TROIS -QUARTS
TROIS-ÉPINES s. m. Ichthyol. Nom vulgaire de l'épinoche.
TROIS-ÉTOILES s. m. Sorte de pseudonyme, qu'on exprime le plus souvent par trois astérisques, employé pour désigner une personne qu'on ne veut pas nommer : Monsieur deTROis-EToiLES. Madame "".
TROISIÈME adj. (iroi-ziè-me — rad. trois). Qui occupe un rang marqué par le nombre trois : Le troisième jour de mai. La troisième fois. Le troisième étage. H a été troisième en composition.
Arrive un troisième larron
Qui saisit maître Aliboron.
L* FOSTilSE.
— Accompagné de deux autres personnes : /'entrai, moi troisième. Il arriva, lui troisième. ,
— Qui est contenu trois fois dans le tout : La troisième partie de 21 est 7.
— Logiq. Argument du troisième ho'rnme, Argument célèbre d'Aristote contre la théorie des idées de Platon.
— Théâtre. Troisième dessous, Dernière des caves pratiquées sous la scène de l'Opéra : Le troisième dessods est ta dernière cave pratiquée sous les planches de L'Opéra, pour receler les machines, les machinistes, la rampe, les apparitions, les diables roses que vomit l'enfer, etc. (Balz.) Il Fam. Etat de grunde intériorité ou d'oubli complet : Celte
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grande réputation est aujourd'hui tombée dans le troisième dessous.
— Véner. Troisième tête, Bois d'un cerf âgé de quatre ans.
— Techn. Troisième eau, Troisième lavage du drap : Laver le drap en troisième eau.
— s. m. Troisième jour : Le troisième du mois, de la lune. Il Sens vieilli.
— Troisième étage d'une maison : Monter au troisième. Le troisième est à louer. Il est tombé de la hauteur d'Un troisième.
— Tiers , troisième partie : Le troisième de 75 est 25. tl Peu usité.
— Elève de la classe de troisième : Les troisièmes ont hué leur professeur.
— s. f. Classe qui est la troisième à partir de la rhétorique : Faire sa troisième. Professer la troisième. Un élève de troisième.
— Jurispr. La troisième des enquêtes, Autrefois, La troisième chambre des enquêtes au parlement de Paris.
TROISIÈMEMENT adv. (troi-ziè-me-man — rad. troisième). En troisième lieu.
TROIS-MÂTS s. nr. Mar. Navire à trois mâts complets, c'est-à-dire munis chacun de huues et de mâts supérieurs, tl PI. troismâts.
TROIS-MÂTS-BARQUE s. m. Mar. Navire à trois mâts, mais dont un, celui d'artimon, est réduit à la partie inférieure, ti PI. trois-
MÂTS-BARQUKS.
TROIS-MOUT1ERS (les), bourg et commune de France (Vienne), ch.-l. de cant., arrond. et à 8 kilom. de Loudun ; pop. aggl-, 228 hab. — pop. tôt., 1,222.
TROIS-PIEDS s. m. Appareil composé d'un cercle en fer porté sur trois pieds, sur lequel on dépose un ustensile pour faire du feu dessous. Il PI. trois-piisds.
TROIS-POINTES (cap des), dans la Guinée supérieure, sur la côte d'Or, par 4<M0'delatit. N. et 50" 4' de longit. O. Il est ainsi nommé à cause des trois avancements qui la forment.
TROIS-PONTS s. m. Mar. Navire à trois ponts.
TROIS-QOARTS s. m. Nom donné à car tains fiacres ou voitures de place.
~ Mus. Petit violon pour enfant.
— Chir. V. TROCART.
— Techn. Grosse lime triangulaire. It On dit aussi trois-carres.
— Chasse. Levraut presque aussi gros qu'un lièvre.
— Adjectiv. :'Un levraut trois-quarts.
TROIS-UIVIÈUES, ville de l'Amérique anglaise (bas Canada), sur la rive gauche du Saint-Laurent, au confluent du Saint-Maurice, à 10 kilom. N.-E. du lac Saint-Pierre et à 110 kilom. de Québec ; 8,414 hab. Collège, grand hospice. Cette ville doit à sa situation une grande importance commerciale. Le commerce d'importation consiste en toutes sortes de marchandises anglaises, qui se distribuent ensuite dans toute la province; les exportations se composent de blé, bois de marine, fonte de fer provenant des mines de Saint-Maurice, pelleterie, bière et briques manufacturées dans la ville. Le port est bien situé et capable de recevoir des navires d'un assez fort tonnage, qui peuvent avancer jusqu'au quai.
TROIS-SIX s. m. Alcool à 36 (trois et six} degrés Cartier, ou environ 90 degrés centésimaux.
TROITZU, ville forte de la Russie d'Europe, dans le gouvernement d'Orenbourg, ch.-l. de cercle, au confluent de l'Oui et de l'Ouvelka, par54»4'3l"de latit.N.et 59« 12' 59" de longit. E.; 3,000 hab.Cette ville est entourée d'une enceinte flanquée de tours et d'un fossé. On y remarque la cathédrale, construite en pierre, une église eu bois, des casernes, etc. Un vaste marché, appelé Cour d'échange, est situé au delà de l'Oui. On y fait un commerce relativement considérable.
TROITZKA, c'est-à-dire la Trinité, dit aiftsi Troitzku-Sergievskaïu-Lavra (couvent de la Tiiniié-de-Saint-Serge), ville de Russie, à 60 kilom. N.-E. de Moscou, sur le ruisseau de Koutschoura, au pied d'une haute colline; 4,000 hab. Cette ville, qui a 4 kilomètres de tour, possède un palais impérial, une belle? cathédrale, qui renfermé les tembeaux de Chouiski, Boris Godounof, etc.; l'église de l'Ascension, contenant trente-cinq cloches, dont trois énormes ; l'église de la Trinité, où l'on trouve le superbe tombeau de saint Serge et un trésor d'une richesse extraordinaire; plusieurs autres églises, un archevêché, un séminaire, un hôpital, un bazar, etc. Troitzka doit son nom et son origine à son superbe couvent, qui contient environ cent moines et comprend plusieurs des édifices que nous venons de citer. v
« Avec ses antiques cathédrales et ses tours menaçantes, dit M. Artaniof (la Russie historique, monumentale et pittoresque), ce couvent a un aspect grandiose qui rappelle au voyageur l'idée qui a présidé a sa fondation, c'est-à-dire la foi religieuse soutenue par les armes. Deux énormes tours flanquent la nouvelle enceinte, le long de laquelle est suspendue la galerie' qui aboutit aux appartements de l'archevêque. On a, de cette galerie, un point de vue admirable. L'amateur d'antiquités admire là deux merveilles archéo-
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logiques : le réfectoire gothique de Saint- Serge et le gigantesque clocher de la cathédrale de Troitzka, avec sa magnifique coupole d'or et ses dômes éclatants. Un jardin, planté de hauts tilleuls en quinconces, s'étend au pied de la haute muraille du monastère, bordé à droite par l'étang de Kellarsky et à gauche par la route de Moscou. Le couvent renferme une bibliothèque de 200,000 volumes et deux collections de manuscrits, dont l'une appartient à l'académie ecclésiastique attachée au couvent, et l'autre au couvent lui-même. Parmi les ouvrages de prix qu'elle contient il faut citer un Pentateuque en hébreu, écrit au xn« siècle ; le Chestodnev ou Hesoaméron de l'exarque Ivan de Bulgarie. Dans ce dernier livre, qui date de l'an 884, on trouve la date précise de l'invention de l'alphabet slavon ou esclavon par Cyrille et Mèthodius, en 655. La bibliothèque du couvent contient 800 manuscrits slaves. » Ce couvent fut fondé en 1340 par un homme qui y vécut en ermite, devint célèbre sous le nom de saint Serge et fut regardé comme un des patrons de la Russie. Au commencement du xv'ue siècle, Troitzka devint le centre de la résistance nationale contre les Polonais et fut inutilement assiégé pendant se«e mois par ces derniers, en 1609. Dix ans plus tard, un traité de paix y fut conclu entre la Pologne et la Russie. Pierre le Grand y trouva, en 1685, un asile contre l'insurrection des strélitz. Les . czars avaient la coutume, avant leur couronnement, de venir passer trois jours dans ce couvent. Lors de la sécularisation des biens des monastères en 1764, le couvent de Troitzka possédait des biens immenses et 107,000 serfs. On estime à des sommes énormes la valeur du trésor qu'il possède encore aujourd'hui. Une somme annuelle est payée par l'Etat pour l'entretien du couvent.
TROJA, anciennement ^Ec», ville du royaume d'Italie (Capitanate), sur une colline, à 81 kilom. S.-O.de Foggia; 9,000 hab. Evêché. Patrie du théologien Seripando. En 1089, te pape Urbain II y convoqua un concile qui confirma la trêve de Dieu et fit un règlement par lequel on devait annuler les mariages contractés entre parents.
TROJA, Ile de la mer Tyrrhénienne (Italie), sur la côte de la Toscane, à 19 kilom. E. de l'île d'Elbe, par 42» 44' delatit.N. et8» 24' de longit. E. Elle a 2 kilom. de longueur et de largeur et s'élève en forme d'un cône, au sommet duquel on a construit une tour.
TROKlouNOVO-TROKI, ville de la Russie d'Europe, gouvernement et à 26 kilom. S.-O. de Wilna, ch.-l. de district; 4,500 hab. Elle fut fondée en 1321 par Gedirnin, grand-duc de Lithuante, dont les successeurs en firent leur capitale jusqu'à ce qu'ils eussent choisi "Wilna.
TROLDE ou TROLLER, nom sous lequel on désigne, dans la mythologie Scandinave, la même race de géants que les Thurses ou Thusses. D'après YEdda, ces géants étaient les ennemis des Ases,qui habitaient les pays les plus septentrionaux, sur les bords de la mer Glaciale, et avec lesquels les dieux étaient continuellement en lutte. Lorsque le christianisme se fut répandu, on désigna sons le nom de Troller une espèce de diablotins qui prenaient la figure humaine. Historiquement, on a donné ce nom aux peuplades qu'Odin et ses compagnons dépossédèrent de leur territoire et tirentreeuler vers les régions polaires.
TROLD-WAL s. m. (trol-dval). Mamm.
Grande espèce de baleine des mers du Nord.
TRÔLEs. f. (irô-le — V.trÔler). Nomqu'on donne, à Paris, à une sorte de commerce qui consiste à vendre à des marchands en boutique les meubles qu'on a fabriqués soi-même. H Ouvrier à la Irôle, Ouvrier qui fait un commerce de ce genre.
TRÔLER v. a. ou tr. (trô-lé. — L'origine de ce mot est fort incertaine. Chevallet le fait venir du celtique : kymrique troliaw, tourner, roder, trôler, armoricain (roi, trei, écossais druil. « Tous ces mots, dit Chevallet, ont pour primitif trô, qui en kymrique et en armoricain signifie tour, mouvement cir- " culaire. » Il faut probablement disjoindre de ce mot le vieux français irauler, qui représente le latin ou italien Iravolave, traverser rapidement, s'envoler, de trans, au delà, et de volare, voler). Pop. Traîner après soi, conduire partout avec soi : Il trôlb partout ses moutards.
— v. n. ou intr. Aller de-ci de-là : Il ne fait que trôler toute la journée.
TROLLE s. m. (tro-le — de l'allem. trol, rond ; par allus. à la forme des feuilles). Bot. Genre de plantes, de ta famille des renonculacées, tribu des elléborées, comprenant une quinzaine d'espèces, qui croissent dans les prairies montagneuses da l'hémisphère nord : Le trolle est ctcllivé pour l'ornement des jardins. (P. Duchartre.)
— Encycl. Les irolles ou trollies sont des plantes herbacées, vivaces, à feuilles alternes, pétiolées, palmatiséquées; les fleurs, solitaires, terminales, jaunes, dépourvues d'involucre, présentent un calice de cinq à dix sépales colorés caducs; une corolle de cinq k vingt pétales hypogynes, très- petits, tubuleux à la base ; des étamines hypogynei,
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en nombre indéfini ; des ovaires nombreux, libres, à une seule loge uniovulée ; le fruit se compose de follicules coriaces, cylindriques, sessiles, disposés sur plusieurs rangs, surmontés par le style persistant et renfermant chacun plusieurs graines anguleuses.
Ce genre, qui par son port extérieur rappelle les renoncules, tandis que par ses caractères il se rapproche davantage des ellébores, ne comprend qu'un petit nombre d'espèces, qui croissent dans les prés des régions froides et montueuses de l'hémisphère nord, et possèdent les propriétés générales des renonculacées.
Le trolle d'Europe, vulgairement nommé boule d'or, est une belle plante vivace, à rhizome noirâtre, muni de radicelles fortes et fibreuses; la tige, haute d'environ on», 35, simple, dressée, porte des feuilles longuement pétiolées, palraatifldes, d'un vert sombre en dessus, plus pâle en dessous, et se termine par une grande fleur odorante, d'un beau jaune d'or. Cette plante habite l'Europe centrale et septentrionale, et se trouve aussi en Sibérie. Elle croît particulièrement dans les pâturages des montagnes, où elle est souvent très-abondante, et fleurit au mois de mai. On la cultive quelquefois dans les jardins; elle préfère une exposition méridionale un peu ombragée et une terre franche, légère et humide. On la multiplie de graines semées en place au printemps, ou par la division des pieds opérée à l'automne. Le trolle est employé en médecine, dans certains pays, mais bien moins qu'autrefois. On le récolte àl'êpoque de sa floraison. Dans le nord de l'Europe, cette récoite constitue, dans les campagnes, une véritable partie de plaisir. Il a des propriétés assez actives, dues à un principe très-acre, irritant, qui domine surtout dans les racines fraîches et qui doit rendre très-circonspect dans son emploi. Cette âcreté se perd presque complètement par l'action de la chaleur ou par la dessiccation, et la plante devient alors à peu près insipide. Les racines ressemblent assez à celles de l'ellébore noir, dont elles sont un faible succédané, et s'emploient à peu près dans les mêmes circonstances; en Russie, on les administre, d'après Willemet, dans les maladies dont les symptômes obscurs déjouent la sagacité des praticiens; on a vanté aussi la décoction aqueuse de trolle contre les affections scorbutiques. Les animaux dédaignent généralement cette plante, à l'état frais; mais quand elle est sèche et mélangée avec le foin, ils la mangent sans répugnance et sans danger; les abeilles butinent volontiers sur ses fleurs.
Le trolle d'Asie diffère du précédent par sa taille deux fois plus petite; ses feuilles plus grandes, plus longuement pétiolées, plus profondément découpées; ses fleurs plus petites, plus étalées, d'un beau jaune orangé. Il fleurit en mai et juin et se cultive comme le trolle d'Europe; hybride avec celui-ci, il a produit plusieurs variétés assez peu tranchées. Le trolle du Caucase a des fleurs aussi grandes que l'espèce type; il fleurit souvent deux fois dans l'année. Le trolle de la Chine a des corolles d'un jaune brillant; celles du trolle d'Amérique sont plus petites, d'un jaune clair, un peu fauve en dehors.
TROLLE s. f. (tro-le). Véner. Manière de chasser, avec les chiens découplés, dans un grand pays de bois, lorsqu'on n'a pas détourné le cerf avec le limier : Aller à la trolle. Chasser à la trolle.
— Econ. rur. Clisse de branches d'arbres entrelacées à des pieux.
TROLLE (Gustave), prélat suédois, né en Suède vers la tin du xve siècle, d'une famille puissante, mort à Gottorp (Slesvig) en 1535. Il était à Rome lorsqu'il fut nommé archevêque d'Upsal par ^administrateur Suénon Sture, qui connaissait son ambition et espérait par là-la rattacher à sa cause. Cette espérance fut complètement trompée. A peine Trolle eut-il pris possession de son siège (1514), qu'il entra en relation avec Christian II de Danemark pour perdre l'administrateur, lança, au nom de 1 Eglise, l'interdit contre ce dernier et ses partisans, fut assiégé par Sture dans son château de Streke (1516) et appela à son secours Christian II, qui fut battu (1517). La diète, irritée de la conduite du prélat, le dépouilla de ses fonctions comme traître à la patrie et le força de se retirer dans le couvent de Vesteras. Mais, après la mort de Sture (1520), Trolle reprit possession de son siège, couronna roi de Suède Christian II, déjà roi de Danemark, devint tout- . puissant et excita l'indignation générale en envoyant à l'échafaud la plupart des partisans de l'ancien administrateur. Trolle gouverna le royaume pendant l'absence de Christian, bien que les papes Adrien VI et Clément VU lui eussent interdit comme indigne l'exercice des fonctions épiscopales. Lorsque la Suède se fut révoltée contre sa tyrannie à la voix de Gustave Wasa, Trolle marcha contre ce dernier, mais fut vaincu et contraint de quitter le pays. Il se retira alors auprès de Christian II, bientôt chassé lui même de son trône, le suivit en Norvège, puis devint évoque de Roeskild, en Danemark. Après la mort de Frédéric, roi de Danemark, Trolle reparut sur la scène politique, assista à un combat sanglant qui eut lieu près de Malmoâ, y reçut une blessure des plus graves et mourut peu après.
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TROLLE (Georges-Herman de), marin suédois, né en 1680', mort en 1765. Pendant les guerres de Charles XII, il combattit vaillamment comme capitaine de vaisseau contre les • Danois et les Russes, fut f.iit prisonnier par ces derniers, refusa à Pierre le Grand d'entret- à son service et subit une longue captivité. De retour en Suède, il reçut le commandement du premier navire que la Compagnie des Indes de Gothembourg envoya en Chine, fut le premier Suédois qui fit ce voyage et en rapporta une riche cargaison. Lors de la guerre de 1742, Trolle commanda plusieurs expéditions dans la Baltique, puis il devint contre-amiral et fut anobli.
TROLLE (Herluf), marin danois, né en 1516, mort en 1565 II gagna la confiance de Christian III, fut chargé, en 1561", de livrer à l'exploitation des mines dans plusieurs domaines du roi et devint amiral en 1564. Trollé reçut alors le commandement de vingt-cinq vaisseaux de guerre, avec lesquels il quitta le port de Copenhague, lit sa jonction avec la floue de Lubeek et battit k deux reprises l'armée navale des Suédois. L'année sui vanle, il reprit la mer, livra une nouvelle bataille aux Suédois, mais reçut alors deux blessures graves qui occasionnèrent sa mort.
TROLLER v. a, outr. (tro-lé — rad. trolle). Econ. rur. Munir, entourer d'une trolie : Troller une diable.
— v. n. ou intr. Véner. Chasser à la trolle.
TROLLEY {François-Alfred), jurisconsulte français, né de parents français à Nederzwallen, ville flamande qui faisait alors partie du département de l'Escaut, en 1808, mort à Caen en 1869. Après avoir pris le diplôme de docteur en droit à Caen (1832), il alla se faire inscrire comme avocat au barreau de Pont-1'Evêque ; mais, dès l'année suivante, il concourut avec succès pour une chaire de professeur suppléant à la Faculté de droit de Caen, s'établit alors dans cette ville, où il suivit en même temps la carrière du barreau et devint professeur de droit administratif en 1836. Trolley fut membre et président de la Société des antiquaires de Normandie et bâtonnier des avocats de 1850 à 1852. On doit à ce savant jurisconsulte un ouvrage important et estimé qui a pour titre : Traité de la hiérarchie administrative ou De l'organisation et de la compétence des diverses autorités administratives (1844-1854, 5 vol. in-S°).
TROLLHATTA, bourg de Suède, dans le lan et à 24 kilotn. S--E. de Veuersboig, sur la Goetlia, qui y forme des cataractes remarquables, que l'on évite au moyen d'un canal dit de Trollhatta ou de Goetha, creusé par une compagnie de 1793 à 1800.
TROLLIER s. m. (tro-lié). Bot. Syn. de trolle : L'Asie possède aussi n» trollibr. (Th.deBerneaud.)
THOLLIET (Louis-François), médecin français, né en 1777, mort en 1852. Après avoir été médecin de l'Hôtel-Dieu de Lyon, il devint médecin en chef da 1 hôpital civil d'Alger. 11 est l'auteur de plusieurs ouvrages et mémoires, parmi lesquels nous citerons : les Lettres hisloi-iques sur la révolution de Lyon ou Une semaine en 1830 (Lyon, 1830, in-8°); la Statistique médicale de la province d'Alger (Lyon, in-8°) ; plusieurs Discours et comptes rendus des observations faites à l'Hâtel- Dieu. de. Lyon.
TBOLLOPE (Henry), marin anglais, né à Norwich en 1756, mort en 1840. Il entra dans la marine en 1770, assista aux combats de Lexmyton et de Bunkershill, passa ensuite en Virginie et prit part au siège de Boston, à l'occupation de Rhode-lslatid, à l'attaque des forts Montgomery, de Philadelphie, de Mud-Island. Trollope continua à se distinguer pendant la guerre avec la Hollande et la France. En 1782, il s'empara de la frégate française VUébé, donna de nombreuses preuves de ses talents militaires, particulièrement en 1795, contribua puissamment à la victoire que lord Duncan remporta alors sur la flotte hollandaise du Texel et mit en fuite, en 1796, une escadre française. Trollope devint amiral et passa les dernières années de sa vie dans la retraite.
THOLLOPE (Fiances Milton, mistress), femme de lettres anglaise, née à Heckfield, dans le Hampshire, en 1791, morte en 1863. Elle était la tille du recteur de Hecktield et reçut une éducation plus solide que celle qu'on a coutume de donner aux femmes. Mariée en 1809 avec un avocat, M. Trollope, qui mourut en 1835, elle habita longtemps avec lui la ville d'Harrow et passa en 1829 aux Etats-Unis, où trois années de résidence et d'observations lui permirent de publier les Mœttrs et coutumes des Américains (1831, 3 vol. iii-8"). Encouragée par l'immense succès de ce premier ouvrage, qui fut immédiatement traduit en français par Defuuconpret, elle en publia un second intitulé : les Réfugiés en Amérique (1833, in-S°), écrit dans Je même esprit satirique. Cet ouvragef qui fut violemment attaqué, eut également du retentissement en Europe. Bientôt après mistress Trollope publia de nouvelles impressions de voyage, dans lesquelles elle mit la même verve moqueuse : Paris et les Parisiens (183S).; la Belgique et l'Allemagne de l'Ouest (1834); Vienne et les Autrichiens, Une excursion en Italie (1842) et Voyages et voyageurs (1846).
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I Mistress Trollope a aussi obtenu dans la
• genre du roman les plus grands succès et s'est montrée écrivain aussi fécond qu'observateur ingénieux. Nous citerons, parmi les ouvrages qui ont eu le plus de retentissement : les Aventures de Jonathan Jefferson Whitlaw, scènes de mœurs américaines (1836); le Vicaire de Vrexkill (1837); leiîoman de Vienne (1838); Michel Armstrong (1833); Une faute, la Veuve Barnabe et la Veuve mariée, qui en est la suite (I83S-1840) ; les Bas bleus d Angleterre, Charles Chesterficld, Thorpe Coœo<?(1842) ; Hargreave (1843); les Laurrington, V Amour au salnn (1844) ; le Père Eustache (1851) ; Y Oncle Walter (1852); la Femme supérieure (1854); Gertrude (1855); les Gens comme il faut (1856) et la Pupille. La traduction française de ce dernier tiguro dans une des collections de la maison Hachette : Bibliothèque des meilleurs romans étrangers. Depuis 1844, mistress Trollope résidait k Florence, où elle a passé les dernières années de sa vie.
.TROLLOPE (Thomas-Adolphe), littérateur anglais, lils de la précédente, né en 1810. Il fut élevé sous la surveillance constante de sa mère, qu'il suivit dans tous ses voyages, et, depuis la mort de celle-ci, il réside en Italie. M. Trollope' s'est fait connaître par plusieurs ouvrages estimés. Tels sont, entre autres : Un été en Bretagne (1840, 2 vol.) ; Un été dans la France occidentale (1841, 2 vol.) ;
• Impressions d'un voyageur en Italie, en Suisse, en France et en Espagne (1850); l'Enfance de Catherine de Alédicis, Une décade de femmes italiennes. Histoire de Florence (1865 et ann. suiv.). — Son frère puîné, Anthony Trollope, né en 1815, s'est placé au premier rang parmi les nouvellistes anglais contemporains, surtout par ses deux romans intitulés : le Gardien et les Tours de Barchester (1858). Il faut encore citer, parmi ses autres œuvres du même genre, celles qui ont pour titre : le Docteur Thorne, les Berirams, les Trois clercs, lo Château, de Ilichemond, les Kellys et les O'Kellys, la Ferme d'Orley, la Petite maison d'Atliiigton, Bachel Ray, Miss I/acAe/uie, les Claverings, etc.
TROMBA s. f. (trbn-ba — mot ital.). Mus. Nom que l'on donne quelquefois à lalrompette, dans les partitions. Il PI. trombe, à l'italienne.
TROMBE s. f. (tron-he. — Ce mot, qui s'écrivait anciennement trompe et qui correspond à l'italien tromba, est peut-être le même mot que trompe, trompette, du latin tuba, même sens. L'étymologie de tuba, eu effet, peut très-bien s'appliquer à la trombe d'eau, par laquelle ou entend une colonne d'eau qui s'élève en tourbillon à la surface de la mer. Aussi les Allemands la nomment-ils wassertrompe et aussi wasser-hose, proprement culotte d'eau. Mais trombe pourrait aussi représenter une transposition du latin turbo, tour- ! billon, car le mot latin, dans l'acception de toupie, s'est également transformé dans l'espagnol en trompo et trompa, et le français trompe signifie parfois lui-même une coquille en forme de toupie. Quant au latin turbo, il appartient à la même famille que turbare, troubler, agiter, turbidus, tumultueux, troublé, turbit, foule bruyante, agitée. Comparez aussi le grec turbè, tumulte, turba, bruyamment, lurbazâ, troubler, turbasia, danse tumultueuse. On pourrait également rattacher trombe au latin strombus, qui représente la grec strombos, objet eu spirale et tourbillon. La chute du s initial n'est pas sans précédents). Physiq. Grande masse de vapeurs ou même d'eau soulevée en forme de colonne et animée d'un mouvement rapide : Les mers où l'on observe tes trombks sont remplies d'iles volcaniques. (A. Martin.)
— Mus. Instrument formé d'une caisse de bois percée de trous et portant une grosse corde tendue, sur laquelle" on frappe avec des baguettes garnies de fils k leur extrémité.
— Mar. Appareil de ventilation pour les navires, il On dit aussi trompe.
— Techn. Appareil de ventilation pour les fourneaux. H On dit aussi trompe.
— Encycl. Météor. Les trombes sont des amas de vapeurs épaisses, animées souvent d'un mouvement rapide de rotation et de translation, ayunt, la plupart du temps, la forme d'un cône dont la base est dirigée le plus souvent vers les nuages, le sommet vers la taire. Ces amas font entendre un bruit assez semblable à celui d'une charrette roulant sur un chemin rocailleux. Ces météores déracinent les arbres, les foudroient, les dépouillent de leurs feuilles, les enlèvent et les transportent à de grandes distances. Ils renversent les maisons, enlèvent leur toiture, détruisent ou brisent tout ce qui se trouve sur leur passage; souvent ils déversent la pluie et la grêle ; souvent aussi ils sont accompagnés de globes de feu, lancent des éclairs et font entendre le bruit du tonnerre. Plusieurs auteurs distinguent les trombes marines des trombes terrestres. On pourrait, avec autant ou aussi peu de raison, établir une distinction entre les orages marins et les orages terrestres, les cyclones marines et le3 cyeiones terrestres. La différence réside, non dans la nature des trombes elles-mêmes, mais dans leurs effets, qui nécessairement sont autres selon que le météore s'abat sur la plaine liquide ou sur la terre ferme. Les trombes de mor paraissent être plus fréquen-
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tes ; ce sont les seules que les anciens aient connues. Les marins greos leur donnaient le nom de préstér (r.^s-^f) ; Pline et Lucrèce les décrivirent sous cette dénomination. Heureusement, les trombes peuvent se former audessus de l'Océan, parcourir de grandes distances et se dissiper sans avoir rencontré un navire ; mais, sur terre, elles signalent toujours leur passage par des désastres et laissent derrière elles le sol jonché de débris. Leurs effets, lorsqu'ils ne sont pas meurtriers, ont toujours ce caractère d'irrésistible violence qui frappe de terreur l'homme et les animaux; ils étonnent aussi, comme ceux de la foudre, par leur bizarrerie, et l'on conçoit que les peuples ignorants, toujours enclins à personnifier les forces de la nature, aient vu dans ces énormes serpents noirs vomis par les nuées orageuses des monstres infevnaux ou des divinités malfaisantes.
Pelletier, qui a particulièrement étudié les trombes, soutient avec raison que ces météores n'ont rien de commun avec les tourbillons de vent produits par des courants qui se rencontrent; ils sont dus à une tension extraordinaire de l'électricité dont sont chargés les nuages d'une part, le sol ou la mer d'autre part, et c'est cette tension qui engendre, selon le lieu où elle se produit et selon l'état de l'atmosphère ambiante, les phénomènes secondaires que l'on avait pris h tort poulies causes du phénomène principal. Cette tension, impliquant une attraction entre le fluide terrestre et celui de la masse nuageuse, détermine un allongement de cette masse vers la terre, sommet ordinaire du cône renversé, et il en résulte une aspiration violente des objets qui se trouvent sur le passage du cône. Ces objets, après s'être chargés pendant leur passage dans la trombe d'électricité de même nom, en sont repoussés, avec violence et revomis par le haut. Ce qui confirme la théorie des attractions et répulsions électriques, en réfutant celle des tourbillons de vent, c'est qu'il arrive souvent que plusieurs portions de nuages courent vers le noyau principal et vont se réunir au cylindre qui constitue ce noyau, ou bien encore que beaucoup de nuages s'accumulent, en paraissant accourir d'une certaine distance, pour former le cône qui va devenir la trombe, ou enfin que le cône nuageux, une fois formé, se divise en plusieurs spinales qui se réunissent, puis se divisent de nouveau ; les attractions électriques expliquent facilement ces faits observés, tandis que la théorie des tourbillons de vent ne peut en donner une explication suffisante. Lorsqu'un orage se transforme en trombe, le bruit du tonnerreoesse, autre fait à l'appui de la même explication ; les décharges électriques, en effet, ont lieu alors par les nuages abaissés et par les objets qui se trouvent sur le passage du météore. C'est dans la zone des calmes équatoriaux que les trombes marines sont surtout fréquentes. Les trombes terrestres se montrent aussi de temps en temps sous les latitudes chaudes et tempérées. Elles paraissent être très-rares dans le voisinage des pôles. La France a été visitée, depuis une trentaine d'années, par un certain nombre de trombes, dont quelques-unes resteront tristement célèbres dans nos annales météorologiques. M. Béquerel cite comme une des plus terribles celle qui se manifesta à Chàtenay, près de Paris, et qui ravagea une partie da cette commune lo 18 juin 1839. Une action assez curieuse des trombes est, l'action desséchante ; dans la catastrophe de Chàtenay, elle dessécha presque t&us les arbres et en fendit les troncs dans toute leur longueur. Kaemtz parle aussi d'une trombe qui dessécha un étang et dispersa de côté et d'autre les poissons qui l'habitaient. On cite encore la trombe de 1845, qui dévasta les villages de Monville et de Malaunay, en Normandie. Des maisons lurent incendiées, une usine importante détruite et un grand nombre d'ouvriers ensevelis sous ses décombres.
Parmi les nombreuses et intéressantes descriptions de trombes que l'on pourrait citer, nous transcrirons seulement celle qu'envoya, en 1859, M. l'abbé Ginard à l'Académie des sciences, pour rendre compte d'un phénomène de cet ordre qui venait d'avoir lieu près de Coutances et dont il avait été la témoin oculaire : • Un coup de vent, dit-il, extrêmement violent et tout à fait extraordinaire dans ses effets a eu lieu lundi 1E septembre, sur les communes d'Agori et de Tourville, près de Coutances. Le temps était très-couvert, les nuages paraissaient fort agités. Tout à coup, vers onze heures du soir, un courant d'une violence inouïe, partant de la mer dans une largeur d'environ 150 mètres, se dirige vers l'est dans une longueur" de 4,000j à 5,000 mètres, brise et enlevé tout ce qu'il rencontre sur son passage. Un grand nombre d'arbres ont été déracinés, et, ce qu'il y a de plus étonnant, c'est qu'ils paraissent avoir été enlevés par une force venant d'en haut par une espèce do palan placé directement uu-dessus de leurs cimes, et qu'ils ont été transportés, probablement dans cette même position, les uns à 10, les autres à 20, les autres à 50 et quelques-uns même à 100 mètres de distance, ensuivant toujours la direction du nuage. »
En terminant, disons que les navigateurs ont souvent recours au canon pour rompre les' trombes marines. Lorsque le boulet les
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traverse, on les voit quelquefois se séparer en deux parties qui, le plus souvent, ne tardent pas à se réunir. Il peut arriver aussi que le boulet fasse jaillir l'eau des deux côtés du cône, par les ouvertures qu'il a déterminées, sans rien changer à tout le reste du phénomène.
TROMBE s. f. pi. (tron-bé). Mus. V. tromba.
TROMBELLI (Jean-Chrysostome), philologue et théologien italien, né à Suinte-Agathe (Modenais) en 1697, mort à Bologne en 1784. A seiza ans, il entra dans la congrégation des chanoines réguliers de Saint-Sauveur, puis il professa successivement la philosophie h Candiano, la théologie à Bologne, fut élu abbé dé Saint-Sauveur en 1737 et devint, en 1760, chef de son ordre. Les soucis de l'administration ne l'empêchèrent point da continuer ses travaux d'éru'lition, qui- lui valurent, outre une place à l'Institut de Bologne, les éloges du pape Benoit XIV et de brillantes offres de lu part de l'impératrice Marie-Thérèse. Un de ses travaux, son grand ouvrage sur le culte des saints, fut violemment attaqué par J.-R. Riesling; malgré la vivacité de son caractère, Trombelli répondit aux critiques de ce dernier avec une dignité et une modération qui lui valurent l'estime de son adversaire lui-même. Nous citerons, parmi ses nombreux écrits : Favole ortginali (Bologne, 1730), recueil de fables; De cullu sanctorum dissertationes decem (Bologne, 1740 et suiv., 6 vol. in-4°); Priorum quatuor de cultu sanctorum dissert ationum vindicte (Bologne, 1751, in-4°), réponse aux critiques de Riesling; Trattato degli angeti custodi (Bologne, 1747, in-4«); Veterum Patrum latinorum opuscula nunquam antehac édita (Bologne, 1751-17551; Arte di conoscere l'eta de' codici lalini ed italiani (Bologne, 1756, in-4°) ; Maris sanctissintw vita ac gesta, cultusque illi adhibitus (Bologne, 1761, 6 vol. in-4<>) ; Vita e culto di sait Giustppe (Bologne, 1767, in-8°) ; Tractalus de sucrtimentis" per polemicas et liturgicas dissertationes distribuli (Bologne, 1772 et suiv., 13 vol. in-4<>), immense ouvrage que l'auteur n'eut pas le temps ne terminer, car il ne comprend que le baptême, la confirmation, le mariage et l'extréme-onction.
TROMBETAS ou OR1XIMENA, rivière du Brésil, dans la province de Para. Elle prend sa source près de la frontière de la Guyane française, sur le versant S. du mont Tumucomaque, se divise eu p.usieurs branches, et, après un cours de près de 600 kilum., elle se jette dans l'Amazone, dont elle est un des principaux affluents.
TROMBETTE s. f. (tron-bè-te — dimiu. de l'ital, tromba, trompette). Bot. Syn, de pbzize, genre de champignons.
TROMBIDE s. m. (tron-bi-de). Arachn.
Syn. do trombidion.
TROMBIDIEN, IENNE adj. (tron-bi-di-ain, i-è-ne — rad. trombidion). Arachn. Qui ressemble ou qui se rapporte au trombidion.
— s. m. pi. Famille d'arachnides, de l'ordre des acarides, ayant pour type le genre trombidion.
TROMBIDION s. m. (tron-bi-di-on). Arachn. Genre d'arachnides, do l'ordre des acarides, type de la. famille des trombidiens, comprenant de nombreuses espèces, dont la principale est commune eu Europe : La couleur la plus fréquente des trombidions est le rouge. (H. Lucas.)
— Encycl. Entom. Ces arachnides ont pour trait caractéristique, au point de vue des habitudes, de vivre souvent.au moins dans leur jeunesse, en parasites d'autres insectes et même d'individus de leur espèce I.s ont un corps mou , presque carré , ordinairement rouge, déprimé, marqué de plusieurs enfoncements et divisé en deux parues; la partie antérieure, plus petite, porte la bouche, les yeux et la première paire de pattes. Les yeux sont écartés et pédicules; des palpes saillantes, pointues au bout, avec un appendice mobile ; une sorte de doigt sous cette extrémité; des mandibules en griffe; des pattes uniquement disposées pour la marche. Ces arachnides; par leurs caractères et leurs mœurs, ont beuucuup d'analogie avec les faucheux. Mais, sous ce double rapport, l'âge apporte chez eux des iuod.hcations profondes. Dans leur jeunesse, ils sont hexapodes ; k l'état adulte, ils sont octopodes. On les trouve alors dans les campagnes, sous les pierres, sur les arbres et les plantes, notamment sur celles qui sodi peu é.evées, comme celles des prairies ou des lieux ombragés ; plusieurs espèces, et en général celles dont le corps est velu, préfèrent les endroits, plus ou moins desséchés. On connaît dans ce. genre un assez grand nombre d'espèces, presque toutes européennes, ce qui tient sans doute à ce qu'on a peu étudié jusqu'à ce jour les arachnides exotiques de petite taille; d'un autre côte, la mollesse de leur corps en rend l'étude et la conservation difficiles. Où les trouve surtout au printemps.
Le trovtbidion du faucheur est d'un rouge orangé et égale k peine, dans son plus grand développement, le volume d'une graine de moutarde; son corps est ovoïde, renflé et luisant, peu velu; mais les membres le sont davantage. D'après Dugës, su f;irvo vit en
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parasite sur des arachnides du genre faucheux; quand elle s'en est détachée spontanément, elle meurt si elle tombe dans l'eau, bien qu'elle puisse revivre si on l'en retira au bout de quelques heures. C'est la terre qu'elle recherche; elle s'y blottît plus ou moins profondément dans les interstices des plus petites mottes , y devient immobile et peut rester ainsi pendant vingt-quatre jours. Peu à peu, elle se transforme en une nymphe ovoïde, lisse, semblable a un petit œuf d'un jaune rougeâtre. Le petit trombidion qui en sort est écarlate, renflé, velouté, hérissé de poils lamelleux qui, vus à un trèsfort grossissement, paraissent plumeux et il barbes latérales. Les individus récemment éclos ont des pattes antérieures fortes, de la longueur du corps, et qui leur servent do tentacules.
Le trombidion soyeux (trombidium holose- , rieeiim), appelé par Geoffroy la tique rouge satinée terrestre, est de très-petiie taille; mais on le distingue parfaitement à la simple vue, d'abord par sa belle couleur rouge velouté, ensuite parce qu'on le trouve souvent en troupes nombreuses qui, de loin, ressemblent à ries fraises ou à des framboises. Il est abondant dans toute l'Europe, dés la fin de l'hiver, dans les jardins, sur les murs ou sur les arbres et même sur la terre sèche, où on le voit se promener lentement. Du 24 au 26 mars 1848, il en parut au Jardin des plaines une telle quantité que toutes les extrémités des treillages en étaient couvertes; amassés par pelotes sur les pointes, ils les décoraient de bouppes da pourpre. Ce petit animal rend des services et ne fait aucun niai ; il est carnassier et se nourrit des petits acaies et de leurs œufs. On le trouve souvent sous les feuilles malades des plantes. On croit, mais à tort, que, si on l'avale, c'est un poison mortel. Degeer a observé à l'aide du microscope que les poils qui forment le duvet en brosse sur le corps sont cylindriques et arrondis à leur extrémité, et que ceux des pattes et des palpes sont barbus. Le milieu du dessous de 1 abdomen offre une partie ovale relevée avec une fente au milieu ; c'est l'anus.
Il existe dans les contrées équatoriales un trombidion beaucoup plus grand, le trombidion teinturier (trombidium tinetorium) , qui est également d'un beau rouge écarlate, mais • couvert d'un duvet beaucoup plus épais, avec les extrémités des tarses d un rouge de sang foncé. Il habite l'Amérique, où on l'emploie pour la teinture en rouge.
Trombinoscope (i.k), une des publications satiriques de Touchatout (Léon Bienvenu), qui obtint un véritable succès. Le Trombinoscope, qui compte aujourd'hui quatre gros volumes de soixante biographies chacun, a. passé au crible du rire et de la satire presque tous les contemporains. On retrouve au plus haut degré, dans cet ouvrage, les principales qualités de Touchatout ; la gaieté, le mot mordant, le calembour impitoyable, la cascade échevelée. Le Trombinoscope est une galerie de grotesques, pleine de verve et souvent d'audace. Comme nous avons déjà eu occasion de le dire à l'article coi, sacré au Tintamarre , la langue t'mtamarresque constitue un genre de littéi attire qui ne s'analyse pas. On ne peut donner une idée de ce style baroque, dont Touchatout est la vivante incarnation, qu'en en soumettant un échantillon au lecteur.
Voici, entre mille folies du même calibre, comment Touchatout trombinoscope le prince Napoléon :
« Napoléon (Joseph-Charles), prince français et général de division, né le 8 septembre 1822. Il n'est que le second fils du roi Jérôme. Fidèle à sa règle de conduite, déjà il s'obstinait a ne pas vouloir passer le premier.
» En Crimée, il commanda une division d'infanterie. Est-il nécessaire d'ajouter: de réserve? Pendant les guerres d'Italie et de Prusse, le prince ne joua aucuu rôle et se borna a observer les événements avec une rare énergie. 11 en eut même trots enfants, deux garçons et une tille.
» Quand éclata la révolution du 4 septembre, le prince Napoléon n'était plus à Paris. Ii aurait pu y demeurer sans danger; l'idée ue serait venue à personne qu'il y lût resté.
» On a prétendu, en Crimée, qu'au fort d'une bataille, s'il s'apercevait que sa montre avançait, il lui résistait impitoyablement.
» Chaque jour, cependant, il avance... en âge; mais c'est bien malgré lui, et il est persuadé qu'il commet une imprudence, »
Les deux cent quarante biographies du Trombinoscope sont faites dans ce ton soutenu. C'est une œuvre qui restera comme un modèle de gaieté à outrance et de haute bouffonnerie.
trombLON s. m. (tron-blon. — Ce mot est \>ouv trombelonat vient de l'italien tromba j tube, arme à feu). Mar. Grosse espingole montée sur chandelier, qu'on charge de plusieurs balles ou d'une seule balle d'un demikhogramme.
— Espingole portative à canon évasé :Sur la ter-re du Cid, on ne veut plus jouer du TROMBLON de la guerre civile. (Ph. Busoni,)
— Pop. Chapeau évasé par le haut : Porter un tromblon. Quel tromblon 1
— AdiecMv. : Les habitants de Grenade ,
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que l'on rencontre en costume moderne, coiffés de chapeaux troublons , vêtus de redingotes à la propriétaire, vous produisent involontairement un effet désagréable. (Th. Gaut.)
TROMBON s. m. (tron-bon). Hortic. Variété de jonquille.
TROMBONE s. m. (tron-bo-ne — mot ital., augmentatif de tromba , trompette). Mus.
Instrument k vent, composé de deux tubes recourbés et emboîtés l'un dans l'autre, de façon que l'instrument puisse s'allonger et se raccourcir, pour produire les différents tons et demi-tons : Jouer du trombone. B Musicien qui joue du trombone : Un trombone Aaéiïe. Il On dit quelquefois tromboniste dans ce dernier sens.
TROMBONISTE s. m. (tron-bo-ni-ste — de trombone). Celui qui joue du trombone, il On dit plus souvent trombone.
TROMBOTONNAR s. m. (tron-bo-to-nar).
Mus. Espèce de bugle qui a de très-graudes dimensions.
TROMELIN (le comte Jean-Jacques), général français, né en Bretagne vers 17G5, mort dans un âge avancé. Il avait fait sous Sutfren les dernières campagnes de l'Inde, lorsque, la Révolution ayant éclaté, il émigra, prit du service dans l'armée des princes, assista a l'expédition de Quiberon (1795) et parvint à s'enfuir. Tromelin revint quelque ternes après en France avec le Commodore Sidney Smith, fut fait prisonnier avec lui et parvint, après dix-huit mois de captivité, à s'échapper de la prison du Temple. 11 retourna alors en Angleterre, puis revint à Paris, réussit à faire sauver a son tour Sidney Smith et, après diverses aventures, suivit ce dernier en Egypte. Détaché, avec le grade de lieutenant-colonel, près du grand vizir Ioussnuf-Pacha, puis près de Hussein, capitan-paeha, il fit avec eux les campagnes de Syrie-et d'Egypte. Sous l'Empire, Tromelin fut arrêté et emprisonné pendant six mois à l'Abbaye. En sortant de prison, il fit adhésion au gouvernement de Napoléon, entra dans l^rmée avec le grade de capitaine, fut chargé de diverses missions par le duc de Raguse, devint successivement chef de bataillon (1809), colonel après Wagram, chef d'état-major d'une division en 1813 et général de brigade après la bataille de Leipzig. Au retour des Bourbons, Tromelin se rallia nu gouvernement royal. Néanmoins, pendant les Cent-Jours, il prit part à la bataille de Waterloo, et, de retour à Paris, il reçut du gouvernement la mission de se rendre auprès de Wellington pour obtenir des passeports pour Napoléon ; mais il échoua. Sous la seconde Restauration, Tromelin servit avec le grade de général de division, puis fut mis à la retraite pour cause d'âge. On a de lui : Mémoire apologétique au sujet de divers combats auxquels Tromelin a assiste dans l'/nde (iu-40); Observations sur tes rouies qui conduisent du Danube à Consiantinople (1828); Itinéraire de Marée (1828).
TROMÈNE s. m. (tro-mè-ne — du gr. tromeâ, je crains). Entom. Genre d'insectes hyménoptères, tribu des chalcidides.
TROMMEL s. m. (tro-mèl — mot allem.
qui siguitie tambour). Méutll. Appareil employé pour classer les minerais par rang de grosseur.
— Techn. Cylindre à claire-voie, pour le lavage des tubercules, dans les féculeries.
— Encycl. Métall. Le trommel est un cylindre à claire-voie, dans lequel on introduit le minerai, et qui tourne sur seu axe au moyen d'un moteur quelconque. La surface de ce cylindre est formée soit par des grilles, soit par des toiles métalliques, soit par des tôles perforées, et les choses sont disposées de manière que les jours de ces grilles, de ces toiles ou da ces tôles vont toujours en croissant. Au-dessous de chaque série de jours de même grandeur se trouve une case, en sorte que, pendant le mouvement de l'appareil, les grains de minerai se classent, suivant leur grosseur, dans les- cases corres*pondantes.
TROMMEN (Abraham van dbr), en latin Trorawiu», tliéorogien hollandais , né à Groningue vers 1633, mort en 1719. Après avoir visité l'Allemagne, la France et l'Augleterre pour compléter son instruction, il revint dans sa patrie et exerça successivement les fonctions pastorales àHaren et à Groningue (1671). C'était un homme instruit et laborieux, à qui on doit : Concordances flamandes de la Bible (Groningue, 1685-1692, 2 vol. in-fol.), continuation du travail de Jean-Martin de Dantzig; Concordantis grxcte versionis vulgo dictse LXX interpretum (Amsterdam, 1718, 2 vol. in-fol.).
TBOMMSDOBFF (Jean-Barthélerai), chimiste et pharmacien allemand, né à Érfurt en 1770, mort en 1837. Après avoir travaillé dans différentes pharmacies de l'Allemagne, il prit en 1794 la direction de celle de son père, qui était en outre professeur de méde-
I cine à l'université d'Erfurt, y devint lui-
| même, en 1795, professeur de chimie et de physique et fonda, la même année, une école de pharmacie et de chimie, de laquelle sont
| sortis un grand nombre d'excellents élèves. Plus tard, il devint successivement conseiller médical (1809), conseiller de la cour de
I Sclvwnrzbourg (1811) et conseiller de la cour
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de Prusse (1834). On a de lui : Manuel systématique de pharmacie (Erfurt, 1792; 1831, 4« édit.) ; Manuel systématique de chimie universelle (Erfurt, 1805-1820, 8 vol., 2° édit.); Y Art de formuler en chimie (Hambourg, 1845, 5« édit.). Il avait édité, de- 1794 à 1834, le Journal de pharmacie, qui a éminemment contribué aux progrès de cette science en Allemagne, et dans lequel il a consigné ses découvertes les plus importantes.
TROMMSDORFIE s; f. (tromm-sdor-fl — de Tiommsdorff, sav. allem.). Bot. Genre de plantes, de la famille des amarantacées, comprenant trois espèces, qui croissent dans l'Amérique tropicale.
THOMP (Martin), célèbre marin hollandais, né à La Brille en 1597, mort en 1653. Il suivit dès l'âge de onze ans son père, commandant de frégate et qui fut tué à son bord, fut fait prisonnier et employé pendant près de trois ans comme mousse. Rendu à sa patrie, il s'éleva rapidement; il était lieutenant de vaisseau en 1622 et il fut nommé, deux ans après, commandant de frégate par le prince Maurice, l.ieutenant-amiral en 1637 et chargé du commandement d'une escadre, il battit les Espagnols, bien supérieurs en force, puis les écrasa à la mémorable bataille des Dunes (1639). Ces succès fondèrent sa réputation et le rendirent extrêmement populaire. Il vivait comblé d'honneurs lorsque, en 1652, éclata la guerre entre la Hollande et l'Angleterre. Tromp, mis k la tête d'une flotte de 42 vaisseaux, commença les hostilités avec l'amiral Robert Blake , le 20 mai, et perdit 2 vaisseaux dans un combat qui eut lieu neuf jours plus tard. Les états généraux, mécontents de cet insuccès, remplacèrent Tromp par Ruyter; mais, quelques mois après, Martin Tromp fut réintégré dans son commandement, et, le 10 décembre 1652, il remporta un brillant avantage sur l'amiral anglais, qui chercha un refuge dans la Tamise. Il obtint ensuite divers succès sur Blake et Richard Deane sur les côtes d'Angleterre, à la hauteur de Portlaud, de Nieiiport, de Dunkerque et enfin de Catwiok, sur les côtes de Hollande, où la flotte hollandaise traversa à quatre reprises la Hotte ennemie. Atteint mortellement d'une balle a son bord, dans cette dernière affaire, Tromp eut encore l'énergie de crier à ses marins : « Bon courage, mes enfants I Faites en sorte que ma Un soit glorieuse comme l'a été ma vie ! • La mort de ce marin illustre fut une cause de deuil public pour la Hollande. Les états firent frapper une médaille en son honneur et ordonnèrent l'érection d'un superbe monument funéraire, où soa corps fut déposé, à Delft.
TROMP (Corneille), marin hollandais, fils du précédent, né k Rotterdam en 1029, mort k Amsterdam en 1691. Il s'illustra dans la même carrière que son père et lit de la manière la plus brillante les campagnes de 1652, 1656, 1662. Kn 1665, il fut nommé lieutenant général, au début de la guerre contre les Anglais ; mais, ayant été écarté du commandement de la flotte à cause de son dévouement à la maison d'Orange, il refusa de servir sous les ordres de Ruyter. Après le massacre des frères de Witt (1672-), dans lequel on l'accusa d'avoir trempé, il fut rétabli dans ses grades et réconcilié par Guillaume III avec son illustre rival. Mais il tenta en vain un débarquement sur les côtes de France (1674), fut plus heureux en 1676, dans la guerre contre les Suédois, reçut le titre de lieutenant-amiral général et mourut au moment où il allait prendre le commandement d'une flotte contre la France.
TROMPE s. f. (tron-pe. — Ce mot, qui correspond k l'espagnol et au portugais trompa, italien tromba, provençal trompa et tromba, est rattaché pur Guyet et Diez.au latin tuba, avec insertion de r. Pour appuyer cette étymologie, Scheler signale la circonstance qu'en italien tromba signifie tuyau, tube, comme en latin le mot tuba n'est que le féminin de tubus, tube, tuyau, lequel se rattache probablement à la racine sanscrite tu, croître, enfler, gonfler). Mus. Sorte de trompette ou tuyau u 'airain recourbé dont on se sert pour sonner à la chasse : Sonner de la trompe.
— Trompette : Tous les musiciens du Caire rivalisaient de bruit avec les sonneurs de trompe et timbaliers du cortège. (G. de Nerv.)
— Nom qu'on donne quelquefois à la guimbarde.
— Publier à son de trompe, Annoncer au public, averti préalablement par le son d'une trompette. Il Fig. Répéter, répandre partout ; Vous n'irez pas publier cela À son détrompe j
— Archit. Voûte qui supporte un ouvrage en encorbellement : Trompe dans l'angle ou trompe sur le coin. Trompe en iiicke. Trompe rampante. Je vois avec plaisir que votre architecte préfère à la trompe sur le coin la trompe de Montpellier. (V. Hugo.)
— Anat. Nom donné à des conJuits recourbés et évasés : Trompe d'Eustache. Trompe de Fallope.
— - Maimn. Organe allongé et très-mobile situé au-dessus de la bouche de l'éléphant et du tapir, et qui est le siège du sens de l'odorat, le siège principal du seus du toucher et l'appareil principal de la préhension : La trompe de ^éléphant est un tissu de nerfs et
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de muscles qu'il allonge, qu'il retire, q» il replie en tout sens. (Fén.) La nature a donne a l'éléphant une trompe qui lui sert, comme une main, à grimper sur les plus rudes montagnes. (B. de St-P.)
— Entom. Organe suceur de certains insectes : Les abeilles se posent sur les fleurs et sucent avec leur trompe l'essence parfumée que renferme leur calice. (Deleitze,)
— Moll. Nom vulgaire de diverses coquilles du genre buccin, sabot, toupie, etc.
— Bot. Nom vulgaire de lalychnide dioïque. — . Mar. Ventilateur des navires. (I On dit
aUSSi TROMBE.
— Techn. Ventilateur hydraulique pour les forges, il On dit aussi trombb.
— Encycl. Archit. Les trompes servent a porter en encorbellement soit un angle saillant sur un pan coupé, soit un parement droit sur un angle rentrant. On distingue : la trompe rachetant un pan coupé, la trompe rachetant un angle saillant, la trompe rachetant une tour ronde , la trompe en niche sur le coin , la trompe en tour ronde et la trompe formant l'appareil des pendentifs. Ces sortes de constructions, qui datent du moyen âge, ont eu pour origine des constructions analogues, mais exécutées en bois et, par suite , offrant une solidité apparente que ne, présente pas la pierre. Ces voûtes, dont le but était, dans certains cas, d'éviter les frais de fondation des parties ajoutées, ou, dans d'autres, d'éviter les embarras que ces dernières auraient pu occasionner sur la voie publique, sont maintenant complètement abandonnées et ne s'emploient que lorsqu'on y est contraint par la nécessité. Les constructeurs du moyen âge établissaient des trompes pour porter les flèches de pierre à huit pans sur les tours carrées, pour soutenir lés échauguettes sur les espacements des murs et pour supporter des tourelles on e-ncorbellemetvt; ils les utilisaient encore à la place des pendentifs, lorsqu'ils voulaient construire des coupoles sur des arcs-doubleaux reposant sur quatre piles. Les trompes les plus anciennes se rencontrent dans les édifices du xi" siècle; elles sont appareillées en arcs concentriques. A cet appareil simple et facile d'établissement succèdent bientôt, au xn« siècle , les trompes coniques, droites ou biaises, qui, dans certaines circonstances, présentaient de grandes difficultés de construction. Eu général, la solidité de ces sortes de voûtes repose entièrement sur la coupe des pierres.
Nous représentons dans la figure ci-dessus une trompe droite dont le développement est celui d'un demi-cône, d'où il résulte que chaque douelle est représentée par un petit secteur ou triangle isocèle dont la base est formée par l'arc développé ou par la corde correspondant a chaque vous-soir et par deux rayons. Pour tracer cette trompe rachetant un angle rentrant, après avoir déterminé la longueur BE' du porte a faux de Ja construction supérieure, on mène sur le plan la ligne C'C", qui limite la face de la base du cône dont elle est la projection ; puis , rabattant ce plan horizontal sur le plan vertical,
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on décrit, avec CE' pour rayon, en prenant 1 pour centre, la circonférence C,EC,, que l'on divise en un certain nombre de voussoirs, 9 par exemple; des points de division a, b, c,.., on mène des lignes droites ou inclinées al, AI, cl, qui déterminent la direction des joints des voussoirs. Pour éviter Jes angles aigus, résultant de la forme de cette voûte, on coupe tontes ces lignes de joint par une demi-circonférence concentrique à celle de tête, de façon à obtenir des surfaces planes suffisantes pour permettre la liaison 3e la maçonnerie et pour résister aux efforts . qui tendraient à briser les voussoirs ou à les écraser. Cette partie coupée forme le sommet du cône, se fait d'une seule pierre et prend le nom île trompillon. La direction des joints étant tracée sur le plan vertical, on les rabat sur le plan horizontal et l'on obtient les lignes ol, 42, c3,.., dont on partage les intervalles en autant de claveaux que le comporte la longueur de la pierre dont on dispose. A cet effet, on mène par les points de division des joints des lignes parallèles à la projection de la courbe de tête , et ces lignes projetées sur le plan vertical donnent des arcs concentriques à celte dernière. Cette voûte étant formée par un cône droit, creux et d'égale épaisseur, les angles de tous les joints pris perpendiculairement aux doueiles plates sont tous égaux. Pour trouver ces angles, on remarquera que l'on doit supposer les voussoirs divisés sur une circonférence dont le rayon est perpendiculaire à l'inclinaison de la surface intérieure du cône et tiré à un centre placé sur l'axe. La trompe rachetant Un angle saillant peut être considérée comme un prolongement de ta précédente, coupé par deux plans verticaux'qui forment un angle droit. La trompe dans un angle rentrant, terminée en tour ronde, peut être considérée comme un cône coupé par un plan circulaire. Comme variétés de cette voûte, ou trouve des trompes à pans coupés ou ondes, telle que celle exécutée au château d'Anet pour porter un cabinet contigu à la chambre où logeait ordirairement le roi Henri II. L'appareil employé pour" les trompes est utilisé dans la construction des niches, qui, comme on sait, ne sont autre chose que des voûtes sphériques coupées en deux parties égales. Dans ce genre d'appareil, les joints des voussoirs tendant au centre de la niche ne sont plus des lignes droites, mais bien des ligues courbes, qui, partant de la courbe de tête, vont aboutir au trompillon sphérique du sommet. En coupant une voûte sphérique en quatre parties par des plans verticaux qui se croisent au centre, on obtient la voûte en niche sur le coin, que l'on appareille également en trompe et à laquelle on a donné le nom de trompe en uiche sur le coin ; comme dans la niche, les ligues de joints sont courbes et concourent tuuies au centre ou trompillon. L'appareil des trompes est encore utilisé dans la construction des pendentifs, auxquels il a fait donnef le nom de panache. Dans cette voûte, les voussoirs vont en s'elargissant par le haut et sont renfermes entre ueux joints montants continua. La surface des panaches est supposée formée par des arcs du cercle, comme les pendentifs; mais ces arcs, au lieu d'être compris dans des plans qui tendent à l'axe du uoine, sont compris dans des plans qui se réunissent, dans l'intérieur de chaque pilier, à une verticale dont la projection sur le plan horizontal est déterminée par la rencontre de l'inclinaison des côtés du tambour qui porte le dôme et l'axe du pendentif. La trompe en tour ronde peut être considérée comme une voussure qui soutient une tour ronde ; la plus grande saillie que l'on puisse donner à la partie de la tour qu'elle soutient ne doit pas excéder les deux tiers du rayon de sa courbure extérieure, et il faut que le cintre de la voussure ait plus de hauteur que de saillie. Quant a la courbure du cintre de celle voussure, elie dépend de celle que l'on prend pour cintre primitif.
On peut encore aujourd'hui citer deux cas où les trompes sont employées avec avantage, sans blesser ni les règles du goût ni les conditions de la stabilité :
îo Pour élargir les abords d'un pont, quand on a voulu établir un pan coupé rectiligne ou circulaire qui raccordât le parapet du quai avec celui uu pont.
£o Pour soutenir un palier d'escalier ou bien pour consolider les marches elles-mêmes à l'endroit où elles ont une partie plus considérable, c'est-a-dire dans les angles formés par les murs de cage. Il existe surtout des exemples de ce uernier cas, dans lesquels la trompe présente des aspects trèssalisfaisants à l'oeil, par la manière élégante dont elle se raeeorue avec la surface gauche qui termine les marches par-dessous.
— Mécan. La trompe est une machine soufflante que l'on emploie dans les forges catalanes; elle se compose d'un soufiiet-pisiou mû par une roue hydraulique. Lorsque, dans ces machines, les couduites ne sont pas trèslongues, l'ettél utile, mesure par la moitié de la force vive imprimée à l'air, est la dixième de la quantité de travail absolu fourni par le cours d'eau. Le diamètre intérieur du tuyau de descente, ordinairement vertical, estdeOm,20 à 0m,25 ; il doit avoir au moins 7 à 8 mètres de hauteur. L'ouverture supérieure, appelée étranguillon, a de om,« à 0",16 de diamètre; les aspirateurs percés au-dessus
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de l'étranguillon sont.au nombre de quatre, dirigés de haut en bas, obliquement, et ont de o™, 10 à 0m,15 de longueur.Le travail qu'une trompe dépense pour lancer par seconda un poids d'air P avec la vitesse u peut s'évaluer moyennement à •
D étant le poids 13,599 kilogrammes du mètre cube de mercure, supposé constant à toute température; b la hauteur du baromètre ; o le volume d'air qui s'écoule en une seconde, à la densité n, sous la température 8; V le volume primitif qu'occupait ti sous la pression atmosphérique b et à la. même température 9. La valeur de u est donnée par la relation :
6 étant la hauteur du baromètre; T la colonne de mercure qui mesure l'excès de tension de l'air, eté-j-T la hauteur totale d'une colonne de mercure mesurant la pression constante à laquelle est soumis le poids it du mètre cube d'air à la température 8. La formule du travail prend encore la forme
oest la section de la base ou de l'orifice d'écoulement, m le coefficient de contraction de cet orifice et qui a pour valeurs approchées m = 0,65 = 0,93 = 0,94, suivant que l'orifice est percé en mince paroi, ou que la buse est cylindrique , ou qu elle est d'une conicité moindre que 10» à 12°. Ces équations du travail demandent que la chute d'eau ne soit pas inférieure à 4 ou 5 mètres. I-es expériences faites sur cette machine montrent que : le diamètre de la buse étant de ûm,035, la chute totale 8^,80 et la dépense d'eau 137 litres par seconde, le manomètre indique une tension en mercure T de 0™ ,081; que le diamètre de la buse étant de 0m,036, la chute totale 7Œ.40 et la dépense d'eau 235 litres par seconde, le manomètre donne une tension 0ro,0767. Le diamètre étant toujours égal à 0m,035, M. d'Aubuisson a trouvé que, entre les limites T = 0,027 et T = 0,0812, cet excès de tension T, pour une même trompe, croît à peu près proportionnellement aux dépenses d'eau. Aucune machine soufflante ne donne un vent aussi régulier que celui des trompes; car, lorsqu'elles sont bien calfatées, le mercure reste suspendu dans les branches du manomètre, aussi immobile que s'il y était congelé. Ces appareils, que l'on remplace aujourd'hui par les machines à piston mû par la vapeur, présentent une économie d'environ 30 pour 100 sur ces dernières.
Anat. Trompe d'Eustache. C'est le canal
en partie osseux, en partie rtbro-cartilagineux et membraneux, dont une des extrémités se prolonge jusque dans la cavité du tympan, et dont l'autre, plus évasée, s'ouvre à fa partie latérale et supérieure du pharynx, près de l'aile interne de l'apophyse pterygoïde. Ce canal, long de 0m,054 environ, est tapissé par une muqueuse en continuité avec celle du pharynx, mais à épithélium prismatique et vibratile. Ce canal fait communiquer l'air extérieur avec la boîte du tympan, ce qui est une condition de l'audition.