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et l'empereur d'Annam dut signer, le 15 juillet 1864, un traité par lequel il s'engajreait à payer une indemnité de guerre de 20 millions de dollars et reconnaissait à la France la possession de Saigon, de trois ports de la Cochinehine et un droit de protectorat sur les provinces conquises. Depuis cette époque, un navire français a détruit les jonques des pirates qui bloquaient une partie de son empire. Le gouverneur de la Cochinehine française, l'amiral La Grandière, après avoir plusieurs fois informé Tu-Duc que, s'il ne pouvait pas faire la police des provinces de l'Ouest, il se chargerait lui-même d'y rétablir l'ordre, dut se décider à occuper définitivement en 1867 les trois provinces de Vinglong, de Chaudoc et d'Hatien, qui vinrent s'ajouter à nos possessions. Des négociations J'u"jnt alors ouvertes avec l'empereur d'Annam, pour apporter des modifications aux traités de 1862 et de 1864. Interrompues lors de la guerre franco-allemande, elles furent reprises en 1872 pur l'amiral Dupré et traînèrent en longueur. Ce dernier envoya auprès de l'empereur Tu-Duc, a Hué, M. Legrand de La Liraye pour négocier un traité de commerce et obtenir l'autorisation de faire explorer le Song-coï par une commission scientifique. A l'article TonQuin (v. ce mot), nous avons raconté l'expédition de Francis Garnier dans ce pays, la prise d'Ha-tioï et les négociations nouvelles entamées avec Tu- Duc et qui aboutirent à la signature du traité du 15 mars 1874, conclu à Saigon. Par ce traité, Tu-Duc reçut de la France 5 steamers, 100 canons, 1,000 fusils et s'engagea, en retour, k ouvrir aux commerçants européens les ports d'Ha-noî, de Thi-naï et de Niuh-haï, à les laisser librement circuler dans l'intérieur du royaume, à ne recourir a aucune autre puissance que la France, au cas de révoltes ou de troubles k l'intérieur, etc. Le 31 août 1874, un second traité a été signé k Saigon et ratifié k Hué le 26 août 1875 par l'empereur Tu-Duc, dans le but de resserrer les liens qui unissent les nations française et annamite et d'augmenter leur prospérité par les facilités données au commerce.
TUÉ, UÉE (tn-é) part, passé du v. Tuer. Mis à mort : Personne tuée. Animal tué. Etre TUÉ dans un combat, dans un duel. Tous les conquérants n'ont pas été tués , tous les usurpateurs n'ont pas échoué dans leurs entreprises. (J.-J. Rouss.) Dans ta plus sanglante bataille du xve siècle, il n'y avait pas eu mille hommes de tués. (Michelet.)
— Harassé, fatigué, épuisé : II est tue de travail.
— Vaincu , battu complètement : Je ne me tiens pas pour tué encore. (Acad.) Il Sens vieilli.
— Substantiv. Personne tuée, mise à mort : Les tués et les blessés.
— Loc. fam. Tant de tués que de blessés, il n'y a personne de mort , Le mal n'est pas si grand qu'on le disait.
TUE-BREBIS s. m. Bot. Nom vulgaire de la grassette, plante qui passe pour être malfaisante pour les brebis. Il PI. tue-brebis.
TUE-CHIEN s. m. Nom donné, dans le Nord, à des employés chargés d'abattre les chiens errants. Il PI. tub-chien.
— Bot. Nom vulgaire du colchique d'automne.
TUE-LOUP s. m. Bot. Nom vulgaire de l'aconit lycoctone. il PI. tue-loup.
— Encycl. L'aconit tue-loup est une grande plante, haute de 1 mètre et plus, à tige dressée, un peu rameuse, portant de nombreuses feuilles très-larges, d'un vert sombre, à trois ou cinq lobes aigus et dentés ; les fleurs, d'un jaune sale ou livide, sont disposées en un long épi terminal. Cette plante est répandue dans l'Europe centrale et septentrionale ; elle croit surtout dans les régions montagneuses et recherche de préférence les lieux couverts, les taillis, les jeunes futaies, etc. Ses propriétés ressemblent à celles de l'aconit napel; mais elles sont beaucoup moins énergiques, surtout dans les régions du Nord, où le principe acre est beaucoup moins développé ; peut-être aussi ce principe est-il entièrement neutralisé par le beurre qu'on emploie dans la préparation culinaire. Mais quand cette plante a crû sous des climats plus chauds, il est prudent de ne pas la manger, comme on peut le faire sans danger en Laponie ; il faut surtout éviter de confondre sa racine avec celtes des navets ou d'autres plantes potagères, auxquelles elle ressemble. Les bestiaux ne touchent pas à cette plante quand elle est verte; toutefois, tes chiens, les chevaux et les cochons la mangent lorsqu'elle est séchée.
L'odeur de l'aconit tue-loup est k peu près nulle et simplement herbacée; mais ses fouilles mâchées font éprouver une impression cuisante. Les anciensont regardé cette plante comme très-vénéneuse; c'est pourquoi ils recommandaient de ne pas l'employer à l'intérieur et se bornaient à en faire des fomentations et des frictions dans la gale et les maladies vermineuses. D'après Virey, elle cause des vertiges, une stupeur soporeuse et des spasmes mortels. Plusieurs médecins en font un succédané du napel. Dioscoride dit qu'en pilant avec de la viande crue les racines de cette plante, on en fait des appâts empoisonnés pour faire périr les loups. Ma-
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thiole lui donne pour cette raison le nom de luparia et l'appelle encore erba délie volpe (herbe aux renards), parce qu'elle fait mourir aussi ces derniers. D'après Gauthier, l'aconit tue-loup est un poison violent, dont le véritable antidote est l'anthore. On emploie la décoction de cette plante pour détruire les mouches et les autres insectes. On cultive quelquefois cet aconit dans les jardins d'agrément; mais il produit plus d'effet par son beau feuillage que par ses fleurs insignifiantes.
TUE -MOUCHES s. m. Bot. Nom vulgaire de de l'amanite à mouches. I! PI. tue-mouches.
— Adjectiv. Papier tue-mouches, Papier dont on se sert pour détruire les mouches.
TUE-POISSON s. m. Bot. Nom vulgaire de la coque du Levant et de la liane conani, qui croit au Brésil, tl PI. tde-poisson.
TUER v. a. ou tr. (tu-é. — Plusieurs étymologistes ont rattaché ce mot au grec thuein. D'autres font venir tuer du germanique, ancien haut allemand todjan, mettre à mort, tuer, tôt, tod, la mort: gothique ardanthjun, tuer, dauths, mort; anglo-saxon death, dieth, la mort ; allemand toden, tôdten, tuer, tod, mort, toutes formes qui se rattachent probablement a la racine sanscrite tud, frapper, tuer, détruire. Mais ces deux étymologies doivent être rejetées comme contraires à l'histoire du mot. Le vieux français tuer, le provençal tudar, dans les composés atuzar, estuzar, signifient proprement éteindre, étouffer. On disait autrefois tuer la chandelle, tuer le feu, et le sens de faire mourir n'est venu qu'après. La seule étymologie admissible, selon Diez, est le latin tutari, dont la valeur première, qui est protéger, défendre, aurait peu à peu dégagé les acceptions de tenir k l'écart, contenir, arrêter, puis modérer, étouffer, tuer. Prend un tréma sur \'i aux deux prem. pers. pi. de l'imp. de l'ind. et du prés, du subj. : Nous tuions; gué vous tuiez). Fnire périr d'une mort violente : Tuera coups d'épée, d'un coup de pistolet. Tuer un homme de sang-froid; te tuer roide. Tuer un mouton, un bœuf, un poulet. Nous avons chassé tout un jour sans rien tuer. Sans l'aaenir personne ne tuera personne; la terre rayonnera, le genre humain aimera. (V. Hugo.)
— Causer, par son effet propre, la mort de: C'est un coup de fusil qui ïa tué. L'apoplexie l'a tué. (Acad.)
— Amener, déterminer, procurer la mort de : Ne vous fies pas à ce charlatan, il vous tuera. Lu vanité tue plus de libertins que te libertinage- (Latena.)
Le glaive a tué bien des hommes.
La bouche en a tué bien plus.
Fr. de Neufchateau.
— Faire périr, en parlant des végétaux : Le grand froid a tué la plupart des oliviers. (Acad.)
■ — Fatiguer extrêmement, ruiner la santé de : Il porte de trop grands fardeaux, cela le tue. Vous tuez votre cheval, de le mener toujours au grand galop. (Acad.)
— Anéantir, abattre complètement: Si les médecins guérissent le corps, ils tuent le courage. (J.-J. Rouss.) Malheur aux détails, la postérité les néglige tous; c'est une vermine qui tue les grands ouvrages. (Volt.)
— Incommoder, importuner extrêmement:
Il me ttjk avec ses compliments.
— Faire tomber, discréditer ; Tuer un journal. Les acteurs, ont tué l'ouvrage. (Etienne). Il Détruire, ruiner, faire cesser : La guerre A tué celle industrie. Un Toscane, on a tué la petite culture qui procure aux gens des campagnes une vie tranquille.
(Blanqui.)
— Empêcher complètement, réduire à rien : Cela tue l'effet du spectacle. Cela tue tout le plaisir de la partie. Cette scène, en' faisant prévoir le dénoûment, tue tout l'intérêt de la pièce.
— Absol. Donner la mortàun ou plusieurs hommes : Il n'est légitime de tuer, même pendant la guerre, que pour se défendre. (V. Parisot.) En Espagne, que l'on aime ou que l'on haïsse, tuer est naturel. (Ohateaub.) Les despotes savent que le fer tue quelquefois, et que la vérité tue toujours. (A. Martin.) Mousquet, poignard, épée ou tranchante ou menue, Tout est bon, tout va bien, tout sert, pourvu qu'on tue.
Il Egorger les animaux de boucherie : Ce boucher ne tue qu'une fois ta semaine. (Acad.)
— Tue 1 tue! Cri par lequel les soldats s'excitaient autrefois au carnage.
— Tuer le temps, S'amuser k des riens, afin de passer le temps.
~ Tuer le ver, Boire, à jeun, un verre de vin blanc.
— Se faire tver, S'exposer k la mort, volontairement ou par imprudence : Se faire tube plutôt que de se rendre. Ne passez pas dans cette rue, vous vous feriez tuer.
— Ceux qu'il a tués se portent bien, Se dit d'un bravache.
— Prov. Tel pense frapper qui tue ou Tel tue qui ne pense que blesser, On fait quelquefois plus de mal qu'on ne voulait en faire.
Il La lettre tue, et l'esprit vivifie. Pour bien comprendre une loi, un précepte, un texte, au lieu de s'attacher servilement au sens direct des mots, il faut chercher à saisir la