‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 43 sur 1042 · MAL · texte numérisé non relu

MAL

tandis que le thallium précipité par ce métal est, ainsi que le platine, insoluble dans cet acide. On recueille le mélange de ces deux métaux et on le soumet à l'action de l'acide azotique, qui dissout le thallium et ne dissout ' pas le platine. Inutile d'ajouter que le rubidium renfermé dans le chloroplatinate, n'étant pas précipité par le zinc, se trouve par cela même complètement séparé du thallium.

K,. Extraction du thallium des eaux mères du sulfate de zinc. Les eaux mères d'où se sont déposés les cristaux de sulfate de zinc que l'on obtient à Goslar, dans le Harz, en travaillant les pyrites de Rammelsberg, sont, d'après Bunsen, une source avantageuse de thallium. Lorsqu'on les amène par l'ébullition à une densité de 1,441 à 24», elles renferment, d'après l'analyse de Neuhoflf, 0,05 pour 100 de chlorure de thallium mélangé avec des sulfates de zinc, de cadmium, de manganèse de cuivre et avec beaucoup d'autres sels. Mêlées avec leur volume d'acide chlorhydrique, ces liqueurs fournissent un précipité de piotochiorure de thallium; avec l'iodure de potassium, pourvu qu'on opère en présence d'une quantité suffisante dhyposulfite sodique; elles donnent un précipité d'iodure de thallium complètement exempt d'iodure de cuivre. Mais la méthode la plus simple pour en extraire le thallium consiste àen précipiter ce métal au moyen de feuilles de zinc qu'on plonge à froid dans la liqueur. Le cadmium et le cuivre se précipitent en même temps. On lave rapidement la poudre métallique ainsi précipitée, puis on la fait digérer avec de l'eau contenant de l'acide sulfurique. La solution ainsi obtenue contient le cadmium et le thallium. On la tiltre pour en séparer le cuivre demeuré insoluble et on la précipite par l'iodure de potassium en excès. 1 mètre cube d'eaux mères a fourni par ce traitement 600 grammes de thallium.

t). Pour retirer le thallium qui reste dans les eaux mères que l'on obtient dans les diverses méthodes d'extraction que nous venons de décrire, Wilm, après avoir réduit les liqueurs par l'acide sulfureux, si c'est nécessaire, les précipite par l'iodure de potassium, décompose par l'acide azotique l'iodure de thallium ainsi précipité dans un appareil disbillatoire permettant de recueillir l'iode mis en liberté, et évapore la solution d'azotate de thallium ainsi préparée jusqu'à ce qu'elle fournisse des cristaux. Les résidus insolubles sont dissous dans l'eau régale, et les liqueurs qui en résultent sont précipitées par le sulfure d'ammonium après avoir été au préalable saturées par l'ammoniaque. On convertit ensuite le sulfure de thallium en sulfate en le dissolvant dans l'acide sulfurique étendu après l'avoir, au préalable, bien lavé à l'eau distillée.

— Préparation du thallium métallique. On réduit le métal de ta solution d'un de ses sels, généralement du sulfate, soit par l'électrolyse, soit par l'action du zinc.

Lorsqu'un courant électrique produit par deux ou trois éléments de Grove et conduit par des fils de platine traverse une solution acidulée de sulfate de thallium renfermant un poids d'eau égal au poids du sel, le métal se dépose au pôle négatif en plaques brillantes ou en cristaux ayant forme d'aiguilles qui s'étendent jusqu'au pôle positif et qui ont l'aspect de l'arbre de Saturne. La réduction est complète lorsqu'il commence à se dégager de l'hydrogène au pôle négatif. On presse le métal spongieux autour du ril de platine pour en faire une masse compacte, on le lave bien k l'eau, puis on le sépare du platine et on le pétrit entre les doigts de manière à en former des morceaux consistants.

Pour réduire des quantités de thallium considérables, il vaut mieux précipiter cet élément au moyen du zinc métallique. Ou place tout autour de la paroi intérieure d'un vase en porcelaine, de la capacité d'environ 6 litres, des plaques verticales de zinc pur ne laissant aucun résidu lorsqu'on le dissout dans l'acide sulfurique. On place ensuite dans le vase des quantités de sulfate de thallium cristallisé égales à environ 3 kilogrammes k la fois et l'on verse dessus assez d'eau pour recouvrir le sel. Cela fait, on chauffe. Au bout d'un petit nombre d'heures, le sulfate de thallium se trouve complètement transformé en éponge de thallium métallique, qu'une légère agitation suffit à séparer des plaques de zinc. On décante le liquide, on retire le zinc, on lave le métal précipité à plusieurs reprises, puis on le comprime fortement entre les doigts et on le conserve sous l'eau jusqu'au moment de la fusion. On peut, par cette méthode, réduire en vingt-quatre heures plus d'un quintal de thallium.

Pour obtenir le métal à l'état cohérent, il suffit de foudre l'éponge. On opère bien cette fusion sous le cyanure de potassium lorsqu'on fait l'opération sur une petite échelle , et dans un courant de gaz de l'éclairage, lorsqu'on Le fait sur une grande échelle. Dans le premier cas, l'épouge, bien comprimée et tout à fait sèche, est brisée en petits morceaux qu'on projette l'un après l'autre dans un creuset de porcelaine renfermant déjà du cyanure de potassium fondu. La fusion est instantanée et il se forme un bouton métalli-

?ue brillant au fond du creuset. Après le reroidissement, on dissout le cyanure potassique dans l'eau et on laisse le thallium sous la

THAL

forme d'un morceau irrégulier, ce qui tient a ce qu'il est demeuré liquide et s'est contracté, alors que le cyanure était déjà solide. , Sur une large échelle, on se sert de préférence d'un creuset de fer qu'on place dans un fourneau à gaz et qu'on dispose de manière qu'un courant de gaz amené par un tuyau spécial passe constamment dans sa partie supérieure. On projette alors dans le creuset, l'un après l'autre, des morceaux de thallium spongieux jusqu'à ce que le vase soit à peu près plein de métal fondu. On agite alors la masse en fusion au moyen d'une tige de fer et on peut ensuite soit granuler le métal en le versant dans l'eau, soit le coulffr dans une lingotière pour en faire des lingots. On a pu faire ainsi jusqu'à trente ou quarante fusions dans le même creuset sans que le fer ait subi la plus petite attaque de la part du thallium fondu.

D'après Wilm, on obtient du thallium trèspur k l'état de métal fondu et brillant en chauffant l'oxalate de cet élément dans un tube de verre.

— Propriétés. Le thallium est un métal parfait possédant k un haut degré l'éclat métallique. Sa couleur se rapproche de celle du cadmium. Il n'est point, en effet, d'une blancheur aussi éclatante que l'argent et n'a pas non plus la teinte bleue du plomb. On peut, du reste, k peine voir sa vraie couleur en le coupant ou en en grattant la surface, car il se ternit très-vite. On la voit mieux si on le gratte sous l'eau et mieux encore si, après ravoir fondu dans un tube plein d'hydrogène, on fait sortir le globule fondu de la scorie et qu'on le laisse solidifier dans le gaz au milieu duquel on l'a fondu. Lorsqu'on fond une grande masse de thallium dans un creuset de fer, dans les conditions que nous avons indiquées plus haut, on peut k peine distinguer ce métal du mercure. Il prend un très- beau poli lorsqu'on le frotte sous l'eau avec des substances appropriées. A l'air, le thallium se ternit vite et se recouvre, comme le plohib, d'une couche d'oxyde qui protège complètement le métal sous-jacent contre uneoX3'dation ultérieure. La densité an. thallium varie avec le traitement que ce corps a subi. Un échantillon fondu et refroidi rapidement sous du cyanure potassique offrait un poids spécifique de 11,81, qui s'éleva à 11,88 par une forte pression. Le même métal, étiré en fil, avait une densité de 11,91. Lamy donne le chiffre de 11,86. Delarive attribue une densité de 11,85 au t hallium simplement fondu et une densité de u,80 au thallium étiré à la filière.

Le thallium est le plus mou de tous les métaux qui peuvent être exposés à l'air libre. Il est facilement rayé, même par le plomb. 11 laisse sur le papier, comme la plombagine, une trace bleue d'abord, qui devient ensuite jaune, pour disparaître à peu près complètement au bout de deux ou trois jours, sans que le sulfure d'ammonium ou l'hydrogène -sulfuré puisse jamais la faire réapparaître. Sa ténacité est moindre que celle du plomb; il ne devient cassant à aucune température comprise entre 18° au-dessous de 0<> et son point de fusion. Très-malléable, il peut, comme l'étain, être réduit par le marteau en feuilles de papier métallique. Sa dureté ne s'accroît pas sensiblement lorsqu'on le martelle. Sa faible ténacité ne permet de l'étirer en fils que très-difficilement; mais on en forme facilement des fils par le procédé que les Anglais désignent généralement en industrie par le mot. squirling. Les fils de thallium sont entièrement dépourvus d'élasticité ; ils conservent toutes les formes qu'on leur imprime et n'offrent qu'une tendance excessivement faible à reprendre leur forme première. Récemment fabriqués, les fils sont amorphes et demeurent ainsi aussi longtemps qu'on les conserve à la température ordinaire dans l'anhydride carbonique, le pétrole ou 1' air libre; mais, sous l'eau, ils prennent assez promptement une texture cristalline qui leur donne l'aspect de plaques d'étain moiré. Ce phénomène se produit d'ailleurs immédiatement toutes les fois qu'on fait bouillir avec de l'eau du thallium en fils, en lingots ou en plaques, terni ou non.

Le thallium est un métal très-cristallin. Il crie plus encore que l'étain lorsqu'on le ploie. Lorsqu'on fait fondre 1 ou S kilogrammes de ce métal, qu'on le laisse refroidir lentement et que, enlevant la croûte supérieure; on décante la partie encore liquide de celle qui est déjà solide, on obtient, comme avec le bismuth, des cristaux octaédriques bien définisr qui se groupent de manière à affecter la forme de feuilles de fougère. Le point de fusion du thallium est 290°, d'après Lamy, et 293°, d'après Crookes, qui l'a déterminé en faisant fondre 1 kilogramme de métal pur. Ce métal ne prend point l'état pâteux avant de fondre. Il se dilate beaucoup avant que sa fusion soit complète et se contracte beaucoup en se refroidissant. Deux pièces de ce métal réunies par une forte pression, k la température ordinaire, peuvent être étirées en une baguette solide, aussi tenace en apparence que si elle était obtenue par fusion.

La propriété la plus caractéristique du thallium est la couleur verte intense que ce métal et tous ses composés communiquent à la couleur de la flamme. Cette flamme colorée, examinée au speetroscope, est absolument monochromatique ; elle ne fournit qu'une ligne verte, très-brillante, qui correspond au chif-

THAt

fre 1442,6 sur l'échelle graduée du speetroscope de Kirchhoff. Ce spectre est le plus simple de ceux de tous les éléments examinés jusqu'à ce jour. Un grossissement produit par seize prismes de verre lourd n'altère pas la pureté de la'ligne, et aucune nouvelle ligne n'apparaît même dans les flammes très-chaudes de l'hydrogène ou du mélange oxhydrique.

Le thallium a donc un spectre encore plus simple que le sodium et le lithium, les deux corps qui se rapprochent le plus de lui sous ce rapport. Sa réaction spectrale est assez délicate pour être produite par la cent-millième partie d'un milligramme de son sulfate. La longueur d'onde de la ligne verte du thallium est de 0n*ni ,0005348.

Lorsqu'on fait passer une étincelle d'induction entre deux pièces de thallium, la lumière n'est plus aussi purement monochromatique. On voit alors apparaître au speetroscope quelques lignes nouvelles, particulièrement une ligue faible dans l'orangé ; puis deux d'intensité égale dans le vert, plus réfrangibles que Tla; puis une troisième beaucoup plus faible également dans !e vert, la distance de la première à la seconde et la * distance do la seconde à la troisième étant sensiblement égales ; enfin une ligne bien définie et très-brillante dans le bleu. Le spectre photographique renferme plusieurs groupes de lignes tres-caractéristiques, qui rappellent celles des spectres du cadmium et du zinc et un peu moins celles du plomb. La ligne verte fondamentale du thallium n'a pas sa contre-partie parmi les lignes noires du spectre solaire. Ce métal n'existe donc pas dans l'atmosphère solaire. Le thallium est énergiquement repoussé par les deux pôles d'un électro-aimant. Son pouvoir diamagnétique est sensiblement égal à celui du bismuth. Par sa conductibilité électrique, il se place entre l'étain et le plomb; si l'on prend la conductibilité de l'argent égale à 100, celle du thallium est 9,16 d'après Mathiessen, 8,64 suivant Delarive. Mathiessen et Vogt ont trouvé que ce pouvoir conducteur décroît de 31,42 pour 100 entre 0° et 100°, ce qui est une décroissance supérieure à la décroissance observée avec tout uutre métal pur. La chaleur spécifique du thallium donnée par Lamy est de 0,0325. Regnault donne 0,03349 - 0,03361.

Chauffé à l'air, le thallium commence à émettre des vapeurs d'oxyde à la chaleur rouge. 11 bout au-dessous de la chaleur blanche et peut être distillé dans un courant d'hydrogène. L'hydrogène entraîne toujours mécaniquement un peu de métal, qui ne se dépose pas même en traversant un tube de verre froid de 2 mètres de longueur. A sa sortie, en effet, le gaz brûle encore avec une flamme verte.

Chauffé au rouge et plongé brusquement dans l'oxygène, le thallium brûle avec une flamme brillante. Sur le charbon, devant le chalumeau, il fond instantanément, en dégageant d'abondantes vapeurs brunes. La perle, portée au rouge, s'accroît encore quelque temps après qu'on a cessé de chauffer, en continuant de répandre des fumées qui paraissent être un mélange de vapeurs métalliques et d'oxyde. Par le refroidissement, il se dépose sur les parties adjacentes du charbon des globules du métal qui s'était volatilisé et qui s'est condensé. Ces globules sont entourés d'un sublimé amorphe et rougeâtre, constitué par un mélange de protoxyde et de sesquioxyde. Le principal globule de métal est également entouré d une couche fondue de protoxyde, et ressemble au plomb sous ce rapport. Lorsqu'on chauffe le thallium dans un tube de verre ouvert, il fond et se convertit rapidement dans le protoxyde le plus fusible. Ce protoxyde attaque le verre; il est d'une couleur rouge foncé à chaud. En se refroidissant, il se prend en une masse cristalline brune. Le thallium s'oxyde encore, et alors à la température ordinaire, sous l'influence du permanganate de potassium.

Plusieurs composés de thallium sont trèsvolatils. Le chlorure, par exemple, distille avec la vapeur d'eau et se volatilise lorsqu'on le chauffe seul avant d'atteindre la température de la chaleur rouge. D'autres sels (le sulfate et le phosphate sont de ce nombre) supportent au contraire une chaleur rouge intense sans perdre sensiblement de leur poids.

Le thallium est facilement réduit à l'état métallique. En solution aqueuse, le métal se dépose facilement, ainsi que nous l'avons vu, par l'action d'un courant électrique ou du zinc métallique. Par voie sèche, on peut le réduire à une température élevée au moyen du charbon et du carbonate sodique, ou ipar le cyanure de potassium ; on peut aussi opérer cette réduction en opérant sur le chlorure avec un métal alcalin.

Le métal pur est à peine atlaqué par l'acide chlorhydrique, même à l'ébullition. L'acide sulfurique le dissout un peu plus facilement, surtout si le thallium est eii contact avec une pièce de platine constituant un élément galvanique; l'acide azotique l'attaque avec violence.

Au point de vue de sa place dans la série électro-chimique, le thallium est très-rapproché du cadmium, puisque le fer et le zinc le précipitent de son sulfate, tandis que le

THAL

cadmium, l'étain et le cuivre ne l'en préci» pitent pas.

Plusieurs sels de thallium sont très-sensibles à la lumière; le protochlorure noircit rapidement, mais beaucoup moins rapidement cependant que le chlorure d'argent.

Lorsqu'on se sert du thallium pour former le pôle positif d'une batterie de deux éléments Bunsen et qu'on plonge ce pôle dans de l'acide sulfurique très-étendu, le métal se convertit en trioxyde noir.

Un morceau de papier imprégné d'un sel de thallium au minimum brunit sous l'influence de l'ozone, à ce point que Schônbein l'a recommandé comme étant un des réactifs les plus sensibles de l'ozone. Mais, d'après Laing, le papier thiillieux peut devenir brun sous l'influence de causes autres que la présence de l'ozone, et ne peut, par conséquent, pas être considéré comme un réactif sûr de cette modification de l'oxygène, à moins que ses indications ne soient corroborées par celle du papier de galac, qui bleuit. Dans ces limites, c'est un réactif beaucoup plus sensible que le papier amidonné-ioduré, et il a cet avantage de déceler l'ozone même d;ms une atmosphère renfermant beaucoup de vapeurs nitreuses, ces vapeurs étant sans action sur lui. Il est cependant impossible de le faire servir à des indications quantitatives.

Les sels de thallium sont très-vénéneux ; les symptômes auxquels ils donnent lieu sont assez semblables à ceux qui résultent de l'empoisonnement par un sel de plomb.

Le thallium forme deux classes de composés : les composés thallieux, dans lesquels ii est monovalent, comme le potassium et le sodium, et les composés thalliques, dans lesquels il est trivalent. C'est ainsi qu'il forme un protoxyde T120 et un sesquioxyde Tl*03, correspondant k un nombre égal de chlorures, de bromures, d'iodures et de sels oxygénés. Par quelques-unes de ses propriétés, il se rapproche des métaux alcalins. C'est ainsi qu'il forme un protoxyde soluble et très-alcalin, un carbonate également soluble et alcalin, un chloroplatinate insoluble, un sulfate thallio-aluminique, semblable à l'alun de potasse ou alun ordinaire, par Sa forme et sa composition. Par d'autres propriétés, toutefois, il se rapproche davantage des métaux lourds et spécialement du plomb, auquel il ressemble beaucoup lorsqu'il est k l'état métallique, par sa densité, son point de fusion, sa chaleur spécifique et sa conductibilité électrique. Ses relations avec les métaux lourds résident, en outre, dans son poids atomique élevé, dans la complexité de son spectre photographique, qui contraste avec la simplicité du même spectre- des métaux alcalins , par le caractère toxique de ses composés, par ce fait que ses sels sont réduits par le zinc, par la production d'un peroxyde brun insoluble, qui preud naissance sous 1 influence de l'électricité, par l'insolubilité presque complète de ses sulfure, phosphure, iodure, chlorure, bromure, chromato et phosphate. Le thallium diffère encore essentiellement des métaux alcalins par la faible affinité de Son protoxyde pour l'eau, cet oxyde, non-seulement n'étant pas déliquescent, mais revenant k l'état anhydre lorsqu'on évapore sa solution aqueuse sous une cloche, au-dessus d'un vase renfermant de l'acide sulfurique concentré. D'ailleurs, l'argument tiré de l'existence d'un alun thallieux, pour prouver que le thallium appartient au groupe des métaux alcalins, a perdu k peu près toute sa valeur depuis que l'on a découvert l'alun d'argent. Toutefois, il reste acquis que le thallium se rapproche des métaux alcalins par plusieurs de ses caractères et des métaux lourds par d'autres, plus nombreux il est vrai. C'est pour indiquer ce fait bizarre que, par une parole imagée, M. Dumas a appelé ce corps l'ornithorhynque des métaux. On sait que l'ornithorhynque est un de ces animaux limites à cheval surdeux groupes (dans l'espèce/à cheval sur la classe des mammifères et sur celle des oiseaux) et que, par ce motif, les naturalistes ne savent où classer.

— Alliages dd thallium. Plusieurs de ces corps ont été étudiés par Corstaujen. Ce sont : l'alliage de thallium et de zinc à pro-

fiortions équivalentes; il est mou comme e cadmium, crie lorsqu'on le ploie et fond au-dessus de 360°. Celui de cadmium et de thallium; il est d'un blanc d'argent, d'un grain fin et cristallin, plus dur que l'alliage de zinc; il fond à 184»; il renferme les deux métaux en proportion équivalente. L'alliage en proportions équivalentes de thallium et de bismuth ; il est d'un grisrougeâtre, cristallin, quoique mou, et fond à 170°. L'alliage de thallium, de cadmium et de bismuth, dans les proportions de 6 parties de Tl, 5 parties de Bi et 1 partie de Cd; il est dur et cassant; sa cassure récente est d'un gris brillant; sa structure est granulo-cristalline; il fond a 134». L'alliage de thallium et de plomb à équivalents égaux, est mou, non cristallin, fond au-dessus de 250° et présente la couleur du plomb. L'alliage de thallium, de plomb et de bismuth, dans la proportion de 1 partie de Tl, 6 parties de Bi et 6 parties de Pb; il est un peu cristallin, dur, brillant et fond à 130°. L'alliage de thallium et d'étain à équivalents égaux ; il fond difficilement, ne se ternit pas à l'air, est mou et ductile. L'alliage de thallium, d'étain et de bismuth, dans

THAL

la proportion de l partie de Tl, 2 parties de Bi, 1 partie de Sn; il fond à 115», est dur, présente une couleur blanche ou blanc gris et offre un grain fin. L'alliage de thatlium et de cuivre à équivalents égaux, ne fond que sous le borax et à la chaleur blanche; il est jaune de cuivre, peut être coupé au couteau et se ternit lorsqu'on expose à l'air sa surface fraîchement coupéç. L'alliage de thallium et d'aluminium à équivalents égaux, ne fond que sous le borax, à la chaleur blanche ; quoique plus mou que le thallium, il s'oxyde sans brûler lorsqu'on le chauffe à l'air. Enfin l'alliage de thallium et de magnésium à parties égales, est facilement altérable et brûle comme le magnésium, avec une magnifique flamme blanche, lorsqu'on le chauffe a l'air.

Tous ces alliages, excepté celui d'étain,se ternissent a l'air et sont plus ou moins facilement attaqués par l'acide sulfurique étendu, avec dégagement de gaz hydrogène.

Un alliage de parties égales de thallium et d'arsenic est d'un gris noirâtre et cristallin, mais assez mou, néanmoins, pour pouvoir être coupé avec un couteau. La surface fraîchement coupée est d'un blanc d'argent; exposée à l'air, elle se ternit et devient d'un bleu jaunâtre. Traité par l'acide sulfurique étendu, cet alliage dégage beaucoup d'hydrogène arsénié el laisse déposer une poudre brune.

L'alliage de thallium et d'antimoine à' parlies égales est très-dur, cassant, cristallin, et présente une cassure grise. Sous l'influence de l'aeide sulfurique étendu, il dégage de 1 hydrogène amimonié. Les alliages, en proportions équivalentes, de thallium et de potassium ou de sodium sont mous, cristallins, déliquescents à l'air et sont attaqués violemment par l'eau. L'alliage de sodium peut être conservé dans le pétrole ; mais celui de potassium s'altère même sous ce liquide, en prenant une couleur brune. L'amalgame de thallium, renfermant des équivalents égaux de thatlium et de mercure, a la consistance du beurre et ne s'altère pas à l'air. D'après Nicklès, le mercure mouille et pénètre aisément le thatlium, avec dégagement de chaleur, suivant Regnault. L'amalgame est électro-négatif vis-à-vis du métal pur.

— Composés du thallium. Sels kaloïdes.

Bromurls de thallium. Il en existe deux : le protobromure ou bromure thallieux TIBr et le tribromure ou bromure thallique TlBr<, auxquels on doit ajouter un sesquibromure TrVBr*, que l'on peut considérer comme une combinaison de 1 molécule de perbromure avec 3 molécules de protobromure ; on a, en effet, Tl*Br6 = TlBr3, 3TlBr. Il existe aussi un dibroinure Tl^Br* que l'on peut écrire TlBr3,TlBr.

Le protobromure ou bromure thallieux TIBr ' se forme soit par double décomposition, soit par l'action directe du brome sur le thallium; il forme un précipité d'une teinte jaune trèspâle, fond au-dessous du rouge et possède une solubilité intermédiaire entre celle du chlorure et celle de l'iodure, suivant Lamy. D'après Wilm, il est presque insoluble dans 1 eau froide, et excessivement peu soluble dans l'eau bouillante. Au contact du brome et de petites quantités d'eau, il se dissout peu à peu, en même temps que la température s'élève, et forme un Jiquide qui, évaporé dans le vide, se prend en une masse cristalline déliquescente, jaune, d'odeur piquante, constituée par du tribromure ou bromure thallique impur, renfermant un peu moins de brome que n'en exige la formule TlBi-3. Lorsqu'on mélange la solution de ce tribromure impur avec du protobromure, ou lorsqu'on la réduit incomplètement, le liquide chaud abandonne, en se refroidissant, de longues aiguilles brillantes d'un jaune de soie qui, vues au microscope, ont l'apparence de prismes quadratiques d'un dibromure Tl*Bt*=TIBr,TIBr*. L'eau décompose ces aiguilles en protobromure qui se sépare, tribromure qui reste dissous et sesquibromure Tl*Brfi = TlBr3,3TlBr qui cristallise eu lames hexagonales, trans-' lucides et d'un rouge orangé. L'eau décompose également ce dernier corps avec formation de protobromure.

Le tribromure forme, avec le bromure d'ammonium, un sel double,

AzH4Br,TlBr3,5H20, qui cristallise en longues aiguilles jaunes, transparentes, qui perdent facilement leur eau dans le vide. Une solution alcoolique concentrée de tribromure, mêlée avec Ue l'ammoniaque, donne un précipité blanc du composé TlBi3,3AzH3, qui jaunit rapidement et que l'eau décompose facilement avec séparation de sesquioxyde noir de thallium.

On obtient un composé de bromure thallique et d'oxyde d'élhyle 2TlBr3,3(C'2HS)20 en versant du brome dans de l'éther anhydre tenant en suspension du protobromure de thallium. Ce composé se dissout dans le chlorure ammonique en formant le sel double

(AzH*Br}3TIBr3 + 2 ou 3H*0.

Le premier hydrate cristallise en tables rhomboïdales ou hexagonales, le second en aiguilles; l'un et l'autre fondent dans leur eau de cristallisation au-dessous de lOOo.

— Chlorures de thallium. Il existe quatre chlorures de thallium analogues aux quatre bromures.

THAL

— Protochlorure de thallium ou chlorure thallieux T1C1. Le thallium est attaqué par le chlore à la température ordinaire; chauffé dans ce gaz, il brûle et forme un liquide jaune, qui se prend par le refroidissement en une masse cristalline blanche ou d'un jaune pâle. Si l'on a opéré avec un excès de chlore, le produit est principalement formé par les chlorures élevés; mais si, au contraire, on opère en présence d'un excès de thallium, le seul, l'unique produit est le protochlorure blanc. L'acide chlorhydrique bouillant attaque aussi le thallium, mais fort lentement, et 1 attaque s'arrête d'ailleurs bientôt par suite de l'obstacle qu'elle rencontre dans la formation d'une couche de protochlorure difficilement soluble, qui protège lemétalsous-jacent. Lorsqu'on ajouté de l'acide chlorhydrique ou une solution d'un chlorure h la solution de l'hydrate ou d'un sel thallieux, il se forme un abondant précipité blanc, caillebotté de chlorure de thallium, qui gagne rapidement le fond du vase et qu'au premier abord on confondrait faiilement avec le chlorure d'argent. Bouilli avec l'eau, ce précipité se dissout, comme le chlorure de plomb, pour se séparer de nouveau, mais en cristaux cette fois, par le refroidissement. Les cristaux sont toute- • fois beaucoup plus petits et beaucoup moins brillants que ceux qu'on obtient avec le chlorure de plomb. Le protochlorure de thallium se précipite encore lorsqu'on réduit la solution d'un des chlorures supérieurs au moyen de l'acide sulfureux ou d un sulfite soluble. Une partie de chlorure thallieux se dissout dans 283,4 parties d'eau a 15°,5 et dans 52,5 parties d'eau bouillante ; il est insoluble dans l'alcool et à peine plus soluble, si tant est qu'il l'y soit plus, dans l'ammoniaque, le cyanure de potassium et l'acide chlorhydrique que dans l'eau; bouilli avec de l'acide azotique ou de l'eau régale, il se convertit en un chlorure supérieur. On peut le chauffer à 260° sans qu'il perde de poids; mais il suffit ensuite d'une très-faible élévation de température pour qu'il fonde soudain en un liquide brun en même temps qu'il dégage des vapeurs blanches. Par le refroidissement, il se solidifie en une masse cristalline blanche, brillante et quelque peu flexible. La densité du chlorure fondu est, suivant Lamy, de 7,02. Le chlorure fondu et solidifié se réduit facilement à l'état de thallium sous l'influence du zinc et de l'acide chlorhydrique, se rapprochant par ce caractère du chlorure d'argent qui, lui aussi, se réduit dans les mêmes conditions. D'après Lamy, le chlorure de thallium serait inaltérable à la lumière ; .mais Crookes affirme, au contraire, qu'il noircit d'une manière intense, soit qu'on 1 expose aux rayons directs du soleil, soit qu'on l'abandonne à la lumière diffuse.

Le protochlorure de thallium forme des sels doubles avec le trichlorure d'or, le tétrachlorure de platine et le perchlorure de fer. Le chloraurate se sépare d'une solution aqueuse chaude, renfermant un léger excès de chlorure d'or, en cristaux brillants et dorés; il est légèrement soluble dans l'eau; lorsqu'on le calcine, il laisse un alliage d'or et de thallium.

Le chloroplatinate 2TlCl,PtCl* se précipite sous la forme d'une poudre cristalline d'un jaune pâle, très-peu soluble dans l'eau, beaucoup moins soluble même que les sels correspondants de potassium, de rubidium et de césium ; 1 partie exige en effet, pour se dissoudre, 15,585 parties d'eau à 15u,5 ou 1,948 parties-d'eau à 100° (Crookes).

Le chloroferrate (TlCl)6,Fe*C16 prend naissance lorsqu'on ajoute du chlorure thallieux récemment précipité à une solution concentrée de chlorure ferrique additionnée d'un grand excès d'acide chlorhydrique fumant, ou lorsqu'on maintient le protochlorure de thallium en fusion dans la vapeur de sesquichlorure de fer. Le composé ainsi obtenu est d'un rouge cinabre brillant; il est soluble dans l'acide chlorhydrique concentré et bouillant et cristallise, par le refroidissement de cette solution, en petits 'prismes translucides permanents à l'air. L'eau le décompose instantanément en protochlorure de thallium et perchlorure de fer; aussi ne peut-on l'obtenir pur et sec qu'en le lavant à l'acide chlorhydrique fumant, l'abandonnant ensuite sous une cloche au-dessus d'un vase rempli de chaux vive, et le chauffant enfin doucement dans une atmosphère de gaz anhydride carbonique. Le même composé se sépare sous la forme d'un précipité lourd lorsqu'on ajoute de grandes quantités d'acide chlorhydrique au liquide obtenu par la lixiviation des poussières recueillies dans les cheminées des fours où l'on brûle des pyrites de fer.

— Sesquichlorure de thallium

T1«C13 ou T14C1« = T1C13,3T1C1.

Ce composé se produit lorsqu'on dissout le thallium ou son protochlorure dans l'eau régale, et se sépare eu écailles cristallines jaunes par le refroidissement. On peut encore le préparer en chauffant le trichlorure jusqu'à ce qu'il fonde et qu'il ne dégage plus de chlore (Werther, toutefois, n'a obtenu par cette méthode que des mélanges variables de protochlorure et de trichlorure; mais d'autres expérimentateurs ont obtenu un produit défini). Chauffé, le sesquichlorure fond au-dessous du rouge en un liquide brun foncé, qui se solidifie en une masse d'une couleur plus claire. Il est soluble dans 380,1 parties d'eau à 15», 5 et

THAL

dans 52,9 parties d'eau bouillante. L'eau pure le décompose légèrement, avec formation de petites quantités de sesquioxyde et de protochlorure; mais cette décomposition est facile à éviter ; il suffit pour cela d'ajouter au liquide une goutte d acide azotique ou d'acide chlorhydrique. Lorsqu'il a cristallisé lentement dans l'eau bouillante légèrement acidulée, il forme des plaques hexagonales d'un jaune orangé brillant et présente une teinte beaucoup plus foncée que lorsque sa cristallisation a été plus rapide. Il ressemble dans le premier cas à l'iodure de plomb.

Le sesquichlorure de thatlium se précipite encore lorsqu'on ajoute du sulfite de sodium à un chlorure plus élevé en prenant assez de précautions pour ne pas pousser' la réduction jusqu'à la formation du protochlorure. Toutes les fois qu'il se sépare d'un liquide, il offre des caractères cristallins très- remarquables ; lorsqu'il se précipite, il donne à la liqueur un éclat satiné magnifique. Une solution d'ammoniaque , de potasse ou même d'hydrate thallieux ajoutée à ce sesquichlorure le décompose instantanément eu sesquioxyde et protochlorure, suivant l'équation

2T14C16 + . 3(AzH*)îO

Sesquichlorure de Oxyde d'ammonium.

thallium.

= T12Q3 -f- T1C1 + 6{AzH*,Cl)

Sesquioxyde de thallium.

Chlorure thallieux.

Chlorure d'ammonium.

Quand on dirige un courant de gaz ammoniac sec sur du sesquichlorure de thallium, en chauffant ce dernierau moyen d'une lampe à alcool, le sel prend d'abord une teinte orangé foncé, sans fondre, et perd son brillant, son éclat presque métallique. Si l'on chauffe davantage, le chlorure fond en même temps qu'il se dégage en abondance des vapeurs de chlorhydrate d'ammoniaque. Le composé fondu se boursoufle et prend une teinte plus foncée, qui finit par devenir brune; après quoi elle pâlit, jusqu'au moment où il ne reste plus que du protochlorure de thallium entièrement blanc. La réaction qui donne lieu à ces effets entre le gaz ammoniac et le sesquichlorure de thallium peut être représentée par l'équation suivanta :

3WC16 + • 8AzH3

Sesquichlorure de Gaz ammoniac

thallium.

= " T1C1 + 6AzH*Cl + Az Chlorure Chlorure Azote,

thallieux. d'ammonium.

Chauffé dans un courantde gaz sulfhydrique, le sesquichlorure se convertit en sulfure noir de thallium, avec dégagement d'acide chlorhydrique et volatilisation de soufre. Dans les solutions aqueuses, il se forme, par l'acide sulfhydrique, un précipité rouge tendre qui disparait par l'ébullition, en laissant seulement un peu de soufre. Les sulfures de potassium et d'ammonium le précipitent complètement. Le chlorure de platine ajouté à la solution aqueuse du sesquichlorure de thallium en précipite du chloroplatinate thallieux, tandis que du protochlorure de thallium demeure en dissolution.

— Dichlorure de thallium Te*Cl*. On peut considérer ce corps comme un composé de protochlorure et de perchlorure de thallium et l'écrire TC1.TC13; mais on peut admettre aussi que deux atomes de thallium triatomique se sont unis pour former le groupe Tls tétratomique, lequel se sature pur 4 atomes de chlore, et 1 écrire

Cl Cl

Tl* Cl* = Cl — Tl — Tl — C!, de même que le sesquichlorure que nous avons décrit plus haut peut ètue écrit

Cl Cl Cl Cl

I ! I I Cl — Tl — Tl — Tl — Tl — Cl = TI*C1».

On obtient le dichlorure de thallium en chauffant avec précaution soit le thallium métallique, soit son protochlorure dans un courant de chlore très-lent, le chlorure qui en résulte étant maintenu liquide pendant la durée de l'opération. C'est un corps un peu hygrométrique, d'un jaune pâle et décidément plus fusible que le sesquichlorure. La chaleur le réduit à l'état de sesquichlorure si elle est un peu forte.

— Trichlorure de thallium ou chlorure thallique TlC13. On obtient ce composé en dissolvant le trioxyde dans l'acide chlorhydrique, ou en faisant agir un excès de chlore à une douce chaleur sur le thallium ou sur un chlorure inférieur. D'après Werther, la méthode de préparation la plus commode consiste à traiter le thallium ou son protochlorure par le chlore sous l'eau, jusqu'à ce que la liqueur ne soit plus précipitée par le chlorure platinique. On débarrasse alors la solution de l'excès de chlore libre au moyen d'un courant d'anhydride carbonique, et on l'évaporé ensuite dans le vide. Elle fournit alors une masse cristalline composée de lungs prismes incolores de trichlorure hydraté TlC13,H^O, et quelquefois aussi de longues aiguilles déliquescentes renfermant 2TlCl*,l5H8i>. Ce chlorure fond facilement lorsqu'on le chauffe et se décompose en perdant du chlore, le résidu consistant, d'après Lamy, en sesquichlorure et, d'après Werther, en un mélange de trichlorure et de protochlorure à proportions très-variables.

THAL

Le trichlorure de thallium s'unit avec les chlorures alcalins en formant des sels doubles incolores et cristallisables, qui se décomposent facilement avec séparation d'oxyde thallique.

le sel ammonique 3(AzH*Cl),TIC13,2H!0 se produit, en même temps qu'il se forme du chlorure d'azote, lorsqu'on dirige un courant de chlore à travers une solution de chlorure thallieux renfermant un grand excès de sel ammoniac. Il s'obtient encore, et plus facilement même, en faisant digérer le composé éthéré du chlorure thallique (v. plus bas) avec du sel ammoniac. Il se sépare alors en larges tables hexagonales très-solubles dans l'eau et dans l'alcool, qui appartiennent au système trimétrique.

Le sel potassique [(KC1)S,T1C1]*,3H*0 cristallise en cubes modifiés lorsqu'on abandonne à elle-même une solution des deux chlorures constituants.

Le sel cuivrique Cu"Cl*,2TlC13 se sépare en cristaux verts, opaques, mêlés de prismes transparents incolores qui n'ont point été encore examinés, lorsqu on abandonne à ellemême une solution des deux chlorures constituants.

On connaît un composé d'oxyde d'éthyle et de chlorure thallique qui répond à la formule

Page 1