‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 427 sur 1042 · C. Delavione · texte numérisé non relu

C. Delavione

— Toi peut être employé comme sujet d'un verbe sous-entendu : Qui l'a voulu? — Toi (toi l'as voulu). Toi, me trahir! Oh! mon ami, je défie qu'on trouve dans les quatre cantons un homme plus amoureux que toi (que toi es amoureux). (J.-J. Rouss.) Il II peut encore redoubler tu sujet : Toi, tu oserais.'... Comment feras-tu, toi qui... 11 II sert encore de sujet quand le pronom de la deuxième personne concourt à l'action avec un nom ou un autre pronom : Toi et ta sœur vous serez bien reçus. 11 II est encore sujet quand l'action est fortement affirmée de la seconde personne : Comment as-tu perdu le goût de ces plaisirs que toi seule étais capable de sentir et de rendre? (J.-J. Rouss.) il II est attribut quand le sujet du verbe est le pronom ce : C'est toi qui réponds pour lui.

Hippolyte, grands dieux ! — C'est toi qui l'as nommé.

Racine.

il II est complément direct d'un verbe sousentendu : Qui appelles-tu? — Toi. il 11 redouble te complément direct: Te trahir, toi? Il II est complément direct avec un noni ou un autre pronom personnel : On a nommé toi et ton père. 11 II est complément réel ou apparent des verbes pronominaux, réfléchis ou non, à l'impératif seulement : ZViù-toi. Couche-TOi. Couvre-ioi bien, il II est complément indirect dans le même cas : Fais-toi des amis. Il II est complément d'une préposition : Nous parlions de toi. C'est à toi que j'en veux. C'est pour toi ce que j'en ai fait. Je ne partirai pas sans toi.

Je fais sur toi pleuvoir une grêle de coups.

MOLIÈRg.

. 11 II suit immédiatement le verbe dont il est régime, à inoins que le verbe ne soit à l'infinitif et précédé du verbe faire ou du verbe laisser ; Rends-roi justice. Fais-TOi payer, il S'écrit t' devant en et jr ou en entier après les mêmes particules ; Laisse-t'en donner. Jette- T'y, ou moins bien : Laisses-en-TOi donner, jeites-y-roi.

— Te s'emploie comme complément direct et se place devant le verbe : Je te remercie. Il s'écrit t' devant une voyelle :

J'excuse ton audace et consens à ^'entendre.

Voltaire.

Il II s'emploie comme complément indirect et

signifie a loi, toujours placé devant le verbe :

Je te donne tout ce que tu voudras. Tu montre-

rài-je les objets tels qu'ils sont? (J.-J. Rouss.)

— Lorsque le verbe qui a te pour complément est à l'infinitif, s'il est précédé d'un autre verbe, le pronom te peut être placé avant les deux verbes. Toutefois, cette transposition reste facultative et n'a plus lieu que devant les temps simples :

Salut, je te viens voir pour la dernière fois.

Racine.

On ne dit plus je te serais venu voir, mais je serais venu te uoiV. |) Il se place toujours devant le régime direct quand ce régime direct est un pronom placé avant le verbe : Je të le laisse. H Te régime direct ou indirect doit se répéter devant chaque verbe :

On l'honore dans Borne, on te courtise, on ('aime.

Corneille.

On ne dit pas : Je T'aime, honore et estime.

— Fam. Etre à tu et à toi avec quelqu'un. En être avec lui aux termes d'une intime familiarité; en être au tutoiement.

— Tu s. m. Action de dire tu à quelqu'un, |

TU

de le tutoyer : Combien de passion dans un tu égaré! (Balz.)

■ — Rem. Tu, le, toi ne s'emploient qu'en parlant à une personne avec qui l'on est familier. Leur emploi est cependant autorisé dans le style élevé et dans la poésie : Sieds-loi; je n'ai pas dit encor ce que je veux.

î\« seras satisfaite,

Je le les vais montrer l'un et l'autre à la fois.

Racine.

Tu n'auras pas ma ro*e. Tu n'auras pas ma rose, c'est ce que disent tous les débutants dans la vie. Tu n'auras pas ma rose, murmure l'homme politique qui s'est juré d'être incorruptible et de demeurer

Debout sur son fauteuil et dans sa volonté. Mais les avances des adversaires, et les passions, et les intérêts, et le soin de l'avenir entament petit à petit cette fleur d'inflexibilité. Tu n'auras pas ma rose, chante l'artiste amoureux du beau idéal et qui refuse toute concession au goût du vulgaire. Et la* faim vient fléchît cette inébranlable conviction! Tu n'auras pas ma rose, fredonnaient les bergères de jadis; nos U-alatées actuelles répètent le même refrain. Mais, en y mettant la prix... roses et marguerites s'effeuillent le plus facilement du monde t

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ter couplet. Pré - te - moi, "ma

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nie - re Qui bril - le sur ton

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