‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 488 sur 1042 · ULRIQUE - ËLÉONORE DE DANEMARK · texte numérisé non relu

ULRIQUE - ËLÉONORE DE DANEMARK

reine de Suède, née en 1656, morte en 1693. Fille de Frédéric III, roi de Danemark, elle fut mariée à Charles XI de Suède, pour assurer ia paix entre ce dernier pays et le Danemark. Négligée par son mari, que dominait entièrement la reine mère, Hedwige- Eléonore, elle se consolait de cet abandon par la culture des lettres. Son érudition éiait des plus remarquables : elle connaissait le . latin et la majeure partie des langues européennes. La fermeté de son caractère ne fut pas sans influence sur l'esprit de son fils, Charles XII.

ULRI QUE -ÉLÉONORE, reine de Suède, fille de Charles XI et d'Ulrique-Eléonore de Danemark, née en 1688, morte en 1744.'Aprês la mort de son frère Charles XII (1719), elle fut élevée au trône, à la condition de modifier la constitution et de partager le pouvoir entre la couronne, le sénat et les états. L'année suivante, au moment ou les Russes ravageaient les frontières, elle fit aux états assemblés la proposition d'abandonner les rênes du gouvernement à son époux, Frédéric de Hesse-Cassel, qui devint ainsi roi de Suède ; quant à Ulrique, elle vécut depuis dans la retraite. En elle s'éteignit la dynastie de Deux-Ponts, qui avait donné à la Suède quatre souverains : Charles X, Charles XI, Charles XII et Ulrique.

ULSTER, en latin Ultonia, une des quatre grandes divisions ecclésiastiques de l'Irlande, au N., entre l'océan Atlantique au N. et à l'O., la mer d'Irlande à l'E., les provinces de Connaught et de Leinster an S. Après avoir eu pendant longtemps des rois particuliers, l'Ulster fut réuni à l'Angleterre sous Edouard III; il comprend actuellement les neuf comtés d'Antrim, Armagh, Cavan, Donegal, Down, Tyrone, Kermanagh, Londonderry et Monaghan. Dans cette partie de l'Irlande, la populatiou agricole est moins, nombreuse que dans les autres proVinces; et comme il y a plus d'activité industrielle, il y a moins de misère.

ULTÉRIEUR, EURE adj. (ul-té-ri-eur, eu-re — lat. ulterior, comparatif de ulter, dérivé de uls, ultis, ultra, au delà, que Bopp et Benfey rattachent à la préposition sanscrite ul, en haut. Corssen rapproche les mots latins tils, ulterior, ultimus des formes sanscrites anta, antara, aniama, avec changement de h en l. Les mots grecs usteros, postérieur, ustatos, le dernier, appartiennent sûrement à la même famille). Qui viendra, qui vient après : Tous nos penchants instinctifs réclament un développement ultérikur. (Alibert.)

— Géogr. Qui est au delà, par opposition à citérieur : La Calabre ultérieure est plus près de la Sicile que la Calabre extérieure, (Acad.)

ULTÉRIEUREMENT adv. (ul-té-ri-eu-reman — rad. ultérieur). Après, plus tard, à une époque ultérieure : Je ne sais pas ce gui ■ a pu arriver ultérieurement. Ou vous préviendra ULTÉUIBUREMENT.

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ULTIMA RATIO (La dernière raison). C'était une des maximes de Richelieu que le canon estVultima rn^i'o des rois. 11 en est de cette phrase du cardinal comme du nec pluribus impar de Louis XIV, elle manque de clarté et peut s'entendre de deux manières bien différentes : la dernière raison, le dernier moyen qu'il faut choisir, ou la dernière raison, le dernier moyen, la ressource suprême et par conséquent la plus irrésistible. On retrouvera ces deux sens dans les phrases que nous citons.

Les deux mots ultima ratio sont souvent suivis d'un mot latin qui peut varier: ultima ratio régis ou regum, la dernière raison des rois ; ultima ratio populi, la dernière raison du peuple.

« Le souverain qui comprend suffisamment les intérêts de sa nation, qui les consulte avant les dangereuses impulsions de son orgueil ou les vaines illusions de la gloire , ne se résout à la guerre qu'après avoir épuisé vainement toutes les ressources d'une équitable diplomatie. Aussi la guerre fut-elle surnommée depuis longtemps ultima ratio regum, le dernier argument des rois. » Lbpbllbtier (de la Sarthe).

. « On a appelé 4a guerre Vullima ratio des rois ; ne pourrait-on stigmatiser le duel en l'appelant Vultima ratio des fous ï »

(Revue des Deux- Mondes.)

« Il y a un mot qui est tout-puissant dans notre spirituel pays; c'est le mot vieux! Criez à l'homme le plus en avant'de son siècle : Hé, yoilà .vingt ans que vous nous dites la même chose ; c'est usé, c'est ennuyeux, vous rabâchez; et celui que n'auraient pu faire taire les plus habiles, un fat le réduit au silence avec ce grand argument. C'est l'ultima ratio des sots. »

Frédéric Soulié. -

ULTIMATE s. f. (ul-ti-ma-te — du lat. ultimus, dernier), Chim. Nom donné aux dernières molécules auxquelles les corps sont réductibles.

— Encycl. M. Graham a avancé que les atomes sont formés de particules indivisibles, auxquelles il a donné !e nom à'ultimates et qui seraient identique» dans tous les corps. D'après lui, ces ultimates seraient animées de mouvements d'oscillation, dont l'amplitude, variable suivant les corps, constituerait seule la différence des divers éléments.

M. Graham ne dit point sur quoi repose sa conception ; mais M. Naquet a donné quelques preuves à l'appui de l'idée de M. Graham. Ces preuves, qui ne nous fournissent, il l'avoue lui-même, que des probabilités éloignées, sont cependant fondées sur l'expérience et donnent, par conséquent, aux ultimates le droit de cité dans la science.

Vdîci les preuves sur lesquelles s'est appuyé M. Naquet dans une remarquable leçon, qui lui a été imputée à crime au Sénat impérial par les cléricaux, dans la fameuse discussion sur la liberté de l'enseignement, que chacun se rappelle :

C'est un fait d'expérience que tous les corps tombent avec une égale rapidité dans le vide, quelle que soit leur densité. Un morceau de plomb et une plume parcourent alors le mémo chemin dans le même laps de temps. Si, dans les conditions ordinaires, les faits se passent autrement, c'est uniquement parce que l'air oppose une résistance à la chute des corps et que cette résistance augmente à mesure que leur densité diminue, puisque alors ils offrent plus de surface pour un même poids. Or, supposons deux corps dont la masse de l'un sous le même volume soit double de celle de l'autre, ou, comme on dit, dont l'un renferme deux, fois plus de matière que l'autre, et supposons que, les atomes chimiques étant le dernier degré de division possible de la matière, ce soit sur ces masses que s'exerce l'action de la pesanteur. Comme les atomes chimiques n'ont pas le même poids ni, par conséquent, la même masse pour tous les corps, nous pouvons supposer que les deux corps que nous venons de choisir à titre d'exemple renferment le même nombre d'atomes n et que les atomes du premier sont moitié plus lourds que ceux du second, comme c'est le Cas pour le soufre et l'oxygène. Que devra-t-il arriver?

Une loi de mécanique veut que les vitesses imprimées par une force à des masses différentes soient inversement proportionnelles à ces masses, de telle manière que, si une même force A agit successivement sur des masses 1 et 2, la masse 1 prendra une vitesse égale à 2 et la masse 2 une vitesse égale à l. Or, l'unité d'action de la pesanteur, que nous appellerons g, s'exeiçant par hypothèse sur chaque atome des deux corps que nous considérons, et le nombre de ces atomes étant n dans les deux cas, la résultante de toutes les actions de la pesanteur sera la même sur les deux corps et égale kng. Mais l'un des corps a une masse double de celle de l'autre, et puisque la même force agit sur les deux, d'après la loi précitée, l'un d'eux, celui dont la masse est ia plus forte, devra tomber deux fois moins vite que l'autre, co qui est contraire aux données de l'expérience.

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Tout s'explique au contraire admirablement en admettant les uliimales; il suffit alors de supposer que c'est sur ces ultimates que s'exerce l'unité d'action de la pesanteur et que la différence qui exista entre la masse de deux atomes tient uniquement au nombre d'ultimates que les atomes renferment. Reprenons en effet, d'après ces données, l'exemple précédent, en raisonnant sur l'atome des deux corps qui ont pour masses respectives

I et 2. L'atome du deuxième corps renfermera 2m ultimates, si l'on appelle m le nombre a'ultimates que renferme l'atome du premier corps. La somme de toutes les actions de la pesanteur sera par suite Zmg pour l'atome ie plus dense et mg pour l'atome le moins dense. La force s'accroîtra donc dans la même proportion que la masse. Elle sera deux fois plus forte dans le corps le plus dense que dans celui qui l'est le moins, et la vitesse sera invariable.

Le raisonnement que nous.venons de faire, d'après M. Naquet, n'est cependant pas absolument probant. Comme nous ignorons absolument quelle est l'essence de la pesanteur, nous ne pouvons rien conclure de son action.

II se pourrait, par exemple, qu'elle agît plus fortement sur certains atomes que sur certains autres, sans que pour cela ces atomes fussent divisibles. La différence de poids tiendrait alors simplement à cette différence d'action de la pesanteur. Ii est impossible de décider entre cette dernière hypothèse et celle des ultimates; mais il est certain que cette dernière est au moins acceptable comme possibilité, sinon comme probabilité, et qu'elle est même de beaucoup moins compliquée que l'autre.

ULTIMATUM s. m. (ul-ti-ma-tomm — du lat. ultimus, dernier, superlatif de ulter, qui est au delà). Diplom. Dernières conditions que Ton pose et auxquelles on se déclare prêt à tenir d une manière irrévocable : Envoyer un ultimatum. Signifier son ultimatum.

— Fam. Dernier mot, résolution définitive : Ceci est mon ultimatum.

— .Encycl. TJn ultimatum ne peut guère s'entendre que des rapports d'un Etat puissant avec un autre plus faible, ou du moins de deux Ktats prêts à guerroyer l'un contra l'autre. Signifier un ultimatum, c'est intimer un ordre, qui devra être suivi immédiatement des hostilités, s'il n'y est pas fait droit. Lorsque la nation à laquelle on a adressé un ultimatum le rejette, il est rare de ne pas voir éclater la guerre, à moins que quelques puissances médiatrices n'interviennent pour modifier dans un sens pacifique l'ultimatum mat accueilli. Les Etats entre lesquels il y a désaccord lancent alors aux puissances voisines leurs manifestes et leurs contre-manifestes, dans le but de faire connaître les causes de la guerre et de la justifier. L'action d'intimer un ordre à une puissance voisine a existé de tout temps. Les rois de Perse envoyaient réclamer la terre et l'eau : c'était leur ultimatum, toujours suivi d'une invasion, lorsque les peuples refusaient dé se soumettre. A Rome, le chef des féciaux, appelé pater patratus, venait demander satisfaction au peuple ennemi ; il donnait un délai de trente jours, après l'expiration duquel il prenait les dieux à témoin de l'injustice et s'en retournait en disant que les Romains verraient ce qu'ils auraient à faire. Mais, si l'acte par lequel une puissance intime un ordre à une autre a été en usage de tout temps, le mot ultimatum, qui exprime l'idée de cet acte, est fort peu ancien dans la diplomatie. Il était à peu près inconnu en France avant la Révolution de 1789. Les nations étrangères, entre autres la Prusse, furent les premières à s'en servir. Napoléon, qui usa trèslibrement de la chose, fit la fortune du mot; il s'en servait pour déguiser les ordres qu'il donnait aux princes qu'il se trouvait prêt à attaquer. C'était une manière détournée et polie de leur dire : J'ordonne, obéissez.

TJn ultimatum qui a fait du bruit et qui est resté longtemps célèbre est celui par lequel le roi de Prusse déclara, eu octobre 1806, qu'il allait se joindre aux ennemis de la France, si Napoléon ne lui accordait pas une paix plus favorable.

Depuis cette époque, de nombreux ultimatums ont été rédigés par la diplomatie européenne. En 1827,1a France posa au dey d'Alger un ultimatum plein de dignité, dans lequel elle réclamait purement et simplement des excuses. Hussein-Dey répondit immédiatement par les actes d'hostilité qui amenèrent sa chute. Avant la guerre entre la France et le Maroc, la France posa son uttijnatum. Elle demandait à l'empereur d'abandonner Abd-el-liader. L'eiiipertur, comptant sur la victoire et assuré que i'Angleterre lie l'abandonnerait pas, ne crut même pas devoir négocier; il posa, lui aussi, son ultimatumt qui était 1 évacuation de Lalla-Maghrnia. Nous répondîmes par la bataille d'Isly, les bombardements de Tanger et de Mogador.

Quelque temps avant la guerre d'Orient, l'ambassadeur de Russie à Constantinople avait posé à la Sublime Porte un ultimatum peu acceptable, par lequel le czar réclamait a protection de ses coreligionnaires.

On se souvient qu'avant l'expédition d'Italie l'Autriche avait demandé au Piémont son désarmement immédiat. Sur le refus de cette petite puissance d'obtempérer à cet ultima-

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t'um, les troupes avaient franchi la frontière e,t envahi le Piémont.

A une époque encore plus récente, l'Autriche, la Prusse et l'Italie se sont posé mutuellement des ultimatums. Les deux dernières puissances, momentanément alliées, réclamaient de la première un désarmement immédiat. L'Autriche leur posait aussi ses conditions. Les hostilités qui s'ensuivirent se dénouèrent sur les champs de bataille de Custozza et de Sadowa.

Enfin, Napoléon III, en août 1870, posa à la Prusse un ultimatum consistant dans la renonciation du prince de Hohenzollern à la couronne d'Espagne, qui lui était offerte; la Prusse y accéda, le prince de Hohenzollern refusa le trône d'Espagne, et la guerre n'en éclata pas moins quinze jours après. C'est le seul exemple d'une guerre déclarée par une puissance à l'ultimatum de laquelle la puissance ennemie s'était soumise.

DLTIÈME adj. (ul-tiè-me). Syn. de ultime.

ULTIME adj, (ul-ti-me — lat. ultimus, même sens). Dernier, final. || Vieux mot.'

— Pathol. Symptômes ultimes, Symptômes qui font prévoir une mort prochaine.

ULTIMI-STERNAL s, :n. {ul-ti-mi-stèr-nal — du lat. ultimus, dernier, et de sternal). Anat. Sixième et dernière pièce du sternum.

ULTIMO adv. (ul-ti-mo — mût lat.; de ultimus, dernier). En dernier lieu, lorsqu'on a compté par primo, secundo, etc.

ULTIQUE s. f. (ul-ti-ke). Ornith. Espèce de grue.

ULTOR adj. m. (ul-tor — mot lat. qui signif. vengeur). Mythol. rom. Epithète de Jupiter et de Mars.

ULTRA, préfixe emprunté au latin, et qui veut dire au delà. Ce préfixe peut servir à former, avec un très-grand noinbre d'adjectifs et même de participes, une multitude de mots composés; nous ne donnerons que ceux qui sont consacrés par l'usage général; l'écrivain est libre de créer les autres suivant le besoin. Voici quelques exemples moins usités, mais parfaitement légitimes : Il voulait pour ministres des hommes ultra-monarchiques. (Cormen.) Aujourd'hui prêt à conclure, demain le créancier veut tout mettre à feu et à sang ;plus tard il se fait ultra-débonnaire. (Balz.) L'institution du béguinage fut une sorte de réaction contre le système ULTRA-COMMUnistb des couvents gui tendaient à tout absorber, individus et sociétés. (Le Dr Favre.) L'excessive sévérité des dogmes ultra-puritains a influé sur l'ouvrier anglais d'une manière trèsdirecte. (Ph. Chasles.) De pareilles questions sont de l'ordre ultra-expérimental. (Proudhon.)

ULTRA s. m. (ul-tra — mot lat. V. ultérieur), Fam, Personne exaltée, exagérée dans ses opinions : Tous tes régimes, pour leur malheur ou pour leur châtiment, ont leurs ULTRAS. (E. de Gir.) Nous sommes les ultras de la littérature ; Et comme en tous pays les ultras sont des fous, Dans Paria, sans façon, Ton se moque de nous.

VlENNET.

— Se dit particulièrement des partisans absolus du principe de la légitimité : Les libéraux et les ultras.

— Adjectiv. Qui a des opinions royalistes exaltées : Le parti ultra fit invasion dans le pouvoir en 1820 et, dès tors, ne lâcha plus pied qu'il ne fût le maitre absolu. (Ste-Beuve.)

ULTRA-CHIMIQUE adj. Physiq. Se dit des rayons situés au delà des rayons chimiques du spectre solaire,

ULTRA-ELLIPTIQUE adj. Mathém. Syn.

de HYPERELLIPT1QUE.

ULTRAÏsme s. in. (ul-tra-i-srae — rad.

ultra). Royalisme outré, exalté, il On a dit

aUSSi ULTRACISMK.

CLTRAJECTUM, nom d'UTRKCHT, en latin du moyen âge,

ULTRA-LIBÉRAL, ALE adj. Qui pousse le libéralisme à l'excès, à ses dernières limites : Le parti ultra-libéral. Des opinions ultralibérales.

- — s. m. Celui qui a des opinions ultra-libérales : Les ultra-libéraux..

ULTRA-LIBÉRALISME s. m. Opinion des ultra-libéraux.

ULTRAMONDAIN, AINE adj. Qui est au delà des mondes ou de notre monde : Les espaces ultramondains.

ULTRAMONTAIN, AINE adj. {ul-tra -moptain, è-ne — du préf. ultra, et du lat. mons, montagne). Qui est situé, qui habite au delà des monts, et (particulièrement au delà des Alpes, par rapport à la France : Pays ultramontains. Vous parliez tout à l'heure musique, madame; je l'aime, mais je préfère à toutes vos roulades ultramontaines la chanson française. (A. Duval.)

— Théol. Se dit des doctrines particulières à la cour de Rome, par opposition aux opinions gallicanes, et de ceux qui professent ces doctrines : Opinions ultramontaines.

Principes ulthamontains. Evêque ultramontain. En 1789, un prêtre ultramontain était aussi rare que peut l'être aujourd'hui un gallican. (De Lavergne.)

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— Substantiv. Celui qui habite au delà des monts : Un ultramontain.

— Théol. Celui qui a des opinions ultramontaines : Les VLTR^îOïrtMi^s sont nombreux dans le clergé français. Les ultramontains nous regardent comme hérétiques, nous autres Français qui osons les combattre. (Mass.)

ULTRAMONTANISME S. m. (ul-tra-monta-ni-sme — rad. ultramontain). Théol. Opinions, système des ultramontains : Le triomphe accompli de 2'ultramontanismk est le fait de Lamennais. (Renan.)

— Encycl. Ce qu'on désigne sous le nom de libertés de l'Eglise gallicane se trouve nettement formulé dans les quatre articles de la déclaration rédigée par Bossuet et votée par l'assemblée du clergé de France en 1682. Ces libertés constituaient une doctrine connue sous le nom de gallicanisme, et dont le triomphe était dû à l'influence de Colbert et à la volonté de Louis XIV beaucoup plus qu'à la volonté spontanée du clergé. Elle souleva une sourde opposition et ne fut jamais acceptée de l'autre côté des Alpes; d'où vint aux opposants le nom d'ultramontains et à leur doctrine le nom d'ultramontanisme. En France même, le gallicanisme, précisément parce qu'il avait été imposé, ne fut pas accepté par tous les esprits religieux, et les ultramontains y ont "rencontré des représentants éminents. Joseph de Maistre, Lamennais, le Lamennais de l'Essai sur l'indifférence en matière de religion, le cardinal de Bonald, l'abbé Frayssinous défendirent avec éloquence et énergie Yullramontanisme. Aujourd'hui, il est devenu l'opinion de la grande majorité du haut clergé français.

Qu'est-ce donc que cette doctrine 1 On peut la résumer ainsi : à rencontre des gallicans, les ultramontains affirment la souveraineté absolue du pape et placent cette croyance à la base même de l'Eglise catholique, ils voudraient ressusciter pour la papauté les jours de Grégoire VII et d'Innocent III, où ces pontifes commandaient avec autorité aux princes et aux peuples et exerçaient à la fois la puissance spirituelle et la puissance temporelle. Le rêve des ultramontains, ce qu'ils poursuivent avant toutes choses, ce n'est pas la vérité, mais bien l'unité; et comment obtenir l'unité sans autorité? Joseph de Maistre , dans son livre Du pape , a formulé cette opinion avec une telle netteté, qu'il suffit de reproduiife ses paroles : • Quand nous disons que l'Eglise est infaillible, nous ne demandons pour elle aucun privilège particulier; nous demandons seulement qu elle jouisse du droit commun à toutes les souverainetés possibles, qui toutes agissent nécessairement comme infaillibles; car tout gouvernement est absolu ; et du moment où l'on peut lui résister sous prétexte d'erreur ou d'injustice, il n'existe plus... Il en est de même de l'Eglise; d'une manière ou d'une autre, il faut qu'elle soit gouvernée, comme toute autre association quelconque ; autrement, il n'y aurait plus d'agrégation, plus d'ensemble, plus d'unité. Ce gouvernement est donc de sa nature infaillible, c'est-à-dire absolu ; autrement, il ne gouvernerait plus. ■

h'ultramontanisme n'est pas seulement un parti religieux puissant, qui aspire à défendre le pouvoir du chef de la catholicité, c'est encore et surtout une puissance politique, un Etat dans l'Etat. Il est moins un parti religieux qu'une faction politique. C'est là, et on ne saurait trop insister sur ce point, ce qui constitue son signe distinetif ; c'est là aussi ce qui explique son histoire. Le premier fait qui frappe les yeux est le peu de faveur qui a accueilli l'ultramonlanisme en France sous l'ancienne monarchie, et ce fait trouve son explication naturelle dans la rivalité du pouvoir spirituel et du pouvoir -temporel. 11 faut le dire d'ailleurs, le principe de l'ultramonlanisme est loin d'être immuable et inflexible. Il sait se prêter aux circonstances, se modifier pour être toujours une arme redoutable. Aujourd'hui, il sert aux partisans d'un régime déchu à maintenir des prétentions ridicules; autrefois, il était opposé à la monarchie. Le moyen âge, résumé en un mot, c'est la lutte du pouvoir royal contre l'aristocratie. En France, la royauté crée les communes et s'appuie sur le peuple ; en Angleterre, la féodalité plus habile s'attache le peuple; de là deux résultats différents d'autant plus importants à remarquer qu'ils sont la cause du génie différent des deux peuples. En France, l'aristocratie est vaincue ; en Angleterre, elle est victorieuse. Le peuple en France partage les dépouilles du vaincu ; il reçoit l'égalité qui peu à peu s'infiltre dans ses mœurs; en Angleterre au contraire , l'aristocratie lui donne la liberté. En France , la féodalité plus faible que la royauté cherche partout des alliés ; un de ses plus fidèles, c'est la papauté. L'ultramontanisme devient donc, depuis Philippe-Auguste jusqu'à Louis XIV , l'ennemi déclaré de la monarchie, pour accomplir après 1789 un mouvement opposé. Un seul coup d'oeil jeté en arrière suffira pour convaincre de cette vérité. Sans étudier tous les faits de notre histoire qui , en prouvant notre thèse, nous entraîneraient trop loin, nous en signalerons deux : la Ligue et la bulle Unigenitus. Lors de la Ligue, nous voyons tout le parti féodal, allié au clergé, prêcher la révolte contre le roi, non pas au nom des intérêts politiques, mais au nom de Dieu. Il s'agit si peu, en apparence du moins, des intérêts

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politiques que l'appui de l'étranger est invoqué ; la dignité de la France, 1 intégrité du territoire est sacrifiée pour le triomphe de la religion. N'est-ce ])aslhdel'ultramontanisme? Et en réalité de quoi s'agit-il ? D'un intérêt politique trop faible et trop habile pour se présenter au grand jour. Dieu sert là de prétexte, de voile à la féodalité. Plus tard, après ce grand niveleur qui se nomme Richelieu, la noblesse comprend que son règne va disparaître; il lui faut tenter un dernier, un suprême effort, ou elle est perdue. Mais elle est trop faible pour s'insurger ouvertement; elle a été avilie, meurtrie ; il lui faut un refuge, un prétexte, un masque ; c'est à Dieu encore qu'elle s'adresse, ou plutôt à la papauté, au pouvoir ultramontain. Tout*le clergé s'agite, la noblesse s'inquiète; Louis XIV comprend que c'est son intérêt qui est discuté ; il résiste ouvertement, fermement à la papauté ; il va plus loin encore; devant les résistances des évêques, l'audace du saint-siége, il menace !e pontife romain d'une séparation, il projette de créer une Eglise gallicane. Le pape cède, et la royauté échappe au danger qui la menaçait. Henri VIII, on le sait, avait été plus audacieux encore que Louis XIV devant les exigences ultramontaines; il ne s'était pas seulement déclaré indépendant du saint siège : il avait rejeté une reljgion qui, en créant dans ses Etats un pouvoir égal, sinon supérieur au sien, constituait pour la royauté un péril redoutable, incessant. Plus tard, le concordat viendra tenter en France de diminuer le péril en restreignant le pouvoir du saint-siége. Avec 1789, une modification radicale s'introduit dans l'ultramonlanisme; ce parti avait jusqu'alors attaqué la royauté dite de droit divin; il va la soutenir, faire corps avec elle. Pape et roi, tous deux comprennent que la grande Révolution a jeté bas leur trône; ces deux ennemis séculaires se réunissent, ils se donnent le baiser de paix et se jurent un éternel appui. La noblesse aussi se rapproche; honteuse de ses fautes, elle s'unit au pape et au roi pour lutter contre cet ennemi nouveau du trône, des privilèges et de l'autel qui vient de surgir. Sous l'Empire, la main de fer du despote force l'ultramontanisme à se faire humble et modeste ; il relève la tête sous la Restauration. Béranger appelle ses défenseurs les hommes noirs ; le chansonnier se trompait, ils ne sont ni noirs ni blancs, ils ont toutes les couleurs; caméléons et protées, ils savent changer à tout coup de vent. Ils créent un Etat dans l'Etat; comme ces termites qui rongent les édifices, ils minent lentement, mais sûrement le pays tout entier. C'est là l'ennemi mortel de la démocratie, d'autant plus terrible qu'il se cache, d'autant plus habile qu'il ne menace pas : il prie. Sa figure grimace un sourire, il répand je ne sais quel pieux parfum de sacristie qui écœure. Il s'appelait hier la Compagnie de Jésus, puis la Société de Saint- Vincent-de-Paul; demain il sera plus puissant encore, sans prendre aucun nom officiel. Il sait attirer à lui les âmes en protégeant les intérêts ; il donne l'instruction gratuitement; il accapare les enfants et leur donne une éducation qui ne s'effacera jamais, il l'espère du moins. Ce ne sont pas des hommes qu'il prépare au dur métier delà vie, ce sont des recrues qu'il destine à continuer son œuvre. L'ultramontanisme est partout, d'autant plus terrible qu'il ne se montre pas. Tous les gouvernements comprennent que cette puissance mystérieuse s'exerce contre eux; par moments ils ont peur, ils sévissent; sous Louis-Philippe, les jésuites sont expulsés de France ; sous le second Empire, la Société de Saint-Vincent-de-Paul est dissoute. Mais la plupart des gouvernements ne sont pas de force à lutter contre cet ennemi mystérieux qui jamais ne cesse ses attaques, qui profite de toutes les fautes et n'en commet pas une. Il se glisse dans les conseils des rois comme dans la mansarde de l'ouvrier. Contre lui, il n'est qu'une arme redoutable : la science; car il puise toute sa force dans l'ignorance, qui est nécessaire à son œuvre ; le grand jour le trouble, l'éblouit, le tue I Nous l'avons dit et nous le répétons encore, l'ultramontanisme est moins un parti religieux qu'une faction politique; en apparence, il s'agit de gagner des âmes au ciel ; en réalité, le but qu'on veut atteindre, c'est le renversement des principes de 1789, c'est le retour des institutions que la Révolution a supprimées. L'ultramontanisme, d'ailleurs, ne cache plus ses prétentions ; il joue d'audace, et la publication du fameux Syllabus (v. ce mot) a complètement démasqué ses batteries. H est le dernier ennemi de la démocratie; elle en viendra à bout comme de tous les autres. Sans violences, sans persécutions, elle saura le réduire à l'impuissance, en appliquant avec fermeté les lois qui défendent toute manifestation religieuse en dehors des temples.

ULTRA-PETITA s. m, (ul-tra-pé-ti-ta — mots lat. qui signif. au delà de ce qui a été demandé). Jurispr. Vice d'un jugement qui prononce sur choses non demandées, ou qui accorde à une partie plus qu'elle n'a réclamé par ses conclusions,

— Encycl. Supposons Un créancier qui a reçu des à-compte et qui se borne à réclamer en justice le reliquat ou solde de son dû. Le tribunal commettra un ultra-petita s'il lui adjuge l'intégralité de sa créance. Il y aura encore ultra-petita dans un jugement

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qui attribuerait la pleine propriété d'an immeuble à une partie qui ne prétendrait avoir droit qu'à l'usufruit. Il serait facile, mais il serait superflu, de multiplier les exemples ; le ■vice à'ultra-petila donne ouverture, contre le jugement qui en est entaché, k une voie extraordinaire de recours, qui se nomme la requête civile, et dont l'objet est d'obtenir la rétractation de la décision du tribunal même qui l'a rendue. Cette requête, adressée aux juges pour obtenir d'eux la rétractation et le redressement de leur propre sentence, a été nommée requête civile par les anciens légis- ' tes pour exprimer qu'elle doit être conçue en termes respectueux ou, en tous cas, qu'elle ne doit pas qualifier trop durement le jugement qu'il s'agit de faire rapporter. L'ultra-petita n'est pas, du reste, à Waucoup près, l'unique grief qui puisse donner ouverture k la requête civile ; les articles 480 et 481 du code de procédure civile énumèrent onze causes différentes donnant lieu à cette voie exceptionnelle de réformation des jugements. Au nombre de ces causes se rencontre le fait que le jugement aurait été rendu sur pièces reconnues fausses postérieurement, et encore la circonstance qu'il aurait été rendu en l'absence de pièces décisives frauduleusement retenues par l'une des parties au moment du , premier débat, et qu'il a été possible de retrouver plus tard. Mais ees différentes causes de requête civile sont étrangères k notre sujet, et il ne doit être question dans cet article que de l'ultra-petita.

Les conclusions posées k l'audience formulent avec précision le dernier état de la cause et les termes définitifs dans lesquels se renferment les prétentions respectives des parties. C'est k ces dernières conclusions qu'il faut nécessairement se référer pour s'assurer si le jugement a ou non excédé les limites de la demande; s'il est, en un mot, entaché à'ultra-petita. 11 devrait en être ainsi, et c'est toujours aux conclusions d'audience qu'il faut se rapporter pour apprécier la question i'ultra-petita, alors même que ces conclusions finales n'auraient point été reproduites dans les écritures signifiées d'avoué à avoué et différeraient sur quelques chefs des conclusions qui ont été respectivement notifiées.

L'ultra-petita est évident dans le cas, par exemple, que nous citions tout a l'heure où le jugement a adjugé l'intégralité de sa créance k un demandeur désintéressé en partie et qui n'en réclamait que le reliquat. La question devient plus délicate et peut comporter des solutions diverses lorsque l'objet sur lequel a statué le jugement, sans être nettement formulé dans les conclusions» pouvait néanmoins être considéré comme y étant compris implicitement. Ainsi, un plaideur a le droit d'exiger de son adversaire l'exécution de certains travaux; ce dernier, régulièrement mis en demeure, refuse de remplir son obligation, et le demandeur conclut k ce que le tribunal l'autorise lui-même k faire exécuter les travaux aux frais de la partie adverse. Au lieu de disposer en ce sens, le tribunal adjuge au demandeur une indemnité pécuniaire que celui-ci ne réclamait point explicitement, mais qui est en fait suffisante pour réparer le préjudice résultant de l'inexécution des travaux. H a été décidé qu'il n'y avait pas à'ulira-petita dans cette satisfaction par équivalent donnée au droit et aux conclusions du demandeur (arrêt de la cour de cassation du 20 décembre 1820, cité par Bioche, Dictionnaire de procédure, no 28, au mot requête civilk). 11 n'y a pas non plus ultra-pelita dans certaines mesures soit d'instruction, soit conservatoires, prises par le tribunal avant de statuer au fond, bien que ces mesures conservatoires ou d'instruction aient été ordonnées d'office ou spontanément par les juges et sans qu'aucune des parties y ait conclu. Par exemple, un tribunal ordonne de son propre mouvement la communication d'une pièce, ou une comparution personnelle des parties à la barre, ou encore la mise en séquestre de la chose litigieuse durant le procès ; ces mesures préparatoires ne préjudicient à aucune partie , elles ne sauraient présenter un cas ù'ultra-petita.

Lorsque l'ultra-petita se rencontre dans un jugement arbitral, il ne donne point ouverture k la voie de la requête civile contre la sentence des arbitres. L'article 1028 du code de procédure civile offre k la partie lésée un moyen plus expéditif et plus simple de faire rapporter la décision des arbitres. Elle n'a qu'à se pourvoir par opposition à l'ordonnance d'exécution de cette sentence devant le tribunal duquel émane cette même ordonnance d'exécution, et k demander en même temps l'ajnnulation de l'acte improprement qualifié décision arbitrale. Les arbitres, en effet, n'ont aucun caractère public; ieur compétence, pour vider le différend qui leur a été soumis, résulte uniquement du compromis, c'est-à-dire du mandat privé que les parties leur ont donné k cette fin. En commettant un ultra-pelita, en sortant des termes précis du mandat qui a créé leur juridiction, les arbitres n'ont plus aucune qualité pour juger ; leur décision n'a qu'une existence nominale, et il suffit, pour la faire tomber, d'une, simple opposition k l'ordonnance d'exécution.

ULTRA-RÉVOLUTIONNAIRE adj. Se dit des révolutionnaires outrés, exagérés : Co-

ULVA.

mille Desmoulins, le premier, qualifia les hébertistes d'uLTRA- révolutionnaires.

— Substantivem. Révolutionnaire exalté :

Les ULTRA-RÉVOLUTIONNAIRES.

ULTRA-ROBGE adj. Physiq. Se dit des rayons lumineux qui, dans le spectre solaire, sont placés au delk du rouge, et qui sont à peine perceptibles.

ULTRA-ROYALISME s. m. Opinion des ultra-royalistes.

ULTRA-ROYALISTE adj. Qui est un partisan outré de la royauté, des principes monarchiques ; qui appartient aux royalistes exaltés : Des duchesses ultra-royalïsths. Des opinions ultra-royalistes.

— Substantiv. Royaliste exalté : Les UL- TRA-HOYALISTES.

ULTRA-VIOLET, ETTE adj. Physiq. Se dit des rayons lumineux qui, dans le spectre solaire, sont placés au delà du violet : Les rayons ULTRA-VIOLETS sont à peine perceptibles,

ULTRA-ZODIACAL, ALE adj. Astron. Se dit des planètes dont l'orbite n'est pas comprise entièrement entre les plans qui limitent le zodiaque.

ULTRICE adj. (ul-tri-se — lat. ultrix, vengeresse). Mythol. rom. Epithète donnée aux Furies : Les déesses ultrices.

ULCBKES, en latin Ulubrie, ancienne localité de l'Italie, dans le Latium, près deVélitres. Octave (Auguste) fut élevé dans cette bourgade.

ULULA s. f. (u-lu-la — mot lat.). Ornith. Syn. de strix.

— Entom. Genre d'insectes névroptères, de la famille des fourmilions, tribu des ascalaphites, comprenant plusieurs espèces, qui habitent l'Amérique.

ULULATION s. f. (u-lu-la-si-on — lat. ululatio; des ululare, hurler). Cri des oiseaux de nuit : La nuit, elle se promène sur les remparts en poussant des sanglots qui se mêlent aux ululations des hiboux et des chouettes. (Th. Gaut.)

Les demoiselles d'ilion Firent grande ululation.

Scarron.

ULULER v. n. ,ou intr. {u-lu-lé — lat. ululare, hurler, mot qui appartient à la mémo famille que le grec ololuzein, gémir, et l'onomatopée sanscrite ulula, ululi, hurlement, gémissement). Crier en gémissant comme les oiseaux de nuit.

ULULATO s. m. (u-lu-la-to). Lingtiist, Langue parlée par les Ululatos, nation trèspeu nombreuse qui habite dans la mission de San-Francisco, au nord des Suysums.

ULUL1NÉ, ÉE adj. (u-lu-li-né — du lat.

ulula, chouette). Ornith. Qui ressemble ou qui se rapporte à la chouette ou hulotte.

— a. f. pi. Tribu de la famille des strigidées, ayant pour type le genre chouette ou hulotte.

ULUN, mère du conquérant mongol Gengis-Khan. Elle était fille d'un chef tartare et devint, vers le commencement du xne siècle, l'épouse de Yissougaii Bahadour, autre chef d'une de ces hordes guerrières. Ulun n'était point une femme ordinaire; barbare, féroce même, elle se montra habile dans l'art de gouverner, d'un indomptable courage à la tète des soldats. A la mort de son père, Gengis-Khun ayant treize ans à peine, elle parvint à maintenir sous son autorité les hordes qu'avait soumises Yissougaii ; les peuples de Tanjout, de Merkit, plusieurs autres tribus de la branche de Nirotin, espérant a.voir facilement raison d'une femme et d'un enfant, essayèrent de se révolter et vinrent, sous le commandement de "ïargoutaï, présenter la bataille au futur conquérant de l'Asie.' Mais Ulun avait en hâte assemblé des troupes ; elle se mit à leur tête, ayant près d'elle son (ils, et quand les rebelles se présentèrent, elle leur livra un combat sanglant où la victoire lui resta. Quand son fils fut -d'âge à gouverner, elle se maria en secondes noces k l'émir Buzruc, qui occupait la première place dans l'empire après Gengis-Khan. On ne sait pas la date précise de sa mort.

ULUXIB s. f. (u-lu-ksî). Bot. Syn. de co-

LUMELLIE.

ULVA, petite lie d'Ecosse, comté d'Argyie, près de la côte occidentale de l'île de Mull, dont elle est séparée par un canal étroit; 1,350 hab. ■

ULVACÉ ÉE adj. (ul-va-sé — rad. ulve).

Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au genre ulve. Il On dit aussi ulvaire et ulvé,éb.

— s. f. pi. Famille ou tribu d'algues, ayant pour type le genre ulve.

— Encycl. La famille des ulvacées renferme des algues le plus souvent vertes, rarement purpurines, consistant tantôt en frondes membraneuses composées (Je cellules juxtaposées sur un même plan, tantôt en tubes continus et cloisonnés, simples ou rameux, quelquefois rayonnant autour d'un axe filamenteux, d'autres fois enveloppés dans une sorte de gangue gélatineuse, etc. Les fructifications sont de deux sortes, souvent réunies sur le même individu : les unes résultent de la métamorphose des grains de chlorophylle contenus dans les cellules, qui re-

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