QUARTS
— Encycl. Le trocart est un instrument perforateur destiné non-seulement à la ponction des cavités distendues par des fluides, mais encore à récoujeitie.it des fluides que ces cavités renferment. L&tractirt est le moyen le plus ordinaire des diverses espèces de paracentèse; il offre le double avantage de la célérité dans l'opératiou et du ménagement le plus grand possible des parties k travers lesquelles il doit être dirigé. Le trocart pénètre en écartant les tissus bien plutôt qu'en les divisant, de sorte que rarement il est la cause de ces hémorragies que les instruments tranchants produiraient souvent et dont la suspension causerait un grand embarras dans certaines circonstances, en raison de la profondeur à laquelle seraient placés les vaisseaux intéressés. Tel qu'on le fabrique aujourd'hui, le trocart se compose de deux parties, le poinçon et la canule. Le poinçon est une lige d'acier cylindrique, terminée par une pointe triangulaire tres-acôrée et surmontée d'un manche ou poignée d'ébène disposée en massue et parfaitement arrondie k son extrémité. La canule est un tube cylindrique comme la tige, exactement remplie par celle-ci, surtout du côté de la pointe, et terminée vers le manche du poinçon par une gouttière destinée à diriger le liquide et à l'empêcher de souiller le lit ou les vêtements du malade que l'on opère. La gouttière de la canule du trocart doit avoir une forme calquée sur celle du manche du poinçon, afin de recevoir celui-ci exactement. Dans un bon trocart, le poinçon n'est pas trop effilé à son extrémité; la ennuie doit se terminer sur lui à l'endroit précis où commencent les trois pans de sa pointe, et celle-ci doit dépasser la canule de 3 lignes seulement. Certains trocarts ont leur canule inarquée d'une rainure supérieurement, pour permettre l'issue d'une petite quantité de liquide et pour avertir le chirurgien qu'il est justement parvenu' dans la cavité qu il veut évacuer, Cette modification n'obtient que rarement son but, parce que les parties tendues sur la canule de l'instrument la pressent d'une manière trop forte; en outre, elle est nuisible dans les trocarts à hydrocèle, parce qu'elle peut faciliter l'infiltration du liquide injecté dans le tissu cellulaire des bourses. On doit avoir des trocarts de diverses longueurs et de différentes directions. Les trocarts destinés à la paracentèse abdominale doivent être longs, parce que chez certains individus très-gros les parois abdominales ont beaucoup d'épaisseur. La ponction de la vessie par le périnée, si cette paracentèse n'était rayée de la liste des opérations rationnelles, nécessiterait un trocart d'une longueur encore plus considérable. Les ponctions de la vessie au-dessus du pubis, ou celle par le rectum, suivant la méthode de Fleurant, ne peuvent être faites qu'avec des trocarts courbes. On a encore des trocarts très-fins pour les cas où l'on veut tenter une ponction exploratrice, lorsque le diagnostic de certaines tumeurs, -de certaines hydropisies n'est pas établi d'une manière assurée. Quoi qu'il en soit, que le trocart soit long ou court, gros ou fin, qu'il soit droit ou courbé, voici comment on le fait agir : le chirurgien le saisit avec la main droite; iHe tient, avec le pouce et le médius, près de son manche ; le manche est appuyé contre le milieu de la paume de la main par les deux derniers doigts de celle-ci; l'index est étendu sur la canule et fixé sur elle à une distance variable de ia pointe de l'instrument, de manière k déterminer la portion de celui-ci qui doit pénétrera travers les parties. Les choses étant en cet état, le lieu sur lequel on doit agir et la direction suivant laquelle il convient de porter l'instrument étant
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déterminés, la peau est tendue avec la main gauche; l'opérateur applique sur elle la pointe du trocuri, et d'un seul coup, à l'aide d'une forte pression, il traverse les parties qui lui sont opposées. Le défaut de résistance que l'on éprouve après avoir vaincu l'effort opposé par les organes extérieurs avertit qu'on est arrivé au milieu du liquide; alors, la canule étant saisie et retenue avec le pouce et l'indicateur de la main gauche, de la droite on retire le poinçon de l'instrument, et le liquide s'écoule au dehors. Pour retirer la canule, lorsqu'on juge que sa présence est désormais inutile, il faut, d'un côté, retenir la peau près de la canule, tandis que, de l'autre, on attire celle-ci au dehors. En général, il y a avantage, lorsque des circonstances spéciales ne s'y opposent point, à se servir de trocarts gros, parce qu'on risque moins de voir leur canule se laisser obstruer par les flocons pseudo-membraneux qui flottent souvent au sein des liquides que l'on veut évacuer avec cet instrument.
TROCHAÏQUE adj. (tro-ka-i-ke — rad.
trochée). Metriq. Se dit d'un vers grec ou latin principalement composé de trochées :
Vers TROCHAÏQUK.
— s. m. Vers principalement composé de trochées : Un trochaïque.
TROCHALE s. m. (tro-ka-le — du gr. trochatos , arrondi), Eotom. Genre d'insectes coléoptères pentnmères, de la famille des lamellicornes, tribu des scarabées phyllophages, formé aux dépens des omalopiies, et comprenant sept espèces, qui habitent l'Afrique, il Syn. de cybistrk, autre genre d'insectes.
TROCHALONOTE s. m. (tro-ka-lo-no-te — dugr. trochalos, urrondi ; nâtos, dos). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des cycliques, tribu des chrysomèfes, dont l'espèce type vit au Brésil.
TROCHANTER s. m. (tro-kan-tèr — du gr, trochazà , je tourne). Anat. Nom de deux tubérosités où s'attachent les muscles qui font tourner la cuisse : Grand trochanter. Petit
TROCUANTER. *
— Crust. Seconde pièce de la patte simple des crustacés.
— Entom. Second article des pattes postérieures d'un insecte.
— Encycl. Anat. On désigne sous le nom de troclianters deux tubérosités que présente l'extrémité supérieure du fémur etquiservent à l'insertion des muscles rotateurs de la cuisse. Le grand trochanter est une éminence volumineuse située en haut, en dehors et un peu en urriere du fémur, qui la supporte. Elle se termine iuférieurement par une crête osseuse à laquelle s'attache une portion du triceps. Les sept muscles auxquels cette apophyse donne insertion sont : le moyen fessier, le petit fessier, le pyramidal, l'obturateur interne et les jumeaux réunis, l'obturateur externe, le eairé et le vaste externe du triceps fémoral. Le petit trochanter est une éminence conoïde située en dedans, en arrière et à la base du col du fémur, donnant .attache au tendon du muscle psoas-iliaque.
TROCHANTÉBIEN, IENNE adj. (tro-kanté-ri-ain, i-è-ne — rad. trochanter). Anat. Qui appartient au trochanter.
TROCHANTIN s. m. (tro-kan-tin — rad.
trochanter). Anat. Petit trochanter.
— Entom. Petite pièce du thorax des insectes.
TROCHANTINIEN, IENNE adj. (tro-kanti-nt-aiu, i-è-ne — rad. trochantin). Anat. Qui appartient au trochantin.
TROCHÉE s. m. (tro-ché, et non tro-kée comme fait prononcer l'Académie, contrairement à l'usage général — latin trochmus, grec trochaios, de trochos, course; ce pied est ainsi nommé à causa de sa rapidité; le grec trochos vient du verbe trechà, courir, d'où aussi trochos, roue, trochis, coureur. Ces formes ont évidemment la même origine que le gothique ihragjun, couiir,et l'anglo-saxon thrah, cours du temps. Pott et Bopp croient que la racine est le sancrit tarksh, que l'ou trouve dans Westergaard avec la signification d'aller, se mouvoir, et que l'on trouve aussi sous la forme starksh avec la même signification. Grimm et Benfey croient que ces formes sont de la même famille que le grec tachus, prompt, avec un r intercalaire. Curtius repousse ce • rapprochement). Métriq. anc. Pied de vers de deux syllabes, une longue et une brève.
— Encycl. Le trochée (" *) était le contraire de l'ïambe {""). L'équivalent de l'un et de l'autre était le tribraque ( " " v). Le trochée avait surtout sa place dans les morceaux de poésie vifs et animés, dans les marches guerrières, dans certains airs de danse
Le trochée était seul employé dans les vers troehaïques purs, et il était la base de tous les systèmes troehaïques. Il était rigoureusement proscrit des vers ïambiques, ou il aurait entièrement rompu la mesure, mais il était admis dans plusieurs autres sortes de vers. Dans le saphique grec, les trois premiers pieds étaient des trochées; dans le saphique d'Horace, un spondée remplaça le trochée du second pied. Le phalécien se terminait par trois trochées. Le vers choiïatnbique avait pour base le pied chorïambe , qui n'était pas autre chose qu'un trochée uni à l'ïambe. Le eniti 0,110 téirainèlre rutnlectique se tenui-
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naît par un trochée. L'ithyphallique était composé de trois trochées. En grue, le trochée, dans l'hexamètre héroïque , faisait césure après le second pied. Cette césure, est fréquente chez Homère, où l'on voit, par exemple :
'E£ ou Stj xà lïpûta [ £LCKrnitTiv IpLffttVTe.
On le trouve chez les anciens poètes latins, avant que le vers hexamètre eût acquis toute sa sévérité, et plus tard dans les genres où était permise une versification plus négligée. Ainsi, chez Horace :
Fosl ingenlia fac'a, | denrum m templa recepti. Cette césure trochaïque, même unie à la césure trihémimère ou à la césure hephthémimere, fut rejetée en général au siècle d'Auguste , à moins qu'on ne voulût produire des effets par une cadence exceptionnelle. Par exemple, chez Virgile :
Littora deseruere ; | tatel sub clastibw xquor... Et chez Ovide :
Funda iacit ; volât illud; ] et incandesp't eundo... Pour que la césure trochaïque devînt excellente, il fallait l'unir en même temps à la césure trihémimère et à la césure hephthémimère. C'est une cadence fréquente chez les poiHes lutins de la belle époque, et qui est devenue plus fréquente encore dans les siècles suivants :
Aerim fvgere grues.
Virgile.
Dumque sitim sedare cupit.
Ovide.
Lueentes lurbavit equos.
Stacb.
Inferni rapteris equos.
Claudien, Le synonyme du mot trochée était, en latin, rotafitis (qui est rapide comme le mouvement d'une roue). Les Grecs disaient aussi chorée, ce qui signifiait « convenable à la danse. »
TROCHÉE s. f. (tro-ché). Sylvie. Ensemble des tiges ou brins qui repoussent de la souche d'un arbre recepé à sa base. 11 L'Académie fait à tort ce mot masculin.
TROCHÈRE s. f. (tro-chè-re). Bot. Syn.
d'iiiiRARTK, genre de graminées.
TROCHEREAO s. m. ( tro-che-ro ). Bot.
Nom vulgaire du pin des marais.
TROCHEHEAU DE LA BERL1ÈHE (Jean- Arnold), littérateur, né h Paris en 1718, mort vers la fin du xvmo siècle. Il remplit diverses fonctions administratives et employa ses loisirs à la culture des lettres. L'Académie de Rouen le reçut au nombre de ses membres. Au début de la Révolution, Trochereau, déjà avancé en âge, se retira dans un des faubourgs de Paris, où il vécut obscur, ignoré, paisible, ne voyant qu'un petit nombre d'amis sûrs. On ne sait pas au juste la date de la mort de ce solitaire studieux et modeste qui n'a pas attaché son nom à toutes ses productions. Nous citerons de lui : Choix de différents morceaux de poésie (Paris, 1749, in-12), traduits fidèlement et élégamment de plusieurs poètes anglais, Dryden, Pope, Spencer, etc.; la Spectatrice (Paris, 1750, % vol. in-12), traduction abrégée avec goût du Spectateur féminin d'Klisa Haywood; Histoire naturelle du thé, aoec des observations sur ses qualités médicales et les effets qui résultent de son usage (Paris, 1773, iu-12), traduction estimée de l'intéressant ouvrage du médecin et philanthrope anglais Jean Cockley Lettsom,
TROCHES s. f. pi. (tro-che). Chasse. Puînées à demi formées des bêtes fauves.
TROCHET s. m. (tro-chè. — Ce mot pourrait bien être de la famille de l'allemand traube, grappe, ancien haut allemand drupo, dont il serait venu par l'intermédiaire d'une forme drupea, trupea. Quelques dialectes allemands présentent la forme trauch. Il se pourrait aussi que trochet fût une transposition de torchei, diminutif de torche, et signitiât proprement un faisceau). Hortic. Fleurs ou fruits qui croissent par bouquets : Tito- CHKT de fleurs. Trochkt de poires.
— Techn. Billot de bois à l'usage du tonnelier.
— Bot. Nom vulgaire d'une espèce de pin originaire d'Amérique.
TROCHÈTE s. f. (tro-chè-te — du gr. trochos, disque). Annél. Genre d'annêlides, de la famille des hirudinees, dont l'espèce type habite la France : Les TROCHETES vivent dans l'eau, mais elles en sortent fréquemment. (P. Gervais.)
TROCHÉTIE s. f. (tro-ché-tî — de Dulrochet, physiologiste français). Bot. Genre d'arbres, de la famille des byltnériacêes, tribu des dombéyaoées, comprenant trois espèces, qui croissent a Madagascar et à l'Ile de la Réunion.
— Annél. Syn. de trochete, genre d'annêlides.
TROCHIDE adj. (tro-ki-de). Moll. Syn. de
TROCHOÏDli.
TROCHIDON s. m, (tro-ki-don — du gr.
trochos, toupie ; odous, dent). Moll. Genre de mollusques gastéropodes peciinibranches, de la famille des trochoïdes.
• TROCHIE s. f. (tro-kl — du gr. trochos,
TROC
toupie). Moll. Genre de mollusques gastéropodes, du groupe des pourpres.
TROCHIFORME adj. (tro-ki-for-me — du gr. trochos, toupie, et de forme). Hist. nat. Qui ressemble à une toupie.
TRO.CH1LE s. m. (tro-ki-le — du gr. trochilof, nom d'un oiseau ; en termes d'architecture, la nacelle, partie di la base d'une colonne, probablement de trechà, courir. Archit. Ornement creux d'architecture.
— Ornith. Nom donné par les anciens à un oiseau d'Egypte qui n'est pas connu aujourd'hui d'une manière certaine.
TROCHILÉ, ÉE adj. (tro-ki-lé). Ornith.
Syn. de trochilidé.
TROCHIL1DÉ, ÉE adj. (tro-ki-li-dé — du lat. trochilus, nom scientifique du colibri, et du gr. eidos , aspect). Ornith. Qui ressemble ou qui se rapporte au colibri.
— s. f. pi. Famille de passereaux, comprenant les genres colibri, oiseau-mouche, etc.
TROCHILIE S. f. (tro ki-ll — gr. troehilos, nom d'un oiseau). Entom, Syn. de sr:siK, genre d'insectes lépidoptères crépusculaires.
TROCHILINÉ, EE adj. (tro-ki-li-né — du lat. trochilus, colibri). Ornith. Qui ressemble au colibri.
— s. f. pi. Tribu de la famille des trochilidées, ayant pour type le genre colibri.
TROCHILITE s. m. (tro-ki-li-te — du gr. trochos, roue; lithos, pierre). Moll. Nom donné à des coquilles trochoïdes fossiles.
— Echin. Nom donné à des articulations de tiges d'encrines.
TROCHILLE s. f. (tro-ki-le — dimin. du lat. trochos, toupie). Moll. Genre de mollusques gastéropodes pectinibranches, de la famille des capuloïdes.
TriOCHIN s. m. (tro-chain — du gr. trochos, roue). Anat. Nom de l'une des tubérosités supérieures de l'humérus.
TROCHINIEN, IENNE adj. (tro-chi-ni-ain, i-è-ne — rad. trochin). Anat. Qui appartient au trochin.
TROCHISCANTHE s. m. (tro-chi-skan-te
— du gr. trochiskos, petite roue; cniAos, fleur). Bot. Genre de plantes, de ta famille
. des ombellifères, tribu des séséiinées, dont l'espèce type croît dans le midi de l'Europe.
TROCHISCAT10N s. f. (tro-chi-ska-si-on
— rad. trochisque). Pharm. Division d'une pâte en trochisques.
TROCHISQUE s. m. (tro-cht-ske — gr.
trochiskos, rondelle ; de trochos, roue).'Pharm, Médicament solide, sans sucre, de forme allongée , dans la composition duquel on fait entrer une ou plusieurs substances sèches, réunies par un mucilage, un suc végétai ou de la mie de pain.
— Comm. Petit tas de couleur broyée, séchée et collée sur un papier blanc.
— s. m. Arachn. Genre d'arachnides, de l'ordre des acariens.
— Bot. Genre d'algues microscopiques, de la tribu des tlesmidiées ou îles protococcées, comprenant une demi-douzaine d'espèces, qui croissent dans les eaux douces.
— Encycl. Pharm. Les trochisques sont des médicaments desfinés à l'usage externe. Ils sont formés de substances escharotiquea. Il n'entre dans leur composition ni miel m extrait. Ils ont une forme conique. Pour les préparer, on fait, avec les poudres et un mucilage, une pâte que l'on divise ensuite et qu'on moule. Cette forme pharmaceutique, employée souvent autrefois, est maintenant presque abandonnée. On se sert cependant encore de quelques trochisques eschai oiiques, surtout de ceux de minium, qui renferment, en outre, du sublimé corrosif, de l'oxyde de plomb, pour ouvrir des bubons vénériens, des tumeurs serofuleuses, etc. Autrefois on donnait aussi le nom de trochisques à ne* préparations qui ne différaient des tablettes que par l'absence du sucre. Les plus célèbres étaient les trochisques de vipère cyphios, d'hedicroï, de kurabé, de myrrhe, U'alkékenge, de blanc rhazès, de cachou, d'alhandal.
Voici, d'après le Codex, la formule des trochisques escharotiques : 1 partie de sublimé corrosif, 2 d'amidon en poudre et gomme adraganle. Voici celle des trochisques escharotiques de minium :
Oxyde de plomb rouge 4 gr.
Sublimé corrosif 8
Mie do pain sèche pulvérisée. 3S Eau distillée en quantité convenable.
On fait une pâte, puis on divise cette pâte en grains pesant ogr,i5 chacun, auxquels on donne la forme de grains d'avoine. Ces grains sont les trochisques.
TROCHISQUER v. a. ou tr. (tro-chi-ské — rad. trochisque). Pharm. Mettre en trochisques : La préparation des substances que ta' nature a pris soin de porphyriser se borne à les purifier et à les trochisqukr. (Parmentier.)
TROCHITE s. m. (tro-ki-te). Zool. Syn. de
TROCHIUTB.
TROCHLÉAIRE adj. (tro-klé-è-re — du lat. trochlea, poulie). Hist. nat. Qui ressemble à une poulie ou à une bobine.
TROCHLÉATEUR s. m. (tro-klé-a-teur —
TROC
du lat. trochlea, poulie). Anat. Un des muscles de l'œil.
— Adjectïv. : Muscle trocblêateor.
TROCHLÉE s. f. (tro-klà — du lat. trochlea, poulie). Anat. Eminence articulaire que présente en dedans l'extrémité inférieure de l'humérus. Il Surface rotulienna du fémur. Il Petit cartilage qui sert comme de poulie de renvoi au muscie grand oblique de l'œil.
TROCHOCARPE s. in. (tro-ko-kar-pe — du gr. trochos, toupie; karpos, fruit). Bot. Genre d'arbres, de la famille des épacridées, tribu des styphéliées, dont l'espèce type croît en Australie.
TROCHOCÉRAS S. m. (tro-ko-sé-rass — du gr. trochos, roue; keras, corne). Moll. Genre fossile de la famille des nautilides.
TROCHOCOCHLÉE s. m. (tro-ko-ko-klé — du lat. trochus, troque; cochlea, escargot). Moll. Genre de mollusques gastéropodes pectinibranches, qui correspond à peu près aux monodontes.
TROCHODENDRE s. m. (tro-ko-dan-dre — du gr. trochos, toupie; dendron, arbre, par allus. à la forme du fruit). Bot. Genre d'arbres, de la famille des magnoliacées, dont l'espèce type croit au Japon,
TROCHODON s. m. (tro-ko-don)..Moll. Syn.
de TROCHIDON.
TROCHOÏDE adj. (tro-ko-i-de — du gr.
trochos, roue ; eidos, forme). Qui a la forme d'une roue tournant sur son axe, comme une toupie.
— Anat. Articulation trochoïde, Articulation dans laquelle un os tourne sur un autre.
— s. m. Géom. Figure eourbe et renflée, représentée par une corde en vibration. Il On l'appelle aussi fuseau.
— s. m. pi.' Moll. Famille de mollusques gastéropodes pectinibranches, ayant pour type le genre troque.
— s. f. Géom. Cycloïde ou roulette.
— Encycl. Anat. On appelle ainsi, en anatomie, une variété d'articulations qui présente les caractères suivants : 1° du côté des surfaces articulaires, un cylindre osseux et un anneau ostéo-rtbroux, dans lequel le cylindre osseux tourne sur son axe; 2° du coté des moyens d'union, un ligament annulaire qui entoure le cylindre osseux ; 3» du côté des moyens de glissement, une synoviale cir> culaire; 4° du côté des mouvements, la rotation. Les articulations trochuïdes sont les articulations atloïdo-odontoïdieune et radiocubitale.
— Moll. Les mollusques de la famille des trochoïdes sont munis de deux tentacules contractiles, ont les yeux pédoncules à leur basa externe et le manteau dépourvu de siphon. La coquille, très-variable dans sa forme, a une ouverture entière, à bords quelquefois désunis, niais ne formant pas de canal et n'ayant que très-rarement un sinus à sa partie antérieure; elle a toujours ou un opercule ou un organe qui le remplace. Quelques-uns de ces mollusques habitent les eaux douces, mais la plupart sont marins. Cette famille trcs-nonibreuse est devenue un sous-ordre, subdivisé à son tour en plusieurs familles distinctes. Elle renferme les genres navicelle, nerite, jaiithine, troque, scalaire, pa- Induie, littorme, monodonte, tuèlituie, actéon, ampullaire, phasiauelle, etc.
TROCHOÏDE, ÉB (tro-ko-i-dé). Moll. Syn.
de THOCHOÏDK.
TROCHOIDÉE s. m. (tro-ko-i-dé — rad. trochoïde). Eiiioin. Uenre d'insectes coléoptères trimères, tribu des endoinjcludes, comprenant quatre espèces, dont le type habite la Colombie.
TROCHOPSIS s. m. (tro-ko-psiss — du gr. trochos, roue; opsis, aspect), l'olyp. Syn. de TORBiKOLOPSK, genre de polypiers.
TROCHOSÉRIDE s. f. (tro-ko-sé-ri-de — du gr. truc/iuo, roue; seris, chicorée). Bot. Goure do plantas, de la famille oes uoniuosces, tribu des chicoracees, dont l'espèce type croît au Chili.
TROCHOST1GME s. m. (tro-ko-sli gnie — du gr. truchos, roue; stiyma, stigmate). But. Genre d'arbrisseaux, de 1» faunlie des iliencces, comprenant six espèces, qui croissent au Japon,
TROCHOTOME s. in. (trû-cho-io-ine — du gr. trochos, roue ; tome, section). Moll. Genre de mollusques gastéropodes, comprenant plusieurs espèces fossiles des terrains jurassiques.
TR0CI1U (Louis-Jules), général et homme politique français, né dans le Morbihan le 12 mars 1S15. Il est fils d'un ancien intendant militaire. Elève de l'Ecole de Saint-Cyr, puis de l'Ecole d'état- major , il fut envoyé eu Afrique et promu lieutenant en 1840. L'année suivante, le lieutenant Trochu fut cité à l'ordre de l'armée pour sa conduite aux combats d'Agbet-Kredda et d'Iil-boidj. Promu capitaine en 1843 et attache comme aille de camp à Lnmoricière, il se signala ue nouveau au combat de Sidi-Yusuf, livre k Abd-el- Kader (1S43), et se conduisit si bri.Uuimteut h la bataille u'isly (1844J, que le maréchal Bugeaud l'attacha à son etut-major et le recommanda particulièrement à Louis- Philippe comme un homme d'une enpacité hors ligne (3 juin IS-ifi). Au mois d'août suivant M. Tro-
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chu devint chef d'escadron. De retour en France, il fut nommé officier d'ordonnance du président de la république, Louis-Bonaparte (1S4S) ; mais il refusa cette position et demanda k être attaché, comme aide de camp, à son beau-frère; le général Neumayer. Dans une revue qui eut lieu à Sutory (1850), Neumayer ayant refusé de donner à ses troupes l'ordre de crier : « Vive l'empereur! » fut mis en disponibilité, et le chef d'escadron Trochu se vit frappé de la même mesure. Toutefois, en janvier 1851, il reçut le grade de lieutenant-colonel.
Lors du coup d'Etat du 2 décembre 1851, qui devuit avoir de si désastreuses conséquences pour la France, M. Trochu ne vit pas sans douleur le rôle joué par l'armée dans ce guet-apens politique, et dans une lettre qu'il écrivait le 15 décembre il disait : ■ Aujourd'hui, je vous affirme que, à moins que la Providence ne change par quelque faveur spéciale le cours de vos destinées, l'édifice où vous allez vous abriter s'écroulera sur vos tètes et vous écrasera. • Lors du vote qui eut lieudans l'armée au sujet du rétablissement de l'Empire, il n'hésita point k mettre un non sur le registre où l'on avait voulu que chaque officier inscrivît et signât son vote. Toutefois , le pouvoir,- qui tenait k s'attacher M. Trochu, le nomma colonel en janvier 1853 et général de brigade au début de la guerre d'Orient (novembre 1854). On lui offrit le poste de chef d'état-major de l'armée, qu'il refusa. Devant Sébastopol, il fut grièvement blessé sur les retranchements de l'ennemi k l'assaut du bastion central (1855). A son retour en France, on lui offrit la situation de chef du personnel au ministère de la guerre. « Toutes les idées appliquées heurtent violemment mes sentiments, répondit-il j je ne puis accepter ce qu'on me propose. » Nommé général de division le 4 mai 1859, il fit partie du 36 corps de l'année d'Italie et fut mis à l'ordre du jour pour la grande part qu'il prit au succès du combat de Ponte-Veechio-di- Mentana (5 juin) et k celui de la bataille de Solferino (24 juin). Cette même année, le général Trochu fut nommé inspecteur général de l'infanterie, et ce fut sur son refus que l'on confia le commandement de l'expédition de Chine au général Cousin-Monlauban. Le chef de l'Etat ayant, vers cette époque, envoyé une somme de 20,000 francs à la belle-sœur du général, qui avait k sa charge la veuve de son frère et onze enfants, celui-ci s'empressa de rapporter la somme aux Tuileries. Le 12 août 1861, M. Trochu fut nommé grand officier de la Légion d honneur, puis il devint membre du comité consultatif d'étatmajor.
Depuis longtemps, le général Trochu avait été frappé des nombreux abus qui régnaient dans l'année et de sa mauvaise organisation. Ce fut pour exposer ses idées à ce sujet qu'il publia, sans nom d'auteur, l'Armée française . en 1867 (1867, in-18). Ce remarquable ouvrage, qui eut un grand retentissement et dix éditions dans l'année, le lit tomber en complète disgrâce.
Lorsque éclata la funeste guerre de 1870, le général Trochu sollicita le commandement d'une division k l'armée du Rhin. Cette fois, Ce fut lui qui éprouva un refus. On se borna à lui donner un commandement dans le midi de la France. Ne se faisant aucune illusion sur l'organisation et l'état de noire armée, il n'avait point caché ses vives appréhensions. .Dans une pièce plus tard rendue publique et qu'il appela son testament, le général consigna, au jour le jour, k partir du 20 juillet jusqu'à la capitulation de Sedan, ses impressions militaires et politiques sur les événements et montra dans ses prévisions une singulière sagacité. Dès le début, il blâme cette guerre, entreprise « sans cause appréciable, sans examen suffisant, par un imprévu coup de tête, alors qu'il fallait que la France eût cent fois raison devant le monde, i Et il ajoute : « Tout indique qu'une coalition morale des nations se prépare contre nous. Mais ce qui remplit mon âme de douloureux pressentiments, c'est que l'armée n'est pas aussi prête qu'on le dit a courir les hasards d'une telle entreprise. » Le général Trochu allait partir pour le Midi lorsqu'il apprit, le 23 juillet, qu'on lui léservau le commandement d'un corps d'armée, destiné k opérer de concert avec le Danemark sous les ordres supérieurs du prince Napoléon. Mais dans l'état de désorganisation générale où se trouvaient l'année et la Hotte, ce projet de diversion était une pure chimère, Rien n'avait été préparé pour l'expédition, lorsque arrivèrent k Paris les nouvelles de nos premiers revers. Le 12 août, le général Trochu fut nommé commandant du 12« corps d'armée, devant être formé k Châlous avec, l'infanterie de marine et la garde nationale mobile parisienne, qui ne savait pas encore l'usage de son arme. 11 accepta, après avoir refusé le portefeuille de la guerre lors de la chute du cabinet Ollivier, et se rendit à Cbâlons. Là, dans un conseil de guerre tenu le 16,devautNapoléon III, il fut décidé qu'on abandonnerait le camp de Ohàlous pour se replier sur Paris, que l'armée de Metz recevrait l'ordre de rétrograder sans délai vers la capitale, et, sur la proposition du prince Napoléon, le général Trochu fut nommé, le 17, gouverneur de Paris et commandant en chef de toutes les forces chargées de pourvoir k la défense de la capitale. En même temps, Napoléon ÏII lui
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adressait une lettre dans laquelle il lut recommandait de prendre toutes les dispositions nécessaires en attendant son arrivée à Paris. Le général partit aussitôt et se rendit aux Tuileries auprès de l'impératrice régente. Celle-ci l'accueillit en lui disant : « Si nous rappelions les princes d'Orléans? — Madame, lui répondit M. Trochu, dans les circonstances actuelles, si les princes rentraient à Paris, il ne vous resterait qu'à en sortir. » Il lut alors à la régente un projet de proclamation dans laquelle se trouvait cette phrase : ■ L'empereur, que je précède de quelques heures, m'a nommé gouverneur de Paris. » L'impératrice, l'interrompant vivement, lui dit :
• Effacez ce qui concerne l'empereur; l'empereur ne reviendra pas à Paris. Dieu sait s'il y pourra rentrer jamais ! » Le lendemain, 18 août, parut la proclamation du général Trochu aux habitants de Paris, dans laquelle n'était point prononcé le nom de l'auteur de cette guerre terrible. Cette proclamation produisit la plus vive sensation. Le général y déclara qu'il ■ n'appartenait à aucun autre parti qu'à celui du pays, » qu'il faisait appel a « une grande nation militaire qui prend en main avec une ferme résolution, dans des circonstances solennelles, la conduite de ses destinées, » et que pour le maintien de l'ordre il ne voulait point recourir aux pouvoirs qu'il tenait de l'état de siège et de la loi.
• Je le demanderai, dit-il, k votre patriotisme, je l'obtiendrai de votre confiance en montrant moi-même à la population de Paris une confiance sans limites. • Ce langage viril, ce mâle appel à la force morale concilia au général les sympathies de la population. La presse fit alors connaître au public la brillante carrière du général Trochu, ses talents militaires, son intégrité, sa constante réserve vis-à-vis do l'Empire, la disgrâce que lui avait value son ouvrage sur l'Armée française, dans lequel il avait mis en lumière, sans être écouté, la déplorable organisation de notre armée. En un instant le général devint populaire ; on vit en lui le seul homme de guerre qui fût k la hauteur de la situation-, on crut entrevoir dans cet observateur sagace, dans cet esprit lettré un homme d'action, aux vastes capacités militaires, et on lui accorda une confiance illimitée. La lettre au directeur du Temps dans laquelle il disait : « Toute ma vie j'ai été un homme de libre discussion... L'erreur de tous les gouvernements que j'ai connus a été de considérer la force comme Vuitimaratio du pouvoir. Tous, k des degrés divers, ont relégué au second plan la vraie force, la seule qui soit efficace dans tous les temps, la seule qui soit décisive quand il s'agit de résoudre les difficiles problèmes qui agitent la civilisation, la force mornle ; » ses proclamations k l'armée, à la garde nationale mobile, dont il avait demandé le rappel immédiat„contribuèrent encore k augmenter la haute idée qu'on se faisait de lui. Mais k mesure que sa popularité augmentait, le général voyait s'accroître la défiance qu'il excitait aux Tuileries. La régente ne voyait en lui qu'un orléaniste, et le ministre de la guerre qu'un rival. L'armée de Châlons, au lieu de se replier sur Paris, se mettait en mouvement, traînant avec elle l'empereur hébété, et entreprenait cette campagne qui devait aboutir au désastre de Sedan. En complète divergence d'idées avec le ministre de la guerre, le général Trochu était systématiquement tenu à l'écart de toutes les délibérations des ministres, maintenu dans l'isolement et n'obtenait rien de ce qu'il demandait. Particulièrement en ce qui concernait les mesures de sûreté intérieure, il se trouva en conflit d'attributions avec le général de Paiikao. Un espion prussien fut arrêté et jugé sans qu'il en fût prévenu, et ce fut au général ï-oumain, l'inférieur du général Trochu, que le ministre adressa des ordres pour la répression du mouvement populaire prévu pour le 3 septembre. Par un arrêté du 28 août, le gouverneur de Paris ordonna l'expulsion de Paris et du département de la Seine, dans le délai de trois jours, de tous les individus appartenant pur leur naissance k l'un des pays actuellement en guerre avec la France.
M, Gambetta proposa au Corps législatif de centraliser entie les mains du général Trochu tous les pouvoirs en vue de la défense de Paris; mais le ministre de la guerre s'y opposa et la proposition fut repoussée. Quelques jours avant qu'arrivât la nouvelle de la capitulation de Sedan, le gouverneur de Paris eut avec l'impératrice régente un entretien daus lequel, d'après M. Rouber, il lui adressa ces mots : « Madame, si votre police est bien faite, vous devez savoir que j'ai des conférences avec des hommes de l'opposition. 11 est de mon devoir de prendre mes renseignements partout. Mais Votre Majesté ne doit nullement douter de mon dévouement, je lui en réponds sur ma parole de Breton, de catholique et de soldat. > C'est en invoquant ce langage que les chefs du parti bonapartiste ont accusé le général Trochu de n'avoir rien fait pour empêcher l'effondrement de l'Empire et la révolution du 4 septembre, lorsque eux-mêmes ne songeaient qu'à une seule chose, k fuir dans toutes les directions, sans te préoccuper le moins du inonde de défendre un pouvoir qui croulait en quelque sorte de lui-même sous le poids des fautes et des crimes qu il avait commis.
Le 4 septembre 1870, la nouvelle du désastre de Sedan se répandit dans Paris et y pro-
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voqua une formidable explosion de l'indignation populaire. Dans la matinée, le général Trochu se rendit aux Tuileries. 11 annonça à la régente que la crise finale approchait, qu'il ne l'abandonnerait pas et qu'il allait rester à son poste. De retour au Louvre, il attendit vainement un ordre ou un avis du ministre de la guerre. Vers une heure de l'après-midi, le général Lebreton, questeur de l'Assemblée, vint le trouver, lui annonça qu'une foule immense allait envahir le Corps législatif et lui demanda d'intervenir pour essayer de dominer la tempête. Bien que convaincu qu'il n'y avait rien k faire, le gouverneur de Paris monta à cheval et se dirigea vers le Corps législatif. Il traversa une foule pressée, et, arrivé au pont de Solferino, il lui fut impossible d'aller plus avant. Là, il rencontra M. Jules Favre, qui lui annonça que l'Assemblée était envahie, la déchéance de l'Empire prononcée et qu'il se rendait à l'Hôtel de ville, où allait être proclamée la République. Il revint alors au Louvre ot envoya aux Tuileries le général Sehmitz pour hâter le départ de l'impératrice régente. Cependant un gouvernement nouveau, sous le nom de gouvernement de la Défense nationale, était constitué. Comprenant la nécessité d'avoir un général dans son sein pour diriger les opérations militaires, il envoya un député, M. Steenackers, auprès du général Trochu pour lui demander de se rendre k l'Hôtel de ville. Le général l'y suivit et consentit k 'faire partie du nouveau pouvoir, k la condition d'en être le président et de continuer ses fonctions de gouverneur de Paris. Ce fut k ce titre qu'il signa le même jour le décret qui supprimait le Sénat et prononçait la dissolution du Corps législatif. Le général Trochu prenait la direction des affaires militaires avec cette pensée qu'après la capitulation de Sedan la continuation de la guerre n'était qu'une ■ héroïque folie,» et cette idée fixe, qui aurait dû, dès le début, le faire renoncera assumer la responsabilité de la situation, explique l'étonnante et désastreuse mollesse avec laquelle furent conduites les opérations de la défense. A l'article Paris [Siège de Paris par les armées allemandes, 1870-1871, t. XII, p. 264), nous avons fait l'histoire de ce siège, indiqué le rôle qu'y joua le général Trochu, exposé le plan de campagne qu'il se proposa quelque temps de suivre, et jugé la conduite de ce général dont la popularité devait être si éphémère et qui, après avoir été l'espoir de la patrie, devait être en butte aux accusations les plus cruelles et les plus acharnées. Nous nous bornerons donc à rappeler sommairement ici les principales mesures auxquelles il prit part.
Le général Trochu s'occupa activement de mettre en état de défense les fortifications, de les pourvoir d'une puissante artillerie, car, dans sa pensée, le rôle de Paris devait être à peu près uniquement défensif. Il dispo>ait de 120,000 hommes de troupes, de 80,000 mobiles et de 330,000 gardes nationaux. Ces derniers, enflammés de patriotisme, ne demandaient qu'à être armès,insiruiis et à marcher contre 1 ennemi; mais, partageant la défiance du général Ducrot envers la garde nationale, le général Trochu ne songea jamais sérieusement k organiser et k utiliser cette force énorme qui eût pu rendre d'incalculables services. Par décret du 5 septembre, il déclara libres la fabrication et le commerce des ormes. Le 19 septembre, lors de l'approche des armées allemandes, il ne put éviter l'investissement du sud de Paris. Le premier combat qui eut lieu k Châtillon fut pour nous un échec. Le 23 septembre, il fit réoccuper par le général Vinoy les Hautes- Bruyères, qui furent fortifiées par le génie civil. Le 30 du même mois, une tentative pour reprendre L'Hay, (Jhevilly et Thiais échoua complètement^ Cependant on procédait avec lenteur k la mobilisation d'une partie de la garde nationale sédentaire, a l'organisation des divers corps spéciaux militaires, et cette lenteur indisposait vivement l'opinion publique. Pour calmer cette irritation, le président du gouvernement de la Défense ordonna, le 21 octobre, une grande sortie sur Montretout ; mais, mal conduite, elle échoua complètement. Le 28, il signa un décret qui réservait aux seuls services militaires la croix de la Légion d'honneur. Ce même jour, il envoya le général Bellemare s'emparer du Bourget ; mais celui-ci attendit vainement des secours et fut chassé de ses positions, avec de graves pertes, par les Allemands. Ce fut sur Ces entrefaites qu'arriva k Paris la nouvelle que Bazaine avait livré aux Allemands Metz et son armée. Pas une seule fois on n'avait entrepris sérieusement de percer les lignes d'investissement d un ennemi de beaucoup inférieur en nombre et qui occupait un immense périmètre. Après la perte de Metz, qui laissait libre l'armée du prince Frédéric- Charles et permettait à la fois k l'ennemi d'accroître ses forces devant Paris et d'aller écraser les armées en formatiou en province, la situation devenait terrible pour Paris et pour la France. Une partie de la population parisienne, exaspérée en voyant l'inerte de la défense, essaya de renverser le gouvernement (v. OCTOBRE 1870, journée du 31). Le général Trochu, retenu prisonnier pendant quelques heures & l'Hôtel de ville avec plusieurs autres membres du gouvernement, fut délivré par des bataillons tle la garde nationale- Trois jours plus tard, le 3 novembre, la
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population parisienne était appelée a sa prononcer pour ou contre le maintien au pouvoir du gouvernement de la Défense, et 557,996 votants sur 620,634 répondaient par un vote affirmatif. Le lendemain, le général Trochu publia un décret qui répartissait en trois armées les forces militaires de Paris, et pendant vingt-cinq jours il prépara une grande opération militaire. Le 30 novembre, d'après son ordre, le général Ducrot, k la tête d'une armée de 150,000 hommes, traversa la Marne et s'empara de Champigny et de Villiers.pendant que des diversions étaient faites par le général Vinoy au sud et l'amiral de La Roncieieau nord. H se produisit alors dans Paris une explosion d'enthousiasme qui devait peu durer. Dès le 2 décembre, les Allemands reprenaient l'offensive, et le général Ducrot, après avoir repassé la Marne, rentrait dans Paris. En même temps on apprenait la défaite de l'armée de la Loire en avant d'Orléans et la reprise de celte ville. Ces revers frappaient au cœur la population. Loin de faiblir, elle demandait avec une énergie croissante qu'on cessât de la berner et qu'on tentât de suprêmes efforts. Le général Trochu, qui avait perdu tout prestige, parut céder k l'opinion publique, de plus en plus surexcitée, en ordonnant, le 21 décembre, un grand mouvement destiné à élargir le cercle d'investissement. La lutte recommença k La Ville-Evrard, k La Maison-Blanche, au Rourget ; mais cette tentative n'aboutit qu'à la perte du plateau d'A vron. dont les Allemands se rendirent maîtres après avoir démasqué de formidables batteries qui balayèrent le plateau. Le 1«' décembre, le gouverneur de Paris avait interdit qu'on rendit compte des opérations de guerre, et le 18 il avait supprimé l'élection pour les officiers de la garde nationale. Le 5 janvier 1871, commença le bombardement de Paris. Le 6, le général Trochu adressa k la population cette proclamation : • Au moment où l'ennemi redouble ses efforts d'intimidation, on cherche à égarer les citoyens de Paris par la tromperie et la calomnie. On exploite contre la défense nos souffrances e,t nos sacrifices. Rien ne fera tomber les armes de nos mains. Courage, confiance et patriotisme ! Le gouverneur de Paris ne capitulera pas. » Vaines promesses que l'événement ne tarda pas à démentir cruellement I Cependant, la population demandait à combattre avec une insistance menaçante, dont les maires se firent les interprètes. Celte pression décida le général Trochu k ordonner une nouvelle sortie, qu'il considérait comme ne devant aboutir qu'à une inutile perte d'hommes. Le 19 janvier, 100,000 hommes environ furent dirigés contre les positions fortifiées par les Prussiens à gauche du Mont-Valérien. Ils prirent la redoute de Montretout et atteignirent Buzenval ; mais le soir même, malgré l'intrépidité dont avait fait preuve la garde nationale, le gouverneur de Paris donna l'ordre aux troupes engagées de se replier. Le 22 janvier,' quelques bataillons de marche, exaspérés, essayèrent de s'emparer de l'Hôtel de ville et de renverser le gouvernement; mais cette tentative échoua. Ce même jour, le général Trochu se démit de ses fonctions de gouverneur de Paris, qui furent supprimées. Quatre jours plus tard, AL Jules Favre allait engager des pourparlers pour la signature d'une capitulation, et, le 28, Paris apprenait avec stupeur qu'un armistice venait d'èire conclu.
Le général Trochu, qui avait conservé encore en province un assez grand prestige, fut élu député k l'Assemblée nationale, le 8 février 1871, dans les Bouches-du-Rliône, le Finistère, l'llle-e t- Vilaine, les Côtes-du-Nord, la Vendée, la Seine-Inférieure, le Rhône et enfin dans le Morbihan, département pour lequel il opta. Lorsque le bureau lut constitué, il donna sa démission de président du gouvernement de la Défense, en même temps que tous ses collègues, et il alla siéger au centre droit. Le 1er mars, il vota les préliminaires de paix et la déchéance de l'Empire. Le 20 mars, il demanda k l'Assemblée de déclarer par un vote solennel « que le pays adopte les enfants du général Leeomte et que l'assassinat du général Clément Thomas est considéré comme un deuil national. » Le 30 mai, des propositions ayant été présentées à rÂssemblèe pour demander que le gouvernement de la Défense rendit compte de sa gestion et fût mis en accusation, le général Trochu prononça un discours sur les causes générales qui avaient amené nos revers et annonça qu'il prendrait la parole dès que la commission aurait fait son rapport. Deux jours plus tard, il monta à la tribune pour appuyer la nomination d'une commission de trente membres, chargée de reviser les décrets rendus par le gouvernement de la Défense. Ce fut dans les séances du 13 et du 14 juin 1871 que le général Trochu prononça le grand discours qu'il avait annoncé et dans lequel il exposa, avec une remarquable éloquence, les causes de l'affaiblissement de l'armée, l'origine de nos revers sur le Rhin, les faits principaux de la révolution du 4 septembre, les événements du siège de Paris, enfin ce plan militaire qu'il avait conçu. Au mois de juillet suivant, il fit un projet de loi sur l'avancement dans l'armée et fut élu, le 8 octobre, membre du conseil général du Morbihan, qui le nomma son président.Au commencement de 1872, le journal le Figaro ayant publié des articles dans