V. SCËNliS DE LA VIE DE PROVINCE
URSULINE s. f. (ur-su-li-ne). Religieuse de l'ordre de Sainte-Ursule, fondé en 1537.
— Eucycl. L'ordre des ursulines fut établi en 1537 par Angèle de Brescia et placé sous l'invocation de sainte Ursule. Il se composa de filles ou de veuves, d'abord libres de tous vœux et consacrées à l'éducation gratuite des jeunes filles. Paul III approuva cette institution l'an 1544, sous le "nom de compagnie de Sainte-Ursule. En 1572, Grégoire XIII l'érigea en ordre religieux, sous la règle de saint Augustin, à la sollicitation de saint Charles Borromée, et obligea ces tilles à la clôture. Quelques-unes de ces communautés cependant ne voulurent point changer de régime et conservèrent l'état dans lequel elles avaient été instituées par Angèle de Brescia.
La première communauté 3'ursutines françaises fut établie a l'Isle (Vaucluse). En 1614, Madeleine L'Huillier, comtesse de Sainte- Beuve, en fit venir quelques-unes à Paris afin d'y propager l'institut. Paul V approuva leur règle eu 1612 et l'ordre se multiplia rapidement dans tout le royaume. Avant la Révolution, il comptait quatorze couvents dans Paris et près de trois cents dans le reste de la France. Les principaux étaient ceux d'Arles, de Bordeaux, de Dijon, de Poligny, de Lyon, de Toulouse et de Tulle. La maison mère de Paris était installée dans le faubourg Saint- Jacques, dans des bâtiments considérables, construits aux frais de la comtesse de Sainte-Beuve et de MUe Acarie, parente du chevalier de Cailly, le poète j;entilhomine de la cour de Louis XIII.
Le costume et les statuts souffraient quelques variétés d'une maison à l'autre. Dans celle de Paris, on ne donnait l'habit religieux
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qu'à quinze ans et on n'admettait aux vœux qu'après deux ans de noviciat.
Depuis son rétablissement, la congrégation des ursulines a repris un peu d'extension, mais sans recouvrer son ancienne prospérité.
URTICAIRE s. f. (ur-ti-kè-re — du lat.
urtica, ortie). Pathol. Maladie éruptive, caractérisée par de petites pustules semblables à celles que produisent les piqûres d'ortie.
— Eucycl. L'urticaire est une affection exanthémateuse non contagieuse, caractérisée par des plaques saillantes irrégulières, rouges, ou blanchâtres, très-fugaces et accompagnées d'un prurit incommode. C'est une des maladies de la peau les plus communes. Elle tire son nom de sa ressemblance avec l'éruption que produit sur la peau la contact des orties.
Les causes de l'urticaire sont extrêmement variées; elles sont directes ou indirectes. Parmi les premières, on place le contact des feuilles d'ortie, des chenilles processionnaires, des orties de mer (actinées et méduses); Certaines frictions, les bains sulfureux, etc. Parmi les secondes, on trouve l'ingestion des crabes, des moules, du homard, de la langouste, des crevettes, des huîtres, des œufs de poisson, des viandes fumées, du porc, des amandes, des fraises, des champignons, des concombres, etc;; l'administration de certains médicaments, tels que la valériane, la jusquiame, le baume de copahu. Enfin, {'urticaire se montre encore dans certaines maladies fébriles, comme le rhumatisme, la pneumonie, la pleurésie, la variole, la rougeole, et, dans certains cas, sans cause appréciable.
Le début de l'urticaire est marqué par du frisson, de la fatigue, du malaise, de l'oppression, des crampes et une légère agitation. Lorsque la maladie est due à l'ingestion de substances indigestes, elle se manifeste par des nausées, des vomissements et des évacuations alvines très-abondantes. Enfin, dans les cas d'urticaire fébrile, le début est accompagné de frissons, de douleurs, de contusions dans les membres, de vomissements et de diarrhée, parfois même de syncopes et d'accès de suffocation. Trousseau signale de la toux et de la dyspnée, symptômes qu'il rattache au développement sur la muqueuse bronchique d'une éruption analogue à celle qui existe à la peau. Dès le deuxième jour, on voit paraître sur la face, sur les membres, sur tout le corps, des élevures saillantes, arrondies, généralement plus pâles que le reste de la peau, excepté dans les parties exposées à l'air, où l'élevure centrale est souvent plus rouge, entourée d'une auréole enflammée et s'accompagnant de chaleur et de démangeaison. Les plaques sont quelquefois très-larges, blanches, dures, bosselées, extrêmement douloureuses. L'éruption est ordinairement passagère, mais elle reparaît avec une grande facilité; il suffit d'irriter les points où elles n'existent pas pour déterminer l'apparition des plaques ortiées. Bientôt les élevures s'aplatissent et se transforment en taches rouges semblables à ues morsures de punaise, qui sont le siège d'une démangeaison et qui disparaissent au bout de cinq ou six jours. A cette période de la maladie surviennent quelquefois des douleurs articulaires semblables à celles qu'on observe dans la scarlatine (Tardieu), Willau a admis six variétés d'urticaire, qu'on réduit généralement à trois : 1° l'urticaire fébrite, qui accompagne fréquemment les maladies fébriles ou qui se "montre avec les caractères d'une lièvre intermittente; 2° l'urticaire fugace, qui disparaît au bout de quelques heures pour se reproduire à des intervalles plus ou moins rapprochés; 3° l'urticaire tubéreuse, caractérisée par des saillies dures, profondes, très-douloureuses, qui gênent les mouvements des membres et persistent plusieurs mois. Cette dernière forme pourrait constituer l'urticaire chronique, taudis^ que les autres variétés formeraient l'urticaire aiguè.
— Traitement. Dans les cas d'agitation et de fièvre intense, la saignée générale est d'une grande utilité. L'urticaire résultant des causes directes disparaît d'elle-même ou à l'aide de quelques bains et de boissons acidulées. Lorsque l'affection est produite par l'ingestion de substances indigestes , on a recours aux vomitifs et aux purgatifs ; enfin, dans les cas où l'urticaire prend la forme intermittente, on la combat avantageusement par le sulfate de quinine.
URTICANT, ANTE adj. (ur-ti-kan , an-te — du lat. urtica, ortie). Hist. nat. Se dit des animaux, des végétaux ou de leurs organes, lorsqu'ils produisent une piqûre analogue à celle de 1 ortie.
URTICATION s. f. (ur-ti-ka-s"i-on — du lat. urtica, ortie). Piqûre accompagnée d'une sensation de brûlure, que produisent sur la peau les poils de l'ortie et en général les corps dits urticants.
— Méd. Flagellation que l'on pratique avec des orties fraîches pour produire sur la peau une éruption papuleuse et une vive excitation révulsive.
— Eneycl. Méd. Les deux espèces d'ortie que nous possédons dans nos pays, la grande ortie («Wica dioïca) et l'ortie grièche {urtica ■
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urens), sont aptes à J'ur/icaiion. On préfère généralement la dernière, parce qu'elle est plus commune et qu'elle a des aiguillons plus forts et plus nombreux. Elle doit toujours être employée à l'état frais sous peine de demeurer sans effet. M. 31atin a encore proposé de produire i'urticalion a l'aide d une pommade composée d'axonge dans laquelle on incorpore, par- simple mélange sans trituration, les soies épineuses 'du dolichos pruriens de Linné, à dose de 0,50 pour 30 grammes. Son action est immédiate et elle produit une éruption de papules blanches et plates avec sensation d'ardeur et de prurit tout à fait analogue à celle que causent les orties. Pour produire Vurtication, on a enfin employé certaines chenilles, dont les poils agissent mécaniquement en pénétrant dans les tissus et chimiquement en y déversant le liquide irritant contenu dans leur cavité. Telles sont les processionnaires (phalœna processionea de Linné , le bombyx pityocampa, les phalxna guercus L,, le lipuris aurijlua d'Oehsen et la lithosia caniola de Fabricius). Les médecins n'ont plus recours à ces agents.
L'urtication constitue un moyen thérapeutique peu commode et souvent inapplicable. Elle est excessivement douloureuse, et les résultats qu'on en obtient sont souvent loin d'en compenser les inconvénients. Pour la pratiquer, on prend avec la main couverte d'un gant épais une poignée d'orties, et on en frappe la partie qu'on désire irriter jusqu'à ce qu'elle rougisse fortement. Il est quelquefois utile de réitérer cette flagellation, mais il est rare qu'elle excite aussi vivement la peau la seconde fois que la première. Si on a poussé la flagellation un peu trop loin, le meilleur moyen de calmer la douleur consiste a faire sur le siège du mal des lotions huileuses. Des lavages à l'eau no feraient qu'augmenter fa cuisson. L'urtication a été employée dès la plus haute antiquité comme un excitant local et un révulsif puissant. Celse, Arétée et Galien la conseillaient dans les congestions cérébrales, dans les paralysies et dans les cas de coma. On en a fait aussi usage (ainsi que le démontre un passage du Satyricon de Pétrone) pour réveiller les désirs vénériens languissants. Les frictions s'adressaient alors à la région lombaire. Pratiquées sur les cuisses et suites jambes, elles peuvent servir à rappeler les règles. Elles sont aussi utiles pour rappeler les éruptions rubéolique, varioleuse et scarlatineuse dans les cas de répercussion. On ne doit jamais y avoir recours qu'avec les plus grands ménagements, car il pourrait en résulter une trop vive inflammation.
DRTICÉ, ÉE adj. (ur-ti-sé — du lat. urtica, ortie). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte à l'ortie. Il On dit aussi URticacb.
— s. f. pi. Famille de plantes dicotylédones, ayant pour type le genre ortie : Les UR- TicÉES se rencontrent dans les régions tropicales et subtropicales de tout le globe. (F. Hœfer.)
— Eneycl. La famille des urticées, envisagée dans son acception la plus large, présente les caractères suivants : calice de trois à cinq sépales, à prélloraison imbriquée ou valvaire : étamines en nombre égal à celui des sépales et opposées à ceux-ci; pistil composé d'un ou deux carpelles à une seule loge uniovulée, surmontés d'un stigmate simple; embryon droit ou courbé, sans albumen ou entouré d'un albumen charnu. Celte famille, ainsi caractérisée par les anciens botanistes, et dont A. Brongniart a fait sa classe des urticinées, renfermait des genres assez disparates et se divisait naturellement en sections assez nombreuses, qui sont devenues aujourd'hui autant de familles distinctes, sous les noms d'artocarpées , cannabineet , celtidées ou ulmacêes, murées, pipéracées , platanées (v. ces mots) et, enfin, urticées proprement dites, dont il nous reste à parler.
La famille des urticées, ainsi délimitée, comprend des arbres, des arbrisseaux et surtout des plantes herbacées, à feuilles alternes ou opposées, simples, pétiolées, entières ou dentées, munies de stipules le plus souvent persistantes, plus rarement caduques, quelquefois nulles. Les fleurs, réunies en grappes ou en épis, nues ou braetéolées, souvent entourées d'un involucre commun, quelquefois groupées sur un réceptacle charnu, sont polygames, monoïques ou dioïques, fréquemment incomplètes par l'avoitement de l'ovaire. Elles présentent un calice à quatre ou cinq sépales, libres ou soudés en tube à la base. Les mâles ont des sépales concaves, égaux, quelquefois remplacés par une simple écaille- latérale; des étamines en nombre égal et opposées aux sépales, à filets infléchis et se redressant avec élasticité au moment de l'anthèse; un ovaire rudimentaire. Les- femelles ont des sépales ordinairement inégaux, souvent soudés en un tube ventru; un ovaire libre, sessile, à une seule loge uniovulée, surmonté d'un Style simple, terminé par un stigmate en tête ou pénicillé. Le fruit, sec ou membraneux, plus rarement charnu et bacciforme, renferme une graine a embryon entouré d'un albumen charnu.
Cette famille, dont les affinités sont naturellement indiquées avec celles que nous avons nommées plus haut, renferme les genres ortie, boehmérie, élatostemine, malaisie,
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schychr/wskye , pellionie, pilée, pariétaire, soleirolie, forseolée, etc. Les urticées sont répandues dans toutes les régions chaudes ou tempérées du globe; rares dans les localités montagneuses ou boisées, elles semblent affectionner le voisinage des habitations de l'homme. Leurs sucs sont aqueux, rarement lactescents. Elles sont généralement couvertes de poils, souvent ur.ticanls. Quelques espèces sont employées dans la matière médicale ou recherchées pour leurs fibres textiles.
URTICIFOUÉ, ÉB adj. (ur-ti-si-fo-li-é — du lat. urtica, ortie ; folium, feuille). Bot. Dont les feuilles ressemblent k celles de l'ortie,
URTICIN s,- m. (ur-ti-sain — du lat. urtica, ortie). Ghim. Matière colorante rouge des sommités de l'ortie.
URTICINÉ, ÉE adj. (ur-ti-si-né — du lat. urtica, ortie). Bot. Qui ressemble à une ortie.
— s. f. pi. Classe de plantes dicotylédones, comprenant les urticées et quelques familles voisines.
URTIQUBR v. a. ou tr. (ur-ti-ké — du lat. urtica, ortie). Flageller avec des orties; piquer avec des orties.
URTUBIE (Théodore-Bernard-Simon, chevalier d'), général français, né à La Fère, mort en 1807. Après avoir commandé, pendant la Révolution, l'artillerie de la 17«. division militaire, il prit sa retraite en 1797 et devint l'un des administrateurs de la caisse d'amortissement. On a de lui : Petit manuel de l'artillerie (Bastia, 1785, in-lS), le premier ouvrage élémentaire qui ait paru en France sur la manœuvre du canon.
URUBITINGA s. m. (u-ru-bi-tain-ga). Ornith. Syn. de morphnus.
URUBU s. m. (u-ru-bu — mot brésilien).
Ornith. Nom vulgaire d'une espèc8 de vautour d'Amérique : i'uauBU est presque aussi gros que le dindon femelle, (V. de Bomare.) Les urubus sont des oiseaux très-hideux. (V. de Bomare.) Quand I'urvbv, sa journée faite, se replace sur son cocotier, les minarets de l'Asie blanchissent aux rayons de l'aurore. (Miehelet.)
— Encycl. L'urubu, appelé aussi, suivant les pays, aura, ouroua, tropillot, marchand, aigle du Cap, etc., est à peu près de la taille du dindon; sa peau est variée de teintes bleuâtres, rousses, blanchâtres, noirâtres sur la tête et le dessus du cou, avec quelques poils noirs; son plumage est noir, à reflets pourprés, ou d'un vert sombre; il a le bec blanchâtre, l'iris tirant sur le rouge, les paupières jaunâtres, les jambes et les pieds d'une couleur carnée, avec les ongles noirs.
L'urubu, qui forme l'espèce la pins nombreuse de l'ordre des rapaces, habite toute l'Amérique méridionale ; il est surtout répandu au Mexique, à la Colombie, à la Louisiane, à la Guyane et au Pérou. Il fréquente peu les déserts et les grandes forêts, mais on le rencontre partout en grandes troupes dans les campagnes habitées. Commensal intéressé de l'homme, de même que les caracaras, il suit les migrations des indigènes, s'arrête quand ils s'arrêtent et se remet en marche avec eux.
Du reste, il sait se faire pardonner cette familiarité souvent incommode par les services signalés qu'il rend dans les villes et les villages. On dit qu'au Pérou il s'abat chaque matin dans les rues, au lever du soleil et avant que le peuple sorte des maisons , pour se repaître des immondices, qu'il fait ainsi disparaître entièrement. Dans la campagne, quand les chasseurs ont enlevé la peau d'un animal et abandonnent son cadavre, Yurubu vient manger ces chairs corrompues. C'est ainsi qu'il débarrasse les lieux habités ou fréquentés des restes d'animaux morts, dont là putréfaction finirait par infecter l'air.
L'urubu passe la nuit sur les branches inférieures des arbres ou sur les rochers, les falaises, les toits des maisons; le soir, il revient toujours au même gîte ; il se couche tard, se lève avant l'aurore et se met aussitôt en quête de son déjeuner; s'il n'a pas à sa disposition une proie déjà entamée, il en cherche une nouvelle en explorant la campagne du haut des airs. Lorsqu'il a découvert un cadavre, il se met en devoir de le dépecer; mais il n'est pas longtemps seul; bientôt arrivent des milliers de convives qui se disputent avec acharnement le butin commun ; les rixes, les expulsions se renouvellent sans cesse, accompagnées d'un rauque croassement, la seule voix que fasse entendre cet oiseau. Pendant que les plus forts occupent la place, les plus faibles se promè- ' nent à distance, attendant leur tour; alors les premiers repus, perchés sur uu rocher voisiD, opèrent leur digestion, qui va bientôt les rendre capables d'engloutir une nouvelle pâture. Souvent le sarcorampe pape apparaît au milieu d'eux et met lin à toute rivalité ; les urubus cèdent la place au roi des vautours, qui, lui-même, se retire devant le condor. Cet esprit de subordination, auquel les peuples de l'Amérique ont assigné une cause morale, est tout simplement fondé sur les qualités offensives du bec de chacune des trois espèces.
L'urubu peut supporter de très-longs jeft-
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nés ; mais, dès qu'il trouve i'oucasion d'y mettre un terme, il se dédommage de ses privations sans mesure et sans discernement, disputant aux chiens les boyaux de bœuf que l'on a jetés sur la voie publique et se nourrissant même des excréments humains. Quand il marche, son allure est grave et lente; il allonge les jambes ; mais, s'il est pressé d'arriver ou de fuir, il saute des deux pieds à la fois. Son vol est ordinairement bas; il plane rarement et meut bruyamment ses ailes. 11 ne fait pas de nid et dépose ses deux œufs dans le trou d'un rocher.
URUCU s. m. (u-ru-ku). Bot. Nom brésilien du roucouyer.
URUCURI-IBA s. m. (u-ru-ku-ru-i-ba).
Bot. Nom que porte au Brésil le cocotier couronné.
URUGUAY, fleuve de l'Amérique du Sud, entre la confédération Argentine et le Brésil, où il prend sa source. Après un cours d'environ 1,400 kilom., il se joint au Parana, à Corrientes , où il forme l'estuaire de la Plata. Il est navigable, jusqu'à 480 kilom. de l'Océan, pour les navires d'un fort tonnage, et jusqu'à 880 kilom. pour le cabotage. Les principaux affluents de l'Uruguay sont : le rio Negro, le rio Cuareim, l'Ibieuy et l'Yguy. L Uruguay est sujet à de fréquentes et remarquables fluctuations. Dans certaines saisons, il peut rivaliser avec le Parana. et à d'autres moments il devient comparativement insignifiant. Dans le haut Uruguay se trouve la cataracte appelée Salto-Grande, laquelle est située par 27» 8' 18" de latit., à quelques centaines de mètres au-dessous du point où le fleuve commence à séparer le Rio-Grande-do-Sul (Brésil) de la province argentine de Corrientes. Au-dessus de la chute, l'Uruguay a 660 mètres de largeur; un rocher de 2,700 mètres partage le courant en deux bras ; presque toute l'eau passe dans le chenal brésilien, lit profond qui, à un moment donné, n'a pas même 40 mètres de largeur. La chute totale de l'Uruguay est da il à 18 mètres pour une longueur de 2,700 mètres. Les roches qui enserrent le fleuve, celles qui entourent ses deux bras, celles sur lesquelles il glisse, sont dos roches basaltiques.
URUGUAY (kbpubliqub db l'), Etat de l'Amérique du Sud, par 30° et 35° de latit. S., 550 et 61» de longit. O., borné k 10. par le fleuve Uruguay, qui le sépare de la province argentine d'Entre-Rios; au S., par le ^rio de la Plata; à l'E., par l'océan Atlantique, l'arroyo (petite rivière) de Chuy et la laguna (lac) de Merim; enfin, au N., par le Brésil, dont il est séparé, aux termes du traité intervenu entre les deux gouvernements le 12 octobre 1851 et des articles additionnels du 15 mai 1852, par le rio Jaguaron, k partir de son embouchure dans le lac Merim, puis par une ligne imaginaire qui va rejoindre le rio Cuareim, et enfin par cette rivière jusqu'à son confluent avec l'Uruguay ; superficie, 180,865 kilom. carrés; pop. en 1873, 450,000 hab. Capitale, Montevideo.
— Aspect général. La position géographique du territoire est une des plus favorables qui puissent se rencontrer, la majeure partie de ses frontières étant formée par la mer et par des cours d'eau abordables pour les vaisseaux marchands du plus fort tonnage. De . plus, ce territoire présente, sur les bords du large estuaire de la 1-Mata, d'excellentes étalions maritimes, telles que Montevideo, le meilleur port du bassin de la Plata, rendezvous des escadres étrangères dans ces parafes, et Maldonado, dont la rade, située à l'embouchure du même fleuve, est en état d'abriter une grande flotte de guerre, et qui pourrait k cj titre, le cas échéant, offrir une véritable importance militaire. Le rio Uruguay est navigable, pour les navires de long cours, jusi|uaux cataractes de Salto- Chico. La configuration superficielle de la république de l'Uruguay offre une heureuse variété dans ses reliefs; ce n'est plus la monotonie fatigante des plaines et des pampas des provinces voisines appartenant à la république Argentine. Le sol de l'Uruguay forme un plateau en terrasses, légèrement ondulé, bans que les inégalités dépassent une moyenne assez faible; il est traversé dans diverses directions par des chaînes de montagnes peu élevées, étroites et rocheuses, qui se distinguent par leurs crêtes à formes tranchantes, et qui, pour cette raison, sont appelées dans le pays cuchillas , c'est-à-dire couperets. La chaîue principale, la Cuchiila- Grunde, entre dans le pays par le nord et, au moyen des rameaux qu'elle projette au sud, elle partage tout le territoire en deux bassins , celui du versant occidental et celui du versant oriental; le premier de ces bassins est près de quatre fois plus étendu que le second.,
La Cuchilla-Grande, qui forme le véritable prolongement austral du système de la sierra Gérai du Brésil, ne s'élève nulle part, sur le territoire de l'Uruguay , k plus de 700 mètres au-dessus du niveau de ia mer. Pille est remarquable par la multitude de rivières qui y prennent leur source. Des cours d'eau assez nombreux descendent aussi des autres montagnes; de sorte qu'en général le sol de la république est dans les conditions d'irrigation les plus favorables k la culture. La plupart de ces rivières se déchargent
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dans le rio Uruguay. Le plus grniul des affluents de l'Uruguay, et en même temps la principale rivière de la république, est le rio Negro, qui prend sa source au Brésil , par environ 31° 20f de latit. et 56° 15' de longit., mais en sort bientôt pour entrer dans le territoire de l'Uruguay et le parcourir ver3 le S.-O., parallèlement à la Cuchilla-Grande. Le rio Cebollate , la rivière la plus importante après le rio Negro, tire sa source des hauteurs rocheuses nommées Azperazas , au centre du département tle Minas, et se décharge dans la laguna Merim, par 33° 9' de latit. et 56° l' de longit,, après avoir recueilli presque toutes les eaux du versant oriemal du territoire. Il offre les meilleurs, ports sur le grand lac Meriin, qui ouvre des communications importantes avec la province brésilienne de Rio-Grande-do-Sul. Lu troisième des rivières de la république est lerioSanta- Lucia, qui déverse ses eaux dans l'estuaire du rio de la Plata. Le territoire de l'Uruguay n'envoie directement à l'océan Atlantique aucun cours d'eau qui mérite d'être signalé.
— Climat. Le climat est agréable et tempéré dans l'Uruguay, et sa salubrité ne laisse rien à désirer. C'est un climat marin; l'écart entre les diverses saisons, qui suivent, d'ailleurs, un ordre tout opposé à celui qui règne en Europe, n'est pas considérable, puisque la moyenne est de 1S°,8 pour le printemps , de 21»,8 pour l'été, de 14°,6 pour l'automne et de 11°,S pour l'hiver. A proprement parler,, l'hiver est tellement doux dans ces latitudes, qu'en réalité l'année s'y divise seulement en deux saisons : la saison chaude, qui comprend les sept mois d'octobre k juin, et la saison fraîche, qui dure de juin k septembre. C'est dans cette dernière série que viennent les gelées, qui, le plus souvent, n'ont lieu que par rayonnement. Le mois le plus froid, celui de juillet, répond, pour la température et les phénomènes météorologiques, au mois d'avril sous le climat de Paris, et c'est seulement dans quelques nuits très-claires et très-calmes des mois de juillet et d'août que le thermomètre descend à zéro. La neige est inconnue à Montevideo. Par contre, il y a de brusques changements de température, durant la même journée. Ces changements sont la conséquence naturelle des orages assez fréquents et des vents du S. et du S.-O. Dans l'intérieur du pays, les saisons sont plus tranchées ; il y fait plus chaud l'été, plus froid l'hiver. Déjà, dans la campagne, à une certaine distance de Montevideo, les chaleurs de l'été sont très-fortes et le thermomètre y dépasse très-souvent 30° et même 35°, tandis qu'en hiver il y descend plusieurs fois jusqu'à 2° et 3°. Mais ce qu'il y a de plus remarquable, c'est la grande différence qui existe entre la température au lever du soleil et celle de deux heures de l'après-midi. A Montevideo, cette différence est déjà, en moyenne, de 6°;' mais elle atteint quelquefois 15° et même 18°, et elle est bien plus tranchée dans l'intérieur, où la variation oscille très-souvent entre 15° et 20° et donne une moyenne de 9°. En général, le climat est sec et venteux.
— Flore, faune, productions minérales. Les conditions météorologiques, dans l'Uruguay, sont plus favorables à la végétation arborescente que dans les provinces argentines contiguës. Il est vrai que les grandes forêts vierges d'arbres de haute futaie manquent aussi bien dans l'Uruguay que dans la république Argentine; mais les vallées et les rives des cours d'eau sont ordinairement couvertes d'arbustes et d'arbres de dimension moyenne qui donnent, pour la plupart, mi bois très-dur et susceptible d'emplois fort utiles. C'est ain-si que, sur les bords rie l'Uruguay, se trouvent un nombre intini de bocages de palmiers yataïs {cocos yatai), arbre précieux par ses fruits, ses feuilles et sun bourgeon terminal, qui donne le chou palmiste. Sur le versant oriental du territoire, où l'air est plus humide, on trouve çà et là, dans les plaines, des forêts d'un caractère presque tropical. Quant à l'agriculture et en particulier à la culture des céréales (le froment, etc.), le climat s'y prête très-bien en général. Les plaines offrent un sol sabloargileux qui appartient à la formation pampéeime d'Alcide d'Orbigny, et qui est d'une fécondité naturelle extrême. Les herbes potagères et les arbres fruitiers d'Europe croissent presque partout; mais la culture en est encore fort restreinte, k l'except.on du pêcher et de l'oranger,, qui sont cultivés sur tous les points du territoire. Les essais que l'on a faits pour l'acclimatation de la vigne ont donné les résultats les plus satisfaisants. Outre les fruits de provenance européenne, un grand nombre de ceux qui appartiennent k la zone tropicale croissent k souhait dans les localités qui ne sont pas exposées au vent, surtout dans la partie N.-E.
Parmi les végétaux utiles, nous citerons : le blé, le maïs, l'orge, le cacao, la canne k sucre, le cotonnier, l'olivier, l'indigotier, le bananier, le palmier, etc.
L'Uruguaj-, comme la république Argentine et le Brésil, possède beaucoup de bêtes à cornes et de chevaux. On y trouve des daims, des renards, des tapirs et, dans les parties montagneuses, quelques jaguars. L'ornithologie y est représentée par de nombreuses variétés au brillant plumage. On y
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renrontre aussi diverses variétés de serpents.
L'Uruguay a été doté par la nature de richesses minéralogiques, k la formation desquelles se prête parfaitement sa constitution géologique. On y trouve en abondance de» mines de plomb argentifère, de cuivre, d'antimoine, d'argent et d'or; ces dernières se présentent surtout dans les départements qui confinent le Brésil; l'on y rencontre des quartz aurifères qui donnent des pépites d'un volume remarquable. Les cours d'eau qui descendent de la Cuchilla-Grande charrient tous de l'or en poudre, qui donne lieu k des lavages très-rémunérateurs. Jusqu'ici, le manque de bras et les avantages offerts par l'élève du bétail k cornes ou a laine ont fait négliger l'exploitation des raines, qui constituent la richesse de l'avenir. Le pays offre de puissantes couches de cahaire k divers états de combinaison, sulfates et carbonates. Parmi ces derniers, il existe une grande variété de très-beaux marbres, tels que le marbre blanc statuaire et les marbres de couleur, entre autres le jaune antique, qui commence k devenir rare en Europe. Les agates sont très-belles et très-abondantes; on les expédie en Europe par quantités importantes.
— Organisation politique. D'après la constitution du 10 septembre 1829, l'Etat de l'Uruguay forme une république constitutionnelle, dont le gouvernement comprend : 1° un pouvoir exécutif exercé par un président élu pour quatre ans par les deux Chambres, et qui ne peut être réélu qu'après une nouvelle période de quatre aimées passées hors de charge ; il est assisté de quatre ministres : intérieur (ministerio de gobierno), qui réunit les affaires intérieures, l'instruction publique et lu justice ; extérieur (mini' sterio de relaciones exleriores) ; finances (iministerio de hacienda) ; guerre et marine ; le vice-président de la République est toujours président du sénat; 2° un pouvoir législatif exercé par deux Chambres, le Sénat, comprenant treize membres, et la Chambre des représentants, comprenant trente-neuf membres. Les sénateurs sont élus pour sx ans ; ils doivent être âgés de trente ans et posséder une propriété de 45,000 francs. Les députés sont élus pour irois ans; ils doivent être âgés de vingt-cinq ans et posséder une propriété de 18,000 francs. Les sessions annuelles commencent le 15 fevtier et durent jusqu'en juin. Dans l'intervalle des sessions, une commission permanente, composée do deux sénateurs et de cinq représentants, est chargée de surveiller la marche de l'administration.
La république est divisée adtuinistrativement en treize départements : Salto, Paysandu, Soriano, Colonia, San-Jose, Montevideo, Canelores, Maldonado, Cerro-Largo, Tacuarembo, Florida, Minas, Durazno. A la tête de chacun de ces départements se trouve un chef politique ou gouverneur, choisi parmi les citoyens qui possèdent plus de 18,000 francs de propriétés, et assisté d'un conseil ou junte, qui doit statuer sur les grands travaux d'utilité, la construction d'édifices publics, etc.
— Organisation judiciaire. Le pouvoir judiciaire, exercé par des juges spéciaux, présente les trois degrés de juridiction qui correspondent aux tribunaux franc as de première instance, d'appel et de cassation. Le tribunal suprême de la justice, nommé par les Chambres et formée de cinq membres, fonctionne comme cour de cassation et nomme une partie des juges des juridictions inférieures. Les causes criminel.es sont soumises uu jury. C'est également au jury que sont déférés les délits de presse. L'inextricable dédale des anciennes lois et ordonnances d'Espagne, qui ne sont plus en harmonie avec les besoins des sociétés modernes et dont l'application éternisait les procès, était encore en usage, il y a peu d'années, dans la republique de l'Uruguay. Mais un décret du 20 mais 1866 a chargé la commission déjà instituée pour reviser le code de commerce d'un travail analogue pour les lois civiles, criminelles et de procédure. Le code civil, dont les dispositions sont en majeure partie empruntées aux législations européennes, a été achevé et publié dans les premiers jours de 1868.
— Cultes. Comme dans tous les Etats de l'Amérique espagnole, la religion catholique est la. religion de l'Etat, mais tous les cultes jouissent de la plus grande tolérance et sont également protégés par la loi et parles coutumes publiques.
— Instruction publique. L'enseignement supérieur est donné par l'université de Montevideo; des établissements d'instruction secondaire desservent les centres de population des départements. L'instruction primaire, livr.ie aux mains du clergé, est dans un état pitoyable. A Montevideo, on compte 58 écoles publiques gratuites et 54 écoles particulières ; dans les départements, 74 écoles publiques et 54 particulières. Les étrangers font élever leurs enfants dans des institutions spéciales où l'enseignement est asses varié.
— Armée, marine. L'armée permanente se recrute au moyeu de volontaires qui reçoivent une prime d'engagement; son effectif
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est d'environ 3,000 hommes, qui sont répartis entre un bataillon de chasseurs, un bataillon de garde départementale, une compagnie d'artillerie et nn escadron de cavalerie ( escolta del présidente ). La garde nationale se compost; d'environ 20,000 hommes. A part quelques petits bâtiments armés pour le service de la douane, l'Uruguay n'a pus de marine de guerre.
— Finances, impoli, dette publique. Le revenu total de la république est annuellement d'environ 10 on il millions de piastres fortes, soit 50 ou 55 millions de francs. La source principale des receties de l'Etat consiste dans les impôts indirects et les douanes. C'est la ville de Montevideo qtii-prend la plus grande part à l'alimentation du Trésor, soit en raison de sa population, soit en raison du mouvement d'affaires qui s'y concentre. La dette publique, en 1860, montait à 20 millions de piastres environ, sans comprendre la dette de 50.000 livres sterling régiée avec la Grande-Bretagne. Le 1er janvier 1873, la dette s'élevait à 41,481,235 piastres (soit 207,405,955 francs), non compris la dette anglaise ; l'Etat paye un intérêt de 5 à 6 pour 100, qui est exactement payé depuis
— Crédit, banques. On compte plusieurs banques à Montevideo : la banque Mana et Cie, instituée en 1867 avec un capital effectif de 200,000 piastres fortes, et chargée de toutes les opérations financières du gouvernement; la Banque commerciale, nu capital réali.-é de 500,000 piastres fortes; la succursale de la London, Buenos- Ayres and Itin de la Plata Bank, fondée au capital entièrement versé de l million de piastres fortes , érigée en 1865; la banque Nevia et C>c, au capital réalisé de 2 millions de piastres. Ces banques donnent quelquefois 12 pour 100 d'intérêt sur les dépôts et prêtent à 18 pour 100. La piastre nationale équivaut k 5 fr. 50. Les bilans réunis des grandes banques présentent un mouvement de 365 millions d'affaires opérées par leur intermédiaire.
— Monnaies, poids et mesures. La républi- ■ que de l'Uruguay n'a pas encore de monnaie particulière. Les espèces d'or et d'argent qui circulent sont celles d'Espagne (anciennes), celles des autres républiques hispano-américaines et celles du Brésil. La piastre fuite, monnaie nationale, nommée doublon, vaut 5 fr. 34; elle se divise en 10 réaux, lesquels se subdivisent en 100 reis. La piastre ancienne ou patacon équivaut à 4 fr. 44. L'airobn , mesure de poids, équivaut k 25 livres. Lu vara, mesure de longueur, est de 0™,8G; le pied aujourd'hui en usage est le pied anglais de o»1 ,278; la cuadra, mesure de superficie, vaut 80 mètres. Lmuerta dec/taaa, lot de terrain pour l'agriculture, vaut 16 cuadras carrés de 100 varas de côté, et la suerlu d'estanciii, lot d'î terrain pour l'élève du bétail, est de 3/4 de lieue de front sur une lieue et demie do profondeur, soii 3,010 hectares. Au surplus, l'usage de ces poids et de ces mesures disparaîtra bientôt de l'Uruguay, ear une loi de 1864 a proclamé l'adoption du système décimal, etdéj . la douane et toutes les administrations publiques l'ont mis en vigueur. Les monnaies ne tarderont pas à subir la même réfoime.
— Population, races. La population de l'Uruguay a pris, depuis quelques années, un rapide développement.' En 1852, on y comptai 131,039 llab.; eti 1860, 241,000 hab.; en 186.1, 346,000 hab.; en 1873, 450,000 hab. Les départements situés au sud, sur la Plata et l'Océan, ont une population plus de cinq fois plus dense que ceux qui touchent au Brésil, et, quant au département le plus peuplé, celui de Montevideo, qui est en même temps, et de beaucoup, le moins étendu, sa population est cent cinquante-huit fois plus considérable que celle du département de Taeuarembo, qui a la population la plus ciaii -semée. La capitale de la république entie pour une forte part dans le chiffre de la population totale. A part cette exception , la population rurale est beaucoup plus nombreuse que la population urbaine. On ne compte en effet, en d'hors de Montevideo, que quatre centres d'agglomération méritant le nom do grande ville, a savoir: Mercedes, Coloiiia, Sun-Juse et Maldonado. Ou compte encore beaucoup de bourgs (villas) qui, pour la plupart, n'offrent pas. môme l'aspect et l'importance de beaucoup de villages européens. Enfin, il s'y rencontra de petits centres de popU4atiou (puebtos), la majeure partie des habitants étant dispersée dans les terres et les fermes de toute grandeur (e$tuncias,huciendas,chacaras, etc.), qui se trouvent eu général dans l'isolement le plus complet.
La population se compose, comme partout dans 1 Amérique du Sud, de blancs, d'Indiens, de nègres, et enfin de métis provenant de la fusion de ces races. Les indigènes désignés dans le pays sous le nom ti'Orimitutes comprennent : l» les blancs établis depuis longtemps dans le pays, notamment les descendants des Espagnols, race belle et vigoureuse; 2° les meus de blancs et d'Indiens; ces derniers appartiennent ordinairement aux classes inférieures. Quant aux Indiens pur sang, il n'en existe presque plus. Parmi les étrangers les plus nombreux, sans s'occuper des départements de Maldonado et de Paysandu, sont les brésiliens, les Argentins, qui forment une popu-
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lation flottante, les Espagnols, les Italiens, les Français et les Anglais. Depuis 1860, l'élément étranger s'est beaucoup accru. Ce sont le Brésil, l'Espagne, l'Italie et la France qui envoient dans l'Uruguay le plus grand nombre d'émigrants. Dans ces dernières années, cependant, l'émigration s'est développée dans la Grande-Bretagne et dans l'Irlande; l'Allemagne elle-même et la Suisse ont fourni des colonies qui sont aujourd'hui en pleine prospérité. Néanmoins, ce courant d'immigration est loin d'être en rapport avec les avantages que la république de l'Uruguay offre aux colons, comparativement à d'autres contrées d'Amérique et même aux Etats-Unis. Parmi les Européens, les Basques Espagnols efFrançais sont réputés les meilleurs. Très-actifs pour la plupart, ils s'adonnent k la culture des terres et font promptement leur fortune.
— Langue. La langue officielle est la langue espagnole; c'est aussi celle qui se parle le plus généralement; mais, grâce aux émigrations étrangères, le français, l'italien et
I anglais sont d'un usage général, et tout Européen est assuré de se faire comprendre dans l'Uruguay.
— Mœurs. Les mœurs et les caractères, dans la république Orientale, varient suivant les différences de situation, de profession et de résidence. Dans les villes du littoral, c'est l'esprit européen qui domine, malgré les influences particulières de climat et de race. Dans les villes de l'intérieur, c'est la vie agricole qui prend le pas sur la vie commerciale; enfin, dans les districts adonnés à la culture, on retrouve, accommodées au climat, les habitudes générales de l'homme qui se consacre au travail du sol, de même que, dans les pampas, les propriétaires et les gardiens de troupeaux, condamnés à de longues solitudes, présentent la plupart les habitudes rudes et simples des peuples pasteurs. Cependant, malgré ces diversités, la population de l'Uruguay est affuble et bienveillante. Les étrangers sont généralement bien accueillis, et rien ne prouve mieux cette disposition que la persistance du courant qui pousse tant d'Européens vers les bords de la Plata.
— Agriculture et industrie agricole. Les habitants de l'Uruguay cultivent assez mal un sol qui pourrait beaucoup produire et devenir une source de richesse considérable. Mais, faute de bras, ce territoire si riche est presque entièrement inexploité. L'industrie pastorale constitue la principale ressource de la république. C'est elle qui fournit en trèsgrande partie les moyens d'échange avec i Europe et qui alimente, pour ainsi dire exclusivement, le commerce d'exportation.
II n'y a pas plus d'une trentaine d'années que cette industrie se bornait k peu près à l'élevé et a l'exploitation des bêtes â cornes, dqs chevaux et des mules; mais, depuis ce temps, l'élève du mouton, en vue de la production de la laine, est devenue d'une réelle importance. On a importé un grand nombie de béliers mérinos de race française (Rambouillet) et de race allemande (Negretti), et maintenant les troupeaux ont acquis à divers degrés une certaine amélioration plus ou inoins grande. Avec la multiplication des fermes à moutons, la valeur vénale de la propriété rurale s'est élevée au quadruple dans quelques départements, et beaucoup d'étrangers, notamment des Anglais, des Elançais, des Allemands, ont acheté d'immenses étendues de terrain de pacage pour faire l'élevé du mouton sur la plus vaste échelle, si bien que la moitié des exploitations rurales semble avoir passé déjà aux mains des étrangers. L'élève du mouton pour la production de la laine donne des profits considérables dans les grandes fermes, car on estime généralement que les troupeaux se doublent tous les trois ans. Le fermier retire, en outre, un intérêt annuel de 7 pour 100 du capital employé à l'achat des pâturages. On abat et on prépare un nombre considérable de bœufs ou vaches. On peut citer, au nombre des abattoirs les plus célèbres du pays, les saladeros de Fray-Beutos, sur le rio Uruguay. Ils sont connus en Europe par la préparation de l'extrait de viande (extractum camis, Liebig) , extrait fait d'après les formules et sous le contrôle du célèbre chimiste J. Liebig. La valeur de la propriété foncière, qui a presque doublé dans les dix dernières années, a été estimée à 140 millions de piastres fortes; celle des bestiaux (bœufs, moutons, chevaux et mules), à plus de 50 millions de piastres. L'étranger peut acquérir des immeubles et en jouir au même titre que les indigènes, sans avoir rien à craindre pour la sécurité de sa propriété,
— Commerce. Comme l'Uruguay importo presque tous les articles de fabrication nécessaires dans l'économie sociale et domestique, et même une partie considérable de ses comestibles, et qu'il les paye avec ses propres produits à l'état brut, le commerce extérieur a une importance bien supérieure à celle que comporterait le chiffre de la population dans d'autres circonstances. Le commerce général, eu 1869, était évalué k 208,009,000 francs, comprenant 111,493,000 francs pour l'importation et 96,316,000 francs pour l'exportation. L'importation suit une progression permanente, et la France, qui tieul te premier rang, y entre pour uue très-large part, eu raison de ses liquides, de ses tissus, de ses soieries
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et de tous les articles de mode et de luxe. Les articles d'importation consistent en tissus, comestibles, sucre, huile, ri», boissons, articles confectionnés, chaussures, chapeaux, soieries, tabacs, etc. Les articles d'exportation consistent en cuirs, peaux, laine, suif et graisse. Us sont principalement dirigés sur la France, l'Angleterre, l'Italie, l'Espagne, les Etats-Unis et le Brésil.
— Moyens de transport. Navigation. Les transports à l'intérieur se font encore presque exclusivement à dos de mulet ou sur des charrettes traînées par des bœufs. Malgré cela, il y a un service régulier de diligences entre Montevideo et les villes principales de l'intérieur, et le service en est aussi prompt, aussi satisfaisant que celui des diligences en Europe, sur les meilleures chaussées. Le 25 avril 1867 a eu lieu l'inauguration des travaux du chemin fer central de Montevideo à Duruzno, aujourd'hui terminé, et l'on a construit, de 1872 à 1874, le chemin de tnv do Saito'àSanta-Rosa. Au mois de décembre 1866 a été terminé le télégraphe électrique traversant la Plata, de Montevideo à Buenos- Ayres. Le cabotage joue nécessairement un grand rôle dans les transports ; les cours d'eau, ainsi que le littoral de l'océan Atlantique, donnent lieu à un mouvement assez considérable, qui se manifeste par un transport de 90,000 à 100,000 tonneaux. Un service régulier de petits bateaux à vapeur ouvre des communications périodiques entre les principales villes de l'Uruguay jusqu'au Salto, ainsi qu'avec Buenos-Ayres et les ports du Parana jusqu'à Bosario. Montevideo communique tous les quinze jours avec l'Europe, au moyen de deux lignes de paquebots k vapeur fa isa n t escale à Rio-de-Janeiro, et partant de là alternativement pour Bordeaux et Southampton. Il y a aussi pour le transport des passagers deux services mensuels de vapeurs à hélice entre Montevideo et Liverpool, et des départs également réguliers de bâtiments k voiles {clipper-packets) dans divers ports européens, notamment k Liverpool et au Havre. Le Brésil entretient sur la côte quelques vupeurs, dont l'un fait un service régulier entre Montevideo, Rio-Qratide, Sautos-et Riode-Janeiro; il correspond avec la ligue du Nord, qui dessert toute la côte jusqu'au Para. Quant au mouvemeut général de la navigation, il s'élevait en 1871 à 2,876 navires, entrés et sortis, représentant 1,424,677 tonneaux.
— Histoire. La république Orientale de l'Uruguay tire son nom de l'ancienne dénomination « Banda Oriental, » qui servait k désigner toute la partie de l'ancienne viceroyauté de Buenos-Ayres, située k l'est du (leuve Uruguay. Par la même raison, les habitants de I Uruguay portent le nom de • Orientales.» C'est le 20 juin 1814 qu'on voit pour la première fois Montevideo prendre rang dans le mouvement général de l'Amérique du Sud par la capitulation du commandant espagnol don Gaspar de Vigodet, forcé de se retirer devant les troupes argentines. Le territoire de la rive gauche de la- Plata devint pendant quelque temps la seigneurie de don José de Artigas, >^ui s'intitulait protecteur de l'Amérique du Sud , et qui était un véritable chef de gauchos, réunissant tous les instincts, toutes les passions de cette race singulière. Le Brésil profita île la guerre civile qui désolait alors l'Uruguay pour venir pacifier le pays et occuper Montevideo, Cette occupation dura jusqu'en 1S21, époque où Un congrès de députés montevidéens décréta l'incorporation de la province au Brésil, sous le nom de province Cis-Plaline. Peu après, le drapeau de l'indépendance était relevé sur la rive gauche de la Plata. Le gouvernement de Buenos-Ayres, de son côté, réclamait la restitution de la province Gis- Platine et de Montevideo comme ayant appartenu k la vice-royauté de Buenos-Ayres. De là la guerre entre la république Argentine et la Brésil, déclarée en 1825 et terminée sous la médiation de lord Ponsonby, ministre d'Angleterre, par le traité du 27 août 1828, qui érigeait en Etat indépendant et souverain le territoire Oriental. Les parties contractantes se réservaient seulement le droit d'approuver la constitution que le nouvel Etat se donnerait et d'intervenir pour prêter leur secours au gouvernement légal de Montevideo, si la guerre civile venait à éclater avant que la république fut constituée ou pendant les cinq ans qui suivraient la promulgation de la constitution. Un congrès général se réunit à Montevideo et vota, le 10 septembre 1829, une constitution. La première application de cette constitution, solennellement jurée à Montevideo le 18 juillet 1830, était la nomination k la présidence de la république du général don Frucluoso Rivera, qui s'était distingué pendant la guerre contre le Brésil, et avait acquis une grande popularité. Rivera, k l'expiration de ses pouvoirs (1834) , fut remplacé par le général don Man.iel Oribe, qui avait contribué k couquérir l'indépendance pour son pays; mais peu après, Rivera se plaçait à la tête d'une insurrection et forçait Oribe k abdiquer la présidence le 20 octobre 1833, avant l'échéance légale de son mandat. Deux faits décisifs se produisaient en même temps : les proscrits argentins, éloignes de Buenos-Ayres par la crainte de la dictature de Rosas, accouraient dans
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la Bande Orienlale et venaient s'offrir k Rivera, qui les accueillait pour s'en servir, en leur promettant en retour de se joindre k eux pour renverser Rosas, et, d'autre part, la France appuyait également de son concours moral et même matériel Rivera, dans l'espoir de trouver k Montevideo un centre d'action convenable pour ses opérations contre Buunos-Ayres. Etabli nu Cerrito-de-la-Viitoria, aux portes de Montevideo, Oribe dominait le reste du pays et créait en face de la capitale orientale, de l'autre côté de la baie, te port de Buceo. !,e gouvernement de Montevideo se défendit comme il leput, principalement par le concours des légions étrangères nationalisées, et k partir de 1848 avec les subsides de la France. La bataille de Santos-Lugares (3 février 1852), qui amena la chute de Rosas, enleva k Oribe son dernier espoir de revenir à Montevideo. Resserré entre le Brésil et la république Argentine , qui s'immiscent constamment dans ses affaires, l'Uruguay a vu se joindre k cette cause d'affaiblissement Une lutte presque incessante entre les deux pastis qui divisent le pays. Les colorados , qui représentent l'élément libéral, sont sans cesse en guerre avec les blancos ou blanguitlos, qui soutiennent les idées rétrogrades, dites conservatrices, et, dans ce dernier parti, if s'est formé plusieurs fractions. Outre ces deux grands partis, qui déchirent le pays, l'Uruguay a été sans cesse la victime de l'ambition de ses généraux qui , sous le moindre prétexte, font îles pronunciamienios, tiennent en échec le gouvernement et empêchent presque constamment la transmission régulière des pouvoirs présidentiels. Eu 1865, le président Aguirre fut renversé par le général Florès, chef du parti Colorado, qui, avec le titre de président provisoire, exerça un pouvoir diciatoriuL Ce dernier s'allia, en 1865, avec le Brésil et la république Argentine pour faire la guerre au Paraguay et à son énergique président, Lopez, guerre qui se prolongea jusqu'en 1870. Le 7 avril 1868, un des fiis du général Florès se révolta contre lui, le força à quitter Montevideo et s'empara du pouvoir avec une extrême facilité. Mais le corps consulaire fit occuper la douane, envoya rassurer le vieux dictateur qui parlait de s'embarquer, et bientôt Forlonato Florès, voyant que l'indignation publique grondait autour de lui, consentit à rendre le pouvoir à son père, moyennant une somme assez considérable qui lui fut comptée. Celle échauffouive aurait dû servir de leçon au général Florès, en lui révélant la fragilité de son pouvoir et les ennemis qu'il avait dans sa famille. Malheureusement, il n'en fut rien. Le dictateur rassembla les Chambres, leur remit le pouvoir et les invita à nommer un président constitutionnel ; niais, au lieu de se retirer, il posa sa candidature. Aussitôt le parti qui lui était hostile s'insurgea. Le mouvement commença dans le département du Salio, où la ville du même nom fut attaquée par le colonel Aparioio, qui fut repoussé. A Montevideo, le 20 février 1869, des groupes armés se portèrent sur plusieurs points et principalement sur l'hôtel du gouvernement, qui fut pris après uiio faible résistance. Le général Ploies, informé de ce mouvement, monta en voilure pour se rendie k ce même hôtel-, mais, en route, il fut
I attaqué par six hommes, qui le pero-reiit de neuf coups de poiguuri. Pour un instant, on put croire que la révolution était faite, car aussitôt une espèce du gouvernement fut installé et fonctionna. Cependant une tentative de séduction faite sur la garnison échoua. Lu commandant de l'artillerie refusa de livrer ses pièces, et en quelques heures l'iiisurrec-
', tiun fut étouffée. Le dictateur qu'elle s'ë'iùt nomme, Beruardo Berro, ex-presideut de lu république, renversé jadis par Florès, fut arrêté avec quelques officiers ei fusillé avec eux, sans autre forme Ue procès. Le président du sénat, D, Pedro Vareia, un des chefs du parti libéral et démocratique, prit les rênes du gouvernement.
Le 1" mars 1874, M. Elauri fut élu président pour une période, de quatre ans; mais son gouvernement imprévoyant ne tarda pas k indisposer contre lui l'opinion. Le 15 janvier 1875 un pronunciauiieiito militaire le renversa au milieu de l'indifférence générale et il dut quitter le pays. D. Pedro Vareia le remplaça d'abord comme président provisoire, puis comme président définitif. Mais la création du papier- monnaie, la répudiation de la dette et les intrigues du parti hostile k Vareia, représentant le parti démocratique, amenèrent en juin 1875 une nouvelle insurrection, que vint seconder le retour des déportés de La Havane. Toutefois, grâce à des réformes et aux ressources que lui pi ocura un traité payé avec la banque Mana, le chet du pouvoir exécutif put lutter avantageusement contre les insurgés; mais, en mars 1876, le colonel Laiorre, ministre de la g. .erre, renversa Vareia, qui se réfugia le 6 mars sur un navire français, et se fit proclamer président provisoire, Latorre a prononcé la dissolution de la Chambre et ordonné des élections pour une Chambre nouvel, e, qui don choisir en novembre 1876 ua président définitif.
Uruguay (l') , poëme épique brésilien , par José Basilio (1776). Il a pour sujet les luttes des troupes espagnoles et portugaises , sous la conduite du général Gomès Freyre de Andrade, contre les Indiens du Paraguay, do-
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minés et excités par les jésuites (1756). Ces peuplades ne voulaient pas se soumettre aux stipulations du traité conclu, le 13 janvier 1750, entre les couronnes d'Espagne et de Portugal, et par lequel les Portugais recevaient les sept missions situées sur les rives de l'Uruguay en échange des colonies de Sacramento, cédées à l'Espagne. Les jésuites, a la vérité, niaient avoir excité les indigènes à la révolte; mais ils protestèrent plusieurs fois auprès du gouvernement espagnol contre la cession de b-urs établissements, cession qui avait fortement lésé leurs intérêts. La lutte, que les indigènes soutinrent avec une énergie qui ne leur était pus ordinaire et dont le plan truhit une intelligence supérieure, se termina par l;i soumission et l'occupation des principaux établissements par les Portugais. Il est possible, dit M. Perd. Wolf (le iirésil littéraire), qu'en traitant cette matière José Ba.-.ilio ait écouté son aversion pour les jésuites et son désir de plaire au marquis de Poiubal, son protecteur, fort ennemi des bons Pères; mais il esi, néanmoins, important de remarquer qu'il avait choisi un sujet patriotique et su trouver dans son pays ce que n'avaiem pas cherché les postes brésiliens avant lui, les éléments d'une épopée. José Basilio célèbru, il est vrai, la victoire des armes portugaises et espagnoles; mais il reporte l'intérêt principal sur les indigènes, par des peintures de caractères et de mœurs, par des épisodes attachants et par des descriptions magnifiques. Il met eu jeu, contre son gré peut-être, les sympathies pour les vaincus et pour les victimes. C'est certainement à bon droit qu'il a cherché les éléments poétiques dans le Brésil lui-même. Il a réussi à éveiller l'intérêt pour ce pays et ses particularités et n'a pas peu contribué par là k donner essor au sentiment national. Pereiro da Sîlva dit de cette épopée que c'est une des œuvres modernes où l'esprit national américain brille du plus vif éclat. Elle a été plusieurs fois rééditée.
UBULEs. f. (u-ru-le). Bot. Genredeplantes, ue la famille descomposêes, qui croissent dans la Nouvelle-Hollande.
(JRUNCA, nom latin d'ENSiSHBiM.
URUS s. m. (u-russ). Mainm. Espèce de boouf sauvage. Il On dit quelquefois une.
— Encycl. \ j'unis, confondu souvent, mais à tort, avec Vaurochs, est une espèce de boeuf de grande taille, caractérisé par un front plat et des cornes implantées aux extrémités latérales de la ligne occipito-frontale, comme chez nos bœufs domestiques. Sun nom scientifique est bos primiyenius. Uurus apparaît avec l'époque quaternaire et il a traversé les âges de pierre, de bronze et de fer. César le cite dans ses Commentaires, Aujourd'hui cotte espèce est complètement éteinte; maison retrouve ses restes fossiles dans presque toute l'Europe. Plusieurs auteurs, Cuviur entre autres, l'ont regardée comme la souche de nos races domestiques.
URUTAURANAs. m. (u-ru-tÔ-ra-na). Ornilh. Espèce de faucon, qui habite l'Afrique et l'Amérique. Il On l'appelle aussi urutari.
— Encycl. L'urutaurana est plus petit que l'aigle royal ; sa tête est surmontée d'une huppe, formée de quatre plumes noires, qu'il peut redresser ou abaisser à volonté ; son plumage est varié de brun et de noir à la partie supérieure du corps, de noir et de blanc ep dessous; il a le cou fauve en dessus, les pennes brunes et bordées de fauve, les pieds jaunes, le bec et les ongles noirs. Cet oiseau, qu'on appelle aussi quelquefois aigle huppé, se trouve en Afrique et dans l'Amérique du Sud. Il a le vol très-puissant et très-rapide, et peut parcourir aisément plusieurs centaines de lieues. C'est surtout quand il est irrité qu'il relève les plumes de sa huppe. Doué d'une grande voracité, il est un des ennemis les plus redoutables des perroquets, qui ue peuvent ni se défendre contre lui, ni lui échapper parla fuite; aussi en détruit-il beaucoup. '
URVILLE (D), île de l'Océanie (MÏeronésie), dans l'archipel des Caroline*, au S.-E. d'ilogolen. Elle a été découverte en 1824.
URVILLE (D'), lie de l'Océanie (Melanésie), s, peu de distance de la cote de la Papouasie.
URVILLE (Dumont-d'), marin français.