‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 361 sur 1042 · OO' ON · texte numérisé non relu

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formules dans lesquelles on substituera les valeurs approchées de OM et ON.

Le même mode de correction s'appliquerait au cas où il serait impossible de pointer exactement sur l'un des signaux. ■

TRIANGULER v. a. ou tr. (tri-an-gu-lé — du lat. triangulus, triangle). Faire la triangulation de : Trianguler la France.

TRIAN1SITE s. m. (tri-a-ni-zi-te — du piêf. tri, et du gr. anisos, inégal). Zooph. Genre de polypiers, rapporté avec doute à la famille des alcyonieus.

TRIANNUEL, ELLE adj. (tri-anu-nu-èl , è-le). Syn. de trisannuel, elle.

TRIANGULAIRE adj. (tri-ann-nu-Iè-re — du préf. tri, et de annulaire). Hist. nat. Qui offre trois anneaux.

TRIANON s. m. (tri-a-non). Nom qu'on

donnait, au xvite et au xvme siècle, k des pavillons que l'on construisait dans les parcs, à l'imitation du grand Trianon de Versailles : L'usage des trianons ne s'est pas maintenu.

Triunoit. Sous le nom de Trianon, on a successivement désigné trois châteaux, ou, pour mieux dire, trois maisons de plaisance enclavées dans le parc de Versailles et dont deux seulement existent encore, le Grand- Trianon et le Petit-Trianon. Le troisième, appelé Trianon de porcelaine, fut démoli en

— Trianon de porcelaine. A droit© du grand canal do Versailles existait un village nommé Triarnum, puis Trianon, qui, au xiib siècle, appartenait, ainsi que le bois et la terre adjacents , à l'abbaye de Sainte -Geneviève. Lorsque Louis XIV eut bâti Versailles, il acheta la terre de Trianon pour l'enclore dans son parc immense ; le village disparut et à sa place commença à s'élever une sorte de petit palais de, fantaisie qui, suivant Félibien, fut achevé en moins d'un an (1670); mais le nom de Trianon n'en demeura pas moins à la construction nouvelle; bien plus, l'usage l'étendit bientôt à la désignation de tout édifice analogue placé à l'extrémité des grands parcs. Cet usage persista jusqu'à la fin du xvme siècle, et bientôt le plus mince financier eut son Trianon. La mode était alors aux chinoiseries; les laques, les porcelaines jouissaient de la plus grande faveur; l'architecte Dorbay fut chargé par Louis XIV de construire • une maison de porcelaine a aller faire des collations. » Voici quelles furent les dispositions de ce petit palais décoré de la façon la plus originale. Lagrille d'entrée, surmontée du chiffre du roi, se trouvait au milieu d'un enfoncement de forme demi-ovale; de chaque côté de la grille, en avant, étaient les portes de service, flanquées de deux petits pavillons dont la décoration rappelait celle des pagodes chinoises; ces pavillons

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étaient dïstinés aux portiers et aux gardes du corps ; plus loin, detix autres pavillons latéraux pour les grands officiers de la couronne et pour les courtisans; enfin, au fond de !a cour principale, le château, composé d'un seul étage avec deux portes donnant sur les jardins. Les murailles de tous ces bâtiments étaient décorées de plaques de faïence blanche à dessins de couleur bleue imitant la porcelaine; le château, surmonté d'un comble élevé, était surchargé d'une quantité de vases de fleurs disposés de degrés en degrés ; les murs qui reliaient entre eux les pavillons et le château étaient également surmontés d'une profusion de vases dans la plupart desquels il y avait des (leurs ; les vasques et bassins à jets d'eau étaient aussi en porcelaine. En 1674, Louis XIV donna dans ce Trianon de porcelaine des divertissements qui durèrent six jours; ce fut l'apogée de la vogue de ce petit palais, dont le roi se dégoûta ensuite ; on le fit encore servir en 1685 aux fêtes du mariage du duc de Bourbon et de MU» de Nantes; puis Louis XIV ordonna de le raser entièrement et de construire à la place un autre palais ; ce fut le Grand Trianon.

— Grand Trianon. Cet édifice, encore debout, ne se composa, comme le premier, que d'un rez-de-chaussée; mais on ne fit entrer dans sa construction que de la pierre et du marbre. Un péristyle à jour, dont le dessin est attribué à Robert de Cotte, réunit les deux corps de logis latéraux , au delà, desquels s'étendit à droite une longue galerie, puis une aile en retour, nommée Triunonsous-Bois, dont la mention dans Dangenu, contemporain de son apparition, ne date que de 1705. L'appartement du roi fut d'abord placé dans l'aile gauche; une salle de spectacle occupait l'aile .droite en retour sur la cour. La balustrade qui surmonte l'entablement était ornée de vases et de groupés d'amours portant des attributs de chasse , placés à l'aplomb des colonnes et des piedsdroits. Le Grand Trianon fut achevé en 16S8. L'année suivante, le roi y fêta Jacques II, exilé d'Angleterre. Il y eut ballet et opéra la même année. Enfin Louis XIV coucha pour la première fois à Trianon en 1694 (28 avril). A partir de ce jour, ce ne fut plus uniquement un lieu de fêtes passagères, mais aussi un lieu d'habitation. Les promenades sur l'eau de la duchesse de Bourgogne continuèrent encore quelque temps la série des divertissements d'un siècle près de finir et que M™ = de Maintenon assombrit de ses" coiffes noires. En 1705, toute gaieté a fini ; le roi vient passer quelques jours à Trianon; il y habite; mais ce n'est plus qu'un voyage de convalescent ou de podagre, car le roi ne marche plus et se fait véhiculer dans les allées en chiiriot. Le 11 août 1715 eut lieu à Trianon la dernière promenade de Louis XIV. Il s'éteignait le 1" septembre suivant.

Le nouveau pouvoir abandonna Trianon; le Régent n'aimait pas Versailles, et lui préférait hautement Paris, au grand désespoir du jeune roi, qui manifesta plusieurs fois le désir de revoir la ville royale, et Trianon surtout. On y fit loger Pierre Ier lors de son voyage en France, et les premiers séjours de Louis XV à Trianon datent seulement de 1722 et 1724. En 1741, la reine étant grosse du dauphin vint habiter Trianon pendant une absence du roi. Louis XV vint s'y distraire en 1744 de la mort de Mme de Châteauroux et, en 1749, y ordonna des travaux, i II y fait des séjours de deux ou troisjours, dit le Journal de Barbier, et l'on y a lait de petits appartements que l'on a meublés à la nouvelle mode. Trianon était abandonné auparavant et n'était fait même que pour quelques fêtes et pour faire collation après la promenade pour mesdames, mais à présent cela fait maison de campagne. » En 1751, le roi fit construire à Trianon le pavillon Français, orné de quatre cabinets et qui servait de salle à manger l'été. C'est en cet état que le palais est venu jusqu'à nous. Napoléon , à son avènement au troue, ordonna la re>tauration de Versailles et de Trianon. Il les visita le 22 mars 1805, et après un rapide coup d'œil arrêta sur place les mesures à exécuter. Le vestibule à jour du Grand Trianon fut fermé avec des portes vitrées pour la commodité du service intérieur; les appartements furent remeublés, les jardins du grand et du petit Trianon réunis l'un à l'autre par un pont jeté sur l'allée qui les séparait, et l'abord des deux palais fut régularisé par des avenues et des grilles d'entrée.

Cependant Napoléon aimait peu ce petit palais, qu'il traitait de colifichet; il n'y séjourna que rarement. Il s'y retira quelques jours eu 1819, lors de la déclaration du divorce, peuaaut que Joséphine allait cacher sa douleur à la Malmaison. En 1810, l'empereur y revint encore et y séjourna du l<sr au 10 août avec Marie-Louise. Les mois de juillet et d'août 1811 y furent signalés par des fêtes intermittentes. La plus brillante de ces fêtes, avec spectacle, ballet, souper, illuminations dans le parc, eut lieu le 10 juillet. En 1813, Napoléon revint encore à Trianon ; il y résida du 7 au 22 mars et en data une lettre amicale à Joséphine. Il y possédait une bibliothèque précieuse, qu'en 1815 il demanda la permission à la Chambre d'emporter dans son exil. L'intervention des Prussiens, qui saccagèrent cette bibliothèque,

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empêcha l'effet du voto de la Chambre, qui avait aêcordé à l'empereur vaincu cette faveur suprême. Ni Louis XVIU ni Charles Xaj parurent durant leur règne ; ce dernier seulement y fit une halte en quittant Paris, pendant les journées de Juillet. Louis -Philippe, au contraire, eut pour le Grand Trianon une prédilection marquée; il le fit restaurer complètement.

Les plantations, les parterres, les eaux, les bassins, les cascades , les perrons et tous les ouvrages d'art furent refaits, sans toutefois rien changer aux systèmes dans lesquels les deux jardins avaient été plantés. Tout fut rétabli au palais, marbres, sculptures, ornements de toutes sortes, suivant l'ensemble conçu par Mansart. Un dernier souvenir se rattache à ce palais ; c'est là qu'eut lieu le procès du maréchal Bazaine.

— Petit Trianon. Ce palais, voisin du précédent, dut son origine à la belle passion dont Louis XV fut pris tout à coup, vers 1754, pour la botanique; le roi installa d'abord, dans les dépendances du Grand Trianon, un jardin de plantes salutaires dont il confia la direction à son médecin, le savant Leinonnier, puis des serres hollandaises; Bernard de Jussieu y acclimata des arbres exotiques. Un élégant pavillon y fut construit en 1755. Le Petit Trianon étaitséparé du grand par une large avenue, et l'on y pénétrait par une grille donnant vis-à-vis du jardin de Trianon - sous - Bois ou jardin des Sources. L'attentat de Damiens, qui eut lieu au moment où Louis XV se préparait à retourner à Trianon, en ralentit et suspendit même un peu la faveur (1757). Le roi n'y retourna plus qu'en 1766; mais, dès 1761, le comte de Provence, le comte d'Artois et Madame y firent divers séjours. Un nouveau pavillon fut construit dans le jardin sous la direction de l'architecte Gabriel. Cette miniature de palais, de forme carrée, n'a guère que 12 toises sur chacune de ses faces et se compose d'un rez-de-chaussée et de deux étages montant entre des colonnes et des pilastres d'ordre corinthien, couronnés de balustres à l'italienne: A la mort de Louis XV, Louis XVI fit don du Petit Trianon à Marie- Antoinette, pour flatter ses goûts idylliques et champêtres. La jeune reine se plaisait beaucoup dans cette retraite, si bien appropriée à ses goûts, et où elle pouvait fuir les soucis de l'étiquette qu'elle exécrait. On peut dile qu'elle fuçonna bientôt ce séjour à son image, et les noms de Trianon et de Marie - Antoinette sont aujourd'hui inséparables l'un de l'autre. Louis XVI lui avait donné carte blanche pour toute restauration qui pourrait tentée son caprice. De 1779 à 1785, la reine ne cessa d'orner la résidence favorite qu'elle rêvait d'habiter tout à fait et d'habiter seule ; car, jusque-là, le Petit Trianon ne pouvait être qu'un rendez-vous de récréation où l'on soupait tout au plus; la petite salle de comédie, construite plus lard, n'était pas bâtie et c'est le Grand Trianon qui continuait à recevoir l'honneur des fêtes officielles de la cour. L'épanouissement du Petit Trianon date de celui de la reine elle-même, de l'époque de sa maternité. A partir de 1779, une véritable révolution s'était faite chez la reine, et un enfant avait fait ce miracle. Adieu les courses en traîneau, les visites aventureuses au bal de l'Opéra, amusements frivoles d'une femme inoccupée; Marie-Antoinette se renferme dans son Petit Trianon, enfin terminé et meublé avec un luxe qu'on lui a beaucoup reproché( mais dout les dépenses étaient cependant bien modestes, comparativement à celles des règnes de Louis XIV et de Louis XV. A Trianon s'élèvent à l.t fois le temple de l'Amour et la salle de comédie, but des promenades du jour, rendez-vous des réunions du soir. Marie-Antoinette y passait toute la belle saison en robe de percale et en simple chapeau de paille, avec M'no de Lumballe et quelques autres amies de cœur. Après l'antichambre se déployait la salle à manger, à panneaux de chêne. Venait ensuite un petit salon dans le goût de l'époque, tout orné de guirlanaes, de pipeaux, d'attributs lyriques et champêtres. Des buucs en cariatides supportaient la cheminée. Puis venait le grand sulon, avec son lustre de cristal et ses essaims d'Amours voltigeant autour de la corniche. Enfin, lo fameux boudoir de la reine, meublé avec un confort si féminin en ponde-soie bleu tendre, rembourré de duvet d'eider. Là, tout l'art exquis, si curieusement, si artistiquement sentimental, commo s'il eût eu conscience d'accompagner un écroulement social, s'était donné carrière. Les cornes d'abondance, les trépieds fumants, les colombes dans leurs nids ou les ailes déployées, les guirlandes de pavots et de myosotis ornaient cette chambre, secret réduit do la reine, et au fond de laquelle le Ht disparaissait sous des Ilots de dentelle. Quant au jardin , c'était le jardin anglais, avec les méandres capricieux de ses allées, Ses opulents quinconces, ses ruisseaux, ses cascades, ses cavernes, ses rochers, et où croissaient, à côté des arbres indigènes, le sophora de Chine, le pin d'Arabie, le mélèze du Tyrol et le cèdre du Liban. Sur une colline du parc, au milieu d'uu buissou de roses , de myrtes et de jasmins , s'élevait le belvédère, petit pavillon ouvert aux quatre points cardinaux, gardé par huit sphinx accroupis , avec son pavé do marbre , ses

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murs de stuc et sa table aux pieds de bronze, sur laquelle la reine aimait à déjeuner, contemplant de loin son domaine, le rocher, la grotte, le pont, la chute d'eau, le lac, le petit temple de l'Amour, s'élevant en rotonde grecque dans son île, le bord de la rivière, enfin le hameau, ce hameau dont Monsieur (depuis Louis XVIU) était le maître d'école et le roi le meunier, véritable hameau de florian, où la reine s'amusait à faire la laitière, hameau d'opéra-comique dout, en 1785, Marie- Antoinette fit l'habitation de, douze pauvres ménagea.

•Pendant la période révolutionnaire, les deux Trianon coururent de grands dangers. Le Petit Trianon fut loué à un limonadier nommé Langlois,- qui en fit un jardin public. Il y établit un restaurant, donna des fêtes avec illuminations, feux d'artifice. Ce fut dans ce jardin que Garnerih fit ses premières ascensions aérostatiques. Plus tard, on songea à vendre le palais pour être démoli; « Savez - vous bien, disent MM. de Goncourt, qu'on a voulu labourer Trianon î... Le lierre aux murs! Plus rien de ce mobilier pour lequel le garde-meuble de la reine avait payé, de 1784 à 1789, 225,000 livres... Tout' cela est à vendre 4,800 livres, chez un fripier de la rue Neuve-de-1'Egalité... Le parc? vendu ; emporté le jeu de bagues... Vendues les Chimères , vendue la lanterne de Trianon... Dans la salle de spectacle, dans le parc, on a arraché jusqu'au velours bleu des sièges et des appuis des log-'S. Le temple de Flore, sauvé dans cette désolation, tout frais encore en ses peintures, en ses arabesques respectées, comme s'il attendait que la reine vînt y déjeuner comme autrefois... Ce hameau de Trianon et ses huit maisons, son moulin, sa grange, son école, sa laiterie et ses chaumières, idylle de reine..., abandonné, ruiné, effondré, avec des figures suspectes rôdant autour! »

Comme au Grand Trianon, ce fut LouiS- Philippe qui rendit au Petit Trianon sa physionomie primitive. En 1837, ce palais fut affecté comme maison de campngne au duc et à la jduchesse d'Orléans. On reconstruisit et rétablit les rochers, les chaumières rustiques, les eaux, les lacs et les plantations pittoresques, tels qu'ils étaient au temps où Gustave III, qui admira ces jardins, demanda à la reine Marie-Antoinette les plans et les dessins qui pouvaient en retracer les souvenirs.

TRIANON (Henri), littérateur français, né en 1811. Il débuta dans la carrière des lettres en publiant dons divers journaux de Paris des articles de critique littéraire et artistique, puis entra dans l'enseignement, publia quelques éditions d'ouvrages grecs et devint successivement sous-bibliothécaire (1842) et bibliothécaire (1849) à Sainte-Geneviève. De 1857 à 1859, M. Trianon a. dirigé l'Opéra- Comique de concert avec Nestor Roqueplan. Indépendamment d'articles insérés dans ['Artiste, le Musée des familles, etc., on doit à cet écrivain d'esprit et de talent : Examen du Salon de 1833 (Paris, 1833, in-8<>); Sous les rideaux (Paris, 1833), recueil de nouvelles en collaboration avec Edouard Thierry; le Combat des ruts et des grenouilles (1841), traduit d'Homère; là traduction des Œuores complètes de Xénophon; Orfa, ballet (1853); divers livrets d'opéras joués à l'Opéra-Comique, tels que : le Maure chanteur, en deux actes (1853); Pantagruel, en deux actes (1855); Salvatbr Jtosa, en trois actes (1861); le l'résor de Pierrot, en deux actes (1866), etc. On lui doit encore, en collaboration avec Eugène Nyon, une comédie en deux actes et en vers, le Coq de Micylle, représentée sur le Théâtre-Français en 1868.

TRIANOPTILE s. m. (tri-a-no-pti-le). Bot. Genre de plantes, de la famille des cypéracées, tribu des rhynchosporées, dont l'espèca type croît au Cap de Bonne-Espérance.

TRIANT s. m. (tri -an). Agric. Syn. de

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