‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 395 sur 1042 · TROB · texte numérisé non relu

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lesquels M. Vitu attaquait le général Trochu avec une extrême violence, celui-ci poursuivit le journal en diffamation et outrage envers un fonctionnaire. L'affaire, qui lit grand bruit et dans laquelle furent entendus un grand nombre de témoins, fut jugée par la cour d'assises de la Seine du 27 mars au ï avril ; le jury déclara que les accusés n'étaient pas coupables de diffamation, mais d'outrage, et la cour condamna MM. Villemessant et Vitu chacun a un mois de prison et 3,000 francs d'amende. Le 27 mai, le général prononça à l'Assemblée un très-remarquable discours sur la réorganisation de l'armée, et dans de nouveaux discours sur le temps du service militaire (6 et 9 juin) il se prononça pour la réforme radicale du service obligatoire. Le 1" juillet 1872, il adressa au président de l'Assemblée nationale sa démission de député et rentra dans la vie pri-, vée. Pendant l'exercice de son mandat, il avait voté pour la loi municipale, l'abrogation des lois d'exil, la validation de 1 élection des princes, la loi départementale, la proposition Rivet, contre le retour de l'Assemblée à Paris, contre la proposition Feray, contre le maintien des liai Lés de commerce, etc. Enfin, très-catholique et professant des opinions religieuses quelque peu mystiques , il avait voté en faveur de la pétition des évoques pour le pouvoir temporel.

Au mois de janvier 1873, sur sa demande, le général Trochu a été mis a la retraite. Depuis cette époque, ilaadressé des pétitioosà l'Assemblée nationale au sujet des rapports sur les actes du gouvernement de la Défense nationale, dans le but de relever des allêgagations erronées (1873-1874), et a donné sa démission de membre du conseil général du Morbihan (avril 187-4). Il a publié : Une page d'histoire cantempoïtiine devant l'Assemblée nationale (187i,in-8°),contenantsesdibcours du 13 etdul4 juin ;\' tmpire et tu défense de Paris devant le jury de la Set'yie(1872, in-8<>), contenant, outre le compte rendu complet du procès qu'il soutint contre le Figaro, une introduction, des pièces justificatives et son testament politique ; Pour la vérité et pour la justice (1873, iu-8°), livre dans lequel il raconte le» événements qui ont précédé et suivi la révolution du 4 septembre et s'attache k réfuter les rapports de MM. Saint-Marc Girardin.Chaper et de Ra'umeville ; la Polilique et le siège de Paris, deuxième rapport à l'Assemblée nationale (1874,111-8"), ou il s'attache à réfuter le rapport du comte Daru. Dans cet écrit, lé général Trochu fait la déclaration suivante : » J'ai reconnu pendant le siège que la République était seule possible dans 1 état des ohoses,et je le dUais en toute liberté d'esprit, parce que je le croyais.Aujourd'hui, en possession de l'entière indépendance d'un simple citoyen, je le dis encore, ne trouvant pas que l'état des choses se soit modifié. •

TROCHULINE s. f. (tro-ku-li-ne — dimin.

du lat. troc/tus, troque). Forain. Genre de foruminifères, formé aux dépens des rotalies.

TROCHURE s. f. (tro-chu-re). Vén. Quatrième audouiller de la tête du cerf.

TROCHUS s m. (tro-kuss — mot lat. dérivé du gr. trochos, roue). Antiq. Cercle d'airain qui servait à certains jeux.

— Mol!. Nom latin du genre troque.

TROCTE s. m. (tro-kte). Entom. Syn.

dVrKopos, genre d'insectes névroptères.

TROENE s. m. (tro-è-ne — dugr. thronon, Heur, dont nous ignorons complètement l'origine, ou del'aD^lo-saxon treo, arbuste; gothique fria^arbre, bois, troiic;scandiuave*r<î, anglais tree ; ces mots appartiennent à la même famille que le sanscrit dru, druma, druta, arbre, draoya, ce qui provient de l'arbre; zend dru, même sens; ancien slave drievu, arbre, dreva, bois ; russe drevo, arbre, drooa, bois à brûler; polonais drzewo , illyrien dervo, arbre; bohémien drtoo, buis; lithuanien, derwa, bois de pm ; grec drus, arbre, et plus spécialement le chêne, l'arbre par excellence, drumos, forêt, druon, drion, taillis, forêt, montagne boisée, etc.). Bot. Genredarbrisseaux, de la famille des oléinées, tribu des olées, comprenant une douzaine d'espèces, qui eroisseut dans les régions tempérées de l'Europe et de l'Asie : Le troënk commun est usité comme plante médicinale. (P. Duchartre.) Virgile compare un troënk en pleine floraison à la beauté simple et naïve d'une jeune vierge. (T. de Beriiêaud.)ieTROËNK d'Europe est un joli arbrisseau. (Dict. d'hist. nat. ) Comme les troènes; ne sont pas délicats, on peut enviet tre dans les remises. (V.de Bomare.) On fait d'excellentes haies avec le tiîoknk (Dict. d'agric.) Le troène porte des grappes de fleurs blanches qui se transforment, en automne, en baies noires ; elles sont employées pour colorer tes vins et faire de l'encre noire. (h. Figuier.)

— Troène d'Egypte, Nom vulgaire de la lawsonie blanche.

— Encycl. Les troènes sont da petits arbres ou iies arbrisseaux, k rameaux opposés, ainsi que les feuilles, qui sont ovales oblongues ou lancéolées, entières, glabres et généralement persistantes. Les fleurs,, blanches, groupées en panioules terminales, présentent un calice court, tubuleux, à quatre divisions; une corolle en entonnoir, k tube assez long, k limbe divisé en quatre lobes;

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deux étamines insérées sur le tube de la corolle; un ovaire a deux loges biovulées, surmonté d'un style simple terminé par un stigmate bifide; le fruit est une baie globuleuse, pisiforme, a pulpe charnue, huileuse, renfermant deux ou quatre graines. Ce genre comprend une douzaine d'espèces, qui croissent dans las contrées septentrionales et surtout centrales de l'Europe et de l'Asie, plus ra- Tement de l'Amérique du Nord, et dont plusieurs sont cultivées en plein air sous nos climats.

Le troène commun est un arbrisseau de 2 à 4 mètres, k rameaux flexibles, grisâtres, portant des feuilles oblongues ou lancéolées, glabres, luisantes en dessus, presque persistantes ; les fleurs sont blanches et groupées en panicules pyramidales au sommet des rameaux; le fruit est une baie globuleuse, noire. Cet arbrisseau est commun en Europe; on le trouve dans les haies, les buissons, sur la lisière des bois, etc. ; il est quelquefois cultivé dans les parcs et les jardins d'agrément. Il peut croître dans tous les sols et k toute exposition, pousse très-rapidement et se multiplie, avec la plus grande facilité, de graines, de boutures et de marcottes. Il pourrait fournir une ressource dans les terrains arides et former un abri pour d'autres essences plus précieuses. On 1 emploie fréquemment comme sujet pour recevoir la greffe des lilas ; enfin , il présente d'intéressantes variétés à fruits blanchâtres, à feuilles panachées de jaune ou de blanc, etc.

« On fait, dans beaucoup de pays, d'excellentes haies avec le troène, en greffant ses rameaux par approche. Il sert surtout avec succès à regarnir les places vides des haies formées d'autres arbustes, parce qu'il vient styis difficulté au milieu d'eux, et a garantir les terrains en pente des effets des grandes pluies. Dans les jardins paysagers, on le place partout où on ne peut mettre des arbustes plus précieux, surtout sous les massifs, contre les murs exposés au nord, etc. On en forme des buissons touffus ; on le dispose en palissades qui se tondent avec la plus grande facilité; ou le dirige sur une seule tige de manière à le faire devenir un arbre. De toutes manières il plaît, pourvu qu'on ne le blesse pas, car son éeoree, ses feuilles et Ses baies entamées exhalent une odeur peu agréable. •

Le troène acquiert rarement des dimensions assez considérables pour pouvoir être de quelque utilité dans la culture forestière; aussi est-il généralement considéré comme mort-bois. Mais on le propage beaucoup dans les buissons et les remises. Son bois, quand les échantillons sont assez forts, peut être utilisé dans l'industrie; il est dur, souple et peu sujet à être attaqué par les insectes ; on eu fait des èchalas et des ouvrages de tour ; il est bon pour le chauffage, et son charbon léger peut servir k la fabrication de la poudre it canon. Les rameaux sont flexibles, et on peut en faire des liens ou des ouvrages de vannerie. '

Les feuilles sont acerbes et légèrement piquantes; néanmoins, elles plaisent beaucoup aux bestiaux, notamment aux vaches et aux moutons. Aujourd'hui, on les emploie rarement en médecine, et alors on les récolte pendant l'été ; leur décoction, qui noircit par le sulfate de fer, a été vantée comme détersive et vulnéraire ; on l'a administrée contre les maux de gorge, les aphthes, le scorbut, les ulcérations de la bouche, les stomatites, les diarrhées chroniques; dans ce dernier cas, on l'additionne de quelques gouttes d'acide chlorhydrique ou sulfurique. Ces feuilles sèches sont employées dans certains pays pour le tannage des peaux.

Les fleurs ont des propriétés analogues à celles des feuilles ; mais elles sont encore moins usitées. Les fruits, qui mûrissent à l'automne et persistent tout l'hiver, servent à la nourriture de certains oiseaux, notamment des merles et des grives. On en retire des couleurs noire, bleu turquin, violette ou pourpre, dont on se sert pour l'enluminure et pour la préparation de l'encre des chapeliers, et aussi dans la teinture, 'pour amener à un beau vert les étoffes plongées dans la teinture jaune. Le suc est employé, dans certains pays, pour aviver la couleur des vins, auxquels il communique eu même temps une saveur particulière. En Hollande, on les mêle à ceux du nerprun ; mais cette sophistication est facile à découvrir.

Parmi les espèces exotiques, nous citerons : le troène d'Italie, à teuilles épaisses et franchement persistantes; te troène du Japon, arbrisseau Luissonnant, à rameaux dressés , à feuilles ovales et k fruit drupacé ; le troène de la Chine, peu différent du précédent, mais fleurissant plus tard ; le troène de Californie , à feuilles ovales oblongues, d'un vert foncé; le troène du Népaul; le troèneluisant, etc. La plupart de ces arbrisseaux sont moins rustiques que l'espèce type; ils craignent les hivers rigoureux et viennent mieux à l'exposition du nord ; on les multiplie de semis, de greffes ou de marcottes.

TROENE, rivière dé France (Oise). Elle prend sa source près d'Ivry-Ie-Tumple, canton de Méru, traverse le canton de Chaumont, baigne Chauiuont et Trie-Ie-Chàteau, et, après un cours de 25 kilom., se jette dans l'Epte , en face de Gisors.

TROES s. m. pi. (tro-èss — mot lat. qui signif. Troyens). Entom. Syn. de troykns.

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TROGEN, ville de Suisse, canton et au N. d'Appenzell,ch.-l, des Rhodes extérieurs, k 120 kilom. E.-N.-E de Berne, sur le Goldach et au pied du Gabris; 3,500 hab. Ecolo supérieure cantonale, école industrielle et agricole. Arsenal , bibliothèque. Fabriques de toiles et de mouchoirs. Bains d'eaux minérales, sulfureuses, cuivreuses et alutnineuses. Ce n'était jadis qu'un amas de cabanes de pasteurs, serfs de l'abbé de Saint- Gall ; aujourd'hui, c'est une petits ville superbe ; les maisons des citoyens opulents y sont ornées k l'extérieur des marbres les plus précieux, et l'intérieur est décoré avec un goût exquis.

TROGIDIEN, ENNE adj.(tro-ji-di-ain, è-ne— du lat. trox, trogis, genre d'insectes, et du gr. idea, forme). Entom. Qui ressemble ou qui se rapporte au trox.

— s. m. pi. Groupe d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des lamellicornes, ayant pour type le genre trox.

TROGIE s. f. (tro-jî — du gr. trogâ, je ronge). Bot. Genre de champignons, du groupe des agarics. .

TROGLODYTE s. (tro-glo-di-te — du gr.

trâglê, caverne; duein, entrer). Ornith. Genre de passereaux dentirostres , de la famille des certhidées , comprenant plusieurs espèces, répandues dans les deux continents et dont le type habite l'Europe : Le plumage du troglodtts est en raccourci, et pour ainsi dire en miniature, celui de la bécasse. (Buff,) Les troglodytes sont des oiseaux vifs , gais et confiants à l'extrême. (Z. Gerbe.) Le troglodyte compose son nid avec art. (Dict. d'hist. nat.)

— Mamiii. Genre de mammifères quadrumanes, comprenant les e-pèces les plus élevées dans la série : Le troglodyte ou chimpanzé est le singe qui se rapproche le plus de l'homme. (E. Baudement.)

— Adjectiv. Coram. Myrrhe troglodyte , Myrrhe sèche.

— Encycl, Ornith. Les troglodytes ont pour caractères : un bec An, subulé , pointu, droit ou peu courbé, à mandibules égales ; des narines ovales, couvertes d'une membrane ; des ailes courtes, concaves, arrondies; la queue courte, égale ou arrondie; des tarses allongés, grêles, écailleux. « Ce sont, dit M. Z. Gerbe, des oiseaux vifs, gais et confiants k l'extrême. Durant la belle saison, ils vivent dans les bois humides et sombres; mais l'hiver ils se rapprochent des habitations et choisissent pour demeure les jardins, les bords boisés des rivières, des torrents, des ruisseaux. Tous aiment à fureter les trous des murailles, les aqueducs, les cavernes, en général les endroits obscurs. C'est même a cette habitude qu'ils doivent le nom de troglodytes qu'on leur à donné. Ils vivent d'insectes et de vers, qu'ils cherchent dans des tas de bois, de pierres, de branchages secs, au pied des haies, des buissons ; leur chaut est des plus doux et des plus mélodieux et en même temps fort varié. Leur voix, relativement à leur taille , a une très-grande étendue. C'est ordinairement dans les trous d'arbre, dans ceux des muruilles, dans les fentes des rochers, sur le revers d'un fossé, entre les lierres et les chèvrefeuilles, sous les toits ou dans tes chaumes qui couvrent les demeures rustiques, que les troglodytes établissent leur nid. Leur ponte est de six k huit œufs blancs, parsemés de petites taches brunes ou rougeâtres. Les espèces qui habitent les régions boréales en éiuigreut en automne et n'y reviennent qu'au printemps. •

Le troglodyte commun ou proprement dit ne dépasse pas 0>a,07 de longueur totale, non compris la queue. Son plumage est d'un bruu roux, rayé de brun, en dessus, et blanchâtre, également rayé de brun, en dessous. Cet oiseau est répandu dans toute l'Europe, mais surtout dans le Nord. Il arrive dans las régions méridionales à l'approche de l'hiver et en repart dès les premiers jours du printemps. Presque partout on lui donne improprement le nom de roitelet ; on le désigne aussi, dans nos diverses provinces, sous ceux de roibedelet, bérichon, ratillon, petitrat, fourre-buisson, castagnole, noisette, vaque-petone, etc.

Le troglodyte aime k se tenir seul dans le canton qu'il a choisi pour sa demeure; s'il trouve sur ses terres un de ses semblables, surtout un mâle , il lui livre un combat acharné, jusqu'à ce quel'un d'eux soit vaincu et s'enfuie. 11 souffre plus volontiers le voisinage d'une femelle de son espèce. Mais, bien que solitaire, il n'a dans le caractère rien da triste ni de mélancolique; il est toujours gai, sémillant, alerte et vif, toujours prêt k chanter. Sa pétulance est extrême; c'est le mouvement perpétuel ; car, excepté la nuit quand il se repose, il est difficile de le trouver tranquille un seul instant ; il échappe toujours quand on croit le tenir, ce qui est dû k sa petite taille et k sa vivacité. Ses mouvements sont k la fois rapides et variés ; quand il marche, c'est en sautillant, et, quand il est posé, il agite ses ailes en faisant entendre un petit cri saccadé tre, tre, tirit, iirit, fréquemment répété ; il tient toujours la tête et la queue relevées. En revanche, son vol est bas et court, et, comme ses ailes sont concaves, il ne plane pas.

Le troglodyte se nourrit ordinairement des moucherons, des pucerons, des petits insectes, des vermisseaux ou des araiguées qui iufes-

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tent les plantes potagères ; aussi va-t-il souvent, en été, picorer dans les jardins, sur les' artichauts, les cardons, les choux, etc.; en hiver, il vit des chrysalides, des œufs et des fragments d'iusectes qu'il trouve entre les gerçures des écorces, dans les trous et les lentes des bâtiments. H fréquente les buissons et les pertuis, le bord des ruisseaux garnis d'arbustes, de joncs ou de grandes herbes. Dans les temps froids, il s'approche des lieux habités, pénètre dans les fentes 'des murs, en sort et y rentre précipitamment. On le trouve quelquefois dans la compagnie des rouges-gorges, dont il se rapproche assez par ses mœurs.

Dans toute autre saison, on le voit peu, parce qu'il se tient dans les bois, dont les feuilles le dérobent k la vue. Bien qu'il ne se laisse prendre que difficilement, cependant la vue de l'homme l'effraye peu, et ce n'est guère qu'à la pipée qu'on peut le prendre. 11 a pour ennemis le chat, la belette et aussi les enfants. Son chant varie suivant les époques. Souvent il se borne au petit cri dont nous avons parlé. Quelquefois, par due belle journée d'hiver, il fait entendre, du haut d'un- buisson ou d'un arbuste, un chant doux et flûte; mais ce chant n'est ni aussi animé ni aussi vibrant qu'à l'époque de la reproductiOii, qui commence au printemps ; il faut qu il soit en amour ou que sa femelle couve pour qu'il lui donne toute son étendue. Alors c est mi grand bruit dans pn petit corps ; perché non loin du nid, il fait entendre sans cesse son sifflement aigu, mais doux en même temps.

Le troglodyte niche le long des murs en ruine, recouverts de lierre ou de pampres sauvnges, sur le derrière des maisons ou des étables recouvertes de paille, mais le plus souvent sur les troncs et les vieilles souches, dans les bois et dans les haies près de terre. Ce nid, d'une apparence informe en dehors, est composé avec art ; il est fait de mousse, de laine, de coton, de plumes et de crin, le tout entrelacé avec des fils d'araignée; sa forme est k peu près celle d'un œuf dressé sur un des bouts, et sur l'un des côtés se trouve une petite ouverture, par laquelle l'oiseau entre et sort; la ponte a lieu vers la fin d'avril; les œufs sont comme de gros pois.

i L'incubation, dit V. de Bomnre, dura douze jours à peu près ; les petits ôclosent les yeux fermés, mais cet aveuglement n'est pas de longue durée. Le père et la mère font continuellement de petits voyages pour leur chercher et donner la picorée. Au bout de seize jours environ, ces petits, qui trottaient déjà sur la mousse et les buissons, s'envolent dans les lieux voisins de leur naissance; 1k ils sont encore quelque temps l'objet de la tendresse, de l'amour et des soins paternels; le développement total des plumes arrivé et leur éducation terminée, ils vont chacun remplir le vœu de la nature. La mousse dont les vieux bois sont recouverts établit une uniformité trompeuse entre le local et l'extérieur du nid et contribue k dérober sa retraite. >

Les petits sont fort difficiles k élever en cage ; néanmoins, l'oiseau est assez facile a apprivoiser, et la captivité ne nuit en rien à son chant. Ce troglodyte est très-utile k l'agriculture , comme destructeur d'insectes nuisibles, qu'il poursuit dans des'endroits où lui seul et le roitelet peuvent pénétrer. C'est, dit-on, un excellent gibier, mais dont il ne faudrait pas abuser; heureusement sa petitesse et la difficulté de s'en procurer abondamment préviennent tout excès à Cet égard. Dans certaines provinces, les gens de la campagne évitent soigneusement de tuer cet oiseau, et même de toucher k sou nid.

— Mamm. Les troglodytes sont caractérisés par un angle facial de 50° ; des crêtes sourcilières ; des bras courts, atteignant le bas des cuisses; une formule dentaire identique k celle de l'homme; pas d'abajoues, de callosités ni de queue. Ces singes sont ceux qui se rapprochent le plus de "homme, surtout pour les caractères zoologiques. Aussi n'est-il pus étonnant que plusieurs auteurs de l'antiquité, et même de temps assez modernes, aient confondu ces deux genres si distincts. On pense que la race d'hommes désignée chez les anciens sous le nom de troglodytes n'était autre qu'une espèce de singes du genre cynocéphale. Les espèces de troglodytes, s'il en existe plusieurs, ne sont pas encore nettement déterminées ; la plus connue est le chimpanzé. V. ce mot.

TROGLODYTES. Les anciens désignaient sous ce nom un peuple qui habitait dans des cavernes au S.-E. de l'Egypte, le long du

folle Arabique. D'après Ptolémée, le pay-, es Troglodytes comprenait tout le rivage qui borde les golfes Arabique et Avalique. Pline dit que les Troglodytes allaient tout nus, portant seulement une peau qui leur couvrait le milieu du corps. D'après Strubon, ces sauvages habitaient dans les ant'raotuosités des rochers, ne cultivaient point la terre et se bornaient k élever du bétail. Leurs femmes et leurseofantsétaientea commun. Ils se nourrusaient de chair qu'ils pilaient avec le-i os enveloppant le tout dans une peau et le faisant rôtir ; ils vivaient aussi de sang et de lait mêlci ensemble, et Pline prétend qu'ils mangeaient des serpents. Lorsqu'un d'entre eux était mort, un lui liait la tète avec les pieds et ou

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