‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 431 sur 1042 · TUDO · texte numérisé non relu

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dirent vers cette province, que Diego de Roxas découvrit le premier en 1543; mais ils n'y formèrent d'établissement qu'en 1549, sous la conduite de Juan Nuue2 de Prado.

TDDELA, anciennement Tutela ou Tullonium, ville d'Espagne (Navarre), à l'extrémité d'un vallon et au confluent du Queyles et de l'Kbre, à 62 kilom. S. de Pumpelune, par 420 23' de latit. N. et 3» 54' de longit. O.; 8,000 hab. Evêché. Elle est mal percée, sale et mal pavée, excepté le quartier moderne de las fferrerias, où l'on remarque la place destinée aux courses de taureaux et qui est formée de maisons régulièrement construites. On voit de belles promenades autour du fleuve. Tudela possède des collèges, des établissements de bienfaisance et d'instruction publique; des fabriques de savon mou, de gros lainage, de tuiles et de briques; des moulins à huile et à blé. Commerce en vin du territoire et en huile. Patrie des poètes arabes Abou-Isaac-Ibrahim et Abdul-Abbas Altholtili ; de Benjamin-ben-Jonah, célèbre rabbin du Xii8 siècle ; de l'astronome Tornamira, seigneur de Mora ; d'Arbolancha, poète ; d'Agramont y Zaldivar, historien; du capitaine Berrozpe, qui se distingua parmi les défenseurs de Rome, durant le siège qui en fut fait en 1537.

Tudela a une très-ancienne origine ; le po8te Martial la désigne sous le nom de Tutela; mais elle existait bien avant la conquête romaine. Le roi don Alonzo l'obtint des Maures en 1115. En 1512, l'archevêque de Saragosse vint, à la tête d'une année, forcer les habitants à prêter serment de fidélité à Ferdinand. Le 23 novembre 1808, les Français, Sous les ordres du maréchal Lannes, battirent complètement dans les environs les Espagnols, commandés par Casta- Sos. Tudela a été au pouvoir des carlistes pendant la guerre civile de 1873-1876.

TCDÈLE (Benjamin de), rabbin. V. Benjamin dis Tudèlb.

TUDESQUE adj. (tu-dè-ske. — Ce mot appartient a la même famille que l'allemand deutsch, allemand, et, comme ce dernier, il est allié au gothique thiuda, peuple, d'où thiudans, roi, thiudinassus, royaume, thiudisks, appartenant au peuple, anglo-saxon theod, theodisc, peuple, Scandinave thiod, ihydi, ancien allemand diol, diota, haut allemand diot, peuple, diulisc, populaire, etc. Au même groupe appartiennent l'ancien irlandais iuath, tuad, peuple, moderne tuath, pays, kymrique tût, tûd, armoricain tut, tud, peuple, nation, pays, l'ombrien tota, osque touto, ville, territoire d'une ville, d'où tuticus, dans meddix tuticus, magistrat d'une ville, et le lettique tauta, peuple, pays. Ces noms, qui sont Siins analogues orientaux, viennent, croit-on, de la racine sanscrite tu, croître, êire fort. Déjà, du temps des Romains, les Germains s'appelaient eux-mêmes le peuple. Le nom des l'eutons, que combattit Marins, en est un frappant témoignage. En lithuanien, l'Allemagne est encore appelée Tauta), Se dit des Germains, et surtout de la langue parlée par eux : Langue tudesque. Grammaire tudesque. (Acad.)

— Fig. Barbare, rude, grossier : Manières, façons tudesquks. Style tudesque.

De l'horrible et du gai, du noble et du grotesque Evitons avec coin le mélange tudesque.

Akcelot.

— Diplomatiq. Lettres tudesques, Anciens caractères allemands.

— s. m. Langue tudesque : Le tudesque est un idiome très-ancien. (Acad.) Notre lungue n'e$t qu'un mélange de grec, de latin et de tudesque, avec quelques restes confus de

-gaulois. (Fén.)

TODIEU interj. (tu-dieu — de tue, et de Dieu). Juron de I ancienne comédie : TUDIEU l evous avez le goût bon.' (Mol.)

Tudicu! l'ami, sans vous rien dire, Comme vous baillez des souffleta !

Molière.

TUDOR (Owen-Meredith), tige de la maison de Tudor, qui a donné plusieurs rois à l'Angleterre, mort en 1461. Il était, dit-on, d'une famille obscure du pays de Galles, se fit aimer de Catherine, veuve de Henri V et fille du roi de France Charles VI, l'épousa secrètement, embrassa le parti de Lancastre dans la guerre des Deux-Roses, fut fait prisonnier à la bataille de Mortimer's Cross (1461) et décapité par ordre du duc d'Yurk (Edouard IV). — L'un de ses fils, Edmond Tudor, créé comte de Richmond par Henri VI, fut le père de Henri VII.

TODORS, dynastie anglaise, qui régna de 14S5 à 1603, époque de l'avènement des Stuarts, et qui compta cinq souverains : Henri VII, Henri VIII, Edouard VI, Marie et Elisabeth. V. ces noms.

TUDOR (Frédéric), négociant et inventeur américain, né à Boston eu 1783, mort en 1864. Il appartenait à une famille qui descendait en ligne collatérale des Tudors d'Angleterre et qui, au xviue siècle, émigra aux Etais-Unis. Intime ami de Washington, son père, William Tudor, grand juge et avocat général de l'armée de l'Indépendance, fut aussi l'un des dix fondateurs de la première société historique de son pays. Dès l'âge de vingt-deux ans, Frédéric Tudor conçut l'idée de faire le commerce de la glace. 11 en envoya d'abord à la

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Martinique, puis dans d'autres îles des Indea occidentales, et finalement a Bombay, à Madras, à Calcutta, à Singapour, à Batavia et à Hong-kong, I! lut fallut trente années d'efforts et de suecès pour arriver à convaincre ses amis et ses compatriotes qu'il n'était pas un fou. Mais les Anglais des Indes le proclamèrent bienfaiteur de l'humanité et lui votèrent des remercîments publics. Ils lui assifnèrent, en outre, de vastes locaux où il pût époser en sûreté bas produits de son utile industrie. L'introduction de la glace dans ces contrées y diminua d'un grand tiers la mortalité annuelle des Européens, Les procédés imaginés par Frédéric Tudor pour le transport de la glace sont aussi simples qu'ingénieux. C'est surtout la sciure de bois qui a la propriété de préserver la glace contre toute cause extérieure de dissolution , et c'est grâce à cette matière si puissamment isolante que les blocs de glace, mis à fond de cale dans les bâtiments de transport à Boston, peuvent arriver intacts sous les tropiques.

TUDOT (Louis-Edmond), lithographe français, né à Bruxelles en 1805, mort à Moulins en 1861. Sans avoir laissé des œuvres assez remarquables pour lui assurer un grand renom, Tudot s'est néanmoins fait une place dans l'histoire de la lithographie. Après être sorti de l'atelier du baron Gros, où il avait eu des velléités de grande peinture, il essaya d'appliquer à la lithographie une sorte de manière noire, par. un procédé nouveau dont il était l'inventeur. Les Paysages qu'il reproduisit à l'aide de ce procédé sont d'un effet puissant et d'une grande énergie; la Société d'encouragement récompensa ses efforts en lui décernant en 1831 une médaille d'or de 3,000 francs. Cependant , après avoir fait quelque bruit, cette découverte qui devait révolutionner toute la lithographie ne tint pas ce qu'elle promettait; on n'en parla plus et Tudot se livra presque exclusivement 0, l'enseignement du dessin. Il fit à Paris quelques élèves, puis fut appelé à Moulins pour diriger l'école communale de dessin de cette ville, et bientôt après il fut nommé directeur du musée, fonctions qu'il a remplies honorablement jusqu'à sa mort.

L'œuvre de Tudot se compose d'un certain nombre de lithographies, dont quelques-unes seulement ont paru aux Salons : Vue du château de Busset; Vue du golfe deNaples (1838); cent vingt-cinq planches dans l'Ancien Roiirbonnais de A. Allier et Bâtissier (1833-1837, in-fol.); cinq planches des Eléments de dessin industriel (1835, in-40) , etc. H a également collaboré à l'Ancienne Auvergne et il a publié deux intéressants ouvrages : Cartes des'voies roumaines du département de l'Allier (1859, in-4u); Collection de figurines en argile de l'époque gallo-romaine (1860, iii-4°, 64 pi.). Ce dernier ouvrage, où ii retrace la découverte faite par lui , à Toulon-sur-Allier , de curieux spécimens de l'art gallo-romain, dont il a reproduit les principaux, est d'une érudition remarquable.

TU-DDC (Haong-giâm), empereur d'Annam de la dynastie Nguyen, né en 1830. H est fils cadet de l'empereur Treui-trï, qui lui accorda une affection marquée et le désigna, par son testament, pour lui succéder, au détriment de son fils alué Hoang-bao. A la mort de Treui-trï, les grands, se conformant aux volontés de ce dernier, proclamèrent empereur Haong-giâm , qui prit alors le nom de Tu-Duc (1851). Son frère Hoang-bao, forcé de se soumettre, ne tarda point à conspirer ; mais ses menées furent découvertes et on l'enferma dans un palais à Hué, où, six ans plus tard, il se pendit, ainsi que son fils. Pendant les premières années de son règne, Tu-Duc eut à réprimer quelques révoltes de peu d'importance; puis il entra en lutte avec les Européens, lutte qui est devenue l'événement capital de sa vie. Persuadé que l'introduution de l'élément étranger, surtout de l'élément européen , dans son empire ne pouvait être qu'une cause de troubles et offrait les plus grands dangers au point de vue de l'intégrité du territoire, Tu-Duc refusa de laisser débarquer, en 1856, un envoyé français chargé de proposer un -traité île commerce, et ordonna de faire exécuter vigoureusement les édits de persécution portés contre les missionnaires catholiques. La mort de plusieurs d'entre eux, surtout celle de leveque espagnol Diiiz (1857), décida le gouvernement de l'Espagne à se concerter avec le gouvernement français pour assurer la sécurité de leurs nationaux dans le royaume d'Annam. En conséquence, une expédition franco-espagnole , commandée par l'amiral Rigault de Genouilly, jeta l'ancre dans la baie de Tourane eu août 1858, bombarda et prit les forts qui protégeaient cette ville, puis s'empara de Saïgon.

Tu-Duc, qui comprimait en ce moment une révolte dans le Tonquin, demanda à traiter, dans le but de gagner du temps, et recommença bientôt après les hostilités. Mais ses troupes éprouvèrent plusieurs échecs; outre Saïgon, il perdit trois provinces, et il se vit contraint de signer le traité du 15 juin 1862. Ayant échoué dans une nouvelle tentative de résistance, Tu- Duc se décida à envoyer eu France et en Espagne une ambassade chargée de proposer une indemnité de 40 millions de dollars si ces puissances consentaient a évacuer l'empire. Cette négociation échoua,

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