NELLE
VACE ( Robert ) , chroniqueur anglo-normand.V. "Wace.
VACELLE s. f. (va-sè-le). Servante; fille d'auberge, de basse-cour.
VACERRE s. m. (va-sè-re). Antiq, gaul.
Druide d'une classe particulière.
VACIIA, ville de l'Allemagne du Nord, dans le grand-duché de Saxe-Weimar, chef-lieu du bailliage de son nom, à 24 kilom. S-O. d'Ëisenach, près de la rive gauche de la Wera; 2,300 hab. Tanneries, papeterie, peigueries de laine ; manufacture de tabac; carrières de pierres de. taille.
VACHE s. f. (va-che. — V. l'étymologie à la partie encycl.). Femelle du taureau : Une vache rousse. Du lait de vache. Ce sont les bonnes vaches à lait qui font une partie des richesses de la Hollande. (Buff.) La vaciiisfut un des premiers animaux soumis à la volonté de l'homme. (T. de Berneaud.) La vache porte neuf mois. (F. Bastiat.) La chair de la vache n'est pas inférieure en soi à celle du bœuf. (L. Cruvêilhier.) Dans les espèces sauvages, les. vaches cessent d'avoir du tait après le sevrage du veau. (Maquel.)
Colin gardait un jour les vaches de son père;
Colin n'avait pas de bergers.
Et s'ennuyait tout seul. . ......
PtOttlAN.
— Viande de vache : Manger de la vachb,
— Peau de vache corroyée : Un coffre couvert d'une vache. Des souliers en vache, il Couverture en peau qu'on étend au-dessus des paquets placés sur l'impériale d'une diligence, il Grand panier ou coffre revêtu dé cuir, que l'on place sur l'impériale d'une voiture, pour recevoir les colis : Sur le devant de cette voiture, on voyait un chasseur gui servait de courrier, et, à l'arrière, deux femmes de chambre à gui les cartons et les paquets mis par-dessus les vaches cachaient le paysage. (Bàlz.)
— Pop. Femme dont l'embonpoint a pris un développement excessif; femme dévergondée : Quelle vachb 1 Quelle grosse vache 1 Deux petites-maitresses, assises sur le gazon, virent passer un paysan dont les cheveux étaient blancs; elles tui dirent d'un ton railleur : « Est-ce qu'il a neigé sur les montagnes ? — Apparemment, répondit le bonhomme, puisque les vaches sont descendues dans la plaine. »
— Poil de vache, Poil roux comme celui d'un grand nombre de vaches. Il Nœud de vache, Nœud plat, qui se trouve manqué.
— Coup de pied en vache, Coup de pied lancé à la manière d'une vache qui rue : La jument ruait d'une seule jambe, lançant de côté ce que les maitres de chausson et de boxe appellent le coup de pied en vache, coup extrêmement perfide et dangereux. (Th. Gant.)
— Vache à lait ou Vache laitière, Vache que l'on élève pour le lait qu'elle fournit. Il Fig. et familierem. Personne ou chose qui est pour quelqu'un une source continuelle de profit : Cet homme-là fait de vous une vache a lait. (Mol.) Le jeu, le bal et les spectacles sont les trois vaches A lait de la médecine. (Raspail.)
— Plancher des vaches, Terre ferme, par opposition à la mer : Il n'est rien tel que le plancher des vaches pour voyager. Il Manger de la vache enragée, Etre réduit à un état voisin de la misère, vivre de privations : Un homme qui n'A jamais mange de la vache enragée n'est jamais qu'une poule mouillée. (Mcie E. de Ôir.) J'ai un estomac d'autruche, grâce à Dieu : j'ai mangé de la vache enragée dans les bons jours, des cailloux dans les mauvais. (E. Augier.) I) Parler français comme une vache espagnole, Parler très-mal le français. On a dit probablement d'abord parler français comme un Vace ou Basque espagnol.
U Cela lui va comme un tablier à une vache, Cela ne lui va pas du tout. H Une vache n'y trouverait pas son veau, C'est un mélange confus de personnes ou de choses. Il C'est le grand chemin des vaches, C'est une chose commune, connue de tout le monde. Il litre sorcier comme Une vache, N/avoir ni malice ni hubi'ité. Il
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Aussitôt meurt veau que vache, Les jeunes gens sont exposés à la mort comme les vieilles personnes. Il Prendre la vache et son veau, Epouser une personne grosse du fait' d'un autre. Il Bonhomme, garde ta vache, Se dit pour avertir quelqu'un de prends» garde qu'on ne le trompe, il Porter quelqu'un à la vache morte, Le porter la tète pendante. Il La vache est à nous, Notre succès est assuré : S'il ne tient qu'à battre, LA VACHE EST À NOUS. (Mol.) Il Chercher, voir vaches noires en bois brûlé, Rêver des choses agréables, comme des va- - chers asfiis devant leur feu rêvent, voient en quelque sorte dans les tisons des troupeaux de vaches noires, les meilleures de toutes : ... Espérer qu'un Sarrasin normand De ses amis garde quelque mémoire, En bois brûlé c'est chercher vache noire. Scarron.
Il II pleut comme vache gui pisse, Il pleut très-fort, il La vache a bon pied, C'est un homme qui a des ressources, qui est riche. On a dit probablement d'abord La vache A bon pis. H Qui mange la vache du roi, à cent ans de là en pape tes os, Qui s'attaque ou fait du tort à plus puissant que soi a lieu de s'en repentir longtemps.
— Loe. prov. Viendra le temps où la vache aura besoin de sa queue, Il n'y a rien d'inutile, tout finit par trouver son emploi.
... Cltacun son métier,
Les vaches seront bien gardées.
Il Ce proverbe, textuellement emprunté à Florian, signifie que tout va bien lorsque chacun ne s'occupe que de ce qui le concerne.
— Mamm. Vache de Barbarie ou Vache biche, Noms vulgaires de l'antilope bubale. Il
Vache blanche. Nom vulgaire de l'antilope des Indes. It Vache bleue, Nom vulgaire de l'antilope bleue et du nil-gaut. H Vache grognante, Vache de Tartarie, Noms vulgaires de l'yack, il Vache marine , Nom. donné au morse, à l'hippopotame du Cap de Bonne- Espérance, au dugong des Indes. Il Vache de Quivira, Nom vulgaire du bison. Il Vache sauvage, Nom vulgaire de diverses espèces de bœufs ou d'antilopes.
— Ichthyol. Vache marine, Nom local de la raie bâtis.
— Entom. Nom donné, dans le Dauphiné, à une variété de vers à soie de couleur jaune.
U Vache bousier, Espèce de bousier, commun aux environs de Paris. Il Vache à Dieu, Nom vulgaire des coccinelles.
— Moll. Nom vulgaire d'une espèce de rocher.
— Bot. Nom vulgaire de divers agarics du groupe des lactaires. Il Blé des vaches, Nom vulgaire du mélampyre, que les vaches recherchent avidement.
— Hist. relig. La vache à Colas, Par dénigrement, Le protestantisme : Etre de la, vache À Colas.
— Econ. rur. Vache douairière, Vache à lait-déjà vieille, et qu'on s'occupe d'engraisser pour l'abattre et employer sa chair.
— Mus. Ranz des vaches, Air populaire de la Suisse.
— Manège. Ventre de vache, chez le cheval, Ventre excessivement développé. Il Se coucher en vache, en parlant du cheval, Se coucher, comme les vaches, en appuyant le coude sur la partie de dedans, il Huer en vache, Se dit du cheval qui rue comme les vaches, en lançant en avant le pied de derrière.
— Chasse. Vache artificielle, Sorte de figure de vache que les chasseurs portent pour se déguiser et ne pas effaroucher certains oiseaux difficiles à aborder.
— Mar. Canon en vache, Canon placé dans le sens de la longueur du navire.
— Pathol. Tache livide à la jambe.
— Typogr. Nom sous lequel on désigne les cordes qui arrêtent le train de la presse.
— Techn. Pile ou meulon de sel, dans les salines, n Branloire d'un soufflet, dans les forges.
— Econ. agric. Cadre en bois qui sert au battage des grains.
— Eocycl. Linguist. et hist. Le mot vache vient du latin wicca. Cette étvinologie est controversée, et, selon nous, c'est à tort; sans doute, une origine ne satisfait l'esprit que lorsqu'on saisit quelque rapport entre lo mot, comme son, et la chose elle-même. Eh bien, en sanscrit, la Rig-Véda offre plusieurs fois vâçrâ comme nom de la vache et du veau ; et ce mot a la signification du latin mugiens; sa racine est vdç, mugir, hurler. On comprend à première vue (en y mettant, il est vrai, un peu de bonne volonté, et la bonne volonté n'est pas chose superflue chaque fois qu'il s'agit d'etymologie), on comprend que la prononciation de vûçrâ peut avoir quelque rapport avec le bruit du mugissement. Il y a d autres hypothèses, qui ont pour auteurs "Wilson et Pictet; mais la nôtre nous semble être la meilleure. Ajoutons que le sanscrit vûçrâ ou vaç et le latin vacca se retrouvent dans le finlandais vasu, vasikka, vache et veau, et citons, pour mémoire, l'opinion de M. Léo Meyer qui tire vacca du sanscrit ukshan, taureau, littéralement fécondateur; ce nom du taureau s'est reproduit dans l'anglo-saxon oxa, dans le Scandinave uxi, dans l'armoricain ochen, mais il n'a, ce nous semble, qu'un rapport bien lointain avec vacca.
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Un autre nom très -ancien de la vache est le védique psu, auquel répond le zend fshu, qui désigne aussi la vache et par extension la richesse. La vache constituait en effet, dans les sociétés primitives, la plus grande source de production et par conséquent de prospérité. De cette racine fshu, le persan a dérivé shu-bân , gardeur de vaches, pasteur, et en la retrouve aussi dans l'irlandais seafaid, génisse. Mais le principal nom sanscrit de la vache-\e plus ordinairement employé est gô, et il lui est commun avec le bœuf. V. BŒUF.
La vache tenait une place considérable dans la vie des anciens Aryas ; elle était leur principale richesse. Avant l'usage de la monnaie, on peut supposer, grâce à de nombreux exemples, que tout s'évaluait en têtes de bétail pour les échanges et les salaires. Ainsi l'on voit dans les chapitres vu et xii du Vendidad que le salaire des médecins consistait en bétail, que les brahmanes officiants recevaient des vaches. Aux temps épiques, les rois distribuaient ces animaux par milliers; à l'époque védique, on en était moins prodigue ; postérieurement encore, la vache devint un animal sacré. Les épithètes ealagu (qui possède cent vaches), saharasgu (qui possède mille vaches) indiquaient alors 1 opulence et ses degrés ; on trouve aussi des épithètes qui signifient possesseur de sept, de dix vaches. Le Rig-Véda désigne sous les noms de navagûa et dacagûa deux classes de prêtres, ainsi nommés sans doute parce qu'ils avaient droit les premiers à neuf et tes seconds à dix vaches.
Rien de plus naturel pour un peuple de pasteurs que de comparer les nuées mobiles et changeantes à des troupeaux célestes, et la pluie qui féconde au lait nourrissant des vaches. Les hymnes védiques nous ont conservé les mythes que l'imagination des pâtres a rattachés à ces phénomènes naturels. "Pour eux, les nuages étaient des vaches appartenant à Vâyu et aux Maruts, dieux des vents, et ces divinités devaient les traire pour en faire jaillir la pluie :
■ Pour toi (Vâyu), la vache au lait abondant (le nuage) cède tous ses trésors... Ainsi exauce les vœux d'un peuple innocent; que toutes ces vaches qui dépendent de toi fussent jaillir sur nous leur lait doux et béni. ■
« 0 nobles Maruts, du sein de l'Océan (aérien), envoyez-nous la pluie, versez sur nous vos torrents ; les vaches qui vous appartiennent ne sont point stériles. ■
De telles images n'ont pu naître que dans l'esprit de peuples pasteurs, et c'est par une association d'idées semblable, ou plutôt par un souyenir rattaché à d'antiques origines, que les Grecs ont appelé le nuage molyos, proprement lait, d'où amelgo, traire. Le sanscrit gô désigne indifféremment la vache, le lait et l'eau, cette dernière considérée comme le lait des nuages; il n'y aurait donc rien d'impossible à ce que l'irlandais gô, mer, se rattachât aux mêmes anciennes traditions.
— Zool.V. BŒUF.
— Econ. rur. h&vache a été, chez tous les peuples, l'objet des plus grands soins, souvent aussi d une certaine vénération, quelquefois même d'un véritable culte. Dans l'Inde, les brahmes, à certains jours de fête, la parent de rubans et de fleurs et la laissent vaguer en pleine liberté, jusque dans les champs cultivés ou dans les jardins. Ces sortes de fêtes se retrouvent encore de nos jours dans les montagnes de la Scandinavie et sur les Alpes du Tessin. C'est surtout dans les" pays pauvres que la vache, objet de l'ambition des habitants, est choyée par eux comme étant une des principales richesses du ménage. Elle fut un des premiers animaux soumis à l'homme ; on lui donna d'abord la chasse pour se nourrir de sa chair; puis on reconnut que son naturel paisible et sa docilité lui assignaient une place distinguée dans le domaine rural. Elle a produit, à l'état domestique, de nombreuses variétés, qui diffèrent tant par leurs qualités que par leurs caractères extérieurs. La couleur du poil, quoi qu'on en ait dit, n'a qu'une médiocre importance. Voici, d'après T. de Berneaud, les caractères auxquels on peut s'arrêter pour faire un bon choix : « On u lieu de tout espérer de la vache qui est douce, fort docile, exempte de vices et de caprices j dont lu taille est moyenne, ramassée et même petite; chez qui la tète se montre en même temps petite et un peu allongée, ornée de cornes longues, fines et pointues, ayant l'œil doux, uni, vif, le cou mince et bien pris, lo fanon grand, la poitrine large, ainsi que les reins, le ventre ample, le corps gros, dénonçant partout des veines bien prononcées aux deux côtés et faciles à sentir sous les doigts ; il. faut, en outre, que les tétines soient fines, bien faites, souples, pas trop blanches, placées fort en arrière, et point chargées de chair, mais ayant les glandes mammaires proéminentes, les pis ronds, allongés, épais et couverts d'un léger duvet. Elle doit avoir aussi les côtes élevées et rondes, les hanches carrées et égales, les jambes déliées, proportionnées au corsage, et les articulations rapprochées entre elles; la queue haute et pendante audessous du jarret, la peau douce et moelleuse, la robe fine et luisante. Lorsqu'à une telle vache vous donnez un taureau de choix et bien proportionné, vous êtes certain d'avoir toujours des productions fore avantageuses, ■
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La vache a une longévité qui varie suivant les races et le climat; mais en général ou peut l'évaluer h plus de vingt ans. Quand elle est jeune et qu'elle n'a pas encore subi les approches du mâle, on l'appelle génisse. C'est vers l'âge de dix-huit mois qu'elle entre dans sa période de puberté; quand on la destine à former une vache laitière, elle peut être couverte a deux ans; mais si on la réserve pour l'élevage des veaux, il est préférable d'attendre trois ans accomplis, âge auquel elle a acquis toute la force de sa constitution. On peut ensuite la faire saillir jusqu'à l'âge de neuf à dfx ans; mais passé ce temps il convient de la mettre à l'engrais.
Généralement, les vaches entrent en chaleur à toute époque de l'année, et cela de mois en mois; comme cet état dure peu de temps, quelquefois vingt-quatre heures seulement, rarement quatre à cinq jours, il faut Saisir le moment propice pour les mener au taureau, sans quoi il serait nécessaire d'attendre au mois suivant. Il est des vaches chez lesquelles les périodes de chaleur sont plus éloignées ou plus rapprochées ; ces dernières sont toujours de mauvaises reproductrices. Il en est d'autres qui ont de fausses chaleurs, ou chez lesquelles le phénomène ne se manifeste pas par des signes extérieurs. « Les signes de la chaleur, dit Bosc, sont un fréquent mugissement, des mouvements plus vifs et plus fréquents de la tête, le gonflement de la vulve et l'écoulement par la même partie d'une liqueur blanche. Souvent les vaches en chaleur quittent le pâturage pour aller chercher le taureau, soit qu'elles se souviennent du lieu où elles l'ont déjà reçu, soit par suite de l'inquiétude dans laquelle elles se trouvent. Le taureau les monte tant qu'elles ne sont pas pleines ; mais, une fois en cet état, il se contente de les lécher. C'est un grand avantage, sous ce dernier rapport, que d'avoir un taureau dans son troupeau, parce que les vaches caressées par lui se tourmentent moins. 11 est aussi des vaches qui, par mauvaise constitution, ou par excès d'embonpoint, ou par excès de maigreur, ne sont pas susceptibles de reproduction; il faut les envoyer au boucher. »
Après l'accouplement parfait, la vache demeure tranquille; elle ne .demande pas de soins particuliers -, il faut la nourrir abondamment, soit au pâturage, soit à l'étable ; on doit cependant éviter l'excès d'aliments , car les veaux produits par des mères trop grasses ne prennent pas tout l'accroissement voulu et périssent même souvent au moment du part, à cause du rétrécissement du vagin. Quand on peut prévoir cet inconvénient, il faut donner aux vaches une nourriture débilitante, telle que raves, choux, courges, etc., en petite quantité, et même les purger une ou plusieurs fois. Quand le moment de la parturition approche, il faut renouveler et augmenter la litière, tenir l'étable fermée en hiver, donner de l'air, au contraire, si c'est pendant l'été.
La durée de la gestation, chez la vache, varie de huità onze mois; elle est de neuf mois en moyenne. Les approches du part sont indiquées par l'abaissement du flanc et de la croupe, par le grossissement du pis, par l'agitation et les beuglements de l'animal, par l'écoulement d'une matière blanche de sa vulve. « Il est bon, ajoute Bosc, que le vacher soit présent à la mise bas, mais il ne doit chercher à l'aider que dans des cas extraordinaires, soit pour la sortie du veau, soit pour l'expulsion du délivre, cas où il est toujours prudent d'appeler un vétérinaire. La plupart des vaches mangent leur délivre, comme les femelles de tous les animaux sans exception. C'est une loi de la nature, qui a probablement pour but de ne pas exposer ces femelles à la visite des espèces carnassières dans un moment où elles ont" un petit hors d'état de se défendre et où elles-mêmes sont faibles. Il est des lieux où l'on regarde cette action comme un bien, d'autres où la considère comme un mal. Le vrai est qu'elle n'a aucune influence sur |a santé ni sur les produits futurs de la vache. >
Dans quelques pays, on emploie les vaches au labour et aux charrois, absolument comme les bœufs. Cet usage est vicieux et finit par abâtardir la race. 11 ne doit avoir lieu tout au, plus que momentanément et chez les cultivateurs qui, ayant trop peu de terres, ne peuvent entretenir une paire de bœufs. Ces animaux doivent être tenus dans un grand état de propreté, et leur peau doit être débarrassée de lu fiente et du fumier. Il est démontré par l'expérience que les vaches constamment tenues à l'ombre dépérissent promptement et donnent des produits de mauvaise qualité. Leur nourriture doit être la meilleure et la plus abondante possible. Elles aiment beaucoup les jeunes pousses d'ajonc, les feuilles d'arbres, uoiammentd'orme, de robinier ou de vigne, vertes en été, sèches en hiver. Il ne faut pas les laisser entrer dans les bois taillis, surtout au printemps dans les peuplements de chênes, tant à cause des dégâts qu'elles y causent que des maladies qu'elles peuvent y contracter. Dans les étables, il faut leur donner peu à la fois, parce qu'alors elles ruminent et digèrent mieux. Il faut proscrire complètement les fourrages couverts de poussière et tout aliment altéré.
Quand on conduit les vaches au pâturage, il ne faut le faire que lorsque la rosée est entièrement dissipée; en été, il est bon de les
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rentrer vers le milieu du jour, au moment où la grande chaleur commence à se faire sentir. On ne doit jamais les laisser longtemps dans les endroit^ marécageux. Elles ont une manière de brouter toute particulière; elles ramassent avec leur langue un faisceau d'herbe qu'elles scient avec leurs dents. Aussi ne peuvent-elles paître là où les chevaux ou les moutons trouveraient une nourriture abondante. D'un autre côté, le volume de leur panse, la lenteur avec laquelle elles rumiraent font qu'elles doivent prendre leur nourriture en peu de temps. Elles semblent donc destinées aux pays fertiles, peut-être aussi aux grands bois, à tous les lieux, en un mot, où elles trouvent une herbe haute et drue.
Les plantes appartenant aux familles des graminées et des légumineuses sont, en général, celles qui leur conviennent le mieux. Elles aiment aussi lu chicorée sauvage et les racines ; mais il ne faut leur en donner ni trop souvent ni trop à la fois ; les racines doivent être coupées en morceaux, et dans certains pays on les fait cuire entièrement ou à moitié. En Angleterre , on se trouve bien de l'emploi delà luzerne; mais il ne faut pas en faire excès. Dans quelques contrées du Nord, on utilise, pour les nourrir en hiver, les harengs et autres poissons dont on a retiré l'huile ; dans d'autres, ce sont les plantes marines; la santé des vaches n'en souffre pas, mais leur lait en contracte un mauvais goût. Dans tous les cas, U faut éviter, pour les vaches surtout, une transition trop brusque entre la nourriture verte et le fourrage sec, et réciproquement. Comme ces animaux laissés libres dans les pâturages perdent ou gaspillent beaucoup d'herbe, on les y parque ou on les y fixe de diverses manières, afin que tout soit consommé et qu'il n'y ait rien de perdu. Leur boisson doit être une eau très-pure, donnée souvent et abondamment.
Lorsque les vaches cessent d'entrer en chaleur, ce qui arrive vers l'âge de dix à quinze ans, on les livre à la boucherie; quelquefois, pour les engraisser, on leur enlève les ovaires, ce qu'on appelle châtrer. La chair de la vache, quand elle a passé au moins les derniers temps de sa vie dans de bonnes conditions, est, malgré le préjugé commun, à peine inférieure à celle du bœuf. ■
Il nous reste à résumer les études qu'ont faites de tout temps les agronomes, et qu'ils font de plus en plus, sur la vache laitière en particulier.
Parmi les vaches, envisagées soit comme races, soit comme individus, il en est qui ont la propriété de produire, avec la même quantité et qualité de nourriture, beaucoup plus de lait que d'autres, et le lait peut lui-même varier beaucoup de vertu, soit pour donner de la crème et du beurre, soit pour donner du fromage. C'est de là qu'on a distingué les vaches laitières, les vaches crémières ou beurrières et les vaches fromagères. Or, ce n'est pas toujours à la beauté et à la régularité des formes qu'on doit s'attacher pour le choix des vaches laitières; les meilleures sont souvent les plus petites et les plus mal tournées. Le volume de leurs mamelles ne constitue pas non plus toujours la bonté, car quelquefois les pis n'ont de ta grosseur que parce qu'ils sont charnus. La couleur du poil n'est pas non plus un signe auquel on doive se rapporter, puisque dans certains cantons ce soin les vaches noires qui ont la préférence, dans d'autres les vaches jaunes, ailleurs les vaches marbrées, etc. Il faut seulement reconnaître que nulle part la couleur blanche n'est estimée. Voici les qualités qui, en générai, dans les marchés, font honneur aux vaches et les recommandent comme devant, être bonnes laitières : beau cou, petit fanon, tête forte vers le mufle, avec bouche large et lèvres épaisses; corne fine et pointue; œil vif et doux; jambes courtes et déliées; côtes élevées et rondes; corps gros; reins forts ; hanches carrées et égales ; queue haute et pendante au-dessqus du jarret; en général, formes anguleuses et saillies osseuses nettement proéminentes; poitrine étroite et ventre développé, en sorte que le corps paraisse sanglé au milieu de la poitrine; poitrine bombée à la suite de l'épaule; garrot épais; échine droite; reins longs et larges; hanches bien écurtées ; cuisses très - étoi gnées l'une de l'autre; sur les côtes principalement poil lisse et doux, peau fine et mobile ; caractère caressant et sensible aux marques d'affection. Les nourrisseurs de Paris attachent une grande importance à des échancnires de l'échiné situées au niveau de lu jonction des vertèbres dorsales avec les lombaires, échancrures qu'ils appellent les fontaines de dessus, par opposition aux fontaines de dessous dont nous allons parler. Mais les caractères qui ont le plus Ultime rapport avec la production du lait sori"t ceux de l'appareil mammaire : mamelle fine, ample, bien faite, peu charnue et pas trop blanche, avec la peau douce et moelleuse, les veines bien prononcées aux deux côtés du ventre et faciles à sentir sous les doigts; pis gros, larges, sains, ayant quatre trayons éxaux bien développes et bien écartés avec les deux supplémentaires, et diminuant beaucoup ne volume après la traite; toutes les veines du pis gonflées et pour ainsi dire variqueuses ; fontaines de dessous très-larges et bien rondes. Ce sont les points par où les grosses veines des côtés du ventre rentrent dans l'abdomen; ces veines doivent être aussi grosses à droit?
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qu'à gauche; la veine médiane, qui monte sous la queue , doit être également trèsgyr-sse et bossuée. On comprend que les indices fournis par les veines soient très-importants, puisque ce sont elles qui portent le sang, duquel le lait est sécrété par les mamelles. Nous exposerons plus loin le système des écussons et des épis donné pur M. Guenou.
Le caractère individuel influe aussi beaucoup sur la nature et la quantité du lait. Telle vache de même espèce en donnera plus que telle autre et de qualité meilleure, quoiqu'elle soit au même râtelier ou dans le même ■herbage. Le régime y est aussi pour beaucoup; on doit distribuer aux vaches la nourriture avec ménagement, c'est-à-dire leur en donner peu a la fois et souvent; en suivant cette pratique, elles se portent mieux et produisent, en plus grande quantité, du lait meilleur. Après le choix et la distribution des aliments, le soin qui présente le plus d'importance, c'est la propreté. Les vaches donnent plus ou moins de lait selon l'âge, la race, la saison, le climat, la nourriture et l'état physique de l'animal. Les unes le donnent bon toute l'année, k l'exception des quinze jours qui précèdent le vêlage ; les autres, quoique soignées de la même manière, tarissent dès le septième mois de la gestation. Le nombre des traites influe encore sur la quantité de lait; il convient de ne jamais laisser se trop remplir la mamelle. Enfin la trop grande chaleur et le trop' grand froid exercent une fâcheuse influence sur la proportion et la qualiié du lait. Quand les vaches ne tarissent pas d'elles-mêmes, il convient de cesser de les traire trente ou quarante jours avant le vêlage. Pour les accoutumer insensiblement à se laisser toucher, il convient de manier quelquefois le pis des génisses pendant leur première gestation; il y en a qui sont tellement chatouilleuses qu'au moment où elles mettent bas on ne peut en approcher. Elles ont alors une surabondance de lait qui produit l'enflure aux mamelles et d'autres accidents, qu'on évite en les rendant d'avance familières. Le nombre des truites devra toujours être réglé sur la saison et sur l'usage auquel on destine le lait. Communément, on trait les vaches deux fois par jour, le matin à cinq heures et le soir à la même heure. Dans un intervalle de douze heures, le lait a eu le temps d'arriver aux mamelles; mais on remarque que celui du matin a plus de qualité, parce, que vraisemblablement, l'animal a été moins tourmenté pendant la nuit parla chaleur,- par les insectes, et que le repos a rendu ses organes plus actifs pour sécréter cette substance. L'opération de traire demande une attention particulière de la part de la personne qui en est chargée. L'animal étant brusqué devient revêche, indocile et donne moins de lait. La compression trop forte du pis est souvent lu cause quHme vache liait par se dessécher, quelquefois même par être exposée à perdre un ou deux mamelons. Avant de se livrer à l'opération de ta traite, ii faut se laver les mains, éponger le pis et les trayons avec de l'eau froide pour les raffermir. On doit conduire doucement la main, depuis le haut jusqu'en bas sans interruption, tirer alternativement les deux mamelons du même côté, puis les deux du côté opposé.
— Chasse. Vache artificielle. Ce singulier engin se compose d'une cage d'un bois léger ayant la longueur et la forma d'une vache. Les pieds de derrière sont en bois. Une toile légère, cousue sur des cercles, imite le corps de l'animal ; la queue est faite avec une corde eflilée ; les cuisses sont garnies de mousse ou de paille; toute la machine est peinte à l'huile; les jumbes du chasseur imitent les pattes de devant de l'animal; la tête est en carton.
Il ne faut point approcher le gibier à grands pas, mais lentement, en tournant et en ayant soin de baisser souvent la tête pour imiter l'uniinul quand il pait. Il faut présenter toujours le coté aux oiseaux parce que les grands trous qui simulent les yeux leur laisseraient soupçonner un piège. Lorsqu'on est arrivé à bonne portée, on sort lentement du corps de la vache un fusjl chargé, et tout en se retournant sans marquer trop de précipitation, on ■peut tirer a coup sûr, a terre ou au vol. four augmenter l'illusion, on peut, attacher une sonnette au cou de l'animal artificiel.
Il est des chasseurs à qui il répugne de se déguiser ainsi en vache, surtout à cause des cornes, qui peuvent prêter k des quolibets. Une pareille faiblesse est peu philosophique, c'est vrai-, mais il faut reconnaître aussi qu'elle tient à la nature humaine, plus craintive en tout de l'apparence que de la réalité.
— llist. juive. Sacrifice de la vache rousse. Nous trouvons dans la Bible que le suoritice d'une vache rousse était ordonné aux Israélites afin de faire de ses cendres une eau d'expiation, destinée a purifier ceux qui seraient souillés par l'uttouchement d'un mort. Pour faire ce sacrifice, on prenait une génisse de couleur rousse, sans défauts, et qui n'avait point porté le joug; on la livrait au grand prêtre, qui l'immolait hors du camp en présence du peuple. Il trempait son doigt dans le snng de la victime et, à sept reprises différentes, il en faisait l'aspersion contre le devant du tabernacle; puis on brûlait l'animal tout entier. Alors le grand piètre jetait dans
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Je feu du bois de cèdre, de l'hysope et de l'écarlate teinte deux fois. Un servant recueillait les cendres de la génisse et les portait dans un lieu pur, hors du camp, où on les laissait en réserve, afin que les souillés pussent en mettre dans l'eau dont ils devaient se servir pour se purifier des impuretés légales. Le grand prêtre, seul, pouvait offrir ce sacrifice ; mais tout Israélite, pourvu qu'il fût pur, pouvait faire l'aspersion de la cendre mêlée avec de l'eau sur ceux qui avaient besoin de cette expiation.
Saint Jérôme et plusieurs autres croient qu'on immolait la vache rousse tous les ans et qu'on en distribuait la cendre dans toutes les villes d'Israël. Quelques rabbins, au contraire, disent que, depuis Moïse jusqu'à la destruction du temple, on en immola tout au plus dix.
— Hist. relig. Vache à Colas. V. Colas (vache à).
— Mus. Ranz des vaches. V. ranz.
Vaebeqni pi*»o (la), chef-d'œuvre de Paul Potter ; au musée de l'Ermitage. Ce titre, qu'un Anglais trouverait absolument shoclting , est consacré depuis longtemps pour désigner la production la plus complète et la plus admirable du • Raphaël des animaux. > La vache qui a fait désigner ce tableau est placée au second plan, vue de croupe. Beaucoup d'autres animaux, boeufs, moutons, chèvres, chevaux, ânes, volailles, Animent les divers plans et sont tous également dignes d'éloge pour la vérité de leurs formes, de leurs attitudes, de leurs allures. Ils sont dispersés dans un vaste pâturage, devant une ferme et une ligne de grands arbres. La ferme s'élève à gauche, au premier plan; devant, une femme est debout près d'un puits ; à côté, un vieux bonhomme chasse avec son chapeau un petit chien qui aboie à un enfant. Au fond, à gauche, une fille trait une vache. «Ce tableau, dit M. Viardot, est l'œuvre capitale du maître, le chef-d'œuvre du genre. Nou,s connaissons Paul Potter au Louvre sur de si faibles échantillons, qu'il est bien permis de s'étonner que tant de renommée s'attache à son nom et tant de prix k ses ouvrages. Mais, devant rin tel prodige de l'art, il faut bien changer d'avis. »
Paul Potter avait vingt-quatre ans lorsqu'il peignit ce tableau. La princesse de Solms, qui en avait fait la commande, trouva la vache inconvenante et refusa de l'introduire dans sa collection. Le célèbre amateur Van Hoeck la paya 4,500 francs environ, somme assez forte pour l'époque. Elle passa, par la suite, dans la galerie de Hesse-Cassel et dans celle de l'impératrice Joséphine, à la Malmaison. En 1815, elle fut achetée au prix de 25,000 francs par le ezar. Aujourd'hui, ce prix serait certainement décuplé. La Vache gui pisse a été gravée par Preste!, par C. Kuntz (1799), par Réveil (Galerie des arts, Vil, pi. 56), etc.
Une eau-forte de Berghem est désignée sous le même titre.
Vache qui ne mire (la) OU les Baigneurs,
tableau de Paul Potter; au musée de La Haye. Le premier plan est occupé par imo nappe d'eau, où se réfléchit l'image d'une vache qui est venue boire; de là, le titre de la composition. Une autre vache et un bélier ont les pieds dans l'eau. Plus à gauche, des baigneurs nagent dans la rivière ou se déshabillent sur la berge; au second plan, à travers les arbres, on aperçoit un carrosse attelé de six chevaux et un village; tout au fond, une ville se dessine à l'horizon. Au milieu du tableau, près du bord de la rivière, s'élèvent un vieil arbre dépouillé et des groupes de saules; quelques moutons et une chèvre sont couchés dans la prairie. Sur la droite, près d'une chaumière, une paysanne trait une vache noire, sur laquelle est accoudé un homme qui semble causer avec la laitière. Un- gai soleil éclaire la composition. « Ce tableau est un vrai chef-d'œuvre, de la plus exquise qualité, dit W. Burger; Paul Potter y a peint ce qu'il n'a jamais peint ailleurs, des figures nues; elles sont étonnantes de dessin, de modelé, de mouvement, surtout une debout et vue de dos. « La Vache qui se mire porte la date do 1648 et la signature du maître en toutes lettres. Elle a figuré au Louvre, sous le premier Empire, et a été gravée par Duparc duns le Musée français. Elle a été gravée aussi par Fortiér.
Au musée du Belvédère est un tableau de Potter, daté de 1644, et représentant des Vaches conduites par un berger, Lô musée du Vatican a du même maître un tableau qui représente des Vaches, dont une est traite par une paysanne.
Voclie» à l'abreuvoir, tableau de Troyon ; Exposition universelle de 1855. Trois vaches, une toute blanche, une blanche tachetée de noir et une rousse, viennent s'abreuver dans une rivière que borde un grand bouquet de bois; la première est déjà dans l'eau jusqu'à mi-jambe et semble inviter ses compagnes à suivre son exemple. Le soleil dore la rivière et frappe en croupe les deux derniers animaux. Ce tableau a un grand charme; à la vérité parfaite des animaux et du paysage il joint une finesse de touche assez rare dans l'œuvre du maître. ■ Le tableau des Vuches à l'abreuvoir, a dit M. Auatole de La Forge, est une petite merveille de grâce champêtre. Il attire l'œil pur un. je ne sais quoi d'agréa-
VACH
ble qui fait que, malgré soi, l'on y revient sans cesse. Ces jolies vaches, trempant leurs jambes dans l'eau et faisant reluire aux rayons du soleil leurs robes lisses et marbrées, font penser à celles que la main royale de Marie- Antoinette aimait à caresser durant ses rêves de retraite champêtre à la laiterie de Trianon. > Les Vaches à l'abreuvoir ont été liihographiées par Th. Chauvel. Troyon a peint plusieurs compositions analogues. Un tableau de lui, représentant des Vaches et moutons au repos sur la lisière d'un bois, a figuré à la vente Wertheimber en 1861. jMes Didier et Jules Laurens ont lithographie des Vaches normandes, d'après Troyon.
Des Vaches à l'abreuvoir ont été peintes par Berghem, Aug. Bonheur (gravé par Paul Uirardet), Xavier de Cocq (Salon de 1857J, lirissot de Warville (Salon de 1859), Félix Cogen (Salon de 1865). Un tableau de Rosa Bonheur, Vaches au pâturage, a été payé 8,600 francs à la vente Wertheimber en 1861. Brascassat a peint une Vache attaquée par des loups et défendue par des taureaux (Exposition universelle de 1855).
VACHE (lie à), Ilot de l'Amérique centrale, près de la côte S.-O. d'Haïti, dont elle dépend, par 18° 4' de latit. N. et 76<> de longit. O. Longueur de l'E. à l'O., 17 kilom.; 4 du N. au S. Sol fertile; bons pâturages. Ses côtes présentent deux petits ports sûrs et commodes.
VACHBLIN s. m. (va-che-lain — rad. vache). Nom donné au fromage de gruyère en Franche-Comté. Il On dit aussi quelquefois
VACHERIN,
VACHELLIE s. m. (va-chèl-U). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des légumineuses, tribu des uiimusées, dont l'espèce type, originaire de l'Inde, est fréquemment cultivée ilans le midi de l'Europe, à cause du parfum exquis de ses fleurs : Le vachellie de Farnèse porte dans ta Provence et te bas Languedoc te nom de cassier. (P. Duchartre.)
— Encycl. Le vachellie de Farnèse, vulgairement acacia de Farnèse ou cassier, est un arbrisseau de 6 à 7 mètres de hauteur, k feuillage délicat et élégamment découpé, à fleurs jaunes, nombreuses, groupées eu petites tètes arrondies; elles s épanouissent en été et exhalent uue odeur très-agréable; les fruits sont des gousses brunes, cylindriques, arquées. Originaire de l'Inde, cet arbrisseau est fréquemment cultivé dans la midi de l'Europe. 11 convient pour garnir les murs et las berceaux, et on pourrait en faire aussi, dans les climats qui lui conviennent, de très-bonnes haies de clôture. Mais, en général, il est délicat. Dans la midi de la France, on le plante en pleine terre le long d'un mur bien exposé au midi, et souvent on a soin do le palisser; mais, en général, il suffit de le couvrir avec de la paille pendant les froids rigoureux. Ses graines conservent très-longtemps leur faculté germinative ; mais, comme elles sont entourées d'une, enveloppe trèsdure, elles sont aussi fort leni.es à germer et peuvent se dessécher ou pourrir sans lover ; aussi a-t-on la précaution, avant de les mettre en terre, d'user sur un grès ou sur une lime l'extrémité où se trouve la radicule. Le bois de cet arbrisseau est blanc et très-dur. Ses capitules de fleurs, connues sous le nom de cassie, sont employés en parfumerie. On les met aussi dans le linga et dans les étoffes pour les parfumer et en éloigner les insectes. C'est dans les jardins du pulaïs Farnèse que cette espèce a été d'abord cultivée.
VACHENDOBF s. m. (va-chènn-dorf). Bot.
Genre de plantes, de la famille des iridèes.
VACHER, ÈRE s. (va-ché, è-re — rad. tiache). Personne qui mène paître des vaches : Le petit vacher parvint à grand'peine à enfermer sou bétail dans une vacherie boueuse, glaciale, au toit effondré en plusieurs endroits. (E. Sue.)
— Fam. Personne grossière , mal élevée : C'est une vachère que cette fille-là.
Vachère de Fiuojoia (la) , comédie espagnole, en trois actes et eu vers, de 1). Luiz Eguilaz. Cette comédie a été inspirée par une viitanitia du marquis de Sautillant'. ■ Jamais je ne vis à la frontière fille si jolie qu'une vachère de la Fiuojosa. Comme je faisais le chemin de CalatreveSo à Santa-Maria, accablé de sommeil, dans un âpre pays, je perdis ma rouie et je vis la vachère Ce la Fiuojosa. Dans la verte prairie, pleine de roses en fleur, gardant son troupeau avec d'autres bergers, je la vis si gracieuse qu'à grand'peine je pus croire que c'était une vachère de la Fiuojosa. J'osai k peine envisager cette beauté si grande, de peur d'y perdre ma liberté; mais je lui dis : « jolie fille (pour
• savoir qui elle était), où -donc est la va- » chère de la Fiuojosa ï Ainsi ja dis en rianL ■ — Vous êtes bien tombé, ditrelle, et je coml 'prends fort bien ce que vous demandez.
• Mais elle ne désire l'amour ni ne l'appelle, > cette vachère de la Fiuojosa. » C'est sur ce joli thème qu'Eguilaz a écrit une comédie ou plutôt une idylle dramatique, pleine de la poésie des champs. Mais il a tout gâté en faisant de la jolie vachère une fille noble déguisée, qui devient marquise de Santillane à la lin. Les duos d'amour entre Santillane et Catalina sont écrits dans ce rhythmo si poétique de \a.viUanillat le vers de six pieds, avec toute la liberté , toute la fantaisie que
VACH
comporte la scène espagnole, qui serait perdue si elle avait adopté notre lourd aiexan- • drin. Un troisième personnage, George Manrique, le poète élégiaque, apparaît aussi avec Sa physionomie mélancolique. Pour élargir le cadre de l'œuvre et en faire un tableau de mœurs historiques, l'auteur a placé la scène dans Une de ces behetrias, ou villes libres espagnoles, constituées par les vieux fueros, et qui avaient le droit d'élire leurs suzerains. On est, ce jour-là, en pleine lutte électorale; le paysan exerce son droit, et le poète, ressuscitant de vieilles coutume's, nous fait assister à ce curieux enfantement des libertés populaires. Inférieur, comme poète et comme dramaturge, k Zorilla, dont il n'atteint ni le lyrisme ru l'émotion, D. Eguilaz est un écrivain savant eteonsciencieux, qui s'est surtout efforcé de ressusciter les graudes physionomies des poètes espagnols. Il a dédié sa Vachère de Fiuojosa a D. Cruzada Villaamil, un artiste qui a publié une galerie des statues et médailles des Espagnols célèbres; mais lui-même a remis au jour, dans son théâtre, un grand nombre de ces médailles. Dans la Vachère de Fiuojosa, c'est Santillane et Manrique; dans d'autres drames, c'est Tirso de Molina, Quevedo, Murillo, Rojas, Timoneda, t. ope, Alarcon, Alphonse le Sage qui apparaissent, et presque toujours dans un cadre ingénieux.
VACHER (Gilles Lb), chirurgien français.