V. URETRYMENODE
URÉTRO-L1THIQUE OU URÉTHRO-LI- THIQUE adj. (u-ré-iro-li-ti-ke — de urètre, et du gr. lithos, pierre). Pathol. Qui est produit par un calcul arrêté dans l'urètre.
URÉTRO-PÉNIEN OU URÉTHRO-PÉN IEN,
IENNE adj. (u-ré-tro-pé-ni-ain, i-è-ne — de urètre, et de pénien). Anat. et pathol. Qui a
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rapport ,à l'urètre et au pénis : Fistule URÉ- TRO-PÉNIENNE.
URÉTRO -PÉRINÉAL OU URÉTHRO-PÉ- RIMÉAL, ALE adj. (u-ré-tro-pé-ri-né-al, a-le — de urètre, et de périnéal). Anat. et pathol. Qui a rapport à l'urètre et au périnée : Fistule URÉTRO-PBR1NÉALE.
URÉTRO-PHRACTIQUE OU 0RÉTHRO- PHRACT1QUE adj. (u-ré-tro-fra-kti-ke — rad. urêtropkraxie). Pathol. Qui a rapport à l'urétrophraxie.
URÉTROPHRAXIE ou URÉTHROPHRAXIE
s. f. (u-ré-tro-fra-ksl — de urètre, et du gr, pkrassein, obstruer). Pathol. Obstruction de l'urètre.
URÉTROPLASTIE OU URÉTHROPLASTIE 8. f. (u-ré-tro-pla-stî — de urètre, et du gr. plassd, je forme). Chir. Opération qui a pour but de réparer une perte de substance survenue dans l'urètre.
— Encycl. Des pertes de substance ont quelquefois lieu dans un point quelconque de la longueur du canal de l'urètre; c'est ce qui arrive, par exemple, dans les cas de fistules uiétrales. Pour réparer ces pertes de substance, plusieurs procédés peuvent être employés. 1° On peut, comme le faisait Jobert de Lamballe, tailler un lambeau sur le scrotum, aviver la fistule et réunir au bord de celle-ci le lambeau scrotal, dont la face cutanée formera une paroi à l'urètre. 2° On peut disséquer et enlever une manchette de la peau,' puis faire glisser la peau de la partie antérieure de la verge jusqu'à la fistule, comme l'a fait avec succès M. Ségalas. La longueur du prépuce est une indication pour employer ce procédé. 3" On peut tailler et disséquer un lambeau de peau quadrilatère en dessous de la fistule, enlever un lambeau de l'autre côté et réunir le bord du lambeau au bord de la plaie du côté opposé, comme dans le procédé Alliot; mais cette méthode opératoire peut amener une rétraction de la cicatrice et un étranglement de la verge. i° On peut aviver avec le bistouri la fistule, de façon à la transformer en une plaie parallèle à l'axe de la verge ; disséquer la face profonde du lambeau et réunir, par une suture entortillée, les lèvres de la plaie adossées par leur surface saignante; deux incisions libératrices sont pratiquées sur la verge. 5° Enfin, le procédé de Nélaton consiste à aviver les bords cutanés de la fistule en faisant deux incisions horizontales a 0m,03 au-dessus ainsi qu'au-dessous de la fistule, à disséquer ensuite la peau de ce point par sa face profonde et à réunir les bords de la fistule
fiar l'adossement des surfaces saignantes et a suture entortillée avec des épingles à insecte. On place une sonde à demeure dans la vessie, ou bien on pratique le catbétérisme chaque fois que le malade' éprouve le besoin d'uriner.
Mais le sujet est assez intéressant pour nous obliger à quelques explications plus développées.
Les pertes de substance peuvent aus.si
Provenir de lésions congénitales, telles que hypospadias (ouverture de l'urètre au-dessus de la verge, vers le pubis) et l'épispadias (ouverture de l'urètre au-dessous de la verge, vers le scrotum). Or, il est rare que toutes ces affections guérissent spontanément; il est même rare qu'on puisse en obtenir la disparition à l'aide des procédés applicables à d'autres pertes de substance. L'écoulement incessant de l'urine par les ouvertures fistuleuses est, d'ailleurs, le plus grand obstacle à la guérison. Dans quelques cas, l'avivement des bords de lu plaie suivi d'une suture ou de la cautérisation peuvent amener d'heureux résultats; mais, lorsque ces bords sont déchiquetés, ulcérés ou malades; lorsque la perte de substance est considérable, l'uretrorrhaphie est souvent insuffisante, et l'affection réclame les procédés héroïques de la restauration anaplastique.
Dieffenbach pratiqua cette opération, dans des cas de fistules ulcéreuses, par un procédé assez simple. 11 avivait les bords de la plaie, quelquefois il les disséquait plus profondément, puis il les suturait, après avoir fait deux incisions longitudinales de chaque côté et a quelques millimètres des bords de l'ouverture anomale : pur ce moyen, les bords pouvaient être affrontés et l'opération Suivie de succès. Mais, en d'autres cas, il fallait disséquer la peau jusqu'aux ouvertures artificielles pour obtenir un affrontement suffisant, ou bien on secondait le rapprochement par l'application de petites attelles de cuir latéralement placées. La suture en gousset du même chirurgien est plus ingénieuse encore et plus simple; elle consiste à passer une aiguille cireulairement sous la peau, en faisant ressortir le fil de distance en distance, puis en terminant la suture par un nœud entre les deux extrémités du fil. Pasce procédé, imité des couturières, on obtient un fronçage de la peau, et la fistule se ferme Comme une bourse à coulisse. Il est à remarquer pourtant que le fil a l'inconvénient de couper les tissus mous et de les disposer à se mortifier cireulairement, auquel cas l'opération est fort compromise.
A. Cooper, Mil. Nélaton et Jobert de Lamballe ont eu occasion de pratiquer souvent avec succès une autoplastie plus complète. Après avoir taillé au voisinage de la fistule
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un lambeau quadrilatère et après avoir entouré la fistule d'une plaie vive de même forme, ils réussissaient, à l'aide d'une demitorsion, à appliquer le lambeau sur la plaie et & l'y fixer au moyen de la suture. Mais c'est au chirurgien Nélaton que sont dus les derniers perfectionnements apportés à cette opération. 11 est des cas graves d'hypospadias et surtout d'épispadias qui placent les malades dans la position la plus affligeante. Leur infirmité ne les rend pas seulement impropres à l'accomplissement des fonctions génératrices; elle est pour eux la source d'une incommodité de tous les instants : ils ne peuvent se soustraire à ta perte continuelle des urines, ne peuvent même faire usage d'un urinai portatif. A ces infirmités on ne peut opposer que l'autoplastie complète et proprement dite, et celle-ci doit être pratiquée avec hardiesse aux dépens des tissus environnants de la région pubienne ou scrotale. M. Nélaton emprunte à la verge deux lambeaux latéraux, et à la région scrotale ou pubienne un vaste lambeau quadrilatère qu'il rabat sur l'ouverture anomale sans torsion de la peau et qu'il réunit aux lambeaux latéraux. Dans cette singulière autoplastie, la peau du lambeau principal se trouve renversée dans des conditions telles, que sa face externe forme la paroi interne du canal nouveau. Ce procédé, malgré ce renversement bizarre, est parfaitement propre à la restauration du canal de l'urètre et réussit assez bien entre les mains d'habiles chirurgiens.
M. Gaillard, de Poitiers, dans un cas d'ouverture à l'urètre de 0m,018 de longueur, a eu l'idée de cerner l'ouverture par deux incisions parallèles et occupant tout le contour de la verge, l'une immédiatement en avant de la fistule, l'autre à 0m,001 en arrière, et il a enlevé l'immense lambeau compris entre 'ces incisions, de façon à dénuder la verge dans toute sa circonférence et dans une longueur d'environ 0m,09. Alors, décollant la portion antérieure du fourreau de la verge et dédoublant le prépuce au besoin, il ramena ce fourreau en arrière, de manière non-seulement à recouvrir les corps caverneux dénudés et la perte de substance de l'urètre, mais à empiéter sur la portion postérieure du fourreau et à la recouvrir jusqu'à la base de la verge, sa surface saignante appliquée sur la surface épidermique de l'autre. Les parties furent maintenues en rapport avec, des bandelettes de collodion, les sutures ayant été suivies une première fois de petites fistules. L'opération échoua cette première fois ; mais le chirurgien n'hésita pas à enlever un deuxième rouleau de la peau de la verge, et il eut enfin le bonheur de réussir.
Toutefois et malgré ces procédés ingénieux, la guérison des fistules urétrales reste encore une des plus grandes difficultés de la chirurgie opératoire. C'est surtout l'urine qui, par son contact, empêche l'adhésion de la fistule ou du lambeau. Dieffenbach avait eu l'idée d'une boutonnière qui livrerait passage à l'urine pendant le travail de l'oblitération de la fistule; mais il avait craint de produire par là une fistule nouvelle. M. Ségalas a écarté cette crainte et donne le conseil formel de pratiquer la boutonnière, et Kicord, le premier, a mis cette idée, avec plein succès, a exécution. Il a empêche l'urine d'arriver jusqu'au niveau des points de suture eu lui ouvrant une large voie au-dessus, c'est-à-dire en établissant au périnée une fistule qui donne passage k l'urine. Malguigne préfère pratiquer une ponction de ta vessie par l'hypogastre et y établir une sonde à demeure jusqu'à la guérison complète.
URÉTRO-FYIQUE ou URÉTHRO-PYIQUE adj. (u-re-tro-pi-i-ke — de urètre, et du gr. puon, pus). Pathol. Qui est produit par du pus dans l'urètre.
URÉTRORRHAGIE ou URÉTHRORRRA- G1E s. t. (u-re-tror-ra-jl — de urètre, et du gr. rtiêgnumi, je pousse dehors). Pathol. Hémorragie du canal de l'urètre.
— Encycl. Cette hémorragie a lieu d'ordinaire dans la partie bulbeuse de cet organe. Les excès de coït, les blennorrhagies, une opération quelconque sur cet orgauo sont les causes ordinaires de Yuréirorrhiiyie. Celle-ci n'est jamais bien considérable. On reconnaît aisément qu'elle part de l'urètre à ce que le sang n'est pas mélangé d'urine, que son écoulement n'est pas précédé de l'envie d'uriner et qu'une douleur plus ou moins vive dans un des points de ce canal en précède et en accompagne l'issue. Lorsque l'hémorragie provient des reins, l'urine est mélangée lie sang et contient en outre , ordinairement , des tubes aluumiueux moulés sur les tubes uriuifères, dont on constate assez facilement la présence au microscope. Lorsque l'hémorragie provient de la vessie, le sang ne sort pas pur ; il est mélangé avec l'urine, dont la coloration devient roussàire. Le traitement de Yurétrorrhagie esc entièrement local. Des applications réfrigérantes autour de la verge, des injections aluiuineuses ou avec toute autre substance astringente (perchlorure de fer, tannin), quelques cautérisations pratiquées en injectant une dissolution de nitrate d'argent dans le canal de l'urètre, souvent même le simple port d'une grosse sonde ou d'une bougie, que l'on peut d'ailleurs rendre astringeute, ces simples moyens, disons-nous, en font tous
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les frais. Si Yurétrorrhagie se complique de rétention d'urine résultant de l'obturation du canal par la présence de caillots sanguins, ainsi que cela s'observe quelquefois, on y remédie en pratiquant le cathétéhsme avec une sonde creuse, dans laquelle on promène un mandrin.
URÉTRORRHAGIQUE OU URÉTHROR- RHAGIQUE adj. (u-ré-tror-ra-ji-ke -— rad.
urétrorrkagie). Pathol. Qui a rapport à l'urétrorrhagie.
URÉTRORRHAPHIE ou URÉTHRORRHA- PHIE s. f. (u-ré-tror-ra-fl — de urètre, et du gr. raphè, suture). Chir. Suture sur l'urètre.
URÉTRORRHÉE ou URÉTHRORRHÉE s.
f. (u-ré-tror-ré — de urètre, et du gr. rfieo, je coule). Pathol. Ecoulement par l'urètre. Il Plus spécialement, Blennorrhée, blenuorrhagie chronique, goutte militaire.
URÉTRORRHÉIQUEouURÊTHRORRHÉI- QUE adj. (u-ré-tror-ré-i-ke — rad. urétrorrhée). Pathol. Qui a rapport à l'urétrorrhée.
URÉTROSCOPE ou ORÉTHROSCOPE S.
m. (u-rè-tro-sko-pe — de urètre, et du gr. shopeô, j'examine). Chir. Instrument servant à examiner l'intérieur de l'urètre.
— Encycl. L'ureVrojcope fut, en quelque sorte, la première application des principes posés par M. Desonueaux en ce qui concerne la diagnose exploratrice des cavités viscérales inabordables à la vue simple. En conséquence, Vurélroscope ne diffère pas de l'endoscope ordinaire et se compose : l<> d'une lampe à cheminée, enfermée dans un manchon cylindrique opaque et qui ne porte qu'un orifice, par lequel passe la lumière; 20 d'un second tube, placé à angle droit sur la cheminée de la lumpe et qui reçoit le faisceau lumineux ; 3» d'un troisième tube, tube endoscopique, qui porte un miroir plan propre à réfléchir la lumière dans la direction de son orifice et une lentille convergente pour la concentrer. A cet instrument s'adaptent les sondes exploratrices.
Pour l'examen urétroscôpique, on se sert d'une sonde droite de O^OOS à on>,010 de diamètre. On l'introduit à l'aide d'un mandrin et, lorsqu'elle est placée, on engage son autre extrémité dans le tube mobile endoscopique ; puis, on regarde à travers la lentille placée à l'autre bout du tube, en retirant la sonde ou en l'avançant un peu, selon la nécessité. On peut même adaptera l'endoscope divers autres instruments disposés pour opérer en même temps que l'on examine.
L'urétroscope rend de grands services à la chirurgie; il permet un examen facile de la presque totalité du canal de l'urètre et la recherche des orifices des rétrécissements; il sert à placer les médicaments sur les parties malades et k indiquer la place où il est le moins dangereux de faire une urétrotomte.
L'urétroscope a été plusieurs fois perfectionné dans ces derniers temps. Wuréiruscope de M. Mullez peut être éclairé soit par une bougie, soit par la lumière solaire à l'aide d'un cône argenté intérieurement. Une double enveloppe de toile entoure la bougie et préserve les instruments de tout échauffement . En 1808, M. Langlebert a fuit connaître un nouvel urêtroscope que fabrique aujourd'hui M. Mathieu et qui n'est qu'un perfectionnement des précédents.
URÉTROSCOPIE OU URÉTHROSCOPIE S.
f. (u-ré-tro-sko-pl — rad. urêtroscope). Chir. Examen de l'urètre.
URÉTROSCÔPIQUE OU URÉTHROSCO- PIQUE adj. (u-ré-tro-sko-pi-ke — rad. urêtroscopie). Chir. Qui a rapport à l'urétroscopie.
URÉTRO-SCROTAL ou URÉTHRO-SCRO- TAL, ALE adj. (u-ré-tro-skro-tal, a-le — de urètre, et de scrotal). Anat. et pathol. Qui appartient à l'urètre et au scrotum : Fistule
URÉTHO-SCROTALE.
URÉTROSPASME ou URÉTHROSPASME
s. m. (u-ré-tro-spa-sme — de urètre, et de spasme). Pathol. Spasme de l'urètre.
URÉTROSPASMODIQUE OU URÉTHRO- SPASMODIQUE adj. (u-ré-tro-spa-smo-di-ke — de urètre, et de spasmodigue). Pathol. Qui a rapport à l'urétrospasine. U On dit aussi
URÉTROSPASTIQDE.
URÉTROSTÉNOSE ou URÉTHROSTÉ- NOSE s. f. (u-rê-tro-sté-no-ze — de urètre, et du gr. stenoSf étroit). Pathol. Etroitesse de l'urètre; rétrécissement de l'urètre, a On dit aussi urétrosténib et urétrarctik.
— Encycl. La coaietation de l'urètre peut être purement spasmodique ou dépendre d'une lésion organique. Dans le premier cas, elle est temporaire et affecte de préférence la partie du canal qui se ressent le plus de l'influence de l'acte générateur, celle sur laquelle porte surtout l'action des muscles du périnée, des caustiques et de l'extrémité des sondes, celle enfin qui souffre ordinairement beaucoup dans la blennorrhagie. Quant aux rétrécissements organiques, ce sont des états morbides des parois du canal qui ont pour effet d'en diminuer la largeur, l'extensibilité, d'une manière progressive, à tel point que l'urètre ne puisse plus céder k l'effort du flot d'urine poussé par la vessie, ou du moins qu'il oppose à la sortie du liquide un obstacle permanent plus ou moins considérable. Sous l'influence de ces états morbides se développent la plupart des maladies des voies
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urinaires, ce qui en rend l'étude fort importante.
Les causes traumatiques des rétrécissements sont : 1° les ulcérations qui succèdent aux caustiques, d'où des cicatrices minces, inextensibles, mais rétractiles ; 2° les plaies transversales de l'urètre, qui sont soumises à une rétraction des deux bouts du canal et à un rétrécissement variable ; dans les plaies longitudinales, comme celles des tailles médianes, le canal garde son calibre normal ; 30 les contusions de l'urètre, qui amènent soit un rétrécissement immédiat et primitif exigeant quelquefois une incision périnéourétrale du point où siège la contusion, soit un rétrécissement tardif; 4° les inflammations blennorrhagiques de l'urètre. Ce ne sont pas, comme on le dit à tort, des épais- j sissements, callosités et végétations qu'elles 1 produisent ; c'est, suivant la constitution des ' ■ sujets ou la gravité du mal, une atrophie ou ; amincissement de la muqueuse au niveau du point rétréci, avec décoloration et augmentation de la consistance, lésion qui demande souvent beaucoup d'attention pour être constatée, bien qu'elle produise des accidents graves. C'est là un tissu nouveau en quelque sorte, qui est rétractile, c'est-à-dire qui se raccourcit lentement comme les cicatrices ; il est, en outre, élastique, c'est-à-dire qu'il se laisse distendre, ce qui fait croire à la guérison du rétrécissement ou même à Son absence, par suite du passage facile de la sonde; mais il revient sur lui-même, en général assez rapidement. La dilatation est un traitement palliatif, souvent très-utile. L'urétrotomie est le seul procédé qui donne des guérisons permanentes; mais elle expose aux accès de flèvre et aux plaies de l'urètre, accidents que n'amène pas la dilatation. La cautérisation, eu raison de ses cicatrices rétractiles, est plus nuisible qu'utile.
Les régions où l'on rencontre les rétrécissements organiques sont l'oriflce extérieur, les deux extrémités de la fosse naviculaire, la région antérieure de la partie spongieuse et la courbure sous-pubienne, à ia jonction des parties bulbeuse et membraneuse. En d'autres termes, ils occupent tantôt l'extrémité de l'urètre, tantôt une région dont la profondeur varie de 0ln,025 àom,080, et tantôt entin une partie profonde d'environ 0m,l2. Quelquefois, il n'y en a qu'un seul; ailleurs, on en trouve plusieurs à la suite les uns des autres. Leur étendue varie aussi beaucoup; mais on n'en trouve de longs que dans un seul point du canal, la partie spongieuse ;" cette portion du canal de l'urètre est, en effet, par sa position et par sa nature, dans des conditions favorables aux rétrécissements.
URÉTROSTÉNOTIQUE ou URÉTHROSTÉ- NOT1QUE adj. (u-ré-tro-sté-no-ti-ke — rad. uréirusténose). Pathol. Qui a rapport à l'urétrosténose.
URÉTROTOME ou URÉTHROTOME s. m.
(u-re-tro-to-me — de urètre, et du gr. tome, section;. (Jliir. Instrument servant à inciser l'urètre.
URÉTROTOMIE ou URÉTHROTOMIE S. f.
(u-ré-tro-to-ml — de urètre, et du gr. toute, section). Chir. Incision de l'urètre.
— Encycl. L'urétrotomie est une opération chirurgicale qui a pour but de remédier jaux rétrécissements de l'urètre en incisant les parties molles qui les constituent. L'urétrotomie est dite externe ou interne, selon que l'incision est faite de dehors en dedans ou de dedans en dehors. Cette opération diffère encore de la boutonnière périuéale en ce que celle-ci a pour objet l'évacuation de l'urine ou l'introduction d'un instrument dans la vessie, tandis que la première a pour objet le traitement direct de la partie rétrécie du canal. L'urétrotomie externe fut pratiquée pour la première fotsversla fin du xvito siècle ; mais, depuis ce moment jusqu'en 1822, elle n'eut d'autre but que d'atténuer les accidents produits par les rêuéeissements.'A cette époque, un chiriirgien anglais, Arnolt, pratiqua l'urétrotomie dans l'unique intention de combattre le rétrécissement lui-même, et il employa une méthode analogue à la méthode actuelle. Ce ne fut qu'en 1852 que l'urétrotomie passa en France dans la pratique chirurgicale sous les auspices de Sédillot.
~~Urétrotomie externe. Pour pratiquer cette opération, le chirurgien place dans le canal de l'urètre un petit cathéter qui s'avance jusqu'au niveau du rétrécissement. Cet instrument est tenu sur la ligne médiane par un aide, avec recommandation k celui-ci de rester immobile, tout en pressant légèrement contre l'obstacle. Les bourses étant rélevées, les tissus sont incisés suivant le raphé du périnée, en commençant dans le point où la cannelure du cathéter peut être sentie, et en se rapprochant de l'anus jusqu'à O^Ol environ de cet orifice. L'incision, longue de om,045 est continuée profondément, couche par couche, en ayant soin de toujours rester sur la ligne médiane. Dès que la pointe du bistouri pénètre dans le cathéter, on prolonge l'incision de manière à voir l'orifice du rétrécissement. Le chirurgien trouve,en effet,un petit trou, mais il lui est impossible de faire cheminer un instrument dans le canal présumé. Alors , tous les tissus indurés sont franchement incisés, en restant sur la ligne médiane. L'ap-
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parition d'un jet d'urine indique que le bout postérieur de l'urètre vient d être ouvert ; et en effet, après quelques recherches, on peut introduire une sonde cannelée jusque dans la vessie. L'orifice de sortie des urines est augmenté, tous les tissus durs sont tranchés, sans qu'il soit possible de retrouver le canal; mais un résultat est obtenu, lesdeux bouts de l'urètre sont visibles; aussitôt on passe du méat dans la vessie une sonde en gomme à courbure fixe, et deux points de suture sont placés dans la partie postérieure de la plaie; la sonde est solidement fixée et le malade placé dans son lit avec des compresses d'eau froide sur le périnée (Dolbeau). La persistance de l'ouverture urétrale est l'accident qu'on observe le plus souvent k la suite de cette opération. L'urétrotomie interne, bien autrement importante que l'urétrotomie externe, est due presque exclusivement à la chirurgie française. Arnolt, il est vrai, fut un des premiers à la pratiquer en Angleterre dès l'année 1819. Mac-Ghie, le premier, proposa de faire précéder l'instrument d'un conducteur; mais ce sont nos chirurgiens, Amussat, Civiale, Rybard , Ricord, qui ont perfectionné cette opération. On ne àt d'abord que scarifier le rétrécissement. Plus tard, M. Rybard préconisa les incisions profondes comprenant les parties saines jusquau tissu cellulaire; mais aujourd'hui on est revenu à la scarification simple. On opère de deux manières différentes, tantôt d'avant en arrière, tantôt d'arrière en avant. Dans la première méthode, l'instrument est dirigé par un conducteur rigide ou flexible; mais, quelle que soit la nature du conducteur, le manuel opératoire reste le même. Le conducteur, préalablement introduit dans la vessie, est fixé par son extrémité libre à l'urétrotome, que 1 opérateur pousse lentement jusqu'à l'obstacle ; en ce point, l'extrémité olivaire de l'instrument est arrêtée; le chirurgien dégage la lame en poussant sur l'extrémité de la tige rigide, avec laquelle elle est articulée, et, par des pressions mesurées, il incise les tissus indurés. Pour opérer d'arrière en avant, comme le fait Civiale, il est bien important de préparer et de dilater d'avance le canal, car on ne se sert pas de conducteur. Le chirurgien introduit 1 urétrotonie et le pousse avec précaution jusqu'à ce que l'olive ait dépassé le rétrécissement; il dirige ensuite la lame de façon à couper vers la partie inférieure de la muqueuse urètrale, car c'est presque toujours là que siège l'altération; il ramène l'extrémité olivaire en contact avec la partie malade et dégage la lame en tirant sur la tige qui là porte. Cela fait, et les doigts de sa main gauche soutenant le point qu'il doit inciser, il ramène à lui l'urétrotome jusqu'à ce qu'il n'éprouve plus de résistance ; alors seulement il désarme l'instrument et le retire de l'urètre.
Après cette opération, il est d'une bonne pratique de placer dans le canal de l'urètre ■ une sonde à demeure pour vingt-quatre ou quarante-huit heures. Les accidents les plus sérieux à la suite de l'urétrotomie interne sont l'hémorragie et l'infiltration urineuse. Les chirurgiens n'opèrent pas les individus atteints de néphrite, de cystite, d'abcès de lji prostate et de fistules du périnée; car le plus souvent, dans ces cas, l'opération serait funeste.
URÉTROTOMIQUE OU URÉTHROTOMI- QUE adj. (u-ré-tro-to-mi-ke — rad. wétrotomie). Pathol. Qui a rapport k l'urétrotomie : Procédé urEtrotomiq.uk.
URÉTRO-THROMBOÏDE OU URÉTHRO-
THROMBOÏDE adj. (u-rè-tro-tron-bo-i-de —
de urètre, et du gr. thrombos, grumeau). Pa-
, thol. Qui est causé par des grumeaux de sang
arrêtés dans l'urètre.
' URÉTR0-VÉS1CAL ou URETHRO-VÉSI- ■ CAL, ALE adj. (u-ré-tro-vé-zi-kal, a-le — dé urètre, et de vésical). Anat. Qui a rapport à l'urètre et à la vessie.
URÉTRYMÉNODE ou URÉTHRYMÉNODE adj. (u-ré-tri-mé-no-de— de urètre, et du gr. Umên, membrane). Pathol. Qui est causé par une membrane qui s'est formée dans l'urètre. Il On dit aussi urétro-hyménodis.
DRFÉ(AnneD'), poète français, né en 1555, dans le Forez, mort en 1621. Les d'Urfé appartenaient à une ancienne et illustre famille originaire delà Souabo et dont le nom primitif était Woire, dont la prononciation populaire rit plus tard Urfé. Les d'Urfé étaient, à partir du xive siècle, les représentants en Forez'de la maison de Bourbon. Quand cette maison fut éteinte après la mort du fameux connétable, les d'Urfé devinrent peu à peu les successeurs des anciens comtes. Toute cette famille était assez lettrée : Claude d'Urfé, grand-père d'Anne et d'Honoré d'Urfé, fut, sous Henri II, gouverneur des enfants de France. Suivant le goût du siècle, il avait fait orner son château de La Bâtie de statues, que mutila un jour, dans un accès de piété pudibonde, son arrière-petit-fils, futur archevêque de Limoges. Anne d'Urfé manifesta de -bonne heure un goût très-vif pour la poésie, et il eut pour- première inspiratrice une jeune Forézienne, lJiane de Châteaumorand, dont il fit plus tard sa femme. Ses parents le firent voyager en Italie pour le distraire, et il achevaUans ce voyage, à Milan, un volume de sonnets amoureux, qu'il publia sous le titre de Diane (1577, in-12); la même
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année, il épousa cette jeune fille, qui était une des plus riches héritières de la province, et succéda à son père dans la charge de bailli. Anne d'Urfé se signala par le zèle ardent qu'il déploya pour la cause de Henri IV. La récompense no se fit point attendre : à l'avènement du roi, il fut fait lieutenant général du Forez, membre du conseil d'Etat et du conseil privé.
Il est moins rare qu'on ne pense de voir les mariages d'amour aboutir à des dissensions domestiques. Les nouveaux époux ne vécurent pas longtemps en bonne intelligence et, d'un commun accord, ils se séparèrent, s'engagennt réciproquement à embrasser la profession religieuse. L'oflicial de Lyon prononça l'annulation du mariage le 7 janvier *159S. A la même époque, Henri IV voulut comprendre Anne d'Urfé dans une promotion de chevaliers du Saint-Esprit; mais celui-ci refusa à cause de l'engagement qu'il avait contracté. Diane, moins scrupuleuse, oublia sa promesse et ne fut pas plus tôt libre qu'elle se maria avec son beau- frère Honoré.
Anne d'Urfé, engagé dans les ordres (1599), devint chanoine et comte de Lyon, prieur de Montverdun et doyen de Montbrison ; mais il se démit de cette dernière charge en 1611.
Ses œuvres se composent du recueil poétique dont nous avons parlé et qui ne contient pas moins de cent cinquante sonnets, de vingt sonnets posthumes, de plusieurs discours en vers héroïques, d'une imitation de la Jérusalem délivrée du Tasse, de deux dialogues, l'Honneur efrla Vaillance (Lyon, 1592* in-4<>) et d'un livre d'Hymnes (Lyon, 1608J petit in-40), etc.
UUFÉ (Hcraoré d'), frère cadet du précédent, célèbre romancier français, auteur de l'Astrée, né à Marseille en 1568, mort à Villefranche en 1625. Après avoir terminé ses études au collège de Tournon, il prit parti pour la Ligue et s'attacha au duc de Nemours, qui le nomma son lieutenant général. Fait prisonnier à Feurs et remis en liberté après une détention d'un mois et demi, d'Urfé gagna Montbrison , alors assiégé par l'armée royale, et tomba entre les mains des assiégeants. Voyant la Ligue dissoute, il se relira à la cour de Savoie, puis épousa sa bellesœur, Diane de Châteaumorand, femme divorcée d'Anne d'Urfé. Honoré avait alors trente-deux ans et sa femme trente-neuf, et il l'épousa dans l'unique but de conserver à la maison d'Urfé les biens constituant la dot de MllB de Châteaumorand.' L'union successive desdeuxfrèresavec la même femme et la passion que Anne d'Urfé avait montrée pour celle-ci dans ses vers ont donné lieu à des suppositions absurdes. Des- biographes ont raconté que Diane de Châteaumorand était issue d'une famille ennemie des d'Urfé; qu'après mainte aventure la réconciliation avait été scellée enfin par l'union de Diane et d'Anne ; que cette union avait fait le désespoir d'Honoré (le second des d'Urfé, le futur auteur de l'Astrée), qui lui aussi aimait Diane en secret; qu'il s'était fait chevalier de Malte, avait chanté sa flamme, et qu'enfin il avait épousé sa belle-sœur. Le dernier fait seul est vrai. La haine des deux familles est un fait de pure fantaisie. Diane avait treize ans quand Anne l'épousa, sans avoir eu par conséquent le temps de soupirer bien longuement. Quant à Honoré, dont ce mariage aurait fait le désespoir, il avait alors neuf ans. Mais, en réalité, son propre mariage avec la belle Diane, trente ans plus tard, fut pour lui une source de chagrins. L'union était à peine accomplie que la vie commune ne tarda pas à devenir impossible. Diane vivait entourée d'une meute de lévriers ; sa chambre était devenue un véritable ehenil; les chiens s'installaient sans façon sur les tapis et jusque sur le lit de leur maltresse. Après maintes remontrances inutiles, Honoré d'Urfé se sépara de sa femme et alla habiter une terre qu'il possédait dans les enïirons de Nice. Ce fut dans cette retraite qu'il composa le roman pastoral de l'Astrée, dont la première partie, publiée en 1610, obtint un succès extraordinaire. L'auteur mourut avant d'avoir achevé entièrement son œuvre. Peu d'ouvrages ont eu une vogue semblable à l'Astrée, non-seulement parmi les contemporains, mais encore dans 1 âge littéraire suivant. Cette description fausse et maniérée des mœurs pastorales et des plaisirs champêtres, ce tableau du bonheur imaginaire des bergers du Lignon, qui devinrent bientôt aussi célèbres que ceux de l'Arcadie, répondaient sans doute aux besoins d'une génération fatiguée du spectacle des guerres civiles ; d'ailleurs, on était saturé des romans de chevalerie, et les singulières bucoliques de d'Urfé, pleines d'allusions aux personnages et aux événements contemporains, purent passer pour une création originale et hardie. Elle servit pendant longtemps de modèle, et plus tard Pellisson, Segrais, La Fontaine (qui essaya sans succès d'en tirer un opéra), Ch. Perrault lisaient l'Astrée encore avec admiration. Les quatre premières parties seulement sont de d'Urfé; la cinquième a été terminée par son secrétaire Baro. La meilleure édition complète de ce roman est celle de Rouen (16*7). On a encore de lui des Epitres morales (Lyon, 1620, in-12) et des. poèmes intitulés : la ~Sireine (Paris, 1611, in-8«) ; la Sylvanire, fable bocagère, en vers blancs (Paris, 1625, in-8°).
OrW (cuÂtkau d'), ancien et célèbre châ-
URGE
teau de France, situé commune de Chnmpoly (Puy-de-Dôme), sur le sommet d'une montagne, à 927 mètres d'altitude. Construit vers le milieu du xmo siècle, par Wulfe le Vaillant, gendre de Gui l", comte de Forez, . le château d'Urfé fut jusqu'au commencement du xve siècle la principale résidente de la famille du même nom, dont Honoré d'Urfé, auteur du roman do l'Astrée, est le représentant le plus connu. L'auteur a placé plusieurs scènes de son livre sur les bords du Lignon, dans les environs des châteaux d'Urfé et de La Bâtie. La seigneurie d'Urfé passa vers 1724 dans lu maison de La Rochefoucauld. Aujourd'hui, le château appartient à MM. Demeaux de Montbrison. 0 est une véritable forteresse, que défendaient autrefois des douves profondes, des murailles k toute épreuve et de grosses tours dont les deux principales, connues sous le nom populaire de Cornes d'Urfé, dominent tous les environs. De leur sommet la vue s'étend jusqu'aux montagnes du Dauphiné et de la Savoie.
DRGAB ou OURGOUB. vallée de la Turquie d'Asie, dans l'Asie Mineure, pachalik de Bozog, au S.-O. de Kuïsariéh, La plaine, aussi bien que la déclivité des coteaux qui l'entourent, est semée d'innombrables cônes aigus et ponceux ; les plus hauts sont précisément ceux des terrains bas. C'est par l'action érosive des eaux que la géologie expli- . que ces aiguilles si étranges. Un très-grand nombre de ces cônes ont été creusés et utilisés comme sépultures depuis les Cappadociens jusqu'aux habitants modernes de la vallée; les plus curieux de ces caveaux sont grecs ou byzantins.
URGEL, appelée aussi SEO ou SEU D'UR- GEL, en latin Orgeium, Urgela, ville d'Espagne, province et à 98 kilom. N.-K. de Lerida, au centre d'une conque très-fertile formée par le confluent de la Ségre et de la Balira ; 5,000 hab. Evèché, comprenant la république d'Andorre, dont l'évêque partage avec la France la suzeraineté et porte encore aujourd'hui le titre de prince d Andorre. Place de guerre, comprenant une eiladeffe, une bonne enceinte et trois forts détachés. Les rues sont tortueuses et sales, mais les maisons offrent en général une architecture pittoresque. Le principal monument de la ville est la cathédrale, reconstruite éa 819 par Louis le Débonnaire, sur l'emplacement d'une basilique plus ancienne, détruite à. l'époque de la domination mauresque. L'édifice est en assez mauvais état : • Sur la porte de la façade occidentale, dit M. Joanne, on remarque d'intéressantes sculptures romanes, représentant des hommes dévorés par des monstres. L'intérieur est d'une richesse surchargée. Le chœur surtout est somptueusement décoré : on y voit des peintures attribuées à Murillo. Une porte fait communiquer l'église avec le cloître, qu'entourent de longues galeries romanes aux chapiteaux bizarrement sculptés. Citons enfiu une fuiitaine, décorée de ligures et de sculptures moyen âge fort curieuses. On a signalé récemment aux environs d'Urgel la présence de bancs de houille fort importants, mais que le manque de chemins empêche d'exploiter. Les environs d'Urgel, où se trouvent les deux dangereux défilés connus sous les noms de défilé d'Organga et de Paso dos très puenles, sont en effet à peu près impraticables, si ce n'est pour les piétons aventureux.
— Histoire. Le nom de Seu d'Urgel ou simplement Seu (siège), que- les Espagnols donnent le plus souvent à Urgel, inuique l'ancienneté et l'importance du siège épiscopal établi dans cette ville dès le ix« siècle. La Seu d'Urgel fut (irise par les Français et mise au pidage en 1691 ; prise de nouveau par le maréchal de Berwick en 1719, et enfin par le général Dagobert, qui, en 1794, s'en rendit maître au nom de la Republique. Toutefois, le séjour des troupes républicaines k Urgel à cette dernière époque ne fut pas de longue durée ; Dagobert, n'ayant pu parvenir à investir la forteresse, s'en vengea en dévastant la ville, puis il opéra sa retraite sur Puycerda. C'est à Urgel que les royalistes se prononcèrent en 1S22 en faveur de Ferdinand VII. Dans la campagne de 1823, 1,500 libéraux y soutinrent un siège de ciuquante-trois jours contre une division française et les royalistes espagnols. Plus tard, cette ville devint le quartier général des carlistes et ce Tut là que le comte d'Espagne prit le commandement en chef de l'armée de don Carlos, après avoir, au nom de Ferdinand VII, soumis complètement la Catalogue. Dans la guerre civile suscitée par les carlistes en 1872, la Seu d'Urgel servit assez longtemps de base d'opération contre ces derniers. Le 15 août 1874, Francisco Tristany, grâce à la trahison d'un officier de l'armée libérale, parvint à pénétrer dans la citadelle et s'empara de la place, où les carlistes se livrèrent, selon leur coutume, à tous, les excès. Au mois de juillet 1875, une armée libérale, sous les ordres de Martinez Campos, vint faire le siège de la ville, dépendue par Lizarraga, et dans laquelle le fanatique évêque Caixal excitait les carlistes à résister jusqu'à la dernière extrémité. Les batteries des libéraux bombardèrent la citadelle'et le fort de Solsona, qui tomba en leur pouvoir. Toutefois, le siège traîna en Ion-
URIA.
gueur. Martinez Campos, après avoir renoussé, le 23 août, une sortie des assiégés et leur avoir coupé l'eau, les força à capituler le 26 août 1875.
URGENCE s. f. (ur-jan-ae — du lat. urgere, presser). Qualité de ce qui est urgent : II y a urgence. C'est un cas cTurgence. Déclarer /' URGENCE.
, — D'urgence, Sur-le-champ et par nécessité : Délibérer, c'est impossible, quand on est forcé de prendre d'urgence la plus importante et la plus inopinée des résolutions. (Mirab.)
URGENT, ENTE adj. (ur-jan, an-te — lat. urgens, participe présent du verbe urgere, presser, qu'Eichhoff rappone à la racine sanscrite urg, mouvoir, agiter, d'où aussi, selon lui, le grec ergon, œuvre, ergazomai, agir, le gothique toaurkjan, agir, faire, allemand wurken, anglais to work, même sens; mais les termes grecs et gothiques se rattachent plutôt à la racine zend verez, qui signifie proprement agir, faire). Pressant, qui ne peut se différer : // est urgent que vous veniez. J'ai un besoin urgent d'être payé. Il n'y a nul inconvénient à voir le périt toujours URGENT. (Dider.)
— Syn. Urgent, Imminent, instant, etc.