‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 376 sur 1042 · VAINCRE · texte numérisé non relu

VAINCRE

TRIONES s. m. pi. (tri-o-nèss — du latin triones, bœufs de charrue, comme si ces étoiles étaient des bœufs labourant le pôle arctique, où elles paraissent constamment). Astron. Nom donné autrefois aux étoiles formant la Grimde et la Petite Ourse.

TUIONFËXFI (Lelio), botaniste italien, né à Bologne en 1647, mort dans la même ville en 1722. Dès l'âge de quinze ans, il était docteur en philosophie. En 1667, il devint professeur de philosophie, et, en 1675, il joignit à cet enseignement celui de l'histoire naturelle. En même temps, il fut chargé de l'explication des simples au jardin public et s'acquitta de cette tache avec un grand succès. Vers 1680, Trionfetti entra dans les ordres, devint chanoine à Sain te -Marie-Majeure et présida, par la suite, l'institut des sciences de Bologne. On a de lui : Leetiones sive ostensiones botaniem (Bologne, 1675-1720, 4 vol. in -4°); Protusiones oolanicx ab anno 1675 ad annum 1731.

TRIONFETTI (Jean - Baptiste) , botaniste italien, frère du précédent, né à Bologne en 1656, mort à Rome en 1708. Il étudia la philosophie, le droit, la botanique, la médecine, puis se rendit à Rome, où il devint directeur du jardin botanique et professeur à la S&pieuza. Trionfetti enrichit considérablement ce jardin déplantes indigènes et exotiques, et y réunit notamment environ six raille espèces, en partie tirées des Etats romains,

TRIO

dans le but de recomposer la flore du Latium, On lui doit : Observationes de ortu et vegelatione plantarum, cum nooarum stirpium hisloria (Rome, 1685, 111-40); Vindiciarumveritatis a castigationibiis quarumdam propositionnni qus habentur in opusculo de ortu ac vegetatione plantarum (Rome, 1703, in-4°).

TRIONGULINs. m. (tri-on-gu-lain — du préf. tri, et de ungulus, ongle). Entom. Prétendu genre d'insectes, qui vit en parasite sur les andrènes, et n'est probablement que la larve d'un méloé.

— Encycl. Ce genre d'insectes n'est connu que par un petit animal qu'on a trouvé vivant en parasite sur les andrènes. On l'a regardé d'abord comme une espèce de pou; mais des observations plus attentives l'ont fait reconnaître pour la larve d'un méloé', décrite et figurée depuis longtemps; ce serait même, d'après quelques auteurs, celle du méloé proscarabée; mais il est difficile d'expliquer comment une larve longue à peine de quelques millimètres se transforma en un aussi gros insecte. On ne connaît ni ses mœurs, ni ses métamorphoses, ni son origine; on présume néanmoins qu'elle passe les premiers temps de sa vie sur le corps des andrènes, des mélittes et d'autres hyménoptères, qu'elle suce. D'après Zier, elle ne présenterait aucune différence avec les larves, des c;mtharides.

trionum s. m. (tri-o-nomm). Bot. Section des ketmies, genre de malvacées.

TRIONYCHB s. m. (tri-o-ni-ke — du préf, tri, et du gr. onux, omtckos, ongle). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des lamellicornes, tribu des scarabées xyiophiles, comprenant trois ou quatre espèces, qui habitent l'Afrique.

— s. m. pi. Groupe de tortues fluviatiles, ayant pour type le genre trionyx.

— Adjectiv. Erpét. Qui ressemble ou qui se rapporte au trionyx. Il On dit aussi trio-

NYCI11N, INE, TRIONYCHOÏDB, TRIONYCIDB et TRIONYCIN.

TRIONYCHIDE { tri-o-ni-ki-de ). Erpét.

Syn. de trionychk. Il On dit aussi triony-

CHIUÉ, ÉB.

TRIONYCHIE s. m. (tri-o-ni-k! — rad. trionyché). Irifus. Genre d'infusoires, du groupe des tardigrades.

TRIONYGHIN, INE (tri-o-ni-kain, i-ne).

Erpét. Syn. de trionychb.

TRIONYCHOÏDE (tri-o-ni-ko-i-de). Erpét.

Syn. de trionychb.

TRIONYCIDE (tri-o-ni-si-de). Erpét. Syn.

de TRIONYCHE.

TRIONYCIN, INE (tri-o-ni-sain, i-ne). Erpét. Syn. de trionychb.

TRIONYX s. m. (tri-o-niks — du préf. tri, et de onux, ongle). Erpét. Genre de ehélo- niens, de la famille des tortues fluviatiles, comprenant plusieurs espèces, qui habitent les grands cours d'eau de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique du Nord : L'Europe n'a de trionyx qu'à l'état fossile. (P. Gervais.)

— Encycl. Ce genre de tortues à trois ongles, comme le dit leur nom, comprend celles qui se distinguent par les caractères suivants : carapace à pourtour cartilagineux, très-large, flottant en arrière, dépourvue d'os à l'extérieur; sternum trop étroit en arrière pour que les membres soient complètement cachés quand l'animal les retire sous sa carapace; enfin les ongles au nombre de trois seulement, et deux des doigts en étant complètement dépourvus. Les trionyx ont-le corps très-déprimé; le limbe de la carapace est soutenu par la portion libre des côtes, et, dans quelques parties, il est dépourvu de pièces osseuses ; le sternum est plan ; la peau qui enveloppe tout le corps de l'animal est molle, assez épaisse et cache les plaques de la carapace ; la tête est très-déprimée ; le museau et les narines varient de longueur suivant les espèces; le front est convexe ou nplati ; les branches de la mâchoire sont plus ou moins écartées; la peau de la tète et du cou est toujours nue, celle des membres l'est presque entièrement aussi et présente fort peu d'écaillés; la queue est habituellement plus longue que l'extrémité de la carapace qui la recouvre.

On indique une dizaine d'espèces de trionyx, qui vivent dans les grands fleuves de l'Amérique, de l'Asie et de l'Afrique et s'y nourrissent de proies vivantes. Comme type du genre, nous décrirons le trionyx d'Egypte : huit callosités costales; carapace très-faiblement convexe, formant parfois dans sa région verticale une gouttière; quatre callosités sternales; os épisternaux de longueur moyenne, très-écartés l'un de l'autre et presque parallèles ou formant un peu le V; partie supérieure du corps verdâtre, tachetée de blanc ou de jaune. Cette espèce, qui est d'assez grande taille, est probablement \'emys ou 1 amis d'Aristote. On la trouve communément dans le Nil; mais il parait qu'on l'a également trouvée dans les rivières de la Sierra-Leone.

Parmi les autres espèces, nous citerons : 1» le trionyx spinifère, caractérisé par une rangée d'épines sur le bord antérieur du limbe, qui vit dans les rivières de la Géorgie et des Elorides de l'Amérique septentrionale ; 20 le trionyx mutique, du même pays; 3° le

TRIO

trionyx du Gange; i° le trionyx de l'Euphrate, etc.

TRIOPADE s. m. (tri-o-pa-de — du préf.

tri, et du gr. opados, compagnon). Entom. Genre d'insectes lépidoptères diurnes, formé aux dépens des papillons.

TRIOPAS s. m. (tri-o-pass — d'un personnage mythologique). Astron. Constellation du Serpentaire.

TRIOPAS ou TRÏOPS, fils de Neptune ou du Soleil. Il chassa les Pélasges de la plaine de Dotis, puis se rendit en Asie, où il fonda Cnide. Il était père d'Erysichthon et de Mérope. Sa statue se trouvait dans le trésor du temple de Delphes.

TRIOPE s. m. (tri-o-pe — du préf. tri, et du gr. opê, ouverture). Mol!. Genre de mollusques gastéropodes gymnobranches.

TRIOPHTHALME s. m. (tri-o-ftal-me — du préf. tri, et du gr. opklhalmos, œil). Infus. Genre d'infusoires systolides ou rotateurs, de la famille des hydatinées.

TRIOPIEN adj. m. (tri-o-pi-ain — du gr. triopios , proprement qui a trois yeux; de treis, trois, et de ops, opos, œil ; de la même famille que optomai, voir). Mythol. Surnom d'Apollon.

TRIOPIES S. f. pi. (tri-o-pJ —du promontoire de Triopium). Antiq, gr. Jeux en l'honneur d'Apollon Triopien.

TRIOPTÈRE s. m. (tri-o-ptè-re). Bot. Syn.

de TRIOPTÉRIDB.

TRIOPTÉride s. m. (tri-o-pté-ri-de — du gr. treis, trois; pterux, aile; eidos, aspect). Bot. Genre d arbrisseaux grimpants, de la famille des mulpighiacées, tribu des pleuroptérygiées ou hirées, comprenant des espèces qui croissent dans l'Amérique tropicale.

— Syn. d'ASPiDOPTERiDB, autre genre de mulpighiacées

TRIOPTOLÉMÉE s. m. (tri-o-pto-Ié-mé — altérât, de Triptolème, nom mythol.). Bot. Genre d'arbres, de la famille des légumineuses, tribu des dalbergiées, comprenant huit espèces, qui croissent au Brésil.

TRIORCHIDE s. m. ( tri-or-ki-de — du préf. tri, et du'gr. orchis, testicule). Individu qui aurait trois testicules.

TRIORCHIS s. ni. (tri-or-kiss — du préf. tri, et du gr. orchis, tubercule). Ornith. Genre d'oiseaux de proie, formé aux dépens des buses.

TRIORCHYTE s. f. (tri-or-ki-te — du préf. tri, et du gr. orchis, testicule). Hist. nat. Variété de priapolite.

TRIORI s. in. (tri-o-ri). Danse bretonne, dont le mouvement est très-animé et à trois temps. Il Air sur lequel cette danse doit se régler.

TR10RS (Claude Odde, seigneur de), écrivain français, né à Triors, près de Romans, en Dauphiné, dans la seconde moitié du xvie siècle. Il était parent d'Emond Odde, seigneur de Triors, à qui Scévole de Sainte- Marthe a adressé des vers. Tout ce qu'on sait de lui, c'est qu'il habita Toulouse. On a de ce gentilhomme poète : le Bannissement, et adieu des ministres des huguenots sur le despart du pays de France, où est contenu le piteux despart du ministre de Castanet (Lyon, 1572, in-8°), ouvrage rarissime; les Distiques moraux du très-docte poète espagnol Michel Vérin, traduits en langue vulgaire par beaux quatrains français (Lyon, 1577, petit in-8°); d'après Goujet, les vers de Triors sont durs et gothiques; les Joyeuses recherches de la langue tolosaine (Tolose, in -8°). On conjecture que cet ouvrage parut en 1578. Le nom de l'auteur ne figure point sur le frontispice.

TRIOSTÉE s. m. (tri-o-sté — du préf. tri, et du gr. osteon, os, noyau). Bot. Genre de plantes, de la famille des caprifoliacées, comprenant quatre espèces, qui croissent sur les montagnes de l'Asie centrale et dans l'Amérique du Nord.

— Encycl. Les triostées sont des plantesvivaces, herbacées ou sous-frutescentes, à fleurs axillaires sessiles. Le fruit est une baie coriace, à trois loges, dont chacune renferme un noyau osseux. Ces plantes croissent dans l'Asie centrale et dans l'Amérique du" Nord. Leurs racines, composées de fibres épaisses, charnues, torses, rudes, ont des propriétés émétiques et sont employées comme telles, en Amérique, sous le nom de faux ipécacuanha. Leurs fleurs rouges font beaucoup d'effet. Toutefois, ces plantes sont rarement cultivées dans nos jardins. Elles supportent bien nos hivers. On les multiplie de graines et d'éclats de pied; elles demandent une terre légère et fraîche et beaucoup d'arrosements en été. Nous citerons particulièrement le triosiée perfoiié, à feuilles sessiles et verticillées.

TRIOULÉ s. m. (tri-ou-lé). Bot. Un des noms vulgaires du trèfle.

TRIOUMALA s. m. ( tri-ou-ma-la). Nom donné à des religieux indous nomades.

TRIOVULÉ, ÉE adj. (tri-o-vu-lé — du préf. tri, et de ooulé). Bot. Qui a trois ovules.

TRIOXYAMYLAM1NE s. f. (tri-o-ksi-a-mila-mi-ne). Chim. Base qui diffère de la triamylamine par 3 atomes d'oxygène qu'elle renferme en plus.

TRTP

— Encycl. La trioxyamylamine est une base découverte par Erdmann, qui diffère de la triamylamine par 3 atomes d'oxygène qu'elle renferme en plus. Sa formule est Az(C5HUO)S.

Elle se produit lorsqu'on chauffe à 130<>, dans des tubes scellés à la lampe, le valérylure anhydre d'ammonium ou un mélange de valérol et d'ammoniaque en solution aqueuse concentrée ; la réaction exige six ou huit heures. Elle est exprimée par l'équation suivante :

3(C5HlOO,AzH3) = (CBH"0)3Az + 2AzH3.

Valérylure Trioxyamy- Ammo-

d'ammonium. lamine. niaque.

Erdmann a désigné cette base sous le nom do triamylidène-oxj'd'jimtiioniaque ou de trioxamylidène; le nom et la formule cités plus haut ont été donnés par Petersen.

Pour obtenir la trioxyamylamine pure, on distille avec de l'eau la couche huileuse qui nage à la surface du liquide lorsque la réaction est complète. La portion qui ne se volatilise pas dans ces conditions est dissoute dans l'acide chlorhydrique concentré, et le chlorhydrate (CSHI'OJS.HCl, qui se sépare de la liqueur en croûtes cristallines, est lavé avec un peu d'eau, comprimé entre plusieurs doubles de papier buvard, recristallisé dans l'alcool, lavé avec de l'éther et agité ensuite avec de l'éther et de l'ammoniaque. La solution ainsi obtenue donne, lorsqu'on l'évaporé, la base sous la forme d'une huile visqueuse incolore, d'une odeur piquante à chaud et d'une densité de 0,879 à 22°. Elle se décompose en partie à la distillation en dégageant de l'ammoniaque. Sa réaction est fortement alcaline; elle est peu soluble dans l'eau, facilement soluble dans l'alcool, et, lorsqu'elle vient d'être- mise en liberté, elle s'unit lentement avec les acides, en formant des sels cristallisables. Le chloroplatinate (ClBH3303Az,ClH)2PtCl* est résineux et cristallise dans l'alcool en granules rouge jaunâtre.

La trioxyamylamine, chauffée pendant quelques heures avec de l'iodure d'éthyle, est partiellement attaquée avec formation d'un iodure, lequel, traité par l'oxyde d'argent, fournit une base alcaline très-amère, qui se présente sous la forme d'une résine molle et jaunâtre. *

TRIOXYS s. m. (tri-o-ksiss — du préf. tri, et du gr. oxus, aigu). Entom. Genre d'insectes hyménoptères, tribu des braconides, formé aux dépens des aphidies, et dont l'espèce type vit sur les érables.

TR1P (Luc), poète hollandais, né à Groningue, mort dans la même ville en 1783. Il suivit avec distinction la carrière de la magistrature et se mit au rang des poëtes les plus distingués de son pays en publiant un recueil de méditations poétiques sur des sujets religieux, sous le titre de Loisirs utilement employés (Leyde, 1774, in-8°). Les v«rs de Trip attestent de la verve et de l'imiigination; mais ils manquent souvent d'harmonie et abondent trop en expressions mystiques

TRIPA1LLE s. f. (tri-pa-lle; Il mil. — rad. tripe). Amas de tripes, d'intestins : Jeter des tripailles à la voirie. Les limaces, tes araignées, les crapauds, les tripailles, les insectes conviennent à l'appétit carnassier des canards. (Tessier.)

— Chasse. Entrailles d'animaux que l'on donne aux chiens.

TRIPALÉOLÉ, ÉE adj. (tri-pa-lé-o-lé — du préf. tri, et de paléoté). Bot. Qui est composé de trois paléoles.

TRIPAN s. m. (tri-pan). Zooph. Espèce d'holothurie, appelée aus"si trépang.

TR1PANCRGE s. m. (tri-pa-nur-je). Erpét.

Genre de reptiles ophidiens, formé aux dépens des couleuvres.

TRIPARTI, IE adj. (tri-par-ti, î — du préf. tri, et du lat. partitus, partagé). Divisé en trois parties; Il On dit aussi tripartite au féminin.

— Hist. Chambre tripartie, Tribunal où un tiers seulement des magistrats appartenait à la religion réformée.

TRIPARTIBLE adj. (tri-par-ti-ble — rad.

triparti). Qui peut se diviser en trois parties.

TRIPARTITE adj. f, (tri-par-ti-te). V. triparti.

TRIPARTITION s. f. (tri-par-ti-si-on — rad. triparti). Mathém. Action de diviser une quantité en trois parties égales.

TRIPAELT ou T1UPPAULT (Léon), jurisconsulte français, qui vivait au xvi° siècle. Il remplit les fonctions de conseiller au siège présidial d'Orléans, où l'on croit qu'il était né. C'était un homme instruit, parfaitement versé dans les langues anciennes et dans la connaissance des lois. On lui doit des ouvrages dont quelques-uns sont encore recherchés. Nous citerons particulièrement : Ordonnances du roy Français sur le faict de la justice et abbréoiation des procès publiés en 1539 (Orléans, 1572, in-8°); Silvulx antiquitatum aurelianensium (Orléans, 1573, in-8°); lus Antiquités de la ville et duché d'Orléans, fidèlement recueillies des cosmographes et historiographes qui en ont écrit (Orléans, 1573, in-8<>); histoire et discours au vray du siège gui fut mis devant la ville d'Orléans par les Anglais, te mardi douzième jour d'octobre

TRIP

1428 (Orléans, 1576, in-4°), chronique trèsintéressante, dont Tripault ne fut que l'éditeur ; Celt- hellénisme ou Etymologie des mots français tirés du grec, plus : Preuves en général de la descente de notre langue (Orléans, 1580, in-8°), ouvrage dans lequel, selon Goujet, l'auteur manque de critique et ne donne que des conjectures peu fondées sur beaucoup de mots français qu'il prétend tirés du grec; Joannm Darcis obsidionis aurelianx liberatricis tes gestse, imago et judicium (Orléans, 1583, in-8"), avec une traduction française du texte.

tripault ou TRIPPAULT (Emmanuel), sieur DE LISIÈRES, écrivain français, fils du précédent, né dans la seconde moitié du xvio siècle. Tout ce qu'on sait de lui, c'est qu'il fut lieutenant particulier, civil et criminel de Neufville, près d'Orléans. Tripault est l'auteur des ouvrages suivants : Anagrammes et noms des princesses et dames de ta cour (in-4<>) ; Libeltus anagrammatum virorum illustrium (Orléans. 1613)); Anagrammes des noms et surnoms des dames et des demoiselles d'Orléans (Orléans, 1G26); Discours du siège d'Attila, roi des H uns, dit le Fléau de Dieu, devant la ville tV Orléans en l'an 455 (Orléans, 1635, in-8°); Ibis d'Ooide, traduit du latin en français (Orléans, 1641, in-12).

TRIPE s. f. (tiï-pe. — L'origine de ce mot est fort incertaine. Chevallet le fait venir du celtique: kyinrique tripa, boyau, tripe ; armoricain siripen, irlandais triopas, tripes; mais ces formes sont plutôt empruntées au roman, comme le basque tripa. Scheler croit que tripe est pour estripe, et vient du germanique : allemand striepe,slrippe, courroie, lanière ; anglo-saxon strop, courroie, attache, etc.). Boyaux d'un animal : Mou comme une tripe. Manger des tripes. Tripes à la mode de Caen.

— Fam. Boyau humain.

— Rendre tripes et boyaux, Vomir avec de grands efforts.

— Comm. Sorte de velours ou de panne dont l'usage était autrefois très-répandu, et dans lequel le poil était de laine et le fond

'de chanvre : Les tripes se tiraient presque toutes de la Flandre, plus particulièrement ' d'Orchies, de Lille et de Tournay. (Bezon.) Il On dit aussi moquette.

— Techn. Résidu de la cuite de la colle à papier. Il Morceau d'étoffe employé par les chapeliers pour couvrir leur peloton. II Partie intérieure d'un cigare. Il Cuir en tripes, Peau de bœuf débourrée, pelée et trempée.

— Art culin. Œufs à la tripe ou en tripes, Œufs durs coupés par tranches et fricassès avec des oignons.

— Bot. Tripe de roche, Espèce de mousse.

— Encycl. Art culin. Tripes à la mode de Caen. Cette prétendue mode de Caen est, à proprement parler, la mode nationale française, car c'est par des procédés analogues que l'on fait presque partout en France cuire les tripes. On met les tripes lavées et écliaudées dans un grand pot de terre ou une terrine, av.-o des oignons en grande quantité, des Lardes de lard au fond, de l'ail, des échalotes, des clous de girofle, du poivre en grains, i •■ 'jouquet garni et des carottes. On ajoute d ;s pieds pour fournir la gélatine nécessaire à la sauce. On met encore dans le pot un peu de bouillon ou de vm blanc. On couvre de baides de lard et on pose le couvercle sur k pot, en ayant soin de fermer hermétiqu.i • ■■: i avec de la pâte tout autour du couvercle. On met uu four pendant au moins une nuit; on peut aussi faire cuire sur un fourneau, en ayant soin de faire aller lentement mais bien également et de ne point découvrir le pot. Les tripes se servent très-chaudes; on place même des réchauds sous les assiettes pour qu'elles conservent leur chaleur pendant le repas.

— Tripes à ta mode de Lyon. Les tripes sont coupées en filets de 0m,01 de largeur sur 0ai,04 de longueur; on les fait sauter à feu vif, dans un mélange de beurre et d'huile, avec du sel et du poivre. On a dans une poêle des oignons préparés comme pour la soupe à l'oignon; on les t'ait cuire dans de l'huile, jusqu'à ce qu'ils aient une belle couleur rousse comme pour le miroton. Pendant ce temps, les tripes prennent une teinte jaune foncé; elles deviennent croquantes ; on les verse dans la poêle où se trouvent les oignons, avec une poignée de persil haché et une cuillerée à, bouche de vinaigre ; on fait chauffer une minute, on mêle et on sert.

TRIPÉE s. f. (tri-pé). Chasse. Syn. de tri-

PAILI.E.

TRIPE-MADAME s. f. Bot. Syn. de triquemadame.

TRIPëNNÉ, ÉE adj. (tri-pènn-né— du préf.

tri, et de penné). Bot. Se dit des feuilles qui ont un pétiole principal, divisé en pétioles secondaires, subdivisés en pétioles tertiaires.

TRIPERIE s. f. (tri-pe-rl — rad. tripe). Lieu où l'on vend les tripes. 0 Commerce du marchand de tripes.

TRIPÉTALE adj. (tri-pé-ta-le — du préf.

tri, et de pétale). Bot. Dont la corolle est formée de trois pétales. Il On dit aussi tripétalé, ée.

TRIPÉTALÉE s. m. (tri-pé-la-lé — du préf. tri, et de pétnlé). Bot. Genre d'arbris-

TRIP

seaux, rapporté avec doute à la famille des otacinées, et dont l'espèce typa croît au Japon.

TRIPÉTALOCÈRE s. m. (tri-pé-ta-lo-sè-re — du préf. tri, et du gr. petaion, feuille; keras, corne). Entom. Genre d'insectes orthoptères sauteurs, de la tribu des acridides, dont l'espèce type vit au Malabar.

TRIPÉTÈLEs.m. (tri-pé-tè-le). Bot. Genre de plantes, de»la famille des eapri foliacées, dont l'espèce type croît en Australie.

TRIPETTE s. f. (tri-pè-te ~ dirain. de tripe). Petite tripe.

— Loc. fam. Ne valoir pas tripette, Ne valoir rien ou presque rien.

TRIFHANE s. m. (tri-fa-ne — du préf. tri, et dugr. phainô, je brille). Minéral analogue à la litniiie.

— Encycl. Comme la pétalite, qu'il accompagne souvent, le triplions contient de la lithine; mais sa composition est différente, ainsi que son aspect et ses clivages. Depuis quelques années seulement, on possède de très-gros cristaux, de iriphane, dont lu forme est exactement celle du pyroxène. Le tri' phane existe généralement en masses lamellenses, de coloration presque toujours verdâtre, translucides; il raye le verre. Au chalumeau, il se boursoufle, fond et rougit la flamme comme la pétalite.

TRIFHAQUE s. m. (tri-fa-ke — du préf.

tri, et du gr. phnkê, lentille). Bot. Genre de la famille des byttnériacées, réuni par quelques auteurs nu genre sterculier.

TRIPHARMAQUE adj. (tri-far-ma-ke — du préf. tri, et du gr. pâarmakon, remède). . Ane. pharm. Se disait d'un remède composé de trois drogues.

TRIPHASIE s. f. (tri-fa-zî — du gr. triphasios, triple). Bot. Genre d'arbrisseaux épineux, de la famille des aurantiacées, comprenant trois espèces, dont le type croît en Chine.

TR1PHASSE s. f. (tri-fa-se). Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des noctuides. •>

TRIPHÉLIE s. f. (tri-fé-li). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des myrtacées, tribu dos chuinélauciées, dont l'espèce type croît en Australie.

TR1PHÈNE s. f. (tri-fè-ne). Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des noctuides, comprenant huit espèces, qui habitent l'Europe.

— Encycl. Les triphènes ont pour caractères : des antennes simples ou filiformes, quelquefois faiblement crénelées chez les mâles; les palpes ascendances, assez longues, cambrées ou presque droites ; le corseletïisse, ovaluire, plan en dessus; l'abdomen aplati, terminé par une brosse de petits poils; les ailes supérieures longues, étroites, se couvrant par leur bord interne dans le repos; les ailes inférieures très-larges.Les chenilles sont épaisses, cylindriques, rases, marquées de lignes" bien distinctes et de deux taches cunéiformes sur le onzième anneau; elles vivent exclusivement sur les graminées ou les plantes basses et se cachent, pendant le jour, sous les feuilles, les mousses ou les pierres ; arrivées au tenue de leur développement, elles s'enfoncent en terre profondément et se métamorphosent en chrysalides cylindro-coniques, lisses, luisantes, renfermées dans des coques terreuses d'une consistance peu solide.

Ce genre, qui a de grandes affinités avec les noctuelles, comprend de nombreuses espèces, dont une dizaine environ habitent l'Europe. Toutes sont de taille moyenne ou petite, et ont les ailes antérieures d'une couleur assez uniforme, tandis que les ailes postérieures sont d'un jaune orangé, avec une bordure noire plus ou moins large. La triphène riancée, vulgairement phalène hibou, a près de om,08 d'envergure, les ailes supérieures d'un bruu plus ou moins foncé, nuancé, rayé et taché de gris; elle est trèscommune dans presque toutes les contrées de l'Europe ; sa chenille vit sur les crucifères. La triphène orbone se distingue de la précédente, surtout par ,sa taille un peu plus petite. La triphène frangée a les ailes antérieures d'un gris fauve, avec deux taches et quatre lignes transversales blanchâtres; elle habile la France et se trouve aux environs de Paris.

TRIPHÉNYL-CARBINOL s. m. (tri-fé-nilkar-bi-nol). Chim. Alcool tertiaire que l'on peut considérer comme dérivant du carbinol ou alcool méthylique par la substitution de trois phényle à trois hydrogène, et qui résulte de l oxydation de l'hydrocarbure qui lui correspond, ta triphényl-méthane.

— Encycl. V. triphén'ïl-méthane.

TRIPHÉNYL-MÉTHANE s. f. (tri-fé-nilmé-ta-ne). Cbim. Nom d'un composé que l'on peut considérer comme dérivant de l'hydrure de méthyle ou méthane pur la substitution de trois groupes phényle à trois atomes d'hydrogène.

— Encycl. La iriphényl-méthaneC\l{C*\i*)S n'est autre chose que du gaz des marais (hydrure de méthyle ou méthane) CH* dans lequel trois groupes phényle CSH8 sont substitués à trois atomes d'hydrogène. Ce corps a

TRIP

été d'abord obtenu par Kekulé dans la réaction du chlorure de benzylène sur le mercure- ' phényle, suivant l'équation (Cl

CH

C6HB C6R5

Hg"|:

Mercure-phéoyle.

Hg"

CH,(C6H<S)3 Triphényl-méthane.

TRIP

assez semblable à celle dans laquelle se forment la triphényl-méthane et le diphénylc j (C6H5)2

TRIP

OH

CSH»

Chlorure de benzylène.

Chlorure mercurique.

M. W. Hemilian l'a obtenu plus tard en faisant digérer pendant quatre heures, entre 130» et 140°, un mélange de benzine, de benzhydrol et d'anhydride phosphorique.

L'acide sulfurique le convertit en un acide sulfonique dont le sel de baryum, très-soluble, présente, lorsqu'on l'a précipité de sa solution aqueuse par l'alcool, la formule CH(C6H*S09)SBa"3 + 81120.

Fondu avec de la potasse, cet acide sulfonique donne un phénol qui cristallise en aiguilles, déliées, qui deviennent rapidement brunes et résineuses par l'exposition à l'air. Beaucoup plus stable est le composé acéti-. que; ce dernier cristallise en plaques minces, fusibles à 180°.

L'acide azotique fumant convertit l'hydrocarbure en produits nitrés, parmi lesquels on peut isoler le composé CH(C«H4Az02)3, qui cristallise dans la benzine en écailles jaunes, fusibles à £03°.

Sous l'influence du brome et de l'eau, la triphényl-méthane s'oxyde et donne naissance au composé ClSlî'SO, que l'on peut obtenir bien plus facilement encore en faisant bouillir l'hydrocarbure avec une solution d'acide chromique. Ce corps est facilement soluble dans l'alcool, l'éther et la benzine ; il cristallise en plaques hexagonales dures et brillantes, fusibles à 157<>, bouillant à 360° et appartenant au système monoclinique. Les réactions de ce corps montrent que c'est du triphényl-carbinol

°|OH

Ses propriétés sont aussi singulières que son mode de formation. 11 n'est pas altéré par la distillation sur la chaux sodée ni par l'action des alcalis, des acides étendus, de l'amalgame de sodium, ni par la dissolution à froid dans l'acide sulfurique concentré. Avec le brome et l'acide azotique, il fournit des produits de substitution. Le chlorure d'acétyle, l'anhydride acétique, le chlorure de benzoyle le convertissent en éthers correspondants ■ tellement instables, que l'eau suffit a en opérer la saponiiication. Lorsqu'on fait bouillir cet alcool avec du toluène et du sodium, il se forme un composé sodique insoluble, qui est très-hygroscopique et qui se résout presque immédiatement par l'eau en soude et en carbinol. Par l'action du perchlorure de phosphore, il se forme un chlorure cristallin instable, qu'on ne peut pas distiller et que l'eau décompose lentement à froid et rapidement à. chaud. Eu mettant le chlorure fondu dans l'alcool absolu, on donne naissance à l'éther

(C6H5J3COC2H8.

Ce dernier forme de petits cristaux peu distincts, qui fondent à 78° et peuvent être distillés lorsqu'on les chauffe avec précaution dans un courant d'air ou de tout autre gaz. Quand on cherche à distiller le chlorure, il se scinde en acide chlorhydrique et diphénylphénylène-méthane

— C«HB

Le diphényl-phénylène-mélhane cristallise dans l'acide acétique en aiguilles soyeuses et brillantes, qui fondent à 138°. Si l'on chauffe le triphényl-carbinol avec de la benzine et de l'anhydride phosphorique, il se régénère de la triphényl-méthane accompagnée de diphényle. L'action de la chaleur sur l'éther chlorhydrique du tryphényl-carbinol et l'action de l'anhydride phosphorique et de la benzine sur le triphényl-carbinol lui-même peuvent être- représentées par les équations suivantes :

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