TRO
portait le cadavre sur une colline , où on . le couvrait de pierres, puis on surmontait le tout d'une corne de chèvre. Les Troglodytes ■' ne parlaient point: ils poussaient d~es sons inarticulés. Les traditions que nous onttransinises les anciens sur les Troglodytes du golfe Arabique sont mêlées de fables, et l'on voit qu'ils n'avaient qu'une idée peu nette de ce peuple.
Aujourd'hui, on désigne sous le nom de . Troglodytes les peuplades sauvages qui ont habité la terre pendant une longue période de l'époque quaternaire, à la fin de la période glaciaire, et dont on a trouvé des traces dans les pays^ les plus divers, au fond de cavernes, ou l'on a recueilli des armes, des ossements, des débris de cuisine, etc. Leur existence s'est prolongée pendant un long espace de temps, et on en trouve la preuve dans les différences que présentent les silex taillés qui servaient à leurs besoins comme armes et comme instruments utiles. Parmi les découvertes les plus récentes faites sur l'existence des Troglodytes, nous citerons celle des cavernes d Eysies dans le Périgord; celle d'un squelette de Troglodyte dans la caverne qui se trouve dans la montagne Baoussé- Roussé, à 3 kilom. E. de Menton (1872); enfin, les importantes découvertes faites en 187-1 par M. Merk dans la caverne du Kesslerlooh, en Suisse.
TROGLODYT1NÉ, ÉB adj. (tro-glo-di-tiné — du radf troglodyte), Omith. Qui ressemble ou qui se rapporte au troglodyte.
— s. f. pi. Tribu de la famille des eerthidées ou des sylviadées, ayant pour type le genre troglodyte.
TROGLODYTIQtJE adj. (tro-gîo-di-ti-ke — rad. Troglodyte). Qui a rapport aux Troglodytes : Hubitud.es trogl.odytiq.ues.
TROGLOPS s. m. (tro-glopss — du gr. troglê, trou; ops, face). Entom. Genre d insectes coléoptères peiuuinères, tribu des malachiens, comprenant six espèces, qui habitent 1 Europe.
TROGNE s. f. (tro-gne; gn mil. — Quelques-uns tirent ce mot du kymrique trwyn, comique tron, museau ; mais Diez et Chevallet le rattachent au germanique : ancien Scandinave triona, gruin de cochon, museau; dunois et suédois tryna, tryne, même sens). Pop. Visage grotesque et plaisant, sur lequel l'usage de la boisson ou de la bonne chère a laisse des traces caractéristiques : Une rouge trognb. Une troqnk enluminée. Une banne grosse trogne.
— Techn. Chaîne pour drap mélangé.
— Arboric. Nom donné, en certains pays, aux arbres exploités en têtard.
TROGNON s. m. (tro-gnon ; gn mil. — L'origine de ce mot n'est pas certaine; c'est probablement une altération de troncone, forme italienne de tronçon, d'où trongoa, et par métatliè>-:e trognon. C'est peut-être aussi une dérivation arbitraire du vieux français trons, variété Dusalisée de Iras, qui répond au piémoiitais trous, espagnol et portugais trozo, italien torso, trognon de chou ou de fruit; ancien haut allemand turso, torso, haut alltttnand moderne dorsch, trognon de chou? toutes formes que Diez rapporte au latin thyrsus, provenu du grec thursos, tige des plantes). Partie d'un fruit qui contient les pépins et qu'on ne mange pas : Un trognon de pomme, de poire.
— Tige de certains légumes dépouillée de ses feuilles : Trognon de chou, de salade.
— Pop. Mot de tendresse familière par lequel on désigne un petit enfant : Voilà un joli petit trognon de fillette. Viens ici, mon petit trognon.
TROGNON (Auguste), historien, né a Paris en 1795, mort dans cette ville en 1873. Elève de l'Ecole normale, il fut d'abord chargé d'une chaire d'histoire, qu'il quitta pour devenir professeur de rhétorique au collège Louis-le-Grand. En 1822, M. Guizot le choisit pour le suppléer dans sa chaire d'histoire moderne à la Faculté des lettres de Paris. Quelque temps après, il devint un des rédacteurs du Globe. La lecture des œuvres de Walter Scott lui donna ie goût des romans historiques. Ce fut alors qu'il écrivit l' Histoire admirable du Franc Harderad et le Livre des gestes du roi Childebert 111, compositions dans lesquelles l'imagination de l'auteur se montra, selon l'expression de M. Cuvillier-Fleury, l'ingénieuse servante de l'érudition historique. En 1825, Trognon fut chargé par le duc d'Orléans, depuis Louis- Philippe, de faire l'éducation de sou fils, le prince de Joinville, et depuis lors il resta constamment attaché à cette famille. Devenu secrétaire des commandements de son ancien élève, il dirigea jusqu'en 1848 son cabine't et ses affaires. Après la révolution du 24 février, Trognon suivit le prince de Joinville à Claremont et remplit auprès de l'ex-reine Marie-Amélie les fonctions de secrétaire. En même temps, il enseigna l'histoire de France aux jeunes princes de la famille d'Orléans qui se trouvaient en Angleterre, puis, avec les matériaux qu'il avait rassemblés pour cet enseignement, il composa une Histoire de France (1863-1S65, 5 vol. in-s°). Cet abrégé rapide, bien conçu, sans sécheresse ni ■déclamation , valut à Trognon le grand prix Gobert en 1865. Sur la demande des princes d'Orléans, il écrivit la Vie de Marie-Amélie,
TROÔ
reine des Français (1871, in-8»). Cette même année, il revint en France tout à fait infirme et ne fit plus que languir jusqu'à sa mort.
TROGNONNER v. n. ou intr. (tro-gno-né ; pu mil. — rad. trognon). Avoir la forme, l'apparence d'un trognon :
Une duègne, affreuse compagnonne,
Dont le menton fleurit et dont le nez trognonne.
Et jusqu'à l'Imparfait «'Il fallait qu'ils allassent, Qui donc empêcherait que des nez trognonnassent f
Clairville,
TROGODENDRON s. m. (tro-gro-dan-dron
— du gr. trôgô, je ronge; dendron, arbre). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentanières, de la famille des malacodermes, tribu des clairones, dont l'espèce type habite l'Australie.
TROGODERME s. m. (tro-go-dèr-me — du gr. trôgô, je ronge; derma, peau). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la tribu des dermestins, comprenant cinq ou sixespèces, qui habitent l'Europe, l'Afrique et l'Amérique.
TROGOFF (Jean-Honoré, comte de), marin fiançais, né à Laumeur en 1751, mort en rade de Porto-Ferrajo, llo d'Elbe, en 1794. Enseigne de vaisseau k vingt-deux ans, il voyagea dans les terres australes, se conduisit brillamment ensuite pendant la guerre de l'indépendance américaine, notamment au combat de la Dominique, et devint capitaine de vaisseau après la paix (1784). A l'époque de la Révolution, il accepta les idées nouvelles, prêta serment à la République, prit part à l'attaque de Cagliari (février 1793) et fut promu contre-amiral. Appelé, k ce titre, au commandement d'une escadre de 18 vaisseaux et de plusieurs frégates, il se trouvait à Toulon lorsque les royalistes résolurent de livrer cette ville aux Anglais qui l'assiégeaient. Trogoff, répudiant ses idées républicaines, entra dans ces vues et accepta les propositions de l'amiral anglais Hood, qui promit de rendre Toulon à la France après le rétablissement de la paix. Mais le contreamiral Julien refusa de s'associer à cet acte de trahison , prit le commandement de la flotte française et résolut de barrer l'entrée de Ja rade à l'ennemi. Toutefois, en présence de plusieurs défections et menacé par les batteries de terre, Julien se vit contraint de s'éloigner, mais avec 7 vaisseaux seulement. Troguff reprit alors le commandement de la flotte, laissa entrer les Anglais à Toulon et devint président de la commission de gouvernement instituée parles habitants pour rétablir la monarchie. Lorsque Toulon fut repris par l'armée de la Convention, Trogolf parvint à s'échapper sur une frêle embarcation et k gagner l'Espagne. Il mourut peu après, à bord d'un navire marchand, devant l'île d'Elbe.
TROGOFF (Joaquin-Simon-Louis de), officier fiançais, purent du précédent, né en Bretagne vers 1760, mort vers 1840. 11 fit, comme sous-lieutenant, la guerre de l'indépendance américaine, émigra en 1790, rit partie de l'armée des princes, puis prit du service en Autriche et s'attacha à la personne du prince de Rohan. Eu lgl4, Trogoff revint en France avec les alliés, devint, avec le grade de colonel, aide de camp du comte d'Artois, suivit la famille royale en Belgique pendant les Uent-Jours, fut nomme chef d'é-tat-major de l'année commandée par le duc de Berry, puis continua ses fonctions près du comte d'Artois jusqu'en 1830, époque où il le suivit dans l'exil.
TROGON s. m. (tro-gon — du gr. trôgô, je ronge), uruith. Syn. de couroucou, genre d'oiseaux grimpeurs.
TROGONÉ, ÉE adj. (tro-go-né — rad. trogon). Oruith. Qui ressemble ou qui se rapporte au trogon ou couroucou.
— s. f. pi. Famille d'oiseaux grimpeurs, ayant pour type le genre trogon ou couroucou.
TROGONIDÉ, ÉE adj. (tro-go-ni-dé). Ornith. Syn. de trogonb.
TROGONINÉ, ÉE adj. (tro-go-ni-né). Ornith. Syn. de trogonb.
ÎROl
TROGONOPHEs.m. (tro-go-no-fe).
Syn. de trogonophidb.
Erpét.
TROGONOPH1DE s. in. (tro-go-no-fi-de — du gr. trôgô, je ronge; ophis, serpent). Erpét. Genre de reptiles ophidiens, de la famille des amphisbènes, dont l'espèce type habite la Barbarie.
— S. m. pi. Groupe de reptiles ophidiens, de la famille des amphisbènes, ayant pour type le genre trogonophide.
TROGONOPHIS s. m. (tro-go-no-fiss). Erpét. Syn. de trogonophidb : Le trogonophis n'a pas de rudiments extérieurs de membres. (P. Gervais.)
TROGONTHÉRIOM s. m. (tro-gon-té-rioiiun — du gr. irôoô, je ronge ; tnérion, animal). Mamin. Genre -de mammifères rongeurs fossiles, qui paraît devoir être réuni uux castors.
TROGOPHLÉE s. m. (tro-go-flé — du gr.
trôgô, je rouge; pliloios, ecorce). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des brachélytres, tribu des oxyté-
liniens, comprenant vingt-cinq espèces, qui habitent l'Europe, l'Afrique et l'Amérique.
TROGOSITE s. m. (tro-go-zi-te — du gr.
trôgô, je ronge ;sitos, froment). Entom. Genre d'insectes coléoptères hétéromères, de la famille des xylophages, type de la tribu des trogositides, comprenant plus de soixante espèces, qui habitent l'Europe, l'Afrique et l'Amérique : Le trogosite de Mauritanie est répandu par tout le globe. (Chevrolat.) '
— Encycl.Les trogosiies ou trogossiles sont caractérisés par un corps ordinairement allongé, étroit et déprimé; des antennes tout au plus aussi longues que le corselet, terminées en une massue comprimée et un peu dentée en scie; des mandibules assez courtes, robustes, découvertes ou saillantes et croisées; les mâchoires à un seul lobe; la languette presque cornée, non prolongée entre les palpes. Parmi les nombreuses espèces de ce genre, on remarque surtout le trogosite caraboïde ou de Mauritanie; il a 0m,oi de longueur; le corps fortement déprimé, ponctué, d'un brun noirâtre ; les élytres striés. Il habite surtout les pays chauds et se trouve dans les vieux bois. Sa larve, qui nuit beaucoup aux grains, est connue sous le nom de cadette. V. ce mot.
TROGOSITIDE adj. (tro-go-zi-ti-de — de trogosite, et du gr. eidos, aspect). Entom. Qui ressemble ou qui se rapporte au trogosite,
— s. m. pi. Tribu d'insectes coléoptères, de la famille des xylophages, ayant pour type le genre trogosite.
TROGOSSITE s. m. (tro-go-si-te). Entom.
Syn. de trogosite : La larve d'une espèce de trogossite est désignée dans le midi de la France sous le nom de cadelle. (H. Lucas.) Le trogossitb caraboïde est d'un brun plus ou moins foncé, (Bosc.)
TROGUE s. m. (tro-ghe — du gr. trôgô, je ronge). Entom. Genre d'insectes hyménoptères, de la famille des ichneumoniens, tribu des ichneumonides, comprenant plusieurs espèces, qui habitent l'Europe et l'Amérique du- Nord, il Syn. de cydister, autre genre d'insectes.
TROGUE-POMPÉE, historien latin. V. Pompée.
TROGULE s. m. (tro-gu-Ie — dimin. du gr. trôgô, je ronge). Aruchn. Genre d'arachnides, de l'ordre des phalangides, comprenant huit espèces, qui habitent 1 Europe et le nord de l'Afrique.
TROIE ou ÎLION, ancienne ville de l'Asie Mineure, capitale de la Troade, près de la côte de l'Hellespont. Cette cité, si célèbre dans l'antiquité , porta d'abord le nom de Pergaine et fut fondée, croit-on, par une colonie pélasgique. D'après des traditions dans lesquelles la fable abonde, elle eut pour premier roi, vers 1614 avant notre ère, Scamanda, à qui succédèrent Teucer (1590), Dardanus(1568), Ërichthonius (1 537), Tros (1462), d'où elle reçut le nom de Troie, Ilus (1402), d'où elle prit le nom d'Ilion, et par la suite Laomédon et Priam. Ce fut Ilus qui fit construire, près de la citadelle de Pergame, renfermaut le palais des rois et le temple de Minerve, près de la source du Scainandre et au pied du mont Ida, une ville nouvelle, à laquelle on donna le' Lom de Troie ou d'Ilion. Elle fut entourée de puissantes murailles, construites, disait-on, par Apollon et par Neptune, et percées de plusieurs portes, dont les plus célèbres étaient les portes Scées. Sous le règne de Laomédon, Hercule fit une expédition contre la ville, dont il s'empara. Priam, fils de Laomédon, accrut considérablement la prospérité et la puissance de Troie; mais il devait êtra témoin de sa ruine. Ce fut sous le règne de ce.prince, d'après la tradition et les poômes d'Homère, que les Grecs vinrent faire le siège de Troie et ruinèrent cette ville (v. plus bas SIÈGE de Troie). Toutefois, d'après Xanthus de Lydie, cité .par Strabon, le royaume de Troie survécut k lu destruction de la ville jusqu'au jour où une tribu thrace s'empara du pays. Plusieurs siècles plus tard, sous les rois de Lydie, une colonie éolienne fonda près de remplacement où l'on croyait que s'était élevée Troie une bourgade appelée la Nouvelle- Ition. Alexandre le Grand l'érigea en ville libre et envoya à son temple de riches présents. Lysimaque la fit entourer de murailles. En 85, le général romain Fimbria l'assiégea pendant dix jours et la ruina; mais Sylla et, après lui, César la relevèrent de ses ruines et agrandirent son territoire. Cette cité finit par disparaître à son tour, et c'est sur ses ruines, croit-on, que s'élève aujourd'hui le village turc de Tckiblak, Enfin, une troisième ville de Troie fut fondée par Antigone, père de Démêtrius Poliorcète, près de la mer Egée, à environ 28 kilom. de l'Hellespont, Elle porta d'abord le nom i'Anùgonie, puis reçut de Lysimaque, après la bataille d'Ipsus, le nom d Alexandria Troas. Elle acquit de l'importance (lu temps des Romains, puis tomba en ruine. Ses restes portent aujourd'hui le nom turc de Fsfce-Stamboul (Vieille Constantinopie).
La Troie de Priam et d'Homère avait été construite, d'après Platon, « sur une petite émineuce, dans une belle et vaste plaine, arrosée par différentes rivières sortant du mont Ida. » Mais quel était son Véritable em-
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placement? Dès le temps de Slraboa, on était dans l'impossibilité de le déterminer d'une façon précise. Depuis près d'un siècle, on s'est beaucoup occupé de rechercher cet emplacement, et cette question a donné naissance à beaucoup d'ouvrages, parmi lesquels nous citerons ceux du comte de Chniseul- Gouffier, de Le Chevalier, de de Leake, de Spohn, d'Ulrichs, de Forchammer, etc. Jusqu'à ces derniers temps, on a généralement cru que Troie s'élevait dans le lieu où se trouve aujourd'hui le village de Bounar- Bachi. Le comte de Choiseul-Gouffier. ambassadeur de Louis XVI, y fit pratiquer des fouilles, qui y ont été continuées à diverses reprises depuis, mais qui n'ont amené aucun résultat. En 1871, un admirateur passionné d'Homère, M. Scbliemaim, possesseur d'une grande fortune, partit pour !a Troade et se 'mit à son tour à la recherche de l'antique Ilion. Après avoir pratiqué des fouilles près de Bounar-Bachi, le docteur Schlieman, lassé de l'inutilité de ses recherches, se transporta plus près de la mer, à Hissarlick. Là, ses fouilles eurent un plein succès, et il ne tarda pas k être convaincu qu'il avait retrouvé l'ancienne Troie. Pour arriver jusqu'au rocher qui avait servi de base aux diverses cités construites successivement sur cet emplacement, il fallut creuser k une profondeur de 16 mètres. Ces diverses couches de détritus superposées démontraient que quatre villes différentes avaient succédé à la première. La dernière en date, celle dont les ruines se trouvaient à fleur de terre, était, d'après M. Schlieinann, la colonie grecque fondéeavant l'ère moderne, laNouvelle-liion, dans laquelle Xerxès s'était arrêté, en passant en Grèce, pour faire un sacrifice de mille taureaux à la Minerve Glaucopis. Au-dessous de cette ville, on trouva les ruines de deux cités superposées; les maisons delà seconde, bâties non k côté, mais juste au-dessus des autres, témoignaient d'une destruction complète de la première. Après les ruines de ces deux cités, on trouva celles de la véritable Troie; les traces irrécusables laissées par l'incendie, le nombre considérable des ossements, enfin la concordance complète des lieux avec les descriptions laissées par Homère ne permirent pas de douter, dit l'archéologue allemand, qu'on ne fût en présence de la cité de Priam. Au-dessous de cette cité historique s'en trouvait encore une autre, qui avait été la première en date, et dont les fondations reposaient sur le roc même. Les habitants de cette dernière cité étaient d'origine aryenne, comme le prouvaient un grand nombre de tessons et de petites pièces de terre cuite perforées, portant le symbole religieux des Aryens, entre autres le Svatiska des. Indous. Au nombre des objets les plus importants découverts par .le docteur Schliemunn, il faut mettre en première ligue les nombreux spécimens de poteries et de. terres cuites qui varient selon les époques et donnent de précieuses indications sur l'état de civilisation des peuples auxquels ils ont appartenu. Ainsi, les terres cuites trouvées à une profondeur de 14 mètres l'emportent beaucoup sur celles qu'on a trouvées sur les couches supérieures. Elles sont luisantes, de couleur noire, brune ou rouge, et portent des ornements gravés et remplis d'une pâte blanche. Toutes les jattes ont aux deux côtés des tuyaux horizontaux, mais le plus souvent encore des tuyaux verticaux qui permettent de les suspendre à des cordons. La plupart des vases portent un ornement curieux et caractéristique. Cet ornement, c'est la figure de chouette sous laquelle était représentée Minerve, la déesse protectrice d'Ilion, Sur le flanc du vase sont figures le nez crochu, les yeux, les seins et le nombril de la déesse; cet ensemble forme un aspect des plus bizarres. Nous sommes loin de la Minerve de Phidias. Au point de vue de l'art, les poteries trouvées dans la couche supérieure et appartenant k la plus belle période de l'art grec sont plus remarquables. M. Schliemann a trouvé, entre autres, une métope du temple d'Apollon, fragment en marbre, où est représenté le dieu emporté par ses coursiers et qui ne déparerait pas les frises duPaithenon.
A côté d'armes e't d'ustensiles de toute sorte en silex, on en trouve également en or, en argent et en cuivre sans alliage, mais aucune trace de bronze ou de fer. La partie la plus curieuse de cette collection d'antiquités troyennesest celle que M. Sehlieniuuu uésigne sous le nom de trésor du roi Priam, Ce trésor était renfermé dans une grande cai.-.se en bois, dont on a retrouvé la clef. Un des principaux objets de ce trésor, c'est la grande coupe en or fondu du poids de 600 grammes. Cette double coupe, le de pas amphi/cupellon d'Homère, était destinée à souhaiter la bienvenue de l'hospitalité aux étrangers ; elle avait deux anses et deux embouchures, une petite et uue grande; le maître de la maison buvait k la petite, puis tendait la Cnupe k son hôte, qui buvait k la grande et était forcé de vider la coupe, celle-ci ne pouvant se mettre sur la tabie que renversée. Des bouteilles, des gobelets en or, des vases en argeut accompagnaient cet objet d'une importance capitale; ces diadèmes et des bandeaux en or faisaient partie du même trésor. L'un des diadèmes a 0m,51 de longueur et se compose d'une chaîne d'or, de chaque côté de laquelle pendent huit chai-
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nettes, longues de O^ag- et qui sont garnies de feuilles d'arbre en or, destinées k couvrir les tempes. A l'extrémité de chacune de ces chaînettes est une idole en or de 0°»,03 ou Oi^O* avec la tête de chouette. Entré ces deux pendentifs des tempes s'étend une série de 74 chaînettes d'or, longues de oni,io, également couvertes de feuilles d'or et destinées k orner le front. Il faut joindre à cela 60 superbes boucles d'oreilles en or, dont plusieurs ont la forme de corbeille avec des chaînettes , et 6 bracelets d'or faits pour des mains si mignonnes, que des jeunes tilles de dix ans ont peine à les passer; enfin 8,7D0 objets d'or très-artistement faits, troués au milieu, affectant les formes de cylindres, de disques dentés, de boules, de prismes, rie cubes, de feuilles d'arbres, de marteaux, de cloches et de boutons. Il y avait aussi de longues lames d'argent et d'or, pesant de 150 à 820 grammes, que M. Schliemann estime être les talents proposés pour prix dans les jeux. M. Schliemann a fuit connaître le résultat de ses fouilles dans la Troade dans un ouvrage intitulé les Antiquités troyennes, rapport sur les fouilles de Troie qui a été traduit de l'allemand en français par M. R. Rungabé (Paris, 1873, in-8°) et qui est accompagné d'un Atlas des antiquités troyennes, comprenant 218 planches photographiques avec texte explicatif (Leipzig, 1873, in-8°). Le monde savant n'a pas été unanime à accepter les conclusions de l'archéologue allemand et sa conviction qu'il a découvert la véritable Troie de Priai». Nous citerons notamment MM. Vivien de Saint-Martin, Virlet d'Aoust , etc., qui repoussent l'identité d'ilion et dus ruines trouvées k Hissurlick. Toutefois, le résultat des fouilles de M. Schliemann n'en subsiste pas moins. La collection rassemblée par lui au prix de tant d'efforts révèle un monde jusqu k présent inconnu et répand de nouvelles lumières sur mainte
Question de l'archéologie préhistorique. Elle oûrnit k la science de précieux documents pour suivre les progrès de l'art et de l'industrie sou3 Tinlluence combinée du génie hellénique etde la civilisation asiatique, Elle vient appuyer l'opinion louie récente, qui prétend que notre âge de bronze se rattache à une influence orientale dont le foyer a dû être dans le nord de l'Asie Mineure. En effet, les armes de euivrede H issarlick se trouvent être pareilles aux armes de broeze du Danemark et des cités lacustres de la Suisse. Cette magnifique collection devait être la propriété de la France. M. Schliemann, sa- * chant que le sultan voulait la revendiquer, offrit à notre ambassadeur, non de la vendre, mais de la donner à Paris, Celui-ci, imbu des formes administratives, en écrivit à Paris ; l'affaire passa par les bureaux et on lui répondit au bout de huit jours. Pendant ce temps, le sultan avait fait main basse sur cette collection unique au monde.
Trois (siège de), le plus célèbre de l'histoire ancienne et, sinon le plus authentique, du moins le plus poétique, grâce à Homère, qui l'a embelli des plus admirables lictions, enrichi des plus touchants ou des plus sublimes épisodes. Par une bizarrerie sans exemple, c'est l'histoire qui est ici obligée de faire des emprunts à la poésie, c'est-àdire k la liction ; mais on peut croire que l'histoire a primitivement elle-même prêté ses niiitériaux k ['Iliade. Quant a faire la part des deux Muses, ce serait une entreprise impossible ; nous nous contenterons donc de présenter quelques faits sommaires qui paraissent avoir servi de point de départ au chantre d'Achille et d'Hector.
11 existait déjà des motifs de haine mutuelle entre Troie et la Grèce, lorsque Paris, fils de Priain, abusant de l'hospitalité de Ménélas, lui enleva sa femme, la belle Hélène. A cette nouvelle, tous les chefs de la Grèce s'émurent, considérant l'outrage comme fuit k*eux.-mêmes. Les Atrides demandèrent inutilement satisfaction; Priam ne vit dans le rapt dont son fils était l'auteur qu'une juste vengeance exercée contre des ennemis et se refusa a. tout accommodement. C'est alors que l'expédition de Troie fut résolue : les chefs grecs se réunirent à Mycènes, élurent Agametnnon, roi d'Argos, comme généralissime et s'embarquèrent à Aulis , ville de la Béotie. L'année grecque montait k 100,000 hommes, fournis par cinquante-sept petits Etats différents; 1,200 vaisseaux les transportèrent sur les côtes de la Troade. Parai les chefs, on distinguait Agamemnon, le roi des rois; son frère Ménélas, roi de Sparte ; le sage Nestor, roi de Pylos ; le prudent Ulysse, roi d'Ithaque ; les deux Ajax, Diomède, Idoménée, Philoctète, l'ancien compagnon a'Hercule, des flèches duquel il avait hérité, et enfin Achille, le plus vaillant de tous. Troie comptait aussi une nombreuse armée dans sou enceinte; une foule de peuples de l'Asie Mineure, se sentant eux-mêmes menacés par l'expédition hellénique, volèrent à son secours. Elle était défendue par de hautes et puissantes tours et de solides murailles; mais son plus ferme rempart était Hector, fils de Priam, dont l'infatigable courage soutint pendant dix ans tous les efforts de tant de chefs illustres. Selon Homère, la destinée de Troie était attachée a la vie d'Hector, ce qui signifie sans doute qu'il fut le plus intrépide défenseur de sa patrie et que sa mort devait amener la ruine de Troie.
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Pendant dix ans, on se battit de part et d'autre avec un effroyable acharnement et des vicissitudes diverses: tantôt les Grecs s'avançaient jusqu'au pied des murs et les escaladaient dans un élan impétueux; tantôt Hector portait lui-même le fer et la flamme jusque sur les vaisseaux ennemis, franchissant les fossés, les palissades, les murs qui protégeaient le camp des Grecs.
Suivant les poètes, la ruine de Troie dépendait de l'accomplissement de certaines fatalités, auxquelles se dévouèrent plusieurs héros grecs. Ainsi les assiégeants devaient avoir parmi eux un descendant d'Eaque : Achille accourut; il fallait se procurer les flèches d'Hercule, que Philoctète conservait soigneusement dans l'Ile de Lemnos : Ulysse, quoiqu'il fût son ennemi mortel, se chargea d'amener le vieux compagnon d'Hercule au camp des Grecs; on devait s'emparer de la statue de Minerve,le fameux Palladium, que les Troyens conservaient dans la citadelle d'ilion : Ulysse et Diomède remplirent cette périlleuse mission, etc. La dixième année du siège fut signalée par la querelle d'Agamemnon et d Achille, par la mort de Patrocle, immolé par Hector; par la mort d'Hector vaincu et tué par Achille , et d'Achille luimême, qui tomba à son tour sous une flèche que Paris lui décocha traîtreusement. Troie succomba alors sous les effurts des Grecs : ses murs, ses palais, ses temples furent réduits en cendres. Priam, après avoir vu tousses fils égorgés autour de lui, fut percé lui-même par Pyrrhus, fils d'Achille; Hécube, son épouse; Cassandre, sa fille; Andromaque, veuve d'Hector, et d'autres princesses encore furent traînées sanglantes et enchaînées à travers les débris fumants de 4a ville et emmenées en captivité. Le peuple fut dévoré par les flammes ou détruit par le fer vengeur de l'hospitalité violée. Tels sont, suivant nous, les événements qu'on peut revêtir de quelque couleur historique.
D'après l'admirable épisode de Virgile (Enéide, tiv. H), à la fin de la dixième année, les Grecs, fatigués d'un si long siège et rebutés de tant d'attaques inutiles et meurtrières, s'avisèn-nt, suivant les inspirations de Pallas, de construire un gigantesque cheval de bois, dans les flancs duquel ils introduisirent l'élite de leurs guerriers. Ils se tinrent alors cachés dans une lie voisine, après avoir publié que le colosse était une offrande qu'ils consacraient à Minerve pour en obtenir un heureux retour dans leur patrie. Les Troyens, trompés par les feintes révélations du "traître Sinon , abattirent un pan de leur3 murailles pour introduire la gigantesque machina dans la viile; pendant la nuit suivante, les héros grecs sortirent de leur retraite ténébreuse, ouvrirent les portes troyennes au reste de l'armée et massacrèrent sans peine toute cette population endormie. L'invraisemblance historique d'un tel stratagème est trop évidente pour qu'on s'y arrête un seul instant, « Ce fameux cheval de boi^, dit Pausanias,étaitcertainementune machine de guerre propre à renverser dès murs; ou bien ii faut croire que les Troyens étaient des gens stupides, des insensés qui n'avaient pas ombre de raison. »
Les historiens ne s'accordent pas-sur la date de la ruine de Troie; mais c'est l'année 1270 av. J.-C. qui est le plus généralement adoptée.
Troie (la destruction de), poëmo grec de l'Alexandrin Tryphiodora (vu ou vis siècle après J.-C). Ce petit poème, qui ne contient que six cent quatre vingt-un vers, doit sa notoriété k£e que Virgile s en est inspiré dans son deuxième chant de l'Enéide. Quoique l'auteur appartienne à la complète décadence de la poésie grecque, sou oeuvre dénote un véritable talent; on remarque, dans le cadre étroit qu'il s'était tracé, des traits pleins de vigueur et hardiment colorés. Le fond du "poëme n'est que l'épisode de l'entrée du cheval de bois à Troie et le récit de la prise de cette viile. On y distingue un passage dramatique et d'une belle invention. Vénus, sous les traits d'une vieille Troyenne, vient révéler à Hélène le complot formé par les Grecs. Elle lui apprend que son mari Ménélas est du nombre des guerriers enfermés dans le ventre de l'immense cheval. Hélène se précipite aussitôt, elle arrive au temple où le fatal colosse avait été placé, elle s'approche avec précaution, elle appelle les guerriers k voix basse, elle essaye de les charmer en leur parlant de leurs femmes. Les souvenirs frappent leurs coeurs, ils sont émus, ils fléchissent ; l'un d'eux va parler et se trahir; tout sera perdu. Ulysse le prévient et l'étrangle k l'instant. Cette idée est certainement d'une invention fort heureuse; elle anime l'épisode, elle rattache son action aux passions du cœur humain, elle est dans la nature, et par cela même pleine de poésie et de réalité.
Le style a toutes les imperfections d'un siècle de décadence, la recherche maladroite et de faux goût; néanmoins, de temps en temps, un trait vif et hardi frappe le lecteur d'une agréable surprise. Si, d'ailleurs, ce poème n avait pas eu une certaine valeur littéraire, Virgile n'aurait pas emprunté à Tryphiodore cet épisode, et surtout n'en aurait pas traduit plusieurs vers presque littéralement. -
Troie (la prise de), célèbre peinture de
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Polygnote, Cette composition se déroulait sur la muraille de la Lesché, à Delphes. Elle ne retraçait pas les combats terribles que se livrèrent les Grecs et les Troyens au milieu des ruines fumantes d'ilion, mais les conséquences immédiates de ce grand événement. D'un .côté, on voyait le camp des Grecs et les compHgnons de Ménélas se préparant gaiement au retour. Les matelots et les esclaves se pressaient sur le navire où le pilote Phrontis ajustait le gouvernail. Les guerriers enlevaient les tentes fixées depuis dix ans sur la plage. Hélène, rendue à son époux, n'était point encore embarquée; on la voyait nonchalamment assise au milieu de ses femmes occupées à la parer, toujours jeune, toujours belle, toujours reine et triomphante, ne semblant pas même s'apercevoir des maux qu'elle avait causés. Et cependant le peintre avait eu soin de réunir, non loin d'elle, les prisonniers troyens : Hélénus, fils de Priam, vêtu de pourpre et plongé dans le désespoir: Mègès, le bras brisé; Lycomède, couvert de blessures; Euryale, Sa tête ensanglantée, et, parmi les Troyennes destinées à la servitude, Andromaque, ayant la tète voilée et allaitant son enfant; Polyxène, Climéne, Creuse, Dinodice, les plus choyées de la nombreuse famille de Prinm; Dinomène, Pisis, Métioché et d'autres belles jeunes femmes groupées de la manière la plus charmante. Le siige Nestor, appuyé sur sa lance, paraissait veiller sur ces précieuses esclaves. D'un autre côté , on apercevait Epéus occupé à démolir les murs d'ilion, derrière lesquels apparaissait la tête d.u fameux cheval de bois; les rois grecs, assemblés autour de l'autel de Minerve, recevaient le serment d'Ajax, jurant qu'il n'avait point violé Cassandre, la prophétesse inspirée; celle-ci, affaissée vers le sol; tenait encore la statue de la déesse à laquelle elle s'attachait suppliante, quand Ajax l'avait entraînée. Ulysse, revêtu de sa cuirasse, accusait Ajax, qu'il espérait faire lapider comme impie. Pyrrhus, fils d'Achille, n'était point parmi les rois; dans son ardeur à venger son père et sa soif de carnage, il continuait à répandre le sang des Troyens; autour de lui se pressaient les morts et les mourants : Elasos, Asiinoûs, Eionée, Admète, Agénor, Axion, amis ou parents de Priam, et Priam lui-même, que ses cheveux blancs n'avaient point sauvé. Çàet là s'élevaient, dans les rues désertes de la ville, des monceaux de cadavres. Une peau de panthère, suspendue au-dessus d'une .porte, signalait la maison d'Anténor, que ce gage de reconnaissance avait fait respecter pur les Grecs, car Anténor était leur hôte. Auprès de celui-ci sa tenaient sa fille Crino, ayant dans les bras un nouveau-né; la prêtresse Théacio avec ses fils ; Glaucus, assis sur sa cuirasse, et Eitrymaque, sur une pierre. Ces derniers s'abandonnaient à la plus profonde douleur, à la vue des ruines de leur patrie et à la pensée de l'exil.
La vaste composition que nous venons de décrire offrait ainsi des contrastes saisissants de joie et de désespoir. « Tout en s'adressant à l'orgueil national des Grecs, dit M. Beulé, tout en représentant leur triomphe sur l'Asie, Polygnote avait voulu toucher les cœurs. Il s'était attaché a rendre moins le draine que ses conséquences lugubres, moins les exploits que les larmes ; il intéressait aux vaincus; il montrait ce que leur infortune avait d'amer, de pathétique, d'injuste peutêtre; il tempérait les joies féroces qu'inspire la victoire par les émotions de la pitié, plus dignes d'un siècle civilisé. C'était tirer du sujet sa moralité la plus haute. » Polygnote avait retracé le même sujet sur les murs du Pœcile, à Athènes; les auteurs ne décrivent point cette composition et nous apprennent seulement que le peintre 'avait donné à Laodicé, une des captives troyennes, les traits d'Elpinice, sa maltresse, qui était la sceurde Giraon.
Troie (la prise de), fresque de Cornélius; à la glyptothèque de Munich. Hécube , la vieille reine, rassemblant autour d'elle ses filles effarées, occupe le milieu de la composition. Priain est déjà mort, et Néoptoleme balance par le pied le petit Astyanax, qu'il s'apprête a lancer par-dessus la muraille. Andromaque, évanouie, s'est affaissée sur les genoux d'Hécube à laquelle s'attache Polyxène, craignant d'être emmené par Ménélas. Hélène, cause de tant de désastres, s'appuie, honteuse et craintive, contre une colonne, redoutant les regards de son époux, tandis que Cassandre, qu'Agamemnon essaye de faire taire, prophétise les malheurs de la maison des Atrides. La silhouette du cheval de bois se dessine sur l'embrasement de la ville, au-dessus du groupe des guerriers grecs tirant le butin au sort. Dans l'angle du tableau, l'on voit Enée emportant son père Anchise et les dieux d'ilion.
Si l'on soumet cette composition à une rigoureuse analyse, on trouve à reprendre certaines exagérations et même certaines incorrections de dessin ; la coloris est pâle et la touche sans accent ; mais, si l'on considère l'œuvre dans son ensemble, il est impossible de ne pas être frappé de son caractère de grandeur et de noblesse. L'artiste s'est mis à la hauteur du sujet, ce qui n'est pas peu dire; le cadre est relativement petit; l'ampleur du style et la force de l'expression le décuplent. La figure d'Hécube, abîmée dans
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la douleur, est comme la note fondamentale de l'harmonie grandiose qui règne dans la composition et qui lui imprime un cachet saisissant de sombre fatalité. En admirant cette figure et celle de Cassandre, qui plane, prophétesse désolée, sur les ruines de sa patrie et de sa famille, on oublie les défauts d'un Néoptoleme théâtral et d'un Priam démesuré.
TROIE-EN-POUILLE, ville d'Italie (Capitanate). V. Troja.
TROÏL (Samuel), en latin Troiiiu. , prélat suédois, né en Dalécarlie en n06, mort à Upsal en 1764. Grâce a l'étendue de ses connaissances et à son grand talent oratoire, il devint successivement grand aumônier du roi (1740), président du consistoire (1743), évêque de Vesteras (1751), archevêque d'Upsal ( 1757 ) et membre de l'Académie des sciences de Stockholm. On a de lui, outre une dissertation, De matjnetismo morum naturali, un grand nombre de sermons, discours, mandements, etc.
TROÏL (Uno db), en latin Troiliu», prélat et littérateur suédois, fils du précédent, né à Stockholm en 174G, mort en 1803. Il fit ses études théologiques k l'université d'Upsal et s'y signala par des talents précoces qui lui valurent d'être envoyé à l'étranger aux frais du gouvernement. Il visita successivement l'Allemagne, la France et l'Angleterre, se lia k Paris avec l'élite des écrivains français et, k Londres, fut présenté par son compatriote Solander au célèbre Banks. Il aocomfiagoa ensuite ces deux naturalistes dans eur excursion en Islande et revint, en 1773, dans sa patrie, où il fut nommé d'abord aumônier d'un régiment, puis successivement évêque de Linkœping, président du consistoire de Stockholm et, enfin, archevêque d'Upsal et vice-chancelier de l'université de cette ville. Il profita de l'influence que lui donnaient ces hautes fonctions pour introduire d'utiles réformes dans l'organisation religieuse et pour activer les progrès des études. On a de lui, entre autres écrits : Spécimen philosophie homericx, thèse soutenue avec beaucoup d'éclat k Upsal en 1766; De Jïunarum in Sueeia antiquitate[m0); Lettres sur un voyage en Islande (Upsal, 1777, in-8°), excellente relatiomde l'excursion qu'il avait exécutée en compagnie de Banks et de Solander; elle a été traduite en français par Lindbloni (faris, I78l,in-S°); Mémoires relatifs à l'histoire de l'Eglise et de ta Réforme m Suède (Upsal, 1790-1795, 5 vol. iu-so).
TROÏLB, fils de Priam et d'Hécube. Les oracles uvaient annoncé que Troie ne pourrait être prise tant qu'il vivruit. Il eut cependant l'imprudence de défier Achille, qui le tua dans le temple d'Apollon Thymbrée.
TROILI (Placide), historien italien, né à Montalbano (Basilicate) vers 1687, mort en 1757. Devenu supérieur d'un couvent de cisterciens en Calabre, il fut chargé de se rendre k Rome pour soutenir les droits de son monastère contre les prétentions des cisterciens toscans, qui uvaient eu jadis des droits sur cette maison. Mais, en arrivant k Rome, Troili se laissa gagner par ceux qu'il était venu combattre. Cette conduite déloyale excita la légitime indignation des moines calabrais, qui dépouillèrent Troili de sa dignité d'abbé, et ce personnage dut se retirer, en 1740, dans le monastère de Realvalte, où il passa le reste de sa vie uniquement occupé île travaux historiques. Ses principaux ouvrages sont ; Histoire générale du royaume de Naples (Naples, 1748-1754, U vol. iu-4»), compilation indigeste de matériaux extraits des historiens nationaux et étrangers, contenant une foule de faits qui u'ont aucun rapport avec l'histoire du royaume de Naples ; Dissertation sur la défense de saint Thomas d'Aquin (Naples, 1749, in-4»); Theoloyia posiiioo-scnlastico-histurica (Naples, 1754, 2 vol. in-fol.), dont les huit derniers volumes sont restés inédits.
TROILIUS, nom de deux prélats suédois.