V. THALLIUM
alcalis fixes et leurs carbonates, un précipité brun gélatineux d'oxyde thallique hydraté renfermant la totalité du thallium. L'acide" chlorhydrique, les chlorures et les bromures solubles ne les précipitent pas lorsqu'ils sont purs ; mais ai la liqueur renferme en même temps un sel thallieux, il se forme un précipité de sessquiehlorure ou de sesouibromure de thallium (v. thallium). L'acide oxalique fait naître, dans la solution des sels thalliques, un précipité blanc pulvérulent ; l'acide phosphorique, un précipité blanc gélatineux, et l'acide arsénique, un précipité gélatineux jaune. Toutefois, ces divers précipités, devenant beaucoup plus solubles lorsqu'ils ne se trouvent pas en présence d'un grand excès d'acide libre, ne se produisent pas toujours lorsqu'on remplace l'acide libre par un de ses sels alcalins. Le sulfocyanate potassique détermine, dans les solutions acides des sels thalliques, un précipité gris noir; si les solutions sont très-peu concentrées, ce précipité est jaune et se dissout dans l'eau bouillante en se réduisant à l'état de sel au minimum. Le chromate de potassium ne précipite pas les sels thalliques, d'après Wilm, et les précipite, d'après Strecker, en jaune tournant au brun au contact de l'eau ; comme en pareille matière la négative dit plus que l'a ni rinative, parce que, après tout, le sel à l'aide duquel on a obtenu un précipité pouvait être impur, il est probable que c'est Wilm qui est dans le vrai et que Strecker a opéré sur un mélange de sel thallique et de sel thallieux. Le ferrocyanure potassique précipite l'azotate thallique en vert et le t'erriuyanure le précipite en jaune. Une solution de sulfate ou d'azotate thallique mélangée de tartrate de sodium donne, avec l'ammoniaque, un précipité caillebotté, soluble dans un excès d'ammoniaque en un liquide qui, par l'ébullition, laisse déposer de l'hydrate de sesquioxyde de thallium brun. Si, toutefois, on fait bouillir le sesquioxyde avec de l'acide tartrique, il so dégage do l'anhydride carbonique, dtf l'acide formique, et il se forme une solution dans laquelle il se dépose des cristaux de tartrate thallieux (v. thallieux) par le refroidissement. La solution ammoniacale de l'oxydo thallique, formée en présence des acides tartrique ou phosphorique, donne, par l'acide sulfhydrique et les sulfures alcalins, un précipité brun qui fond dans l'eau bouillante en une boule possédant l'éclat métallique et soluble dans l'acide sulfurique étendu avec dégagement d'acide sulfhydrique et dépôt de soufre. L'iodure de potassium , ajouté a la même solution ammoniacale, donne un précipité noir qui, par l'ébullition, se transforme en iodure thallieux mélangé avec de petites quantités de chloroforme.
— II. Description dus principaux sklb thalliquks. a-acétate thallique
Tl'"(C2H30)3.2Tl'"(OH)8.3/2H*0.
C'est un sel basique composé d'une molécule de sel neutre unie à une molécule de l'hydrate normal Tl"'(OH)3 qui est inconnu à l'état de liberté (on ne connattque son anhydride Tl"'HOï [v. thallium)). Ce sel cristallise lorsqu'on abandonne à l'évaporation spontanée une solutiou d'acide thallique dans l'acide acétique concentré préparée k la température de l'ébullition de ce liquide. Il forme des plaques incolores qui appartiennent au système ihombique, accompagnées quelquefois de petits cristaux prismatiques constitués probablement par de l'acétate thallieux. Ces cristaux , exposés à l'air, brunissent rapidement à leur surface. A une douce chaleur.ils se décomposent avec facilité en acide acéti- ' que libre et hydrate thallique. La décomposition est presque complète à 100°. Le sel se résout aussi, et immédiatement, dans des principes constituants sous l'influence de l'eau.
— î-arséuiale thallique TI'"As"'0*.2H20.
C'est un sel neutre que l'on obtient en précipitant l'azotate thallique par l'acide acétique libre; il est gélatineux et de couleur jaune citron. L'acide chlorhydrique le dissout. L'ammoniaque, ajoutée à cette dernière solution, en précipite d'abord un sel cristallin, volumineux, qui parait différer du précédant par la quantité d'eau de cristallisation qu'il renferme, puis un sel dithallique et entin un précipité brun, si la proportion d'ammoniaque employée est plus considérable,
— -^azotate thallique Tl'"(Az03)3. Il se sépare d'une solution concentrée en cristaux incolores bien définis, renfermant 3 molécules d'eau de cristallisation -d'après Strecker et 4 d'après Wilm. A looo, il se décompose avec séparation d'oxyde thallique.
— i-oxalate thallique (Tl,")î(C20s)8. On l'obtient en mêlant à chaua l'oxyde thallique avec de l'acide oxalique aqueux ou en précipitant une solution d'un sel thallique par l'acide oxalique. C'est une poudre cristalline, blanche, très-peu soluble ilans l'eau. Il est . toujours mélangé d'oxalate thallieux. On obtient un oxalate ammonico-tAai/jjue
C4Tl'"(AzH*)08.3HSO en mêlant une solution de sulfate thallique avec une solution d'oxalate d'ammonium.
C'est un précipité blanc, presque insoluble dans l'eau froide et qui se transforme dans l'eau bouillante en sel thallieux avec dégagement d'anhydride carbonique. Calciné, ce sel laisse du métal en fusion.
TBAL
— t-pkûsphate thalique Tlf"PhO*.2HSO. Ce sel se sépare lorsqu'on étend d'eau une solution d'azotate thallique préalablement actaitionnée d'acide phosphorique libre. C'est un précipité gélatineux qui, d'après les auteurs qui l'ont étudié, c aurait l'aspect cristallin, > ce qui est assez peu compréhensible, car l'état gélatineux ou colloïde et l'état cristallin sont opposés l'un à l'autre. Il est insoluble dans l'eau, soluble dans l'acide azotique concentré et l'acide chlorhydrique étendu. L'ammoniaque, ajoutée à la solution chlorhydrique, en précipite un sel basique vert, qui correspond k la formule
(Tl'"PhO^)S.T1203.5HîO.
Si Von augmente la proportion de l'ammoniaque, on tlnit par n'obtenir que de l'hydrate thallique.
— ^-sulfate thallique (Tl'")2Csot)3-7H20.
Ce sel se sépare, par l'évaporation, d'une solution d'hydrate thallique dans l'acide sulfurique étendu. Il forme des lamelles incolores, que l'on décompose, même à froid, avec séparation d'hydrate thallique brun. A 220°, il abandonne 6 molécules d'eau; aune température plus élevée, il se réduit à l'état de sulfate de thallium au minimum. V. thal-
LlliUX.
D'après Wilm, une solution d'oxyde thallique dans l'acide sulfurique de concentration moyenne, et préparée à chaud, laisse déposer d'abord des aiguilles déliées du sel basique T1203.2S03.5H20; puis un sulfate ihallosothallique kcr'istmx. prismatiques transparents, en même temps qu'un sel amorphe et pulvérulent, renfermant T1203.2S03.3H20. Une solution de sulfate thallieux, chauffée avec un mélange d'acide sulfurique et de peroxyde de baryum ou de plomb, puis filtrée et évaporée, donne des cristaux de sulfate thallique anhydre TÏ2C-3.3SC-3 = (Tl'")2(SO*}3.
On peut obtenir un sulfate double potassico-thallique
Tl"'8KA(SO*)6=Tl"2(SO*)3.2K2S04 en mêlant une solution concentrée de sulfate de potassium. C'est une croûte cristalline, incolore, dure, que l'eau brunit a la surface et qui est un peu, mais peu soluble dans l'acide sulfurique étendu. Un sulfate sodicothallique TlNa(S04)2' se forme de la même manière et se sépare en aiguilles incolores.
THALLIUM s. m. (tal-Ii-omm — du gr.
thallos, rameau, parce que le thallium donne, dans le spectre, une raie verte). Chim. Métal blanc qui existe dans les pyrites. Il Verre de thallium, Espèce de cristal dans lequel le thallium se trouve substitué au plomb,
— Encycl. Cet élément métallique a été découvert en 1861 par Crookes dans le dépôt sélénifère que l'on recueille k la manufacture d'acide sulfurique de Tilkerode, dans le Harz. En distillant une petite quantité de sélénium impur extrait de ce dépôt, ce chimiste obtint un résidu assez considérable, qu'il crut naturellement constitué surtout par du tellure. Mais l'analyse spectrale démontra dans ce résidu l'existence d'un élément nouveau, dont le spectre consistait en une seule ligne verte, vive et brillante, d'où le nom de thallium donné au nouvel élément, du g^rec 6aU6?, bourgeon vert. On supposa d'abord que l'élément découvert par Crookes était un métalloïde, mais une étude plus approfondie a prouvé que c'est un vrai métal. Le thallium a été obtenu pour la première fois à l'état métallique, par Crookes, vers la fin de l'année 1861. Plus tard, il a été obtenu par Lancy, qui paraît avoir fait son travail sans avoir eu connaissance des expériences de Crookes. Le thallium a été depuis l'objet de nombreuses recherches, et un grand nombre de ses composés ont été préparés et étudiés avec soin.
— Sources de thallium. Le thallium est très-répandu à l'état de sulfure et accompagne, le plus souvent, le fer et le cuivre dans les pyrites de ces deux métaux. Parmi les minerais qui en renferment le plus (bien que dans ces derniers sa proportion ne s'élève jamais k plus d'un quatre-millième et descende quelquefois à un cent-millième), il faut mentionner les pyrites de fer de Theux, près de Spa, en Belgique, de Nainur, dePliïlippeville, d'Alais, du sud de l'Espagne, de Ptaiice, d'Irlande, de Cornouailles, de Cumberland, de différentes parties du nord et du sud de l'Amérique ; les pyrites de cuivre d'Espagne, aussi bien que le soufre brut préparé au moyen de ces minerais. Il faut aussi mentionner, comme renfermant du thallium : la blende et la calamine de Theux; la blende, la calamine, le zinc métallique, le sulfure de cadmium, le cadmium métallique et le soufre en pains de la Nouvelle-Montagne ; le soufre natif de Lipari et d'Espagne; les minerais de bismuth, de mercure et d'antimoine, aussi bien que les produits manufacturés de ces métaux (fréquemment les préparations médicinales d'antimoine dites pures elles-mêmes en renferment) ; le sélénium et le tellure du commerce enfin, dans lesquels le thallium paraît se trouver à l'état de sulfure.
Le thallium se rencontre encore fréquemment dans le cuivre et dans les sels commerciaux de ce métal. En Espagne, on prépare un cuivre très-impur, en oxydant à l'air les pyrites, lavant le minerai pour dissoudre le sulfate de cuivre ainsi produit et précipitant
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le mêlai de cette dissolution, au moyen de rognures de fer, à l'état de cuivre pulvérulent. On recueille la poudre métallique, on la dessèche, on la comprime et on la chauffe au point de fusion. On en forme ainsi des gâteaux rectangulaires qu'on vend dans la contrée même et qui pèsent environ 10 kilogrammes chacun. Le sulfure de thallium s'oxydant plus rapidement à l'air et se transformant plus vite en sulfate que le sulfure de cuivre, et le thallium étant précipité de son sulfate par le fer, comme le cuivre, se concentre dans les gâteaux de ce dernier métal, ou il se trouve à l'état d'alliage.
On rencontre encore le thallium dans la lépidolithe de Moravie, dans le mica de Zinnwald et dans le résidu déliquescent que les saliniers de Nauheim appellent sel à glace. Ce résidu consiste en un mélange de chlorure de potassium, de sodium et de magnésium renfermant des proportions relativement considérables de chlorures de rubidium et de césium, ainsi que des traces de chlorure de thallium.
Quelques échantillons d'acide sulfurique commercial et d'acide chlorhydrique jaune renferment du thallium. L'origine de ce métal est évidemment ators la pyrite qui a servi a préparer l'acide sulfurique dont on s'est ultérieurement servi pour préparer l'acide chlorhydrique du -commerce.
— Extraction du thallium. <t. Extraction des pyrites. Les pyrites de la Société anonyme de Rocheux et d'Oneux (Theux) renferment environ l partie de thallium sur 4,000. On travaille deux tonnes de ce minerai de la manière suivante :
On concasse les pyrites en fragments de la grosseur d'une noix et on les distille dans des cylindres en fer fermés par un bout, que l'on place dans un fourneau k réverbère. On adapte à l'extrémité ouverte de ces cylindres, au moyen d'un lut, des tubes coniques en tôle et l'on porte le tout à une température rouge brillante, qui doit être continuée pendant plusieurs heures. A la fin de l'opération , on trouve dans les récipients de 4 à 8 kilogrammes de soufre coloré en gris ou en vert foncé, par 50 kilogrammes de minerai employé, La totalité du thallium que renfermaient les pyrites se trouve maintenant concentrée dans ce soufre. On peut ensuite traiter le produit par le sulfure de carbone, qui dissout le soufre et laisse un résidu insoluble de sulfure de thallium. On peut encore traiter le soufre par une lessive bouillante de soude. Cette dernière méthode occasionne plus de perte que la première, à laquelle on la préfère cependant, à cause des graves inconvénients qu'on éprouve, au point de vue de la santé, k travailler avec de grandes quantités de sulfure de carbone. 6 kilogrammes de soude caustique, 9 kilogrammes de soufre thallifère sont bouillis avec une quantité d'eau égale à 6 litres environ jusqu'à ce que le soufre ait disparu; on ajoute alors 9 litres d'eau, et, lorsque le liquide est refroidi, on le sépare du précipité noir volumiueux qui a été séparé du soufre; on recueille ce précipité sur un morceau de~calicot et on le lave; il renferme la plus grande partie du thallium à l'état de sulfure, en même temps que du cuivre, du fer, du mercure et du zinc. Une faible portion du thallium se dissout toutefois dans la liqueur alcaline et se perd ainsi. On dissout le précipité dans l'acide sulfurique chaud additionné d'un peu d'acide azotique, on étend d'eau le liquide et l'on filtre. L'acide chlorhydrique mélangé de sulfite de sodium précipite de cette solution du protochlorure de thallium blanc presque insoluble, qu'on recueille sur un filtre, qu'on lave et qui devient le point de départ de toutes les préparations de thallium. (Crookes.)
p. Extraction du soufre des pyrites par la voie humide. On dissout ce soufre dans l'eau régale, jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un résidu de soufre jaune brillant; on ajoute de l'eau à la liqueur, on la filtre, on l'additionne d'acide sulfurique et on la chauffe jusqu'à ce qu'il se dégage d'abondantes vapeurs blanches de ce dernier acide et que le résidu soit presque sec. On dissout ce résidu dans une grande quantité d'eau chaude et l'on y ajoute u'tibord assez de carbonate de sodium pour produire une réaction alcaline, puis du cyanure de potassium entièrement exempt de sulfure; on chauffe légèrement la liqueur pendant quelque temps, après quoi on la filtre. Le précipité renferme la totalité du plomb et du bismuth à l'état de carbonates, tandis que le thallium demeure en solution. On dirige alors un courant d'hydrogène sulfuré à travers la liqueur; le thallium se précipite alors à l'état de sulfure, tandis que le cuivre, l'antimoine, l'étain et l'arsenic restent dissous. On filtre pour recueillir le précipité de sulfure de thallium, on lave ce dernier, on le dissout dans l'acide sulfurique étendu et l'on précipite enfin le thallium à l'état de chlorure insoluble au moyen de l'acide chlorhydrique. (Crookes,)
■j, Extraction du thallium des poussières qui se déposent dans les cheminées des fourneaux où ion grille les pyrites. Cette méthode est certainement la plus avantageuse, la plus économique de toutes. Lorsqu'on grille des pyrites thaliifères pour la fabrication de l'acide sulfurique , le thallium s'oxyde en même temps que le soufre et se volatilise par la chaleur. Si le passage qui conduit du
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fourneau aux chambres de plomb n'a que quelques pieds de longueur, la plus grande partie du thallium échappe à la condensation et arrive en vapeurs dans les chambres de plomb; là, il rencontre la vapeur d'eau, l'acide sulfureux, l'acide sulfurique et se convertit en sulfate de thallium. Ce dernier sel, étant facilement soluble à la fois dans l'eau et dans l'acide sulfurique étendu, et n'étant pas réduit par son contact avec les parois de plomb des chambres, reste dissous et accompagne l'acide sulfurique dans les diverses phases de sa concentration. Si, au contraire, le passage qui conduit des fourneaux aux chambres de plomb a une longueur d'au moins 10 ou 15 pieds, la presque totalité du thallium s'y condense, en même temps qu'un nombre considérable d'autres corps qui constituent avec lui la poussière des cheminées, flue-dust. Parmi ces corps, il faut citer le mercure, le cuivre, l'arsenic, l'antimoine, le fer, le zinc, le cadmium, le bismuth, le calcium, le sélénium, corps auxquels il faut ajouter l'ammoniaque et les acides sulfurique, azotique et chlorhydrique. La proportion du thallium dans les dépôts de fumée varie beaucoup ; quelquefois elle ne s'élève pas à plus de 1/4 pour 100, tandis que d'autres fois, et sans qu'on puisse expliquer ce fait, on l'a vue s'élever a 8 pour 100.
Pour extraire le thallium de cette poussière sur une large échelle, Crookes a adopté la méthode suivante :
La poussière est d'abord mêlée, dans des tubes de bois, avec son volume d'eau bouillante et fortement agitée. Pendant cette opération, il se dégage des quantités considérables de gaz tiitreux. Quand ce dégagement a cessé, on laisse le tout se reposer pendant vingt-quatre heures, afin que la portion indissoute ait le temps de se déposer. On siphone le liquide, on lave le résidu et on le traite une seconde fois par l'eau bouillante. Les liqueurs réunies qui ont été séparées du dépôt au moyen d'un siphon sont ensuite abandonnées au refroidissement, puis précipitées par »n grand excès d'acide chlorhydrique. On laisse déposer ce précipité, qui consiste en chlorure de thallium très-impur, on le recueille et on le lave sur un filtre en calicot, après quoi on le dessèche. Trois ton-, nés de poussière donnent ainsi 34 à 35 kilogrammes de ce chlorure impur.
Werther fait bouillir à. plusieurs reprises la poussière avec du carbonate de sodium; il précipite la liqueur filtrée par un excès de sulfure d'ammonium ; il convertit ensuite le précipité en sulfate en le faisant bouillir avec un mélange d'acide sulfurique et d'acide azotique, dissout ce sel dans l'ammoniaque, précipite la solution par l'iodure potassique et réduit l'iodure de thallium en le fondant avec un cyanure de potassium.
L'acide chlorhydrique du commerce renferme souvent du thallium. On peut l'en séparer en le neutralisant par l'ammoniaque et en y ajoutant du sulfure ammonique. Le précipité noir renferme le thallium, en même temps que le fer et quelques autres impuretés que renfermait l'acide commercial. On le dissout dans l'acide sulfurique et l'on en précipite le thallium par l'acide chlorhydrique k l'état de protochlorure impur.
Le protochlorure brut de thallium obtenu par une des méthodes précédentes est projeté par petites portions successives dans une capsule de porcelaine ou de platine contenant de l'acide sulfurique concentré bouillant. On agite le mélange et l'on continue de chauffer jusqu'à ce que la totalité de l'acide chlorhydrique et la plus grande partie de l'acide sulfurique soient éliminés. On dissout alors dans un excès d'eau le sulfate en fusion et l'on fait passer à travers la liqueur un fort courant d'acide sulfhydrique. On filtre pour séparer le précipité, qui renferme de l'arsenic, de l'antimoine, du bismuth, du plomb, du mercure et de l'argent, et l'on fait bouillir la liqueur filtrée jusqu'à expulsion de tout l'acide sulfhydrique libre qui s'y trouve. Cela fait, on aloalinise la liqueur par l'ammoniaque et on la soumet à l'ébullition ; il se forme généralement, dans ces conditions, un précipité d'hydrates ferrique et aluininiqua qu'on sépare par le filtre, après quoi on évapore la solution claire jusqu'à ce qu'elle soit réduite à un très-petit volume. Le sulfate de thallium se sépare alors, par le refroidissement, en longs cristaux limpides et prismatiques. Comme le sulfate d'ammonium est beaucoup moins soluble que le sulfate de thallium, ou peut facilement séparer ces deux sels l'un de l'autre, car ils ne cristallisent pas ensemble.
Pour éviter l'inconvénient qui consiste à évaporer de grandes quantités d'acide sulfurique, dans la décomposition du chlorure brut de thallium, il est quelquefois préférable de procéder comme il suit : on fait bouillir le chlorure de thallium pendant cinq minutes avec une solution de sulfure d'ammonium; la décomposition est presque immédiate ; on filtre et on lave k l'eau distillée aussi longtemps que les eaux de lavage renferment du chlore; on dissout ensuite le sulfure, sur le filtre même, dans l'acide sulfurique étendu et l'on soumet la solution à l'action de l'ammoniaque, en terminant l'opération comme ci-dessus.
Wôhler et Gunning, chacun de son côté, ont fuit connaître deux nouvelles méthodes pour extraire le thallium des poussières qui se déposent dans les cheminées des fours k
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pyrites. Wohler fait bouillir à plusieurs reprises la poussière avec de l'eau acidulée par de l'acide sulfurique et il ajoute de l'acide chlorhydrique à la liqueur, qui ne doit pas être concentrée au préalable, sans quoi l'arsenic se précipiterait en même temps que le thallium. Le thallium se précipite alors à l'état de chlorure, qu'on lave à l'eau et que l'on convertit en sulfate neutre par une des deux méthodes que nous venons d'exposer plus haut. On dissout ce sel dans l'eau et l'on en précipite le thallium au moyen de l'électrolyse. A cet effet, un grand tube de verre, autour de l'extrémité inférieure duquel est fortement attachée une vessie qui en forme le fond, est suspendu dans la solution de thallium et rempli avec de l'eau acidulée qui doit s'élever à peu près à une hauteur moitié moindre que la solution de thallium dans le vase extérieur. On place ensuite dans ce tube une plaque de zinc, en connexion par son extrémité supérieure avec un fil de cuivre ou de platine qui vient plonger dans la liqueur du vase extérieur. Au bout de quelques jours, le thallium est entièrement précipité sur le fil. On le lave, en évitant, autant qu'il est possible, le contact de l'air, on le comprime dans du papier buvard, on le sèche et on le fond en lingot sous le cyanure potassique.
D'après Carstanjen, il serait préféruble de pétrir sous l'eau le thallium électrolytique de manière k en faire une masse solide, qu'on transforme ensuite en cubes denses eu la martelant, de fondre ensuite ces cubes après les avoir bien desséchés et sans employer l'acide d'aucun fondant et de couler le métal en lingots. La petite quantité d'oxyde thalleux qui prend naissance pendant la fusion sert à éliminer toutes les impuretés métalliques.
Le procédé que préconise Gunning pour extraire le thallium des poussières des cheminées des fours à pyrites, poussières principalement composées d'acides arsénieux et arsénique mélangés à des oxydes de plomb et de fer, consiste dans l'emploi de 1 acide phosphorique. On chauffe la poussière avec un mélange de cendre d'os, d'acide sulfurique et d'eau, on passe la masse à travers une toile et l'on soumet de nouveau le résidu au même traitement. Les liqueurs sont ensuite réunies et précipitées par l'acide chlorhydrique. La liqueur filtrée renferme encore du thallium en partie à l'état de protochlorure, en partie à l'état de sels thalliques. On la mélange avec du sulfite de sodium pour réduire les composés thalliques à l'état de composés thalleux; on la neutralise presque avec du carbonate • de soude et l'on en précipite le thallium h l'état d'iodure au moyen de l'iodure de potassium.
Quant au précipité de protochlorure de thallium impur obtenu au moyen de l'acide chlorhydrique, pour en extraire le thallium pur, Gunning le convertit d'abord en oxyde thallique, en le mettant en suspension dans une solution aqueuse de carbonate sodique et en dirigeant un courant de ehiore k travers la liqueur, en prenant soin d'ajouter de petits cristaux de carbonate da soude de temps en temps pour que la liqueur ne cesse jamais d'être alcaline. La conversion est rapide et complète. Le trioxyde insoluble est recueilli sur un filtre, lavé, puis mis en suspension dans l'eau et converti en hydrate thalleux au moyen d'un courant de gaz sulfureux, qu'on fait passer à travers le liquide. La solution ainsi obtenue, lentement évaporée soit à l'air, soit sous une cloche au-dessus de l'acide sulfurique, fournit des cristaux d'hydrate de thallium pur.
S. Extraction du thallium des résidus salins des salines de Nauheim. On ajoute k la solution concentrée une quantité de chlorure platinique insuffisante pour une précipitation complète et l'on fait bouillir à cinq ou six reprises le précipité avec trois fois son poids d'eau; le résidu consiste en chloroplatinates de rubidium, de thallium et de césium. On le fait bouillir avec une lessive faible de potasse et un peu d'hyposultite de sodium, de manière à obtenir une solution limpide. Traitée par le cyuuurc potassique, cette solution donne ensuite par l'hydrugéne sulfuré un précipité de sulfure de thallium. On filtre pour séparer le liquide dans lequel demeurent dissous le césium et le rubidium, on lave le résidu, on le dissout dans l'acide sulfurique étendu et l'on en extrait le thallium par l'éleetrolyse ou par tout autre procédé.
t. Extraction du thallium de la lépidolithe et du mica. A l'article rubidium, nous avons parlé d'un résidu qui reste lorsqu'on réduit les chloroplatinates de césium, de rubidium et de thallium obtenus au moyen de la lépidolithe et du mica (v. rubidium). C'est de ce résidu qu'on retire le thallium. A cet effet, on le lave à l'eau de manière à dissoudre les chlorures de rubidium et de césium et l'on dissout dans l'eau régale le platine spongieux qui reste. La liqueur est débarrassée de l'excès d'acide par l'évaporation, et la masse sôchée est mise en digestion avec de l'eau, qui laisse à l'état insoluble la totalité du chluroplatinate de thallium (renfermant encore un peu de rubidium), tandis qu'elle dissout le chlorure de platine libre. On ajoute quelques gouttes d'acide chlorhydrique sur le résidu, puis de l'eau, de la grenaille de zinc pur et on porte le mélange à l'ébullition ; l'excès de zinc se dissout dans l'acide chlorhydrique,