‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 416 sur 1042 · BANDE · texte numérisé non relu

BANDE

— Encycl. Théâtre. On donne le nom de troupe à la réunion des comédiens qui forment le personne! d'un théâtre. Les étrangers, particulièrement les Italiens et les Espagnols, emploient en ce sens le mot de compagnie, qui nous paraît plus relevé et plus digne. Chez nous, on dit une troupe d'opéra, une troupe de drame, une troupe de vaudeville, selon le genre adopté par celle qui occupe tel ou tel théâtre.

A Paris et dans les grandes villes, il y a une troupe distincte pour chaque théâtre, et qui ne change jamais son centre d'action. Mais, pour les petites villes de province, il y a ce qu'on appelle les troupes allemandes, qui s'en vont de localité en localité, aujourd'hui ici, demain là, après-demain ailleurs, trouvant ainsi moyen, dans leurs pérégrinations incessantes, de satisfaire dans le cours d'une année la curiosité (d'ailleurs médiocre, car le théâtre ne compte que peu d'amateurs dans les petites villes des départements, où le clergé, son ennemi nature), est tout-puissant) de six, huit ou dix endroits différents.

Autrefois, la plupart de nos troupes dramatiques étaient constituées en société, c'està-dire que les comédiens qui les composaient, formaient entre eux une association régie par un ou plusieurs d'entre eux. Lorsqu'il n'y avait qu'un chef, celui-ci prenait le titre de gérant ou chef de la société, et lorsque plusieurs artistes étaient chargés du soin et de la direction des intérêts généraux, leur réunion formait un comité de direction. Les bénéfices de l'entreprise étaient, par un traité collectif, divisés en un certain nombre de parts, et chacun des sociétaires recevait, selon la nature de son talent, son utilité, l'importance de l'emploi occupé par lui, soit une demi-part, soit trois quarts de part, soit une part entière, soit davantage encore. A cette époque, les directions concentrées entre les mains d'un administrateur unique, responsable, gérant à ses risques et périls, étaient un fait exceptionnel. La Comédie-Française, la Comédie-Italienne, l'Opéra-Comique, l'Odéon étaient régis en société. Aujourd'hui, c'est le contraire qui a lieu, et, pour ne prendre que Paris pour exemple, depuis la dissolution de la société de l'Opéra-Comique, qui eut lieu vers 1830 et qui fit passer ce théâtre aux mains d'un directeur unique, une seule société dramatique est restée debout : c'est celle de la Comédie-Française, régie par le décret de Moscou, et à la tète de laquelle se trouve, comme administrateur non responsable, un fonctionnaire nommé par le gouvernement ; mais le rôle de cet administrateur est à peu près exclusivement artistique, et la société est gouvernée, au point de vue de ses intérêts financiers, par un comité composé de cinq membres. Nous devons faire remarquer que la troupe de la Comédie-Française n'est pas exclusivement composée d'artistes sociétaires; quelques-uns d'entre eux, les nouveaux venus, ne sont que pensionnaires et appointés d'une façon fixe. Quand un pensionnaire a donné des preuves de talent, d'aptitude et d'utilité, il demande à faire partie de la société, et les membres de celle-ci, réunis à cet effet, votent, à la plu-

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ralité des voix, sur son admission ou son rejet. Le comédien ainsi élu est appelé à faire, pendant dix ans seulement, partie de la société; au bout de ce temps, il faut au'un nouveau vote de ses camarades vienne le confirmer dans ses droits; si ce second vote lui est favorable, il continue à demeurer sociétaire jusqu'au moment où il lui plaît de faire valoir ses droits à la retraite et de réclamer sa pension-, dans le cas contraire, il quitte la Comédie-Française avec une demipension, c'est-à-dire une pension liquidée à raison de moitié de ce qu'il aurait dû'avoir après vingt ans de services non interrompus.

Comme les théâtres de' Paris, obligés de jouer tous les jours, sont naturellement tenus de se mettre en garde contre les accidents, indispositions, etc., qui pourraient arrêter la marche de leurs spectacles, l'ensemble du personnel comprend en quelque sorte deux troupes distinctes : les membres de l'une sont toujours prêts à remplacer les membres de l'autre , en cas d'événement quelconque. Cela s'observait jadis d'une façon bien plus rigoureuse encore, et il arrivait qu'un spectacle entier était joué par ce qu'on appelle les doublures. Le public avait pris alors l'habitude de distinguer entre les comédiens de premier choix et ceux qui ne faisaient que les remplacer ; il désignait l'ensemble des premiers sous le nom de la grande troupe ou la troupe dorée; quant aux autres, ils formaient ce qu'on appelait déïisoirement la petite troupe, la troupe de carton, la troupe de bois, la troupe de fer-blanc.

TROUPEAU s. m. (trou-po— rad. troupe).

Animaux domestiques vivant ensemble et conduits par un ou plusieurs pasteurs : Un troupeau de moulons, de bœufs, de cochons, d'mes,de dindons. Si un loup se jette sur un troupeau, il ne le dévore pas tout entier. (Lamennais.) Les troupeaux sont des biftecks qui marchent. (H. Taine.)

— Fig. Fidèles réunis sous la conduite d'un même supérieur ecclésiastique : Le TROU- PEAU d'un évêque, d'un curé. Chaque évêque a son troupeau particulier, (Boss.)

Le bon pasteur s'oublie et meurt pour son troupeau.

A. Barbier,.

— Troupe d'hommes, dans un sens défavorable : Les armées nombreuses qu'entretiennent les Etats modernes sont des troupeaux de célibataires. (A. Garnier.)

— Féod. Droit de troupeau à part, Droit exclusif du seigneur de faire garder ses troupeaux isolément et sans les mêler à d'autres.

— Troupeau de Jésus-Christ, L'Eglise.

— Encycl. Econ. rur. Un troupeau, dans l'acception la plus large et la plus naturelle de ce terme, est une réunion d'un grand nombre d'animaux domestiques qu'on mène paître ensemble. Mais, dans la pratique, on réserve en général ce ternie pour les ruminants domestiques, employant pour les autres animaux ceux de troupe ou de bande. Dans certains pays, chaque propriétaire a ses bestiaux réunis en troupeau , sous la garde d'un employé (berger, chevrier ou bouvier) qu'il paye seul; dans d'autres, tous les bestiaux d'une commune sont confiés à la garde d'un berger qui se paye en commun. On reproche généralement aux troupeaux qui se trouvent dans ce dernier cas de faire plus de dégâts que les autres dans les bois et les terres cultivées; aussi, dans les pays où cet usage existe, l'agriculture iaisset-elle à désirer.

Troupeau paisnui an gué, tableau de Berghem; au Louvre (n° 419). Trois pâtres, accompagnés de quatre chiens, font passer à un troupeau de bœufs le gué d'une rivière qui coule dans une vallée terminée à l'horizon par de hautes montagnes. Sur le devant du tableau, au bord de la rivière, une femme à cheval s'entretient avec un des pâtres; celui-ci s'appuie sur un long bâton. Cette toile, de petites dimensions, est une des meilleures que nous ayons de Ber^hem. « Le ton un peu froid de ce paysage, dit Waagen, forme un heureux contraste avec le ton doré des animaux; ils sont d'une vérité frappante et l'on ne saurait assez admirer la solidité de l'exécution. » Le Gué, acheté en 1784 à la vente de M. de Vaudreuil, a été gravé dansleiWusée français par Halck, et dans les recueils de Filhol et de Landon. Le musée du Belvédère a, de Berghem, un Troupeau passant un ruisseau sous la conduite de deux bergères, dont l'une est montée sur un âne; un jeune garçon, deux doigts tendus, fait les cornes à urie jeune fillette qui pleure. Ce tableau est daté de 1680.

Un charmant tableau d'Adrien van de Velde, qui est dans la galerie de Schleissheim, et qui a été gravé par Réveil (Galerie des arts, VII, pi. 70), représente un Troupeau traversant un gué; deux pâtres, les pieds dans l'eau, poussent devant eux des moutons, des chèvres et des vaches ; une paysanne est assise- dans une charrette qui vient de franchir le gué et qui s'avance vers la gauche. Les animaux et les ligures sont dessinés avec une grande pureté; le paysage a une limpidité et une fraîcheur exquises. Le Louvre possède plusieurs toiles de Van de Velde (n°s 537 à 540) représentant des Troupeaux en marche ou en repos; la plus admirable est celle que Varin a gravée dans le Musée français, sous le titre de Soleil levant, et qui nous

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montre des chevaux, des bœufs, des moutons, des chèvres groupés au bord d'une large rivière sur laquelle se répand la lumière du soir, et non celle du matin. Au Louvre encore est un Troupeau au repos (n<> 104) sous la garde d'un pâtre qui joue du chalumeau ; les six vaches dont se compose ce troupeau sont groupées d'une façon très-heureuse; trois sont couchées et trois debout. « Ce tableau, dit Waagen, est plus vrai qu'aucun autre de Cuyp, quant a la forme et au coloris des animaux ; la lumière conserve sa douceur et sa puissance habituelles. » Cette composition a été gravée dans le Musée Fillwl (VII, pi. 436).

Un chef-d'œuvre de Paul Potter, daté de 1647 et qui fait partie de la collection du comte Czernin, à Vienne, représente un Troupeau mené au pâturage; la lumière resplendissante d'une matinée sereine se répand sur la scène. Un autre chef-d'œuvre de Potter, intitulé le Grand troupeau de bœufs, a péri dans un naufrage vers la fin du siècle dernier ; il avait été payé 9,050 florins a la vente Braamcamp, en 1771. C. Haldenwagagravé, d'après P. Potter, un Troupeau gardé par un petit garçon gui sonne du cor.

Des Troupeaux ont été peints par Karl Dujardin (au Louvre, n° 246), Jacob van der Does (musée du Belvédère), Philipp Roos ou Rosa di Tivoli (musée du Belvédère), Jean- Henri Roos (musée du Belvédère), Jean Asselyn (au Louvre, n° 3), Sachtleven (musée de l'Ermitage) , Benedetto Castiglione (le Troupeau et te berger, gravé par Lempereur, l742),Ommeganek, Loutherbourg, Verboeckhoven (le Troupeau surpris par l'orage, au musée de Bruxelles), Troyon (le Retour du troupeau, gravé a l'eau-forte par Lalauïe; un Troupeau de bœufs, gravé a l'eau-forte par Gustave Graux) ; Rosa Bonheur ( Troupeau au repos dans les montagnes d'Ecosse, payé 14,550 francs k la vente Wertheimber, en 1871), Auguste Bonheur, J. Paris (Troupeau de moutons descendant un ravin, Salon de 1839), Loubon (Troupeaux d'Arles descendant des Alpes (Salon de 1835), Jules Dupré (un Troupeau de vaches au bord d'une rivière, coll. Wilson, gravé par Th. Chauvel), Schenck (Troupeau de chèvres en détresse, Salon de 1870), Ch, Jacque, J. Palizzi, J. Didier, Chat-

fneau, Brissot de Warville , Van Marcke (le 'roupeau du village, Salon de 1870), etc. TROUPIALE s. m. (trou-pi-a-le — de troupe, par allus. aux habitudes de ces oiseaux). Ornith. Genre de passereaux, de la famille des sturnidées, comprenant six espèces, qui habitent les régions chaudes et tempérées de l'Amérique : Les troupiales ont les habitudes des étourneaux. (Z. Gerbe.) En tout temps, les troupiai.ks volent en ba7ides nombreuses et se nourrissent d'insectes et de baies, (V, de Boinare.) il Troupiale à ailes rouges, Nom vulgaire du commandeur. Il Troupiale des Jndes, Nom vulgaire du rollier de paradis, li Troupiale gris, Nom vulgaire du tocolin. il Troupiatenoir, Syn. de CASSiQUKDELALoursiANE. || Troupiale tacheté, Syn. de loriot de la Chine.

— Encycl. Ces oiseaux, auxquels les Espagnols donnent te nom de tordos, ont un bec de la longueur de la tête, épais à la base, convexe en dessus, entier, robuste, droit, à mandibule supérieure terminée en pointe sur le front. Les narines sont basales et latérales. Ailes médiocres; queue allongée et arrondie ; tarses de la longueur du doigt médian ; doigts et ongles longs et minces. Ces oiseaux sont répandus dans les pays froids comme dans les pays chauds. On les trouve dans la Virginie, la Caroline, la Louisiane, le Mexique. Ils sont propres au nouveau monde. Ils se privent très-facilement, apprennent à parler et se plaisent à chanter. Leurs mœurs sont sociales, au point que l'amour même ne divise pas leurs réunions. On voit très-souvent plusieurs espèces de cette famille se rassembler, et aussi se joindre à des espèces très différentes. La physionomie des troupiales est animée ; leurs mouvements sont vifs et indiquent la défiance. Ils ont l'œil petit, la tête peu grosse. Ils volent avec une rapidité moyenne, assez longtemps et quelquefois à une grande hauteur. Ils sont très- vigoureux, ne quittent point les lieux qui les ont vus naître, et leur chant est une espèce de sifflement. Ils marchent à pas précipités et le corps plus que droit. On les voit tantôt posés à terre et tantôt perchés sur des arbres ou des lianes ; ils ne cherchent point à se cacher, n'entrent jamais dans les bois et ne mangent généralement pas de fruits. Les insectes, les graines et les petites semences forment le fond de leur subsistance. Ils prennent beaucoup de soin pour dérober leur nid à tous les yeux. Ces oiseaux sont souvent un âéau pour les cultivateurs, lorsqu'ils viennent s'abattre sur les moissons ou sur les terres nouvellement ensemencées. Catesby affirme que, dans la Caroline et la Virginie, ils font toujours leurs nids parmi des joncs. lis savent en entrelacer les pointes pour faire une espèce de comble ou d'abri sous lequel ils établissent leur nid à une hauteur si juste et si bien mesurée qu'il se trouve toujours au-dessus des marées les plus hautes. Nous allons, après ces généralités, donner quelques détails sur les espèces les plus connues :

îo Troupiale commandeur. V. commandeur.

20 Troupiale chrysoptère. Cette espèce se trouve dans toutes les grandes îles des Antilles, à Cayenne, à Saint-Thomas et au

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Paraguay. Le mâle est totalement noir, à l'exception des couvertures supérieures des ailes, qui sont d'un beau jaune. L'iris est de cette même couleur, la queue arrondie à- son extrémité. Le bec et les pieds sont noirs.

30 Troupiale doré. Buffon le nomme carouge du Mexique. Cette espèce se trouve non-seulement k Cayenne, mais encore dans les grandes Antilles. Le troupiale doré suspend son nid, en forme de bourse, à l'extrémité des branches, surtout de celles qui sont longues, dépourvues de rameaux et penchées sur une rivière. Cet oiseau est rusé et difficile à surprendre.

40 Troupiale à épaulettes rousses. Azara, qui, le premier, a décrit ce troupiale sous le nom de tordo negro cobijas de Canela, s'exprime ainsi à son sujet : « C'est un oiseau vigoureux; il marche quelquefois sur la terre; il vole avec force et il est défiant. Son œil est petit, sa tête rétrécie en avant. Cette espèce ne s'éloigne point de la lisière des bois et des halliers; mais elle ne fréquente jamais l'intérieur des bois ni les lieux aquatiques. Enfin , ces troupiales ne mangent point de grains et ne vivent que d'insectes. »

5» Troupiale jaune. Il est de la taille du merle. Bec et pieds noirâtres, iris rouge. La tète, le devant du cou, la poitrine et le ventre sont d'un jaune d'orpiment. Cet oiseau se trouve dans le nouveau continent, aux environs de la rivière de la Plata, où il est connu sous le nom de ventre coloré. Les troupiales de cette espèce vont en bandes nombreuses et se réunissent volontiers à des oiseaux d'autres espèces.

6° Troupiale noir de Saint-Domingue. .La couleur de cet oiseau est d'un noir à peu près uniforme, avec des reflets verdâtres et violets sur la tête, le cou, le dos, les ailes et la queue. Celle-ci est presque carrée. Cette espèce vit isolément et cherche sa nourriture le long des haies. On prétend que ce troupiale ne se donne pas la peine de se construire un nid et qu'il s'empare de celui du tangara esclave, après avoir détruit sa couvée et l'avoir chassé du palmiste où il avait établi son domicile. La ponte de ce troupiale est généralement de quatre œufs blancs.

TROUPIER s. m. (trou-pié — rad. troupe). Pop. Soldat : Un vieux troupier. Le vrai troupier, s'il est permis d'employer ici le mot dont on se sert à l'armée pour désigner les gens destinés à mourir capitaines, ce serf attaché à la glèbe d'un régiment, est une créature essentiellement naïve. (Balz.)

TROUPIER, 1ÈRE adj. (trou-pié, iè-re — de troupier). Propre aux troupiers, qui convient aux troupiers : Je ne demande pas autre chose, que diable! ajouta-t-il en laissant échapper ses façons troupières qu'il s'était donné jusque-là le soin de contenir. (C. Rabou.)

TROUSQUIN s. m. (trou-skain). Syn. de trusquun.

TROUSSAGE s. m. (trou-sa-ge — rad.

trousser). Art culin. Action de trousser une volaille ou une pièce de gibier.

TROUSSE s. f. (trou-se — substantif verbal de trousser, qui signifie proprement mettre en paquet. Cependant Chevallet tire ce mot du celtique : écossais trus, paquet, ballot de hardes, trousse-, kymrique trios, irvosa, armoricain irons, tronsad, irlandais truscan, toutes formes qu'il fait venir de trusaim, lier, attacher, qui vient lui-même de trus, lien, attache, ceinture). Faisceau d'objets de même nature : Une trousse de foin. Une trousse de linge. Une trousse de cordages.

— Sorte de paquet ou valise qu'un cavalier porte en croupe.

— Sorte de portefeuille à compartiments, dans lequel un chirurgien serre ses instruments les plus usuels.

— Etui dans lequel les barbiers serrent les instruments nécessaires à l'exercice de leur état. Les barbiers ont probablement retenu ce mot de leur ancienne profession de chirurgien.

— Sorte de poche à compartiments, que les jardiniers attachent à leur ceinture, et dans laquelle ils serrent certains objets dont ils ont habituellement besoin,

— Sorte de carquois dans lequel les archers et arbalétriers portaient autrefois leurs flèches : II aurait bonne grâce, un arc à la main, une trousse au côté. (Mérimée.)

— Ruban de laine terminé par une sorte de houppe.

— Lanière de cuir dont on entoure la queue d'un cheval.

— Donner la trousse à quelqu'un, Le flouer, l'attraper :

Indubitablement on m'a donné la trousse.

Mairet.

|] Vieille loc.

— Féod. Droit de trousse, Taxe en agneaux et oies levée par les seigneurs du Berry.

— s. f. pi. Chausses de page, que portaient aussi les novices de l'ordre du Saint-Esprit.

— Aux trousses de, A la poursuite de : Le mariage des Agnès exige l'entremise scandaleuse des commères, parentes, notaires, qui se mettent aux trousses D'un jeune homme pour le sermonner et le pousser dans le piège. (Fourier.) Il A la suite de :

Vous vous mordez les pouces

D'avoir eu si longtemps des flatteurs à nos trousse». J.-B. Rousseau.

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— Techn. Cordage dont se sert le charpentier. || Ensemble des rondelles et des taillants d'un cylindre de fenderie. Il Cylindre lui-même, muni de ses taillants et de ses rondelles : Les trousses sont disposées l'une au-dessus de l'autre, de manière que les taillants de l'une correspondent aux entre-deux de l'autre. (Debette.) il Nombre de feuilles de fer battu pliées en deux, il Paquet de tringles d'acier destinées à être forgées en lames de sabre.

— Min. Trousse à picoter, Cadre en bois de chêne, de fort équarrissage, qui sert à exécuter le picotage d un puits. Il Trousse porteuse, Cadre serré contre les parois d'un puits, à l'aide de coins, pour consolider le cuvelage de ce- puits.

— Agrie. Racine d'une touffe de tiges de blé.

TROUSSÉ, ÉE (trou-sé) part, passé du.

v. Trousser. Relevé, replié, en parlant d'un vêtement : Une robe troussée.

— Lié avec un trousse-queue : Une queue de cheval troussée.

— Fam. Expédié promptement, en parlant d'une affaire. Il Fait, exécuté : Un compliment bien troussé. Je trouve cela' bien troussé; il y a là-dedans de petits dictons assez jolis. (Mol.) Il Tué par une maladie :ll a été troussé en deux jours. Il Tourné, bâti, en parlant d'une personne ou d'un animal : Voilà un gaillard bien troussé. Ce cheval est bien troussé.

— Troussé à la diable ou à la turque, Mal troussé, mal fait, mal arrangé : Ce paquet est troussé à la diable.

— Art culin. Se dit d'une pièce de volaille on de gibier dont on a replié les cuisses et les ailes vers le corps : Une volaille troussée.

TROUSSEAU s. m. (trou-so. — Ce mot vient d'une ancienne forme trossel, qui répond à l'italien torselto, et qui est un diminutif de trousse). Petite trousse, liasse, paquet : Les avares ont des trousseaux de clefs rouillées, dont ils ne se servent point. (La Bruy.) Il Ne se dit guère, en ce sens, que d'un paquet de clefs.

— Linge, vêtements et parures qu'on donne à une personne du sexe féminin, lorsqu'on la marie ou qu'elle entre en religion : La fille du paysan suisse se croirait déshonorée si, en se mariant, elle n'apportait pas à son époux son lit, sa garde-robe de noyer et son trousseau complet, composé de tout te linge dont elle aura besoin pour le reste de sa vie. (Sismondi.)

— Effets exigés d'un jeune homme ou d'une jeune personne qui entrent comme pensionnaires dans une maison d'éducation : Ma mère me laissa sans autre linge que celui de mon trousseau de pension. (Balz.)

— Ane. monn. Coin supérieur, qui portait la croix ou l'effigie du souverain.

— Anat. Très-petit faisceau de fibres ou de vaisseaux très-fins : Trousseau de fibres. Trousseau musculeux.

TROUSSEAU (Armand), célèbre médecin français, né k Tours en 1801, mort à Paris le 22 juin 1867. Après avoir fait de brillantes études, il entra, comme maître d'étude, au collège de Chàteauroux. Trousseau n'avait pas vingt ans lorsque, chargé de remplacer temporairement le professeur de seconde, il s'acquitta de ces fonctions avec tant d'intelli-. gence que, deux mois après, il était nommé professeur de rhétorique. Il aurait vraisemblablement suivi la carrière universitaire si lo hasard ne l'avait mis en relation avec le savant docteur Bretonneau. Il résolut alors d'étudier la médecine, se rendit à Tours, où demeurait ce dernier, et fit, sous sa direction, de rapides progrès. Etant venu à Paris, il y poursuivit ses études et passa avec éclat sa thèse de docteur en 1825. L'année suivante, Trousseau fut reçu agrégé au concours. En 1828, le ministre Martignac l'envoya en Pologne pour y étudier les épidémies et l'épizootie qui sévissaient dans ce pays. A peine de retour en France, il obtint d'être attaché k la mission scientifique envoyée k Gibraltar pour y étudier la fièvre jaune, et, à son retour, il fut nommé chevalier de la Légion d'honneur. En 1831, il devint, au concours , médecin des 'hôpitaux. L'année suivante, il eut l'honneur de remplacer Récamier, dont il avait été l'interne, k la clinique de l'Hôtel-Dieu. En 1837, il obtint le grand prix de l'Académie pour son mémoire remarquable sur la phthisie laryngée. Deux ans plus tard, en 1839, il remplaça Alibert dans la chaire de thérapeutique et de matière médicale, qu'il obtint au concours. Trousseau releva cet enseignement et sut , jusqu'en 1852, c'est-à-dire pendant douze ans, attirer à ses cours une foule nombreuse et enthousiaste. En même temps qu'il professait à l'Ecole, il faisait k l'hôpital des Enfants-Malades, dont il était médecin, des conférences cliniques très-remarquables sur les maladies si souvent obscures des nouveau-nés.

En 1848, il posa sa candidature k l'Assemblée constituante et fut élu député dans l'Eure-et-Loir. Sans opinions politiques bien arrêtées, il se montra plutôt favorable qu'hostile à l'établissement de la République et ne fut pas réélu en 1849. Après le coup d'Etat du 2 décembre, Chomel, professeur à l'Hôtel- Dieu, ayant refusé de prêter serment, fut considéré comme démissionnaire, et Trous-

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seau, qui n'avait pas les mêmes scrupules, le remplaça. Le clinicien eut à l'hôpitaj plus de succès peut-être que n'en avait eu le thérapeutiste à l'école ; car à ses nombreux élèves vinrent se joindre une foule de médecins français et étrangers avides de l'entendre. C'est alors qu'il publia son bel ouvrage, reproduction exacte de ses leçons, sous le titre de Clinique médicale de l'Hôtel-Dieu (1861-1864, 3 vol. in-8"). Cet ouvrage est rempli de savoir , d'originalité , de sève et, par-dessus tout, de sens pratique. En 1856, il fut nommé membre de l'Académie de médecine, dans la section de thérapeutique, et, trois ans plus tard, commandeur de la Légion d'honneur. Trousseau était un observateur ingénieux, un thérapeutiste habile et un professeur éloquent. Sa diction était pure, limpide, toujours élégamment scandée; sa voix, claire et juste, séduisait l'oreille et captivait l'attention des plus distraits. On lui a reproché d'avoir poussé un peu loin le scepticisme en médecine et de s'être passionné trop vite et trop légèrement pour les idées neuves. Mais où en serait la science si elle n'avait jamais eu pour adeptes que des partisans de l'immobilité 1 Le seul reproche que l'on pût faire à Trousseau était de ne

fias se résumer assez dans ses leçons, d'aler trop vite et de se laisser emporter par la fougue du langage, enfin de passer d'un sujet à un autre, souvent sans transition. Cependant Trousseau restera une des grandes figures médicales de ce siècle. Il a renouvelé la thérapeutique, et son célèbre Traité de thérapeutique, plusieurs fois réédité, traduit dans toutes les langues, est le plus beau monument élevé k cette science. Ses cliniques de l'Hôtel-Dieu sont aujourd'hui classiques et se trouvent dans toutes les mains.

Dans un remarquable mémoire publié en janvier 1856, il a fait connaître parfaitement la fièvre typhoïde en complétant les études de Bretonneau, qui avait déjà désigné les éléments anatomo - pathologiques de cette maladie, dont il rapportait le siège directement aux glandes de Brunner et qu'il reconnaissait déjà pouvoir être suivie de la perforation de l'intestin. C'est également lui qui a vulgarisé l'opération de la trachéotomie, que son maître Bretonneau avait pratiquée le premier avec succès en France, et qu'après lui, dès 1835, Trousseau pratiqua le premier k Paris.

Homme du monde par excellence, Trousseau était recherché dans tous les salons; chacun aimait ses manières ouvertes, affables et distinguées, même dans leur familiarité. Sa conversation était pleine d'esprit et de gaieté, 11 avait un goût passionné oour les arts et surtout pour l'agriculture. En 1867, il se retira de l'enseignement et fut nommé professeur honoraire. Il mourut d'un cancer dont il avait lui-même précisé l'issue fatale avec une exactitude vraiment surprenante. Trois jours avant de mourir, il fit son testament, se rendit lui-même k l'administration des pompes funèbres commander ses funérailles ; il alla choisir au cimetière du Père- Lachaise le terrain où il désirait reposer. Une fois toutes ses mesures prises, il rentra chez lui, se coucha et attendit la mort avec un calme stoïque. Outre les ouvrages susmentionnés , nous citerons de Trousseau : Table analytique du Traité des maladies chirurgicales de Loyer (Paris, 1828, in-8°) ; Atlas du dictionnaire de médecine et de chirurgie vétérinaires (Paris, 1828, in-fol. ) ; Traité de thérapeutique et de matière médi~ cale, avec H. Pidoux (Paris, 1836-1839, 3 vol. in-8°), ouvrage extrêmement remarquable ; Des principaux aliments envisagés sous le rapport de l'hygiène (1838, in-8°) ; Nouvelles recherches sur la trachéotomie pratiquée dans la période extrême du croup (1851) ; Du tubage de la glotte et de ta trachéotomie (1859); Conférences sur l'empirisme en médecine (1863, in-8°), etc.

TROUSSE-BARRE s. f. Navig. fluv. Morceau de bois qui sert à faire joindre ensemble les coupons d'un train à flotter, il PI.' trousse-barre,

TROUSSE-COL s. m. Ornith. Nom vulgaire

du tOlCOl. Il PI. TROUSSE-COL.

TROUSSE-ÉTRIERS s. m. Syn. de porte-

ÉTRIERS. Il PI. TROUSSE-ÉTRIERS.

TROUSSE -GALANT s. m. Pathol. Nom an; bien du choléra sporadique , maladie qui trousse en peu de temps l'homme le plus vigoureux : Un eholéra-morbus, vulgairement appelé trousse-galant, emporta mon époux en vwins de deux jours. (Le Sage.) il Nom donné à plusieurs maladies qui emportent très-vite les malades, par exemple au charbon des animaux domestiques.

TROCSSEL (Jean-François-Alfred), médecin français, né à Rouen en 1797. Il se fit recevoir docteur à Paris en 1819. Trousse! est connu par la publication d'un volume intitulé : Des premiers secours à administrer dans les maladies et accidents qui menacent la vie (Paris, 1823, in-12), etd'une brochure :j5ur tes écoulements particuliers aux femmes, et plus spécialement ceux gui sont causés par une maladie du col de la matrice (iu-8°).

TROUSSE-NEZ s. in. Syn. de tord-nez.

TROUSSE-PÈTE s. f. Pop. Nom qu'on donne par mépris à une petite fille : Entendez eetle

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morveuse, cette trousse-pète I II PI. troussepbte.(

TROUSSE-PIED s. m. Art vétér. Lanière qui tient plié le pied d'un animal domestique, pour l'empêcher de frapper, lorsqu'on veut le soumettre à quelque opération, il PI. troussepied.

TROUSSE-QUEUE s. m. Sorte de lanière qu'on passe sous le haut de la queue du cheval, il Gros cuir que l'on attache à la queue des chevaux sauteurs, pour la leur maintenir immobile, et les empêcher d'en jouer de façon à incommoder le cavalier. Il PI. troussequeue.

TROUSSEQUIN s. m. (trou-se-kain). Pièce de bois cintrée, placée sur le derrière d'une selle, et analogue à l'arçon, qui se place sur le devant : Les selles sans troussequin s'appellent des selles rases.

TROUSSER v. a. ou tr. (trou-sé — de l'ancien français trosser, qui répond au provençal trossar, et qui est probablement une forme transposée du vieux, français torser, mettre en paquet, lequel correspond à l'italien torciare, tordre ensemble, ficeler, et à l'espagnol atrozar, amarrer la vergue au mât. Or, le vieux français torser et l'italien lorciare représentent un type tortiare, dérivé, à la façon romane, de torlus, participe passé de torquere, tordre). Replier, relever, pour empêcher de traîner ou de descendre trop bas : Trousser ses jupes, son manteau. Trousser une draperie.

— Expédier lestement, en parlant d'une affaire.

— Dévorer, engloutir : Il troussa ce pâté en quatre coups de dent.

— Faire mourir rapidement, particulièrement en parlant d'une maladie : Ce mal t'A troussé en deux heures.

Dieu se joue a son gré de la race mortelle; Il fait vivre cent ans le Normand Fontenelle Et trousse à trente-neuf ce dévot de Pascal.

Voltaire.

— Trousser quelqu'un, Relever ses vêtements : Troussez cet enfant; il va se salir.

— Trousser une femme, Relever ses jupes; ne se dit ordinairement que dans un sens obscène.

— Trousser bagage, Partir brusquement. H On dit plus ordinairement plier bagage.

•*- Trousser quelqu'un en malle, L'enlever : On l'a trousse en malle et mis sous clef à la Bastille. Il Vieille loc.

— Manège. Nouer avec un trousse-queue, en parlant de la queue d'un cheval.

— Mar. Courber en dedans.

— Art culin. En parlant d'une volaille ou d'une pièce de gibier, Replier ses membres le long du corps, avant de la faire cuire.

— Hortie. Plier, relever et attacher, en parlant des menues branches qui croissent trop bas.

— v. n. ou intr. Manège. Plier, et particulièrement Plier trop le jarret, en parlant du cheval : Cette bête trousse trop, trousse dans son allure.

— Lever trop le jarret.

Se trousser v. pr. Trousser ses vêtements : Troussez-vous, il y a de la boue ici.

TROUSSE-TRAIT s. m. Chacun des anneaux de cuir qui sont attachés aux côtés du culeron d'un harnais. Il PI. trousse- trait.

TROUSSIÈRE s. f. (trou-siè-re — rad.

trousser). Constr. Corde avec laquelle on unit deux pièces d'un échafaud.

TROUSSIS s. m. (trou-si — rad. trousser). Pli que l'on fait à un vêtement pour le raccourcir : Cette robe est trop longue; il faut y faire un troussis.

TROUSSOIRE s. f. (trou-soi-re — rad.

trousser), Techn. Pince d'émailleur.

— Nom qu'on donnait autrefois à une espèce de jupe :

Il faut aujourd'hui le corset, Ou la troussoire d'un grand prix.

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