pêche qui consiste à agiter constamment la ligne : Pêcher à la trembleuse.
— Physiq. Syn. de trbmbleur électrique.
— adj. Qui tremble, qui est craintif : Vous n'êtes pas trembleuse.
— Encycl. Hist. relig. La secte des trembleurs ou des shakers forme, aux Etats-Unis, une société qui s'intitule elle-même la Société unie des croyants à la seconde apparition du Christ. A 20 kilomètres environ au sud des sources minérales de New-Lebanon, dans une des plus belles vallées de l'Hudson (Etat de New-York), on rencontre un groupe de constructions élégantes et pittoresquement disposées. C'est là que Se trouve la mère patrie de cette secte ; elle compte à peu près 6,000 adhérents et possède deux autres grands établissements, à Nancock, dans le Massachusels, et à Wiskagunat, dans l'Etat de New-York, plus seize communes moins importantes, répandues dans toute l'étendue des Etats-Unis. Elle a été fondée, vers 1770, par une certaine Anna Lee, sorte de Christ femme , qui, d'après les traditions de la secte, n'est pas morte, parce que les trembleurs ne meurent pas; ils se transforment seulement pour les yeux du monde, prennent un autre corps et deviennent invisibles à la chair par l'excès de lumière qui les environne. Ils n'espèrent pas une autre résurrection des morts 4 ' ils sont déjà ressuscites et ressusciteront toujours à l'avenir. A ce dogme se rattache étroitement celui du célibat, car, pas plus que la mort, la naissance ne doit exister dans les rangs des saints. Les trembleurs sont, à de nombreux points de vue, leï imitateurs des es.séniens, et ils se rapprochent par beaucoup de leurs dogmes, mais surtout par leur manière de vivre, de cette secte d'isruéliles éleveurs d'abeilles et marchands de grains.
L'idée qui fuit le fond de leur doctrine est que le royaume du ciel est arrivé, que l'ancienne loi est abolie, que le précepte Ile et mutiiplicamini a été révoqué, ainsi que la condamnation au travail, parce que lo- péché d'Adam a été expié, que la terre et tout ce qu'elle porte doivent être anéantis, et que les anges avec les esprits sont de nouveau les serviteurs et les confidents de l'homme. Par ce dernier dogme, la doctrine des trembleurs se rattacherait au spiritisme américain. Toutes leurs chambres sont, à les entendre, remplies d'esprits, de chérubins et de séraphins, avec lesquels ils sont en rapport constant. La femme d'un des anciens, raconte Hept- Wurth Dixon dans sou ouvrage intitulé : les Epoux spirituels, prouvait par l'immobilité de ses traits, par son regard extatique et par ses manières étranges, qu'elle était toujours en communication avec des êtres d'un monde supérieur. Elle donna à Dixon un papier sur lequel elle avait écrit un chant, que la nuit precé.dente elle avait entendu répéter par les escadrons célestes. Ce chant prouvait qu'il n'y a rien de bien merveilleux dans la poésie des anges. Du reste, tous les chants et toutes les marches que les trembleurs emploient dans les cérémonies de leur culte doivent leur origine à des rêves ou à la révélation et n'en sont pas meilleurs.
Si les trembleurs nient la naissance et la mort, ils ne le font, bien entendu, qu'en parlant des communes d'élus, de saints, qui se trouvent en état de résurrection. Dans le monde profane, qui est encore à l'état de production, la naissance et la mort suivent leur cours ordinaire; ce n'est pus seulement la terre qui doit être dépeuplée dans cent ans ; mais la communauté des trembleurs doit aussi s'éteindre, parce qu'elle ne peut se recruter
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que dans le monde païen. Non-seulement le clergé, réputé déjà en état de grâce, ne peut pas être engagé dans les liens du mariage, mais les simples trembleurs sont aussi des célibataires. Quiconque veut être admis dans leur communauté doit essayer ou avoir essayé de vivre sans femme. Par suite, ils se divisent en « examinants, • qui conservent encore la propriété de leurs biens particuliers, et en > Unis, » qui ont fait vceu de chasteté et uni leur destinée à celle des frères.
Beaucoup de femmes entrent cependant dans la communauté, mais elles font, comme les hommes, vœu de célibat. Ce sont pour la plupart de pauvres veuves, chargées d'enfants, qu'on accepte d'autant plus volontiers que, par leur moyen, la secte trouve à se recruter sans faillir à sa loi fondamentale.
La fondatrice, Anna Lee, fut regardée comme le Christ femme, etelle régna, nominalement du moins, pendant vingt-cinq ans, avec la dignité de grand prêtre. Depuis, les communautés ont toujours eu à leur tète des femmes, qui ne représentent la mère Anna que corporellement, parce qu'elle habite toujours en esprit avec ses enfants. La danse hebdomadaire est un des articles essentiels de la loi ; tes trembleurs l'appellent un travail, the labour of dancing. Le dimanche, l'heure de la cérémonie arrivée, ils entrent dans le temple d'un pas mesuré, par différentes portes, à la file les uns des autres, le plus âgé en tête. Les hommes se mettent d'un coté, les femmes de l'autre. Leur habillement est simple et scrupuleusement propre. Il ressemble à celui de la secte des amis, ou quakers proprement dits, quoiqu'il Soit d'une étoffe moins riche. Lorsqu'ils sont tous rangés en lignes bien régulières , ils entonnent, après un moment de silence, quelques psaumes de leur composition, dans un mouvement vif et d'un accent nasillard. Ces chants sont accompagnés d'un balancement continuel du corps. > Je pensai, dit un voyageur anglais , qu'il augmenterait par degrés comme les derviches tourneurs et finirait par la plus grande agitation ; au contraire, les chants cessèrent dans le calme. Le plus âgé dit alors gravement :« Travaillons, » de même que le prêtre dit à l'autel : • Prions. 1 Sur ce mot prononcé, les hommes ôtent leurs habits, après quoi ils se rangent de nouveau en lignes, les hommes et les femmes de côté opposé. Un certain nombre s'adosse contre les murs, toujours avec la plus sérieuse gravité, et fait l'office de chantres et de musiciens, Les danseurs partent avec la musique, avancent trois pas, se retournent et se mêlent. Ils répètent les mêmes évolutions tout le temps que dure cet office singulier. »
Les hommes ont un costume très-original : une sorte de burnous arabe, un col de toile sans cravate, une veste montant jusqu'au cou et descendant jusqu'à la cuisse, des culottes larges et assez courtes et un chapeau à bords immenses. Les femmes portent une coiffe de mousseline, un châle bhmc étroitement serré sur le sein et sur les épaules, une robe en forme de sac, qui tombe en droite ligne de la taille à la cheville, des bas et des souliers blancs. On leur permet cependant un peu de coquetterie, en leur laissant toute liberté dans le choix de l'étoffe et de la couleur de leur robe. Le régime des trembleurs serait entièrement végétal, s'ils n'employaient les oeufs dans leur cuisine. Les fruits, la farine de mais, le maïs grillé, les gâteaux, les sucreries, le sirop, etc., sont les éléments principaux de leur nourriture; leur boisson consiste en eau, en lait et en thé. Ils ne mettent jamais plus de vingt minutes pour prendre leur repas, qui est ouvert par une prière et qui se fait dans le plus profond silence, contraste frappant avec les habitudes des profanes, qui cherchent à animer et à épicer le leur par les stimulants d'une joyeuse conversation. Ce régime, toutefois, est loin d'être nuisible à la sauté ; tous les membres de la communauté ont un teint coloré qu'il est rare de rencontrer en Amérique, et ils ne connaissent ni maladie ni médecins; la police et les firocès leur sont aussi inconnus, de même que a guerre et la politique ; ils vivent aux Etats- Unis, mais tout leur patriotisme se borne à savoir que l'Eglise de l'avenir est une Eglise américaine. Ils ne s'inquiètent jumais ae ce qui se passe dans le reste de l'univers. Le monde profane pourrait rire de leur danse religieuse, qui rappelle la danse de Saint- Guy; pour eux, ils rient de la grande d;inse de Saint-Guy de la politique, qui s'exécute dans les assemblées publiques, dans les cabinets, sur les champs de bataille; cette danse-là n'a aucune signification pour des saints qui n'ont plus à craindre la mort. Les lois du pays sont assez sages pour que les Etats-Unis ne s'inquiètent en rien des progrès ou de la décadence de cette secte bizarre. Les trembleurs sont inoffensifs et industrieux; ils pratiquent entre eux l'égalité évangélique la plus absolue et sont, dans leurs rapports avec les autres citoyens, d'une .douceur et d'une bonne foi passées en proverbe. Il est clair que le lien de cette association est la satisfaction que les gens ignorants trouvent dans une administration uniforme et méthodique, qui assure par la communauté le bien-être de tout le inonde, sans préjudice de la félicité éternelle que leurs prêtres leur promettent.
Un danger cependant menace la communauté. L'accroissement qu'ont pris leurs pro-
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priâtes oblige les trembleurs à employer des travailleurs profanes à la culture des' champs. De là résultent des rapports constants avec un monde païen, dont la pernicieuse influence est toujours redoutable. Elle a dû, sans doute, produire déjà des effets désastreux , car les trenlbleurs pensent sérieusement aujourd'hui à se défaire d'une partie notable de leurs propriétés foncières. Mais éviteront-ils ainsi le danger? C'est peu probable, car leurs travaux agricoles ont révélé la fertilité extraordinaire de la région où ils Se sont principalement établis' et qui sera bientôt envahie par les païens, gens pratiques et spéculateurs, dont elle promet de richement récompenser les efforts,
TREMBLEY (Abraham), naturaliste suisse, né à Genève en 1700, mort en 1784. Il appartenait à une famille française du Charolais, réfugiée à Genève au xvie siècle. D'abord précepteur des enfants ducomte de Bentinck, puis gouverneur du comte de Richmond, il voyagea avec ce dernier en Allemagne et en Italie et devint, après son retour a Genève (1757), directeur de la bibliothèque (1760) et membre du grand conseil. En même temps il consacra ses loisirs à l'étude de l'histoire naturelle. Trembley -était membre de la Société royale de Londres et correspondant de l'Académie des sciences de Paris. Outre ses Mémoires pour servir à l'histoire d'un genre de polypes d'eau douce, à bras en forme de cornes (1744), nous citerons de lui : Instructions d'un père à ses enfants sur la nature et la religion (1775); Sur la religion naturelle et révélée (1779) ; Instructions sur le principe de la religion et du bonheur (1762). Quérard le regarde comme l'auteur d'un lissai sur la vérité (1776, in-8").
TREMBLEY (Jacques-André), savant suisse, frère du précèdent, né à Genève en 1714, mort dans cette ville en 1763- Nommé professeur de mathématiques en 1752, il remplit en même temps les fonctions pastoralrs à Genève et fut pourvu, en 1756, d'une chaire de philosophie. Il a laissé quelques écrits, entre autres : De Deiexistentia (Genève, 1730, iu-40); l'heses physics de veuetatione et generalione ptantarum (1734, in-ï»); De resistentia in machinis (1752, in-4u); De incredulitatis fontibus (Genève, 1758, in-fol.),
TREMBLEY (Jean), savant suisse, fils du précèdent, né en 1749. Il suivit la carrière du barreau. Trembley s'est acquis une grande et légitime réputation par d'importants travaux sur les sciences mathématiques, qui lui ouvrirent les portes de l'Académie de Berlin. Ou ignore la date de sa mort. Outre de* Mémoires publiés dans les Mémoires de l'Académie des sciences de Berlin (1775-lSOï), de Saint-Pétersbourg (1806), et dans ceux de la Société de Harlem (1782), on lui doit, entre autres écrits; Mémoire sur ta faculté de sentir et sur celle de connaître (Berlin, 1776, in-8°); Essai sur les préjugés et principalement de la nature et de l'influence des préjugés philosophiques (Neuchàtel et Genève, 1790, in-S°); Mémoire pour servir à l'histoire de la vie et des ouvrages de Ch. Bonnet (Uerue, 1795, in-S"); Considérations sur l'état présent du christianisme (Paris, 1809, in-8").
TREMBLEYIE s. f. (tran-blè î — de Trembley, célèbre natur.J.Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des mélastomacées, tribu des rhexiées, comprenant une quinzaine d'espèces qui croissant au Brésil.
TREMBLIN s. m. (tran-blain). Bot. Nom
vulgaire de l'amourette.
TREMBLOTANT, ANTE adj. (tran-blo-tan, nn-te — rad. trembloter). Qui tremblote : Je le trouvai tout tremblotant de froid. (Acad.)
— Chevrotant, qui oscille entre des inflexions différentes se succédant très-rapidement ; Une voix tremblotante. Les perroquets et les piverts prédisent aux Indiens la pluie par des sifflements tremblotants. (Uliateaub.)
— Qui vacille : Jour tremblotant. Lumière tremblotante.
— Méd. Pouls tremblotant, Pouls dont les pulsations sont faibles, vagues, mal définies.
TREMBLOTÉ, ÉE (tran-blo-té). part, passé du v. Trembloter. Dit ou chanté d'une voix tremblotante : Voilà une romance un peu trop tiïejiblotée.
tremblotement s. m. (tran-blo-te-man
— rad. trembloter). Action de trembloter.
TREMBLOTER v. n. ou intr. (tran-blo-té
— dimiii. de trembler). Trembler un peu : Le froid le faisuii trembloter. (Acad.)
Il eut encore hier la fièvre et la migraine. Et, sans les prompts secours qu'on prit soind'nppor. 11 serait sur son lit peut-être a trembloter. .[ter,
Boileau.
— S'agiter doucement, vaciller : Les étoiles étincelantes tremblotaient dans de petites mares d'eau. (G. Sand.) Au fond de cette chapelle à la Vierge, grillée, tremblote une veilleuse. (Th. liaut.)
— v. a. ou tr. Dire ou chanter d'une voix tremblotante : Trembloter une romance.
TREMEDOR s. m. (tré-mé-dor — mot portugais qui signifie trembieur). Ichthyol. Nom donne par les Portugais à un poisson électrique, du genre malaptérure, qui vit dans la rivière de Sofala.
TREMELLE s. f. (tre-mè-le — du latin
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tremella, diminutif qui vient lui-même du verbe tremere, trembler). Bot, Genre de champignons gélatineux, sans forme déterminée, et croissant librement sur la terre humide : La tremelle cherche la lumière du soleil. (V. de Bomare.)
— Encycl. Les .tremelles sont des champignons gélatineux, homogènes, presque transparents, de forme variée, non arrêtée, lobés ou repliés, a surface tantôt lisse, tantôt recouverte d'une poussière glauque formée par les spornles, et à sporidies nues, dispersées dans le tissu ou répandues sur la surface. Ces cryptogames ont une texture fibro-cellulaire, une couleur ordinairement jaune ou orangée et une forme assez analogue à celle des lobes du cerveau ou des circonvolutions intestinales. Les tremelles se développent librement sur la terre humide, le tronc ou les branches des arbres morts, où assez souvent elles s'enracinent, mais seulement par leur base. Nous citerons, entre autres, la tremelle mésenlérique, d'un jaune orangé, et la tremelle sarcoîde, de couleur variable,, violette, rouge, verdàtre, brune ou même noire.
TREMELLE, ÉE adj. (tre-mèl-lé — rad.
tremelle). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte à la tremelle.
— s. m. p!. Groupe de champignons, ayant pour type le genre tremelle.
TREMELLEUX, EOSE adj. (tre-mèl-leu, eu-ze — rad. tremelle). Bot. Qui a la consistance mollasse d'une tremelle.
TREMELI4NE s. f. (tre-mèl-li-ne — rad.
tremelle), Chini, Substunce amère extraite de la tremelle mésentérique,
TREMELLINÉ, ÉE adj. (tre-mèl-li-né). Bot. Syn. de tremellb.
TREMELLltJS (Emmanuel), savant hébraJsant, né a Kerrare vers 1510, mort k Sedan en 1580. D'origine juive, Tremellius s'était converti au catholicisme, qu'il abandonna pour la Réforme. Chassé d'Italie par l'inquisition, il se> rendit à Strasbourg, en Angleterre, puis en Allemagne (1553). H enseigna d'abord l'hébreu à Hornbach, puis à Heidelberg, où l'attira l'élaeteur palatin Frédéric III. Sa femme lui fit prendre la résolution de se retirer à Metz. Quelques années après, il fut appelé à Sedan par le duc de Bouillon pour y remplir une chaire d'hébreu qu'il occupa jusqu'à sa mort. On a de lui : Catechismus hebraicus, hebr, et grsc. (Paris, 1551, in-S°), trad. du catéchisme de Calvin; lit Iloseam prophetam interprétatif) et enarratio (Heidelberg, 1563, in-8°); Grammatica chaldea etsyriaca (Uenève , 1569 , in-4o); Testamentum Nooum (1569, in-fol.), souvent réimprimé; Dibliorum pars I, etc., traduction qui eut une trentaine d'éditions. Elle est généralement exacte, mais d'un style dépourvu d'élégance.
THÉMENTINES, bourg et commune de France (Maine-et-Loire), cant., arrond. et à H kilom. de Chotet ; pop. aggl., 1,318 hab. — pop. toi., 2,337 hab. Fabrique de mouchoirs.
TRÉMÉSIEs. f. (tré-mé-zl — dugr. tréma, trou). Moll. Genre de mollusques gastéropodes, du groupe des cabochons.
TRÉMET s. m. (tré-mè). Partie la plus large d'un bossis.
TRÉMEUR s. f, (tré-meur — lat. tremor, même sens). S'est dit pour frayeur, grande crainte : On attend des nouvelles d'Angleterre avec trémkuR. (Mra<* de Sêv.)
TRÉMEX s. m. (tré-mèkss). Entom. Genre d'insectes hyménoptères, tribu des siricides, comprenant trois espèces, donc deux, habitent l'Europe.
TRÉMIE s. f. (tré-ml — forme altérée des vieux mots trémuée, trémoie, qui répondent à l'italien tramoggia, silicien trimoja, provençal tremueia. Selon les uns, ces formes représentent le latin tritnodius, la trémie étant envisagée comme renfermant très modios, trois boisseaux. D'autres croient que, la trémie étant toujours dans un état de tremblement, l'italien tramugyia est pour tréma maggia; muggia, équivalent du français muie, 'représenterait exactement le latin rnodia pour modius, mesure, boisseau; les mots eu question sigiiiheiaieiilahisi proprement boisseau tremblant;. Tech". Sorte de grande auge carrée, fort large par le haut, étroite par le bas, dans laquelle on mut le blé qui tombe de la entre les meules pour être réduit eu farine ; La trémie est pleine. Il n'y a plus de blé dans la trémie. (Acad.) il Vaisseau en forme de pyramide, dont le dessus est en cuir et le dessous en treillis de fll de laiton, en sorte que les grains semblent en y passant pour • tomber clans un c'uvier qui est au bas. Il Mesure dont on se sert pour le sel. n Sorte do bolto qui sert de mangeoire aux faisans parqués, à la volaille, aux pigeons. Il Pièce de Jluiielle à^travers laquelle les miroitiers font passer le 'mercure pour en séparer les ordures.
— Constr. Assemblage de planches de forme prismatique ou pyramidale, avec ouverture en haut et en bas, servant à faire îoul«r dans des fouilles du mortier ou du béton. Il Espace réservé dans un plancher pour porter l'âne d'une cheminée, Il Châssis qui isole les pièces de bois d'un plancher du tuyau d'une cheminée. Il Bandes da trémie, Bandes de fer qui servent à soutenir les âtres et les languettes des cheminées.
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— Métall. Sorte d'entonnoir dans lequel on jette le minerai.
— Entom. Nom sous lequel on a quelquefois désigné l'entonnoir du fourmilion
— Encycl. Constr. La trémie est formée avec des barres de fer, appelées bandes de trémie ; les barres transversales reposent d'un bout sur le mur ou la languette qui séparé deux conduits de fumée; l'autre extrémité' se recourbe pour venir reposer sur le chévêtre en charpente; quant aux grandes barres longitudinales qui divisent en plusieurs parties l'espace compris entre le chevêtre et le mur, elles sont soutenues dans leur longueur par les premières, et elles se recourbent à leurs extrémités pour'reposer sur les solives d'enchevêtrure. La trémie se remplit ordinairement avec des matériaux très-lçgers, afin de charger le moins possible les chevêtres et les solives d'enchevêtrure; on fait le plus souvent usage de plâtras blancs, de moellons tendres et secs, de morceaux, de brique ou de poterie , que l'on hourde à bain de plâtre.
D'après l'ordonnance de police du 24 novembre 1843, concernant les incendies, lalongueur des trémies doit être au moins égale à la largeur des cheminées, y compris la moitié de l'épaisseur des jambages; leur largeur doit être de l mètre au moins, à partir du fond du foyer jusqu'au chevêtre.
TRÉmier s. m. (tré-mié). Bot. V. trémiére.
TRÉMIÈRE s. f. (tré-miè-re). Bot. Nom vulgaire des alcéesou passe-roses, genre de nialvacées, étendu par quelques auteurs aux guimauves: Valcée rose ou TRÉMiÈRBde mer est originaire de l'Orient. (T. de ïierneaud.) Il On dit quelquefois trémier s. m.
— Adjectiv. Bose Première, Sorte de grande mauve qui offre quelque ressemblance avec la rose : Dans tous les coins du jardinet , des gerbes éloilées de soleils, de ROSES TRÉMïisrks et de reines-marguerites éclataient comme les bouquets d'un feu d'artifice. (V. Hugo.) La mosk trÉmière, malgré son éclat, est empesée, froide et pharmaceutique. (Toussenel.)
TRÉMIIXON s. m. (tré-mi-llon; Il mil, — dimiu. de trémie). ïechn. Pièce qui soutient 1a trémie d'un moulin.
TRÉMION s. m. (tré-mi-on — rad. trémie). Constr. Barre de fer qui soutient la hotte d'une cheminée.
TRÉMISQUE s. m. (tré-mi-ske — du gr.
tréma, trou). Bot. Genre de champignons, du groupe des tremelles.
TREM1SSE s. m. (tré-mi-se). Ane. métrol. Tiers du sou : Ceuse qui n'ont pas d'esclaves payeront un trémisse par chacun de leurs enfants. (Ane. coût.)
TREM1TI (lies), anciennement Biomedm lnsulx, groupe dlies de la mer Adriatique, appartenant au royaume d'Italie, a 22 kilom. de la cote, par 43" 7' de îatit. N- et 13" 10' de longit. E. Elles sont au nombre de cinq : San-Doirienico (la plus grande, au S., 8 kiloin. de tour), San-Nicolo, Caprara, Cretaccio et la Veoehia. Leur surface est plus ou moins montueuse et le sol en gênerai fertile. On y recueille des grains, des légumes, des fruits et de l'huile exquise. Il y a dans toutes quelques bois formés de lentisques, de mûriers, de romarins, etc. Caprara est, pour ainsi dire, couverte de câpriers. Mais elles manquent d'eau potable et l'on y est réduit à, boire l'eau de citerne. Les habitants, au nombre d'une centaine, s'adonuent particulièrement à l'agriculture et à la pêche. Il y a dans l'île Sau-Doraeirlco une saline. Les unes et les autres offrent de bons ports. Le principal, situé à l'extrémité S. de San-Nicolo, est défendu par le château fort de Santa- Maria et. plusieurs ouvrages de fortification.
TRÉMOGTOPE s. m. (tré-mo-kto-pe — du gr. tréma, trou, et du lat. octopus, poulpe). Sloll. Genre de mollusques céphalopodes, voisin des poulpes.
TRÛMOILLE (la), nom d'une famille piincière. V. La Trémoillb.
Tremoille OU Trénivuille (HÔTEL DE LA),
Cet hôtel, aujourd'hui détruit, était situé au coin de la. rue des Bourdonnais et de la rue Tirechape. C'était un monument unique de l'architecture du xve siècle, pour la finesse et la uelicatesse des ornements. Le principal corps de bâtiment, sur la rue des Bourdonnais, était entre cour et jardin ; au devant de la cour s'ouvraient des portiques destinés, suivant toute probabilité, à abriter les mqiilures des seigneurs et de leurs gens; les appartements, vastes, éclairés par fie hautes fenêtres, avaient une majesté grandiose. A l'angle de la cour, adossée au mur de la propriété voisine, s'élevait une ravissante tourelle fort regrettée par les archéologues ; c'était une merveille de légèreté et d'ornementation. L'hôtel la Tremoille , quoique admirablement conservé, ne trouva pas grâce devant l'éililité parisienne, qui en laissa accomplir la destruction en 1841. 11 était connu à cette époque sous le nom de maison des Carnaux. On ignore quel en fut le premier propriétaire. Eu 1380 , il était habité par Philippe, duc de Touraine, depuis duc d'Orléans, frère du roi Jean, qui en avait fait l'acquisition en 1363. Le duc le vendit au fameux Guy de La Tremoille, dont la famille
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s'y fixa définitivement. Aux La Tremoille succédèrent le chancelier Du Bourg et le président de Bellièvre. Puis vinrent, longtemps après, les particuliers qui se le partagèrent. Au commencement du règne de Louis- Philippe, c'était un magasin de toiles et de soieries. Lors de sa démolition , l'acheteur eut le bon goût de faire à la ville le don de quelq-.cs remarquables fragments qu'on peut admirer aujourd'hui dans la cour de l'Ecole des beaux-arts, où ils ont été réédifiés à côté des resies du château de Gaillon, dont ils sont contemporains. En outre, quelques portions d'une balustrade sont encore encastrées dans les murs de la cour de la maison qui porte le n° 31, rue des Bourdonnais.
TRÉMOIS s. m. (tré-moi — du lat. très, trois, et de mois), Agric. Nom vulgaire du blé de mars, qui ne reste que trois mois en ■ terre, il Syn.de traimois.
TRÉMOISE s. f. (tré-moi-ze — du lat. tremor, tremblement). Ichthyol. Nom vulgaire de la torpiilc.
TREMOLANDO ad v. (tré-mo-lan-do — mot ital.). Mus. Avec trémolo, en tremblant.
TREMOUTE s. f. (tre-mo-li-te — de Tremola, vallée du Piémont, et du gr. lithos, pierre). Miner. Un des noms de la gratnmatite.
— Encycl. La trémolite est une substance blanche, grisâtre ou verdàtre, en général peu colorée, cristallisant quelquefois en prismes obliques rhomboïdaux ; elle se compose de 3 équivalents de silice et 1 de chaux , avec des traces de magnésie. Elle raye le verre et a une pesanteur spécifique qui varie de 2,58 à 3,15. Elle ne donne pas d'eau par la calcination et fond au chalumeau en un verre blanc compacte, opaque ou translucide, avec plus ou moins de facilité, quelquefois en se boursouflant. Les acides l'attaquent difficilement. Elle présente des vatiétés'compaetes, aeiculajres ou fibreuses, et porte souvent les noms d'actinite, amiante, amphibole , asbeste , grammatite , cadelforse, etc. On la trouve près d'QSdelfors, dans le Smoland (Suède), à Cziklova, dans le Banat, etc.
TREMOLL1ÈRE (Pierre-Charles), peintre français, né à Cholet (Anjou) en 1703, mort à Paris en 1739. Envoyé à Paris, il entra dans l'atelier de J.-B. Vanloo, obtint en 1726 le second prix au concours de l'Académie des beaux-arts et gagna la protection du comte de Caylus, qui lui fit obtenir une pension du roi et l'envoya à Eôme. Pendant un séjour de six ans en Italie, il développa son talent et épousa (1734) Isabelle Tibaldi , renommée pour son mérite comme miniaturiste. De retour en France, Tremollière habita quelque temps Lyon, où il exécuta diverses commandes, puis se fixa h Paris, y devint membre de l'Académie de peinture, professeur adjoint et fut emporté par une mort prématurée. Tremollière a principalement travaillé dans le genre décoratif. Son dessin est large, coulant et un peu lâché ; sa couleur, claire et gaie; sa composition, élégante. Parmi ses tableaux, on cite : une Assomption et une Ascension, pour les Chartreux de Lyon ; V Adoration des rois, l'Adoration des bergers, la Présentation au temple, également à Lyon; Ulysse sauvé du naufrage par le secours de Minerve, au musée de Montpellier j le Printemps et, \* Automne, au musée de l'Ermitage, à' Saint-Pétersbourg; Vénus et l'Amour sur des- nuages, à la galerie de Darmstadt. On a gravé d'après lui : Vénus et l'Amour, Alphée et Aréthuse , Amphitrite et l'Amour. Enfin , on a encore de lui des eaux -fortes et des dessins remarquables par la grâce et lé pittoresque de l'arrangement.
TREMOLO s. m. (tré-mo-Io — mot ital.).
Mus. Tremblement, etl'et produit par les instruments à archet, en multipliant les vibrations avec rapidité sur une note : Adolphe Adam ajouta surtout un trémolo sur une des phrases importantes de ce beau duo: Une fièvre brûlante. (Dr L. Véron.) Les violons, que vous n'aviez pas encore entendus, ont donné le signal de leur doux trémolo. (Balz.) Les entrées de fugue et tous les passages de la basse, placés en première ligue, doivent se faire jour à travers les trémolo des violons et les tenues des instruments à vent. (CaStil- Bluze.) L'aurore est annoncée par un trémolo suraigu des violons, avec sourdine. (Th. Gaut.) Il Au piano, Roulement produit par deux notes ou deux accords différents frappés alternativement avec rapidité, i! PI. trémolo.
— Par anal. Tremblement artificiel de la voix : Certains orateurs affectent uh trémolo coniinuet. '
— Encycl. Le trémolo est un procédé extrêmement utile , d'un effet particulier et puissant, et qui s'emploie surtout dans ta musique dramatique. 11 consiste à multiplier, sur les. instruments à archet, les vibrations d'une ou de plusieurs cordes, et cela avec une rapidité telie que les sons se succèdent les uns aux autres sans laisser remarquer aucune solution de continuité, et produisent réellement l'effet d'un tremblement violent et précipité.
C'est surtout dans les récitatifs que les compositeurs reconnaissent l'avantage de l'emploi du trémolo. (Jet avantage est double : d'abord, le trémolo possède par lui-
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même, par le fait de sa nature, de son caractère, une grande puissance dramatique; nn second lieu, et au simple point de vue pratique, il ne saurait être remplacé par aucun autre procédé. En effet, dans les récitatifs, la division de la mesure est absolument arbitraire ; elle est laissée à la merci du chanteur, qui en dispose selon son caprice, son génie ou son inspiration ; tel temps est court; tel autre, au contraire, est très-prolongé ; une syllabe est dite avec véhémence et rapidité, tandis qu'une autre est tenua à dessein ; il serait donc impossible d'accompagner un chant de cette nature avec des notes régulièrement mesurées et d'une valeur déterminée. Le trémolo offre l'avantage, par ses notes rapides et incessamment répétées, qui forment l'effet d'une longue tenue et se peuvent prolonger ou arrêter à volonté, de pouvoir suivre le chant comme il plaît û celui-ci sans jamais l'embarrasser, sans lui imposer d'entrave d'aucune espèce.
On voit souvent aussi figurer le -trémolo dans la Symphonie; il sort, comme l'a dit solennellement Castit-Bluze, « à former à l'aigu les grandes masses d'harmonie liées par les tenues des instruments à vent, sous lesquelles la basse s'avance à pas majestueux." A ce point de vue, il est souvent d'un grandsecours pour obtenir certains effets d'ua caractère particulier, surtout dans la musique fantastique. Le trémolo des violons k l\igu, tout à fait dans le haut du manche, a été. souvent employé avec bonheur. Nous citerons comme exemples plusieurs effets obtenus parMendelssohn dans. divers passages de son chef-d'œuvre, le Songe d'une nuit d'été, et celui que M. Giisar a produit dans les Amours du Diable, l'un de ses meilleurs opéras" et des plus originaux qui soient sortis de sa plume élégante et fine.
Les effets de trémolo se rendent parfaitement sur le piano; ils sont surtout utile* dans l'accompagnement ; on n'y saurait obtenir cependant une succession do notes trèsrapides sans frapper au moins deux touches alternativement. On obtient le trémolo tantôt en frappant, avec le pouce et le petit doigt, deux notes donnant l'octave, tantôt en adjoignant k cet accord une troisième note, touchée par le second ou le troisième doigt; on peut même arriver à faire entendre quatre notes dont la succession rapide forme un accord complet; mais, dans ce cas, le corps de la main ayant moins de jeu et d'élasticité par le fait de la pression de plusieurs doigts, le trémolo est plus faible.
Dans un orchestre, le trémolo, lorsqu'il est fait par les basses, et surtout par les contrebasses, acquiert une grande ampleur, une puissance dramatique d'une intensité extraordinaire. Beethoven, pour qui l'orchestre n'avait point de secrets, l'a employé souvent avec un rare bonheur, et les exemples qu'on en trouve, particulièrement dans sa Symphonie héroïque et dans sa Symp/ionie pastorale, suffisent à en donner une idée.
TRÉMOR1SE s. f. (tré-mo-ri-ze — du lat. tremor, tremblement). Ichthyol. Un des noms vulgaires de la torpille.
TRÉMOUSSANT, ANTE adj. (tré-mou-san, an-to — rad. trémousser). Qui se trémousse : J'allais trouver la trémoussante jeunesse de Boussères dans une vieille grange qui servait de salle de danse. (A- Houssaye.)
TRÉMOUSSEMENT s. m. (tré-mou-se-man — rad. trémousser). Action de se trémousser : Trémoussement des ailes, du corps. ïrémoossisment des membres. (Acad.) Le bourdonnement que les abeilles produisent en oolant ne parait pas entièrement dû au trémoussement des uiles. (C. Dumèiil.) Si l'on place ta main sur une cloche ébranlée pur le enoe de son battant, on éprouve un tremousskment plus ou moins marqué. (Richerand.)
TRÉMOUSSER v. a. ou tr. (tré-mou-sê. — Il semblerait au premier abord que ce mot se rattache au verbe latin tremere, mais il serait alors difficile de justifier le suffixe ousser, à moins de trouver quelque typa italien tremuccio, Iremucciare. Liez rapporte le mot à un vocable barbare trans-motiare, se remuer fort, du préfixe trans et d'un type motiare, provenu de motum, supin da inovere, mouvoir; trans marquerait ici l'excès comme dans tressaillir. Mais il faudrait, pour approuver cette étymologie , justifier d'une forme antérieure tremoucer. Scheler croit que trémousser doit, venir de l'italien mosso, agité, ou mossa, mouvement, qui se rattachent sans doute a motum, supin de movere, mouvoir}. Donner du mouvement, de l'activité à : Trémousser un paresseux. Trémoussez donc ce gaillard -là,
— v. n. ou intr. Principalement en parlant des oiseaux, Remuer, s'agiter : Ces oiseaux trémoussent de l'aile. (Acad.) Un moineau trémousse sans cesse dans sa cage. (Littré.)
. . . Vois ces deux tourterelles Se chercher, s'approcher et trémousser des ailes.
SEQK.AIS.
Il Se dit quelquefois en parlant des personnes :llya des yens qui trémoussent au seul nom de volupté, ne le prenant qu'au criminel. (Charron.)
Se trémousser v. pr. Se remuer , s'ugilor d'un mouvement vif et irrégulier : Ce n'est pas là danser, c'est se trémousskr. (Acad.)
Voilà qui n'est point sot, et ces gens-là se
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trémoussent bien. (Mol.) Iln'y a point de femme gui se trémousse dans un bal avec plus de tioblesse, de vivacité, de légèreté. (Regnard.) Près d'vn buffet chargé de bouteilles, les unes pansues, tes autres effilées, sk trémoussait vue petite figure pâlotte. (Th.Guut.) Trois jours après, il était de tioee, chantait comme une grive et sautait comme un cabri, sb trémoussant à l'ancienne mode. (G. Sand.) — Fig. et fam. Faire des démarches, prendre des soins, se donner beaucoup de mouvement pour faire réussir une affaire : L'affaire était importante, il s'est bien trémoussé. (Acad.) // faut se remuer, sk trémousser, agir, parler et l'emporter. (Volt.) Nos beaux esprits ont beau se trèmoussiîr, ils n'effaceront pas le bonhomme La Fontaine. (Molière.) Des mesures avec Colin? Don! c'est ton jeune amant à la franquette, qui n'est capable que de su trémousser à contre- temps. (Regcard.)
TRÉMOUSSOIR s. m. (tré-inou-soir — rad.
trémousser). Machine propre à se donner du mouvement , k prendre de l'exercice sans sortir de sa chambre, et qui consiste daus une sorte de fauteuil inventé par le célèbre abbé de Saint-Pierre.
' TREMPAGE s. m. (tran-pa-je — rad. tremper), Typogr. Action de tremper le papier pour l'impression, afin de le rendro propre au tirage : Trkmpagb au balai. Trempage à la réglette.
— Tecbn. Immersion dans l'eau froide : Le trempagb des toiles, le trempage des laines.
— Encycl. Typogr. On trempe le papier de plusieurs manières. Dans le trempage au balai, on ouvre successivement les mains sur une table et on les asperge le plus également possible avec un petit balai de fougère préalablement plongé dans de l'eau pure. Pour tremper à la main, l'ouvrier, saisissant chaque main par le dos, avec sa droite, et en maintenant les feuilles serrées avec sa gauche, la fait passer rapidement dans une bassine pleine d'eau. Le trempage à la réglette ne diffère de ce dernier qu'en ce que, le papier étant ouvert, on en maintient les feuilles avec deux règles, parce que la main seule* lie pourrait les embrasser dans toute leur dimension. Dans tous les cas, après le trempage, le papier est empilé et mis en presse, pour que l'eau en pénètre parfaitement toutes les parties.
TREMPANT, ANTE adj. (tran-pan, an-te — rad. tremper). Qui plonge dans un liquide. ^ — Marcher à vanne trempante. En parlant d'une usine, Fonctionner alors que la vanne trempe dans l'eau, au lieu d'être levée dans toute sa hauteur.
TREMPE s. f. (tran-pe — du lat. tempenes, température). Action, manière de tremper le fer : Donner la trempe à un outil. La trempe à l'eau froide rend le fer cassant. (Buff.) tl Qualité que le fer contracte quand on le trempe : Celte épée est d'une bonne trempe. La trkmpk de ce coutelas est fort bonne. (Acad.) Le sabre gaulois était de si mauvaise trempe qu'il pliait du premier couv. (Michelet.) * r t f-
— Fig. Constitution du corps de l'homme : Mien ne peut altérer sa santé : c'est un corps d'une bonne trempe, d'une trempe excellente. (Acad.) il Qualité de l'âme, du caractère : En
, tous pays, ta valeur des femmes, la trempe de leur esprit et de leur âme est en proportion du mérite des hommes. (Grimm.) Du genre humain connais queile est la trempe.
Voltaire.
... Faire battre un cœur d'une trempe si rare. C'est une ambition qui m'emporte et m'égare.
Poksard.
— Pop. Volée de coups : Donner, recevoir une trempe.
— Econ. rur. Espèce de piquette.
— Teehn. Premier jet de cire qu'on donne k la mèche des bougies. U Eau propre à faire fermenter le grain destiné k la fabrication de la bière. Il Opération qui consiste à appliquer une couche de colle sur le dos d'un volume. Il Mise en trempe, Mise de la matière de l'amidon dans une eau sure.
— Typogr. Syn. do trempage.
— Encycl. Métall. L'opération de la trempe a pour but d'augmenter la dureté du métal. La découverte de la trempe est, sans contredit, une des plus importantes et une des plus utiles à l'industrie. C'est grâce à elle que l'on peut donner à l'acier une dureté assez grande pour permettre de faire des outils propres k travailler le fer et une quantité de métaux. C'est la trempe qui le rend encore susceptible de prendre un brillant poli pour eu faire des tranchants. Chauffé à la température de ce que l'on appelle le recuit, l'acier bleuit,
Ferd un peu de sa ténacité, mais acquiert de élasticité.
Un s'est demandé pendant longtemps quels phénomènes se passaient dans la trempe pour donner à l'acier des propriétés nouvelles. La théorie ancienne donnait l'explication suivante. L'acier étant porté k uue haute température, si l'on vient a le tremper dans l'eau, la surface se refroidit subitement, les molécules se resserrent et se moulent sur les molécules soiis-jacames qui n'ont pas encore eu le temps de se refroidir; mais, lorsque le refroidissement a été complet, les molécules sous - jocentes, adhérant intimement à la
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• croûte superficielle, ne peuvent plus se con- I tracter et sont forcées de rester dans le même état de dilatation. On croyait que ce tiraillement des fibres moléculaires était une des conditions de ténacité. Cette théorie est fausse, car si les choses se passaient ainsi, la trempe, loin d'augmenter la ténacité, la diminuerait, puisqu'elle produirait la dilatation des molécules et en diminuant la densité du métal en diminuerait aussi la dureté. D'Arcet, par ses observations sur la trempe du bronze, a éclairci ce point. On n'avait pas considéré un phénomène qui se produit dans \n trempe, c'est le changement de volume qu'éprouve le corps lorsqu'il se refroidit. Ce phénomène peut expliquer le mécanisme de la trempe. Tout le monde sait que la fonte, par exemple, en passant de l'état liquide à l'état solide, au moment du coulage, éprouve d'abord un retrait eu se refroidissant, mais ensuite augmente insensiblement de volume en se solidifiant. Dès lors, quand on la trempe, la couche solide qui forme la surface, refroidie brusquement, s'oppose k la dilatation secondaire, le métal est plus dense et, par conséquent, plus résistant. C'est la différence qui existe entre les fontes blanches et les fontes grises. Les fontes blanches sont tellement résistantes qu'elles no peuvent être travaillées k Ja lime. Ce que nous venons dédire de la fonte s'applique exactement k l'acier. On a objecté que, pour une différence si minime dans la densité, les effets étaient bien considérables. A cela on répond que les actions moléculaires varient très-rapidement pour de très-minimes variations de distance entre les molécules. M. Karssen fit des expériences à ce sujet et il prouva que le gonflement qu'éprouve la fonte en se soliditiant est du à uu mouvement interne produit par la cristallisation ; il établit, en outre, que la fonte trempée conserve la nature qu'elle possédait k létat liquide, tandis que, dans la fonte refroidie lentement, il s'établit un nouveau mode de combinaison des éléments. Suivant ce savant, la fonte trempée et l'acier trempé contiennent du carbone et du fer combinés d'une manière uniforme-, la fonte blanche recuite et l'acier non trempé renferment un carbure de fer riche en carbone, disséminé dans une grande quantité de fer acièreux moins riche en carbone. Ces différences de densité expliquent la difficulté que 1 on éprouve k tremper de grosses pièces d'acier, pour éviter que le centre, en se refroidissant lentement, n'exerce une pression telle qu'elle amène la rupture do la pièce. Ainsi donc, il est bien établi que la trempe n'agit qu'eu empêchant le inétal de se dilater et, par conséquent, en augmentant sa densité. La seule trempe qui soit intéressante au point de vue industriel est celle de l'acier. Les bains de trempe les plus employés sont ceux d'eau pure, d'huile lorsque l'on veut donner une résistance moins iorte, et enfin de mercure, qui donne lu degré de dureté le plus élevé. La trempe est presque toujours suivie de l'opération du recuit, qui consiste k faire chauffer l'acier k une certaine température, afiu deiui donner de l'élasticité et de l'empêcher de s'écailler. Cette opération, paraît-ii, n'influe pas sensiblement sur la dureté du métal. Quoique paraissant fort simple au premier aboru, la trempe est une des opérations industrielles les plus difficiles, et on rencontre fort peu d'ouvriers habiles eu cette matière; ce n'est que par une longue habitude que l'on arrive à connaître exactement la température k laquelle il faut chauffer une pièce et la manière de la tremper. Aussi uu bon trempeur est-il un homme précieux dans une fonderie. Il faut savoir modérer la chaleur que l'on donne k une pièce d'acier et ne pas dépasser en général la température du rouge cerise, point auquel la trempe est la plus dure. Ce point est trèsimportant, car si l'on chauffe au-dessus d'une certaine température, la trempe produit un effet tout opposé k celui que l'on en attend, c'est-à-dire qu'au lieu de durcir l'acier elle le rend très-doux. Pour obvier à ces désagréments, on avait proposé de placer les pièces k tremper dans de vastes creusets contenant des métaux dont la température de fusiou correspondrait k celle k laquelle on devait tremper l'acier, de telle sorte que, lorsque le métal aurait été fondu, l'ouvrier set-ait averti qu'il était temps de tremper la pièce. L'idée était fort ingénieuse, mais elle u été fort peu pratiquée k cause de la quantité variable d'acier que l'on ak tremper et à cause de l'altération que le travail et les diverses préparations font subir k l'ucier, ce qui mudilie le degré de la trempe. Ce procédé a été surtout employé par les graveurs pour tremper leurs coins ; ils se servent pour cela d'un bain de plomb. Nous emprunterons k un auteur anglais, M. Holtzapffel, la maniera de tremper les principaux outils. Pour les forets très-fins qui servent aux horlogers, o:i les chauffe dans la portion bleue de la flamme d'une bougie ou d'une chandelle; les plus gros sont chauffés k l'aide de la même flamme projetée par un chalumeau k air; on peut les laisser refroidir k l'air libre en les agitant, niais on les trempe de préférence dans de l'huile ou simplement dans la graisse du la chandelle. Pour lés outils que leur grosseur fait placer entre ceux que l'on chauffe au chalumeau et ceux que l'on chauffe à feu nu, il y en a beaucoup que l'on protège de l'action directe du feu en les plaçant soit
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dans un tube de fer, soit dans un bain de plomb; mais, en général, on les chauffe directement au feu de forge. Tous les outils d'une dimension peu considérable, comme les ciseaux, les burins des tourneurs, les gouges des charpentiers, sont chauffés directempnt; mais, pour que l'opération réussisse, il faut avoir soin de les porter k la même température sur tous les points de leur corps, puis on les plonge verticalement dans l'eau et on les y agite fortement, afin de les refroidir rapidement; si on ne veut que tremper la pointe, on la plonge seulement dans le liquide, le reste de l'outil n'est pas trempé.
Les canifs et les rasoirs sont chauffés k nu dans un feu de eoke et de charbon, puis plongés obliquement dans l'eau. L'opération du recuit pour ces instruments se fait de la manière suivante : sur un feu rouge, on aligne en les plaçant sur le dos une demi-douzaine de rasoirs et on les laisse exposés k la chaleur jusqu'à ce que le tranchant prenne une teinte jaune paille; alors on les relire un k un, et si le dos a été trop chauffé on le refroidit en le trempant dans l'eau. Le recuit des canifs se fait au moyen de plaques en cuivre ou en fer d'environ Om^O de longueur sur 0m,I0 de largeur et 0*n,006 d'épaisseur; les lames sont rangées sur le dos, accolées les unes aux autres. A mesure que l'opération avance, on saisit avec des pinces les lames qui sont terminées, on les jette dans l'eau s'il en e^t besoin et on remet à leur place de nouvelles lames. Lorsque l'on veut tremper des pièces d'acier d'un volume très-fort, il se présente un grand obstacle, c'est qu'en raison de leur volume ces pièces donnent naissance k une grande quantité de vapeur d'eau qui, a'accolant aux parois du métal, s'opposu au refroidissement rapide. Pour y obvier, on trempe les grandes pièces dans un courant d'eau rapide, ou bien on n'expose au trempage qu'une partie de la pièce. C'est ce que l'on fait pour les haches, les cognées, etc. La chaleur qui est condensée dans la partie qui n'est pas trempée sert au recuit de l'objet, qui se fait tout seul. Lorsque l'on veut tremper de petites pièces, telles que des aiguilles, des hameçons, on se sert d'huile, de suif, de cire ou de résine, ce qui donne une trempe plus douce et plus élastique que l'eau. On emploie un procédé particulier pour la trempe des plumes k écrire en acier; elles sont placées en grand nombre dans une capsule en porcelaine et exposées ainsi k la chaleur d'un fourneau ; lorsqu'elles sont arrivées à une température convenable, on les plonge dans de l'huile; cette mëtae huile sert a les porter h la température du recuit. Ce procédé est très-simple et a l'avantage d'être très-précis et de ne pas exposer k chauffer trop l'objet. Lorsque l'on veut obtenir un recuit plus fort que celui de l'huile bouillante, on expose l'acier k la chaleur d'un four ; mais ce procédé exige plus de précautions que le précèdent. Les scies, les ressorts sont recuits de cette manière, mais il est k remarquer que les opérations de polissage, d'écurage que l'on fait subir aux scies altèrent beaucoup leur élasticité; aussi est-on obligé de les marteler et jie les chauffer jusqu'à ce que l'acier prenne "une couleur jaune paille; on fait disparaître cette couleur en frottant les scies avec de l'acide chlorhydrique faible, puis on lave et on fait sécher. La trempe des ressorts de montre se fait dans l'huile. Voici comment on les fabrique . in façonne au marteau un fil d'acier auquel on donne la longueur et la largeur voulues; il faut avoir soin de vérifier si le ruban est d'une égale .épaisseur dans tous sos points. Puis, après avoir percé aux extrémité* les trous nécessaires, on arrondit les bords du ressort, uu moyen d'une lime ; cela fait, on enroule le ruban et ou l'attache avec des fils de fer ; puis, après l'avoir chauffé k la température voulue sur une plaque de cuivre, on flambe le ressort lorsqu'il a été treuij é dans l'huile. Pour lui rendre l'élasticité qu'après celte opération il semble avoir perdue totalement, on soumet le ressort kun nouveau forgeage. Ou lui donne ensuite la couleur bleu fpncé ou orange, en le faisant chauffer sur une plaque de fer sous laquelle on fait brûler une lampe k alcool. Avant do le livrer au commerce on le roule afin <1« lui permettre d'entrer dans la petite boite circulaire qui est destinée k le renferme!'. Cette opération se fait au moyen d'un petit arbre sur lequel on fixe un des bouts du ressort, puis on fait mouvoir l'arbre au moyen d'une manivelle qui est adaptée k son extrémité. Les ressorts de balanciers des montres ordinaires sont laissés k l'état doux; ceux des montres de prix sont trempés en les roulant sur un cylindre, tournés eu spirale en les faisant passer entre une lame mousse et le pouce, comme quand on veut faire friser une petite bande de papier. Le chauffage pour la trempe des ressorts de voitures se fait au feu de forge. On promène la pièce k tremper sur toute sa longueur afin de la chauffer également, et on la plongo dans un bain d'eau froide. Pour recuire les ressorts, on les chauffe au rouge tres-soinbre, puis on les laisse se refroidir naturellement. Pour bien reconnaître ta température du recuit, il suffit de passer un copeau de bois sur l'ucier; s'il brûle en scintillant, on est arrivé au degré de température convenable. Les ressorts ordinaires sont de 0u>,013 d'épaisseur; la limite maximum k laquelle l'acier peut faire un bon ressort est de on>,015 k 0^010. On a
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appliqué un procédé assez curieux pour la trempe des pièces qui présentent beaucoup d'épaisseur, et cette méthode a l'avantage d'éviter l'éclatement lors du refroidissement; il consiste k faire subir une forte pression aux pièces qui doivent être trempées. On se sert pour cela soit du marteau, soit du martinet, soit d'une presse, soit enfin du laminage. M. Griset, inventeur de ce procédé, l'a appliqué k la fabrication des cylindres de laminoir. 11 est utile de faire remarquer que les couleurs jaune paille, jaune d or, rouge,
forge de pigeon, violet foncé, violet bleu, leu foncé, bleu clair, gris que prend l'acier ne sont dues qu'au réchauffage de l'acier k différentes température; suivant l'emploi que l'on veut faire de l'acier, on s'arrête k la couleur que l'on croit la meilleure. C'est le bleu qui correspond au maximum d'élasticité. On a nommé procédé de trempe au paquet l'habitude qu'ont certains trompeurs d entourer les pièces qui doivent être soumises k la trempe d'enduits de genres différents; tantôt c'est simplement de la terre, et cela a pour but d'empêcher l'oxydation; d'autres fois, c'est de la gomme, de la suie, de la corne, de l'huile, toutes matières destinées k fournir k la pièce, qui souvent n'est que du fer, une sorte de cémentation qui acière ta surface et la rend susceptible de prendre un trèsbeau poli; c'est le mode de trempe des armuriers.
TREMPÉ, ÉE (tran-pé) part, passé du v.
Tremper. Plongé dans un liquide ; Les /lèches trempées dans te suc de ces plantes vénéneuses font des plaies toujours mortelles. (Volt.) V
— Imprégné d'un liquide : Soupe trempée. Un habite TRKMPii de pluie. Un front trempé de sueur, il Se dit souvent par exagération : Je revins tout de suite à Belombre, trempée de larmes. (Mme de Simiane.)
Je la revois bientôt de pleurs toute trempée.
— Coupé, mélangé d'eau : Ne boire que du vin trempé. (Acad.)
— Qui a reçu la trempe : Du fer trempé, bien trempé.
— Fig. Qui a un certain caractère, ttne certaine nature : C'est un homme vigoureuse' ment trempé ! (Balz.)
Vrai Dieu ! ceux de mon sang on t l'âme bien trempée C. Délavions.
TREMPÉE s. f. (tran-pé — rad. tremper). Façon donnée k une chose en la trompant dans l'eau, dans la colle, dans un iiquide.
— Pop. Volée de coups : Je lui ai donné la trempée que je lui avuis promise.
— s. f. pi. Pèche. Nom donné kdeux cordes do crin attachées aux deux bouts de la seine, et qui servent k la tirer k terro.
TREMPER v. a. ou tr. (tran-pé. — Ce mot, qui est pour temprer, vient du latin temperare, qui est aussi le type du français tempérer, i Tremper son vin, dit M. GuesSard, signifiait, au moyen âge, temperare vinum aqua. On écrivait tantôt temprer, tantôt tremper. Cette dernière forme a prévalu et est restée dans ht langue; mais on lui attribue généralement un sens qu'elle n'a pas. On s imagine que tremper soit vin, c'est le mouiller : erreur évidente; tremper son vin, c'est le tempérer, selon la forme moderne. » On trouve dans Join ville des exemples de temprer et tremper du vin. Chevallet fait remarquer cependant que temperare vinum n'est pas une expression de basse latinité, comme semble le faire entendre le savant professeur de l'Ecole des chartes; on la trouve dans de très-bons auteurs latins, et, entre autres, dans Pline l'Ancien. On disait aussi temperare ferrutn, tremper du fer. On a dit temprer du jer dans notre ancienne langue). Plonger dans un liquide ; Tremper sa plume dans l'encre. Tremper un linge dans l'eau. (Acad.) U Humecter : La pluie a trempé le sol.
Bandeau que mille fois j'ai trempé de mes pleurs, Au moins, en terminant ma vie et mon supplice, Ne pourrais-tu sue rendre un funèbre service?
Racine.
— Plonger tout rouge dans" l'eau, eu parlant du fer k qui l'on veut ainsi donner ta trempe.
— Fig. Donner du caractère, de l'énergie k : Au moyen âge, la présence du danger trempait les cœurs. (H. Beyle.) La crainte trempe les âmes comme le froid trempe le fer, (J, Joubert.)
— Tremper la soupe, Verser le bouillon sur les tranches de pain. Il Pop. Tremper une soupe à quelqu'un, Lo battre, lui infliger une correction,
— Tremper son vin, Y mettre de l'eau.
— Tremper ses mains dans le sang, Commettre un meurtre, ou seulement l'ordonner, le conseiller, y consentir : O Télémaquel craignez de tomber dans les mains de Pygmalion, notre roi; il tes A trempées, ces Mains cruelles, pans le sang de Sichée,mari de Didon, sa sœur. (Fén.) Il Tremper dans le sang, En parlant d'une arme, la faire servir k la perpétration d'un meurtre : L'épée que l'on trempe dans le sang des sic us 7i est-elle pas un poignard? (De Vigny.)
— IVchn. Soumettre k l'opération de la trempo : Tremper un volume.
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— Typogr. Tremper le papier, Le mouiller ^>our le rendre propre k recevoir l'impression.
— v. n. ou intr. Demeurer plonge, immergé : II y a deux jours que ce linge trempe. Il faut mettre trhmper ces pois, ces pruneaux, pour les amollir. La viande gui trempe trop longtemps perd tout son suc. (Acad.) h 'Etre complice de, coopérer à : Tremper dans un complot. Il n'A. point trempé dans ce crime. (Acad.)
— Tremper dans le sang, Se souiller d'un meurtre :
Mes mains n'ont point trempé dans le sang innocent.
Racine.
Se tremper v. pr. Etre trempé, humecté, plongé dans un liquide : La soupe doit sk tremper au moment d'être servie. Le papier sk trempe ordinairement une fois par main. (Acad.)
— Prendre la trempe : L'acier fondu se trempe très-dur par la seule action de l'air. (Pelouze,)
— Se plonger, s'immerger soi-même : Se tremper dans l'eau,
— Fig. Prendre du caractère, de l'énergie : Le cœur de l'homme gui su trempe dans les larmes et le sang devient dur comme l'acier. (Boiste.)
TREMPERIE s. f. (tran-pe-rî — rad; tremper). Typogr. Nom donné, dans les imprimeries, à un atelier spéciuîement destiné au trempage du papier.
TREMPETTE s. f. (tran-pè-te — rad. tremper), Fa m. Petite tranche de pain que l'on trempe dans un liquide avant d-i la manger : Se couper des trempëttiîs.
— Faire la trempette, Manger de petites tranches de pain que l'on trempe dans un liquide.
TREMPEUR s. m. (tran-peur — rad. tremper). Ouvrier qui trempe : Trempisur d'acier. La société se trouve mélangée de maçons, de fils de pairs de France, de trbmpecrs' d'allumettes phosphoriques. (Th. Gaut.)
— Typogr. Ouvrier spécialement chargé de tremper le papier.
TREJWPIS s. m. (tran-pi — rad. trempe). Liqueur acide dans laquelle on trempe les pièces de cuivre pour les décaper.
— Eau dans laquelle on a trempé la moine pour la dessaler. Il Endroit où. l'on dessuie le poisson.
— Techn. Atelier de l'amidonniei', il Lavage des matières destinées à la fabrication des couleurs.
TREMPLIN s. m. (tran-pîuin. — Ce mot est une forme nasalisée de trepliit, dérivé du vieux français treper, triper, sauter, sautiller, d'où aussi, trépigner). Planche inclinée, très-élastique, appuyant à terre seulement par ses deux extrémités, sur laquelle les sauteurs s'élancent lorsqu'ils veulent s'élever très-haut : Faire le saut périlleux sans tremplin.
— Saut du tremplin ou simplement Tremplin, Saut exécuté à l'aide du tremplin, il Fig. Tour hardi,
TREMPOIR s. m. (tran-poir — rad. tremper). Techn. Endroit où l'on met tremper les pièces de drap.
TREMPOIRE s. f. (tran-poi-re — rad.
tremper). Techn. Cuve dans laquelle on fait tremper une substance quelconque.
TREMPURE s. f. (tran-pu-re — rad. /remuer). Techn. Bascule qui sert k imprimer un mouvement d'abaissement ou d'élévation au palier et à la meule couran'te d'un moulin.
TRÉMUE s. f. (tré-mû). Mar. Tambour disposé autour des éeoutilles, pour les garantir de l'eau pendant les mauvais temps.
TRÉMULER v. a. ou tr. (tré-mu-lé — du '.ut. tremutare, trembloter). Donner un mouvement de trépidation à : Trémulbr les doigts. Trémuler ies tèvres. Il Peu usité.
TRENCH (Richard Ciienevix), prélat anglais, né en 1807. Il lit ses études à l'université de Cambridge, remplit ensuite les fonctions du ministère ecclésiastique dans diverses paroisses et devint successivement professeur k l'université de Cambridge (1845), iuot'esseur de théologie au collège du Koi, à. ..ondres (1847), doyen de Westminster (1850) ut enfin archevêque de Dublin (1863). Un u de lui : Sabbation, Honor Neale et autres poèmes (183S); Histoire de Justin te martyr (183S); Geueoiève, lJoëmes élégiaques, Poèmes orientaux (de 1838 à 1841) ; Notes sur les miracles; Leçons en proverbes; le Sermon sur lu montagne; lu Poésie sucrée latine; les Synonymes du Nouveau Testament ; Suint Augustin, interprète de l'Ecriture; V Etude des mots, traite remarquable qui est un résumé des leçons qu'il avait faites au collège de Winchester, etc. La plupart de ces ouvrages unt obtenu plusieurs rééditions.
TUliiNCHAUlJ (Jean), homme politique anglais, né eu 1650, mort en 1095. Admis au barreau de Londres a dix-huit ans, il fut envoyé, en 1679, au Parlement par la ville de Taunton et siégea dans les rangs de l'opposition, avec laquelle il soutint, en 1680, le bill d'exclusion. Ce fut la le principal motif ' qui le fit arrêter, trois ans plus lard, comme ' complice du complot protestant qui se ter-
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mina par la condamnation de Russell et de Sydney. Rendu à la liberté faute de preuves suffisantes contre lui, il prit part, sous Jacques II, à la conspiration du duc de Monmouth et se réfugia ensuite en Fiance, d'où il revint après la révolution de 1688. Membre de la Convention qui donna le trône k Guillaume III et à Marie, il fut en faveur sous le règne de ces derniers et obtint, en 1093, le titre de secrétaire d'Etat.
TBENCHARD (Jean), publicisie anglais, né en 1668, mort eu 1723. Il étudia le droit, mais ne suivit pas la carrière du barreau et, après avoir été pendant quelques années commissaire des biens confisqués, fit un héritage qui lui permit de se livrer sans réserve à son penchant pour la polémique. Il débuta, en 1698, par deux écrits ayant pour titre : Argument pour montrer qu'une armée permanente est en opposition avec uu gouvernement libre et absolument destructive de la constitution de la monarchie anglaise. et Histoire succincte des armées permanentes en Angleterre. ■ Ces deux ouvrages furent vivement censurés et donnèrent lieu à une polémique des plus vives. Parmi les autres écrits de Trenchard, ceux qui eurent le plus de retentissement furent les lettres qu'il publia, à partir de 1720, sous le pseudonyme de Coton et en collaboration avec Thomas Gordon, dans le London Journal, puis dans le Brilish Journal. Elle3 avaient pour objet la discussion des actualités politiques, et quelques-unes attaquaient vivement la religion anglicane. Jean Jackson répondit k ces dernières dans sa Défense de la liberté de l'homme. Plus tard, Gordon réunit ces lettres en un recueil qu'il publia sous ce titre : Lettres de Caton ou Essais sur ta liberté civile et religieuse et sur d'autres sujets importants {i« édit., 1737, 4 vol. in-12). A sa mort, Trenchard était depuis plusieurs années représentant de Taunton au Parlement. On a encore de lui : Histoire de la superstition (1709), traduit? en français par d'Holbach (Londres, 1767, in-12); Considérations sur les dettes publiques (1709); Comparaison des proportions de la Banque et de la Compagnie de la mer du Sud (1719); Pensées sur le bill de ta pairie (1719); Réflexions sur l'ancien wkig (1719).
TRENCH (François, baron de), célèbre capitaine des pandours, né a Reggio (Calabre) en 1711, mort k la forteresse de Spielbergen 1749; Son père, lieutenant-colonel au service de l'Autriche, était alors gouverneur de la Calabre; sa mère descendait d'une ancienne famille de Courlande. Trenck ne fréquenta dès son enfance que des Croates grossiers; pendant qu'il recevait cette éducation indigne de son rang et de sa fortune, les malheurs de famille vinrent fondre en foule sur lui. Tout jeune encore, dans le royaume de Naples, il fut spectateur de la bataille de Melazzo, où son père fut assez grièvement blessé; son frère aîné mourut sous les roues d'un carrosse qu'il voulait conduire luimême; quelques semaines après, son aïeul succombait; sa mère descendit au tombeau l'année suivante; il ne lui restait plus que son père et un frère, qu'il faillit tuer à la chasse. N'ayant. pu demeurer aux écoles de Vienne, dans lesquelles il se rendit insupportable à ses maîtres et k ses condisciples, François Trenck fut obligé de retourner chez son père, qui avait été nommé au gouvernement de Brodi, sur les frontières de la Slavonie. En 1727, il entra comme porte-drapeau dans le régiment du feu comte de Pulfy , grand palatin de Hongrie. Ici commencent ses vicissitudes; il avait des duels tous les jours, jouait gros jeu , faisait des dépenses folles et devint finalement amoureux k Eseck, où son corps était allé en garnison, d'une tiile de haut rang, qu'il nomme Mlle N. N. dans ses Mémoires, et qui n'était autre que la baronne de Lestock. 11 fit pour elle mille folies. Ou lui obtint un congé pour le soustraire à cette vie de désordres, et il revint chez son père, dévoré de chagrin. Mais il n'était pas homme k se tourmenter longtemps. Voici, du reste, quelques lignes de lui qui expliqueront sa philosophie : « Pour mettre le calme dans mon âme, il ue fallut pas moins que mettre en action le proverbe qui dit qu'un clou chasse l'autre. Les politesses que me lit, k Pelerwarad'tn, M"e deTellier, filled'un officier général de ce nom, assez connu dans notre siècle, m'obligèrent.,d'abord à être reconnaissant, puis à devenir amant. Je ne suis pas le premier homme qui ait donné l'exemple d'inconstance en amour; mes affaires étaient absolument désespérées avec Mlle N. N,, et combien y en a-t-il qui changent de maîtresse comme on change d'attitude, uniquement pour se désennuyer 1 »
Celte demoiselle de Tellier, fille du feldmaréehal baron do Tellier, l'une'des premières maisons de Suisse, devait un peu plus tard devenir sa femme, malgré la volonté de son père, qui s'adoucit k la tin. Celui-ci était un peu avare et, usé par l'âge, n'entrait peutêtre pas autant qu'il le pouvait et le devait, jusqu'à un certaiu point, dans les dettes de jeunesse de son fils. Trenck, k court ti'argent, alla trouver un intendant de sou père, qui refusa d'écouter ses propositions; de colère, Trenck lui fendit la tête d'un coup de sabre. Cette affaire faillit devenir très-grave pour lui et on eut beaucoup de peine à l'assoupir. Sur ces entrefaites, la guerre avait éclaté entre les Russes et les Turcs. Trenck, avec
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l'autorisation de la cour de Vienne, leva 300 hommes à ses frais et entra comme capitaine au service de la Russie, dans un escadron de hussards que cette puissance organisait sur les frontières delà Hongrie. L'armée russe était sur le point de passer le Bug, quand Trenck la rejoignit. Il ne tarda pas k se distinguer et à donner des preuves de ce brillant courage qui ne l'abandonna jamais. Le maréchal Munich lui avait accordé ses bonnes grâces, mais la discipline était un joug qu'il ne pouvait pas supporter. Un jour qu'il proposait a son colonel de faire marcher son régiment contre les Turcs, celui-ci ayant refusé : « Que les braves, s'il y en a, ine suivent 1 ■ s'écria le baron de Trenck ; et a la tête de 200 hommes, qui se 'laissèrent entraîner par ses paroles, il tomba sur l'ennemi, en fit une véritable boucherie et ramena un grand nombre de prisonniers. Au retour, rencontrant son colonel, il lui coupa la figure k coups de cravache. Immédiatement arrêté «t traduit devant un conseil de guerre, il fut condamné à être passé par les armes. Mais le jour de son exécution, ses amis firent in sorte que le maréchal Munich passât, comme par hasard, devant la tente où il était retenu prisonnier. Des Turcs attaquaient en ce moment les avant-postes des Russes. « Permettez que je monte k cheval, dit le condamné en apercevant le maréchal, et que, me jetant sur l'ennemi, je cherche une mort glorieuse et utile k vos armes 1 ■ Le maréchal gardait le silence. • On se bat sous nos yeux , reprit le baron ; si de mon sabre j'abats trois têtes et que je vous les rapporte, me pardonnerezvous? — Oui,» lui dit enfin le maréchal. Trenck s'élance aussitôt et ne tarda pas a revenir avec les tètes de quatre Turcs, au lien do trois, pendues h l'arçon de sa selle. Le maréchal Munich l'embrassa et le nomma major dans le régiment d'Orlow-dragons.
Dans Cette campagne, il lui arriva une autre aventure si extraordinaire, qu'elle parait invraisemblable, quoique son cousin la raconte comme des plus certaines.. ■ Un jour, un Tartare lui passa sa lance au travers du ventre; il empoigna le bout de la lance qui sortait du corps, la rompit, arracha l'autre bout, donna de l'éperon k son cheval et se sauva heureusement; il fut même bientôt guéri de cette blessure. J'ai vu les deux cicatrices et je peux confirmer la vérité de ce fait. ■ (Frederick de Trenck, Histoire de Français de Trenck; trad. Letourneur). Malgré les traits de bravoure que Trenck accomplissait presque chaque jour, malgré sa conduite remarquable aux passages du Bug, du Dniester et du Pruth, on conçoit qu'il fut peu considéré dans l'armée ; il lui était impossible d'allier le respect de ses ehefs avec le-oouruge dont il donnait maintes preuves, et cette guerre qu'il faisait si vaillamment en volontaire devait finir malheureusement pour lui. 11 s'oublia encore une fois jusqu'à frapper son colonel, qui ne voulait pas te laisser attaquer l'ennemi. Cette seconde faute le fit encore condamner à mort, et il fut fort heureux de trouver une seconde fois un protecteur zélé dans le maréchal Munich. Il reçut sa grâce au moment où, attaché k un poteau, il avait déjà au cou un morceau de carton découpé en cœur qui devait servir de but au peloton d'exécution. Cassé de son grade, il fut eonduit en Sibérie. 11 n'était pas abattu; il réclama vivement près de la cour de Saint- Pétersbourg, et sa peine fut définitivement réduite à six mois de travaux forcés, puis il fut conduit hors des Etats russes, et put revenir dans ses terres de Slavonie. C'est k l'époque de ce retour dans sa famille qu'il épousa M'1" de Tellier.
Mais les douceurs de l'hymen no convenaient pas k un caractère comme celui de Trenck. Las de l'oisiveté du foyer domestique, il conçut bientôt le projet d'exterminer les brigands qui dévastaient la Slavonie, brigands terribles et redoutés, qui punissaient la moindre trahison par la destruction de tout un village .et qui avaient jusque-lk mis en déroute toutes les troupes régulières envoyées contre eux par la cour de Vienne. Trenck réunit les plus robustes de ses vassaux, les organisa en une compagnie de pandours, et, à la tète de cette poignée d'hommes, osa attaquer les bandits. 11 les poursuivit sans relâche, leur fit la chasse comme k do véritables bêtes fauves, alla les chercher jusque dans les forêts qui leur servaient de repaire et les maltraita tellement, qu'ils fuient forcés de se retirer sur le territoire turc.
A cette époque (1740), les Hongrois s'étaient levés en masse pour défendre et sauver leur reine, Marie-Thérèse, Trenck, toujours poussé pic son amour de la guerre, écrivit à Vien <j et offrit de former k ses frais un corps :e pandours dans lequel il se proposait de l /ire entrer les brigands qu'il avait vaincus, demandant grâce entière pour ceux qui se soumettraient. On lui accorda facilement tout ce qu'il voulait; mais un trèspetit nombre de bandits répondirent k sou appel. Il se remit alors k les harceler, k les battre avec les cinq cents vassaux qu'il avait organisés et les réduisit k une telle extrémité qu'ils capitulèrent; trois cents d'entre eux entrèrent dans ses pandours. Trenckuvait là des soldats prêts k tout, que lui seul était capable de commander. Un jour, pourtant, une compagnie qui n'avait pas oublié son aucienne haine se hasarda k faire l'eu sur lui :
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son cheval tomba. Trenck s'élance, fou de colère, vers la compagnie, compte un, deux, trois, et coupe la tète au quatrième homme. Il allait ainsi continuer à les décapiter de quatre en quatre, quand un des hommes, sortant des rangs et tirant son sabre, lui crie : « C'est moi qui ai tiré sur toi, défends-toi! » Trenck accepte le combat et tue son adversaire. Il retourne, plus furieux après cette victoire, vers la compagnie et reprend sa besogne interrompue. Les soldats, épouvantés, tombent k genoux et demandent grâce, lui promettant obéissance; ils tinrent depuis leur promesse.
Trenck passa en Autriche avec ses troupes slavonien ues et rejoignit l'armée autrichienne campée aux environs de Neiss. Les Français et les Bavarois menaçaient Vienne. Trenck repoussa les Français de Linus, où sa belle conduite lui gagna la confiance du prince Charles de Lorraine et du général Kewenhuller, puis pénétra jusqu'en Bavière, où il mit tout à feu et k sang, Le 20 janvier 1742, il prit d'assaut Deckendorf ; le 26 février, il s'empara de Reichenholl, fit ensuite le siège de Ûham, incendia la ville et massacra les habitants; l'exécution des femmes et des enfants fut surtout horrible; il las fit défiler sur un pont et jeter k l'eau. A Deckendorf ou k Reichenholl, il lui arriva un accident; il se fit sauter lui-même en allant chercher un baril contenant 20,000 florins cachés chez un npothtcaire : la chandelle qu'il portait enflamma quelques livres de poudre qui se trouvaient près du baril; Trenck, meurtri et rapporté dans son camp, garda toute sa vie tes cicatrices de ses brûlures. Sa cruauté durant cette guerre, les pillages qu'il avait ordonnés partout, tou3 ces méfaits encore grossis par les ennemis qu'il s'était faits le firent rappeler k Vienne pour rendre compte de su conduite. Il dédaigna de se défendre, et comme, en définitive, le prince Charles et le comte de Kewenhuller avaient permis toutes ces atrocités, il fut mis en liberté au bout d'un mois.
Trenck retourna donc à ses pandours; il porta leur nombre à 4,000, auxquels il adjoignit 60oTiussards et 150 chasseurs, équipés k ses frais. A la fin de cette première campagne, il avait fait 4,000 prisonniers et pris 25 eiuiûns et 10 drapeaux. Un de ses plus remarquables faits d'armes fut de passer le Rhin k la nage avec 70 pandours, de prendre d'assaut un fort tenant k Philisbourg et d'ouvrir ainsi le passage du Rhin a toute l'armée. Il envahit ensuite l'Alsace et devint la terreur de cette contrée, comme il avait été colle de la Bavière. La guerre entre la Prusse et l'Autriche s'étunt rallumée au mois de septembre 1744, l'armée repassa le Rhin pour aller au secours de la Bohème envahie. Trenck commanda l'arrière-garde et couvrit la retraite; il reprit en marchant Neubourg, Sultzbach, Tabor, Budweis et Frauenbourgj k l'attaque de liolin, un boulet de canon lui écrasa le pied droit et le força d'abandonner le combat. Marie-Thérèse, voulant lui donner une preuve de satisfaction, lui envoya un chirurgien de Vienne pour soigner sa blessure, a peine fut-il en état de marcher avec des béquilles qu'il se rendit k Vienne ; son entrée l'ut un véritable triomphe. Les paroles gracieuses de sa souveraine l'exaltèrent et, regagnant ses domaines, il leva 800 recrues avec lesquelles il rejoignit l'armée. C'est k cette époque que se place l'événement mystérieux qui mit fin k sa carrière militaire. Il avait reçu l'ordre d'attaquer le quartier général de Frédéric H, k la bataille de Sorrow. Il pénétra k travers le camp ennemi avec son intrépidité ordinaire, parvint jusqu'à lu tento du roi et fit main basse sur tout ce qu'il trouva, notiumnenl sur l'argenterie (14 sept. 1745). Pendant que lu capitaine et ses digues pandours s arrètuieut k piller, le roi, qu'ils. auraient pu faire prisonnier, s'échappa. Telia est du moins la version du baron de Trenck. Ses ennemis l'accusèreut d'avoir rendu k la liberté, pour un million de ducats, le roi, qu'il avait, dit-on, surpris dans son lit. L'accusation était-elle vraie? était-elle fausse? Tous ceux qui avaient quelques griefs contre Trenck, et le nombre en était grand, tous les officiers qu'il avait cassés de sa propre autorité, firent, tant que Marie-Thérèse ordonna une enquête. Trenck fut condamné k payer 120,000 florins, k titre d'indemnité, aux officiers dont il avait brisé la position. Au lieu de se soumettre k cet arrêt, il refusa de payer l'amende, se retira en Slavonie, engagea 600 hommes, fit glorieusement avec eux la campagne des Pays-lias et revint k Vienne en octobre 1746. Marie-Thérèse lui ordonna de garder les arrêts; méprisant cet ordre, il lit atteler son plus bel équipage et s'en alla publiquement au théâtre, où il savait trouver l'impératrice. Puis apercevant dans une loge le comte de Gossau, uu de ses plus acharnés accusateurs, il alla le trouver, le saisit de ses mains vigoureuses et essaya de le précipiter dans le parterre. Le comte de Gossau ayant réussi k dégainer, Trenck en fit autant, et c'était certainement fuit du comte si l'on n'était parvenu k le dégager. Trenck fut ramené chez lui et garde k vue. Après un tel scandale, Marie-Thérèse ne pouvait plus le protéger. Ses biens furent mis sous séquestre et il fut traduit devant un conseil de guerre. Les accusations s'élevèrent plus haut que jamais. Le président, général de Loweuwuld,
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lui reprochant sa conduite à Sorrow, il se défendit en montrant un témoignage écrit de la main du prince Charles. Et comme le président s'exprimait avec mépris sur ce dernier, Trenck, c'est lui qui le dit dans ses Mémoires, Trenck le saisit • comme un tigre enlève un chat ■ et l'aurait jeté d'un quatrième étage si la garde n'était pas accourue. Dès iors Trenck fut enchaîné et perdit les dernières sympathies qui lui restaient. On lui reprocha tous ses méfaits : ses cruautés à Cham, ses vols, ses pillages. La baronne de Lestock, avec laquelle il avait noué depuis longtemps une intrigue amoureuse, parvint à gagner l'officier qui le gardait h l'arsenal de Vienne. Le prisonnier, qui avait fait le mort, fut placé dans un cercueil et conduit au cimetière. L'officier, ayant ouvert le cercueil, délivra Trenck et lui donna son manteau pour se déguiser, Trenck se sauva avec sa baronne en Hollandel où il ne tarda pas à être découvert. Ramené à Vienne, il futcon- - damné, le 20 août, à être gardé à perpétuité, comme prisonnier d'Etat, dans la forteresse du Spielberg. Il essaya en vain de se sauver de cette nouvelle prison ; ne pouvant y réussir, il s'empoisonna.
TRENCK (Frédéric, baron de), cousin du précédent, célèbre par l'éclat de ses aventures et de ses malheurs, né a Kœnigsberg en 1726, exécuté à Paris en 1794. Doué de tous les avantages extérieurs, d'un esprit vif et hardi, d'un courage de lion et d'une trempe extraordinaire, il fut certainement un des hommes les plus étonnants de sou siècle, bien que de fatales circonstances, en l'arrêtant au début de sa carrière, l'eussent réduit pour le reste de ses jours au rôle d'aventurier. A treize ans, il possédait déjà les langues anciennes et l'histoire et fut présenté quatre ans plus tard à Frédéric 11 comme
I élève le plus remarquable de l'université.
II avait eu déjà deux duels, avait subi toutes ses thèses et possédait la plupart des langues vivantes. Jl plut au roi, qui le présenta à Voltaire, à Maupertuis et à La Mettrie. Tout à la fois militaire, courtisan et savant, il vit s'ouvrir devant lui la carrière des succès, devint l'amant du ta princesse Amélie, sœur de Frédéric, se couvrit de gloire pendant la campagne de 1744, où il lit vingt-deux prisonniers, et entra de plus en plus dans la faveur de son maître. Cependant, sa liaison avec la princesse ayant été découverte, il fut enfermé dans lu forteresse de Glatz (1745), s'évada avec des peines inouïes (1746), gagna la Pologne après avoir fait 300 lieues à pied, puis se réfugia à Vienne, où les intrigues de son cousin François lui suscitèrent trois duels. Ce séjour à Vienne le perdit dans l'esprit de Frédéric, qui le soupçonna à tort d'avoir vendu à l'Autriche les plans de certaines forteresses prussiennes. Il entra ensuite au service de la Russie, fut distingué par l'impératrice Elisabeth, séduisit une princesse russe, qui mourut bientôt en lui léguant sa fortune, puis l'épouse du chancelier de Russie, dont le zèle lui rit acquérir un grand crédit à la cour. La mort de son cousin (1749), qui l'avait institué son légataire, par un retour inattendu d'amitié, le rappela à Vienne, où ii n'arriva que l'année suivante, après une suite de voyages dans le Nord et d'aventures qui faillirent plus d'une fois lui coûter la vie. D'interminables procès le retinrent trois ans, et il ne put recouvrer qu'une faible portion de l'immense fortune fruit des pillages de son cousin. Après de nouveaux voyages, il servit quelque temps l'Autriche en Hongrie, eut l'imprudence de faire un voyage à Dauizig pour régler la succession de sa mère, fut arrêté par l'ordre de Frédéric, enfermé à Magdebourg (1753) et accablé des traitements les plus barbares. De nouvelles bontés de ta princesse Amélie (qui le secourut dans toutes ses infortunes) lui permirent de tenter une nouvelle évasion ; mais il fut surpris, plongé dans un cachot plus affreux encore et chargé de chaînes du poids de 68 livres. Pendant sa longue captivité et-au milieu de l'horreur de sa position, il conservait toute sa liberté d'esprit, composait, soit en allemand, soit en français, des ouvrages, des vers, des satires, nouait des intelligences au dehors et tentait plusieurs fois encore, mais inutilement, de s'évader. Il fut enliii mis eu liberté par suite de puissantes interccssiuiis (1763), après dix ans de souffrances. Il finit par se fixer à Aix-la- Chapelle, où il épousa (1765) la fille d'un bourgmestre. La littérature, la politique, le commerce des vins de Hongrie, une correspondance suivie avec Joseph II (qui le consultait sur les réformes qu'il méditait) se partageaient le temps de cet homme infatigable. Une gazette qu'il publiait lui fit de cruels ennemis, surtout parmi le clergé catholique, et il se livra à de nouveaux voyages en France et en Angleterre (1774-1777), De retour en Allemagne, il fut chargé de diverses missions politiques, mérita les bienfaits de Marie-Thérèse, se livra pendant plusieurs aimées à des essais agricoles en Hongrie, et revit enfin sa patrie apri.-s quarante-deux ans d'exil (17S7J. Il fut accueilli avec bouté par le successeur du grand Frédéric et eut une entrevue touchante avec la malheureuse princesse qui l'avait, pieuré toute sa vie et qui mourut peu de temps après. Ce fut alors (1786) qu'il publia ces fameux Mémoires (trad. en franc, par Letour-
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neur, 1788, 3 vol. in-12) dont le retentissement fut si grand en Europe. La Révolution française lui inspira quelques brochures, où il en approuvait les principes et qui lui valurent la disgrâce de la cour impériale et même un emprisonnement de dix-sept jours à Vienne. Il vint h Paris, y vécut dans un état presque indigent, fut arrêté en 1793 comme agent du gouvernement prussien et conduit à l'échafaud l'année suivante, le même jour que les poètes Roucher et André Chénier. Il mourut avec le plus grand courage. De tous ses écrits, ses Mémoires méritent surtout d'être lus. Il y a inséré ceux de son cousin, François de Trenck. Nous citerons, parmi ses ouvrages : le Héros macédonien (Aix, 1773, in-SP) ; Sssmmtliche Gedichte und Schriften (Leipzig, 1786, 8 vol. in-S°) et un Examen politique et critique de ^'Histoire secrète de la cour de Berlin (Berlin, 1789, in-s°), dans lequel il réfute les assertions de Mirabeau contre les souveraius du Nord.
TUENCK (Maurice-Flavius, baron de), publiciste allemand, de la même famille que les précédents, né à Dresde, mort à Francfort en 1810. Il suivit d'abord la carrière des armes, fit, comme officier du génie, un voyage en Espagne pour diriger les fortifications de Carthagène, puis quitta le service de l'Autriche et, après divers voyages, alla habiter Neuwied sur le Rhin, ou il fonda en 1785, sous le titre de Dialogue des morts, un journal politique ullemund, dont le succès fut prodigieux et dont la recette, pour une seule année, s'éleva jusqu'à 70,000 florins. Trenck quitta Neuwied pour Francfort, où il continua encore quelque temps à publier son journal, qui donna lieu à de nombreuses contrefaçons.
TRENCS1N, TENTS1N ou TRENTCHIN, anciennement Sinyone, ville de Hongrie, ch.-l. du comitat de son nom, sur la rive gauche de la Waag, à 239 kiloin. N. -O. de Bude, 105 kilom. N.-É. de Presbourg, par 480 53' de latit. N. et 15«41' de longit. F.; 3,500 hab. Gymnase. Collège de piaristes. Ecole supérieure catholique. Fabriques de draps. Bières renommées.
TRENCSIN (comitat de), dans le ■ cercle au delà du Danube, entre ceux de Neustra au S., de Thurotz et d'Arra à l'E., la Moravie k l'O. et la Sibérie au N. et à l'O. ; 5,036 kiloin. carrés, 130 kilom. sur 45 et 210,000 hab , tant Esclavons que Hongrois. La surface de ce comitat, environné par une ramification des Karpathes (au N.-E.) et des monts Beszked (au S.-Ë.), est eu général montagneuse. 11 ne consiste, à proprement parler, qu'en une seule grande vallée traversée dans toute sa longueur par le Waag et à laquelle viennent aboutir un grand nombre d'autres plus petites, arrosées par des affluents de cette rivière. La partie S.-E. appartient au bassin de la Neustra. Le sol des vallées est en général fertile et on y cueille des grains, des fruits, du lin et du chanvre en abondance. Il y existe de belles masses de forêts, des mines de différentes espèces, ainsi que des sources minérales.
TRENDELENBURG (Frédéric- Adolphe) , philosophe et homme politique allemand, né à Eutiu, grand-duché d'Oldenbourg, en 1802, mort en 1872. Il fit ses études aux universités de Kiel, de Leipzig et de Berlin, fut reçu docteur en philosophie en 1826, et obtint, en 1833, une chaire à l'université de Berlin. Trendelenburg fut nommé membre de l'Académie des sciences en 1846 et, en 1847, secrétaire pour la section de philosophie. Deux ans après, il entrait dans la vie politique comme représentant de Berlin à la Chambre basse. Il se rangea dès le début dans les rangs des conservateurs, jusqu'en 1851, époque, à laquelle il donna sa démission; la même année, il fit paraître à Berlin un écrit politique intitulé : Du mode de notation. L'éminent professeur s'est principalement occupé de l'histoire de la philosophie chez les anciens, et en particulier de la philosophie d'Aristote. Nous citerons parmi ses œuvres purement philosophiques : De l'âme (Berlin, 1833}; Eléments de la logique d'Aristote (Berlin, 1837; 1868, 6c édit.) ; Histoire de la doctrine des catégories (Berlin, 1846); Jïecfiercàes logiques (Berlin, 1840); Niobé (1846); Idée morale du droit (1819) ; la Logique d'Hegel (1843); De la métaphysique d'Herbart et des conséquences à en déduire (185S), et de nombreux rapports insérés dans les Mémoires de l'Académie des sciences de Berlin et réunis dans les Documents historiques pour la philosophie, ouvrage dont le premier volume renferme l'Histoire de la doctrine des catégories, déjà mentionnée, et dont le deuxième et le troisième volumes ont été publiés de 1856 à 1867. Son livre intitulé le Droit naturel basé sur l'éthique (Leipzig, 1860; 1868, 2e édit.) est le développement des idées philosophiques qu'il avait émises dans ses Recherches logiques, et que dans sou Idée morale du droit il avait cherché à établir au moyen de la recherche critique des principes, tout en les appliquant, comme sy-stème d'une idée fondamentale, à tout l'ensemble du droit. M. Trendelenburg s'est aussi occupé de recherches purement esthétiques, et non sans succès, ainsi que le prouve l'accueil qui a été fait à ses publications en ce genre, telles que l'Ecole d'Athènes de Raphaël (Berlin, 1843); Niobê (Berlin, 1846); la Cathédrale de Colo-
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gne (Berlin, 1853); la Symétrie, lien de parenté entre l'archéologie grecque et la philosophie grecque (Berlin, 1865). Nous citerons encore, parmi ses nombreuses publications sur l'histoire : Machiatiel et Anti-Machiavel (Berlin, 1855) ; Frédéric le Grand et son ministre d'Etat le baron de Zedlitz, esquisse empruntée à l'histoire de l'enseiqnement en Prusse (Berlin, 1859); De l'activité de l'Académie des seiences sous le roi Frédéric- Guillaume (Berlin, 1861); A la mémoire de Jean- Théophile Fichte (Berlin, 1862); Frédéric le Grand et son grand chancelier Samuel de Cocci'ji (Berlin, 1863); V Existence de la Prusse pendant son développement sous le grand électeur, sous Frédéric le Grand et sous Frédéric- Guillaume III (Berlin, 1864); Service rendu par Frédéric le Grand au droit des gens dans les guerres maritimes (Berlin, 1866), etc. Enfin l'ouvrage intitulé : De la méthode dans tes votes (Berlin, 1851) renferme les résultats de l'expérience acquise par M. Trendelenburg pendant la période parlementaire de sa carrière.
TRENEUIL (Joseph), poste français, né à Cahots en 1763, mort à Paris en 1818. Il étudiait le droit à Toulouse lorsqu'il commença à donner des preuves de son talent poétique en remportant successivement trois prix aux jeux Floraux. Treneuil fut ensuite attaché, comme précepteur, aux familles de Castellane et de Beaumont. Sous l'Empire, il publia les Tombeaux de Saint-Denis ou les Autels expiatoires (Paris, 1806, in-8°), poème relatif k la violation des sépultures royales pendant la Révolution. Ce morceau, dont le succès fut très-grand, valut à son auteur un des prix décennaux en 1810 et la place de conservateur à la bibliothèque de l'Arsenal, que lui fit donner son ancien condisciple Murât. Après avoir chanté par reconnaissance Napoléon, Marie-Louise et le roi de Rome, Treneuil fit, à partir de 1814, résonner les cordes de sa lyre en l'honneur des Bourbons. Ce poëte avait un tel faible pour lu renommée, qu'un jour, la Gazette de France devant insérer un ar.icle sur lui, il trouva moyen de s'introduire dans l'imprimerie du journal et d'augmenter considérablement, sur l'épreuve, l'expression des éloges qu'on lui accordait. Ses œuvres, remplies de périphrases vides, de personnifications allégoriques et de froides banalités du genre classique, ont été réunies sous le titre de Poèmes élégiaques (Paris, 1817, in-8°). On remarque dans ce recueil un bon Discours sur l'élégie historique, l'Orphelin du Temple, le Martyre de Louis X VI, la Captivité de Pie VI, l'Esclavage des nègres, etc.
TRÉN1TZ ou TRÉNIS s. f. (tré-niss — de Treuil:, danseur célèbre). Chorégr. Contredanse qui était autrefois la quatrième figure du quadrille ordinaire.
TRENNBERG (Hugo von), poète allemand.
Il vivait à la du du xnie siècle et au commencement du xive.'Tout ce qu'on sait de lui, c'est qu'il fut pendant longtemps recteur de l'école de Bamberg et qu'il composa, vers 1300, un poôme intitulé : Der Rentier (le Coureur), dont se sont occupés tous ceux qui ont écrit l'histoire littéraire de l'Allemagne an moyen âge. Publié pour la première fois à Francfort (1549, in-fol.), mais altéré, tronqué et modifié, le Coureur a été donné avec son texte exact et primitif à Bamberg en
TRENT, rivière d'Angleterre. Elle prend sa source dans le comté de Stafford, coule au S.-S.-E., à l'E.-N.-E., puis au N., à travers les comtés de Derby, de Nottingham, de Lincoln, et se réunit à l'Ouse pour tonner l'Humber, après un cours de 270 kiloin. Ses principaux affluents sont la Derwent, la Tame, la Dove et la Soar. Elle communique par différents canaux avec la Tamise, la Mersey et la Severn.
TRENT, rivière du haut Canada. Elle sort du lac Rioe, et se jette dans la baie de Quinte, formée par le lac Ontario, après un cours de 120 kilom.
TRENTA (Philippe), littérateur italien, né à Ascoli en 1731, mort en 1795. Après être entré dans les ordres, il s'appliqua à l'étude de la jurisprudence, devint auditeur à Lucques, à Macerata et à Bologne, et fut promu en 1785 evéque de Foligno. Ou a de lui un recueil de six tragédies, savoir : Giulio Sabino, Teone, Oreste, Annibale, Vidacitio et Gionata (Foligno, 1757, in-4">), qui furent toutes jouées avec succès ; l'Auge, autre tragédie, publiée séparément (Parme , 1774, in-4°); Limon, sive urbanarum quxstionum libri très (Rome, 1782, in-4<>), ouvrage sur différentes questions d'archéologie, dont le titra est imité d'un écrit de Cicéron, lequel ne nous a pas été conservé; YOrazione domenicale in XVII sermoni esposta (1790, in-4°).
TRENTAIN s. m. (tran-tain — rad. trente). Jeux. Terme dont on se sert à la paume, pour marquer que les joueurs ont chacun trente : Quand tes joueurs ont trente de part et d'au: tre, le marqueur crie ; tRkNTAIN ! (Acad.)
— Liturg. Nombre de trente messes qu'on fait dire pour un défunt. Il Messe qu'on célèbre pour un défunt, le trentième jour après son décès.
— Comm. Nom d'une ancienne sorte de drap dont la chaîne était composée de trois mille'ou trente fois cent fils, il On l'appelait
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aussi trente-cent, principalement dans les fabriques du centre et du nord. Il Adjectiv. : Drap TRENTAIN.
TRENTAINE s. f. (tran-tè-ne — rad.
trente). Nombre d'environ trente : Une trentaine de francs. Nous étions une trentaine à ce diner. (Acad.) Une botte de foin se compose en moyenne d'une trentaine de plantes différentes. (H. Berthoud.)
— F;i m. Age de trente ans : Elle a passé la trentaine. (Acad.)
— Gramm. Suivi de la préposition de et d'un substantif pluriel, trentaine devient un collectif, et ii suit les règles données au mot