V. CHANGER
TROQUER v. a. ou tr. (tro-ké — du provenç. traouquar, trouer ; rad. traou, trou). Techn. En parlant des aiguilles, Les débarrasser du morceau d'acier que le marquage a laissé dans l'œil ou chas.
TROQUET s. m. (tro-kè). Constr. Chevalet du comble d'une toiture.
TROQUEUR, EUSE s. (tro-keur, eu-ze — rad. troquer). Personne qui fait souvent des échanges, qui aime à troquer : Les amateurs de curiosités sont grands troqueurs.
— Personne qui troque, qui fait un'échange : C'est grand dommage qu'on ne puisse troquer de femme! Qu'il y aurait de troqueurs au monde/ (Dancourt.)
— s, m. Techn. Ouvrier qui, dans les fabriques d'aiguilles à coudre, est chargé de terminer le trou ou chas ébauché par le perceur.
Troqueurs (les), opéra-comique en un acte, mêlé d'ariettes, paroles de Vadé, musique de Dauvergne ; représenté sur le théâtre de la foire Saint-Laurent le 30 juillet 1753. Le livret de cet ouvrage n'a rien de bien original. Lubin et Lucas croient qu'ils feront bien de troquer leurs fiancées , Margot et Fanchon. Celles-ci, informées de leur dessein, savent s'y prendre de telle façon que les deux paysans s'en tiennent à leur, premier choix. Cependant les Troqueurs marquent un point important à constater dans l'histoire du théâtre lyrique en France. Une troupe italienne avait importé des œuvres de compositeurs italiens, et entre autres la Serva padrona de Pergolèse. Le succès fut si grand que les partisans de la musique française imaginèrent de faire composer des pièces dans le goût italien. Dès l'année 1715, le nom d'opéra-comique était donné aux pièces jouées sur les théâtres de la foire, mais on n'y chantait que le vaudeville. La musique y occupait une place accessoire et banale, tandis qu'au contraire elle servait à exprimer toutes les situations dans les douze opéras-buifas qu'on entendit à Paris en 1752 et en 1753. C'étaient des opéras de Pergolèse, de Scarlatti, de Cocchi, de Latilla, de Jomelli. Jean-Jacques Rousseau a eu tort, ainsi que les enthousiastes du coin de la reine, cl attaquer la musique française à cette occasion et en particulier l'opéra français , puisqu'il comparait des ouvrages de genres opposés. Monnet, alors directeur de l'Opéra-Comique, lit preuve de plus de bon sens. Il demanda à Vadé de composer un poème, à Dauvergne d'en écrire la musique. Les Troqueurs réussirent, et à partir de ce moment l'opéra-comique justifia son titre. Cet ouvrage, retouché et mis en prose par Armand et Achille Danois, a été repris à Feydeau, avec lu musique d'Hèrold, le 1S février 1819,
• Nous donnons ci-dessous l'ariette : On ne peut trop tôt se mettre en ménage.
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