‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 356 sur 1042 · V. Mortier · texte numérisé non relu

V. Mortier

TREVISIO (André), médecin italien, né à Oecimiauo, dans le Jiontferrat, vers le milieu du xvio siècle. Pendant les épidémies qui ravagèrent le duché de Milan en 1587 et 1588, Trevisio, alors médecin à Gallarate, s'attacha à combattre le fléau et acquit une grande célébrité dans toute l'Italie. Appelé dans les Pays-Bas eu qualité de premier médecin et de gentilhomme de la chambre de l'infante. Isabelle-Claire-Eugénie , il resta plusieurs années dans ce pays, puis revint en Italie, s'établit à Pavie et fonda, en 1614, à Casai un collège dans lequel sept pauvres étudiants du Moiuferrat devaient être instruits et entretenus à ses frais. On a de lui : De causis, nalura, moribus et curaiione pestilentium febrium vulgo dictarum cum signis sive petechiis (Milan, 1588, in-4<>) ; Phœnix principum, sive Alberti PU morientis vita.

TREVOR (sir John), homme d'Etat anglais, né en 1626, mort eu 1672. Il était fils d'en membre du Long Parlement. Charles II, dont il gagna la faveur, l'envoya en 1667 à Versailles, où il négocia le traité de paix de Saint-Germain (25 juillet 1663), qui mit lin à la guerre entre la France et l'Espagne. A son retour, il reçut le titre de baronnet et les fonctions de secrétaire d'Etat, qu'il remplit jusqu'à sa mort. Trevor avait épousé une tille de Hampden. Au milieu d'une cour corrompue, il sut se faire estimer par son intégrité et se montra opposé à toutes les mesures d'intolérance. — Son fils Thomas Tkevor, mort eu 1730, remplit de hautes fonctions judiciaires, devint membre de la Chambre des lords (1711) et fut nommé président du conseil un mois avant sa mort. 11 se montra tour k tour partisan des whigs et des tories.

TREVOR (John), homme politique anglais, pareut du précédent, né en 1633, mort en 1717. C'était un homme habile, souple et sans principes, qui se montra le courtisan de Jacques II, sous le règne duquel il remplit de hautes fonctions dans la magistrature. Lors de la révolution de 1688, il s'empressa de faire volte-face, de protester de son dévouement à Guillaume III, obtint des emplois lucratifs et fut nommé président de la Chambre des communes. Accusé et convaincu de s'être laissé corrompre à prix d'argent pour, faire passer un bill, il fut, par un vote de la Chambre des communes, déclaré déchu de ses fonctions présidentielles (1695). Il n'en continua pas moins de remplir des emplois grassement rétribués.

TRÉVOUX, ville de France (Ain), ch.-l. ' d'arronJ., à 54 kilom. S.-O. de Bourg, sur la rive gauche de la Saône ; pop. aggl., 1 ,950 bab. — pop. tôt., 2,655 hab. L'arrrondissement com-

frend S cantons, 11! communes et 91,817 hab. 'abriques d'orfèvrerie, affinage et tirage d'or et d'argent; fabriques de filières, fabriques d'huile , de sabots. Bibliothèque publique, chambre consultative d'agriculture, société

TREW

d'agriculture, 'société des sciences et arts. Trévoux s'élève en amphithéâtre sur le penchant d'une colline, dans un site pittoresque. Ancienne ville forte, flanquée de murailles "dont il ne reste plus que des débris, Trévoux possédait autrefois plusieurs édifices remarquables. Il ne lui reste plus aujourd'hui que son palais de justice, tonde en 1696 par le duc du Maine, qui y transféra son parlement, installé précédemment à Lyon. On y remarque la grande salle, peinte à fresque-par P. Sevin. Trévoux possède encore plusieurs églises ; la plus ancienne est l'église collégiale dédiée à saint Symphorien ; un hôpital, fondé par Marie-Louise d'Orléans, et quelques débris de tours, dont la principale, de forme octogonale, grâce aux dégradations du temps, mesure à peine aujourd'hui quelques mètres de hauteur.

L'origine de Trévoux passe pour fort ancienne. L'empereur Sévère battit tout près de là son compétiteur Albinus. Suivant Piganiol de La Force, la ville tirait son nom de sa situation au centre d'un embranchement de trois voies romaines [très vise, tré-voux par corruption). Trévoux était, dès son origine, la capitale de cette partie de la Bresse connue sous le nom de Dombes et comprise dans le territoire des Sébusiens, qui passa Sous la domination romaine et ensuite sous celle des Bourguignons et des rois de France, en demeurant toujours séparé de la Savoie. Bien que centre de souveraineté, Trévoux ne fut longtemps qu'un village muni d'un château, dont il ne reste plus aujourd'hui qu'une tour en ruine. En 1300, Henri de Villars, archevêque et comte de Li'on, voulant transformer le village eu ville, le déclara ville franche et accorda des privilèges étendus à quiconque viendrait s'y fixer. Le duc de Bourbon (Louis II) en hérita par testament en 1391. Son fils et successeur, Jean Ier, ayant été fait prisonnier par les Anglais à ta bataille d'Azincourt (1115), les ducs de Bourgogne et de Savoie envahirent les Etats du captif. La duchesse de Bourbon opposa une résistance héroïque en l'absence de son mari, et l'arrivée de Charles 1er, comte de Clermont, fils de Jean, à la tête d'une armée, acheva de décider les envahisseurs à la retraite. En 1522, Louise de Savoie se rit donner la Dombes et Trévoux, que par la suite François Ier rendit à Louis de Bourbon, duc de Montpensier. Trévoux fut réuni à la couronne en 1762. Trévoux possédait, depuis 1733 un parlement, dont les conseillers jouissaient du droit de commiltimus. Les trois ordres étaient représentés dans les états convoqués par le souverain, le parlement ou le gouverneur. Trévoux renfermait un grand nombre de couvents. Par un contraste assez fréquent alors, une partie de la population se composait de juifs; les princes de Dombes ne les toléraient à Trévoux que par cupidité, à cause du tribut qu'ils en retiraient. < Mais, dit un ancien historien, les habitants, pur une générosité extraordinaire, • offrirent à Jean, duc de Bourbon, une somme équivalente à celle que payaient les juifs et en obtinrent ainsi I expulsion.

Au xvno siècle, Louis XIV fit établir une imprimerie a Trévoux et tracer le plan d'un grand collège. C'est de cette imprimerie que sortit, en 1704, la première édition du Dictionnaire universel, si connu depuis cette époque sou3 le nom de Dictionnaire de Trévoux. Trois ans auparavant, les jésuites avaient fondé dans la même ville le Journal de Trévoux, qu'ils dirigèrent pendant trente ans.

Trévoux possédait un des trois bureaux d'argué qui existaient en France pour le tirage des lingots d'argent.

Trévoux (JOURNAL DE). V. MÉMOIRES DE

Trévoux.

TRÉVOUXIE s. f. (tré-vou-ksl — de Trévoux, n. pr.). Bot. Syn. de luffa, genre de cueurbitaeées.

TREW (Abdias), astronome allemand, né à Anspach en 1597, mort eu 1669. Professeur de physique à Altdorf, il fit construire dans cette ville l'un des premiers observatoires qui aient été érigés dans laFranconie et sut se tenir à l'écart des pratiques de l'astrologie. N'ayant pu faire adopter parles protestants le calendrier Grégorien, il introduisit d'importantes corrections dans celui dont ils se servaient. On a de lui : Compendium forti/icatorum (Nuremberg, 1641); De l'arpentage (Nuremberg, 1641); Direclorium mathemuticum (Nuremberg, 1657); Théorie du. calendrier (Lunebourg, 16G6).

TREW (Christophe-Jacques), botaniste et médecin allemand, nà à Lauf, près de Nuremberg, en 1696, mort à Nuremberg en 1769. Son père, qui était apothicaire, l'envoya en 1710 à l'université d'Altdorf, où il fut reçu docteur en médecine en 1716. En 1717, il fit un voyage scientifique en Allemagne , en Suisse, en France et en Hollande, puis, après avoir habité Daiitzig, "K.œnigsberg et Lauf, il fut appelé à faire partie du collège médical de Nuremberg. Sa clientèle et sa réputation s'étendirent rapidement. Il devint, en 1742, membre de l' Académie des Curieux de la nature et, en 1746, il en fut nommé président. Ses ouvrages principaux sont : Plantarum Etruris rariorum catalogua (1715, in-fol.); Devasis linguse salivalibus algue sanguiferis (Nuremberg, 1734 , in-4°) ; Plants sélect» (Nuremberg, 1750-1755, in-fol.); Libro-

Tria

rum botanicorum catalogus (Nuremberg, 1752, in-fol,) ; Cedrorum Libani kistoria (Nuremberg, 1757, in-4°); Tabulai osteologics) (Nuremberg, 1767, in-fol), etc.

TBEWOA s. m. (tré-oua). Bot. Syn. de talguknée, genre de rhamnées.

TRÉZAILLÉ, ÉE adj. (tré-za-llé ; Il mil.). Syn. de tressaille.

trézeau s. m. (tré-zo). Syn. de tresseau.

TUÉZEL (Camille - Alphonse), général et homme d'Etat, né à Paris en 1780, mort dans la même ville en 1860. Il quitta la carrière du commerce pour devenir, en 1801, dessinateur du dépôt de la guerre, fit ensuite par.tie du bureau topographique de l'armée de Hanovre (1804) et obtint, en 1805, lé grade de souslieutenant dans le corps des ingénieurs géographes. A partir de 1806, Trézei passa à l'armée active. Il suivit, en qualité daide de camp, Gardane, chargé d'une mission en Perse (lB07),etGuilleminot, appelé à délimiter les frontières de l'Autriche et de l'Illyrie (1809), fut promu capitaine en 1810, combattit ensuite en Espagne et en Russie et prit, en 1814, une part active à la défense de Mayence, ce qui lui valut le grade de colonel. Trézei se distingua pendant les Cent- Jours à la bataille de Ligny, où il perdit un œil, et fut élevé alors au grade de général de brigade. Bien que le gouvernement de la Restauration n'eut point reconnu à Trézei ce dernier grade, il l'employa néanmoins dans les travaux de délimitation des frontières do l'Est (1816-1817), puis l'attacha au dépôt de la guerre. Trézei devint par la suite membre du comité consultatif d'état-major, sous-chef d'état-major pendant l'expédition de Morée (1828) et maréchal de camp (1829). De retour en France en 1831, il passa peu après en Afrique, commanda l'expédition de Bougie, où il fut blessé, se conduisit brillamment à la Macta, reçut une nouvelle blessure au siège de Constantine et fut créé général de division en 1837. Nommé directeur du personnel'et des opérations militaires au ministère de la guerre en 1839, pair de France en 1846, il succéda le 9 mai 1847, comme ministre de la guerre, au général Moline Saint- Yon. et conserva son portefeuille jusqu'à la révolution de février 1848, époque où il fut mis à la retraite. Ce général dirigea pendant quelque temps ensuite l'éducation militaire du comte de Paris et du duc de Chartres. C'était un officier instruit, un bon administrateur, qui avait su se faire estimer par l'élévation de son caractère. On a de lui une Notice sur le Ghilnn et le Mazenderan, publiée à la suite du Voyage en Arménie et en Perse d'Amédée Jaubert (Paris, 1821, in-8").

TRÉZEL (Pierre-Féiix), peintre, frère du précédent, né k Paris en 1782, mort en 1855. Elève de Lemire et de Prudhon, il se fit remarquer, jeune encore, par un grand amour du travail et débuta, en 1S06, par un grand tableau d'histoire, la Mort de Marc-Aurèle, qui fut acheté par l'Etat. Il en fut de même de la Mort de Zopire (1808). Ses expositions suivantes, le Premier-né (1810), tes Adieux d'Hector à Andromaque (1819), la Fin tragique de la mère et de ta .iceur de Gustave Wasa (1822), Thétis plongeant son fits Achille dans te Styx (1830), compositions où quelques-uns voient trop d'emphase et de solennité, valurent à l'auteur une 3e et une 20 médaille. La Fuite de Cain après son crime, qu'on a revue à l'Exposition universelle de 1855, lui fit donner la croix d'honneur. Les morceaux que nous venons de citer forment à peine un sixième de l'œuvre de ce peintre fécond. Il y faut joindre un Portrait en pied du seigneur de Lautrec (galerie de Versailles), Pltèdre jugée aux enfers (musée d'Angers), Saint Jean écrivant l'Apocalypse (église Saint-Jean-et- Saint-François de Toulouse) et les Ames du purgatoire s'élevant vers le ciel (cathédrale de Toulouse).

TRÉZENE, en grec Trœsen, ancienne ville de la Grèce (Péloponèse), près de la côte N.-E. de l'Argolide. D'après la tradition, ce fut là que régna Pitthée et que mourut Hippolyte. On a trouvé des ruines et des inscriptions appartenant à cette ancienne ville, près de laquelle s'élève aujourd'hui Damala. V. Damala.

TRÈZON s. m. (tré-zon). Agric. Nom donné au froment de mars, dans le département de l'Ain.

TRI, préfixe qui signifie trois, et qui vient du latin très, même sens. Ce préfixe existe, sous la même forme, en latin et en grec.

TRI s. m. (tri — rad. trier). Triage, action de trier : Tri des lettres. Tri des soies.

— Techn. Assemblage de colonnes qui fait partie du métier k fabriquer les lacets.

TRI s. m. (tri — du lat. très, trois). Espèce de jeu d'horabre, qu'on joue à trois : Notre maîtresse et ses deux inséparables, ennuyées d'un tri et ne sachant sur quoi médire, s'avisèrent de s'occuper... (Poinsinet.) Il Faire le iri, Au jeu de whist, Faire une levée de plus que la partie adverse; en ce sens, 1$ mot vient de l'anglais trick, levée de cartes.

TR1ABLE adj. (tri-a-ble — rad. trier). Qui peut être trié.

TR1ACADE s. f. (tri-a-ka-de — gr. triakas-, proprement trentaine). Antiq. gr. Trentième

TRIA

jour du mois. Il Trentième partie d'une tribu

athénienne.

* TRIACANTBE adj.(tri-a-kan-te — du préf.

tri, et du gr. akantha, épine). Hist. nat. Qui

porte trois épines.

— s. m. Ichthyol. Section du genre baliste.

— Encycl. Les triacanlhes sont très-voisins des batistes, dont ils se distinguent surtout par l'existence de sortes de nageoires ventrales, soutenues chacune par un seul grand rayon épineux, adhérentes à un bassin non saillant. Leur première dorsale, après une très-grande épine, en a trois ou quatre petites, d'où le nom générique. La peau est garnie de petites écailles serrées ; la queue est assez allongée. L'espèce unique du genre habite la mer des Indes. Ses épines ne peuvent lui servir à attaquer les autres animaux; elles constituent tout simplement des armes défensives, grâce auxquelles le triacanthe peut mener une vie calme au milieu des dangers qui l'entourent. Ce poisson est un animal inotfensif, à mouvements lents, dont les instincts ne sont ni féroces ni carnassiers, et qui se nourrit de petits animalcules, insectes, vers ou mollusques, ou de plantes marines.

TRIACANTHOS s. m. (tri-a-kan-toss — du préf. tri, et du gr. akantha, épine). Bot. Nom spécifique du févier à trois épines.

TRIACHNE s. m. (tri-a-kne — du préf.

tri, et dugr. achné, paillette). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des nassauviées, dont l'espèce type croît sur les bords du détroit de Magellan.

TRIACIDE adj. (tri-a-si-de — du préf. tri, et de acide). Cbim. Se dit d'une base qui ne peut être neutralisée que par 3 équivalents d'un acide.

TRIACIDITÉ s. f. (tri-a-si-di-té — rad.

iriacide). Chim. Qualité d'une base triacide.

TRIACLEUR S. m. {tri-a-kleur — de thériaque, qui s'écrivait autrefois triade). Vendeur de thériaque, charlatan : Les drogues d'un triacleur. Il Homme qui trompe par de belles paroles :

Tous ces beaux suffisants dont la cour est semée Ne sont que triacleur) et vendeurs lie fume"e.

RÉOMER.

Il Vieux mot.

TRIACONTAÈDRE adj. (tri-a-kon-ta-è-dre — du gr. triakonta, trente; edra, base). Miner. Se dit de substances dont les cristaux ont trente faces.

TRIAGRE s. m. (tri-a-kre — du préf. tri, et du gr. akros, sommet). Eutom. Syn. de stafhylin.

TRIACRINE s. m. (tri-a-kri-ne — du gr.

tria, trois; krinon, lis). Echin. Genre d échinoderuies fossiles, du groupe descriuoïdes.

TRIADE s. f. (tri-a-de — du gr. fri'aj, nombre de trois). Philos. Réunion de trois unités, de trois personnes, dans quelques systèmes de philosophie ancienne.

— Triade chrétienne, Trinité des catholiques, il Triade indienne, Trimourti ou triuité des Indous.

— Ane. mus. Triade harmonique , Accord parfait.

— Bot. Genre de plantes, de la famille des orchidées, tribu des dendrobiées, comprenant deux espèces, qui croissent dans l'Inde.

— Encycl. Philos. V. néo-platonismk.

Triade romaine, ouvrage d'Ulrich de Hut-

ten, V. Dialogues, du même auteur.

TRIADELPHE adj. (tri-a-dèl-fe — du préf. tri, et du gr. adeiphos, frère). Bot. Se dit des plantes dont la Heur présente des étamines soudées par leurs filets en trois faisceaux distincts, comme le mille-pertuis.

TRIADELPHIE s. f. (tri-a-dèl-fï — rad.

triadelphe). Bot. Etat des fleurs irtadelphes,

TRIADÉNIE s. t. (tri-a-dé-nî — du préf. tri, et du gr. adèn, glande). Bot. Genre de plantes, de la famille des hypérieinées, réuni par plusieurs auteurs, comme simple section, aux élodées.

TRIADIQUEadj.(tri-a-di-ke — ra.d. triade)' Phitos. Qui appartient à la triade.

— s. m. Bot.' Syn. de stillikgie, genre d'euphorbiacées.

TRIADITE adj. (tri-a-di-te — du g. trias, le nombre trois). Miner. Se dit d'une variété de chaux carbonatée.

TRIAGE s. m. (tri-a-je — rad. trier). Action de trier : Faire un triage dans des livres, des papiers.

— Féod. Droit qu'avait le seigneur de faire distraire à son profit le tiers des biens communaux d'une paroisse à laquelle il les avait concédés,

— Monn. Opération par laquelle on sépare les pièces qui, n'étant pas de poids, doivent être mises a la refonte.

— Techn. Action de mettre au rebut les feuilles tachées ou déchirées du papier, avant de le mettre en mains ou en rames. Il Action d'enlever k la main les corps étrangers que ta batterie n'a pu séparer de la laine.

— Typogr. Action de séparet las différents caractères d'une imprimerie, qui se sout mêlés.

— Miner. Action de séparer la partie mé-

TRIA

tallique d'un minéral de la roohe qui l'enveloppe.

— Eaux et for, Canton de bois, par rapport aux coupes qu'on en fait, il Etendue de forêt qu'un garde forestier doit surveiller : Les gardes sont responsables des délits, dégâts et abus qui ont lieu dans leurs triaoes.

TRIAILÉ, ÉE adj. (tri-è-!é — du préf. tri, et de ailé). Bot. Qui est muni de trois ailes : Feuille, graine triailbe. k

TRÏAILLE3 s. f. pi. (tri-a-lle; «mil. — ma. trier). Nom que les cartiers donnent aux cartes de rebut.

TRIAIBE s. m. (tri-è-re — lat. triarius;de très, trois). Antiq. rom. Nom donné aux soldats qui formaient le troisième rang de la légion.'

— Encycl. C'était à des soldats éprouvés que le titre et le rang de triaires étaient donnés. On en vit pour la première fois après le siège de Véie$, l'an 354 de Rome. On en comptait ordinairement 600 par légion; Polvbe affirme qu'il n'y en avait que 500. Ils étaient consacrés à la défense des camps et ne les quittaient pas, même quand les affaires les plus chaudes étaient engagées à proximité; c'était une troupe de réserve, dernier espoir de la légion dans les jours de bataille. De là cette locution : Res ad triarios rediit (L'affaire est allée jusqu'aux triaires). Ils se formaient sur cinq rangs et combattaient un genou en terre, en appuyant le talon de leurs piques contre le pied droit. Lorsque les hastaires et les princes étaient défaits, les triaires les recevaient dans leurs intervalles , se retiraient en poussant de grands cris et recommençaient le combat. Ils étaient vêtus de l'armure de mailles et portaient une épée, une pique, un casque et un bouclier. Ils se tenaient en ordre de bataille hors de la portée du javelot de l'ennemi.

TRIAKÈNE s. m. (tri-a-kè-ne — du préf.

tri, et de akène). Bot. Fruit composé de trois akènes.

TRIAH1S s. m. (tri-u-kiss). Iehthyol. Genre de poissons cartilagineux, du groupe des squales.

TRIAL s. m. (tri-al —du nom d'un acteur qui excella dans ce genre de rôles). Théâtre. Nom que l'on donne a certains chanteurs d'opéra-comique. Il PI. TRIALS.

TRIAL (Jean-Claude), compositeur français, né a Avignon en 1732, mort à Paris en 1771. Dès l'âge de douze ans, son talent sur le violon le fit admettre à l'orchestre du théâtre de Montpellier, qu'il quitta pour se rendre à Paris; là il devint successivement premier violon à l'Opéra-Comique, maître de la musique du prince de Conti et directeur de l'Opéra avec Berton (1767). Outre des morceaux de musique instrumentale, des cantates, des ouvertures , Trial a composé quatre opéras : Sylvie (1765), en trois actes; Esope à Cythère (1766); Tliéonis (1767), avec Berton et Garnier; la Fête de Flore (1771). C'était un violoniste habile et un bon musicien.

TUIAL (Antoine), comédien français, frère du précédent, né à Avignon en 1737, mort à Paris eu 1795. Après avoir donné des leçons de chant, il entra dans une troupe de comédiens que le prince de Conti entretenait à ses frais, puis se rendit, en 1764 , à Paris, où il débuta avec un grand succès à la comédie italienne dans le rôle de Bastien du Sorcier. Sa voix était grêle, nasillarde, son accent désagréable, mais il avait un je.u plein de finesse, d'intelligence et de gaieté, une par» faite connaissance de la musique, un physi- ' que avantageux qui séduisirent le pubiic; aussi ne tarda-t-il point à devenir un des acteurs les plus goûtés de Paris. 11 s'attacha à jouer les paysans, les niais, les comiques et donna un tel éclat à cet emploi que son nom y est resté attaché. Chaleureux adepte, de la Révolution, il devint, en 1733, membre du comité révolutionnaire de la rue Le Peletier, un des familiers de Robespierre et un des agents les plus actifs du temps de la Terreur. Mais, après le 9 thermidor, le public lui fit durement expier sa conduite. Ayant reparu sur la scène dans le rôle d'Azemia, on le força à se mettre à genoux-, à chanter le Réveil du peuple, au milieu des huées, puis le parterre exigea son expulsion du théâtre. A quelques jours de là, il se présenta à la municipalité dont il faisait partie pour y procéder aux formalités d'un mariage. Là encore il subit un cruel affront; il" fut repoussé, comme indigne, par les parties intéressées et par les témoins. Désespéré, Trial prit du poison en rentrant chez lui et expira peu après. Parmi Jes rôles dans lesquels cet acteur obtint le plus de succès, nous citerons ceux d'Ali, dans Zémire et Azor; de Crispin, dans la Mélomanie; du grand cousin, dans le Déserteur; d'André, dans 17?preuve villageoise; de Thomas, dans A lezis et Justine, etc.

TRIAL (Marie-Jeanne Milon, épousa), cantatrice française, femme du précédent, née à Paris en 1740, morte a, Versailles en 1818. Elle épousa en premières noces un employé nommé Comolet, qui, lui trouvant une belle voix, lui Ht apprendre la musique et le chant et la fît débuter, sous le nom de Féiicitô Mimdeviiio, au Théâtre-Italien en 1766. Par la suite, étant devenue veuve, elle se remaria

TRIA

avec le chanteur Trial, qui développa beaucoup son talent. Cette cantatrice gagna la faveur du. public par la légèreté et l'étendue de sa voix, par sa facilité de vocalisation. D'après Fétis,elle fut la première chanteuse pour laquelle les compositeurs écrivirent des airs à roulades. En 1786, elle quitta le théâtre, puis elle épousa en troisièmes noces un M. de Montion. On cite, parmi ses meilleurs rôles : Liieette, dans la Fausse magie; Arsène, dans la Belle Arsène; Léonore, dans Y Amant jaloux; la rosière, dans la Belle Arsène.

TRIAL (Armand-Emmanuel), compositeur, fils des précédents, né à Paris en 1771, mort dans la même ville en 1803. Il montra des dispositions tellement précoces pour !a musique que, à l'âge de dix-sept ans, il fit jouer sur le théâtre Favart Julien et Colette, opéracomique dont le succès fut très-vif. En 1797, il devint accompagnateur et répétiteur au piano du Théâtre-Lyrique. Les excessives débauches' auxquelles il se livra furnnt la cause de sa tin prématurée. Outre l'opéra précité, on lui doit les suivants : Adélaïde et Mirval (1791) ; les Deux petits aveugles (1792); Cécile et Julien ou le Siège de Lille (1793) ; les Causes et les effets (1794).

TRIALOGUE s. m. (tri-a-Io-ghe — du gr.

treis, trois; logos, discours). Dialogue entre trois personnages. Il Peu usité.

TRIALUMINIQUE adj. (tri-a-lu-mi-ni-ke — du préf. (ri, et de aluminique). Chim. Se dit d'un sel qui contient trois fois autant d'alumine que le sel neutre correspondant,

TRIAMMONIO-COBALTEUX adj. m. (triamm-mo-ni-o-ko-bal-teu — du préf. tri, de ammonium, et de eoSalteux). Chim. Se dit des. sels qui résultent de l'action de l'ammoniaque sur les" sels de cobalt.

TRIAMMONIQUE adj. m. (tri-amm-moni-ke — du préf. tri, et de ammoniqué). Chim. Se dit d'un sel qui contient trois fois autant d'ammoniaque que le sel neutre correspondant.

TRIAMYL-PBOSPH1NE s. f. (tri-a-mil-fosfl-ne — du préf. tri, de amyle, et de p/wsphine). Chim. Base organique qui résulte de la substitution de trois radicaux amyles aux trois atomes d'hydrogène de l'hydrogène phosphore.

TRIAND s. m. (tri-an — dulat. très, trois). Agric. Bêche à trois dents.

TRIAND1N s. m. (tri-an-dain). Agric. Syn,

de TRIAND.

TRIANDINE s. f. (tri'-an-di-ne). Agric. Syn.

de TRIAND.

TRIANDRE adj. (tri-an-dre — du préf. tri, et du gr. anér, mâle). Bot. Qui a trois étamines libres.

TRIANDRIE s. f. (tri-an -drî — du préf. tri, et du gr. anèr, mâle). Bot. Etat des plantes qui ont trois étamines libres. Il Troisième classe du système sexuel de Linné, comprenant les genres qui ont des fleurs hermaphrodites, à trois étamines libres.

— Encycl. La iriandrie est une des classes les plus importantes du système de Linné, par le nombre des genres et des espèces qu'elle renferme, car elle correspond à plusieurs familles naturelles très -nombreuses, telles que les graminées, les cypéracées, les iridées et quelques autres. Son importance devient plus grande encore au point de vue de la classification, on peut»meme dire de la philosophie botanique. Elle présente en effet l'exemple le plus parfait du type. ternaire, qui caractérise en général l'.embranchement des monocotylédones. A ce point de vue, elle se rattache étroitement à l'hexandrie et même à plusieurs genres de l'ennéandrie, puisque 6 et 9 sont des multiples de 3. Cette classe se divise, d'ailleurs, en plusieurs ordres, basés sur le nombre des pistils.

TRIANDRIQUE adj. (tri-an-dri-ke — rad.

triandre). Bot. Qui appartient à la friandrie.

TRIANGLE s. m. (tri-an-gle — du préf.

tri, et de angle). Géom. figure qui a trois angles et trois côtés, il Triangle reciiligne, Celui dont les trois côtés sont des lignes droites. Il Triangle curviligne , Celui dont les côtés sont des lignes courbes. Il Triangle mixtiligne, Celui qui a pour côtés des lignes droites et des lignes courbes. Il Triangle sphérique, Figure formée, sur la surface d une sphère, pur trois arcs de grand cercle qui se coupent. Il Triangle équilutéral, Celui qui a trois côtés égaux. Il Triangle isocèle , Celui dontdeux côtés sontégauxentre eux. Il Triangle scalène, Celui dont les trois côtés sont inégaux. Il Triangle èquianyle, Celui dont les trois angles sont égaux entre eux. Il Triangle acutangle, Celui dont tous les angles sont aigus. Il Triangle rectangle. Triangle plan dont un angle est droit. Il Triangle obtusangle , Triangle plan dont un angle est obtus.

— Arithm. Triangle arithmétique, Nombres figurés des divers ordres, disposés en forme de triangle.

— Astron. Triangle boréal, Constellation de l'hémisphère boréal. Il Triangle austral, Constellation de l'hémisphère austral. Il Petit Triangle, Petite constellation de l'hémisphère boréal, placée auprès du Triangle boréal,

— Fortif. Ouvrage dont les trois angles

TRIA

sont fermés par des bastions coupés ou des demi-bastions.

— Liturg. Trois cierges qu'on allume le samedi saint, quand on fait le feu nouveau.

— Mus. Instrument d'acier , en forme de triangle, qu'on frappe avec une tringle de même métal, pour accompagner certains airs de musique. Il Musicien qui joue du triangle.

— Mar. Sorte d'échafaud fait de trois planches, qu'on attache autour des mâts, quand on veut y travailler. Il Trois barres du cabestan qu'on attache autour du grand mât, pour tes nettoyer, il Etendard de couleurs variées et en forme de triangle, qui appartient à la série des signaux.

— Constr. Sorte d'équerre dont une branche est beaucoup plus mince que l'autre,

— Jeux. Nom d'un jeu de billes, appelé

aUSSi RANGETTB.

— Chirom. Figure située au milieu de la main.

— Chir. Ancien instrument de dentiste.

— Agric. Triangle êqvilatéral, Instrument dont on se sert pour sarcler ou butter les plantes, pour déborder et retracer les allées, gratter et ébouer les chemins.

— Erpét. Espèce de couleuvre.

— Encycl. Géom. Un triangle plan ou rectiligne peut être considéré comme un triangle sphérique tracé sur une sphère de rayon infini, d'où il résulte que les formules de trigonométrie rectiligne doivent rentrer, comme cas particulier, dans les formutes de trigonométrie sphérique.

— Triangles rectilignes. Un triangle est dit isocèle lorsqu'il a deux côtés égaux, équilatéral lorsqu il a ses trois côtés égaux, rectangle lorsqu il a un angle droit ; il est scalène lorsqu'il ne présente aucune particularité remarquable. Les points de rencontre deux à deux des droites qui comprennent un triangle sont les sommets de ce triangle; les distances de ces sommets Sont tes côtés du triangle; les inclinaisons mutuelles des côtés sont Ses angles du triangle; les perpendiculaires abaissées des sommets sur les côtés respectivement opposés sont les hauteurs du triangle; les lignes menées des sommets au milieu des côtés sont les médianes; enfin les droites qui divisent par moitié les angles intérieurs sont les bissectrices du triangle.

TRIA

Pig. 1.

La somme des angles d'un triangle est égale à»deux droits. En effet, si l'on se place d'abord en A, regardant B, et que l'on tourne sur les talons de gauche à droite, de manière à avoir C en face de soi, on a décrit l'angle A ; si, arrivé en C, on tourne encore de gauche à droite, de manière à avoir B derrière soi, on a décrit l'angle C; si l'on marche de C en Bk reculons et qu'arrivé en B on tourne encore dans le même sens, de manière à avoir A devant soi, on a décrit l'angle B ; or, on se trouve alors dans l'orientation opposée à celle ou l'on était d'abord ; on a donc tourné effectivement de deux angles droits. Il résulte de ce théorème qu'un triangle ne peut avoir qu'un seul angle droit et, à plus forte raison, qu'un seul angle obtus.

Un triangle est déterminé par trois éléments, ce qui ne veut pas dire qu'il ne puisse y avoir jju un seul triangle ayant trois éléments donnés, mais que le nombre des triangles satisfaisant à trois conditions distinctes est nécessairement fini. Lorsque les éléments donnés sont pris exclusivement parmi les côtés et les angles du triatigle, il ne se trouve que quatre cas distincts : le premier, ou l'on donne deux côtés et l'angle qu'ils comprennent; le second, où l'on donne un côté et les deux angles adjacents ou l'un des angles adjacents et l'angle opposé (ces deux cas sont confondus en un seul, parce que, .dès que l'on connaît deux des angles d'un triangle, on a immédiatement le troisième); dans le troisième cas, ce sont les trois côtés qui sont donnés; dans le quatrième enfin, on donne deux côtés et l'angle opposé à l'un d'eux. Dans les trois premiers cas, le triangle, lorsqu'il est possible, est complètement déterminé; dans le quatrième, la question en général comporte deux solutions.

Dans un triangle isocèle, les angles opposés aux côtés égaux sont égaux, et réciproquement; si dans un triangle- deux angles sont égaux, les côtés opposés sont aussi égaux; en effet, un triangle qui a deux angles égaux peut être retourné par le côté adjacent à ces deux angles égaux sans ces-

ser de coïncider avec lui-même, ce qui n'arriverait pas d'un triangle quelconque.

Fig. 2.

Si l'on retournait par sa base BC un triangle ABC, où les angles B et C fussent inégaux il prendrait évidemment une position BDC, différente de sa première BAC. Un triangle équilatéral est naturellement équiangle; chacun de ses angles est par conséquent de 60°.

Un triangle est la moitié du parallélogramme de même base et de même hauteur; il a par conséquent pour mesure la moitié du produit des mesures de sa base et de sa hauteur. Si l'on veut exprimer la mesure d'un triangle en fonction des mesures de ses trois côtés, on trouve

S=Vp{p-a)(p-^-bHp-c), p désignant le demi-périmètre et a, b, e les côtés (v. trigonométrie). Le rayon du cercle circonscrit à un triangle est donné par la formule

le rayon du cercle inscrit l'est pai

P les rayons des cercles inscrits le sont par

Il existe en conséquence une relation entre les quatre rayons r, r', r", r"' ; en effet, si l'on t'ait la soinme des inverses des trois derniers, on trouve

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