TI*C03 = £0 J 02
La couche d'oxyde qui se forme à la surface du thallium, lorsqu'on l'expose à l'air, absorbe graduellement l'anhydride carbonique
THAL
et se convertit en carbonate, qui souvent forme des aiguilles cristallines. Une solution aqueuse saturée d'oxyde thallieux absorbe rapidement le gaz carbonique et laisse déposer le carbonate en cristaux. On peut préparer d'ailleurs de grandes quantités de ce sel pur en abandonnant dans une atmosphère légèrement chaude du thallium granulé et humide. On fait ensuite bouillir le métal carbonate avec de l'eau renfermant un excès de carbonate ammonique et l'on filtre. Le carbonate thallieux se dépose", par le refroidissement de la liqueur, en cristaux jaunes, qu'une nouvelle cristallisation rend incolores. Le carbonate thallieux cristallise en groupes de prismes, qui offrent des faces comprises dans une zone et qui appartiennent probablement au système trimétrïque. Ces cristaux sont brillants, très-réfringents et très-lourds ; ils ressemblent à ceux de carbonate de plomb. Ils sont anhydres ; leur saveur est k la fois astringente, sucrée et caustique; elle persiste pendant longtemps sur la langue.
Chauffé, il fond, bien au-dessous du rouge, en un liquide clair qui se prend, par le refroidissement, en une masse cristalline d'un gris foncé. On peut le maintenir longtemps en fusion sans qu'il se décompose et perde de son poids; si, cependant, on pousse la chaleur jusqu'au rouge sombre, il dégage des vapeurs blanches et des bulles de gaz. La densité du sel fondu est 7,06 (Lamy). Il n'est pas très-soluble dans l'eau froide : 100 parties d'eau en dissolvent 4,02 parties à 15°,5, 11,7 parties il 60» et 27,21 parties à la température de l'ébullition. La densité de la solution aqueuse, saturée à froid, est de 1,0377. Cette solution a une saveur métallique et fortement caustique; sa réaction est alcaline et on ne parvient pas à la faire disparaître en faisant passer un excès de gaz carbonique à travers la liqueur.
— -^-chlorate thallieux TICIO'. On le prépare en dissolvant le thallium dans l'acide chlorique ou en mélangeant des solutions saturées de chlorate de potassium et de nitrate thallieux. 11 est peu soluble dans l'eau, où il cristallise en longues aiguilles anhydres. Ses solutions jaunissent lorsqu'on les chauffe et dégagent des composés oxygénés du chlore, pendant que ie liquide évaporé jusqu'en consistance sirupeuse laisse déposer de petits cristaux brillants, incolores, que l'eau, l'alcool ou l'ammoniaque décomposent immédiatement avec séparation d'oxyde thallique. V. THALLIUM et THALLIQCE.
— i-chromates. Le chromate neutre
WCrO* est un précipité jaune pâle, que l'on obtient en ajoutant du chromate jaune de potassium à la solution neutre d'un sel thallieux légèrement alcalinisée par l'ammoniaque. Il est très-peu soluble dans l'eau. Le dichromate (CrO*)2T120T s'obtient sous la forme d'un précipité jaune orangé par l'addition du dichromate de potassium k la solution d'un sel thallieux neutre (Crookes). D'après Welni, ce sel se dépose en cristaux jaune orangé microscopiques d'une solution du chromate neutre dans l'acide sulfurique étendu bouillant. Lorsqu'on fait bouillir l'un des deux sels précédents avec de l'acide azotique modérément concentré, on obtient une solution qui laisse déposer, par le refroidissement, des cristaux couleur cinabre , qui consistent probablement en trichromate thallieux (CrO2)3Tl20*. Ces cristaux sont fort peu solubles dans l'eau, dont 100 parties ne dissolvent que 0,0354 partie à 15<>,5 et 0,2279 partie à 100°. Eurin , on prépare un sesquichromate, que l'on peut considérer comme formé par la combinaison d'une molécule du sel précédent avec une molécule d'oxyde de thallium en faisant cristalliser le sel neutre dans de l'acide sulfurique d'une concentration moyenne.
Tous les chromâtes de thallium sont décomposés par l'acide chlorhydrique concentré, avec dégagement de chlore et formation de chlorure thallieux et, de chlorure chromique soluble. Traités par un mélange d'acide chlorhydrique et d'alcool, ils abandonnent la totalité du thallium à l'état de chlorure entièrement ou presque entièrement insoluble dans ce liquide, tandis que le sesquichlorure de chrome entre en solution. Le sulfate de sodium, mélangé d'acide chlorhydrique, entraîne aussi la précipitation complète du chlorure de thallium.
— i-eitrate thallieux C6HSS.T1307. C'est un sel très-déliquescent, soluble dans l'alcool, difficilement cristallisable.
— «. cyanate thallieux. Il se précipite, lorsqu'on mélange des solutions alcooliques de cyanate de potassium et d'acétale thallieux, en petites plaques brillantes très-solubles dans l'eau, peu solubles dans l'alcool.
— \-formiate thallieux CHTIO*. On le prépare en dissolvant le carbonate dans l'acide formique. Il est très-soluble dans l'eau et fond sans décomposition au-dessous de 1000.
— y.-hyposulfaie ou dilhionate thallieux T12S206. C'est un sel très-soluble dans l'eau, d'où il se sépare en cristaux vitreux qui ont la forme de tables et qui sont probablement isomorphes avec le sel de potassium qui leur correspond.
— v-hyposulfile thallieux. On obtient un hyposullite &oti\iso- thallieux
(NaSSSOspiT^SW)*,
PO
THAL
en dissolvant du chlorure thallieux dans une solution bouillante d'hyposulfite de soucie. II cristallise en longues aiguilles soyeuses, entrelacées, qui renferment dix molécules d'eau de cristallisation. Lorsque la cristallisation a lieu au sein d'une petite quantité d'eau, il forme de petits grains dont l'eau de cristallisation n'a point été déterminée. Au ronge, il se résout en sulfure et sulfate de sodium et, fondu, il donne du sulfure de thallium qui foisonne considérablement.
— e-iodate thallieux T1I09. C'est une poudre blanche qui se précipite lorsqu'on mêle de l'azotate thallieux avec de l'iodate potassique. Il est peu soluble dans l'eau froide, plus facilement soluble dans l'eau chaude.
— -x-malate thallieux. C'est un sel déli-
?uescent qui cristallise avec difficulté et qui ond au-dessous de 100°.
— a-molybtlate thallieux TlMoC-î. On obtient ce sel par double décomposition au moyen du molybdate de sodium et de l'azotate de thallium ; il se sépare en écailles nacrées qui se dissolvent un peu dans l'eau pure et facilement dans l'eau ammoniacale.
— rnitrate thallieux AzTIO3. Ce sel se dépose en aiguilles d'un blanc mat d'une solution de thallium dans l'acide azotique. Il fond à 205» en donnant un peu d'oxyde thallique. Ainsi purifié, il n'est point précipité par l'ammoniaque. Sa densité est de 5,8; il est insoluble dans l'alcool, mais soluble dans l'eau, dont la solution saturée en renferme 9,1 pour 100 à 180, 43,7 pour 100 à 58" et 55 pour 100 à 100» (Crookes). Les cristaux sont trimétriques et ne présentent pas de clivage distinct. L'indice de réfraction pour la partie la plus brillante du spectre, dans le plan de la section principale de la base et pour le rayon polarisé dans ce plan, est égal à 1,817 (W.-H. Miller).
— x-cxalates thallieux C2T120* et C^HTIO*. Ces sels ont été décrits à propos de l'acide oxalique.
— i-oxalique. Nous nous bornerons à décrire ici l'oxalate cuprico-t liai lieux
C*Cu"T120B,2H*0.
Ce sel se dépose en petites aiguilles aplaties soit d'une solution de carbonate cuivi'ique dans l'oxalate de thallium, soit d'un mélange de solutions des deux sels constituants. Quand on cherche ii le faire recristalliser, il se décompose en partie,
— l-phénate de thallium C6H»T10. C'est une poudre cristalline qui se précipitelors-
. qu'on mêle un sel thallieux avec de l'acide phénique. 11 est peu soluble dans l'eau froide et cristallise, par le refroidissement àe sa solution faite à chaud, en belles aiguillesdéliées. Par l'action de la chaleur, il fond sans se décomposer. Le phényl-sulfamate ou sulfanilate est déliquescent, peu soluble dans l'alcool, insoluble dans l'éther. Il cristallise avec une grande facilité dans un mélange d'eau, d'alcool et d'éther.
— u-phospkates de thallium au minimum.
Les phosphates de thallium forment une série presque aussi complète que celle des phosphates alcalins, auxquels ils ressemblent par la manière dont ils se comportent lorsqu'on les chauffe. Ils sont incolores, presque tous facilement solubles dans l'eau et insolubles dans l'alcool. Leurs solutions aqueuses concentrées donnent, avec l'acide azotique, un précipité de nitrate thallieux et, avec les alcalis, un précipité d'orthophosphate trithallieux fort peu soluble. Elles ne donnent lieu à aucune réaction lorsqu'on les traita par les alcalis caustiques en présence d'un carbonate alcalin ou , à plus forte raison, lorsqu'on les traite par les carbonates alcalins purs.
1=> Orthophosphates. Il en 'existe trois : le sel monothallieux, la sel dithallieux et le sel trilhallieux.
— Orthophosphate monothallieux
Ce sel prend naissance lorsqu'on mélange une solution d'orthophosphate dithallieux avec une quantité d'acide phosphorique suffisante pour lui communiquer une réaction acide. Par l'évaporation de ses solutions concentrées, il cristallise en lamelles nacrées, facilement solubles dans l'eau , insolubles dans l'alcool. Il fond sans altération à 190», et il se convertit, si la température s'élève davantage, d'abord en pyrophosphate, puis, à la chaleur rouge, en métaphosphate.
— Orthophosphate dithallieux
)OH |(OTl)S*
Il se produit lorsqu'on neutralise, à la température de l'ébullition, l'acide phosphorique par le carbonate de thallium. La solution évaporée jusqu'à consistance sirupeuse laisse déposer d'abord des cristaux du sel anhydre, puis d'autres cristaux qui renferment une molécule d'eau de cristallisation. Cet hydrate, toutefois, en raison de son extrême solubilité, est difficile à obtenir en cristaux, bien définis. Il fond à US" sans rien perdre de son poids, donne son eau de cristallisation à 170° eu se boursouflant et devient en même temps inoins soluble, Au rouge sombre, il se convertit en pyrophosphate vitreux. Le sel anhydre est soluble dans l'eau mère concentrée et modérément chaude; mais il se dissout
THAL
très-peu dans l'eau pure, dans laquelle il se I décompose d'ailleurs en sel monothallieux et sel trilhallieux.
— Orthophosphate trilhallieux ou normal, PhO(OTl)3.
Ce sel a été obtenu d'abord par Crookes. Il se produit sous la forme d'un précipité cristallin ayant un éclat soyeux lorsqu'on mélange des solutions saturées de phosphate disodique ordinaire et de sulfate thallieux (probablement il se forme en même temps des phosphates doubles sodico-thallieux, car le liquide, après précipitation, possède une réaction alcaline) ; il se produit encore, en même temps que le phosphate ammoniaco-thallieux, lorsqu'on traite le sel mono ou bimétallique par un excès d'ammoniaque. En fondant une molécule de métaphosphate thallieux avec deux molécules de carbonate thallieux, jusqu'à ce que tout dégagement gazeux ait cessé, et en versant ce qui reste liquide lorsque la solidification est à moitié complète on obtient l'orthophosphate trithallieux en cristaux qui ressemblent a des aiguilles et qui atteignent quefois 0"n,01 ou On» ,02 de longueur. Ces cristaux fondent à la chaleur rouge en un liquide rouge jaunâtre qui se prend à 10° en une masse cristalline, blanche, d'une densité de 6,89. Cette masse est peu soluble dans l'eau, même bouillante. D'après Crookes, 100 parties d'eau en dissolvent 0,497 parties à 15", 5 et 0,67 1/2 parties à 100O.
— Orthophosphate ammoniaco - thallieux.
Lorsqu'on prépare l'orthophosphate trilhallieux en ajoutant un excès d'ammoniaque à la solution du sel mono ou bimétallique, les eaux mères convenablement évaporées abandonnent ce sel double en gros prismes transparents. Chauffé, l'orthophosphate ammoniacothallieux laisse un résidu de métaphosphate thallieux.
20 Méthaphosphate thallieux
PhO
PhO
iO" l(OT