‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 439 sur 1042 · TUNG · texte numérisé non relu

TUNG

traversé de plusieurs rangées de piquets et de clayons, le tout chargé d'un lit de gros

graviers.

TUNGSTATE s. m. (tongh-sta-te. — V.

tungstksk). Chim. Sel produit par la combinaison de l'acide tungstique avec une buse.

— Encycl. On connaît deux variétés de tungstate ; les tungstates ordinaires et les métatunsgtates. Lus tungstates ordinaires se divisant eux-mêmes en sels neutres et sels acides, A l'exception des sels alcalins et du sel mognésiqne, les tungstates ordinaires sont tous insolubles, tandis que, h l'exception des sels de plomb et de mercure, les métatungstutes sont tous solubles, Tungstates et métatungstates sont étudiés en même temps que les modifications correspondantes de l'acide, tungstique et de l'anhydride tungstique au mot tungstiquu. V, ce mot.

TUNGSTATE, ÉE adj. (tongh-sta-té). Miner. Qui contient du tungstate.

TUNGSTÈNE s. m. ,(tongh-stè-ne — du suédois tungsten, pierre pesante). Chim.

Nom d'un métal particulier.

— Encycl. La tungstène, découvert par Scheele, et qui a d'abord porté le nom de, scheelium, est un métal gris, dont l'aspect diffère peu de celui du fer. Sa densité est de 17,5. Il est très-dur, peu fusible, difficilement réductible, et ne peut s'obtenir à l'état métallique que sous forme de grains ou de petites aiguilles. A l'état d'acide, il forme, avec les bases saliliables, un grand nombre de combinaisons que nous éludions au mot tungstique.

TUNGSTÈNE-MÉTHYLE s. m. Chim. Composé organo-métallique, fonctionnant comme radical diatomique, et formé par l'union de 1 atome de tufigs'èue hexatomique avec 4 molécules de méthyle.

— Encycl. Le tungstène-méthyle W(CH8)4 est un radical organo-métallique diatomique, comme cela découla de la nature hexutomique du tungstène. Pour préparer ce corps, on chauffe à 240>>, dans des tubes scellés à la lampe, un mélange d'iodure de méthyle et de tungstène. Le liquide devient visqueux, et, k l'ouverture des tubes, on peut en extraire par l'alcool de l'iodure de tungstène-méthyle, auquel Riche avait attribué la formule improbable W(CH8)*I8, mais qui répond, comme les analyses de Cahours le démontrent, à la formule W(OH3)4l2, laquelle est parfaitement naturelle, l'atomicité du tungstène étant égale k 6. Cet iodure cristallise en tables incolores, fond k 110° et, lorsqu'on l'agite avec de l'oxyde d'argent récemment précipité, il se convertit en un oxyde de tungstène-méthyle, encore appelé oxytétraméthide tungstique

Cet oxyde se dissout dans les acides en formant des sels incristallisables qui restent, par la concentration de leurs solutions, sous la fprme de liquides visqueux, d'où les alcalis précipitent l'oxyde.

Le tungstène chauffé de la même manière avec l'iodure d'éthyle est h peine attaqué, et il ne se forme guère que quelques aiguilles d'oxyiodure tungstique, qui flottent sur le liquide.

TUNGSTIDES s. m. pi. (tongh-sti-de — de tungstène, et du gr. eidos, aspect). Miner. Famille de minéraux comprenant le tungstène et .ses combinaisons.

TUNGSTIQUE adj. (tongh-sti-ke — rad.

tungstène). Chim. Se dit (fini oxyde du tungstène, indifféremment appelé oxyde ou anhydride tungstique, et d'un acide qui en dérive. Il Acide tungstique, Nom donné k une modification solubÉe du tungstène, dpnt le nom spécial est acide niélatungslique.

— Encycl. On donne le nom d'oxyde ou d'anhydride tungstique à l'oxyde de tungstène \V03. A cet anhydride correspondent deux acides et deux 'séries de sels : l'acide tungstique linVO'* et les tungstates M'*WO* ou M"WO*. Nous passerons successivement en revue l'anhydride tungstique , l'acide tungstique et les tungstates.

— TRIOXÏDB DE TUKûSïÉNB OU ANHYDRIDE

T0NG3T1QUE. Cet acide se rencontre natif k l'état d'ocre de tungstène, d'ocre de Wolfram ou de •wolframiue, et accompagne le wolfram et- d'autres minerais de tungstène k Cumberlaod, k Saint-Léonard, près de Limoges, dans le oomtédeMourne.duns leConneeticut, et dans le comté de Cabarras, ainsi que dans la Caroline du Nord. Quelquefois il se présente en cubes ; plus souvent, il est en poussière terreuse d'un jaune brillant ou d'un vert jaunâtre.

On peut préparer artiliciellement l'anhydride tungstique au moyen do la scheelite (tungstate natif de calcium) ou du wolfram.

10 Ou décompose par l'acide azotique ou par l'acida chlorhydrique la scheelite réduite en poudre fine. On lave k l'eau pour éliminer le chlorure ou l'azotate de calcium formé, et l'on calcine dans un creuset le résidu insoluble d'acide tunoslique.

2a On fait digérer k plusieurs reprises du wolfram pulvérisé avec de l'ucide chlorhydrique fort, qu'on additionne^ pour les deriiie.es opérations, d'un peu d acide azotique.

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On dissout ainsi la totalité du fer et du manganèse, tandis qu'il reste un résidu d'acide tungstique, qu'on lave bien et qu'on redissout dans l'ammoniaque aqueuse. On filtre, on évapore k siccité la liqueur et l'on calcine k l'air le résidu. Le produit de la calcination est do l'oxyde tungstique en écailles jaune pâle.

3° Oh fond 1 partie de wolfram réduit en poudre avec 2 parties de carbonate de potassium. On fait digérer la masse fondue dans l'eau; on filtre, on ajoute du sel ammoniac k la liqueur filtrée et l'on évapore.. Le résidu est calciné dans un creuset, puis soumis k l'action du zinc et de l'acide chlorhydrique. Sous cette influence réductrice, il se dépose dn bioxyde brun de tungstène, lequel, "grillé k l'air, fournit du trioxyde tout k fait pur.

4o On fond, et l'on maintient la fusion pendant une heure, du wolfram pulvérisé avec deux fois son poids de chlorure de calcium. La masse fondue- et refroidie est traitée par l'eau, qui laisse un résidu insoluble de tungstate de calcium. Ce sel est décomposé par l'ucide chlorhydrique bouillant. On dissout dans l'ammoniaque le précipité d'acide tungstique qui se produit dans ces conditions pour le débarrasser de silice ; on évapore k siccité la liqueur ammoniacale filtrée et l'on calcine k l'air le résidu de cette'évaporation. On peut encore précipiter par l'azotate mercureux la solution de tungstate alcalin préparée par l'une des méthodes précédentes, et calciner le précipité de tungstate mercureux qui se forme. L'oxyde tungstique pur reste comme résidu.

L'oxyde tungstique anhydre est une poudre d'un jaune citron ou d'un jaune de soufre plus ou moins foncé, suivant la manière dont il a été préparé, NordenskjôMd, en fondant l'acide tungstique avec du borax dans un four k poterie, a obtenu l'oxyde anhydre en petites tables transparentes ou en prismes courts qui appartiennent au système trimétrique. Debray, en chauffant fortement, dans un courant d'acide chlorhydrique gazeux, un mélange de tungstate et de carbonate de sodium, a obtenu le trioxyde de tungstène en cristaux octaédriques. Quelques-uns de ces cristaux étaient jaunâtres, translucides et très-petits ; d'autres étaient plus volumineux, noirs et opaques.

L'anhydride tungstique présente une densité de 5,27 (Hérapath), de 6,12 (d'EIhujar), de 7,U (Krosten). 11 est insipide, insoluble dans l'eau et dans la plupart des acides, trèspeu soluble dans les acides chlorhydrique et fluorhydrique concentrés. Sous l'influence de lu chaleur, il se fonce en couleur, devient verdâtre, si la température est très-élevée; mais il reprend sa nuance première en se refroidissant, et d'ailleurs Bernouilli a montré que sa composition ne varie pas lorsque sa nuance se modifie ainsi. A la température du feu de forge, l'oxyda, tungstique fond; il se volatilise rapidement lorsqu'on le chauffe sur du charbon au chalumeau oxhydrique. Chauffé pendant dix ou vingt minutes au chalumean oxhydrique dans un creuset de platine couvert, en ayant soin cependant de ne pas fondre le creuset, il forme une croûte cristalline dont la surface offre des cristaux probablement formé's par sublimation, et cependant il ne se produit aucun sublimé sur les parois du creuset. Dans un courant de gaz chlorhydrique, l'oxyde tungstique se volatilise avec facilité et forme un sublimé d'aiguilles d'un jaune pâle groupées en étoiles. L'oxyde de tungstène verdit lorsqu'on l'évapore k la lumière, probablement par suite de l'action réductrice qu'exercent sur lui les substances organiques que l'air renfermé. D'après Liesegang, en effet, lorsqu'on l'expose à la lumière après l'avoir mélangé avec des substances organiques, il se réduit et se transforme en oxyde bleu de tungstène. Chauffé au rouge avec du charbon ou dans un courant d'hydrogène, il subit une action réductrice et se transforme en dioxyde de tungstène ou même en tungstène, suivant la température k laquelle on a porté le mélange et la durée de la réactiou. Calciné avec du potassium .ou du sodium, il fournit du tungstène libre. Par calcination dans un courant de gaz ammoniac sec, il se convertit en oxynitétramide de tungstène. Chauffé avec du soufre, il se convertit en oxyde bleu. Lorsqu'on le chauffe avec du pentachlorure de phosphore, il distille de l'oxychlorure de phosphore mêlé de petites quantités de chlorure et d'oxychlorure de tungstène \VC140. La plus grande partie de tungstène reste néanmoins dans le résidu, lequel, traité par l'eau, donne de l'acide chlorhydrique et un mélange d'acide tungstique et d'oxyde bleu de tungstène.

L'oxyde tungstique se réduit encore sous l'influence de l'hydrogène naissant dégagé par le mélange du zinc et de l'acide chlorhydrique, sous "influence du chlorure stanneux, et lorsqu'on la fait bouillir avec de l'eau et des substances organiques. Dans ces réactions, il se produit de l'oxyde bleu d'abord, puis du dioxyde brun.

L'oxyde tungstique se dissout dans les solutions des alcalis libres ou carbonates, assez difficilement k froid, mais facilement à la température de l'ébullition, en donnant des solutions de tungstates. Ces solutions, précipitées par un acide, fournissent le înonohydrate tungstique ou acide tungstique HSWO*=HâO,WOa,

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' sons la forme d'un précipité jaune. Ce précipité est soluble dans l'acide fluorhydrique'. et se sépare en cristaux de cette solution quand on l'évaporé.

Lorsqu'on mêle la solution étendue d'un tungstate alcalin avec de l'acide chlorhydrique, de l'acide azotique ou de l'acide sulfu-, rique, il se forme un précipité gélatineux qui, desséché k l'air, présente la composition d'un di hydrate tungstique

t wo3,2H!!0=\vri!Oi,mo.

Cet hydrate se forme encore lorsqu'on décompose le chlorure ou l'oxychlorure de tungstèiie par l'eau. Lavé et desséché, il est quelquefois gris jaunâtre, quelquefois noir et opaque. Quand il est réduit en poudre fine, il paraît s;e dissoudra dans 200 parties d'euu bouillante'et dans 300 parties d'eau froide.

L'acide tungstique rougit lé tournesol et se dissout dans les solutions des alcalis fixes et dans l'ammoniaque.

— Tungstatks. L'acide tungstique se combine avec les bases suivant des proportions variées et souvent peu ordinaires. Les sels ainsi formés ont été étudiés par un grand nombre de chimistes ; mais les résultats de ces investigations ne sont pas concordants. Cela est d'autant plus naturel, que souvent les sels différent eu propriétés et en composition, suivant la manière dont ils ont été préparés. Laurent, en partant de l'étude des tungstates d'ammonium, avait été conduit k admettre l'existence de cinq modifications isomériques ou polyméiiques de ces sels. Mais des recherches plus récentes paraissent démontrer que le nombre des modifications

' de l'acide tungstique et des tungstates peut être réduit k deux, savoir :

1» L'acide tungstique ordinaire, qui est insoluble dans l'eau et qui forme des sels insolubles avec tous les métaux, excepté les métaux alcalins ;

2° L'acide inélatungslique, qui est soluble dans l'eau et qui forme des sels solubles avec la plupart des métaux.

— Tungstates ordinaires. L'acidu tungstique ordinaire forme des sels neutres et des sels acides.- Les sels neutres renferment

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