‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 393 sur 1042 · V. Bernard lh Trbvisan · texte numérisé non relu

V. Bernard lh Trbvisan

TRIVIUM s. m. (tri-vioinra — mot lat. formé de très, trois, et de via, route). Nom donné, dans les anciennes écoles, k l'ensemble des trois premiers arts libéraux, savoir la grammaire, la rhétorique et la dialectique.

— Encycl. On sait que les deux cours d'études embrassaient autrefois, dans leur réunion, ce que l'on appelait les sept arts libéraux, à savoir : la grammaire, la rhétorique et ladialectique; l'arithmétique, lagéométrie, la musique et l'astronomie. Les quatre derniers composaient le quadrivium (v. ce mot). Le trivium comprenait les trois arts qui formaient l'ensemble de l'enseignement des belles-lettres : la grammaire, la rhétorique et la dialectique. On imagine facilement ce que devaient être la dialectique et la rhétorique dans des écoles où l'on n'avait d'autre but que d'élever des clercs destinés k l'autel ou k la vie religieuse. Quant k la grammaire, elle se bornait en général à l'étude du latin, et presque toujours du latin d'église. Le ni- «veau de cette étude était tel, qu'à une certaine époque deux des questions proposées k ceux qui demandaient la prêtrise étaient les suivantes : < Comment distingue-t-on le pluriel du singulier? Comment distingue-t-on le genre féminin du genre masculin? » Le grec fut enseigné dans quelques écoles, k la suite de la croisade qui plaça un prince français sur le trône de Constantinople et qui fit connaître, entre autres livres grecs, les textes d'Aristote, de Platon, des Pères de l'Eglise. Toutefois, l'enseignement de cette langue fut très-restreint. En effet, on peut faire remonter à cette époque cette phrase si connue : « Griecum est, non potest legi ; C'est du grec, on ne peut le lire. » — « Ce proverbe, dit Bayle, pourrait avoir tiré son origine de lu coutume des commentateurs. On prétend que, lorsqu'ils tombaient sur un mot grec, ils cessaient d'interpréter et en donnaient pour raison que c'était du grec qui ne pouvait être lu, et après avoir ainsi sauté cette fosse, ils reprenaient l'explication du latin. »

TR1VOCALE s. f. (tri-vo-ka-le — du préf. tri, et de vocale). Gramm. Syn. de triphthongue.

TRIVOLTAIN ou TRIVOLTIN adj, m. (trivol-tain — ital. trivollano; du préf. tri, et de voila, fois). Econ. rur. Se dit de vers k Boie de race japonaise, qui éclosent trois fois dans la même année.

TRIVULCE, en italien TrivuUl, nom d'un ancienne famille italienne, originaire de Milan, où elle existait dès le Xio siècle, et dont plusieurs membres se sont rendus fameux en suivant la carrière des armes au xve et au xvie siècle. Les plus connus sont les suivants :

TRI VULCE (Jean-Jacques), célèbre général milanais, dit le Grand Trivuic*, né k Milan en 144S, mort k Arpajon en 1518. H lit ses

TRIV

premières armes en France avec Galéas Sforza, au service de Louis XI, puis combattit contre les Vénitiens (1483) dans les troupes liguées du duc de Milan et du pape. Ecarté de la cour de Milan par l'inquiète ambition de Ludovic le Maure, il entra au service du roi de Naples et combattit Charles VIII et les Français avec si peu de succès qu'on l'accusa d'avoir trahi la maison d'Aragon. Triv.ulce entra bientôt, en effet, dans 1 armée française, fut chargé de la défense d'Asti, conquit pour Louis XII, et k l'aide des guelfes de Lombardie, la plus grande partie du Milanais (1499). Nommé gouverneur de cette principauté et maréchal de France, il se conduisit comme un chef de faction plutôt que comme un administrateur, souleva tout le pays par ses violences (1500) et prépara ainsi le retour de Ludovic le Maure, qui s'était r^fugfé en Allemagne ; mais il parvint cependant k comprimer 1 insurrection. (1501). Pendant la guerre de la ligue de Cambrai, il se distingua en commandant l'avant-garde à Agnadel (1509), devint commandant en chef de l'année après la mort de Chaumont (1511), eut l'honneur de former au métier des urines Gaston de Foix, dont il continua d'être le conseil lorsque ce princô devint général en chef, surprit Bologne et battit le duc d'Urbin, dont il prit l'artillerie et les bagages. Après la mort de Gaston de Foix (1512), Trivulce redevint commandant en chef de l'armée. En 1513, Asti et Alexandrie retombèrent entre ses mains. Il était aur le point de reconquérir le duché de Milan pour la France et de s'emparer de Maximtlien Sforza lorsqu'il fut battu, peut-être par sa faute, k La Rioute, près de NoVare, et il finit par perdre le Milanais (1513). Sous François 1er, il fut employé de nouveau (1515) et contribua k la victoire de Marignan; mais il échoua devant Brescia et mourut disgracié k Arpajon. Grâce aux libéralités des souverains qu'il avait servis et surtout k ses exuctions? k ses habitudes de pillage, il avait amasse une fortune immense. D une avarice excessive, il lui arrivait cependant de se livrer k des dépenses royales, mais seulement lorsque sa vanité était en jeu. Son corps fut conduit k Milan et déposé dans un tombeau de marbre sur lequel, d'après son ordre, on grava cette inscription -. hic quiescit qui niinquam guievit.

TRIVULCE (Théodore), maréchal de France, neveu du précédent, né vers 1456, mort en 1532. Il entra au service de la France pendant la guerre de Naples (1495), fut un des généraux qui se virent contraints de livrer GaiSte k Gonzalve de Cordoue (1504), mais effaça le souvenir de ce premier revers par Sa belle conduite à Agnadel (1509) et k Ravenne (1512). Appelé au commandement des Vénitiens comme alliés de la France (1515), il s'empara de Brescia, prit part au siège de Parme (1521), fut ensuite chargé par François 1er du gouvernement de Milan (1524) et dut évacuer cette ville lorsque le roi eut été fait prisonnier, Trivulce reçut du roi de France, en récompense de ses services (1526), le bâton de maréchal et le gouvernement de Gênes, mais il s'y laissa surprendra par André Doria (1528). Il mourut gouverneur de Lyon.

TRIVULCE (Antoine), cardinal, frère du précédent, né k Milan en 1457, mort k Rome en 150S. Il devint évêqne de Côme en 1487, fut chargé par Galéas Sforza de missions diplomatiques k Ferrure et k Milan, conduisit k l'empereur Maximilien, en 1493, sa fiancée, Biança Sforza, puis quitta le service de Louis le Maure pour passer k celui du roi de France. Louis XL! l'en récompensa par le titre de sénateur de Milan et en lui faisant obtenir le chapeau de cardinal.

TRIVULCE (Augustin), cardinal italien, neveu du précédent, mort k Rome en 1528.

Grâce k son nom et k ses talents, il arriva rapidement aux plus hautes fonctions de l'Eglise et fut successivement nommé cardinal (1517), archevêque de Reggio (1520), évêque de Bobbio (1519), do Toulon (1524), d'Asti (1528), de Bayeux (1529) et de Brugneto (1535). En 1527, le pape le chargea de commander contre les Napolitains, mais il ne subit que des échecs. Arrêté comme otage, lors du sac de Rome par les impériaux, il futetnprisonné pendant dix.-huit mois. Par la suite, Augustin Trivulce remplit avec succès une mission de conciliation entre François l«r et Charles- Quint. 11 était extrêmement attaché au parti français. Ce prélat, fort instruit, a laissé des lettres imprimées dans divers recueils et dqf documents restés manuscrits. ■

TRIVULCE (Scaramuccia de), cardinal italien, neveu de Jean-Jacques, mort en 1527. Il acquit de la réputation comme jurisconsulte, professa le droit canonique k Pavie, devint conseiller de Louis XII (1499), cardinal (1517), fut nommé par François Ier protecteur de France k la cour de Rome et remplit, de 1522 k 1526, les fonctions d'évéque de Plaisance. '

TRIVULCE (Antoine), neveu du précédent, raorten 1559. Ildevintsuccessivementévèque de Toulon (1528), vice-b-gatkAvignon (1544), cardinal (1557). Le pape, qui lui avait donné la signature de grâce et de justice, l'envoya en 1559 k Paris pour y préparer les préliminaires de la paix qui fut signée k Cateau- Cambrésis.

TRIVULCE (Jean - Jacques -Théodore J,

TRKK

homme d'Etat italien, né en 1597, mort à Pavie en 1657. Il servit avec distinction dans l'année du roi d'Espagne, Philippe III, reçut ensuite la mission de se rendre en Italie pour engager les princes de ce pays à secourir Ferdinand II en guerre avec les Ottomans, et fut récompensé de ses efforts par le titre de prince de l'empire. Ktant devenu veuf, il entra dans les ordres, devint légat dans les Marches, cardinal (1629), puis retourna en Espagne et fut successivement vice-roi de l'Aragon (1643), de la Sicile (1647), de la Sardaigne (1648) , ambassadeur d'Espagne à Home (1653). Il venait d'être nommé capitaine générai du Milanais et se disposait à secourir Valenza, qu'assiégeait le duc de Modène, lorsqu'il mourut dans sa soixantième année. Son petit-fils, Antoine-Théo- DORU, mourut sans postérité en 1678.

TH1XAGO s. in. (tri-ksa-g'o — du gr. trixos, triple). Bot. Section des bartsies, genre de persunnées.

TRIXAGUE s. m. (tri-ksa-ghe). Entom.

Syn. de uyturk ou thkosq.uk, genre d'insectes.

TRIXE s. f. (tri-kse). Etitoin. Genre d'insectes diptères, de la famille des athéri''ères, tribu des muscides, comprenant une dizaine d'espèces, qui habitent l'Europe.

TRIXIDE s. f. (tri-ksi-de — du gr. trixos, triple; eidos, aspect). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des nassauviées, formé aux dépens des perdieions, et comprenant ,plus de trente espèces, qui habitent l'Inde et l'Amérique du Sud. il Syn. de bailliérib et proserpinaque, autres genres de plantes.

TRIXIDE, ÉE adj. (tri-ksi-dé — rad.

trixide). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte à la trixide.

— S. f. pi.' Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des nassauviées, ayant pour type le genre trixide.

TRIX1S s. m. (tri-ksiss). Bot. Nom. latin du genre trixide.

TRIXYLAMINE s. f. (tri-ksi-la-mi-ne).

Chim. Base alcoolique tertiaire qui renferme trois fois le radical de l'alcool tollylique substitué à l'hydrogène de l'ammoniaque.

— Encycl. La trixy lamine ou mieux tritollylainiiie (C8H9)3Az est une base tertiaire à radical alcoolique. Elle prend naissance par l'action de l'ammoniaque sur le chlorure de tollyle ou xylol chloré fait à chaud. On chauffe le xylol chloré bouillant vers 200° au ba n-marie, dans des tubes scellés, avec une solution alcoolique d'ammoniaque. On débarrasse le produit de l'excès d'alcool ammoniacal par la distillation, on le lave à l'eau et on l'additionne d'acide chlorhydrique et d'éther. Ce liquide dissout une huile basique, qui n'a pas été examinée et qui doit renfermer les xylamines primaires et secondaires et qui laisse une masse saline qui est du chlorhydrate de trixylamine (CsH9)3Az,liCl. On peut faire cristalliser ce sel dans l'alcool. Il se sépare des cristaux d'autres sels qui sont probablement des cristaux de chlorhydrate de mono et de dix,) lamine, et il reste finalement une liqueur mère sirupeuse et incristallisable. Le chlorhydrate de trixylamine forme de petites aiguilles brillantes, groupées eoncentriquetnem,, fusibles à 203°-204», insolubles dans l'eau et dans l'éther. La trixylamine séparée de ce sel forme une huile épaisse, dune odeur particulière, plus dense que l'eau ; elle est encore liqude à 15u; elle ne peut pas être distillée avec l'eau. L'azotate de trixylamine forme des faisceaux de petites aiguilles brillantes, fusibles à 122>', peu solublus dans l'alcool à froid, plus sotubles dans l'alcool chaud.

La trixylamine se distingue nettement de la tribeiizylamine, son homologue inférieur, par des propriétés basiques plus prononcées et par le fait qu'elle est liquide, tandis que la tribeuzylaiiiiiie de M. Canuizzar» est solide.

TR1ZEUXIDE s. f. (tri-zeu-ksi-de — du préf. tri, et liu gr. seuxis, junotion). Bot. Genre de plantes, de la famille des orchidées, tribu des validées, dont l'espèce type croît aux Antilles.

TRIZINCIQUEadj.(tri-zain-si-ke — dupréf.

tri, et de ziiwique). Chini. Se dit. d'un sel ziucique contenant trois fois autant de base que le sel neutre correspondant.

TRIZIRCONIQUE adj. (tri-zir-ko-ni-ke — du prel. tri, et ne zirconique). Chim. Se dit d'un sel zirconique contenant trois fois autant de base que le sel neutre correspondant.

TIUZNA, déesse de la mythologie polonaise qui présidait aux funérailles. On avait autrefois, en ce pays, la coutume de brûler les morts, puis on rassemblait les os et les cendres dans des urnes qu'on plaçait le long des routes sur des colonnes. Le maître des âmes s'appelait Villona.

TR1ZONÉ, ÉE adj. (tri-zo-né — du préf.

tri, et uu latin zona, ceinture). Entom. Qui est marqué de trois bandes colorées.

TR1ZONIE s. f. (tri-zo-nl — du préf. trit et du lat. zona, ceinture). Myriap. Syn. d'iir

L1DK.

TRNKA DE KRZOW1TZ, médecin allemand, né à Tabor (Bohème) en 1739, mort en 1791. 11 fit ses études 'médicales à Vienne, où il passa sa thèse de docteur en 1770, L'année

TROC

' suivante, il fut nommé professeur d'anatomîe à l'université de Tyrnau, qui fut transférée à Pesth en 1784. Compilateur très-laborieux, Trnlca a composé les douze ouvrages suivants, dans lesquels il a prétendu résumer l'ensemble des connaissances qu'on pouvait déduire des observations de tous les temps et de tous les pays : De morbo coxorio (Vienne, 1770, in-8°) ; Historia febrium intermittentium (Vienne, 1775, in-8°); Commentarius medicus de tetano (Vienne, 1777, in-8°) ; De diabète commentarius (Vienne, 1778, in-8°); Historia cophoseos et baryecoics (1778, in-8°); Historia amauroseos (178l,in-S°) ; Historia leucorrhez (1783, in-8<>); Historia opUtlialmis (17S3, in -8°); Historia cardialgis " hecticx (1787, in-8<>); Historia rachitidis (1787, in-8<>) ; Historia tympanitidis (1788, in-Su) ; Historia kemorrhoidum (Vienne, 1795, in-S»).

TRO s. m. (tro). Espèce de violon en usage dans le royaume de Siam.

TROADB, nom donné dans l'antiquité à une petite contrée de l'Asie Mineure, située entre l'Hellespont, la mer Egée et le mont Ida. Elle était un-osée par le Xanthe ou Scainandre et le Simoïs, et avait pour capitale Troie.

TROARN, anciennement Doroernia, Troarnum, bourg de France (Calvados), ch.-l. de cant., arrond. et à 15 kilom. de Cuen; pop. aggl., 758 hab. — pop. tôt., 797 hab. Commerce de beurre, volailles, fromages", cidre, etc. En 1022, Roger de Montgommery, vicomte d'Exmès, fonda à Troarn une collégiale que son fils transforma en abbaye quelques années plus tard. L'abbaye de Troarn, qui devint rapidement une des plus riches de la Normandie, fut pillée et ruinée par lord Talbot, sous le règne de Henri V. L'abbaye se releva néanmoins de ce désastre. Fendant les guerres de religion, l'amiral Coligny la livra au pillage (1562) et elle fut définitivement détruite pendant la Révolution. Aujourd'hui les débris des constructions du monastère sont occupés par un dépôt d'étalons. L'église abbatiale a complètement disparu. Le chartrier du monastère est la seule partie qui ait survécu; il a conservé intactes de belles fenêtres qui appartiennent au style du xme ou du xivû siècle. Une vaste salle voûtée, soutenue par un gros pilier cylindrique, s'étend au-dessous de l'appartement que ces fenêtres .éclairent. L'église paroissiale de Troarn, entièrement moderne, présente néanmoins quelques parties des murs latéraux qui semblent appartenir à une époque assez reculée.

TROBRIAPiD (Jacques-Pierre-Romain-Marie-Denis Kkiîdern de), général français, né à Pleubian (Côtes-du-Nord) en 1780, mort en 1867. Après avoir servi pendant quelque temps dans la marine, il entra dans un régiment de hussards, puis fut attaché k l'étatniajor de Davout. Il se distingua à Austerli'.z, puis it Eylau, devint alors capitaine, fît successivemen t la campagne d'Espagne( 18 1 1), celle de Russie (1812), celle de France (1813) et fut promu colonel en 1 8 L4. Sous la Restauration, M. de Trobriand tomba en disgrâce et quitta le service. En 1827, il fit un voyage dans la république de Colombie, où il reçut de Bolivar un excellent accueil. Après la révolution de juillet 1830, il .reçut le grade de général de brigade, obtint un commandement en Algérie, fut ensuite mis k la tête de la subdivision de la Haute-Vienne et passa enfin dans la section de réserve. Il était grand officier de la Légion d'honneur (1847).

TROBRIAND (Régis DE), écrivain français, de la famille du précédent, né en Bretagne vers 1817. Envoyé k Rennes poury faire ses études de droit, il s'y occupa surtout de littérature, dissipa rapidement sa fortune et se rendit, à l'âge de vingt-deux ans, aux Etats- Unis. M. de Trobriand se fixa dans ce pays, épousa k New-York la fille d'un riche négociant et continua ses -travaux littéraires. Au début de la terrible guerre de la sécession, il se prononça pour le maintien de l'union et en faveur du parti antiesclavagiste, prit le commandement des gardes La Fayette, devint bientôt après colonel du 55e régiment de New-York, puis se distingua sous les ordres de Burnside, donna notamment de grandes preuves d'intrépidité k la bataille de Fair Oaks, et fut promu brigadier général dans l'armée fédérale. On lui doit un roman intitulé les Gentilshommes de l'Ouest, des articles de critique insérés dans le Courrier des Etals- Unis et de nombreux articles et études publiés dans le Nouveau-Monde, revue dont il est le fondateur, etc.

TROC s. m. (trok — subst, verbal de troquer). Echange direct d'un objet contre un autre objet, sans intervention de monnaie ou de valeur fiduciaire : Faire un troc. Le commerce de Suéde se fait ordinairement en troc, et les Busses et les Lapons ne font pas de commerce autrement. /.Regnard.) La forme primitive de l'échange, c'est le troc. (F. Bastiat.)

— Troc pour troc, Echange d'une chose contre une autre, sans donner ni supplément ni retour. Il On disait autrefois troc db gentilhomme.

— Encycl. V. échange.

TROC (Michel-Abraham), jurisconsulte et littérateur polonais, né à Varsovie. Il vivait au xvme siècle, s'établit à Leipzig, publia, sous le titre de Bibliotheca polono-poetica (2 vol. in-8°), un recueil soutenant des poé-

TROC

aies polonaises, pour la plupart traduites du latin et du français, fit un Dictionnaire polonais-allemand-français et fut un des éditeurs de V Inventaire des lois et constitutions de Pologne (Leipzig, 1733).

Trocader» (le), un des forts qui protègent Cadix. *

Trocudero (PRISE DU). Le 15 août 1823, le duc d'Angoulême, commandant en chef l'expédition d'Espagne, arrivait sous les murs de Cadix, où s'étaient retirés le roi Ferdinand et les certes, et où s'était également rendue une partie des troupes irrégulières aux ordres de Lopez Banos, ce qui avait porté k 14,000 hommes l'effectif de la garnison. Dès l'arrivée des troupes françaises, une petite presqu'île, connue sous le nom de Troeadero et qui s'avance dans la baie de Puntalès, en face de Cadix, dont elle défendait le port intérieur, parut la position la plus essentielle à emporter. Les assiégés avaient cherché à rendre cette position inexpugnable à l'aide de nombreux travaux : une profonde et large coupure, sorte de canal long de 70 mètres, dans lequel entraient les eaux de la baie, transformait le Trocudero en lie, et derrière ce canal on avait dressé des retranchements armés de 50 bouches à feu et défendus par une garnison de 1,700 hommes d'élite sous les ordres du colonel Garces. Une attaque de vive force était impossible; la tranchée fut ouverte dans la nuit du 19 au 20 août, et dans la nuit du 24 au 25 on était parvenu à établir la deuxième parallèle k 40 mètres du cunal. Lu 29, l'armement de cinq batteries était complété. Pendant tout ce temps, la garnison du Troeadero n'avait cessé de faire le feu le plus vif sans réussir à ralentir en rien l'activité des travailleurs. Le 30 août, à la pointe du jour, nos batteries, se démasquèrent et engagèrent à leur tour une canonnade violente. L artillerie ennemie répondit vigoureusement. A la fin, nos canons cessèrent le feu, et la garnison, trompée par les apparences et convaincue que nous avions éprouvé un grave échec, n'hésita plus k prendre quelque repos. Eu effet, suivant les prévisions et les calculs du colonel I espagnol Garces, un assaut ne pouvait être i tenté que vers trois heures du matin , moment de la plus basse marée et où l'eau conservait encore une hauteur de près de 4 pi -ds. ; Tandis que L'ennemi, trop confiant, apportait à se garder une certaine négligence, ■ quatorze compagnies d'élite, appuyées par j trois bataillons de la garde, par le 34° régi- I ment de ligne et le 3e bataillon du 36' placé 1 en réserve, défilèrent par la tranchée dans le plus grand silence et fuient formés en , une seule colonne, à hauteur de la seconde parallèle. Il leur était ordonné de franchir le canal et de marcher rapidement, sans tirer, aux retranchements. L'obstacle surmonté , les premières divisions devaient se diriger par la droite et par la gauche pour s'emparer des batteries, et le reste de la colonne se porter au delà de l'ouvrage pour agir ensuite selon les circonstances. A deux heures un quart, malgré la profondeur de l'eau qui, dans ce moment, était encore de 4 ou 5 pieds, malgré les chevaux de frise qui garnissaient le pied des retranchements, la colonne traversa le canal sans aucune hésitation et en moins de quinze minutes pénétra dans l'intérieur de l'ouvrage. Le moulin retranché de Guerra, où se trouvait la réserve, fut également emporté, et les quarante-cinq canons qui garnissaient la ligue ', furent à 1 instant tournés contre l'ennemi, i Cependant, les Espagnols avaient battu en retraite dans les maisons situées près de l'embouchure du canal séparant le Troeadero de l'île et du fort Saint-Louis. L'accès n'était possible que par un chemin étroit, sinueux et hérissé d'obstacles ; l'ennemi s'y maintint derrière des retranchements et sous la protection des Ses canonnières et des batteries du fort de Puntalès. A sept heures du matin, un pont volant, jeté sur le canal, permit au duc d'Angoulême d'arriver à sou tour sur le Troeadero avec plusieurs bataillons. Une nouvelle colonne d'attaque , composée du 38 bataillon du 3Ga et du 34« régiment de ligne, appuyée d'un bataillon de la garde, sous les ordres du général Bourdesoulle, fut formée; et, malgré le feu du Puntalès et de la flottille, celui de cinq pièces d'artillerie, de toute l'infanterie et la difficulté du terrain, qui obligeaità traverser divers cours d'eauet marais ayant plusieurs pieds de profondeur, la position de l'ennemi fut emportée et le fort Saint-Louis occupé. Dans cette seconde affaire, le colonel Garces, commandant en chef des troupes chargées de défendre le Troeadero, fut fait prisonnier, ainsi que plusieurs autres officiers supérieurs. A neuf heures, les Français étaient maîtres de la totalité de l'isthme. Leurs pertes, tant avait été rapide l'attaque, ne s'élevaientqu'à 35 tués et 110 blessés. Celles des Espagnols , au contraire , consistaient en 150 tués, 300 blessés, 1,000 prisonniers. A peine 250 hommes parvinrent-ils à se rembarquer. La prise du Troeadero, jusque-là considéré comme imprenable, remplit de stupeur la population de Cadix et détermina vraisemblablement la fin de la guerre. Ce fait d'armes glorieux, malgré la cause déplorable qu'il servait, a été Illustré par un tableau de Paul Delaroche, aujourd hui placé au musée de Versailles. V. l'article suivant. Troeadero (prise Dti), tableau de Paul De-

TROC

laroche ; musée de Versailles. Ce tableau, qui fut commandé par le roi et valut à l'artiste la croix de la Légion d'honneur, a été peint en 1827 et exposé au Salon de peinture de la même année. Il souleva de violentes critiques de la part de la presse. Delaroche avait été obligé de rendre d'imagination l'effet d'un siège dé nuit, des feux de batteries au clair de lune, te tout se mirant dans le cristal des eaux, «enfin, dit M. de.Loménie, quelque chose de fort difficile à inventer pour celui qui ne l'a pas vu. • On voit dans la Prise du Troeadero ressortir tous les petits défauts de la manière de Delaroche : pas d'imagination, détails trop soignés aux dépens de l'ensemble. Nous ne voulons pas répéter ici toutes les choses amères qui furent dites au peintre en 1827 , mais nous sommes obligé de reconnaître qu'on aurait bien dû attendre, pour lui donner la croix, la Mort de la reine Elisabeth, la plus belle et la mieux réussie de toutes ses œuvres; alors, au lien de critiques acerbes qu'on lui prodigua, le public aurait été certainement disposé à le créer d'un seul coup commandeur. Il faut reconnaître aussi que Delaroche comprit qu'il lui fallait justifier la distinction dont il était l'objet, et qu'il eut le bonheur de riposter à ses détracteurs par une série de chefs-d'œuvre, et surtout par son fameux Hémicycle. La Prise du Troeadero a une hauteur de 4m, 05 sur une largeur de 5™, 28. Comme nous l'avons dit, elle appartient au musée de Versailles et n'a jamais été gravée.

TROCART s. m. (tro-kar) — corrupt. de trois et de carre). Chir. Instrument propre» faire des ponctions. Il On dit aussi tuois-

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