‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 363 sur 1042 · BUT · texte numérisé non relu

BUT

rm mérite. (Christine de Suède.) Etre trompé, c'est payer le tribut qu'on doit à l'humanité. (DeSmahis.)

— Enfants de tribut, Enfants que le gouvernement turc lève en certains pays, en forme de tribut, sur Ses chrétiens qui sont ses sujets.

— Payer le tribut à la mer, Se trouver incommodé de s'être embarqué sur mer pour la première fois.

— Payer le tribut à la nature, Mourir ;

Le malade paya tribut à la nature.

La Fontaine.

— Payer le tribut à l'humanité, Avoir quelque défaut, quelque imperfection :

... A l'humanité, si parfait que l'on fût, Toujours par quelque faible on paya le tribut.

PlRON.

— Syn. Tribut, contribution, Imposition, etc. V. CONTRIBUTION.

— Encycl. Dr. des gens. Le tribut payé par une nation à une autre n'indiquait pas toujours qu'elle eût été conquise ; ce n'était parfois qu'une redevance volontaire, destinée à assurer en cas d'attaque à la nation faible la protection d'un puissant voisin, un sacrifice qu'elle s'imposait pour éviter le sort des armes qui aurait pu lui être funeste. Montesquieu se trompe donc dans son Esprit des lois lorsqu'il confond les tributs avec les impôts. Il convient d'ailleurs d'ajouter, pour expliquer sa méprise, que, jusqu à la publication de l' Encyclopédie, ces deux mots furent regardés comme synonymes.

Il nous serait facile, en remontant dans l'antiquité, de trouver des exemples de tributs; nous nous en tiendrons* aux temps modernes. Les Turcs ont longtemps levé deux sortes de tributs : l'un, sur tous les raïas, portait le nom de capitation ; il n'existai t que dans les possessions immédiates du sultan ; l'autre atteint les piiys chrétiens, possessions médiates de la Sublime Porte. Ce tribut a une légende. D'après le Coran, les chrétiens devaient être tués par les musulmans. Ils rachetèrent leur vie en payant une redevance fixe. La capitat'mn, d'après une loi de 1834, était variable; elle alluit, suivant les fortunes, de 15 à 20 piastres. 1,600,000 individus environ payaient la capitation, qui produisait annuellement une somme évuluée à 9,200,000 francs. Tous les pays tributaires de l'empire turc, d'après M. Ubicini,acquittentrimpôtqui porte le nom de kharadj : l'Egypte paye 8,200,000 fr., la Valachie 375,000 fr^ laMoldavie 345,000 fr., la Serbie 529,000 francs, l'Ile de Samos 92,000 francs, le mont Athos 20,010 francs. La plupart des auteurs, etVatel a leursuite, prouvent que l'Etat tributaire ne cesse pas, malgré cette redevance, de posséder le droit de souveraineté par rapport aux autres puissances. Nous n'insisterons pas longuement sur cette question. Outre 1 humiliation qui nait pour un peuple de cette obligation de payer une redevance à une autre nation, n'est-il pas évident que, par ce fait seul, il aliène son indépendance, en donnant à une autre nation le droit d'intervenir dans ses propres affaires 7 Comme le dit fort justement M. J. Bastide, «la première condition d'indépendance est, pour une nation, de ne payer d'impôt qu'à son gouvernement. »

TRIBUTAIRE adj. (tri-bu-tè-re — rad. tribut). Qui paye tribut : Peuple tributaire.

— Qui tire, à prix d'argent, certains objets d'un pays étranger : L'Angleterre est tributaire de la France pour tes productions agricoles.

— Fig. Sujet, dépendant : Nous sommes tous tributaires de ta mort. (Acud.) Nous naissons tous tributaires de la mauvaise fortune; les plus heureux sont ceux qui ont payé leurs dettes de bonne heure. (J.-J. Rouss.) La peur ignorante nous rend tributaires de charlatans de toute espèce. (Boiste.)

— Se dit d'un cours d'eau par rapport à un autre cours d'eau dans lequel il se jette : La Marne est tributaire de la Seine.

— Féod. Terres tributaires, Terres assujetties à une redevance envers un seigneur suzerain.

— s. m. Celui qui paye tribut : Les tributaires de la Turquie.

— Féod. Celui qui cultivait des terres dont il n'avait pas la libre propriété et qui ne lui étaient concédées qu'à la condition de payer un tribut ou une redevance.

TR1BUTYL-PHOSPHINE s. f. (tri-bu-tilfo-sfi-ne — du préf. tri, de butyle, et de phosphine). Chim. Base organique renfermant du phosphore, qui dérive de l'hydrogène phosphore par la substitution de 3 radicaux butyle aux 3 atomes d'hydrogène.

TRIG interj. (trik). Mot que prononçaient autrefois les ouvriers typographes pour inviter leurs camarades à quitter l'ouvrage pour aller au cabaret.

TRICADMIQUE adj. (tri-ka-dmi-ke — du préf. tri, et au cadmique). Chim. Se dit d'un sel cadmique qui contient trois fois autant de base que le sel neutre correspondant.

TRICAGE s. m. (tri-ka-je). Mar. Travail consistant à dresser les faces opposées des pièces avec lesquelles on veut construire un fnât d'assemblage.

Page 1