‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 433 sur 1042 · TUES · texte numérisé non relu

TUES

pensée, l'intention de l'auteur. Ce proverbe est emprunté à l'Evangile.

— Peint. Se dit de 'l'effet des couleurs, des lmivères, dont le voisinage en détrait, en affaiblit d'autres : Quand on place des parties lumineuses sur celles qui étaient ombrées, le dessus tue le dessous. (Supplém. de l'Acad.)

— Alchim. Tuer l'eau philosophale, La fixer, en continuant toujours le feu. Il L'un tue l'autre. Le fixe et le volatil se détruisent l'un l'autre.

Se tuer v. pr. Etre, pouvoir ou devoir être tué : Les bœufs se tuent avec un maillet.

— Se donner la mort : Il s'est tué d'un coup de pistolet. (Acad.) La vie est trop courte pour SE tuer ; ce n'est pas la peine de s'impatienter. (Meiie de Scudery). Dès que sa fortune se délabre, un Anglais se tue ou se fait voleur. (Montesq.)

— Etre tué par accident : Un couvreur tomba du haut du toit et se tua. (Acad.)

— Se donner beaucoup de peine, se fatiguer extrêmement, se harasser, altérer sa santé : Il sbtuis à force de boire. Il se tue de travailler, à force de travail. Il SE tue de travail. (Acad.)

11 se tue a rimer; que n'écrit-il en prose?

Boileau.

— Se donner la mort mutuellement: Les deux adversaires ont tiré en même temps et se sont tués l'un l'autre. (Acad.) Le comble de la gloire et le plus beau de tons les arts a été de se tuer les uns les autres. (Boss.)

— Faire beaucoup d'effort, prendre beaucoup de peine, s'évertuer : Je me tue à vous le dire. Il n'y a point de trouble à Genève, comme on se tue de le dire. (Volt.)

— On s'y lue, Se dit en parlant d'une grande affluenue de monde en quelque endroit : La pièce nouvelle a un succès fou, on s'y tue. (Acad.)

— Peint. Se dit de plusieurs couleurs, de plusieurs tonsdont les effets se détruisent ou s'affaiblissent mutuellement : Ces couleurs se tuent.

— AUUS. hist. Tnei (oui ; Dieu reconnaîtra les lieu*, Allusion au mot atroce d'un légat pendant la guerre des Albigeois. V. reconnaître.

— Econ. rur. Se dit du cidre en vidange, lorsqu'il prend une teinte brune et perd sa saveur.

— Syn, Tuer, uionan, V, ASSOMMES.

TUERIE s. f. (tu-rî — rad, tuer). Massacre, carnage : Horrible tuerie. La tuer»-; fut grande dans la déroute. (Acad.) Le pinceau et le ciseau rivalisent d'efforts et de zèle pour poétiser des scènes dsTUERiK. (Toussenet.) Les batailles des anciens ne sont pas des chocs, mais des tueries. (Proudh.)

— Cohue où l'on peut recevoir quelque mal : N'allez pas là, c'est une tuerie.

— Grand abatage de gibier ; Tous les seigneurs autrichiens fo7it dans leurs terres de grandes tueries annuelles pour tirer un revenu du gibier. (L. Viardot.)

— Lieu où l'on tue des animaux pour en vendre la chair k la boucherie : Il y a une tuerie dans ce quartier. (Acad.) Les tueries mettent incessamment sous les yeux des habitants le hideux tableau du sacrifice des -animaux. (E. Baudement.) On dit aujourd'hui abattoir.

— Syn. Tuerie, boucherie, carnage, etc.

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