‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 438 sur 1042 · TULP · texte numérisé non relu

TULP

put que coloniser Fidènes et abaisser la puissante nation sabine. Il règne une grande incertitude sur les circonstances de sa mort. Tite-Live et Denys rapportent qu'il périt foudroyé au milieu d'une cérémonie religieuse ; d'autres attribuent sa mort à l'ambition de son successeur Ancus Martius.

TULLY (Jules-Henri) , vaudevilliste, né à Paris en 1798, n-sït dans la même ville le 16 mai 1846. Il a occupé les fonctions d'adjoint au commissaire du roi à la Monnaie et a donné en collaboration dans les théâtres de genre : au Vaudeville, en 1822, les Dames Martin ou le Mari ,• la femme et la veuve , avec Lafontaine et Belle; en 1825.,- V Exilé, deux actes, avec Achille d'Artois; en 1827, le Mari par intérim, avec Fulgence ; l'Orpheline et l'héritière, avec Théodore Anne; en 1829, Y Humoriste, avec Dupeuty ; en 1831, le Fils du colonel, avec Duvert; en 1841, la Mère et l'enfant se portent bien, avec Dumanoir; aux Variétés, en 1828, M. Rossignol ou le Prétendu de province, avec Duvert; au Gymnase, en 1831, la Plus belle nuit de la vie, avec Variri ; au Palais-Royal, en 1833, le Singe et l'adjoint, avec Duvert; au Panthéon, en 1840, Misère et Génie, avec Léris; enfin au théâtre Saint-Antoine, en 1836, l'Amour et l'àomœopathie, deux actes, avec Salin ; en 1837, Zizine ou l'Ecole de déclamation, avec Léris ; la Diligence de Briue-la-Gaillarde , avec Rigault; en 1839, le Plus court chemin. Comme membre de la Société lyrique, on a de lui quelques chansons dans les recueils annuels des Soupers de Momus.

TDI.LYLYSH, bourg et commune d'Irlande, comté de Down, sur la Bann ; 12,000 hab. Manufactures de produits chimiques, de toiles; blanchisseries.

TULN,anciennement Castra Calulina,hourg de la basse Autriche, dans la belle plaine appelée Tulnerfeld, sur la rive droite du Danube, à 33 kilom. N.-O. de Vienne ; 2,000 hab. Ecole de pionniers. Chapelle curieuse, dite des Trois-Rois. C'est à Tuln , alors poste fortifié, en 1683, que le roi de Pologne Jean Sobieski passa le Danube pour se porter contre les Turcs, qui assiégeaient Vienne.

TULOCARPE s. m. (tu-lo-kar-pe —du gr.

tulé, callosité ; karpos, fruit). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des sénécionées, dont l'espèce type croit au Mexique.

TULOSTOME s. m. { tu-lo-sto-me). Bot.

Syn. de tylostome.

TCLOU (Jeau-Louis), célèbre flûtiste, né à Paris en 1786, mort à Nantes en 1865. Fils d'un choriste de l'Opéra et artiste précoce, il entra au Conservatoire à l'âge de dix ans dans la classe de Wunderlich, qui lui donna les. premières leçons de flûte, obtint le second prix en 1799 et le premier en 1801. Considéré bientôt comme le premier flûtiste de son époque, il entra dés 1804 en qualité fle première flûte au Théâtre-Italien et passa neuf ans plus tard à l'Opéra, où il remplaça son ancien maître Wunderlich. Cependant, il avait, peu après sa sortie du Conservatoire, cultivé la peinture. On l'avait vu ensuite s'adonner avec une telle passion à cet art nouveau pour lui que ses progrès comme musicien en souffraient; mais les représentations du Rossignol de Lebrun en 1816 lui permirent de regagner tout le terrain un instant perdu. Il rit des prodiges d'exécution et l'emporta sur un rival redoutable, le iîfttiste hollandais M. Drouet. Quand vint la Restauration, il crut devoir se démettre de son emploi à l'Opéra, ne voulant pas être accusé d accepter un compromis entre ses intérêts et ses opinions franchement libérales. Il ne reprit place devant son pupitre qu'au bout de quatre ans, c' est-a-dire en 1826. En même temps qu'il était rappelé à l'Académie de musique, on le nommait professeur au. Conservatoire. 11 a gardé ce titre jusqu'en 1858. Le 2 novembre 1829, il avait été créé chevalier de la Légion d'honneur. Dans les dernières années de sa vie, il paraissait principalement tenir a attacher son nom à une fabrique de flûtes qu'il avait fondée," plaçant sous le patronage de sa grande réputation musicale la supériorité de ses produits. On lui doit diverses compositions pour son instrument, notamment des concertos, fantaisies, variations. Parmi ces dernières, on distingue celles sur la Muette et sur Tancrède.

TULP (Nicolas DiRX, dit), médecin et magistrat hollandais, ne à Amsterdam en 1593, mort dans la môme ville en 1671. Sou père, Pierre Dirx, était un riche négociant, sur la maison duquel se trouvait sculptée une tulipe (tulp). Le jeune Nicolas adopta ce dernier nom, sous lequel il est connu. Il étudia la médecine et la chirurgie, prit le grade de docteur, pratiqua pendant cinquante-deux ans l'art de guérir dans sa ville natale, et y professa longtemps l'anatomie dans un collège de médecine qu'il avait fondé. L'estime dont il jouissait auprès de ses concitoyens lui valut. d'être conseiller échevin pendant un demisiècle, et à quatre reprises bourgmestre. Lorsque, en 1672, Louis XIV envahit la Hollande, Tulp se signala par une mâle énergie. Animé du plus ardent patriotisme, il réchauffa le courage de ses concitoyens prêts à livret leur ville aux Français et les poussa à se prononcer pour une résistance à outrance. Rembrandt u. peint son portrait dans un ta-

TUME

bleau où il le représente donnant une leçon d'anatomie. On lui doit un excellent recueil d'observations médicales sous le titre de' 06servationum medicarum libri très (Amsterdam, 1641, in-S°), réédité avec des augmentations à Leyde (1752).

TUaiACO ou GOÏICONILLA, lie du grand Océan, sur la côte O. de hi république de l'Equateur, province de Pichincha, par I7°l5'30"delatit. N. et 119" ll'de longit.E. ; 3,000 hab.

TU MARCELLUS EBIS 1 (Tu seras Marcellus!) Anchise montre à Enée les futurs héros de sa race, et parmi eux le jeune Marcellus, fils d'Ootavie, sœur d'Auguste. Virgile fait prédire à Anchise les belles espérances que devait donner le jeune prince, qui mourut à vingt ans. Tu seras Marcellus I c'est-àdire une promesse qui ne se réalisera pas, l'objet d'une attente suivie d'un éternel regret. * .

Marcellus était regardé comme le successeur d'Auguste à l'empire ; il était aimé du peuple, qui attendait de lui, lorsqu'il serait devenu le maître du monde, le rétablissement de la liberté. La tradition a conservé le souvenir de l'effet que produisit sur le cœur d'Octavie l'épisode qui a rapport à la fin prématurée de Marcellus. Virgile lisait en présence d'Auguste le passage où se trouvent ces vers :

Beu, miserande puer, si <pta fata aspera rumpas,

Tu Marcellus eris!

« Helas, malheureux enfant, si tu peux vaincre un jour les destins trop cruels, tu seras Marcellus! ■

A ces mots, qui lui rappelaient si douloureusement le fils qu'elle avait perdu, Oetavie s'évanouit. Elle fit ensuite donner au poète autant de talents d'or qu'il y avait de vers dans l'éloge de son fils. Ce don magnifique représenterait aujourd'hui plus de 150,000 fr.

Les allusions à ce magnifique mouvement poétique ont lieu indifféremment en latin ou en français :

« C'est le défaut même de la Henriade de ressembler a tout ce qui précédait, et surtout à l'Enéide; -d'avoir une tempête, un récit, une Gabrielle quittée comme Didon, une descente aux Enfers, un Elysée, une vue anticipée des grandeurs et des maux de la patrie, et même un ta Marcellus eris, qui s'applique au dauphin. '

VlLLEMAlN.

« Son amusement, principal était d'appliquer à toutes choses et à tout' venant quelques sentences extraites de ses souvenirs classiques. Je n'étais point insensible à l'agrément prosodique de ses apophthegmes; aussi m'aimait-il, et il ne lui arrivait guère de me rencontrer sans m'apostropher à sa façon :

, . . ' . Puer, si qua fata aspera rumpas. Tu Marcellus eris!

TOPPFER.

Le tu Marcellus eris a eu souvent le même sort que la plupart des citations latines, que celles surtout 'qui rappellent des souvenirs grands et tristes. Le Français « né malin » en a fait des applications plaisantes. Dans uh de ses feuilletons, M. de Biéville change Marcellus en Mascarillus :

< Le. nouveau débutant a l'aplomb, la vivacité, la malice d'un Frontin ; il a l'œil al- ■ lumé, la face réjouie, le sourire narquois, la physionomie expressive, la diction accentuée, le geste prompt, la démarche alerte, qui sont les signes caractéristiques de l'emploi. Voilà un garçon qu'il suffit d'entendre une fois pour lui dire : « Tu Mascarillus erisl Tu es né pour porter la livrée à la Comédie- Française. ■

TUMBLER s. m. (ton-blèr — mot angl. qui signifie qui fait la culbute). Ornith. Espèce de pigeon culbutant qui nous vient d'Angleterre.

— Mamm. Nom donné au chien basset.

TUMÉFACTION s. f. (tu-mé-fa-ksi-on — rad. tuméfier). Méd. Enflure, gonflement, augmentation de volume : La tuméfaction est à craindre. Il y a un peu de tuméfaction à ce bras, (Acad.)

■ TUMÉFIER v. a. ou tr. (tu-mé-fl-ô — lat. tumefacere ; de tvmor, tumeur, et de facere, faire. Prend deux ï de suite aux deux prem. pers. pi. de l'imp. de l'ind. et du prés, du stibj. : Nous tuméfiions; que vous tuméfiiez). Méd. Causer la tuméfaction de : Cette fluxion a considérablement tuméfié la partie qui en est le siège. (Acad.)

Se tuméfier v. pr. Devenir tuméfié : Celte partie su tuméfie, s'est tuméfiée. (Acad.)

TUMELIÊRE s. f. (tu-me-liè-re — du vieux fr, trumel, juinbe). Pièce de l'ancienne armure qui couvrait la jambe.

TUMESCENCE s. f. (tu-mèss-san-se — du lat. tumescere, s'enfler). Gonflement, enflure.

TUMESCENT, ENTE adj. ( tu-raèss-san, an -te — lat. tumescens; de tumescere, s'enfler). Qui s'enfle, qui se gonfle.

TUMEUR s. f.' (tu-ineur — lat. tumor; de fumescere, s'eufler), Méd. Gonflement oircon-

TUME

scrit, augmentation de volume : Tumbur dure, molle. Tumeur indolente. Il lui est venu une tumeur au jenou. Tumeur palsuît'e. il Tumeur sanguine, Grosseur fluctuante, qui se produit sur le pavillon de l'oreille, chez quelques aliénés.

— Bot. Nom donné quelquefois aux loupes ou excroissances qu'on observe sur le tronc des arbres.

— Encycl. Pathol, Les tumeurs, en général, sont formées par l'hypergenèse ou l'hétérotopie des éléments anatomiques normaux, c'est-à-dire soit par la production de ces éléments en excès, soit par leur production dans un lieu où elle ne doit pas avoir lieu normalement. Dans quelques cas, ces éléments éprouvent une déformation ou une altération caractéristique des tissus morbides qu'ils engendrent. Au cas où les tumeurs naissent par hypergenèse, c'est toujours quelqu'un des éléments accessoires, et jamais l'élément fondamental du tissu normal aux dépens duquel la production a lieu, qui est le point de départ de la tumeur.

Les tumeurs sont des maladies de tissu, et leur production est liée a une perturbation dans la propriété de genèse inhérente à tous les éléments anatomiques. Elles naissent et se développent conformément aux mêmes lois que les autres tissus de l'organisme.

M. Broca divise les tumeurs en tumeurs hétéromoi phes et en tumeurs homœomorphes, ces dernières pouvant être hétérologues ou homologues.

Les tumeurs hétéromorphes sont formées d'éléments anatomiques qui diffèrent par quelques caractères de ceux qu'on trouve dans l'organisme normal. Les productions cancéreuses et tuberculeuses sont de ce nombre. Elles se développent au sein de blastèmes anomaux qui, eux-mêmes, ont pris naissance sous l'iufiuence d'une cause morbide générale.

Les tumeurs homœomorphes sont composées d'éléments anatomiques identiques aux éléments normaux; seulement, la disposition de ces éléments, c'esi-à-diro lu texture du tissu, est souvent distincte chez elles de celle du tissu correspondant à l'état normal; dans ce cas, elles soni hétérologues. Dans le cas contraire, on les dit homologues. Plus un tissu homœomorphe est. hétérologue, plus le blastème où il est né diffère des blastèmes normaux. Plus cette dernière différence est grande, plus le trouble nutritif qui a engendré le blastème pathologique est considérable. Aussi les tumeurs homologues sont-elles bien moins graves que les tumeurs hétérologues. Ainsi le lipome ou tumeur graisseuse, les tumeurs osseuses et cartilagineuses proprement dites, les hypertrophies simples, bref toutes les productions homologues sont relativement peu redoutables. Les tumeurs fibreuses sont plus souvent hétérologues qu'homologues, et quand elles sont tout à lait hétérologues, elles deviennent dangereuses. Ainsi les tumeurs fibro-plustiques le sont considérablement, justement parce qu'elles sont formées d'un tissu qui n'existe même pas à l'état de sauté. L'organisme sain renferme des éléments fibro-plastiques disséminés, mais on n'y rencontre point de tissu fibro-plasiique. Ce dernier est donc entièrement nouveau et n'a aucune connexion d'origine avec les tissus physiologiques.

L'importance de la texture homologue ou hétérologue devient claire surtout dans les tumeurs formées par les cellules épitheliales. Ces dernières constituent trois sortes de tumeurs .- l» les tumeurs épitheliales ou épidermiques proprement dites, qui possèdent k la fois la texture et l'aspect de l'épithêlium normal. Ce sont les cors, les durillons, les callosités, les oignons, etc. Ces productions sont les plus bénignes de toutes; 2° les productions cornées, dont la texture est moins homologue que celle des cors et des durillons, mais dont la gravité n'est guère plus considérable; 30 les épithéliomas, dont le tissu est complètement hétérologue et dont la gravité est assez grande pour que certains auteurs les rangent encore parmi les cancers.

D'une manière générale, mais non abso" lue, on peut dire que les tumeurs sont d'autant plus graves qu'elles sont plus hétérologues.

On donne, eu médecine, le nom de tumeurs malignes à celles qui possèdent quelquesunes des propriétés suivantes : 1° de s'accroître indéfiniment en se propageant aux tissus voisins ; 2" de s'ulcérer quand elles arrivent au contact des membranes tégumentaires ; 3° de déterminer dans les ganglions lymphatiques correspondants des engorgements de même nature que la tumeur primitive ; 4» de récidiver après une ablation incomplète et même après une ablation complète ; 5° de se généraliser, c'est-a-dire de déterminer une infection générale, à la suite de laquelle des tumeurs semblables à la première se développent dans divers points de l'économie et notamment dans les organes ituevues.

Il y a plusieurs degrés de malignité. Les tumeurs les plus malignes sont celles qui possèdent toutes les propriétés précédentes. Les inoins malignes sont celles qui n'en possèdent qu'une. La malignité est d'ailleurs un caractère éventuel et changeant sur lequel il est impossible de fonder une étude scientifique des tumeurt.

Page 1