‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 391 sur 1042 · TR1T · texte numérisé non relu

TR1T

— s. f. Mythol. gr. Déesse marine, analogue aux tritons.

TRITONIE s. f. (tri-to-nt — rad. Irilon). Moll. Genre de mollusques gastéropodes nudibranches, type de la famille des tritoniens, comprenant un grand nombre d'espèces, répandues dans les diverses mers : La tritonik de Homberg, la plus grande espèce connue, se trouve dans la Manche, (E. Baudement.) On connaît fort peu les mœurs (tes tritonies. (A. Rousseau.)

— Bot. Syn. de montbrétie, genre d'iridées. »

— Encycl. Les tritonies ont un corps limaciforme, convexe en dessus, plat et pourvu d'un large disque musculaire en dessous ; deux tentacules rélractiles; la bouche armée de deux mâchoires latérales, cornées, tranchâmes, denticulées sur les bords; des branchies en forme de panaches ou d'arbuscules rangés symétriquement de chaque côté du corps; 1 anus ouvert sur le côlé droit. Les tritonies se trouvent sur les rivages de la mer, dans les endroits rocheux et couverts de plantes marines, sur lesquelles ■ elles rampent comme des limaces; elles ne paraissent pas conformées pour la natation; néanmoins llisso assure qu'elles nagent renversées à la surface de 1 eau. Leurs mœurs, peu connues, se rapprochent probablement no relies des doris. On peut citer la tritonie de Homberg, qui habite la Manche.

TRITONIËN, IENNE ;\dj. (tri-to-ni-nin , i-è-ne). Zool. Qui ressemble ou qui se rapporte au triton ou à la tritonie.

— s. m. pi. Erpét. Groupe de batraciens urodèles, ayant pour type le genre triton.

— Moll. Famille de mollusques gastéropodes nudibranches, ayant pour type le genre tritonie.

TRITOXYDE s. m. (tri-to-ksi-ile — du gr. Irilos, troisième, et de oxyde), Chim. Troisième oxyde d'un métal ou d'un corps, pouvant se combiner avec l'oxygène en plusieurs proportions.

TRlTRAC s. m. (tri-trak). Ornith. Nom vulgaire du traquet.

TRITRI s. m. (tri-tri — onomatop, du cri de l'oiseau). Ornith. Nom vulgaire du bruant proyer.

TRITRILLE s. m. (tri-tri-lle; Il mil.). Jeux. Ancien jeu de cartes qui se jouait à trois : Le TRITRH.LK était un jeu de combinaison et de renvi, gui offrait la plus grande ressemblance avec celui du médiateur. (Maign'e).

TRITROPIS s. m., (tri-tro-piss — du pré/. tri, et du gr. trôpis, carène). Erpét. Genre de reptiles sauriens , de la famille des iguauiens, tribu des stellionides.

TR1TTO (Jacques), compositeur italien, né à Altamura, royaume de Naples, en 1735, mort à Naples en 1824. 11 succéda à son maître, Nicolas Fago, comme directeur du Conervatoire de la Pietà, se montra un partisan déclaré de l'ancien système mélodramatique italien, devint premier maître do la chapelle du roi et fit partie du comité chargé de diriger le collège royal de musique, lors de la fondation de cet établissement. Triito réussit surtout dans la musique d'église. Il composa notamment un Credo à. cinq voix et une grande Messe à huit voix qui sont très-estimés. 11 fut moins heureux dans la musique dramatique. Néanmoins, on cite de lui plusieurs opéras qui furent applaudis en italien : La Yeryine del Soi, Apelle e Campaspe, Il Convilatu de Pietra,! Due gemeiti. Enfin, on lui doit un traité de musique intitulé : Scuota del contrappunto ossia teorica musicale (Milan, 1816, in-4<>).

TRITTYARQUE s. m. (tritt-ti-ar-ke — gr.

trittyarchos ; de tri t tus , nombre trois ; arc/ios , chef). Chef d'une trittye , chez les Athéniens.

TRITTYE s.' f. (tritt-tî — gr. trittua; de trittus, nombre trois). Tiers de la tribu, chez les Athéniens.

— s. f. pi. Sacrifice dans lequel on immolait trois victimes différentes, chez les Grecs.

TR1TUBERCULÉ, ÉE adj. (tri-tu-bèr-ku-lô . — du prêt", tri, et de tubercule). Hist. uat. Qui porte trois tubercules.

TRgTURABLE adj. (iri-tu-ra-ble — rad.

triturer). Qui peut être trituré : Corps, matière~TiuruR\BLE.

TRITURANT, ANTE adj. (tri-tu-ran, an-te — rad. triturer). Qui triture, qui produit la trituration.

— Anat. Surface triturante, Surface des dents molaires qui entre en contact avec la surface des dents opposées, et sur laquelle s'opère la trituration des aliments.

TRITURATION s. f. (tri-tu-ra-si-on — rad. triturer). Action de triturer, de réduire en poudre ou en pale par écrasement : Destinées à diviser les aliments, les dents sont sitsçeptibtes de s'user par ta trituration. (Cuv.)

— Administr. Travail de distribution des dépêches confiées à la poste.

— Physiol. Prétendu travail mécanique de l'estomac qui, d'après les anciens auteurs, réduirait eu pâte les aliments.

— Alchim. Trituration philosophique, Mode particulier de calcination.

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TRITURE s. m. (tri-tu-re). Erpét. Syn. de triton, genre de batraciens.

TRITURE s. f. (tri-tu-re — rad. triturer). Habitude de manier les affaires publiques ou privées : Prendre, avoir la triture des affaires, h Peu usité.

TRITURER v. n. ou tr. (tri-tu-ré — latin triturare, forme redoublée de tero,trivi, tritum, broyer, fouler, qui représente la racine sanscrite lar, traverser, d où aussi le grec teirà, l'ancien slave trieti, le lithuanien triii, le kymrique ton, l'armoricain terri, etc. A la même famille appartient l'irlandais fiornm/i, battage du blé. Les langues germaniques s'y lient île plus loin par leur verbe gothique thriskan, anglo-saxon therscan, ancien allemand drescan, battre le blé, d'où le gothique gathrask, aire, et l'anglo-saxon therscol, ancien allemand dristcU, fléau). Réduire en parties très-menues, en poudre ou en pâte, par écrasement : Triturer des drogues dans un mortier.

— Syn. Triturer, broyer, piler, pulvériser. V. BROYER.

TRITYLEs. m. (tri-ti-Ie). Chim. Troisième terme de la série des radicaux alcooliques monoatomiques gras, n On dit aussi propylk.

TRITYLÈNE s. m. (tri- ti-lè-ne). Chim.

Deuxième hydrocarbure de la série du gaz oléfiant. il Ou dit aussi propylene.

TRIUMFETTE s. f. (tri-on-fè-te — de Trionfetti, botan. ital.). Bot. Genre d'arbrisseaux et sous-arbrisseaux , de la famille des tiliacécs, tribu des tiliées, comprenant plus de soixante espèces, qui croissent dans les régions chaudes.

— Encycl. Les triumfetles sont des arbrisseaux, des sous-arbrisseaux ou des plantes herbacées, couvertes de poils étoiles, à feuilles alternes, pétiolées, entières ou lobées, et à fleurs jaunes, portées sur des pédoncules latéraux ; le fruit est une capsule à plusieurs loges, couverte d'aiguillons crochus. Parmi les nombreuses espèces de ce genre, qui habitent surtout les régions tropicales, on remarque particulièrement la triunifette tapulier ; c'est un arbrisseau à feuilles cordiformes à la base, trilobées et bordées de dentelures inégales. 11 croit aux Antilles et aux Bermudes, où il porte les noms vulgaires de lupulier ou grand cousin. Sa racine a les propriétés de la guimauve, qu'elle remplace ; ses rameaux flexibles sont employés en guise d'osier, et son écorce fournit des tils textiles.

TRIUMVIR s. m. (tri-omm-vir — mot lat.

formé de très, trois, et de tu'r, homme). Hist. roin. Magistrat ou officier public chargé, conjointement avec deux collègues, d'une branche de l'administration : triumvir capital. Triumvir nocturne.

— Hist. de France. Chacun des trois membres de l'association formée entre Duport, Alexandre Lameth et Barnave, puis entre Robespierre, Couthon et Saint-Just.

— Encycl. Hist. rom. Sous le nom de triumvirs pour organiser la république, on désigna à Rome les membres de ces coalitions d'ambitieux qui, à deux reprises, a Rome, s'emparèrent du- souverain pouvoir et dont nous parlerons à triumvirat. Mais en dehors de ces triumvirs qui devaient amener la chute de la république, il existait à Rome un certain nombre de magistrats inférieurs qui remplissaient des fonctions temporaires ou perpétuelles de diverses sortes et qui formaient des commissions de trois membres, ce qui leur faisait donner le nom de triumvirs. Parmi ces magistrats, nous citerons les suivants :

Les triumvirs capitaux, institués à Rome l'an 463 de la fondation de cette ville, étaient élus dans les comices par tribus. Leurs fonctions consistaient à veiller à la garde des prisonniers, à faire exécuter les peines correctionnelles et les condamnations capitules, etc. Ils avaient, en outre, une juridiction particulière sur les gens sans aveu et les esclaves fugitifs.

Les triumvirs épuloits avaient pour principale fonction de préparer et de présider les festins sacrés. V. épulon.

Les triumvirs mensaires étaient des intendants des finances qui furent établis, lors de la seconde guerre punique, pour procurer des ressources au trésor épuisé au. moyen d'emprunts et d'atermoiements.

Les triumvirs monétaires, institués l'an de Rome 507, pour fabriquer la monnaie, étaient nommés annuellement par les comices par tribus et subordonnés aux triumvirs numtnulaires.

Les triumvirs nocturnes, dont l'institution remontait au ï«r siècle de la fondation de Rome, avaient pour-fonction de veiller à la police de la ville pendant la nuit.

Les triumvirs nummutaires étaient des inspecteurs chargés d'examiner la monnaie et d en faire l'épreuve.

Les triumvirs pour choisir te sénat étaient des commissaires extraordinaires, institués par Auguste pour reviser la liste des sénateurs lorsqu'il voulait modifier ce corps.

Entin, les triumvirs pour le partatje des terres étaient chargés d'établir et d'organiser des colonies romaines. Ils étaient nommés, pour un temps variable, par les comices par tribus.

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TRIUMVIRAL, ALE adj. (tri-omm-vi-ral, a-le — lat. triumviralis ; de triumvir). Qui appartient aux triumvirs : Pouvoirs triumviraux. L'établissement de la puissance triumvirale porta un coup mortel à la liberté des liomains. (Acad.)

TRIUMVIRAT s. m. (tri-omm-vi-ra — lat.

triumviratus ; de triumvir). Dignité, fonctions des triumvirs.

— Association de trois citoyens puissants pour envahir toute l'autorité.

— Nom donné par les protestants à l'union -du connétable de Montmorency, du duc de

Guise et du maréchal de Saint-André.

— Nom donné, sous l'Assemblée constituante, à l'union qui existait entre Duport, Alexandre Lameth et Barnave, et, pendant la Convention, à celle qui se forma entre Robespierre, Couthon et Saint-Just.

— Dans l'ancien ordre de Malte, Réunion des trois électeurs auxquels on coudait l'élection du grand maître, et qui se composait d'un chevalier, d'un prêtre chapelain et d'un servant d'armes.

— Fam. Association entre trois personnes.

— Encycl. Dans la république romaine, on a donné ce nom à l'association de trois personnages puissants qui s'emparèrent du gouvernement de la république. Il y eut deux iriuvivirats célèbres.

Le premier triumvirat fut formé l'an 60 avant notre ère, pur César, Crassus et Pompée, pour l'exploitation du pouvoir et des hautes charges de la république. César s'empara pour cinq ans du gouvernement des Gaules et de l'illyrie, Crassus prit celui de la Syrie et Pompée les Espagnes. Crassus mourut bientôt chez les Purlhes. Pompée résida à Rome, se bornant à faire gouverner par des lieutenants les provinces qui lui étaient échues. Quant à César, il se mit à soumettre les Gaules et employa l'argent provenant de ses conquêtes à se faire des partisans dans l'année, le peuple et le sénat. L'ambition démesurée de César ayant amené une rupture entre lui et Pompée, la guerre civile éclata. Ce dernier, battu à Pharsale, fut assassiné en Egypte, et César devint seul maître du pouvoir.

Le second triumvirat se forma l'an 43 av. J.-C.

Après le meurtre ds César, Octave, son fils adoptif, Antoine et Lépide, à la tète d'armées puissantes et aspirant tous trois à la succession du dictateur, jugèrent qu'il était plus prudent et plus sûr de se partager l'empire que de le jouer dans une bataille douteuse. Ils se rencontrèrent dans une petite île du Reno, près de Bologne, délibérèrent seuls pendant trois jours et trois nuits et convinrent de former entre eux, pour cinq ans, un triumuirat, se partageant le monde romain comme une succession paternelle.

Après d'horribles proscriptions (v. ce mot), ils firent légaliser par un semblant de comices l'autorité qu'ils s'étaient arrogée et firent un nouveau partage des provinces. Antoine garda le gouvernement des Gaules, Lépide prit l'Afrique, et Octave s'empara de l'Italie, de la Sardaigne, de la Sicile, etc. Ce dernier employa les forces de Lépide et d'Antoine à écraser à Philippes les derniers défenseurs de la liberté romaine, Brutus et Cassius. L'alliance monstrueuse des triumvirs, toujours incertaine et douteuse, mal entretenue pur de fausses réconciliations, finit par se rompre; la guerre civile déchira de nouveau la république, et la lutte des trois rivaux se termina par la bataille d'Actium (31), dont le gain assura l'empire au plus lâche, mais au plus habile, Octave, qui régna sous le nom d'Auguste.

En France, on a donné le même nom de triumvirat à plusieurs ligues d'ambition formées entre trois personnages puissants, soit pendant les guerres de religion, soitsous l'Assemblée constituante et sous la Convention.

Triumvirat (le), tragédie de Crébillon, en cinq actes et en vers (Théâtre - Français , 1755). Lorsque Crébillon fit jouer le Triumvirat, il était âgé de quatre-vingt-un ans, et ou conçoit facilement qu'à cet âge la verve soit presque épuisée, surtout lorsque l'énergie était la principale corde du talent de l'auteur. La pièce fut sifflée à la première représentation, et le lendemain t le public ine prodigua, dit Crébillon, plus d'applaudissements que je n'en reçus de ma vie a aucune de mes pièces; ou eût dit qu'il se faisait un point d'honneur de protéger un vieux nourrisson qu'il avait paru adopter dès ses premières productions. Malgré les bontés dont il m'a honoré, la cabale n'en a pas moins répandu une foule d'absurdités contre cet ouvrage, jusqu'à dire que c'était un réchauffé de Cromwelt.Je laisse à penser quel rapport il peut y avoir entre le triumvirat et Cromwell. ■

Le plus grave reproche qu'on puisse adresser a. cette tragédie, c'est d'avoir gâté des inspirations et des caractères énergiques par des allures romanesques et des fadaises amoureuses ; d'avoir prête à Cicéron un caractère contraire k la tradition historique. Sextus Pompée, déguisé en chef gaulois, sous le nom de Clociomir, et amoureux de Tullie, tille de Cicéron, veut entraîner le père et la tille au milieu de son camp; d'un autre côté Octave, également épris de Tullie, met la grâce de Cicéron au prix de son amour. Quant au grand orateur, il ne veut pas être sauvé; il s'obstine

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à mourir, croyant que son trépas servira la liberté. Repoussé par Tullie, Octave charge ses serviteurs de faire échapper Cicéron ; mais, gagnés par Fulvie, ils assassinent le grand orateur. Au moment même où on lui annonce ce forfait, Tullie vient lui offrir sa main pour sauver son père; Octaye hésite; soudain, Tullie, qui vient d'apercevoir la tribune aux harangues couverte d'un voile, arrache ce voile et découvre les restes sanglants de son père. Elle se tue en maudissant Octave :

Traître, pour assouvir la fureur qui t'anime. Tourne les yeux... Voilà ta dernière victime I

Faire dépendre de grands événements, tels que la proscription et la mort de Cicéron, de l'amour de Sextus Pompée et d'Octave pour Tuilie, c'est rapetisser leur caractère et violer la vérité historique. Cicéron seul se montre véritablement Romain et n'en est que moins véridique. Le beau rôle, c'est celui de Tullie. Si la fable est faible, en revanche il y a des beautés de premier ordre. Une scène surtout est magnifique : c'est celle où Octave et Sextus Pompée, mis en présence, se mesurent des yeux et échangent des paroles sous lesquelles perce la provocation. De très-beaux vers marquent les principales situations du Triumvirat.

Triumvirat (le), tragédie en cinq actes, de Voltaire (Théâtre-Français, S juillet 1764). L'auteur écrivit en tête de cette tragédie, qui portait sur le manuscrit ce titre : Octave et le jeune Pompée, ces lignes : « Je n'ai composé cet ouvrage que pour avoir occasion de développer dans des notes les caractères des principaux Romains au temps du triumvirat, et pour placer convenablement l'histoire de tant d'autres proscriptions qui effrayent et qui déshonorent la nature humaine, depuis la proscription de ï3,000 Hébreux en un jour, à l'occasion d'un veau d'or, et de 24,000 en un autre jour, pour une fille madianite, jusqu'aux proscriptions des vaudois du Piémont, t Les notes sont en effet aussi curieuses qu'un chapitre de Suétone. Quanta la tragédie elle-même, l'histoire n'y est pas assez scrupuleusement respectée, et cependant les mœurs des Romains du temps du triumvirat y sont représentées avec le pinceau le' plus fidèle. Elle semble plutôt laite pour la lecture que pour la représentation. .

La scène s'ouvre dans l'Ile ou les triumvirs firent entre eux le partage du monde ; ils sont en train de rédiger les tables de proscription et de diviser l'empire. Tandis qu'ils se croient déjà maîtres de l'univers, des mains s'urinent dans l'ombra pour leur châtiment. Fulvie, qu'Antoine vient de répudier, et le fils de Pompée, que la tempête a jeté sur cette lie, concertent leur vengeance. Ils doivent profiter de la nuit pour tuer dans leur tente Octave et Antoine. Comme jadis MuciusScasvola, Pompée se trompe et ne frappe qu'un esclave ; Fulvie est arrêtée avant d'avoir pu consommer le meurtre. Traduits devant Antoine et Octave, ils avouent hardiment leur dessein, et Pompée se trahit par la' fierté de ses réponses. Antoine réclame la mort des coupables; Octave doit la désirer plus vivement que lui encore, car Pompée est doublement son rival, et comme fils du grand Pompée, et comme amant préféré de la belle Julie. C'est la situation de Néron dans Britannicus ; niais Octave agira comme plus tard Auguste avec Cinna. Il fait l'apprentissage de la clémence. Non-seulement il pardonne, mais il uuit J ulie à Pompée, qui sera forcé par son devoir de le combattre, mais qui lui avouera son admiration.

Le sujet est antihistorique, mais bien conçu et bien mené; les caractères sont vigoureusement tracés. II y a de fort belles scènes, surtout au dernier acte, qui n'a que le tortda rappeler un peu trop la clémence d'Auguste. Parmi les passages remarquables, nous cite rons ce portrait d'Octave par Fulvie :

Qui peut connaître Octave? et qUe son caractère Est différent en tout du grand cœur de son père! Je l'ai vu dans l'erreur de ses égarements Passer Antoine même en ses emportements. Je l'ai vu des plaisirs chercher la folle ivresse, Je l'ai vu des Catons affecter la sagesse. Après m'avoir offert un criminel amour, Ce Protée à ma chaîne échappa sans retour. Tantôt il est affable, et tantôt sanguinaire; Il adore Julie, il a proscrit son père; Il hait, il craint Antoine, il lui donne sa secur; Antoine est forcené, mais Octave est trompeur. Ce sont là les héros qui gouvernent la terre; Ils font en se jouant et la paix et la guerre; Du sein des voluptés, ils nous donnent des fers. A quels maîtres, grands Dieux! livrez-vous l'univers !

Et cette réponse de Julie à Octave, qui se

vante d'être le fils de César :

Vous son fils!... ô héros, 6 généreux vainqueur!

Quel fils as-tu choisi! Quel est tun successeur 1

Cé.iar vous a laissé son pouvoir en partage;

Sa magnanimité u'esi pas vo»e héritage;

S'il versa quelquefois le sang du eitoyen.

Ce fut dans les combats en répandant le sien ;

C'est par d'autres exploits que vous briguez l'empire.

Il savait pardonner, et vous savez proscrire;

Prodigue de bienfaits, et vous d'assassinats.

Vous n'êtes pointson iils,jene vous connais pas!

TRIUNIBINAIRE adj. (tri-u-ni-bi-nè-re — du pref. tri, du lat. unus, un, e» de binaire). Miiiér. Se dit d'une variété uont les cristaux résultent de trois décroissements pur une

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rangée, et d'un accroissement par deux rangées.

TRI0N1TA1RE adj. (tri-u-ni-tè-re — du préf. tri, et do unitaire). Miner. Se dit d'une variété dont les cristaux résultent de trois décroissemeius par une rangée.

TR1URE s. m. (ti'i-u-re — du préf. tri, et du gr. aura, queue). Iehthyol. Nom donné à deux genres de poissons, l'un du groupe des murènes, l'autre de la famille des salmonoïdes.

TRKJRIDEs. f. (tri-u-ri-de).Bot. Genre de plantes aquatiques, de la famille des nuïadées, dont l'espèce type croît au Brésil.

TRIVALENT s. m. (tri-va-lan —du préf.

tri, et du lat. valens, qui vaut). Chim. Quantité de trois équivalents.

TRIVALVE adj. (tri-val- ve —du préf. tri, et de vulve). HUt. mit. Qui a trois valves : Fruit trivalvu. Coquille trivalvb.

TRIVALVE, ÉE adj. (tri-val-vé). Hist. nat. Syn. de trivalvh.

TRIVANUERAM ou TR1VANDAPATAM, ville

de l'Indoustan (Dece.in méridional), sur la côte de Malabar, k 22G Icilora. S.-S.-E. de Cochin, près de la mer des Indes; par 8° 29' de latit. N. et 74° 37' de longit. E. Capitale de la province de Travuncore.

TRIVELIN s. m. (tri-ve-lain — nom d'un personnage de l'ancienne troupe italienne). Farceur, baladin, bouffon.

— Chir. Outil dont se sert le dentiste pour extraire les chicots. Il On l'appelle aussi langue DE CARPtë,

TRIVELIN, type de comédie italienne, créé k Paris vers le milieu du xvno siècle. C'est un valet, un espèce d'Arlequin, moins la finesse, et avec une certaine dose de scélératesse en plus. Domenico Locatelli joua, à la Comédie-ltalieifne, ce rôle avec succès en 1653. Cet acteur donna ù l'emploi de Tri vélin le caractère qu'il n'a plus cessé d'avoir, celui d'un valet intrigant. Le second des Trivelins, qui ne le cédait pas en mérite à son prédécesseur, fut Pierre-François Biancotelli, né en 1681. Il joua les Trivelins à Toulouse, à Montpellier, à Venise, à Milan, à Parme, k Mantoue, à Gênes, puis enfin k Paris, dans la troupe du Régent; liiancotelli composait luimême les pièces, où il jouait. Voici quel était le costume traditionnel de Trivelin : veste et pantalon jaune chamois, bordés de triangles d'étoffe verte ; galons* et bordures rouges; croissants et étoiles rouges; boutons de métal ; manteau vert doublé de rouge, bordé de jaune ; chapeau gi is, à queue de lièvre ; ceinture de cuir jaune; souliers de cuir jaune k nœuds rouges ; bas rouges ; masque et mentonnière noirs.

TRIVELINADE s. f. (tri-ve-li-na-de —

rud. trivelin). Bouffonnerie dans le goût de celles de Trivelin :

J'ai huit ou dix trivctinadet

Que je sais sur mon doigt.

La Fontaihe.

TR1VENTO, viHedu royaume d'Italie (Molise), sur une colline au pied de laquelle coule le Trigno, k 37 kilom. N.-O. de Campobasso ; 5,400 liab. Evéché. On y remarque la cathédrale, le palais épiscopal et quelques ruines de l'ancienne Treuentum. Cette ville est trèsancienne et fut l'une des plus importantes des Samnites ; sous les Romains, elle eut le titre de niunicipe.

TU1VETII ou TREVETH (Nicolas), historien et philologue anglais, né vers 1258, mort en 1324. Lorsqu'il eut fait ses études théologiques et philosophiques k Oxford, où il passa son doctorat, et à Paris, il entra dan3 l'ordre des dominicains et devint prieur de son couvent. Trivelh fut un des hommes les plus instruits et les plus laborieux de son temps. Parmi ses nombreux ouvrages de théologie, de philologie et d'histoire, écrits en style barbare, mais qui témoignent de l'étendue de ses connaissances, on cite : des Commentaires sur la Genèse, l'Exode, le Lévitique, les Paralipomènes, les Psaumes; l'Exposition des vingtdeux livres de ta Cité de Lieu ; un Commentaire sur le traité de Boëce, Delaconsolation philosophique; des Aimutesdepuisle commencement du monde jusqu'à Jésus-Christ; des Annales depuis 1136 jusqu'à 1307, formant une intéressante histoire des rois d'Angleterre appartenant à la famille des Plantageuets.

TR1VIAIRE adj. (tri-vi-è-re — du préf. tri, et du lat. via, chemin). .Où aboutissent trois chemins, trois rues : Carrefour triviaire, il Peu usité.

TRIVIAL, ALE adj. (tri-vi-al, a-le — latin trivialis; de trivium, endroit où aboutissent trois chemins, carrefour ; de très, trois; nia , voie, chemin). Extrêmement banal, commun, usé, rebattu ou grossier et bas: Pensée triviale. Façons de parler triviales. Expressions triviales. Calembours triviaux. L'affectation consiste à dire en termes recherchés des choses triviales ou communes. (D'Alemb.) On débite des paradoxes, faute de trouver des vëi'ités gui ne soient point triviales. (Condorcet.)

— Mythol. vom. Qui préside aux carrefours: Dieux TRIVIAUX.

— s. m. Ce qui est trivial : Aimer, rechercher te TRIVIAL.

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— Syn. Trivial, commun, ordinaire, etc.

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