‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 507 sur 1042 · URBAINES · texte numérisé non relu

URBAINES

URBAINS (dieux), en latin Urbani, dieux de la ville. Ils étaient au nombre de douze, et Ennius a formé avec leurs noms les deux hexamètres suivants :

Juno, Veita, Minerva, Ceresque, Diana, Venus, Mars, Mercurius, Jov', Neplunus, Vulcanus, Apollo.

URBAIN (SAINT-), village et commune de France (Haute-Marne), cant. de D.mlaincourt, arrond. et k 58 kilom. S.-O. de Wussy-sur- Blaise, près de la rive droite de la Marne; 870 hab. Récolte et commerce de vins trèsestimés. Il y avait jadis une abbaye de bénédictins, fondée en 865 par Charles le Chauve, et qui renfermait le corps de saint Urbain, pape.

URBAIN (saint), évêque de Langres, né dans la première moitié du ive siècle, mort en 376. Ce fut sa réputation de piété et de vertu qui le fit élire au siège épiscopal de Langres, dont il fut le sixième évêque. 11 restaura les églises de son diocèse, et en particulier celle de Langres, qui tombait en ruines, et assista, un an avant sa mort, au concile de Valence. L'Eglise catholique fête sa mémoire le 23 janvier.

URBAIN 1er (saint), pape de 222 k 230, sous Alexandre Sévère. Il était Romain de naissance et succéda k Calixte 1er, On ne sait rien de sa vie. Quelques écrivains ecclésiastiques prétendent qu'il souffrit le martyre, sans que rien confirme leur assertion. On le fête le £5 mai.

URBAIN II (Eudes ou Odon), pape, né k Lagery, près de Chàtillon-sur-Marne, d'une famiile française noble, mort k Rome en 1099. Successivement chanoine et archidiacre de Reims, puis prieur du monastère de Cluny, il se rendit k Rome où il fut nommé, en 1078, cardinal et évêque d'Ostie par Grégoire Vil. Ce pontife l'ayant envoyé comme légat en Allemagne, il y fulmina l'excommunication papale contre l'empereur Henri IV. Successeur de Victor 111 sur la chaire de Saint- Pierre (1088), il continua avec la plus grande vigueur la lutte contre l'empereur et l'anti-

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pape Guibert, excommunia le roi de France Philippe 1er, qui avait répudié sa femme Berthe pour épouser Bertrade, accueillit Pierre l'Ermite k son retour de Jérusalem et vint lui-même présider ce fameux concile de Clermont (1095) danslequel fut décidée la première croisade. 11 vécut assez pour apprendre les premiers succès des croisés et mourut k Rome, quelques jours après la prise ■ de Jérusalem (juillet 10a9). Ou a 59 Lettres de lui dans le recueil des conciles du P. Labbe.

URBAIN III (Albert Crivbixi), pape, né k Milan, mort k Ferrare en 1187. Il était depuis 1182 archevêque de sa ville natale et cardinal (1185), lorsqu'il fut appelé k succéder k Luce III en octobre 1185. Les deux années de son pontificat furent tr-<ublées par des luttes sans résultat contre l'empereur Frédéric Barberousse, et la fin en fut attristée par la nouvelle de la reprise de Jérusalem par les infidèles, après la funeste journée de Tibériade.

URBAIN IV (Jacques-Pantaléon), pape, né k Troyes, mort à Pérouse en 1264. Fils d'un savetier de Troyes-en -Champagne, il s'éleva dans la hiérarchie ecclésiastique par son seul mérite et devint successivement archidiacre k Laon et k Liège, évêque de Verdun (1252) et patriarche de Jérusalem. A la mort d'Alexandre IV, ilfut appelé à lui succéder comme souverain pontife par huit cardinaux seulement, réunis k Viterbe (29 août 1261). Dès son élévation, il augmenta le nombre des cardinaux et institua " la fête du Saint-Sacrement (1264). Il se mêla activement aux intrigues politiques de son temps, prêcha une croisade contre Mainfroi et offrit la couronne de Sicile k saint Louis pour un de ses enfants, puis k Charles d'Anjou. Chassé u'Orviette par la révolte des habitants, il alla mourir à Pérouse. On a de lui des Lettres dans divers recueils, notamment dans celui du P. Labbe.

Oit BAIN V (Guillaume de GRiMOARD),p»pe, né k Grisac, diocèse de Mende, en 1309, mort k Avignon en 1370. Issu d'une famille noble du Gévaudau, il entra chez les bénédictins, se fit recevoir docteur et professa avec distinction dans plusieurs villes et notamment k Paris. Après avoir été grand vicaire k Clermontet k Uzès, Grimoard devint abbé k Auxerre, puis k Marseille. Le pupe Innocent VI, l'ayant fait venir à Avignon, l'envoya assister au mariage de Louis de Tarente et de Jeanne de Naples. Il était encore en Italie lorsque, le 27 septembre 13C2, il futélevé un pontificat, après la mortd'Innocent VI, par les cardinaux rassemblés à Avignon. Urbain V fut le sixième des papes qui séjournèrent dans cette ville. De concert avec le roi Jean et Pierre de Lusignan, roi de Chypre, il forma le projet d'une nouvelle croisade; mais ce projet n'eut point de suite. Cédant aux sollicitations des Romains, qui le suppliaient de revenir en Italie, il quitta Avignon en 1367 et alla établir sa cour k Rome. L'empereur Charles IV vint avec une armée pour soumettre les usurpateurs des terres de l'Eglise (notamment les Visconti) et confirmer par une bulle d'or les privilèges et donations accordés aux papes par les empereurs. Cependant, las du séjour de l'Italie, le pontife prit, en 1370, le prétexte du rétablissement de la paix entre la France et l'Angleterre, et vint de nouveau se fixer k Avignon. H y mourut peu de temps après. Urbain V exerça son zèle contre la simonie, le dérèglement des mœurs cléricales, la pluralité des bénéfices, l'usure, etc. En outre il favorisa le développement des lettres, institua l'Académie de Cracovie, fonda uu collège k Montpellier, etc. On trouve quelques-unes de ses Lettres dans le Thésaurus novus anecdolarum du P. Martène.

Une statue d'Urbain V, exéeuiée par M. A. Dumont, a été inaugurée k Mende, le 23 juin 1874.

URBAIN VI (Barthélémy db Prignano), pape, né k Naples en 1318, mort à Rome en 1389. Il devint archevêque d'Auronte, puis île Bari, et il s'était fait remarquer par son austérité excessive, lorsqu'il fut élu pape, en 1378, après une élection des plus orageuses. Son prédécesseur, Grégoire XI, avait reporté le saint-siége k Rome ; le peuple de cette ville, craignant l'élection d'un pape français, entourait le conclave en demandant avec des* menaces de mort un pontife romain. Les cardinaux, dont quatre seulement sur seize étaient Italiens, choisirent k la hâte un Napolitain, afin de ne pas paraître céder tout kfait aux clameurs populaires. Ils n'en reconnurent pas moins solennellement Urbain VI, l'intronisèrent avec toutes les formes accoutumées et écrivireut même aux six cardinaux restés k Avignon, lesquels ratifièrent l'élection. Mais le pontife, par une sévérité prématurée et imprudente, par son ardeur k vouloir réformer la vie licencieuse et le faste des prélats, s'attira la huine du haut clergé. Les cardinaux s'enfuirent de Rome, se rendirent k Anagni, s'entourèrent de troupes et, prenant prétexte des troubles qui avaient accompagné l'élection papale, la déclarèrent nulle. Ils nommèrent alors l'antipape Robert de Genève (Clément VII) et commencèrent ainsi le grand schisme d'Occident, qui causa tant de scandale dans l'Eglise. Reconnu seulement par une partie des puissances de l'Europe,

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Urbain fit preuve d'un caractère violent et inquiet, têiu et présomptueux, ne voulant écouter aucun conseil. Il créa vingt-six car- dinaux, pour remplacer ceux qui l'avaient abandonné, appela de Hongrie Charles de Duras, pour l'0|>poser à Jeanne de Naples, qui s'était déclarée pour son compétiteur, et l'accompagna dans son expédition. Mais il ne tarda pas à rompre avec lui et k l'excommunier, en même temps qu'il prêchait la croisade contre la France et l'antipape. Assiégé dans Nouera par Charles, il tut obligé de s'enfuira Salerne, puis en Sicile, et enfin à Gênes (1385), où il fit torturer et mettre à mort plusieurs de ses cardinaux', qu'il accusait d'avoir conspiré contre lui. A la mort de Charles de Duras, il voulut disputer le royaume de Naples au jeune Ladislas ; mais il tomba de sa mule par terre, fut grièvement blessé et se fit transporter k Rome, où il mourut au moment d'entreprendre cette expédition. Les historiens ont attribué Ses traits odieux de la conduite de ce pontife k une aliénation d'esprit, fruitd'un mysticisme exulté.

URBAIN VII (Giovanni-BattistaCASTAGNA), pape, né k Rome en 1521, mort à Monte-Cavallo en 1590. Successivement archevêque de Rossano, légat de Fuuo, de lJérouse et de l'Ombiie, nonce à Madrid, puis cardinal, il futélu-en 1590 à Ut place de Sixte-Quint et mourut treize jours après son exultation.

UH BAIN Vlll (Mafieo Barbbrini), pape, né k Florence en 1658, mort k Rome en 1644. Il était d'une famille noble et ancienne de Florence, et avait rempli plusieurs c'harges importantes avant son exaltation. Successivement prélat à dix-neuf ans, référendaire SOUsSixte-Quinl, gouverneur de Fano, protonotaire apostolique, archevêque de Nazareth, il fut nomme cardinal par Paul V, puis fut chargé, en qualité de nonce, d'aller complimenter Henri IV sur la naissance de son tils. Le 16 août 1623, Barberini succéda k Grégoire XV. Il s'attacha a la conversion des hérétiques, et surtout des schistnatiques d'Orient, rendit divers règlements concernant la canonisation des saints et conféra le premier le titred'émiiieueenux cardinaux. Urbain VIII renouvela la fameuse bulle In cœna Ùvmini, condamna dans une bulle non moins célèbre (/« eminenli) la doctrine de Junsénius, supprima l'ordre des jésuitesses et lit bâtir un grand nombre de nouvelles églises. Sa vie politique fut également signalée par des événements importants. H réunit le duché d'Urbin et plusieurs seigneuries au domaine de l'Eglise, tenta en vain de s'opposer à ce que Richelieu rendit la Valteline aux Grisons, protesta contre la politique du cardinal au sujet de l'alliance de la . France avec Gustave-Adolphe et les protestants d'Allemagne, et, malgré ses griefs contre la maison d'Autriche, refusa de faire cause commune avec la France. La con liscation arbitraire du duché de Castro sur le duc de Farine l'entraîna dans une guerre ruineuse, peu honorable pour son caractère, et qui n'aboutit qu'à un échec. Ce pontife se distingua par son savoir et son amour pour les lettres, qu'il cultivait lui-même avec succès. On a de lui des poésies latines, des hymnes, des odes estimées, des épigrammes, publiées sous le titre de Poemala (Rome,

1640; Paris, 1642), auxquelles on a joint quelques-unes de ses poésies italiennes.

Urbain Vlll (mausolée d'), par le Bernin; à Saint- Pierre de Rome. La statue de bronze du pontife domine le mausolée. Au-dessus sont placées doux statues allégoriques, en marbre, représentant la Justice et la Charité. On a dit de ces ligures qu'elles avaient l'exubérance de formes particulière aux créations de Rubens ; cela peut être vrai de la Justice, mais la Charité pèche plutôt par un excès de maigreur. Ce mausolée a été gravé par P.-S. Bartoli.

C Galle le jeune a gravé un portrait d'Urbain Vlll d'après Rubens. D'autres portraits de ce pape ont été gravés pur Ottavio Leoni (1625), Jean Boulanger, Akersloot (d'après S. Vouet),etc.

Dit BAIN (Raoul), membre de la Commune de Paris, né k Condé-sur-Noireau (Calvados) en 1837. S'étant rendu à Paris, il dirigea rue de Verneuil une institution primaire. Après 3a chute de l'Empire, il prit la parole dans les clubs, devint membre d'un comité de vigilance pendant le siège et, après l'insurrection du 18 mars 1871, il fut délégué k la mairie du Vile arrondissement par le Comité central. Nommé membre de la Commune dans cet arrondissement le 26 mars, par 2,803 voix, Urbain lit partie de la commission d'enseignement du 29 mars au 20 avril, puis devint successivement membre de la commission des relations extérieures, delà commission chargée de l'inspection des forts et des casernes et de la commission de la guerre. Comme délégué à la mairie du Vile arrondissement, il ordonna des arrestations et des perquisitions et signa un ordre d'arrestation par lequel il autorisait le commissaire de police îndret kbrûler immédiatement la cervelle k tout citoyen qui" résisterait. Comme membre delà Commune, il siégea parmi les membres les plus ardents et les plus exaltés, se prononça, au sujet de l'élection complémentaire du 16 avril, pour la validation, quel que fût le nombre des votunts, et pour qu'on forçât 'tous

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les électeurs k voter, vota pour la destruction de la maison de M. Thiers, pour la création du comité de Salut public (1" mai), pour l'adoption des mesures les plus rigoureuses contre la minorité de la Commune qui avait résolu de cesser de siéger. Enfin, comme membre de la nouvelle commission militaire, Urbain demanda le 17 mai qu'on mit immédiatement en vigueur le décret sur les otages et qu'on exécutât dans les vingt-quatre heures les dix principaux d'entre eux, cinq k Paris et cinq aux avant-postes. Découvert le 10 juin dans un hôtel de la rue de Commines, où il s'était caché après l'entrée de l'armée de Versailles, sous le nom d'un cocher, il fut conduit & Versailles et traduit, le 2 août, devant le 3» conseil de guerre. Accusé d'arrestations arbitraires et de soustractions de deniers publics et privés, de complicité avec sa maîtresse la veuve Leroy, qu'il avait installée avec lui k la mairie, Urbain fut condamné, le 2 septembre 1871, aux travaux forcés k perpétuité. Au mois de février suivant, il fut embarqué pour la Nouvelle-Calédonie.

URBAIN (Ferdinand de. SAINT-), artiste lorrain. V. Saint-Urbain.

URBAIRE s. m. (ur-bè-re). Syn. de papier

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