TERRIER
URBAN (marquis de Fortia.D'), écrivain français. V. Fortia d'Urban.
URBAN1A, en latin Urbinum Metaurense, ville du royaume d'Italie, province d'Urbin-et- Pesaro, district et k il kilom. S.-O. d'Urbin, sur le Metauro , chef- lieu de mandement; 4,600 hab. Evêohé. Fabrication de faïence.
URBANISTE s. m. (ur-ba-ni-ste). Hist. écoles. Partisan d'Urbain VI contre Clément.
— s. f. Membre d'une congrégation de femmes : Les urbanistes de Sainte-Claire.
Sainte Claire avait fondé en
— Encycl.
1212 un institut d'une austérité qui semblait surpasser les forces humaines (v. Claris- SKS). En 1246, le pape Innocent IV adoucit la sévérité de la règle de cet ordre, et, en 1263, le pape Urbain IV apporta de nouveaux adoucissements à des statuts encore trop rigoureux. On nomma urbanistes celles des religieuses clarisses qui adoptèrent la règle mitigée d'Urbain IV. Cette congrégation eut pour protectrice dévouée Isabelle de France, sœur du roi saint Louis, fondatrice de l'abbaye de Longchamp , près de Paris. Cette abbaye de Longchamp devint l'arohiinonastère ou maison mère de la congrégation, qui compta bientôt un nombre considérable de couvents et de monastères.
URBANITÉ s. f. (ur-ba-ni-tê — lut. urbanitas; de urbs, ville). Politesse des gens de ville ; civilité formée par l'usage du monde : La littérature française a besoin de décence
et d'URBANITÉ. ( Dupill. ) i'URBANITÉ n'est
qu'une civilité étéyanie. (Latena.) |i Ce mot était nouveau au temps de Balzac, qui l'a mis enjusage.
URBANISA, ville des Etats-Uuis d'Amérique (Ohio), ch.-l. du comté de Champaign, k 42 milles O. de Columbus, sur un chemin de fer; 3,500 hab. Manufactures de coton et de laine ; forges et fonderies de fer.
URDANSRI (A.-E.), physicien polonais, né en Voliiyuie en 1762, mort k Wilnaen 18H. Après avoir été reçu docteur es sciences, il devint professeur de physique (1790) au gymnase de Wilna, et, en 1797, il obtint au concours la chaire de cette science a l'université de la même ville. De 1802 k 1804, il fit des voyages scientifiques en Autriche, en Italie, ea Fiance et eu Allemagne. Lors de son retour k Wilna, il ouvrit k l'université un cours de physique. Parmi ses nombreux ouvrages, nous citerons : Influence de l'électricité sur l'économie des animaux , etc. (Wilna, 1819, in -8"); Abrégé des principes de physique (Wilna, 1816, 'm-%o);Slellurumdupliciummenswie micromelricês (Wilna, 1818, in - 8°) ; Traité d'hydrostatique (Wilna, 1817, in-4u) ; Traité de mécauique (Wilna, 1817, in-4°); Sur la métallurgie (Wilna, 1817, in-4<>); Principes élémentaires de l'optique (Wiina, 1819, in-4»); Sur te magnétisme (Wilua, IR14, in-S°) ; Théorie nouvelle de la yravitution (Wilna, 1815, iu-4°) ; Recherches thermoctiimiques sur Us corps formés par double décomposition (Wilna, 1815, in-S°); Théorie de la rotation des corps (Wilua, 1819, in-40) ; Traité de magnétisme (Wilna, 1815, in-8°), etc.
URBANSK.1 (W.), -physicien et astronome»
polonais, uè dans la Lithuanie en 1762, raort à Varsovie en 1827. Il s'adonna avec ardeur k l'étude de la physique et de l'astronomie, et, lors de la création du nouveau lycée k Varsovie, fut appelé k y professer ces deux sciences. Ce physicien, dont le talent et l'érudition sont incontestables, publia plusieurs livres élémentaires et des traités intéressants. Parmi ses œuvres, nous citerons : Sur l'usage du baromètre et du thermomètre (Varsovie, 1802); Sur l'électricité (Varsovie, 1802) -, Observations météorologiques faites à Varso ■ vie en 1826 (1827, 2 vol. in-4<J); Carte météorologique de la capitale du royaume de Pologne (1829); De principiis rerum naturalium (1829, in-4°); Physique pour les enfant s il&15); Principes de mécanique (1813, in-4») ; Physique (1814), etc.
IHIBANSKI (Ladislas), littérateur et publicisie poluiittis , uè en LUhuanie en 1796 , mort à Varsovie en 1857. 11 fit ses études à
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Wilna et collabora avec un grand succès aux journaux intitulés : le Courrier de Wilna et la Gazette littéraire , où il se chargea du feuilleton. C'était un homme d'une érudition tiës-étendue, versé dans les lettres, d'un esprit fin et mordant; son style est agréable, pur, plein de feu et d'énergie. Ses productions littéraires furent lues avec avidité par ses contemporains. Parmi ses œuvres les plus remarquables, nous citerons : les Sorciers, poème (1831); Eanka, poème héroï-comique (1832); Paradoxes contre la liberté (1833, in-4<>); Venisesauvée, tragédie (1834); Maria, drame en cinq actes (1828); la Pologne historique, poétique et littéraire (1836, in-8<>); Pankracy, comédie en trois actes (1837); les Moissonneurs, écrit humoristique (1838, in-40); la Vie d'un égoïste, élude (1839, in-40); Esquisse des mœurs des habitants de la campagne (1841, in-4°) ; Qu'est-ce que la Russie? (1841); la Politique du gouvernement russe (1841, in-4<>); la Russie au point de vue de la civilisation européenne (1841); Sur le paupérisme (1842, in-4<>), etc.
URBÉEs. f. (ur-bé). Entom.Nom vulgaire de l'atcelabe vert.
URBÈRE s. m. (ur-bè-re). Entom. Un des noms vulgaires du gribouri de la vigne.
URBICOLB adj. (ur-bi-ko-le — du lat. urbs, urii's, ville ; colo, j'habite). Qui se plaît dans les villes; qui habite une ville.
— s. m. pi. Entom. Syn. de citadins, groupe de papillons.
UBB1 ET OBB1 (A la ville et à l'univers), Paroles qui accompagnent la bénédiction du souverain pontife lorsque, le jeudi saint, le jour de Pâques et celui de l'Ascension, il donne, du haut du balcon de Saint- Jean -de- Latran, sa bénédiction à tout,e la catholicité.
On dit de même, par extension, publier une nouvelle urbi et orbi, c'est-k-dire partout. Cela répond k notre expression populaire : Crier une chose par-dessus lès toits.
• G'est Florence qui éAancipe Raphaël. A la vue des libertés qui s'y cachaient jusque dans le fond des monastères, il apprend k se débarrasser des lisières paternelles. Si Florence lui donne la liberté, Rome lui donne la grandeur. Dès ce moment, il semble peindre du haut de l'éternité et prendre pour devise : Urbi et orbi. •
Edgar Quinet.
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< Le souverain pontife n'est pas seulement le maître de l'Eglise maîtresse, le prince des évoques et des pasteurs, mais encore le précepteur des rois et des peuples. D'une main il répand des bénédictions sur le monde, et de l'autre il accorde des libertés k son peuple, Urbi et orbi. »
Bautain.
-URBIGÈNES, en latin Ùrbigeni , un des grands peuples de l'ancienne Helvétie, entre Aveniicuin et le lac Léman, au N. desTiguriens; capitale, Urba.
UUB1N, YUrbinum Horlense des Romains, en italien Urbino, ville du royaume d'Italie, dans la province de Pesarû-ei-Urbin, cheflieu de larrond. de sou nom, k 284 kilom. N. de Rome, sur le Metauro; 15,000 hab. Archevêché-, université fondée eu 1671, supprimée depuis et restaurée en 1820. Académie dite des Assourdis, Fabrique d'aiguilles ; commerce de blé et de soie. Les principaux monuments d'JJrbin sont la cathédrale et le palais ducal, tous deux contigus. Le choeur est orné de plusieurs tableaux du Baroccio d'Urbin, entre autres une Cène et un Martyre de suint Sébastien ; sous le chœur s'étend une crypte ou chapelle souterraine assez considérable. Lu sacristie est décorée d'une Flagellation de Pietro dalla Francesca et d'un Uibleau do délia Vite, représentant la Vierge et les saints. On remarque dans la chapelle souterraine, dite oratoire de la Grotte, un groupe, lapide, en marbre, œuvre présumée de Jeun de Bologne et qui devait orner suivant toute probabilité un mausolée ducal. On vante surtout l'expression du visage de la Vierge et la profonde connaissance de l'anatomie dont a fait preuve le statuaire. Chaque vendredi saint, la foule est admise à visiter cette chapeile et k faire ses dévotions devant ca groupe. Le palais ducal fut construit ou du moins commencé sous Fe derigo di Èdontefeltro vers 1447, par l'architecte Lnciauo Lauranna, de Dalmatie. Lauranna eut ensuite pour successeur, dans ia continuation de son œuvre, Buccio Pintelli. La cour centrale est entourée, au premier étage, d'une galerie circulaire k laquelle conduit du rezde-chaussée un escalier monumental couvert d'une voûte en berceau. Cette galerie est ornée d'inscriptions antiques rassemblées jadis par le cardinal Stoppani. Ou remarque dans l'escalier la Statue du duc Frédéric ier, pa.r Campana. Parmi les appartements nombreux du palais ducal, il faut surtout citer une petite chambre incrustée, dit M. du Pays, de tableaux eu marqueterie représentant des portraits et entre autres celui de Frédéric II, et simulant des meubles de bibliothèque, des livres, des instruments et descahiersde musique. La disposition k la fois riche et bizarre de cette chambre, véritable tour de force d'art et de patience, paraît remonter au règne du duc Guido Ubaldo, dout le nom se
lit en abrégé en diverses places. Une autre pièce porte le nom de salle de l'AHoste; on v voit un buste en relief de l'auteur de Roland furieux. Quant k la bibliothèque, tous les manuscrits et volumes précieux qu'elle possédait ont été depuis de longues années • réunis k la bibliothèque du Vatican.
Indépendamment de ces deux grands monuments, quelques églises et couvents méritent encore une mention, moins par leur valeur architecturale que par les ouvrages de peinture qu'ils renferment. L'église de Sainte-Agathe (Sant'Agata) possède notamment une Cène de Josse (Jodoens). L'église San-Francesco (Saint-François) offre de remarquable un tableau de Giovanni Santi , père de Raphaël, représentant la Vierge et les saints. Le cloître de Saint-François contient quelques tombeaux de la famille d'Urbin. Une immense fresque de Lorenzo de Snn-Severino, représentant le Crucifiement, orne la chapeile principale de l'église de la Confraternita-di-San-Giovanui (confrérie de Saint-Jean [1641]). L'église San-Bernardino ( Saint- Bernard ) possède treize panneaux peints par Antonio di Ferrieri (1435) et quelques tombeaux des anciens ducs. Citons encore : dans l'arc de la porte de Sun-Domenic-.o, une faïence de délia Robbia. représentant laVierge et les saints ; k San-Franceseodi-Paolo, une Cène et une Résurrection par le Titien, et dans le couvent des Capucins un remarquable Saint Français en extase, par Baroccio. Quant à la Madone peinte k la détrempe qui orne la chapeile du couvent de Sunta-Chiara (Sainte-Claire), son authenticité n'est rien moins qu'établie. Citons enfin la maison où naquit Raphaël. Cette maison ne ressemble plus guère k celle qu'habita dans sa jeunesse le grand peintre. La façade et la disposition intérieure en ont été presque complètement changées. Une Madone de Giovanni Santi orne cependant eneore un des murs.
Outre Raphaël, Urbin a vu naître le Bramante , le peintre Baroccio, le pape Clément XI, etc.
— Histoire. Urbin et le territoire en dépendant constituaient au xiii« siècle un comté important appartenant k la célèbre maison de Moniefeltio. Federigo di Montefeltro (1474) fut le premier duc d'Urbin et commença k donner k sa capitale un éclat encore inconnu, tant au point de vue politique que par la protection éclairée qu'il ne cessa d accorder aux lettrés et aux artistes. Guido Ubaldo Ie', fils et successeur du- précédent, marié k Elisabeth de Gonzague, suivit ses traces et Ht delà cour d'Urbin uae des plus brillantes da l'époque. Cette prospérité ne fut troublée qu'en 1502 par l'uni reprise de César Borgia, lequel s'empara d'Urbin. Guido Ubaldo ne réussit k recouvrer ses Etats qu'k la mort d'Alexandre VI. Son neveu Francesco-Mnria délia Rovere lui succéda, fut dépossédé par Léon X, au profit de Laurent de Médicis (1516), reconquit son héritage les armes k la main (1522) et s'y maintint jusqu'à sa mort. Il eut pour successeur son tils Guido Ubaldo II, qui, inoins heureux, dut abandonner k Paul III, alors souverain pontife, une partie de ses Etats qui passèrent dans la maison des Farnèse. Frances.io-Maria II délia Rovere, tils de Guido Ubaldo 11, lui succéda; ce fut le dernier duc d'Urbino. A sa mort le duché passa définitivement aux Etats de l'Eglise (1526), et Barberiui , neveu du pupe Urbin VIII , en prit possession régulière au nom de son oncle. La ville dès lors cesse d'avoir une histoire personnelle et n'offre plu3 aucun épisode intéressant.
— Faïences d'Urbin. La fabrique de faïences d'Urbin est une des plus célèbres d'Italie; ses produits se distinguent entre tous par la beauté artistique de leur décor et atteignent aujourd'hui des prix considérables dans les ventes publiques. Suivant M. Deminin (Guide de l'amateur de faïences), on connaîtrait deux privilèges, l'un de i486 et l'autre de 1508, accordés par le duc d'Urbin aux potiers de ses Etats, mais la fabrication n'aurait commencé qu'eu 1518. A en croire Pungileoni {i\oti;ia délie pitture t'rt mtijolica faite in Urbino), des fabriques florissantes existaient k Urbin dès 1477. Ce qui paraît certain, c'est que, du vivant même de Raphaël, l'art de la céramique prit, dans la ville natale du grand artiste et probablement sous son influence, un développeinentconsidérable. 1 Ce serait beaucoup supposer , dit M. Darcel ( Notice des faïences peintes italiennes du musée du Louvre), que de penser que le peintre d'Urbin envoya de ses propres dessins aux ateliers de sa patrie ; mais il est permis de croire qu'il put y faire parvenir des copies faites par ses élèves dans son atelier, et que l'on possède peut-être, conservées sur la raajolique, quelques unes de ses compositions ou de ses figures inconnues... A cette époque, la fabrique d'Urbin semble primer toutes les autres ; celle de Gubbio elle-même, malgré le lustre que jettent sur elle les éclatantes décorations du maestro Giorgio, en est, k certains égards, dépendante ; Castel-Durante en est une annexe, et Faenza semble s'attarder dans la pratique des anciens procédés et ne se livrer qu'k une fabrication restreinte, mais magnifique dans ses produits. Les autres ateliers imitent les pratiques d'Urbin, et les migrations que font les artistes da l'un k l'autre, dans ces villes d'ailleurs si rapprochées,
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augmentai,! 1» similitude des produits, rendent souvent impossible de distinguer entra ceux des différents centres industriels. >
Le céramiste le plus éminent qui ait travaillé k Urbin pendant cette période est ; Francesco-Xanto Avelli, de Rovigo; il a signé ses œuvres, tantôt de son nom entier, tantôt de ses initiales. Le Louvre a de lui des coupes et des plats datés de 1531 à 1540 ; les sujets représentés sont : la Fuite de Camille, Ulysse redemandant ses compagnons à Circé, Esucvs se tuant après la mort de sa femme, le Songe d'Alcyone, Béro et Léandre, ï'Enlèuement d'Hélène, Joseph et ta femme de Putiphar, la Mort d'Archimède, etc. Xanto Avelli a presque toujours travaillé sur des gravures, du près Raphaël qu'il modifiai t à sa guise, prenant çà et là une ligure à laquelle il faisait parfois représenter un autre personnage : ainsi, sur un plat qui appartient au Biitish Muséum , il a transformé en Enée portant son père Anchise le groupe du jeune homme sortant d'une maison incendiée avec un vieillard sur ses épaules, dans Vlneendie du Bourg. Artiste habile, il ne manque ni de style ni d'ampleur dans ie dessin, et s'il est certaines de ses peintures qui indiquent la hâte d'une fabrication peu soignée, il en est d'autres qui peuvent rivaliser avec ce que la peinture sur faïence a de plus parfait. Sa couleur est appliquée par grandes teintes unies modelant simplement les objets, et d'un bistre brun un peu froid dans les carnations. Le ton général de sa peinture est clair, avec quelques oppositions d'un noir brillant, et des verts lumineux d'un grand éclat dans les feuillages et les draperies.
Xanto était un lettré; M. Robinson a conjecturé, d'après un plat du Biïtish Muséum, q^uil avait composé une poésie en l'honneur ou. duc Franoeseo-Muria d'Urbin. Ce qui est sûr, c'est qu'il aimait la poésie: les inscriptions qu'il a mises au revers de ses pièces prouvent qu'il lisait assidûment Virgile et Ovide et leur empruntait volontiers leurs sujets. Il a fait également de nombreux emprunts à l'Anode et n'a pas craint de se lancer dans des allusions aux événements contemporains, M. Denniston cite une majolique qui est une satire contre Rome se résignant trop facilement à l'outrage que lui fit le connétable de Bourbon en la prenant de force. 11 existe au musée de South Kensington une coupe représentant une femme demi-nue, blessée, s'appuyant sur un bouclier en avant de deux personnages qui pleurent; sujet qu explique l'inscription au revers » Di tua diseordia Italia il premio hor liai (O Italie, tu as maintenant le prix de tes discordes).' Cette dernière pièce est datée de 1536. Le musée de Kensington n'a pus inoins de dix-sept pièces signées de Xanto. Cet artiste fut le chef d'une importante école, si l'on en juge d'après les pièces nombreuses, exécutées dans son style, qui nous sont parvenues. Un de ses plus habiles élèves est Nloola da Urbino qui a signé un plat du British Muséum représentant un Sacrifice à Diane, et qui a peint son monogramme derrière une plaque ou il areproduit la partie centrale du Parnasse, de Raphaël. '
Parmi les céramistes qui florissaient à Urbin pendant la même période, on nomme :
FederigodiGiaunaïuonio.NiccolodiGabriele {peut-être le même que Nicola da Urbino), et UianinariaMariani, qui travaillaient en 1530- Simone di Antonio Mariani, dont on connaît des œuvres datées de 1542 et 1551;Cesare Cari, de Faenza, qui peignait à Urbin, en 1536;Guido Durantino, qui exécuta en 1535 pour le connétable de Montmorency, un service dont plusieurs pièces, représentant des sujets mythologiques, nous sont parvenues. A l'époque où Xanto cesse de travailler après 1540, le goût dans le décor des faïences se modifie sous l'influence de Raphaël del Colle, du Vénitien Battista Franco et du Romain Federigo Zucchero queGuido UbaldoII avait appelés à Urbin et à Pesai o pour y décorer ses palais. Le Louvre possède un plat sur lequel est peint un Festin public à Borne qui est tout à fait dans le style de Battista Franco.! Au milieu du xvie siècle, ditM.Darcel, le nom d'un artiste domine tous les autres dans l'histoire de la fabrique d'Urbin. C'est à peine si l'on connaît une œuvre authentiqnement sortie de sa main, mais la cri-
tique est encore si peu certaine dans cette partie de l'histoire de l'art qu'on lui attribue toutes les pièces remarquables de son temps. Cet artiste est Orazio Fontana... Sa couleur* parfois trop montée de ton, comme dans son Massaere-des Innocents, du Louvre, toujours solide et intense, se distingue facilement da celle de Xanto. Les ombres sont généralement préparées par un léger frottis fait avec la couleur bieue du trait. 11 semble que Orazio, en dessinant ses personnages, les ait légèrement modelés pour se remire compte de l'effet de l'ensemble ou pour donner des indications à ses aides, qui auraient appliqué la eouluur sur la préparation. Quelquefois il pousse assez loin celle-ci, comme dans le plat du Louvre qui représente Isaac bénissant ses enfants. U lui est arrivé entin de se laisser entraîner à exécuter la pièce entièrement en couleur bleue, comme le prouve une assiette du musée de South Kensington représentant l'Enlèvement de Proserpine. Ces pièces nous semblent des peintures de choix où l'artiste, moins préoccupé que d'habitude de l'intérêt mercantile d'un» exécution cou-
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rante, s'est abandonné à son propre goût en imitant librement des compositions qui ont tout le mérite de l'improvisation d'une main habile. Enfin Orazio» paraît s'être préoccupé le premier de faire dégrader les tons de ses personnages d'après leur position plus éloignée des premiers plans. ■ La famille d'Orazio, originaire de Castel- Du rante , fournit plusieurs autres céramistes à Urbin. Une autre famille, celle des Patanazzi, travailla dans la même ville à la fin du xvie siècle et au commencement du xvne. Le musée de Kensington a un grand plat signé du nom d'Alfonso Patanazzi et daté de 1606 ; le sujet représenté est Jlomulus recédant les femmes satines. ■ Ce qui caractérise les pièces de cette époque, dit encore M. Darcel, c'est que les sujets ne sont le plus souvent que l'accessoire des grotesques sur fond blanc qui les encadrent. Ce genre de décor remplace à Uibin les grotesques sur un fond coloré qui caractérise la fabrique de Faenza. Bien que procédant du même principe que les premiers, les grotesques d Urbin s'en distinguent par un autre sentiment; d'abord plus de légèreté dans la composition générale, l'emploi plus fréquent des sphinx et des chimères, et l'intercalation de petits camaïeux imitant les intailles antiques. L'arrangement du décor rappelle les compositions dont Jean d'Udine et Perino del Vaga couvraient les voûtes des palais d'Italie. ■ Ce genre, qui semble s'être introduit à Urbin vers 1550, s'y perpétua jusqu'à la fin ^u xvite siècle. Parmi les artistes qui s'y-exercèrent, nons citerons un Geronimo qui a daté de 1583 un plat du inusée de Kensington. Le Louvre possède une riche collection de faïences d'Urbin de cette période. Il y en a de fort belles aussi au musée de Ciuny.
La fabrique d'Urbin déchut rapidement k partir dé la fin du xvie siècle ; les compositions furent traitées en manière de poncifs; le modelé des figures devint dur, le dessin lâché, l'effet diffus, les physionomies sans caractère, les attitudes sans élégance.
Il y avait encore un atelier ouvert à Urbin eu 1773 et il était dirigé par un Français, comme l'indique l'inscription suivante qui se trouve sur le pied d'une lampe du musée de South Kensington : Fabrica di majolica fina di Monsieur llolet in Urbino. A 28 aprite 1773. Le décor de cette pièce est une imitation de celui de notre faïence de Moustiers. URBIN (duché d'), ancien petit Etat souverain de l'Italie, baigné par l'Adriatique k l'E., limité par la Romagne au N., et la Marche d'Ancône au S. Ce duché, qui remontait aux premières années du xme siècle , ue comprenait d'abord que la ville d'Urbin et son territoire; au siècle suivant, il s'agrandit beaucoup et comprit les villes de Pesaro, Sinigaglia, Urbania, Bobbio, Pergola, Fossombrone, etc. Il fut possédé par la famille de iMontefeltro jusqu'en 1502, puis par la maison de La Rovère, par Laurent de Médiuis, et enfin pur le pape Léon X en 1521. En 1631, il fut légué au saint-siége et forma jusqu'en 1860 une grande partie de la délégation dé Pesaro et Urbin.
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le portrait de Francesco-Maria, père de Guido Ubaldo II; on lui attribue également deux portraits de ce même personnage : l'un fait partie de la galerie Esterhazy, à Vienne , et l'autre est placé dans la galerie Susani, à Mantoue. Des portraits de Francesco-Maria II, par le Baroche, Be voient au palais Pitti et dans la galerie des Offices, k Florence.
URBIN ou URBINO (Raphaël d'). V. Raphaël.
URBIN (comtes et ducs d'). V. Monte-
FKI.TRO.
'Uriiiu (lu duc d') et u» ai», tableau du Titien. Le duc d'Urbin représenté dans ce tableau est Guido Ubaldo II. Il est représenté debout, vêtu d'un riche costume de velours et de salin blanc; sa tête, vigoureuse et vivante, est coiffée d'un toquet noir qu'orne une plume blanche; il est accoudé du bras droit à un casque posé sur une table , et tient de la main gauche un pli cacheté. Son jeune fils, Francesco-Maria, qui fut le dernier des ducs d'Urbin, est debout aussi, les yeux levés vers son père, la main droite appuyée sur une armure qui est à terre.
Cette peinture, d'une couleur superbe, a fait partie des collections Malaspina, Celotti et Demidoff; elle a été gravée à l'eau-forte par Bracquemond , dans le catalogue de la galerie de Snn-Donato, et a été payée 17,500 francs à la vente de cette galerie en 1870. On pense que ce fut en 1545, époque où il s'arrêta chez le duc d'Urbin, eu se rendant de Bologne à Rome, que le Titien exécuta ce portrait.
A la vente Pourtalès, en 1865, le portrait du duc d'Urbin a atteint le prix énorme de 93,000 francs; ce portrait, qui avait fait parlie précédemmeut de la collection du prince de Cnnino, a été gravé par Fontana comme étant l'œuvre de Sébastien del Piombo; des connaisseurs ont cru y reconnaître la main d'Andréa del Sarto ; d'autres l'ont attribué au Bronzino. Le personnage, vu de face, jusqu'aux genoux, la main gauche appuyée sur le côté et la droite sur un livre emr'ouvert, est vêtu d'un justaucorps noir. Ce doit être encore là le portrait de Guido Ubaldo IL
Un portrait de Guido Ubaldo 1er, peint par Giovanni Santi, père de Raphaël, se voit au palais Colonna, à Rome; il a été gravé par L. Ceroni. Raphaël peignit ce même duc, d'après ce que nous apprend une lettre de P. Bembo au cardinal Bibiena (v. Passavant, Raphaël d'Urbin et son père, II, p. 45 et suiv.); mais on ignore ce qu'est devenue cette peinture; celle qu'on montre dans la galerie Lichtenstein, k Vienne, comme étant le portrait de Guido Ubaldo 1er par Raphaël, est absolument apocryphe. Dans sa célèbre fresque do VEcole d'Athènes, Raphaël a placé
URBINATE s. et adj.(ur-bi-na-te).Géogr.
Habitant de la ville d'Urbin; qui appartient àcétte-ville ou à ses habitants : Les Urbinates. La population urbjnatb.
URBINO, ville d'Italie. V. Urbin,
URBINUM, nom de deux villes de l'Italie ancienne dans l'Ombrie, chez les Senons : Urbinum fforiense , aujourd'hui Urbin, et Urbinum Metaurense, aujourd'hui Urbania.
URBISÂGLIA, bourg du royaume d'Italie, province et district de Macerata, mandement de Tolentino ; 2,200 hab.
URBOISE (d'), chevalier français qui vivait au Xi« siècle. Il accompagna le Vénitien Pierre Albert! à la première croisade et monta le premier à l'assaut de Jérusalem. A peine les échelles avaient- elles été appliquées, qu'on les vit tous deux apparaître sur une des tours de la ville. Leurs noms ont été conservés à la postérité.
URCÉIFORME adj. { ur-sé-i-for-me — du lat. urceus, petit vase, et de forme). Hist. nat. Qui a la forme d'un urcéole, d'un petit vase, d'un gobelet.
URCEO, appelé aussi URCEUS CODRUS (Antonio), érudit italien, né k Rubiera (Alodenais) en 1446, mort à Bologne en 1500. li étudia successivement à Modéne et à Ferrare , professa ensuite les belles-lettres à Forli, et enfin enseigna la grammaire et l'éloquence h Bologne. Ses ouvrages, réimprimés quatre fois, ont été réunis sous ce titre : Ant, Codri Urcei opéra qus exstant amnia (Bologne, 1502, in-fol.).
URCÉOLAIRE s. f. (ur-sé-o-lè-re — rail.
urcéole). In fus. Genre d'infusoires, type de la famille des ureéolariens, comprenant plusieurs espèces qui vivent dans les eaux douces ou marines : /.'urccolaire stelliue est parasite des hydres. (E. Baudement.)
— Bot. Syn. de collanib, do sarshenta et de SCHRadéeb, genres de végétaux appartenant à des familles diverses, il Genre de lichens, de la tribu des parmêliées, comprenant plusieurs espèces qui croissent sur les rochers et la terre nue.
— Encycl. Infus. Les urcéolaires sont des infusoires à corps libre, urcéole, très-contractile, atténué en arrière et muni en avant d'un ou deux organes rotatoires ciliés. Elles nagent dans les eaux douces ou salées. Plusieurs courent ou même se fixent sur le corps de divers mollusques et zoophytes, et y vivent en parasites. L'espèce la plus connue est l'urcéolaire stelline, parasite des hydres,
— Bot. Les urcéolaires sont caractérisées par un thalle crustacé; un disque urcéole, noirâtre, bordé par le thalle et saupoudré d'une poussière grisâtre ; des thèqtses en massue. Ces lichens croissent en général sur les rochers ou sur la terre nue, rarement sur les troncs d'arbre. Quelques espèces renferment des matières colorantes, et servent k teindre en vert ou en rouge.
URCÉOLARIEN, IENNE adj. (ur-sé-o-lari-ain, i-è-ne — rad. ureéolaire). Infus. Qui ressemble ou qui se rapporte à l'urcéolaire. Il On dit aussi urcéolarié, éb.
— s. m. pi. Famille d'infusoires, ayant pour type le genre ureéolaire.
URCÉOLE s, m. ( ur-sé-o-Ie — lat. urceolus, diminutif d'urceus, cruche, qui appartient probablement à la même famille que le grec urchê, terrine où l'on conservait du porc). Antiq. rom. Sorte da petit vasa à anses.
— Infus. Test de certains infusoires, fermé à une de ses extrémités.
— Bot. Petit organe en forme de sac ou de godet. Il Genre d'arbrisseaux grimpants, de la famille des apocynées, tribu des plumériées, dont l'espèce type croît dans l'Asie tropicale.
— Encycl. Bot. Vurcéole élastique o.u k caoutchouc est. un arbrisseau grimpant, qui porte de petites feuilles opposées et oblongues, et des fleurs petites, verdâtres, disposées en panicules terminales très-rameuses. Il croît dans les régions tropicales de l'Asie. Toutes ses parties, quand elles sont incisées ou entamées, laissent couler un suc laiteux très-abondant, qui , par évaporation, fournit une substance tout a fait semblable au caoutchouc. Il ne paraît pas cependant qu'on en ait tiré tout le parti possible; l'arbrisseau lui-même est à peine connu hors des grands jardins botaniques; il exige la serre chaude, une terre riche et substantielle, et se multiplie de graines ou de bouturas étouffées.
URCÉOLE, ÉE adj. (ur-sé-o-lé — rad. urcéole). Bot. Renflé vers le milieu et rétréci à la partie supérieure ; Calice urcéole.
URCÉOLIFÈRE adj. (ur-sé-o-li-fè-re —de urcéole, et du lat. fera, je porte). Bot. Qui est muni d'un urcéole.
URED
URCÉOLINE s. f. (ur-sé-o-li-ne — dimin.de urcéole). Bot. Syn. de collanib, genre d'a- ^naryllidees.
URCHIN s. m. (ur-chain). Bot. Syn. da htdnk, genre de champignons.
URCIN1UM, nom latin d'AjAccio.
URD, nom d'une des trois grandes Nomes de la mythologie Scandinave. Elle représente le passé, comme Verdande représente le présent, et Skuld l'avenir.
URDINGKN, en latin Ordinga, ville de Prusse, province du Rhin, régence de Dusseldorf, cercle et à 16 kilom. N. E. de Krefeld, près de la rive gauche du Rhin. 3,000 hab. Fabrication de velours; filatures de coton, tanneries.
CRDOS, village fortifié de France (Basses- Pyrénées), canton d'Accous, arrond. et a 41 kilom. S. d'Oloron, près de la rive droite du gave d'Aspe, sur la frontière d'Espagne. 670 hab. A 2 kilom. N. du village, sur un rocher à pic de 150 mètres d'altitude, s'élève le fort d'Urdos, qui peut contenir 3,000 hommes de garnison et auquel on monte par un ' escalier de 506 marches.
URDU-ZEBAN s. m. (ur-du-za-ban — de urdu, camp, et de zeban, langue, pour dire la langue des camps, parce que la formation de cette langue fut due en partie à l'invasion mongole). Linguist. Ce mot, qui signifie proprement langue du camp, est le vrai nom de i'indoustani, qui prit naissance dans les armées des empereurs mongols.
URE s. m. (u-re). Mamm. V. urus.
— Relig. Principe créé par Ormuzd, source du monde matériel, dans la religion parse.
CRE (Andrew), chimiste anglais, né a Glascow en 1778, mort en 1857. Il étudia la médecine k l'université de sa ville natale et à Edimbourg, fut reçu docteur en 1800, et revint exercer k Glascow. En IS0S il fut nommé professeur de chimie et d'histoire naturelle à l'institut d'Anderson, prit, en 1S09, une part active à l'établissement d'un observatoire dans la même ville, et fit, dans ce but, à Londres, un voyage pendant lequel il se lia avec les astronomes et les chimistes les plus distingués de l'époque. Appelé à la direction de l'observatoire, il s'y livra, pendant plusieurs années, à des études astronomiques, et publia en ISIS un Table systématique de matière médicale. En 1818, il adressa à la Société royale de Londres un mémoire contenant les résultats de Nouvelles recherches expérimentales sur les principales doctrines du calorique, mémoire qui fut inséré dans les Transactions de cette société et posa les bases de la réputation scientifique de l'auteur, que confirmèrent encore ■ d autres mémoires sur des questions de chimie, notamment sur l'acide nitrique, sur la composition de l'acide muriatique et sur la construction d'un nouvel eudiomètre. En 1821, il fit paraître un bon Dictionnaire de chimie, et l'année suivante il publia dans les Transactions philosophiques \xn irès-rem irquable mémoire sur l'Analyse dernière des substances animales et végétales. En 1830, le docteur Ure alla s'établir k Lomires et fut nommé en 1834 chimiste analysuteur du bureau des douanes. U eut ainsi de grandes facilités pour réunir les matériaux nécessaires k a composition de ses ouvrages postérieurs, parmi lesquels il faut citer en première ligne son Dictionnaire des arts, des manufactures et des mines (1839; 2<s édit., 1853, 2 vol., avec 1,600 dessins), qui est classique en Angleterre et qui renferme une quantité immense d'utiles renseignements, exposés dans un style clair et précis. Le docteur Ure était devenu, en 1822, membre de là Société royale de Londres; il futen outre l'un des premiers membres des sociétés d'astronomie et de géologie. On a encore de lui : une traduction du Traité de teinture de Berthollet (1824) ; Système de géologie (1829) ; la Philosophie des manufactures (1835); les Manufactures de coton de la Grande- Bretagne, comparées avec celles des autres contrées (1836), etc.
UREBEC s. m. (u-re-bèk). Entom. Nom vulgaire de l'eumolpe de la vigne.
URÉDINÉ.ÉE adj. fu-ré-di-né — rad. uredo). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au genre uredo.
— s. f. pi. Famille de champignons parasites, ayant pour type le genre uredo : Les URÉDiNEËS sont de petites plantes parasites. (F. Foy.) u Quelques-uns l'ont ce mot masculin : Les urédinbs sont, parmi les champignons, les plus anciennement connus. (Léveillé.)
— Encycl. Les urédinées sont de petils cryptogames parasites, développés le ulus souvent k la surface ou dans le tissu même des'végétaux morts ou vivants, et formés par des sporidies ou vésicules reproductrices, remplies de sporules; ces sporules sont tantôt libres, tantôt portées sur un court pédicule, mais toujours sans filaments distincts, caractère qui sépare les urédinées g>s mucédinées. Dans la plupart des cas, le tissu de la plante, dans lequel se développent les sporidies, se gonfle, se durcit et forme autour d'elles une sorte d'enveloppe ou base épaissie, k laquelle on donne le nom de faux péridium ou de stroma, quand elle sert à soula-
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yer les sporidies, qui sont généralement simples et rarement cloisonnées. Les urédinées sont le plus souvent des cryptogames pulyéritbnnes, ce qui leur a valu le nom vulgaire de poussières végétantes. On les observe fréquemment, sous forme de taches jaunes, brunes ou noires, à. la surface des organes foliacés-, mais on les rencontre aussi sur toutes les autres parties des plantes, à. l'exception des racines. Les plantes aquatiques elles-mêmes ne sont pas exemptes d'urédinêes; mais jusqu'à ce jour on n'en a trouvé que sur les parties émergées de ces végétaux. Ces Cryptogames sont du reste répandus dans toutes les régions du globe.
Les urédinées, du moins certaines d'entre elles, ont été remarquées de toute antiquité et sont mentionnées jusque dans les livres de Moïse-, mais leur véritable nature a été longtemps méconnue. D'après les anciens, elles résultent de lu corruption des sucs et des tissus des plantes produite par l'action des ' brouillards, de l'humidité, du soleil, etc. Turpiu y a vu des modifications, des excroissances de la gtobuline ou chromule, dues à la piqûre d'un insecte ou a d'autres causes. D'apiè.3 Unger, ce sont des maladies des plantes, analogues aux exanthèmes qu'on observe sur la peau des animaux, et causées par l'exubérance et l'extravasion des sucs. Aymen et Girod-Chantruns ont regardé les spores de ces cryptogames comme des animalcules.
Grâce aux observations de Micheli, de Persoon, de de Candolle, de Bénédtct Prévost, de Léveillé, on sait aujourd'hui que les urédinées sont de véritables végétaux parasites; on les a nommés entophytes, par analogie avec les entozoaires. Mais leur histoire est encore peu avancée. On sait qu'elles sont munies d'organes reproducteurs, et que leurs spores s'introduisent dans les tissus des végétaux. Leur fécondité est très-grande, leur propagation facile et prompte; leur multiplication souvent prodigieuse a été tour à tour attribuée à l'humidité du sol, a la stagnation de l'air, à un excès de vigueur dans la végétation par suite d'une trop forte quantité d'engrais, aux brouillards, aux piqûres des insectes, et même au voisinage de certains végétaux ; quelle qu'en soit la cause, elle n'en est pas moins dans bien des cas un fléau pour l'agriculture.
Comme tousles champignons, les urédinées sont pourvues d'un mycélium. ■ Quand une plante, dit Léveillé, est frappée d'un uradine, un ou plusieurs points de sa surface changent de couleur; si on enlève l'épiderme, on voit des filaments blancs, tantôt simples, tantôt cloisonnés, rameux, partant d'un centre commun et rayonnant. Ces filaments, d'abord rares, augmentent, deviennent plus ou moins confus et enfin donnent naissance k un petit corps charnu ou clinode, sur lequel se formeront plus tard les organes de la reproduction. On peut constater ces phénomènes sur les feuilles des plantes dont l'épidémie se détache facilement, comme celles du chèvrefeuille, de l'ail ; et quand on les a vus une seule fois, on reconnaît que le développement des entophytes est absolument le même que celui oe l'agaric de couche. ' Tous ces petits êtres ont un clinode nu ou renfermé dans un conceptacle, sur lequel reposent les spores. »
Ces derniers organes, qui sont tantôt nus, tantôt renfermés dans des sporanges, ressemblent à de la poussière ; leur forme, généralement ronde ou ovoïde, estsouventmoditiée par suite de la pression mutuelle; quelquefois elle est plus ou moins anguleuse. Leur surface extérieure est tantôt lisse, tantôt ponctuée, ou couverte d'aspérités, de verrues ou d'une sorte de réseau. Presque toujours leur enveloppe se compose de deux membranes : l'une externe, appelée épispore ou exospore; l'autre interne, endospore. La première est ordinairement rugueuse et munie d'une ou plusieurs ouvertures circulaires, appelées ©seules; la seconde est mince, transparente, lisse ou à peine granulée ; c'est dans celle-ii que gll, d'après Léveillé, la faculté végétative des spores; c'est elle qui forme le mycélium. Elle renferme un nucléus plus ou moins coloré, dont la nature et les' fonctions sont inconnues. On sait seulement que ses molécules se colorent d'une manière plus ou moins intense au contact de l'iode, et qu'elles sont souvent mélangées de particules oléagineuses qui réfractent fortement la lumière. Quelques auteurs ont cru pouvoir l'assimiler a l'albumen des graines des plantes phanérogames. Ces spores ont des couleurs très- variées ; elles présentent presque toutes les nuances du blanc au noir. Généralement insipides et inodores, elles affectent quelquefois une odeur et une saveur nauséeuses et désagréables. Leur pesanteur spécifique est moindre que celle de l'eau, sur laquelle elles nagent et s'entr'ouvrent, en laissant sortir des globules qui offrent des mouvements variés.
« La présence des urédinées sur les organes floraux, dit Léveillé, et principalement sur ceux qui appartiennent a la reproduction, comme les anthères, les ovaires, entraîne constamment la stérilité ; la carie, le charbon en sont des exemples frappants. Quelquefois, cependant, on en rencontre sur les ovaires des roses, derépine-vinette, de l'au* bépine, du fenouil, qui paraissent ne produira aucun effet. Il eu est de même lors-
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qu'ils sont en petit nombre sur les feuilles; mais quand elles en sont chargées et que les pétioles en portent en même temps, elles se dessèchent alors très-promptement. Toute la plante souffre aussi; les feuilles ne remplissant pas leurs fonctions, celles de la plante se dérangent, la végétation s'arrête, les boutons à fieurs .ne se développent pas et les plantes restent stériles. D'autres fois, au coniraire, leur existence semble augmenter l'activité des plantes. Cette action ne se borne pas toujours au parenchyme; elle s'étend aussi à la substance. »
Lés effets produits par les urédinées sont d'ailleurs très- variés; tantôt les organes, surtout les organes herbacés, subissent une véritable hypertrophie et se couvrent de boursouflures plus ou inoins volumineuses; d'autres fois, ces organes sont déformés, ou bien prennent une consistance ligneuse; dans les conifères, il y a un écoulement considérable de sucs résineux, qui peut aller jusqu'à produire la mort du végétal. Toujours on observe un changement de couleur plus ou moins marqué. La plupart des urédinées semblent se cantonner sur une seule espèce, ou même siir une seule de ses parties; mais plusieurs d'entre elles sont contagieuses et peuvent se propager d'une plante à l'autre. On peut d'ailleurs en rencontrer sur un in- . dividu plusieurs d'espèces ou de genres différents. Ces cryptogames, surtout quand ils arrivent au terme de leur existence, sont à leur tour envahis par des parasites. On n'a que très-peu d'observations sur leurs propriétés médicamenteuses ou vénéneuses. 11 ne parait pas que les fourrages qui en sont infestés soient bien nuisibles aux animaux domestiques. *
Parmi les genres nombreux que renferme cette famille, nous citerons les suivants : urédo, trichobasis, uromyce, coléospore, lêcythée, physonème, podospore, cystope, tillétie, ustiJago, microbotryc, tliécaphore, cecidie, pueeinie, phragmidium, gyimiosporange, fusarium, etc.
URÉDO g. m. (u-ré-do — mot lat. uredo, qui signif. brûlure ; de urere, brûler). Bot. Genre de champignons parasites, type de la famille des urédinées : Les véritables urédos se distinguent par leurs sporidies simples, (F. Foy.) LtfRÉoo de l'osier nait en pustules sur la face inférieure des feuilles du saute osier. (Ûosc.) La rouille est une espèce d'urédo gui nait sur les feuilles et les jeunes pousses des arbres. (Raspail.)
— Encycl. Le genre urédo est caractérisé par des sporidies uniloculaires, non cloisonnées, libres, très-fines, rarement pédicellées, ramassées en groupes couverts d'abord par l'épidémie, qui se déchire irrégulièrement et forme une sorte dé péridium presque nu et qui ne s'étend pas. Ces cryptogames se distinguent des œcidies en ce que l'épidémie des plantes qui en Sont atteintes ne se gonfle pas et ne s'arrange pas symétriquement. Ce genre renferme un grand nombre d'espèces très-simples, qui naissent daus le tissu même des plantes et se répandent ensuite au dehors. Elles attaquent les feuilles, les tiges tendres, et quelquefois les organes reproducteurs des plantes potagères, de quelques arbres et arbrisseaux cultivés, et surtout des céréales. En détruisant l'organisation des feuilles d'un grand nombre de plantes, elles nuisent à leur accroissement, diminuent la production de leurs graines et les fout même Quelquefois périr. « En effet, dit Bose, les leuilies étant destinées par la nature a la respiration des plantes, toutes les fois qu'elles ne peuvent remplir cet objet, et elles ne le peuvent plus lorsque les urédos se sont emparés du leurs surfaces, ces plantes doivent nécessairement languir. La maladie qu'ils leur causent peut être appelée la puiutonie lies végétaux. J'ai cru remarquer que celles de ces plantes qui croissaient dans un* mauvais sol, ou dans uii sol contraire à leur nature, y étaient plus sujettes que les autres. Rendre raison de ce fait n'est pas chose facile, La multiplication des urédos sur les plantes dont ou apporte les graines des pays éloignés serait également difficile a expliquer, si l'on ne 'savait, par le résultat des expériences faites sur le charbon (v. ce mot), que leurs poussières sémiuiformes se transportent avec ces graines mêmes auxquelles elles adhèrent. Il n'y a que l'amputation des feuilles ou même des tiges qui puisse détruire ces dangereux parasites ; encore fautil qu'elle ait lieu avant la maturité de cette poussière séiuiniforme et que son résultat soit brûlé sur-le-champ; car elle continua probablement de croître sur les plautes desséchées et finit alors par agir comme si elle n'eût pas cessé d'être sur des plantes vivantes, » Ces cryptogames répandent, suivant les espèces, une poussière noire, brune, rouge, jaune ou blanche. Plusieurs causent de grands ravages et ont acquis une fâcheuse célébrité. V. les mots carie, charbon et ROUiLLB,
URÉE s. m. (u-ré — du gr. oura, queue). Ichthyol. Syn. de cature, genre de poissons sauroïdes, comprenant uu grand nombre d'espèces fossiles des terrains secondaires.
URÉE s. f. (u-ré — du gr. ouron, urine). Chiin. Substance azotée, cnstallisable, qui sa trouve en grande quantité dans l'urine.
— Encycl. L'urée (C*H*Az*Oï) a été dé-