MOLIERE
— Troisième : Numéro trois. Henri trois. Folio, paye trois. Chapitre trois.
— Et de trois, Voilà la troisième fois : Et db trojs 1 si cela dure, nous irons loin.
— Les trois quarts du temps, Proprement trois fois sur quatre, •très-fréquemment, le plus souvent : Il est ivre les. trois quarts du tkmps.
— Trois et quatre fois, Beaucoup, infiniment : O trojs et quatre fois spirituelles femelles/ (Beauinarch.) Il Cette expression est empruntée k Virgile.
— Blas. Au nombre de trois sur un rang horizontal, les rangs étant toujours comptés à partir du chef : Forges porte D'azur, à six besanis d'or, trois, deux, un. (Acad.)
— Mus. Mesure à trois-huit, à trois-quatre, à trois-deux, Mesure comprenant trois huitièmes, trois quarts, trois moitiés de la ronde, c'est-à-dire trois croches, trois noires, trois blanches.
— s. m. Deux unités plus une : Trois est un nombre premier. Le carré de trois est ieuf.
— Troisième jour d'un mois : Il doit partir le trois novembre. Le trois de mai, je mis le pied sur les côtes de France. (Chateaub.)
— Chiffre qui représente trois unités : Effacez ce trois. Trente-trois s'écrit par deux trois.
— Jeux. Carte à jouer marquée de trois' figures semblables : Le trois de carreau, le trois de pique, te TROIS d'atout. Il Face d'un dé, case d un domino, murquées de trois points : J'ai amené deux trois. Il n'y a plus de trois dehors.
— Arithin. Règle de trois, Règle ayant pour but la solution de tous les problèmes dans lesquels on cherche le quatrième terme d'une proportion dont trois termes sont donnés.
— Bourse. Trois pour cent, Taux de l'argent réglé a, 3 francs pour 100 francs par an.
il Rente sur l'Etat calculée d'après le capi-' tal qui produit 3 francs de rente par an : Le trois pour cent est très-recherché. Le trois pour cent a fait 68.
Encore un innocent
Qui vient brûler son aile autour du trois pour cent!
PONSARD
— Allus. littér. Il en est jusqu'à trois que je pourmii citer, Vers de Boileau, satire x (Sur les femmes) :
Mais je vous dirai. ......
Qu'aux temps les plus féconds en Phrynés, en Lais, Plus.d'une Pénélope honora son pays; Et que, môme aujourd'hui, sur ce fameux modèle, On peut trouver encor quelque femme fidèle. Sans doute, et dans Paris, si je sais bien compter, Il en est jusqu'à trois que je pourrait citer.
Ce dernier vers est resté proverbial pour faire entendre ironiquement que les supériorités sont des exceptions peu nombreuses, dans quelque ordre d'idées que ce soit :
■ On peut être homme d'esprit, sans cesser d'être homme de bien ; on peut être journa-
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liste sans abdiquer sa conscience ; fen connais même jusqu'à trois, que je pourrais citer, et dont cependant je me garderais bien de devenir l'ami. •
Raspail.
« Mais, dira-t-on, les mœurs ont changé; l'ancien régime avait tout corrompu, nous jouissons des bienfaits de la Révolution, et si le désintéressement des hommes en place ne le prouvait pas suffisamment, la sagesse des actrices attesterait cette réforme. Il est certain qu'il y a maintenant des exceptions, rares sans doute, mais enfin on peut dire, comme Despréaux en faveur de ces dames : Il en est jusqu'à six que je pourrais nommer. . Castil-Blaze.
— Que vonlies-vous qu'il fît contre trois?
Vers célèbre de Corneille. V. mourir.
Troi» nonce*» (les), roman en trois volumes, par M. E. Gonzalès (1846). Chaque volume contient une nouvelle différente, sans liaison avec ia précédente; elles sont intitulées : le Sauf-Conduit de Lucia, la Fiancée d'Eric et le Roi des raffinés sous Louis XIII. Lorsqu'il les écrivit, l'auteur devait, suivant une expression vulgaire, broyer du noir, car elles sont tragiques et sombres comme un chapitre des Mystères de l'inquisition. La dernière, la moins intéressante, est une espèce d'étude des mœurs des raffinés sous Louis Xlli et du caractère de Richelieu, plus hypocrite encore queMazarin.
Le Sauf-conduit est un épisode du siège de Gênes, en 1S00. Le fiancé d'une Génoise a été tué; sa sœur se rend au camp du général Mêlas pour réclamer son corps, munie d'un sauf-conduit réclamé pour elle par le major Rudiger, un Autrichien prisonnier à Gênes. Le cadavre est rendu; mais le major, soudard sans foi ni loi, a fait voler le saufconduit de la jeune fille et la retient prisonnière au mépris du droit des gens. Le fiancé de Lucia, Lorenzetto, pénètre dans le camp autrichien, pour veiller sur elle, et le major le fait enchaîner. Pour mettre le comble à ses infamies, il veut profiter de la nuit et violer Lucia, mais Lorenzetto est la; un combat s'engage dans les ténèbres; Rudiger succombe, et Lucia, son fiancé et le corps qu'ils avaient été chercher rentrent à Gènes sans éveiller les soupçons des soldats autrichiens.
La Fiancée d'Eric est aussi une singulière histoire. Quelques soudards de l'armée de Charles XII, sous le commandement d'un aventurier nommé Hermann , vont la nuit mettre Lutzen au pillage et tuent lâchement, vingt contre un, un jeune officier saxon appelé Eric, qui défendait contre leurs insultes sa fiancée Marguerite. Le lendemain, la malheureuse jeune tille va porter plainte au roi, qui lui promet de la réclamer si elle est arrêtée pour avoir vengé Eric. Le parti de Marguerite est vite pris. Sous les habits d'un garçon et sous ie nom de Christian Zorn, elle s'engage dans l'armée où, à force de patience et de finesse, elle obtient de la bouche même du coupable l'aveu de son crime, « Dis-moi comment tu l'as tuéî — Rien de plus simple; je me suis rué sur lui et, de ma main gauche, je l'ai saisi par les cheveux. — Je comprends, dit Marguerite en posant sa main moite de sueur sur la tête d'Hermann. — Et puis je l'ai renversé sur le genou. — En le renversant en arrière comme ceci, n'est-ce pas, ajouta la jeune tille eu joignant, par un effort surlfumain, le geste à la parole, — Doucement, brigand, s'écria Hermann en riant, doucement, si tu ne veux pas rouvrir la plaie qu'un Cosaque du Don m'a l'aile au crâne I — Et quand une fois tu l'as tenu ainsi ployé sur ton genou 1 continua Marguerite. — Alors, je lui ai posé sur la gorge la pointe de mon sabre. — Est-ce bien la la place,... dis? » Et la jeune tille piqua de la pointe du sabre le cou du meurtrier, a Plus liaut, démon 1 » reprit Hermann en éclatant de rire si franchement que tout autre que la fiancée d'iiric eût été désarmé par tautde confiance ; mais elle voyait l'ombre du Saxon devant ses yeux et l'ombre dirigeait sou bras, roidissaitsamain,exahaitsoncœur. « Etalorsî deinauda-t-elle. — Alors, je lui ai tout simplement enfoncé trois fois mon sabre dans la gorge. Lfe prùfundisl mais c'était un beau garçon. — C'est donc ainsi que tu portas le coupl ' s'écria Marguerite en plongeant le sabre à trois reprises dans le cou d'Hermann. Christian Zorn fut condamné à mort, mais Marguerite rappela sa parole au roi,qui lui fit grâce.
Ces trois histoires tragiques sont racontées avec ce sens dramatique qu'on rencontre dans les compositions de M. Emmanuel Gonzalès, qui se rattache par le choix de ses sujets et par sa facture à l'école romantique.
Trois lmpoiunn (TRAITÉ DES). V. IMPOS- TEUR.
Trois eonaluaa (les) , comédie en trois actes et eu prose, de Dancourt; représentée en 1700. La scène est à Creteil et se passe au moulin, ou peu s'en faut. La meunière a deux filles, plus une nièce, qui ne manquent d'amoureux ni l'une ni l'autre. D'autres meuniers et meunières, des bohémiens et des bohémiennes, des pèlerins et des pèlerines interviennent dans les divertissements
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placés entre les actes. Le fond de la pièce est une trame des plus légères : elle se réduit à une conspiration de trois jeunes paysannes qui cherchent des expédients pour donner le change à une surveillance trop pesante. Ce que femme veut, le diable le veut. Le complot féminin, les amoureux aidant, ne peut manquer d'aboutir. M. De Lorrae, père de Colette, et la meunière, qui a charge d'âmes, cherchent à se tromper mutuellement ; l'indiscrétion et ht crédulité du premier, l'empressement un peu vif de la seconde, donnent lieu à. des scènes très-plaisantes. Colette est pleine d'esprit, mais ses ruses ne passent point la portée d'une paysanne ; ses amours n'ont rien de ce ton pastoral qui est de mise dans les opéras-comiques. La petite conspiration des trois cousines faisait beaucoup d'effet au théâtre ; les deux scènes où elles se trouvent ensemble ne manquaient jamais d'exciter les applaudissements. On a reproché à Dancourt de n'a- I voir pas conservé aux trois cousines le patois | du village où elles ont été élevées; mais la ' perspective théâtrale exige parfois le sacrifice de la vérité réelle. Comment sauvegar- ' der la malice naïve et les grâces de ces jeunesses au moyen d'un jargon convenu qui sert au théâtre pour exprimer la niaiserie ou la grossièreté? L'auteur, ayant voulu peindre les ruses que peuvent employer des jeunes filles dont on gêne l'inclination, devait se maintenir dans la vérité artistique. Le rôle de Biaise est original et gai; son embarras lorsqu'il s'explique pour la première fois avec Colette, ses balourdises avec De Lorme, son empressement à donner l'idée du pèlerinage rendent d'après nature le caractère cauteleux et niais du paysan en général.
Dancourt n'a songé qu'à présenter une suite de tableaux amusants, mêlés de danses et de vaudevilles, où le comique n'est jamais forcé. On trouve dans cette pièce, plus encore que dans les autres ouvrages de l'auteur, cette gaieté vive et légère et cette étonnante facilité qui caractérisaient son talent. Son esprit semblait haïr les combinaisons savantes; il se contente de plaire sans prétention et sans indécence. Un dialogue rapide, un naturel bien observé , font presque tout l'agrément d'une des meilleures bagatelles qui aient diverti le public français.
Trois sultanes (LES) OU Soliman JI, Comédie en trois actes et en vers, de Favart; Comédie-Italienne, 9 avril 1761. La pièce est tirée du conte de Marmontel intitulé Soliman II. Ce conte n'est qu'un badinage assaisonné de bel esprit, de saillies piquantes et de traits philosophiques. Marmontel n'avait pas prétendu y conserver la couleur locale, ni présenter un tableau fidèle des mœurs du temps et du pays où l'action est censée avoir ou lieu; il n'avait pas même cherché à peindre des sentiments, des caractères, ni à exposer des principes qui pussent s'appliquer a tous les temps ; il se contenta de revêtir son sujet de l'habillement de son époque et de faire parler à ses personnages le langage de la bonne compagnie contemporaine... En outre , l'anecdote sur laquelle Marmontel a bâti son conte est invraisemblable. 11 est impossible, d'après les lois et les mœurs des Turcs, que le fuit du mariage de Soliman se soit passé comme il le suppose; Roxelane n'est point un personnage fictif, elle a existé ; mais la Roxelane historique est prodigieusement différente de la Roxelane romanesque. L'intrigue est d'une simplicité presque enfantine. Ce sultan, blasé sur les plaisirs des sens par la facilité et la satiété, et qui finit par épouser une beauté spirituelle au nez retroussé, ne peut exciter grand intérêt; mais Roxelane est séduisante. Elle ressemble beaucoup à la Du Barry, et il est bien, évident que le sultan blasé est tout le portrait de Louis XV; cependant, si Favart a voulu mettre sur la scène les mœurs de la cour de France, il ne pouvait avoir en vue, en 1701. que M™" de Pompadour, la Du*f3arry ne devant faire son apparition que quelques années plus tard.
Les Trois sultanes furent reprises en 1803 et accueillies encore avec faveur. < La pièce, écrivit Geoffroy, est couduita avec art; le dialogue étincelle d'esprit et d'agrément; les caractères surtout sont d'une touche trèsfine et très-brillante... L'effet de cette pièce dépend beaucoup du jeu ; elle eut l'avantage d'être représentée dans la nouveauté par une réunion d'artistes excellents; M»« Favart (Roxelane) était l'idole du public et répandait sur toute la pièce une gaieté, un mouvement et un intérêt qu'on cherche en vain aujourd'hui ; on ne s apercevait point alors que les deux premiers actes sont froids et vides, et que le style est lâche et verbeux. »
Trois âges de l'Opéra (les), prologue, paroles de De Vismes, musique de Gretry ; représenté par l'Académie royale de musique le 27 avril 1778. De Vismes , alors directeur de l'Opéra, voulut inaugurer sa nouvelle administration par cette pièce de circonstance. Lulli, Rameau et Gluck en étaient les héros; et, en effet, les principaux opéras de ces maîtres furent montés et exécutés pendant le cours de cette anuée avec une rapidité et une magnificence de décors et de costumes qni épuisèrent et ruinèrent le directeur. En ce temps de cabales et d'intrigues de toutes sortes, les différents genres
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de musique soulevaient des débats passionnés, et De Vismes crut trouver une occasion de les faire tourner au profit de sa gestion, en faisant alterner la troupe italienne avec les acteurs français. Les opéras de Piccinni, de Paisiello, d'Anfussi succédaient à ceux de Lulli, de Mouret, de Rameau et de Philidor. Le feu de la lutte s'entretenait ainsi sans grand profit pour l'art véritable , qui veut la distinction des genres, et au grand détriment de l'administration financière.
Trois noces (lbs) , opéra-bouffe en trois actes, paroles de Berettoni, musique de M. Alary; représenté au Théâtre-Italien le 29 mars 1851. Le livret reproduit la pièce da Pourceaugnac de Molière. Le vieux baron d'Acetoaa doit épouser la fille de la marquise de Forli ; mais Luisa lui préfère le chevalier de Villa-Franca. Le valet Cricca, aidé d'une rusée soubrette , conduit l'intrigue. Tour à tour on berne le baron, on lui fait danser la polka , on l'accuse d'avoir été un séducteur ; il est provoqué en duel, on le fait aller à un rendez-vous d'amour, on l'y surprend aux pieds de la marquise, qui ne peut que lui accorder sa main. Luisa épouse le chevalier au nez du baron, et Cricca la soubrette. Il y a donc trois mariages conclus au dénouaient, ce qui explique le titre de l'opéra. La musique en est agréable, essentiellement mélodique et dans le goût des anciens opérai italiens. Parmi les morceaux d'ensemble, on a remarqué le chœur de moquerie au premier acte, le quatuor : Ah! mio bene nel petto, qui a de la vivacité, et un bon sextuor sans accompagnement au troisième acte. M^es Soniag, Ida Bertrand et Mlle Giuliani ont fait valoir les rôles de femmes, l'air de contralto : Perché ognun non è al suo .posto , les variations : Già délia mente iuuotasi. Lablaehe et Gardoni ont aussi puissamment aidé au succès de cet ouvrage.
Trois Nicolas (les), opéra-comique en trois actes, paroles de MM. Scribe, Bernard Lopez et Gabriel de Lurieu, musique de Cîupissou; représenté à l'Opéra-Comique le 16 décembie 1858. Il s'agit dans la pièce d'une aventure de la jeunesse de Dalayrac, aventure singulièrement amplifiée, puisqu'on lui fait épouser au déuoûment une chanoinesse, Hélène de Villepreux. L'acteur Trial est aussi mis en scène. Cette pièce, dite de galeiie, a. peu d'intérêt. Trois personnages se rencontrent à un rendez-vous, travestis et masqués et prenant tous trois le nom de Nicolas ; tel est le motif déterminant du titre de la pièce. C'est dans cet opéra -comique qu'a débuté le ténor Moutaubry. Il a conquis tout de smie les suffrages du public dans ie rôle de Dalayrac. La partition, écrite avec beaucoup de souplesse et d'habileté , renferme , entre autres morceaux intéressants , de jolis couplets , chantés au premier acte par Hélène ; le duo de Dalayrac et du vicomte, celui.de la leçon de chant dans le second, et dans le troisième le gracieux air tiré à'Azemia : Aussitôt que je t'aperçois, intercalé dans l'ouvrage. Le caractère tendreet sentimental de la musique dp Dalayrac a été reproduit avec assez de fidélité dans tout son rôle par le compositeur. Distribution : Couderc, le vicomte d'Anglars; Montaubry, Dalayrac; Prilleux, le marquis de Villepreux; Berthelier, Trial; Mlle Lefebvre, la chanoinesse Hélène; Ml'8 Lemercier, Rosette.
Trois ailes (nous étions), chanson populaire. Un berger entre trois bergères I le malheureux! triplement berné, triplement hué pourson respect et sa réserve, il entendra siffler longtemps à ses oreilles cette chanson insolente comme la raillerie antique du Faune caché dans les fourrés de Dodoue.
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