‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 526 sur 1042 · USURAIRE · texte numérisé non relu

USURAIRE

— Fig. Qui coûte très-cher : Les lois d'exception sont des emprunts usuraires gui ruinent le pouvoir. (Royer-Collard.)

USURAIREMENT adv. (u-zu-rè-re-man — rad. usuraire). D'une manière usuraire.

USURE s. f. (u-zu-re — lat. usura, mot qui vient de usum, supin de uti, employer, se servir, et qui signifie proprement usage, jouissance du capital prêté, puis, de ce que l'on paye pour cette jouissance, intérêt. Le sens d'intérêt exagéré, illégitime, d'où usuraire, usurier, est tout à fait moderne). Détérioration ou amoindrissement que produisent l'usage ou le frottement : Le frottement continu de deux corps produit nécessairement 4'usURE de l'un et de l'autre. Dans le cheval, toutes les exostoses indiquent J'usure de l'articulation. (Lecoq.)

— Intérêt payé pour un capital dont on abandonne l'usage à quelqu'un : Prêt à usure. X'usurk est énorme dans les pays pauvres. (Lamenn.) L'usure, ou comme qui dirait te prix de l usage, est l'émolument, de quelque nature qu'il soit, que le propriétaire retire de ta prestation de sa chose. (Proudh.) Il Intérêt perçu au delà du taux légal ; action de prêter de l'argent à un intérêt supérieur au taux légal : Prêter, emprunter à usure. La contrainte par corps ne s'exerce qu'au profit de /'usure, contre de malheureux pères de famille et quelques jeunes imprudents. (J. Laftitte.) Les lois contre /'usure n'ont d'autre effet que d'en élever le taux. (A. d'Houdetot.)

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Malheur a vous qui par l'usure

Etendez sans fin ni mesure

La borne immense de vos champs |

Lamartine.

— Fig. Profit très-considérable, disproportionné avec l'objet qui. le procure : L'aumône est un gain ; c'est une usure sainte, c'est un bien qui rapporte ici-bas même au centuple. (Mass.) L'ingratitude serait plus rare si les bienfaits à usure étaient moins communs. (J.-J. Rouss.)

— Double, triple usure, Intérêt égal au double, au triple de l'intérêt légal :

II cherche en vain quelqu'un qui prête à triple usure.

Rxunard.

— Avec usure, Au delà de ce qu'on a reçu : Rendre un bienfait avec usure. La logique se venge toujours avec usure des outrages qu'elle a reçus. (B. Const.)

— Encycl, Nous avons traité ailleurs du prêt à intérêt licite (v. intérêt) et de la légitimité de cet intérêt restreint à certaines limites. Le mot usure éveille l'idée d'un intérêt illégal, exorbitant, bien contrairement k son ètymologie, qui n'exprime que le loyer de l'argent, la jouissance, l'usage. Mais cette déviation du sens du mot s'explique par cette considération qu'autrefois la rareté des capitaux poussait naturellement ceux qui les détenaient à exiger de ceux à qui ils les prêtaient un intérêt énorme.

On considère généralement comme usuraire tout prêt k intérêt dépassant 5 ou 10 pour 100. La limite est difficile à fixer, le loyer de l'argent, comme tout autre loyer, étant susceptible de hausse ou de baisse, suivant la loi de l'offre et de la demande. Malgré l'abondance des capitaux, le grand nombre des placements avantageux influe aussi sur cette limite et la déplace continuellement. Comment pourrait-on considérer comme nécessairement usuraire un prêta 7 ou 8 pour 100 lorsqu'un certain nombre de valeurs sûres rapportent aux capitaux cet intérêt élevé? Tout dépend donc des circonstances. Celui qui prête à usure peut toujours s'absoudre vis-a-vis des juges, s'il est accusé, ou de sa' conscience, s'il eu a une, en rappelant les placements avantageux et licites qu'il aurait pu faire, sans exposer ses capitaux, et les risques qu'il court en prêtant à un intérêt élevé, il est vrai, mais avec la certitude presque absolue de perdre une partie de son argent. Il est bien certain, en effet, que le prêt usuraire est toujours une opération chanceuse; sur cent emprunteurs qui passent par les fourches caudines des usuriers, dix ou vingt tout au plus rendront intégralement le Capital et l'intérêt exorbitant qu'ils ont consenti; dix ou vingt peut être encore ne constitueront pas l'usurier eu perte ; ils trouveront moyen de s'acquitter avec lui en faisant liquider judiciairement leur situation, de façon qu'il rentre dans son capital, mais ne touche qu'un intérêt normal; la moitié environ ne rendra rien. Comment peut-il donc se faire qu'il y ait des usuriers? Absolument comme il y a des joueurs k la roulette. Un coup du hasard, un heureux placement peut décupler, centupler la petite somme que l'intérêt légal de 5 pour 100 mettrait quinze ans k doubler.

Cet attrait d'une opération aléatoire est si fort chez les usuriers, et d'un autre côté l'emprunteur qui a un besoin pressantd'argent est si coulant sur les conditions, qne, malgré l'infamie attachée k l'usure, malgré les prescriptions légales destinées à la réprimer, elle est toujours exercée clandestinement par toute une classe de petits capitalistes. Les lois contre l'usure n'ont réussi qu'à la rendre plus féroce et plus subtile. Peut-être que si l'on avait suivi un autre système, si 1 on avait déclaré que l'argent, comme toute autre marchandise, peut être vendu à un prix plus ou moins élevé, à la libre volonté du preneur et du bailleur, l'usure, considérée alors comme un commerce licite, se fût par cela même moralisée. Mais les lois actuelles, qui considèrent comme un délit tout prêt audessus de l'intérêt légal, forcent k se retirer de ce commerce devenu dangereux les capitalistes qui ne veulent pas avoir de démêlés avec la justice; en se retirant, ceux-ci abandonnent la place à ces loups-cerviers qui ne redoutent rien, ni la prison, ni l'infamie, pourvu qu'ils aient quelque chance de réaliser un gain. ■ Les gens déjà flétris ou ceux qui ne craignent pas de l'être, dit M. Ch. Bechem, les arabes, les corsaires accourent k la curée; on voit alors ces prêts monstrueux déférés de temps à autre aux tribunaux, prêts à 200 et 300 pour 100 pour six mois. On voit les fournitures de vieux tableaux et de bouchons de liège offerts et acceptés comme argent comptant; on voit des fils de famille qui, par suite de ces marchés, se trouvent propriétaires d'un chameau, de cinq cents parapluies et de quatre mille souricières. Plus la loi est sévère pour les fournisseurs d'argent, plus elle en diminue le nombre; plus, par conséquent, elle fait ia partie belle k ceux qui restent. La concurrence n'existant plus, ils savent que l'on est forcé de passer à tout prix par leurs mains ; l'étendue des sacrifices qu'ils exigent n'a donc plus de mesure que leur cupidité. De plus, l'intérêt illégal ne peut être atteint par la loi que lorsqu'il est exigé d'une manière directe ; mais rien n'est plus facile que de l'obtenir

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indirectement. Les règlements dans ce cas sont frappés d'impuissance ; car si l'usure se trouve entravée lorsqu'elle s'exerceau moyen d'espèces monnaj-ées, elle est complètement libre si on lui donne la forme de marchandises, i Cependant nous devons dire que les •tribunaux ont montré, par des jugements récents, une tendance k poursuivre l'usure, même couverte par des opérations commerciales plus ou moins frauduleuses. Cette usure détournée est celle qui se pratique le plus habituellement ; le préteur, au lieu de donner de l'argent, livre n'importe quoi, des voitures de moellons ou des tonneaux de vin; il indique en même temps, au preneur, un acheteur qui le débarrassera immédiatement, s'il le veut, argent comptant, de ces encombrantes marchandises; il lui laisse même entrevoir que le tout lui a été cédé k un prix si bas qu'il pourra réaliser, sur la vente, un important bénéfice. Il n'en est rien, naturellement, et l'emprunteur est heureux s'il ne perd que 50 ou 60 pour 100. L'acheteur est un Compère, qui partage avec l'usurier. On raconte qu'il y avait un bateau de charbon, amarré au quai du Louvre ou au quai de Bercy, qui, de temps immémorial, était ainsi vendu et revendu par un usurier à plusieurs générations de fils de famille, revendu par ceux-ci au compère, qui la rétrocédait k l'usurier, et ainside suite. Entre ceux qui avaient affaire k cet arabe, on ne disait plus emprunter de l'argent, mais acheter le bateau de charbon. Ils prétendaient même que ce fantastique bateau, que nu! d'entre eux n'avait jamais vu, n'existait probablement pas; eu quoi l'usurier et son complice auraient été mal avisés. Si la loi est, en effet, gênée quand le marché est réel, qu'il s'opère sur des marchandises existantes et dont l'acheteur peut prendre livraison, si dans ce cas on est obligé île rechercher et de prouver la fraude, celleci est toute prouvée dans le cas de marchandises fictives, l'acheteur ne pouvant évidemment revendre ce qui n'existe pas à une autre personne qu'au compère de l'usurier ou k l'usurier lui-même. En janvier 1876, le tribunal de Bordeaux a condamné k six mois de prison et 25,000 francs d'amende un cordonnier usurier qui avait trouvé moyen d'extorquer k ses clients des sommes énormes en leur vendant fictivement à l'un pour 4,000 fr., k un autre pour 45,000 francs, à un autre pour 33,000 francs, à un quatrième pour 375,000 fr. de paires de bottines ! Quelques-unes des livraisons furent en vain montrées par lui comme réelles; il avait en effet fourni, au prix de 20 francs chacune, à l'une de ses victimes, un millier de paires de chaussures dont le malheureux ne put se défaire qu'en perdant les trois quarts sur le prix d'achat; le tribunal, avec raison, n'en tint aucun compte, la fraude étant parfaitement évidente pour l'ensemble des opérations de ce corsaire.

L'usure changée eu vente simulée se pratique surtout dans les villes ; ce sont les jeunes gens, les fils de famille, trop pressés de jouir de leur patrimoine, qui en sont les victimes les plus nombreuses. Dans les villages, le prêt direct d'argent subsista toujours, à un taux plus ou moins usuraire, et dévore le paysan ; les sommes prêtées sont peu considérables, le taux n'est pas toujours exorbitant, et quoique l'usurier de village soit une véritable plaie.sociale, rarement il est déféré aux, tribunaux. Il est trop madré, trop retors pour laisser prise k la constatation d'un délit; jamais il n'opère un grand coup qui l'enrichirait en peu de temps, mais pourrait aussi le livrer aux chances contraires; c'est par l'accumulation des petits bénéfices, par des renouvellements de billets à courte échéance qu'il arrive sûrement à son but. Chacune de ses opérations a une apparence de sincérité ; il n'exige qu'un faible intérêt, mais il sait que le paysan sera dans l'impossibilité de le payer; il facilite le renouvellement, la somme grossit k chaque échéance, et, quand il juge la poire mûre, il la cueille. Le paysan est exproprié du coin de terre que depuis dix ans il cultivait, avec l'espoir chimérique d'arriver k le payer un jour.

Le même genre d'usure existe dans les villes, sous le nom de prêt k la petite semaine, au détriment des ouvriers et de la petite industrie. Il y a même, à Paris, toute une classe de ces prêteurs qui font des bénéfices considérables; ce sont ceux qui opèrent avep les marchands ambulants. La plupart de ces

f>etits industriels qui achètent a la criée, sur e carreau des halles, les légumes, les poissons, les fruits qu'ils vont ensuite colporter par la ville, n'ont même pas le capital nécessaire k la mise en tram de leur commerce, quoique ce capital soitde 12 ou 15 francs. Ils s'adressent k l usurier, qui généralement prête 10 francs k condition qu'on lui en rendra. 15 au bout de quinze jours. C'est un intérêt tout à fait abusif, que n'excusent ni l'insolvabilité notoire de l'emprunteur ni le peu de garantie do l'argent exposé; car, dans ce genre de prêt, il n'est question ni de billet à ordre ni même d'une simple reconnaissance. Cependant les pauvres gens qui sont forcés d'y avoir recours trouvent encore k l'usurier un faux air de providence, puisque sans lui ils ne pourraient réaliser même le mince bénéfice qui leur reste entre les mains après l'acquittement de ces frais onéreux ; aussi, en général, s'exécutent-ils loyalement. Ils se disent, sans doute, comme un personnage d'une comédie d'K. Augier, que 10 francs k 50 pour

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100 portent encore plus de profit que rien du tout k cinq.

Nous ne pouvons quitter un semblable sujet sans raconter quelques anecdotes.

Un usurier était à l'article de la mort. Son confesseur attendait un moment lucide pour le préparer à mourir en chrétien et l'amener à détester les actes de sa vie. Comme il revenait un peu à lui, le prêtre saisit un crucifix d'argent qu'il lui présenta en l'exhortant. Le moribond regarda fixement le crucifix et dit : ■ Monsieur, je ne puis pas prêter grandchose lk-dessus. •

Un fameux usurier, enfant de la Garonne, qui voyait tous les jours ses profits diminuer, alla trouver un célèbre prédicateur pour le prier de prêcher vivement contre l'usure. Celui-ci, qui le croyait converti, lui dit d'un ton saintementanimé : ■ Ah I mon frère, que je me réjouis de ce que la grâce opère dans votre cœur I — Vous n'y êtes pas, répondit froidement l'usurier; je vous fais cette demande parce qu'il y a tant d'usuriers dans la ville que je ne gagne rien; si vous pouviez les corriger par vos prédications , tout le monde viendrait à moi. •

Un usurier racontait à sa femme une excellente affaire qu'il avait faite dans la journée ; il s'agissait d'un prêt de 600 francs pour un an, fait k un jeune homme k 50 pour 100 d'intérêts. < Sur cette somme, ajouta-t-il, je me suis fait payer d'avauce les intérêts; de sorte quejen'ai réellement avancé que 300 fr. — Imbécile, lui répond sa femme, il fallait la lui prêter pour deux ans, tu n'aurais rien eu k lui donner. •

Un jeune homme, très-pressé de terminer avec un usurier normand, fut obligé de le suivre au sermon avant que son affaire eût été terminée. Le prédicateur, par un pur hasard, s'éleva fortement contre l'usure. • Dieu soit béni, dit le jeune homme, mon vilain sera touché et ne prendra que des intérêts modiques. > Mais il fut bien étonné quand, te sermon achevé, le vieil Harpagon, se tournant froidement de son côté, lui dit : ■ Ce bon prêtre vient de faire son métier, allons faire le nôtre. »

USURER v. n. ou intr. (u-zu-ré — rad.

usure). Prêtera usure: Lapatrie, pour Shylock, est le lieu où l'on usure. (Toussenel.) Il Vieux mot.

USURIER, 1ÈRE s. (u-zu-rié, iè-re — rad. usure). Personne qui fait l'usure : Ne croyez pas aux légistes de campagne, car ce sont des usuriers. (Cormen.) L'usurier met a prix les heures et les jours, Comme si du soleil il dirigeait le cours.

Tristan.

— Fig. Ce qui se fait payer cher : La nature, cruelle usurière, nous die tantôt un sens, tantôt l'autre. (Boss.) De tous les usuriers, la flatterie est celui qui fuit les plus gros profits. (De Segur.)

— Adj. Qui prête k usure, qui fait l'usure : Il est difficile d'être avare sans être un peu usurikr.

— Encycl. V. usure.

Usurier Blniioi (L'), roman de M. Champfleury (1852, in-12), petite supercherie littéraire au moyen de laquelle l'auteur, ou l'éditeur, a rajeuni, sous un nouveau titre, un roman publié trois ans auparavant, les Oies de Noël (1849, in-go). V. Oies de NOËL (t. XI, p. 1287).

Usurier de village (t,'), drame en cinq actes et en prose, de MM. Ainedée Rolland et Charles Bataille (Odeon, 4 mai 1850). Deux éléments différents remplissent en se mêlant l'un k l'autre les cinq actes de cette pièce : une étude de caractère faite pour servir de fond a une comédie de mœurs et l'emploi des grands moyens scéniques qui sont clans les habitudes des théâtres du boulevard. Le principal personnage est un type nouveau de l'avare, même après les types qui en ont été créés de Plaute k Molièie, de Molière a Balzac. L'usurier est partout l'usurier avec les mêmes instincts de bête de proie, la même insensibilité, la même indifférence en matière de morale, aussi insouciant de l'emploi fait de l'or qu'il prête que de l'origine de celui qu'il reçoit, favorisant, sans y regarder de trop près, l'infamie et se laissant volontiers rembourser par le crime. Voilà les traits généraux tels que l'analyse du cœur humain ou l'observation de la société les donne; avec ces traits, on peut écrire un chapitre de morale; pour en taire un drame, il faut les fondre avec des traits particuliers dans une physionomie vivante. Les auteurs de l'Usurier de village y ont réussi. Dans le milieu rustique où il est placé, la figure de leur usurier se détache avec une grande vigueur. Le père Chamounin est madré comme un paysan , sordide comme un avare, insensible comme un usurier. Il convoite le champ de celui-ci, la vigne de celui-là, la maison de cet autre. La veuve et l'orphelin sont ses proies favorites; il calcule le moment où leur dépouille toute chaude lui tombf ra dans les mains. Il prépare de loin leur ruine et s'applaudit jour par jour des progrès de son œuvre de mort. Il est en train de ruiner par l'usure le char-

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pentier du village, Denis, dont la femme, la Denise, tient un cabaret. Un ouvrier, Louvot, jaloux du patron, s'adresse au père Chamounin pour s'établir à sori tour maître char-

fieruier. La pensée de faire disparaître Denis ui traverse l'esprit. C'est chose si facile 1 Qu'une seule planche d'un échafaudage tourne sous ses pieds, c'est un homme mort. L'usurier, qui a une hypothèque sur la maison de Denis, se dit que, lui mort, la veuve ne pourra payer et que la maison lui appartiendra; aussi enco'urage-t-il Louvot dans sa pensée criminelle. Denis obtient de Chamounin un nouvel emprunt à des conditions désastreuses; il fait un second billet annulant un ancien que l'usurier doit lui rendre et va visiter ses travaux. Quelques instants après une rumeur s'élève, et Louvot, pâle et tremblant, annonce la mort de son patron à Chamounin, qui garde les deux billets. Le complot des deux scélérats a été surpris par un taupier ambulant, qui garde le secret pour lui

jusqu'à ce que les auteurs aient besoin de ses révélations, au dénoûment; pour le moment, il se contente de dire: « Je devrais faire emprisonner ces coquins-là, mais c'est l'affaire des gendarmes. » Grâce à son silence, l'action continue. Louvot dirige l'atelier de Denis, dont le fils, Deniset, tête légère et bon cœur, passe son temps h courir les bois et à braconner. La misère presse la veuve; pour achever sa ruine, les deux complices font courir le bruit qu'elle a des bontés pour son principal ouvrier. Deniset ne trouve alors rien de mieux, pour réparer le tort que font à la cabaretièi-H ces propos, que de faire épouser sa mère par cet affreux Louvot, et celuici accepte avec componction « ce moyen que peut-être le ciel lui envoie de réparer son crime. » L'assassin et la veuve de sa victime vivent ensemble sous la pression de l'usurier, et un enfant naît de leur mariage. Deniset devient le centre d'un autre intérêt; il aune une jeune orpheline que le père Chamounin a recueillie chez lui, non par bonté d'âme, mais pour avoir une servante qu'il ne paye pas et qu'il ait le droit de ne presque pas nourrir. Quand Deniset lui demande en mariage sa tille adoptive, l'usurier lui déclare qu'il a l'intention de l'épouser lui-même ; c'est qu'il a appris que le père de Jeanne vient de mourir en Californie, après avoir fait fortune. Jeanne, plus épouvantée de cette résolution de son père adoptif que de ses mauvais traitements habituels, s'enfuit dans les bois avec Deniset. A ce moment, le Deus ex machina, le tulipier, juge qu'il est temps d'intervenir; il avertit l'usurier qu'il possède son terrible secret, qu'il le menace de révéler s'il ne consent pas a l'union des jeunes amoureux. Mais Deniset a tout entendu. Il déclare li Louvot sur la place de l'église qu'il faut que son père soit vengé sans déshonorer personne, ni sa mère, ni son frère, ni lui-même. Lou%'Ot, chargé de la réparation du clocher, devra chercher sur l'échafaudage la même mort qu'il a donnée à Denis. Le meurtrier trouve l'expiation juste et ne demande qu'un quart d'heure pour écrire une déclaration qui établisse la complicité de Chamounin, puis, après avoir embrassé sa femme et son enfant, il se suicide héroïquement. La justice satisfaite de ce côté, ie laupier se charge de régler le compte de Chamounin avec le papier laissé par Louvot. Il le force de faire à ia veuve de Denis une donation de 20,000 fr. et de restituer à. chacun des paysans les sommes qu'il leur a extorquées. « On ne saurait

' remplir, remarque M. Vapereau, plus consciencieusement que ce taupier son rôle de providence I »

A part les invraisemblances, les moyens scéniques de pure convention que l'Usurier de village présente comme mélodrame, il tnérite.d'êlre distingué entre les œuvres du même genre pour sa cotuexture assez forte et pour l'originalité de quelques etl'ets. Mais son plus grand mérite consiste dans la conception du personnage principal, dans le rajeunissement d'un type qui semblait épuisé. Lu vérité des figures uccessoires, dont quelques-unes ont le tort de rappeler la Petite Fadette et le Taupier Marcasse de G. Sand, la simplicité naturelle du style, l'entente parfaite de la scène expliquent le succès de cette pièce, qui a le tort de paraître trop peu homogène, en dépit du nœud serré de l'action.

USURPATEUR, TR1CE s. (u-zur-pa-teur,

tri-se — rad. usurper). Personne qui usurpe, qui s'empare injustement de ce qui appartient à un autre. Il Se dit particulièrement d'une personne qui s'empare par des moyens injustes de l'autorité souveraine ." Un USUR- PATEUR déclare rebelles tous ceux gui n'ont pas opprimé la patrie comme lui. (Montesq.) Le temps finit par consacrer l'usurpation, dans l'intérêt de l'humanité, mais rien n'absout Z'usurpatkur. (La Rochef.-Doud.)

— Hist. Nom donné par les légitimistes à Napoléon l«r) Qu'ils considéraient comme ayant usurpé le trône sur la famille des Bourbons : Sous i'usuRPATBUK, il n'y avait point de charte. (Chateaub.)

— Adjeetiv. Qui a usurpé l'autorité souveraine ou un bien quelconque : On se soumet à vn pouvoir de fait, bien qu'il soit usurpateur ; mais jurer de le défendre est s'associer d son usurpation. (La Rochef.-Doud.) Quand les abus sont accueillis par la soumis-

■ sion, bientôt la puissance usurpatrice les érige en lois, (Maiesherbes.)

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— Fig. Qui s'étend hors de son domaine naturel :

De l'onde usurpatrice arrêtez les efforts.

DEilLtE.

L'ivraie usiirpatrice étouffe le froment.

Esmé.naiid.

USURPATIF, 1VE adj. (u-zur-pa-tiff, i-ve — du lai, usurpare, prendre par anticipation). Gramin, Se disait, dans les anciennes grammaires, des verbes qui annoncent qu'on se prépare, qu'on se dispose à l'action marquée par un autre verbe, comme notre verbe aller, dans le sens de être sur le point de : Verbe USURPATIF. Forme usuri ativk.

USURPATION s. f. (u-zur-pa-si-on — rad, usurper). Action d'usurper; état qui en résulte : Qui dit usurpation dit injustice, Z'u- SURPation ne devrait jamais durer. Il n'y a point de violence ni ^'usurpation qui ne s'autorise de quelque loi. (Vanven.) /.'usurpation générale doit s'entourer ^'usurpations partiel/es, comme d'ouvrages avancés qui la défendent. (B. Const.) Les souverains sont fort accommodants en fait (£'usurpation ; ils ■n'ont horreur que de la liberté. (Chateaub.) ^'usurpation de la noblesse n'est plus guère que ta parure de ta vanité sans intelligence ou le déguisement de l'escroquerie. (Prévost- Parudol.) || Se dit particulièrement de l'action d'usurper le pouvoir souverain : Pour un intérêt que ^'usurpation se concilie, dix s'arment contre elle. (B. Const.) £'usurpation , pour motiver le remplacement de ce qu'elle remplace, a besoin des formes de la liberté. (B. Const.)

— Par ext. Objet usurpé : La plupart des terres de cette seigneurie n'étaient que des usurpations. (Acad.)

— Encycl. Politiq. Le mot usurpation a pris, dans le lnngage politique, une sîgnifi- Ciition bien différente de celle qui lui était attribuée autrefois. Alors que les peuples étaient, non pas une réunion de citoyens libres et indépendants, maîtres de leur destinée, mais un troupeau asservi à un maître, on nommait usurpateur ceuii qui tentait de renverser ce maître pour s'emparer de son autorité. Le roi tenait son pouvoir de Dieu et ne relevait que de lui. Sa puissance était indiscutable Comme sa personne, et toute tentative de rébellion était un crime. Ces prétentions feraient sourire aujourd'hui, si l'on ne se rappelait le passé sanglant et hideux, le passé qui a étouffé dans le sang tant de généreuses tentatives, le passé qui a tué Marcel, Savonarole et tant d autres. La Révolution de 1789 nous a débarrassés de ces privilèges monstrueux; il n'y a plus aujourd'hui uans les pays libres qu'un réel souverain : c'est le peuple. Sans doute, dans un moment de faiblesse ou d'aveuglement, il peut céder son pouvoir, oublier sa puissance, mais seul il est maître. Rois ou princes, empereurs ou présidents, tous les suuverains ne sont plus que ses délégués, ses mandataires, qui tiennent leur autorité éphémère, non plus de Dieu, mais du peuple. Usurper le pouvoir, dans le langage politique nouveau qu'a créé la Révolution de 1789, ce n'est donc plus renverser tel ou tel prince, c'est s'emparer du rang suprême sans l'assentiment de la nation. B, Constant, dans son ouvrage sur l'usurpation, démontre d'une façon saisissante les effets de l'usu/pation. Le tableau fidèle qu'il en trace prouve qu'il se souvient de Machiavel. Dans son Prince, le Florentin nous trace les devoirs d'un conquérant. B. Constant, à sa suite, indique quelle conduite l'usurpateur est obligé de suivre. Les chapitres de B. Constant semblent copiés dans l'ouvrage de Machiavel, Conquérant, usurpateur, n'est-ce pas la même choseî Le conquérant a cependant une excuse; il agit le plus souvent loyalement : il déclare la guerre, il lutte, il expose sa vie. L'usurpateur agit dans les ténèbres, la nuit; il he reconnaît ni lois ni morale. Il marche traîtreusement, il ne respecte rien de ce que les autres admettent; il lui faut le pouvoir, le trône ; qu'importe que, sur ses marches, il y ait du sang traîtreusement versé 1 Acquérir le pouvoir n'est rien ; le conserver, là est l'art difficile, que Machiavel et B. Constant ont si merveilleusement indiqué. Tentons, à leur suite, d'esquisser à grands traits ce sombre tableau. Le premier soin de l'usurpateur est de récompenser ceux qui l'ont servi. Là est l'habileté, là aussi est le danger. Tous ces serviteurs, si dévoués aujourd'hui, parce que, si leur Conscience est large, leur bourse est vide, seront satisfaits demain : ils auront châteaux, livrée ; leurs carrosses élégants éclabousseront fièrement les pauvres diables, qui sont honnêtes et marchent à pied. Us n ont plus désormais rien à attendre du pouvoir qu'ils ont créé ; il leur a donné tout, sauf l'honorabilité, dont ils n'ont que faire et dont il a d'ailleurs oublié de se prémunir. Avec lui, il n'y a plus désormais rien à gagner. Aussi quelques-uns, satisfaits du luxe qui les entoure, s'endorment dans

| une oisiveté dorée; mais il en est d'autres, I les plus hardis, à'qui pèse bientôt celte inac- ' tion. Quelquefois alors ils se retournent d'un autre côté, calculent ce que peut leur rapporter une trahison et, si le chiffre est suffisant, imposent volontiers silence à la conscience, qu'ils n'ont pas. S'assurer, non pas l'estime, mais le concours de ses serviteurs, là est pour un usurpateur le point délicat j

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aussi,. s'il était réellement habile, se déferait-il honnêtement de cet entourage estimable. Ce ne serait qu'un crime de plus, mais un crîme adroit, ce qui, aux yeux de l'ambitieux, est le point capital. C». danger écarté, tout n'est pas fini. Il faut d'abord s'attacher l'armée; sans elle, ni appui ni tranquillité, Ceci est d'ailleurs l'enfance du métier; Machiavel dédaignerait de s'appesantir sur ce point. Ensuite, il imporie de faire disparaître toutes les libertés, armes pernicieuses et mauvaises avec lesquelles les citoyens pourraient se blesser. Liberté de la presse, de réunion, etc., impitoyablement confisquées. Ceci fait, le mal est moins grand. Les habiles s'empressent de détourner l'attention, .comme ces adroits filous qui vous tournent les yeux d'un autre côté, au moment où ils fouillent dans vos poche3.' Pour cela, rien n'est souverain comme une bonne guerre j juste ou injuste, c'est de quoi l'on ne doit se soucier. Le peuple s'intéresse à ses enfants qui se font tuer, le bourgeois lit tout ébahi le récit des victoires, le poêle fait des cantates; personne ne peut songer à se plaindre et à renverser cet excellent maître. De temps à autre, il ne faut pas négliger de donner de grandes fêtes. « Cela l'ait aller le commerce; » cela jette surtout de la poudre aux yeux. Pendant ce temps, lu budget se grève, las affaires vont mal, les impôts deviennent plus lourds. Qu'importe s'il y a des mécontents ! la loi ne leur- permet pas de se réunir, Ils ne peuvent parler, écrire encore moins, Qui s'occupe d'eux? qui songe à ces sombres personnages? Cependant., si la corde est trop tendue, il faut faire l'abandon de quelque prérogative. Jour do malheur que celui où l'on s aperçoit de cette douloureuse nécessité. Désormais, ce n'est plus qu'une question de temps. Les amis désertent, comme les hirondelles à l'approche de l'hiver; ils s'enfuient, car ils sèment venir la tourmente. La première concession en amène fatalement une autre, puis une encore. La pouvoir n'est plus absolu, la chute n'est pas loin. Les uns cèdent de bonne grâce, les autres s'accrochent à toutes les branches, criant volontiers, comme Harpagon, qu'on leur vole leur trésor, lorsqu'on leur demande quelque droit nouveau. Toutes ces libertés précieusement renfermées, il faut les relâcher une à une. Dès lors, l'usurpateur cesse d'exister, à moins que, par un coup nouveau, il ne ressaisisse le pouvoir. Mais c'est là plus que de l'habileté. Le peuple se méfie, le bourgeois a des inquiétudes; l'argent, si Confiant la veille, se cache; le pain est cher; ces mécontents, dissémines auparavant, se sont rassemblés; ils se réunissent! ils parlent, les misérables; ils écrivent, les irilâmes ; car, hélas! si la liberté "de la presse n'a pas été concédée, elle a été prise. Les beaux jours sont passés I L'orage se prépare I Tel est le tableau exact, l'esquisse fidèle. Dans toute usurpation, il y a deux périodes, l'une ascendante, l'autre descendante; la première peut être longue et .brillante, la seconde est toujours courte. Ajoutons, en terminant, que contre tout usurpateur, suivant la parole de Robespierre, « l'insurrection est le plus saint des devoirs». Elle peut être dangereuse, elle est toujours juste. Le peuple a le droit de s'armer pour reprendre le pouvoir qui lui a été volé, comme le propriétaire d'un objet dérobé a le droit inaliénable de s'en saisir,

— Législ. Usurpation de titres et de fonctions. L'immixtion dans l'exercice <lo l'autorité de personnes sans aucun caractère officiel' est un fait dont il serait superflu de signaler les graves inconvénients et qui devait être réprimé par les lois pénales. On comprend quel danger pourraient faire courir à la liberté et à la fortune des citoyens des individus se donnant faussement pour agents de l'autorité ou de la. force publique, ou pour ' officiers ministériels, et procédant sous ce faux titre aux actes de leur prétendu ministère. Les méfaits de cette nature sont prévus et punis par l'article 258 du code pénal, qui est ainsi conçu : 1 Quiconque, sans titre, se sera immiscé dans des fonctions publiques civiles ou militaires, ou aura fait les actes d'une de ces fonctions, sera puni d'un emprisonnement de deux à cinq ans, sans préjudice de la peine de faux, si l'acte porte ie caractère de ce crime. • La réserve qu'expriment les derniers mots de l'article 258 est relative au cas où le soi-disant fonctionnaire public aurait rédtgé un procès-verbal ou un acte quelconque en prétendant lui imprimer un caractère obligatoire et authentique; tel serait le cas d'un pseudo-notaire rédigeant à ce titre une apparence de testament ou de contrat de mariage. Si le fait n'avait pas le caractère d'une mauvaise plaisanterie, s'il s'pgissait réellement de tromper quelqu'un et d'occasionner un préjudice au moins possible, le délit se transformerait; il ne serait plus question de ia peine de deux à cinq ans d'emprisonnement édictée par l'article 258, mais bien de la peine du faux, c'est-à-dire de celle des travaux forcés.

Cet article 258, malgré ta généralité de ses termes, n'embrasse pas la totalité des ingérences punissables dans l'exercice ne l'autorité publique; quelques faits restent en dehors et sont atteints par d'autres dispositions de la loi pénale. Telle est, parexeitiple,l'u,si<rpalion du cuininaïuieineiic d'un corps d'armée, d'une place forte, d'une escadre ou d'ua

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bâtiment de guerre. Ce fait est manifestement d'une gravité exceptionnelle, et il est puni de la peine de mort par l'article 93 du code pénal. La même peine est môuie applicable à un chef militaire qui se maintiendrait indûment dans un commandement qui lui a été retiré et après que sa révocation lui a été notifiée. L'article 196 du code pénal prévoit un autre cas d'ingérence ou plutôt de simple anticipation dans l'exercice des fonctions publiques : c'est le fait d'un fonctionnaire public, déjà investi de la fraction d'autorité qu'il doit exercer, mais n'ayant point encore prêté le serment auquel sa fonction est assujettie. Si cet agent ue l'autorité ou cet officier public se livre à des actes.de su fonction sans avoir préalablement prêté le serment, l'article 196 du code pénal le déchu-, passible d'une amende de 16 à 159 fraïus. Enfin, l'usurpation des apparences de l'a torité publique et de ses signes extérieurs pi iH se produire et s'est souvent produite accevnirement à un autre crimo dont elle a pu fac liter l'exécution. Nous voulons parler du crime d'arrestation ou de .séquestration illégale commis par de simples particuliers. {/usurpation des titres ou des insignes de l'autorité en pareil cas, par l'individu auteur de l'arrestation ou de la séquestration arbitraire, est une circonstance aggravante, qui rend le coupable passible do la peine des travaux forcés k perpétuité, nu lieu de celle des travaux forcés à temps, qui est la peine normale de ces méfaits alors qu'ils se présentent dégagés de la circonstance que nous signalons.

L'article 259 du code pénal prévoit et punit d'autres faits qui ne sont pas précisément des usurpations de fonctions, mais qui avoisinent ce genre du délit. Il punit d'un emprisonnement de six mois à deux ans « toute personne qui aura publiquement porté un costume, un uniforme ou une décoration qui ne lui appartiendrait pas. » La jurisprudence a décidé que le port du simple ruban de la Légion d'honneur suffisait pour constituer lo délit prévu par l'article 259. En fait de port illégal de costume, il a également été décidé que le fait par un laïque do revêtir publiquement le costume ecclésiastique tombait sous l'application de l'article 259. H en serait autrement d'un costume monacal appartenant à quelqu'un des ordres religieux qui n'ont pas d'existence légale en France. Ce signe extérieur particulier n'appartenant en propre à personne, le fait de l'usurper ne tomberait par lui-même sous l'application d'aucune loi pénale. Ce fait pourrait néanmoins, sans être en lui-même incriminé, entrer comme élément dans un autre délit, par exemple dans la délit d'escroquerie, si le faux moine profitait du respecl attaché à son froc pour faire des dupes.

Le deuxième paragraphe de l'article 259 du code pénal est relatif à \' usurpation des titres nobiliaires et à toutes modifications ou altérations des noms patronymiques, opérées en vue de se créer indûment des distinctions honorifiques. Ce délit de la vanité est puni d'une amende de 500 à 10.000 francs. Ce paragraphe de l'article 259 figura primitivement dans le texte du code pénal de 1810. Après la révolution de 1830, ce paragraphe fut abrogé par la loi du 28 avril 1832, et il devint facultatif à tout faquin de se. donner à son aise de la noblesse, sans se l, rouiller avec la police correctionnelle. Le second Empire a restauré la disposition en question par la" loi du 28 mai 1558, L'usurpation des titres nobiliaires se trouve donc de nouveau interdite et punie de 500 à 10,000 francs d'amende, il n'y a même pas que l'usurpation des titres proprement dits, c'est-à-dire les qualifications de comte, marquis, etc., qui soit punissable. Le- texte du nouvel article 259 atteint jusqu'aux simples modifications du nom de famille, qui tendent à lui donner une apparence aristocratique. Ainsi la simple antépositiou de la particule devant un nom roturier suffit pour faire encourir la peine édictée par l'article 259. 11 est généralement reconnu qu'il n'en serait point ue même du fait de se donner arbitrairement des armoiries.

USURPÉ, ÉB (u-zur-pé) parf. passé du v. Usurper. Pris par usurpation : Cû;<rOJnie usurpée. Titre usurpe. Puuooir usurpé. A utorité usurpée. L'usage d'un puuvoir usurpé n'est pas moins criminel que Cabas d un pouvoir légitime. (Arnault.)

— Eig. Immérité : Réputation usurpée.

Gloire usuRPÉii.

Je prétends soulever las lecteurs détrompés Cçntre un auteur bouffl de succès usurpes.

Gilbert.

USURPER v. a. on tr. (uzur-pé — latin usurpure, mot qui est probablement une corruption de usu rapere, prendre, saisir par l'usage). Entrer injustement en possession tle : Usurpkr le champ de son voisin. USURpkr une couronne. Les jésuites, par un attentat criminel, usurpknt l'autorité de l'Eglise. (Paso.)

— Fig. Arriver à posséder sans droit, : Usurpkr ia gloire, la réputation, l'honneur. On usukpb la gloire comme les biens d' autrui. (Christine de Suède) La lâcheté et l'ëguïsme usuRPiiNT quelquefois le nom de prudence. (V. Cousin.) Toute prudence qui a besoin de se justifier a usurpé son nom. (Ë, de Gir.)

— Absol. ■ La oraie libertine saurait avoir

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d'apposants que ceux qui veulent usurper ou servir. (Mme de Staël.) Le gouvernement a une sphère qui lui est propre; s'il en sort, il USURPE. (Peyrat.)

— v. i). ou intr. Empiéter : On est toujours tenté d'usuRPER sur le champ de son voisin.

S'usurper v. pr. Etre usurpé : Le titre glorieux d'homme de bien ne s usurpe pas. (Mme de Genlis.) La gloire ne s'usURPK point. (Guizot.)

— " Syn. Usurper, • emparer, envahir. V.

s'emparer.

UT s. m. (utt — premier mot de l'hymne de saint Jean-Baptiste, Ut queant Iaxis). Mus. Première note de la gamme ordinaire ; Le ton rf'uT. La clef dur. Chanter en ut. Donner Vyyt de poitrine. Il Signe qui ligure cette note : Ecrire un UT. Il On dit aujourd'hui do en solfiant.

— Kani. Ut de poitrine, Chanteur qui donne l'ut de poitrine : Le directeur de l'Opéra vient de découvrir un ur an poitrine.

— Encycl.. Ut est le nom donné à la première note de la gamme de ce ton, gamme qui sert de type à toutes les autres et que l'on prend toujours pour modèle caractéristique, parce que c'est la plus naturelle et la moins compliquée au point de vue de l'œil, cette gamine n armant la clef d'accidents d'aucune sorte. Ce nom, comme celui des cinq autres notes suivantes de la même gamine, est emprunté à l'hymne de saint Jean, dans les paroles duquel Guido il'Arezzo a pris les premières syllabes de chaque vers :

Ut quciml Iaxis Resonare fibris Mira yeslorum FamtUi tuorum, Solue potluli habii realitm.

Sancle Johannes.

L'ut occupe la première place dans notre échelle musicale. La note ut répond à la lettre C de l'ancienne solmisation et donne son nom à quatre clefs différentes : la clef d'ut première ligne, qui donne les notes à la tierce inférieure de la clef de sot; la clef il'ut seconde ligne, qui les donne à la quarte supérieure ; la clef d'ut troisième ligne, qui les donne à la seconde supérieure; et enrin, la clef à'ut quatrième ligne, qui les donne à la seconde, intérieure. Ou a proposé de remplacer l'appellation ut par do.

UTAH, territoire des Etats-Unis d'Amérique, limité au N. par l'Orégon, à l'E. par le Colorado, au S. par le Nouveau-Me.\ique et à l'O. par le Nevada ; compris entre 37° et ■120 de ialjt. n. e{ entre 109° et 1 15» 30' de longit. O.; superficie, 390,749 kilom. cariés; 130,000 hab. Capitale, Salt-Lake-City. L'Utuh, traversé dans sa partie septentrionale par le chemin de fer Grand-Central-Pacifique, est appelé a devenir rapidement un des Etats les plus prospères de la grande république américaine.

Cette contrée est très-montagneuse; ses • principaux reliefs sont à l'E., la prolongation des montagnes Rocheuses, qui prennent là différents noms; au S.-E., elles portent le nom de sierra de las Grullas; à l'O., ce sont la sierra d'Azul et les monts Wahsatch. Parmi les nombreux cours d'eau qui descendent de ces montagnes, nous citerons le Yanipah, le Colorado, le Nicolet; parmi les lacs, les plus importants sont : le lac Salé au N.-E., le lac Utah au S.-E. de ce dernier, et le lac Astley à l'O. de la capitale. Les montagnes de l'E. et de l'O. contiennent des mines d'argent, de cuivre et de plomb, dont l'exploitation commence à prendre des développements.

Plusieurs parties du sol de l'Utah ne sont pas susceptibles d'être mises en culture; mais, dans les vallées, et surtout entre le lac Salé et Filmure-City, le sol est très-fertile et bien cultivé. C'est dans ce dernier district que les mormons ont fondé leurs principaux établissements (v. mormons). Le territoire de l'Utah faisait partie, avant 1845, de la Californie supérieure ; k celte époque, les Etats- Unis en obtinrent la cession du Mexique. Quand, en 1847, les mormons commencèrent à se diriger vers cette contrée, ils la trouvèrent occupée par quelques tribus errantes, qui firent place aux arrivants, sans opposer une résistance Sérieuse.

UTAMANIE s. f. (u-ta-raa-nl). Genre de palmipèdes, formé aux dépens des pingouins.

UTANIE s, f. (u-ta-nl). Bot. Syn. de fa- GRÉe, genre de loganiacées.

UTENHOVE ou UVTTENHOVE (Charles), poëte hollandais, né à Gand vers 1536, mort en 1600. Il mena une vie indépendante et fut en relation avec les plus célèbres érudits de son époque. On a de lui : Epistotarum centuria (Cologne, 1597); Mylk/Augia œsopica, eu vers (Stciiit'urt, 1607); diverses pièces de vers, insérées dans les JJeticiiB poetarum belgicorum.

BTEIS I10VE (Jacques - Maurice -Charles , baron d'), astronome hollandais, né à Utrecht en 1773, mort à Lieuden en 1S3S. Il étudia dans sa ville natale les sciences, particulièrement l'astronomie, commença en 1795 a faire des observations à l'observatoire d'U-

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trecht, puis, h partir de 1799, il s'occupa plus spécialement de la partie théorique de cette science. Ùtenhove calcula la position par rapport à l'écliptique de 35 étoiles et fit paraître plusieurs mémoires. Membre de la Société des sciences de Harlem, de l'institut royal des Pays-Bas (1816), de l'Académie de Lîruxelles(1818), ce savant siégea, de 1818 à 1830, dans la seconde Chambre dos états généraux. Il passa les dernières années de sa vie dans la retraite, s'occupant d'observations météorologiques. Parmi ses mémoires insérés dans le Messager des sciences et des lettres, dans le recueil de l'institut des Pays- Bas, etc., nous citerons : Remarques sur t opinion de Bode relativement au déplacement des pâles (I800); Observations et calcul de l'orbite de la comète de 1811 ; Mémoire sur la division du cercle en parties égales; Mémoire sur l'invariabilité des forces centrifuges dans le mouvement cycloîdal, ete; On lui doit des annotations à la traduction, parDarquier, des Lettres cosmologiques de Lambert.

UTÉRALGIE s. f. (u-té-ral-j! — de utérus, et du gr. atgos, douleur). Pathol. Douleur nerveuse del utérus.

UTÉRANGIOLEUCITE s. f. (u-té-ran-ji-Oleu-si-ta — de utérus, et du gr. aggeion, vase; leukos , blanc). Pathol. Inflammation des vaisseaux lymphatiques de l'utérus.

UTÉRÉMIE s. f. (u-té-ré-ml — de utérus, et du gr. aima, sang). Pathol. Congestion sanguine de l'utérus.

UTÉREMPHRAXIE s. f. (u-té-ran-fra-kst — de utérus, et du gr. emphraxis, obstruction). Pathol. Obstruction de l'utérus.

UTÉRIN, INE adj. (u-té-rain, i-ne — rad. utérus). Né de la même mère et non du même père : Frères utérins. Sœur utérine. Solon avait laissé au frère ta liberté d'épouser sa sœur utérine. (Chateaub.)

— Anat. et pathol. Qui se rapporte à la matrice : Douleur utérine, il Fureur utérine, Syn. de nymphomanie, il Granulations utérines, Petites tumeurs qui envahissent la cavité et quelquefois le col de l'utérus.

— Subsiantiv. Frère utérin, sœur utérine : Les utérins et les consanguins.

— s. m. Méd. Médicament produisant un effet particulier sur l'utérus.

— Encycl. Jurispr. Dans le cas de fraternité purement consanguine ou purement utérine, « il arrive souvent, dit Toullier, que le frère de mon frère n'est pas mon parent ; par exemple, j'ai un frère consanguin, le-

?uel a un frère utérin ; ce frère de mon rère n'est pas mon parent. Il peut aussi arriver que les relations de la parenté se croisent et se confondent de telle manière que deux individussoient parents utérins, quoique issus de mères et d aïeules différentes, ou parents consanguins, quoique issus de pères et d'aïeuls différents; ou bien, enfin, le premier parent consanguin du second, et le second parent utérin du premier, comme il arrive lorsque deux veuves épousent les enfants l'une de l'autre issus de leur premier mariage. Par exemple, Prima (veuve de Primas) a un lils, Paul; elle épouse Jacques, fils de Secunda (veuve de Seoundus) ; elle en a un fils, Charles. De Son côté, Secunda épouse Paul, fils de Prima, et de ce mariage naît un fils, Adrien. Chiuïes est en même temps frère utérin de Paul et oncle paternel d'Adrien, et néanmoins parent utérin de ce dernier, puisqu'ils ne sont pas issus du même père ni du même aïeul. Us ne sont pas non plus issus de la même mère, puisque Charles est (ils de Prima et Adrien de Secunda ; mais Secunda est aïeule d'Adrien et mère de Charles. Ainsi tous les deux ont des femmes pour tronc commun. Adrien, à son tour, quoique frère utérin de Jacques, est oncle paternel de Charles. »

Dans certaines coutumes trançaises, on désignait par les mots demi-frères, demisœurs les frères et sœurs consanguins ou utérins. Ces mots sont encore usuels.

La distinction entre les parents germains, consanguins ou utérins est très-importante pour fixer les droits de chacun dans une succession. Les germains, étant à la fois parents paternels et maternais et étant unis par un lien de parenté double, succèdent dans les deux ligues; les autres ne succèdent que dans la ligne à laquelle ils appartiennent.

— Anat. l° Artère utérine. C'est une branche artérielle qui nuit de l'hypogastrique ou iliaque interne, quelquefois de l'ombilicale ou d'un tronc commun avec cette artère. Eile se porte vers l'utérus et se divise en trois branches dont les ramifications se distribuent à la face externe de cet organe, s'anastomosant avec l'artère utéro-ovarique.

L'artère utérine est remarquable par ses flexuosités nombreuses et par le développement qu'elle prend pendant la gestation.

20 Nerfs utérins. L'existence de nerfs utérins a été révoquée en doute par plusieurs aiiatomistes. Jobert de Lamballe, entre autres, affirmait que le col de l'utérus était dépourvu de nerfs, puisqu'il demeurait insensible à la cautérisation au fer rouge, fait parfaitement exact. M. Ludovic Hirsehfeld, au contraire, pense que cet organe reçoit des nerfs des plexus du grand sympathique et des nerfs de la vie animale; il dit même que ces nerfs se développent pendant la grossesse comme les artères correspondantes. Plu-

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sieurs anatomistes sont, en effet, parvenus à démontrer l'existence de nerfs utérins, en grande partie provenant des plexus ovariques et hypogastriques , formant des rameaux ascendants et descendants.

3» Plexus utérins. Ce sont des plexus formés par les nerfs de l'utérus.

40 Mucus utérin. On donne ce nom au mucus normalement sécrété par la muqueuse utérine. Celui du corps, liquide demi-transparent, grisâtre, chargé de cellules épithéliales à novaux ovoïdes, diffère de celui du col , limpide, légèrement jaunâtre et gélatini forme. C'est ce dernier qui produit la leucorrhée par hypersécrétion et qui, pendant la grossesse, donne naissance au bouchon gélatineux du col.

50 Muqueuse utérine. C'est la membrane muqueuse qui tapisse l'utérus. V. caduc.

— Granulations utérines , affection granuleuse de l'utérus. V. utérus.

— Fureur utérine. V. nymphomanie.

PTÉR1NITÉ s. f. (u-té-ri-ni-té — rad.

utérin). Jurispr. Qualité d'utérin.

UTÉRITE s. f. (u-té-ri-te — rad. utérus). Pathol. Inflammation de l'utérus. Il On dit aussi métritB.

UTÉROCARCINIE s. f. (u-té-ro-kar-si-nî

— de utérus, et du gr. karkinos, cancer). Pathol. Cancer de l'utérus.

UTÉROCEPS s. m. (u-té-ro-sèpss — de utérus, et du lat. capio, je prends). Chir. Instrument avec lequel on saisit le col de l'utérus.

UTÉROCLAS1E s. f. (u-té-ro-kla-zî — de utérus, et du gr. klazô, je brise). Pathol. Rupture de l'utérus.

UTERO-FOLLICULAIRE adj. (u-té-ro-folli-ku-lè-re — de utérus, et de follicule). Méd. Qui a rapport aux follicules de l'utérus : Po~

lupe UTÉRO-FOLLICULAIRK.

UTÉROHYDATIDIE s. f. (u-té-ro-i-da-ti-dl

— de utérus, et de hydatide). Pathol. Existence de tumeurs hydatiques dans l'utérus.

UTÉRO-LOMBAIRE adj. (u-té-ro-lon-bè-re

— de utérus, et de lombaire). Anat. Qui appartient à l'utérus et aux lombes. Il Ligaments utéro-lombaires. V. utÉRO-sacré.

UTÉROMANIE s. f. (u-té-fo-ma-nl — de utérus, et de manie). Pathol. Fureur utérine, hystérie, désir immodéré du coït chez la femme, poussé jusqu'à la folie.

• — Encycl. Cette affection, sur laquelle la plupart des auteurs de l'antiquité, entre autres Hippocrate, Galien, Celse, Arétée, Oribase, Paul d'Egine, gardent un silence complet, a été décrite d'abord par Sotanus sous le nom de mtfoinvia ; puis, d'après cet auteur, par Aetius sous celui de furor uterinus, et par Moschion sous la dénomination de satyriasis. Les médecins qui ont écrit sur celte névrose ne sont pas d'accord sur son siège; les uns l'ont placé dans les organes génitaux, les autres l'ont fixé dans l'encéphale, et les plus modernes dans le cervelet exclusivement.

Aujourd'hui, on admet que Vuléromanie est le résultat de l'irritation simultanée du cerveau et des organes sexuels. Cette exagération morbide de l'appétit vénérien, cet asstus eroticus, est moins une maladie qu'un symptôme dont la manifestation exige à la fuis le concours de l'encéphale et des organes auxquels se rapportent les sensations erotiques. Le point ue départ est tantôt dans le cerveau, tantôt dans la matrice et ses dépendances; dans le premier cas, le mal se développe sous l'influence de causes morales qui irritent secondairement les parties génitales, et dans le second" cas la névrose est le résultat d'une irritation primitive des organes de la génération réagissant sympatliiquement sur le cerveau et surtout sur le cervelet.

Cette affection, qui peut se manifester à tous les âges, attaque principalement les femmes d'un tempérament utérin primitif, qui est déterminé par la prédominance du système sanguin et l'extrême irritation des viscères abdominaux. Les femmes de cette constitution présentent quelque chose des traits de Sapho ; leur taille est petite, leur peau est brune et leur teint coloré; chez elles, les seins et tous les attributs de la puberté se Sont développés de bonne heure ; le clitoris et les nymphes, qui offrent ordinairement une longueur anomale, sont doués d'une trèsgrande sensibilité. Les jeunes veuves qui ont à regretter des jouissances fréquentes, les tilles publiques qu'une réclusion forcée prive tout à coup des plaisirs vénériens auxquels elles se livraient avec excès, les femmes ardentes qui sont mariées a des hommes dont la constitution débile et froide ne permet pas des rapprochements sexuels souvent répétés, enfin, celles qui sont atteintes d'une affection cérébrale chronique sont les plus exposées à l'affreuse maladie qui nous occupe, surtout quand elles habitent des climats chauds où les passions sont plus vives et l'imagination plus exallée. 11 est des femmes chez lesquelles les organes génitaux ont acquis une telle prépondérance, qu'il leur est presque impossible <ie dompter l'ardeur erotique qui les dévore; telle, était la\jeune fille dont parle Buffon. « J'ai vu, et je l'ai vu comme un phénomène, une jeune fille de douze ans, très-brune, d'un teint vif et fort coloré, de petite taille, mais déjà formée, avec de la gorge et de l'embonpoint, faire les actions les plus indécentes au seul aspect

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de l'homme; rien n'était capable de l'en empêcher, ni la présence de sa mère, ni les remontrances, ni les châtiments. Elle ne perdait cependant pas la raison, et son accès, qui .était marqué au point d'en être affreux, cessait dans le moment qu'elle demeurait seule avec les femmes. > Telle était encore la fameuse Messaline, dont Juvénal et Pline le Naturaliste nous ont raconté l'impudique histoire. Elle s'échappe la nuit du ht où dort l'empereur Claude, son stupide époux et, déguisée sous tes habits de la courtisane Lycisca, elle court affronter la brutalité des plus vils débauchés :

Et lassata vins, std non satiata, recessit.

Parmi les causes qui agissent primitivement sur l'encéphale et consécutivement sur les organes sexuels, on doit ranger toutes les circonstances capables de déterminer un surcroit d'excitation sur le centre sensitif et d'augmenter l'exaltation des sens et des idées ; telles sont un amour malheureux, une affection concentrée, les lectures lascives et passionnées, la vue de peintures licencieuses, les entretiens erotiques et romanesques, le commerce intime avec des gouvernantes ou des compagnes corrompues, la fréquentation des bals, des théâtres; la culture trop assidue des beaux-ans, la vue fortuite d'ébats amoureux et l'influence de 1 imitation qui, dans ce cas, comme dans celui des affections nerveuses, a des effets aussi funestes que constants. On regarde également comme pouvant produire l'utéromanie l'abus des aliments et des médicaments dits aphrodisiaques, celui des liqueurs spiritueuses, l'usage immodéré des aromates et des parfums qui, en excitant le cerveau et la sensibilité générale, réveillent et exaltent l'appétit vénérien. Les causes dont l'action se fait sentir primitivement et directement sur la matrice et ses dépendances, et qui peuvent ensuite réagir synipathiqueuient surle cerveau, sont le3 habitudes solitaires, l'abus du coït, une affection dartreuse ou le prurigo de la vulve, l'irritation du clitoris et des nymphes, l'inflammation du col de l'utérus et celle des ovaires; nous ajouterons que l'âge de la puberté, celui de la cessation physiologique des règles, ainsi que l'époque de leur écoulement, sont les circonstances les plus favorables au développement de l'affection qui nous occupe. Il est encore une cause fréquente et non moins puissante de l'exaltation erotique exagérée, qui n'est autre chose que la présence des vers ascarides, qui, eu titillant le rectum, les nymphes, le clitoris, les grandes lèvres et le vagin, déterminent sur 1 appareil génital une excitation et une démangeaison qui forcent Jes malades à se gratter au point de donner naissance aux désirs erotiques les plus immodérés. Enfin, l'emploi des purgatifs drastiques et surtout l'usage externe ou interne des cantharides ont quelquefois provoqué l'exagération de l'excitation génitale.

Au début de la maladie, la femme éprouve des désirs vénériens qui sont plus vifs aux époques menstruelles, mais que la pudeur lui fait dissimuler. Le soin qu'elle met k cacher les idées obscènes dont sou imagination est sans cesse agitée, ainsi que les illusions d'un amour platonique qui a pour elle des charmes irrésistibles, exalte son imagination, la rend triste, taciturne, mélancolique; elle perd l'appétit, le sommeil et recherche la solitude pour ne pas être distraite des pensées dont son imagination est sans cesse préoccupée.. Lorsque l'affection fart des progrès, loin de" chercher à cacher son penchant irrésistible, la malade emploie toute sou adresse a le faire connaître par ne fréquents soupirs, des propos encourageants, des attitudes voluptueuses, enfin par l'oubli complet de toute pudeur. A la vue d'un homme, le pouls de l'utéromane s'agite, sa face est plus rouge et plus animée, sa respiration devient tumultueuse, ses sens se troublent, elle tient des propos et fuit souvent des gestes indécents; enfin, lorsque l'irritation est parvenue au plus haut degré, elle frappe, déchire tout ce qui lut résiste et tombe enfin dans un délire furieux. Outre les symptômes essentiels et caractéristiques de la maladie, il y a ordinairement des signes de véritable folie qui peuvent être rémittents ou complètement intermittents, jusqu'à ce que de nouvelles causes les reproduisent. La femme, toujours en proie k .un état spasmodique général ou local, éprouve des lassitudes dans les membres et un sentiment d'ardeur prurigineuse dans les lombes, l'hypogastre, les seins; ses urines plus ou moins abondantes sont toujours claires, et ses parties génitales, qui sont rouges, gonflées et Sans cesse irritées par des attouchements et des manœuvres illicites, sont ordinairement le siège d'un écoulement sanieux etfétide,elqueIquefoismême purulent. Enfin, une respiration précipitée, des palpitations pénibles, une soif-ardente, un grincement de dents, le spasme de l'oesophage avec un sentiment de strangulation et parfois une sorte d'hydropbobie sont encore des phénomènes qui accompagnent l'utéromanie. La terminaison de cette maladie est quelquefois funeste, surtout quand elle coïuctue avec des affections organiques des ovaires, de la matrice et de ses dépendances. Dans quelques cas, les accès de la fureur utérine se succèdent aussi régulièrement etse terminent d'une . manière aussi funeste qu'une fièvre pernicieuse intermittente. Jolly a rapporté un fait

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de ce genre. On sait aussi qu'Eusébie, femme de l'empereur Constantin, lils de Constantin le Grand, mourut d'un accès de fureur utérine. Nicolas Blegny, qui fonda en 1G78 l'Académie des nouvelles découvertes en médecine, rapporte qu'une religieuse qui avait été atteinte de plusieurs accès d'utéromanie en eut un si violent qu'elle mourut comme suffoquée. Paul d'Egine cite également l'observation d'une belle femme de Delphes, qui mourut dans un accès du même genre, quoiqu'on ait vu quelquefois la mariage mettre fin à l'utéromanie. Swenok rapporte qu'une Italienne, qui dans un accès était sortie nue de chez elle et s'était introduite dans une maison de débauche où plusieurs hommes assouvirent sur elle leur passion, recouvra la santé au milieu de leurs brutales caresses. On ne doit cependant recourir h ce moyen que lorsqu'on est bien fixé sur l'étiologie du mal et sur l'opportunité du remède. C'est assez dire qu'on ne saurait apporter trop de réserve et de prudence, si l'on devait donner un conseil sur un point aussi délicat.

Le traitement de l'utéromanie varie selon ses causes et le siège primitif de la maladie, c'est-a-dire que les moyens thérapeutiques doivent être dirigés tantôt sur l'encéphale, tantôt sur les organes génitaux auxquels se rapporte l'appétit vénérien exagéré qui domine les malades. Dans le premier cas, qui selon nous est très- fréquent, on devra, surtout lorsque l'utéromanie sera à sou début, avoir plus de confiance dans les moyens hygiéniques que dans les médicaments, qui sont Te plus souvent inefficaces pour combattre une maladie qui prend sa source dans une affection morale. On commencera donc par procurer à la malade des distractions propres a détourner son imagination de toute pensée lascive au moyen d'une occupation sans relâche, de voyages et de promenades.

On évitera avec le plus grand soin toutes les circonstances capables d'entretenir l'exaltation erotique, telles que les statues , les images , la lecture des romans , les bals, les spectacles, la fréquentation des hommes, etc. On tâchera toujours d'occuper leur esprit d'objets étrangers à leur passion, et ou fera en sorte quelles n'aient des rapports et des entretiens qu'avec d'autres femmes; on prescrira en même temps l'usage des grands bains tièdes prolonges, avec des allusions froides sur la tète, pendant le séjour de la malade dans le bain. Les émulaions d'amandes avec addition de nitrate de potasse, les boissons tempérantes, froides et édulcorées avec du sirop d'orgeat, de groseilles, de guimauve; celles faites avec de l'eau de laitue, de concombre, de melon, de citrouille, de nénufar, et les lavements de même nature avec addition de Camphre; enfin, le petit-lait, les bouillons nitrés, de poirée et d oseille, ceux de poulet et de veau, les limonades, la diète végétale et lactée, les saignées générales, les' applications de sangsues derrière les oreilles et surtout à la nuque, sont autant de moyens qui pourront être appliqués avec avantage dans le* cas où la maladie aurait son point de départ dans l'encéphale.

Si l'utéromanie a-v ah pour origine une cause locale u'excitation Vénérienne, telle que la masturbation, une affection darueuse, un prurigo, une leucorrhée, la présence de vers, etc., on devrait chercher à éinousser la sensation prurigineuse qui porte les malades à des ex<:ès révoltants qui leur sont si funestes, en joignant aux moyens déjà indiques divers topiques, tels que des injections émollieuteset narcotiques, et des applications " sur les parties génitales de liugts imbibes des dècociions Ue têtes de pavot, de laitue, de morelle, de ciguë, etc. Ou pourra aussi, dans le même bui, avoir recours a des onctions faites avec de la pommade de concombre opiacée ou du cerat calcaire, préparé avec un mélange d'eau de chaux et d'huile d'olive, agité avec une spatule. Les demilavements de lait avec une addition de camphre et l'emploi interne du camphre sont des moyens dont l'efficacité a été reconnue depuis longtemps, four diminuer l'orgasme vénérien , quelques auteurs ont conseillé la ciguë; mais la vertu antiphiodisiaque da cette plante est loin d'être constatée, quoique saint Basile ait du : Se vidisse guuidam feminus,aux potions cicutœ extinxerint rabiosas cupidilules. Enfin, dans le but d'abattre les désirs erotiques, Coster a employé le tartre stibié à petite dose, dans 1 Lue d'eau, à prendre par verre toutes les heures, de manière à exciter des nausées sans déterminer ue vomissements. Selon ce médecin, les nausées et l'affaiblissement musculaire qui résulte de l'emploi de ce moyen ne manquent presque jamais de produire l'effet désire. Il est bon de dire aussi qu'on devra enlever de la couche de la malade tout ce qui peut exciter les organes génitaux.. Ainsi les mateias trop mous, les lits de plume, les édredons seront rejetés, et le lit sera composé d'un sommier et d'un matelas de Crin, On rejettera également comme un moyen dangereux et contraire à la morale la titillation du clitoris, conseillée par quelques anciens auteurs.

L'excision du clitoris serait également inefficace pour combattre la vraie utéromanie, au traitement de laquelle Levret l'a vainement employée. Cette opération n'a jamais servi qu'a faire cesser des habitudes vicieuses, auxquelles on peut remédier au moyen

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de l'appareil ingénieux du professeur Cloquât, qui consiste dans une sorte de masque de fil de fer dont les mailles rapprochées s'opposent au passage du doigt. A l'emploi des moyens que nous venons d'indiquer, on joindra la diète lactée et végétale, l'abstinence des boissons et des aliments excitants, et l'on devra toujours, dans les intervalles de calme, rappeler à la malade ce qu'elle doit à elle-même et à sa famille, qu'elle déshonore par ses honteuses habitudes. Enfin, si l'utéromanie est parvenue à son dernier degré, le mal, qui, dans ce cas, est le plus souvent incurable, n'exigerait pas d'autre traitement que la manie. V. manu;.

UTÉROMÉGALIE s. f. (u-té-ro-mé-ga-11 — de" utérus, et du gr. megas, grand). Pathol. Augmentation de volume de l'utérus.

UTÉRO-OVARIEN, IENNE adj. Anat. Qui appailieut s l'utérus et à l'ovaire. Il Artère utéro-ovarienne, Artère qui, chez la femme, remplace l'artère spermatique de l'homme.

— Encycl. Artère utéro-ovarienne. Cette artère est double et se porte sur les parties latérales du corps de l'utérus, où elle donne une branche utérine et une branche ovarienne. La première se dirige vers les bords de l'utérus et s'anastomose au niveau des bords et dans l'épaisseur de son tissu avec l'artère utérine de l'hy pogastrique ; la seconde se porte à la trompe de Kallope et k l'ovaire, où elle se termine. L'artère utéro-onarienne est en rapport, en arrière, avec le psoas et l'uretère. Elle est recouverte par le péritoine et entourée par les vaisseaux veineux qui portent le même nom. Dans le bassin, ce vaisseau se porte de dehors en dedans et d'arrière en avant, dans l'épaisseur du ligament large, jusqu'aux angles de l'utérus. Les branches terminales de celte artère présentent une disposition particulière soit dans l'utérus, soit dans l'ovaire; elles se terminent en forme de vrille analogue à celle des corps caverneux chez l'homme ; elles constituent, en un mot, des artères hélicines.

UTÉRO-PLACENTA1RE adj. (u-té-ro-plasain-tè-re — de utérus, et do placenta). Anat. Se dit de l'utérus rempli du placenta : L'appareil BTÉRO-PLACENTAIRE.

UTÉRORRHAGIE s. f. Syn. d'UTERRHEMIB. .

UTÉRORRHÉE s. f. (u-té-ror-ré — de utérus, et du gr. rheô, je coule). Pathol. Ecoulement de liquides blancs provenant de l'utérus.

UTÉRO-SACRÉ, ÉE adj. (u-té-ro-sa-kré — de utérus, et de sacré}. Anat. Qui appartient à l'utérus et au sacrum. Il Ligaments utérosacrés ou utéro-lombaires, Ligaments de l'utérus furmés d'une expansion du tissu fibreux sous-péritonéal qui se fixe sur l'aponévrose pelvienne et le sacrum.

UTÉROSCOPIE s. f. (u-tê-ro-sko-pî — de utérus, et du gr. s/copeô, j'examine). Méd. Examen de l'état de l'utérus et du fœtus à l'aide de certains instruments.

UTÉROSOME s. m. (u-té-ro-so-me — de utérus, et Ou gr. soma, corps). Entoin. Genre d insectes coléoptères tétratneres, de la famille des charançons, tribu des anthribides, comprenant deux espèces, qui habitent Madagascar.

UTÉROSTÉNIE s. f. (u-té-ro-sté-n! — de utérus, et du gr. sténos, étroit). Pathol. Etroitesse ou rétrécissement de l'utérus.

OTÉROSTOMATOME s. m. (u-té-ro-stoma-to-m« — de utérus, et du gr. stuma, orifice; tome, .section). Chir. Instrument dont on se sert pour inciser les bords du col de l'utérus.

UTÉROSTOMELCIE s. f. (u-té-ro-sto-mèlsl — de utérus, et du gr. stoma, bouche ; elkos, ulcère). Pathol. Ulcération du col de l'utérus.

UTÉROTOME s. m. (u-té-ro-to-me — de utérus, et du gr. tome, section). Chir. Instrument servant h la section de l'utérus.

UTÉROTOMIE s. f. (u-té-ro-to-mt — de utérus, et du gr. tome, section). Chir. Incision dû col de l'utérus.

UTÉROTOMIQUE adj. (u-té-ro-to-mi-ke — rad. utérotomie). Chir. Qui a rapport à l'utérotomie ou k l'utèrotome.

UTËROTRAUM1E s. f. (u-té-ro-trô-mî — de utérus, et du gr. Irauma, blessure). Pathol. Blessure de l'utérus.

UTÉROTRYPIE s. f. (u-té-ro-tri-pl — da utérus, et du gr. trupaâ, je perce). Pathol. Perforation de l'utérus.

UTÉRO-VAGINAL, ALE adj. (u-té-ro-vaji-nal, a-le — de utérus, et de vaginal). Anat. Qui appartient à l'utérus et au vagin.

UTERRHÉMIE s. f. (u-tèr-ré-mî — de utérus, et du gr. haima, sang). Pathol. Hémorragie utérine, il On dit aussi utiïrourhagie.

1 UTÉRUS s. m. (u-té-russ — mot lut. qui ! signifie matrice, cavité, et qui appartient k ' la même famille que le gr. oul/uir, et le san- ' scrit udhas, uduran, outre, matrice, qu'Eieh-

hoff fait venir de la racine sanscrite ud, reni- . plir), Anat. Nom scientifique de la matrice : | Le col de Tutérus. Une maladie de J'utérus. | il Utérus md/e, Nom donné quelquefois àl'u-

tricule prostatique.

— Encycl. L'utérus est un organe destiné ' a recevoir le produit de la conception et à

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l'expulser au terme de la grossesse. C'est lui qui fournit aussi le sang de la menstruation. Il présente à étudier sa situation, sa consistance, sa direction , sa mobilité, son poids, son volume, sa conformation extérieure et ses rapports, sa conformation intérieure et sa structure.

L'utérus est situé dans le petit bassin, entre le rectum et la vessie, avec laquelle il est plus immédiatement en rapport; il est placé au-dessus du vagin et au-dessous des circonvolutions intestinales qui, en le recouvrant, le séparent du rectum. Différent pendant la vie et après la mort, le tissu de la matrice est mou pendant la vie comme celui des autres muscles; il devient rigide après la mort. La mollesse de ce tissu est démontrée par les impressions que laissent sur son fond les anses intestinales. Cette mollesse de la matrice pendant la vie rend compte da certains phénomènes curieux qui, relatifs à le direction et k la mobilité de cet organe, ont échappé à beaucoup d'anatomistes. La direction de la matrice varie. Ces variations sont en rapport av.'c l'état de vacuité ou d'ampliation de la vessie, et aussi avec la mollesse du tissu utérin. Lorsque la vessie est vide, le corps de !a matrice se porte en avant et le col un peu en arriére, comme dans l'antéversion; si elle contient une certaine quantité d'urine, son axe est oblique de haut en bas et d'avant en arrière; enfin, si te réservoir est très- distendu, le corps de la matrice est porté en arrière et son axe dirigé de haut en bas et d'arrière en avant. Lorsque le corps est incliné en avant, on voit ordinairement un léger coude se montrer entre le corps et le col ; cet angle est déterminé par la pression qu'exercent sur le corps de la matrice les circonvolutions de l'intestin. Cet angle disparaît lorsque la pression cesse; mais, si la mort survient pendant que la matrice est ainsi inclinée, l'axe fléchi conserve cette direction, à cause de la rigidité que prend le tissu de l'utérus. On conçoit que la disposition du corps de la matrice a se porter eu avant soit bien plus marquée après l'accouchement, car la grossesse relâche les ligaments de la matrice et augmente le poids de cet organe. Nous venons de voir que la matrice jouit d'une certaine mobilité, et que la partie supérieure de Cet organe s'incline facilement soit en avant, soit en arrière. A l'état normal, l'u/eVus ne peut pas s'incliner sur les côtés, à cause de lu présence des ligaments larges; il se déplace difficilement aussi, soit en bas, soit en haut. Mais lorsqu'il devient, par suite d'un état pathologique , le siège d'une tuméfaction, lorsqu'il se dilate par le développement du produit de la conception, ses moyens de fixité se relâchent et il présente des inclinaisons variées. Les déplacements se voient fréquemment aussi, même après la disparition de la grossesse ou de l'état pathologique, parce que les ligaments qui le retenaient ont perdu de leur résistance. L'utérus est maintenu en position : 1<> par les ligaments larges, replis pêritonéaux qui se portent de ses parties latérales sur les côtés de l'excavation pelvienne; 2° par les ligaments utéro-sacrès, qui le fixent aux parties latérales et inférieures du sacrum ; ■}" par les ligaments ronds qui vont s'insérer au pubis; 40 par son adhérence à la vessie ; 5° par son insertion k l'ex- Irémité postérieure du vagin.

D'après M. Sappey, le poids moyen de !'«ter us est de il grammes. Les plus petits ont un poids d'environ 32 grammes et les plus volumineux de 55 grammes, en dehors de tout état pathologique.

Les trois diamètres de la matrice varient chez les'nullipares et chez les multipares. Voici le résultat auquel est arrivé M. Sappey, d'après des mesures prises sur huit femmes nullipares et sur huit multipares de seize à cinquante ans :

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