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TRIOMPHE s. f. (tri-on-fè). Jeux. Atout, carte qui emporte toutes les autres et sert à couper, à certains jeux, il Jeu de cartes analogue à l'écarté. Il Triomphe d'Auvergne, Autre jeu de cartes.
— Ane. loc. fam. Voilà de quoi est la triomphe, Voilà de quoi il s'agit présentement.
Il On dit aujourd'hui : Voila de quoi il retourne.
— Encycl. On joue h. la triomphe ordinairement à deux et avec un jeu de piquet, dont les cartes ont la valeur naturelle, c'està-dire le roi étant la plus haute, le sept la plus basse, et l'as se plaçant entre le valet et Se dix. La donne ayant été tirée au sort, le donneur distribue cinq cartes à son adversaire et à. lui-même, par deux et trois, puis il retourne la onzième, qui indique la couleur de la triomphe ou de l'atout, et qu'il place à découvert sur le talon. Le jeu a lieu ensuite comme à l'écarté, avec cette différence qu'on n'écarte point et qu'on ne marque pas un point pour le roi. En conséquence, le premier h jouer jette telle carte que bon lui semble, et l'autre joueur est tenu de fournir de la couleur demandée et de forcer, et, s'il n'a point de cette couleur, de couper. Celui qui l'ait trois levées marque un point-, s'il en fait cinq, c'est-k-dire la vole, il marque deux points. La partie se joue généralement en cinq points. Il est à remarquer que le joueur qui a mauvais jeu est libre d'offrir un point à son adversaire ; si celui-ci accepte, il marque ce point et le coup se joue comme à l'ordinaire; s'il n'accepte pas et qu'il ne fasse pas la vole, il perd deux points.
On joue quelquefois à la triomphe h quatre ou à six personnes, deux contre deux, trois contre trois. Dans ce cas, les associés se placent à côté l'un de l'autre et se communiquent réciproquement leur jeu, mais sans parler. Il existe une autre manière de jouer à plus de deux, dans laquelle chaque joueur joue pour son propre compte; ce qui la distingue de la précédente, c'est que l'as tient le premier rang et domine le roi. De plus, si la retourne est un as, le donneur a le droit de piller, c'est-à-dire de prendre cet as, qui fait la triomphe, et d'écarter telle carte de son jeu qu'il juge convenable ; il est même libre, s'il y a immédiatement au-dessous d'autres cartes de la même couleur, de substituer ces cartes à un égal nombre de celles qu'il s'est données. La faculté de pilier appartient également k celui qui a en main l'as de la triomphe; il est maître de prendre cette triomphe et les cartes de la même couleur qui sont au-dessous. Cette manière de jouer se nomme la triomphe à l'as qui pille.
TRIOMPHER v. n. ou intr. (tri-on-fé — rad. triomphe). Antiq. rom. Faire une entrée pompeuse et solennelle dans Rome après une grande victoire : Après avoir triomphe et enrichi la république des dépouilles de ses ennemis, il n'avait pas de quoi se faire enterrer, (Boss.) il Triompher d'un pays, Obtenir les honneurs du triomphe pour avoir soumis un pays : Scipion triompha de l'Afrique (Acad.)
— Par anal. Marcher triomphalement: Leur
TRIO
maison, comme celle d'Aman, est une maison de deuil et de tristesse, tandis que Mardochée triomphe et reçoit au milieu de la capitale des acclamations. (Mass.)
— Vaincre par la voie des armes :
A vaincre sans péril on triomphe sans gloire.
Cokneille.
Achille va combattre et triomphe en courant.
Racine.
— Triompher de, ou absolument Triompher, Avoir raison de par la force, être le plus fort : Le hasard seul nous a empêchés de triompher du lion; notre valeur n'en est pas moins admirable. (Volt.) Il Fig. Remporter un avantage sur : Triompher de ses adversaires, de ses envieux, de ses rivaux. Triompher de quelqu'un dans une discussion. L'innocence a triomphé. Au xvii6 siècle, la Francf triompha dans lapaix, dans la guerre et dans les arts. (Volt.) |] Avoir la supériorité : En France, on ne peut triompher que quand tout le monde se couronne sur la tête du triomphateur. (Balzac.) Triompher sans ivresse, c'est triompher deux fois. (E. de Gir.)
Je vais sortir d'un gouffre où triomphent les vices.
Molière.
Il faut que je triomphe, ou bien je suis perdu.
Etienne.
' l! Vaincre, subjuguer, surmonter : Triompher de ses passions. Dompter sa colère, c'est triompher de son plus grand ennemi. Sa beauté triomphait de tous les coeurs. (Acad.) A ta longue, la vérité triomphe de l'erreur. (Acad.) Le plus sûr moyen de triompher du paupérisme serait d'habituer les ouvriers à la vie de famille. (J. Simon.) On ne triomphe de la calomnie qu'en la dédaignant. (M™e de Maintenon). Les plus grands hommes des siècles chrétiens ont fait triompher la folie de la croix de la sagesse d'Athènes et de Home. (Mass.) Voulei-vous savoir combien la grâce qui a fait triompher Madame a été puissante? (Boss.)£a philosophie triomphe aisément des maux passés et à venir, mais les maux présents triomphent d'elle. (LaRochefoucauld.) Le mérite et le courage triomphent de tout. (Vauvenargues.) La théologie, bien loin de servir à faire triomphkr l'idée de Dieu, a une tendance forcée à l'athéisme. (Bailly.) La vérité bien servie triomphe toujours. (Bastiatl) La lune avait ators tout à fait triomphé des nuages, et sa lumière tombait à plomb sur lui. (Suintine.)
L'amour n'a-t-il encor triomphé que de vous 7
Racine.
I! Maîtriser, étouffer :
Je rriompAe aujourd'hui du plus juste courroux De qui la souvenir puisse aller jusqu'à vous.
Corneille.
|] Exceller, en traitant de quelque Sujet • Quand il parle sur la délicatesse, sur la géné- .rosité des sentiments, il triomphe. (Acad.) Il prêchait peu, sinon sur la vendange; Sur ce sujet, sans être prépare, Il triomphait...
La Fontaine.
U Exceller en quelque chose préférablement à d'autres : Quand cet artiste a des têtes à graver, il triomphe. (Acad.) Ce peintre triomphe quand il peint des fleurs. (Acad.) Il Etre ravi de joie : Quand oit lui parle de ses ertfanls, elle triomphe. (Acad.) H Faire vanité de quelque chose en bonne ou en mauvaise part : Triompher de son crime. Triompher du gain de son procès. Ne triomphez pas tant, vous ne tarderez pas d me faire avoir une revanche. (Molière.)
Vous triomphes, cruelle , et bravez ma douleur.
Racine.
— Syn. Triompher de, dompter, réduire, ■urmouler, etc. V. DOMPTER.
— AllUS. littér. A vaincre uw péril ou
triomphe nui glaire, Vers de Corneille. V.