‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 532 sur 1042 · V. Lu Vacher · texte numérisé non relu

V. Lu Vacher

VACHER DE BOBLANGER-TOUBNEMINB

(Charles) , archéologue français. V. Toub-

NEMINK.

VACHER (Bernard), baron deTournemine, général français. V. Tourneminb.

VACHERIE s. f. (.va-che-rl — rad. vache). Etable à vaches : Le troupeau était rentré à la vacherie, a Etablissement spécial pour l'élève des vaches, il Lieu où l'on trait des vaches et où l'on vend du lait.

— Encycl. Les bâtiments destinés k renfermer les bêtes bovines portent presque indifféremment, ou suivant les pays, les noms û'étable, de bouverie ou de vacherie. Toutelois c e dernier terme, suivant l'étymologie, devrait s'appliquer spécialement à ceux qui sont destinés k abriter les vaches laitières ou autres. Mais il est rare qu'il y ait des bâtiments spéciaux pour les femelles. C'est seulement dans quelques domaines agricoles modèles que l'on trouve tout au moins des compartiments séparés pour les diverses catégories bovines, bœufs d'engrais ou do travail, vaches laitières ou nourricières, veaux d'élève, etc. La construction et la disposition des vacheries ne diffèrent pas, du reste, de celles des bouveries; il n y a de différence que dans le régime. V, bouverib et vache.

VACHERIN s. m. (va-che-rain). V. va-

CUELIN.

VACHEROT (Etienne), philosophe et homme politique français, né a Lungres le 29 juillet 1809. Admis à dix-huit ans à l'Ecole normale supérieure, il en sortit en 1829 et fut chargé de la classe de troisième à Châlons-sur-Marne. A partir de 1830, M. Vacherot professa successivement la philosophie à Canora, Angers, Versailles, Caen et Rouen, Agrégé de philosophie en 1833, il se rit recevoir docteur en 1836, fut nommé, en 1837, directeur des études k l'Ecole normale, en 1838 maître' de conférences-dé philosophie, et fut chargé en 1839, par M. Cousin, de le suppléer dans sa chaire k la Sorbonne. Sa belle et savante Histoire critique de l'école d' Alexandrie (1846-

1851, 3 vol. iu-8°), qui lui valut un prix de l'institut, lui attira d'amères critiques de la part du clergé. A la suite d'une vive polémique avec l'aumônier de l'Ecole normale , l'abbé Gratry , qui l'attaqua dans une Etude sur la sophistique contemporaine (1851), M. Vacherot fut mis en disponibilité, et, eu

1852, son refus de prêter serment au gouvernement issu de l'attentat du 2 décembre le rit déclarer démissionnaire. Dans su laborieuse retraite, il écrivit do nouveaux ouvrages qui accrurent sa réputation dans le monda philosophique. Une série d'articles qu'il publia en 1855, dans le journal l'Avenir, Sur l'esprit du xix° siècle fut très-remarquée, tant pour l'indépendance des idées que pour tu netteté des convictions démouratiquos'de l'auteur. Un ouvrage purement théorique sur la Démocratie (1859, in-18), dans lequel M. Vacherot exposait ses vues sur les conditions du gouvernement de l'avenir (v. démocratie), fut saisi en 1862. Poursuivi pour ce livre devant les tribunaux, M. Vacherot prit pour défenseur M. Emile Ollivier, à cette époque républicain comme lui. Pendant que, pour sa plaidoirie, M. Ollivier était frappé de la peine de la suspension, l'auteur do la Démocratie se voyait condamné à un an de prison et à une forte amende. En appel, sa peine fut réduite à trois mois d'emprisonnement; mais le iribunul maintint la privation des droits politiques prononcée par le premier jugement. En 1865, M. Vacherot posa sa candidature à l'Académie des sciences morales et politiques ; mais l'influence cléricale qui dominait alors le lit échouer; toutefois, le 7 mars 1868, il fut élu membre de cette Académie en remplacement de Victor Cousin. Kn mai 1869, bien qu'appartenant alors k la démocratie radicale, il se prononça, au deuxième tour de scrutin , pour la caudida-

VACÎÎ

ture de M. Thiers au Corps législatif contre celte de M. d'Alton-Shée. Lorsque M. Emile Ollivier arriva au pouvoir en janvier 1870, M. Vacherot fut nommé membre de la haute commission d'enseignement supérieur présidée par M. Guizot; mais il refusa d'en faire partie, A cette époque, malgré l'amnistie, il était toujours privé de ses droits politiques. Dans une lettre, rendue publique, il écrivait à ce sujet (janvier 1870) : « Je n'accepte de réhabilitation d'aucuneespèce ni par la grâce ni par l'amnistip. Ce n'est pas nous, les victimes du Deux-Décembre, les protestants du droit et de la conscience publique, ce n'est pas nous qui avons besoin de grâce et d'amnistie. Nous attendrons donc le jour où le pays, par la voie désormais libre du suffrage universel, sera solennellement appelé a se prononcer entre le gouvernement du droit et celui de la force.i Toutefois, au mois de mars suivant, il fut déchargé de l'incapacité politique qui le frappait. Après la révolution du 4 septembre 1870, un arrêté du inaire de Paris, en date du 1<" octobre, nomma M. Vacherot viceprésident de la commission de l'enseignement communal, et, lois des élections municipales, il fut élu au second tour de scrutin inaire du Vo arrondissement de Paris par 5,069 voix. Son républicanisme bien connu lui valut, en outre, d'être élu le 8 février 187 1, par les électeurs de la Seine, député à l'Assemblée nationale. A Bordeaux, le 1er mars suivant, il prononça un discours en faveur de la paix et vota la déchéance de l'Empire. Le lendemain de l'insurrection qui éclata à Paris le 18 mars, il écrivit au ministre de l'intérieur que, du moment où un pouvoir qui n'émanait pas de l'Assemblée nationale s'installait à l'Hôtel de ville, il ne pouvait continuer ses fonctions de maire du Ve arrondissement, et il donna sa démission. A l'Assemblée, M. Vacherot siégea d'abord à la gauche républicaine, puis se rapprocha de plus en plus du centre gauche et ne prit que rarement la parole. Nous citerons, parmi ses discours, celui qu'il prononça le 7 septembre 1871 , pour demander le retour de l'Assemblée à Paris, et celui du 10 janvier 1873 sur le conseil supérieur de l'instruction publique. Le député de Paris appuva^constamment la politique de M. Thiers, vota pour l'abrogation des lois d'exil, les lois municipales et départementales, le pouvoir constituant de l'Assemblée, la proposition Rivet, la dissolution des gardes nationales, la proposition Feray, contre la pétition des évéques, la proposition Ravinel, le maintien des traités de commerce, pour M. Thiers le 24 mai 1873. Ce ne fut pas sans surprise que, dans son discours sur le copseil supérieur de l'instruction publique, on vit le philosophe panthéiste défendre la présence du clergé dans ce conseil et déclarer • qu'il n'est personne qui ne reconnaisse que les religions ont été les institutrices du genre humain et qu'elles sont aujourd'hui les grandes écoles de la morale populaire. » Après la chute de M. Thiers, lors des intrigues monarchistes qui jetèrent la perturbation dans le pays en le menaçant d'une restauration , M. Vacherot déclara qu'il resterait fidèle à la République, et, le 19 novembre 1873, il vota contre le septennat. Toutefois, son attitude hésitante et molle vis-à-vis du gouvernement de combat qui se livrait à tous les excès de lu réaction indisposa contre lui le parti républicain. Ce fut avec l'appui de la droite qu'il fut nommé, au mois de décembre 1873, membre de la seconde commission des Trente. Lorsque, le 16 mai 1871, le cabinet de Broffiie, dont la pitoyable politique avait été si funeste à la France, tomba devant un vote de l'Assemblée, M. Vacherot fit partie de la minorité qui lui donna son appui, et son attitude en cette circonstance excita contre lui l'irritation lu plus vive de la part de ses électeurs. Néanmoins, il vota les propositions Périeret de Muleville, demandant l'organisation des pouvoirs publics et la dissolution de la Chambre (juillet 1874), et se prononça pour la constitution républicaine du 25 février 1875. Il s'abstint de voter sur l'amendement Duprat, proposant de nommer le Sénat par le suffrage universel (12 février 1875), vota l'amendement Oourcelle, qui supprima les élections partielles (14 mui), et se prononça contre la lui sur l'enseignement supérieur. Ap rès la dissolution de l'Assemblée, M. Vacherot est rentré dans la retraite, singulièrement amoindri comme homme politique. Comme philosophe, l'auteur de la Métaphysique et la science s'est placé au premier "rang, des écrivains de ce temps. Dans les articles que nous avons consacrés à ses ouvrages, la Métaphysique et la science, la Jieligion, la Science et ta conscience , nous avons indiqué ses doctrines ; nous n'y reviendrons pas ici. Ses idées, remarquablement profondes, sinon pleinement satisfaisantes, sont exposées en un style plein d'ampleur, de fermeté, en une langue philosophique qu'on ne saurait trop admirer. Outre des articles publiés dans le Dictionnaire des sciences philosophiques et dans \' Avenir, on lui doit : Théorie des premiers principes suivant Arisiole (Paris, 1836, in-8°) et De ratioiiis auclontaie (1836, in-8°),ses thèses de doctorat; la rédaction du Cours d'histoire de ta philosophie au xvine siècle, professé par Cousin en 1819-1820 (1839, 1841, 3 vol. in-8°); Ecole sensualiste (1839, in-8«)j Ecole écossaise (1840, in-so), avec Danton; Histoire critique de l'école d'Alexandrie (1846-1850, 3 vol. in-8°), le

Vach -

meilleur ouvrage qu'on ait fait sur ce sujet; Lettre à l'abbé Gralry (1851, in-8°); la Metaphysique et la science (1858, 2 vol. in-8»), réédité en 1863 (3 vol. in-8°), son œuvre capitale ; la Démocratie (1859, in-8°) ; Essai de philosophie critique (1864, in-S»); la Iteligion (1868, in-8<>); la Science et la conscience (1870, in-18) ; Notice sur P.-F. Dubois (1875, in-8»), — Son fils, M. Arsène Vacherot, a fait ses études de droit, puis est entré dans l'administrationasous le gouvernement de M. Thiers. Après avoir été sous-préfet de Sens, il a été nommé, en 1872, maître des requêtes au conseil d'Etat.

VACHETTE s. f. (va-chè-te — dimin. do vache). Petite vache. Il Peu usité.

— Techn. Cuir fourni par la peau d'une petite vache.

— Ornith. Nom vulgaire de la lavandière.

VACHKAou WACHSKA, rivière de la Russie d'Europe. Elle prend sa source dans le gouvernement de Vologda, cercle et au N. de Jnrensk," coule au N., entre dans le gouvernement d'Arkhangel et se jette dans le Mezens, après un cours de 327 kilom.

VACHTANG l«, roi de Géorgie, surnommé Gour-Ar»lnu , mort vers la fin du ve siècle de notre ère. Suivant les chroniques géorgiennes, trente-troisième roi de cette contrée, il descendait de Sapor 1er, roi de Perse, qui monta sur le trône en 238 et qui, ayant conquis l'Ibérie, lu donna à son fils Mirian, qui furie fondateur de la troisième dynastie des rois de Géorgie. Vachtang 1er fut un grand conquérant et, étendit considérablement les frontières de ses Etats, qu'il défendit par une ligne de nombreuses forteresses. Les chroniques géorgiennes de cette période sont trèsobscures, et la fable s'y mêle partout à l'histoire.

VACHTANG II, roi de Géorgie, mort en 1292. Il appartenait à la dynastie des Bagratides et monta sur le trône en 1289, avec l'assentiment des Mongols, dont la domination s'étendait alors sur la plus grande partie de l'Asie. Son règne de trois ans fut forcément tout pacifique, et il n'eut l'occasion de se signaler que par ses vertus, qui le tirent regretter de ses sujets.

VACHTANG III, roi de Géorgie, mort en 1360. Il était de la même dynastie que le précèdent et parvint au trône en 1301. Les Mongols ayant voulu le forcer, ainsi que ses sujets , à embrasser l'islamisme , il se rendit à la cour de leur kan pour tenter de le faire renoncer à ses projets contre les chrétiens de . Géorgie; mais il ne réussit pas, fut emprisonné et mis à mort. Les Géorgiens le révèrent comme un martyr.

VACHTANG IV, roi de Géorgie, mort en 1445. Il appartenait à la même dynastie que les deux précédents et succéda, en 1442, à son frère Alexandre, qui se relira dans un couvent. Ayant donné, à titre de fiefs, à ses frères pulnes différentes provinces, il prit le titre de roi des rois. Il mourut sans héritiers, après un règne de trois ans, que n'avait signalé aucun événement remarquable.

VACHTANG V, roi de Géorgie, mort en 1676. Il est aussi connu sous le nom de Scbax - Ni»™. , qu'il avait pris parce qu'il était obligé de se conformer extérieurement aux préceptes da l'islamisme. Il monta sur le trône en 1665 et ne fut d'abord que roi du Kartli, l'une des provinces qui formaient alors la Géorgie ; mais ayant vécu longtemps eu Perse à la cour de Schah-Abbas II, qui l'aimait beaucoup, il profita de cette faveur, ainsi que d'autres circonstances favorables, pour réunir sous son sceptre, avec l'appTobation du roi de Perse, toutes les provinces de la Géorgie. Cette contrée jouit sous son règne d'une paix et d'une tranquillité dont elle était privée depuis longtemps. Peu de temps avant sa mort, il partagea ses Etats entre ses deux fils.

VACHTANG vi, roi de Géorgie, petit-fils du précédent, mort en 1734. Il monta en 1703 sur le trône du Kartli,, après son frère Khosrew, qui avait embrassé l'islamisme , et pendant la vie de son père Léon , qui était prisonnier en Perse. Ce fut au nom de ce dernier que Vachtang prit les rênes du gouvernement. Peu de temps après, il se rendit à la cour de Perse pour y obtenir la confirmation de sa royauté ; mais le schah ne voulut la lui accorder qu'a condition qu'il se convertirait à la religion mahométane. 11 refusa, fut emprisonné, et son frère Jessé, qui avait accepté cette condition, fut mis à sa place sur le trône. Jessé gouverna le Kartli pendant deux années, qui furent troublées par des agitations intérieures et par les invasions des Lesyhiens. Vachtang, qui était demeuré tout ce temps prisonnier à Ispahan , résolut enfin, pour rendre la tranquillité à son pays, d'embrasser extérieurement l'islamisme et se concilia ainsi la faveur du schah, qui le nomma son sirdar et lui donna le gouvernement de la province d'Azerbaïdjan , tandis qu'il envoyait son fils, Dakar, gouverner le Kartli, d'où Jessé s'était enfui, après être revenu à la religion chrétienne. Vachtang demeura encore sept ans en Perse avant qu'il lui fût permis de retourner en Géorgie. Sou premier soin, en remontant sur le trône, fut d'améliorer les lois et la religion. Dans ce. but, il réunit les hommes les plus savants qu'il put trouver, lit traduite du grec les sta-

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tuts de l'empereur Léon le Philosophe , les compléta par les règlements de différents rois d'ArméDie et de Géorgie , par quelques décrets personnels et forma ainsi le code qui porte son nom. Il entreprit aussi de faire imprimer une traduction de la Bible. Vachtang établit àTiflis une imprimerie, qui publia successivement les Evangiles , les Actes des apôtres, les Psaumes, différents livres de prières et de liturgie; mais la cour de Perse, s'apercevant que ce prince, au lieu de suivre le Coran, propageait le christianisme, fit marcher une armée contre lui. Après s'être ' défendu quelque temps à Tifiis, Vachtang fut définitivement chassé de cette ville; l'imprimerie et tous les livres que l'on* put trouver furent détruits, et le frère du roi dépossédé, Constantin, qui avait embrassé l'islamisme, fut mis à sa place. Vachtang appela alors les Turcs à son aide et se reconnut vassal du sultan; mais ses protecteurs, après s'être emparés de la Géorgie, donnèrent le trône à Jessé, quij dans l'intervalle, était redevenu mahométan. Pendant ces guerres entre les Turcs, les Persans et les Afghans, les trois quarts de la population géorgienne avaient péri, et Vachtang, après avoir erré longtemps dans les montagnes , s'adressa à Pierre le Grand, qui lui offrit un asile en Russie. Il y arriva en 1725 avec sa famille et un grand nombre de membres du clergé géorgien.

Pierre le Grand venait de mourir, mais Catherine I™ accorda au prince déchu une pension considérable et lui fit don de grands biens. Vachtang résida en Russie jusqu'en 1734, époque où il résolut de reconquérir ses Etats avec l'aide du schah de Perse. L'impératrice Anne approuva ce projet, l'engageant surtout à conseiller aux montagnards géorgiens et circassiens d'entrer au service de la Russie, car elle espérait ainsi amener l'entière soumission de ces tribus au joug russe. Vachtang partit pour la Perse, accompagné d'un général russe, mais il mourut à Astrakhan pendant ce voyage. Ses descendants existent encore aujourd'hui en Russie sous les noms de princes Gruzinski ou princes Géorgiens. Vachtang VI possédait des talents remarquables. 11 écrivit une histoire du Kartli, qui renferme des matériaux importants pour l'histoire de la Géorgie et qui est connue sous le nom de Chronique de Vachtang VJ. Il on existe deux copies manuscrites, l'une à Rome et l'autre au musée Roumiantzof, à Saint-Pétersbourg. De Guignes lui a emprunté les noms des rois de Géorgie pour son Histoire des Huns, et elle a égale-, ment servi aux travaux de Guldenstadt et de Klaproth.

VACHTOUMA s. m. (va-chtou-ma). Brahmane d'une classe particulière.

— Encycl. Les vachtoumas ou brahmanes vachtoumas sont une des principales subdivisions, si nombreuses dans le sud de l'Inde , des shri vaichnatier ou adorateurs de Vichnou. Plusieurs n'ont point d'autre profession que celle de courtisans et de parasites. Leurs fonctions consistent à célébrer les vertus des pieux brahmanes et des riches personnages auxquels ils se sont attachés^ Lorsqu'un ma/tâ gourou, ou chef du sacerdoce indien, visite en grande pompe les districts soumis k sa juridiction, ils se rassemblent et se joignent au cortège, en chantant les louanges de leur patron et en criant aux hommes de caste impure de s'éloigner de sa présence. Si des vachtoumas, au service de maîtres différents, viennent à se rencontrer, une lutte s'engage entre eux, et chacun exalte à l'envi les innombrables qualités de celui à la gloire duquel il a voué son éloquence. Tous se plaisent à louer la générosité, vertu dont les brahmanes ne se lassent jamais de recommander la pratique. La mythologie et l'histoire héroïque de l'Inde leur fournissent des exemples éclatants des hautes récompenses que les dieux ne manquent pas d'accorder aux hommes généreux. Quand les vachtoumas exercent leurs fonctions, ils s'enveloppent la tête d'une pièce d'étoffe.

VACHOSTA , prince géorgien, mort dans la seconde moitié du xvme siècle. Il était fils naturel du roi Vachtang VI et termina avec l'aide de son frère, le prince Bakar, l'impression en langue géorgienne de la Bible, dont leur père n'avait pu faire imprimer qu'une partie. Dans ce but, il établit une imprimerie dans sa maison près de Moscou, fit apprendre la typographie à plusieurs ecclésiatiques géorgiens et publia, en 1743, la première édition complète de la Bible en cette langue. L'imprimerie fut plus tard transférée à, Moscou, où parurentencore un grand nombred'ouvrages religieux géorgiens. Vachusta avait aussi écrit une histoire de la Géorgie, qui a été publiée de nos jours par Brosset, sous ce titre ; Description géographique de la Géorgie publiée d après l'original autographe, en géorgien, avec traductiua française (Saint- Pétersbourg, 1841, in-4°).

VACIET s. m. (va-si-è — lat. vaccinium, même sens). Bot. Nom vulgaire du muscaii chevelu et de l'airelle myrtille.

VACILLANT, ANTE adj. (va-sil-lan, an-te d'après l'Académie; Il mil. d'après l'usage le plus général — rad. vaciller). Qui vacille, qui est chancelant : Une échelle vacillante. Un pied vacillant. Une main vacillante. Une démarche vacillantk.

VACO

J'aperçois îles perles liquides Sur le feuillage vacillant.

Pabnï.

Il Tremblant : Une lumière vacillante. Des rayons vacillants. Les forêts dont tes druides faisaient leurs temples n'étaient éclairées que par des rayons vacillants et presque éteints. (De Marchangy.)

— Fig. Irrésolu, incertain, mobile : A un âge où toutes les opinions sont encore douteuses et vacillantes, les enfants s'étonnent de voir contredire les règles directes qu'on leur a données. (B. Const.)

— Bot. Se dit des anthères longues et attachées au filet par leur milieu, de manière à vaciller à la moindre agitation : Le lis a des anthères vacillantes. (Dtct. d'hist. nat.)

— Manège. Se dit des jarrets du cheval lorsque, au moment de l'appui, ils éprouvent des oscillations latérales.

VACILLATION s. f. (va-sil-la-si-on — rad. vaciller). Mouvement d'un objet qui vacille : La vacillation d'une échelle. La vacillation de la démarche. La vacillation de la flamme. Il On a dit quelquefois vacillumknt s. m.

— Fig. Irrésolution, incertitude, mobilité : Les vacillations du scepticisme conduisent la raison à se soumettre au joug dl la foi. (Palissot.) Le pays est arrivé d lii état de' vacillation oïl n'en ne dure. (Viennet.) Avec la presse libre, pas d'erreur possible, pas de vacillation, pas de tâtonnement dans la marche humaine. (V. Hugo.)

VACILLATOIRE adj. (va-sil-la-toi-re — rad. vaciller). Néol. Qui a les caractères de la vacillation ; Un mouvement VACILLATOIRE.

— Fig. Irrésolu, immobile, incertain :

Rien de plus vacillatoire que le cœur des filles.

VACILLER v. n. ou intr. (va-sil-lé d'après l'Académie ; Il mil. d'après l'usage le plus général — lat. vacillare, mot qu'Eichnoif rattache à la racine sanscrite vug ou vaihl, remuer, agiter, d'où aussi, selon lui, le grec otheô, octaeô , î'angio-saxun wacan, vaciller, wican, glisser, aller; le Scandinave vacha, errer, vikia, se mouvoir, vikna, être mis en mouvement. Quelques étymologistes font venir le latin vacillare de bacillum, bâton, parce que les personnes qui vacillent ont besoin d'un bâton pour se soutenir). N'être pas ferme, sûr : Cette échelle vacille et ne parait pas solide. La main lui vacillait en éa'ivant. Il Trembloter : Cette lampe vacille à aveugler. La lumière des étoiles fixes vacille perpétuellement.

— Fig. Hésiter, être incertain : A la fin, MélauchtkonVKQiiA.ii.. (Boss.) H n'est pas possible que quand la mémoire vacille la langue ne balbutie. (J.-J. Rouss.) 11 Changer fréquemment : Il n'a fait que vaciller dans ses réponses.

— Syn. Vaciller, chanceler. V. CHANCELER.

VACILLITÉ s. f. (va-sil-li-té — rad. vaciller). Défaut de fermeté, de constance.

VA-CI-VA-LÀs. m. Dans les départements de l'Ouest, Personne sans caractère, incapable de résister, prête à faire tout Ce qu'on lui commande.

VACIVE s. f. (va-si-ve), Econ. rur. Nom agricule du mouton antenois. Il On dit aussi VACIVKAO s. m.

JVACOI ou VAQUOI s. m. (va-koi). Bot.

Nom vulgaire d'une espèce de vandanus, qui parait être originaire de Madagascar. D On dit aussi vacoa, vacquet, vacouang et

BAQUOIS.

VACOS s. m. (va-koss). Entom. Nom vulgaire des termes ou termites : Les vacos multiplient prodigieusement, mais ils meurent aussi par pelotons. (V. de Bomare.)

— Encycl. Cette espèce particulière de termites a le corps blanc et la tète rouge ; elle est de taille médiocre. Les vacos habitent l'Ile de Ce vlan, où ils vivent en troupes nombreuses, car leur multiplication est prodigieuse. Dans les lieux inhabités, leurs colonies construisent de petites buttes en terre, hautes de 1 à 2 mètres, vulgairement appelées houiboses; ces habitations sont divisées par un grand nombre de voûtes ou d'arcades et composées d'une terre très-fine, mais en même temps si bien gâchée et si solide, qu'il est difficile de les abattre, même avec des pieux. « Les vacos, dit V. de Bomare, multiplient prodigieusement, mais ils meurent aussi par pelotuiis. Lorsque les ailes leur sout venues, ils s'envolent en si grand nombre vers l'occident, qu'ils forment des images qui empêchent de voir le soleil ; ils s'élèvent à une hauteur qui les fuit perdre de vue et ne cessent de voler que pour tomber après' s'être épuisés. Les oiseaux en font leur proie. Les poules du pays s'en nourrissent plus volontiers que du riz et les préfèrent même à toutes les autres fourmis, dont il y a un grand nombre d'espèces différentes dans l'Ile de Ceylan. Il s'en trouve de trèsmechants et qui mordent cruellement quand on les irrite ; ils font des excursions en troupes innombrables, sans qu'on sache quel est le terme de leur marche. On les t'ait mourir lorsqu'on les expose au soleil. ■ Dans les lieux habités, les caca; détruisent tout ce qu se trouve sur leur passage. La terre de leuiï huttes sert aux Indiens à fabriquer des idoles.

VACQ

VACQUE s. f. (va-ke). Forme ancienne du,

mot VACHE.

VACQOE1UE (Jean de La), magistrat français, né K Arras au commencement du xve siècle, mort en 1497. Il habitait sa ville natale, qui appartenait à Marie de Bourgogne, lorsque Louis XI voulut s'en emparer (1476). La Vacquerie résista avec une grande énergie aux attaques du roi, qui, frappé de sar fermeté, lui accorda sa faveur et le nomma premier président en 1481. Dans. ce poste important, il se distingua par une grande intégrité et par la plus rare dignité. Louis XI ayant envoyé au parlement des édits onéreux pour être enregistrés et ayant accompagné cet envoi de cruelles menaces pour le cas de résisi&nce, le premier président se rendit au palais u, la tête de sa compagnie et fit au roi des représentations si énergiques, qu'il obtint la révocation des édits. Sous la régence d'Anne de Beaujeu, il fit aussi dans diverses circonstances des protestations trèsfermes. Le chancelier de L'Hospital a fait son éloge dans un de ses discours.

VACQUERIE (Auguste), littérateur et journaliste français, né a Villequier en 1819. Il fut admis fort jeune dans le cénacle romantique et devint un admirateur passionné de Victor Hugo, dont son frère Charles épousa la fille, Léopoldine. Ces liens de famille furent/brusquement rompus par la fin tragique de Charles Vacquerie et de sa jeune femme , qui trouvèrent la mort dans une promenade en bateau à Villequier, près du Havre, en 1843 ; mais l'attachement que M, Auguste Vacquerie portajt à la famille Hugo ne fît que s'accroître encore à la suite de ce deuil commun. Doué d'une imagination vive et originale, mettant en pratique les principes littéraires mis au jour par Hugo dans sa célèbre préface de Cromwell, M. Vacquerie débuta en 1840 par un recueil de poésies, VEufer de l'esprit (in-8°), et publia dans le Gtobe, puis dans {'Epoque, des articles littéraires et critiques quj brillaient moins par le goût que par la recherche paradoxale, l'éclat du style et les fioritures de l'esprit. En 1844, il fit représenter à l'Odéon une traduction en vers de YAntigone de Sophocle, en collaboration avec M. Paul Meurice, et publia, l'année suivante, Paroles, d'après Shakspeare, et les Demi-teintes (1845), recueil de poésies fantaisistes et quintessenciées, dans lequel on trouve son fameux sonnet à la neige (v. sonnet). En juillet 1848, il fit représenter à la Porte-Saiut-Martin un drame bouffon en cinq actes et en vers, Tragaldabas (v. ce mot), dont la chute fut retentissante, tant la pièce renfermait d'énormités. Lorsque, le 1« août 1848, M. Victor Hugo fonda V Evénement, M. Vacquerie devint naturellement un des principaux rédacteurs de cette feuille, qui rat l'organe spécial de la politique du grand poète. Après avoir soutenu la candidature de Louis Bonaparte à la présidence de la république et manifesté une sympathie médiocre pour les républicains, Y Evénement passa avec son directeur dans le'camp de la démocratie socialiste. M. Vacquerie s'occupa dans ce journal beaucoup plus de littérature que de politique. Il fut chargé d'y rendre compte du mouvement des lettres et du théâtre. Tou» tefois, lorsqu'à la suite de condamnations multiples la plus grande partie de la réduction de Y Evénement, métamorphosé en Avènement du peuple (1851), se trouva en prison, M. Vacquerie remplaça les absents et écrivit sur la politique courante dés -articles plus brillants que solides. Après le coup d'Etat du 2 décembre 1851, qui amena la suppression du journal, M. Vacquerie suivit volontairement Victor Hugo dans l'exil et vécut pendant longtemps auprès de lui à Jersey. De temps à autre il se rendait à Paris, pour y faire représenter des pièces de théâtre, dont quelques-unes eurent du succès. En 1869, il vint se fixer dans cette ville, où il fondu, avec MM. Rochefort, Paul Meurice , Charles et François Victor Hugo , le Rappel, journal d'avunt-garde qui fit une guerre acharnée à l'Empire. M. Vacquerie y mena de front la politique et la littérature. Un de ses articles, intitulé : C'est pour l'enfant (19 avril 1870J, y fut particulièrement, remarqué. Après le 4 septembre, il appuya le gouvernement de la Défense nationale ; maïs, après l'armistice, il se fit le défenseur de la politique radicale, et, après l'insurrection du 18 mars 1871, il se rangea du côté de Paris contre l'Assemblée. Devenu le rédacteur en chef du Rappel, M. Vacquerie n'a cessé depuis 1871 de diriger cette feuille, qui s'adresse à la démocratie la plus avancée et qui, tout en faisant de fortes réclames à son rédacteur en chef, tient une ligne politique bien capable d'étonner ceux qui connaissent le tempérament aristocratique et littéraire de M. Vacquerie. « M. Auguste Vacquerie, dit M. Le Reboullet, est un des gardiens du temp'le où resplendit la figure surnaturelle de Victor Hugo. Il s'est donné pour profession de desservir ce culte avec un soin jaloux et d'exclure du portique sacré non -seulement les hostiles, mais les indifférents. Il a des dévouements féroces. Peu à peu cette passion s'est emparée de tout sou être ; poëte, critique ou polémiste, M. Auguste Vacquerie a danslavoix quelque chose ues inflexions du maître ; sa petite flûte se donne un mal infini pour singer le tonnerre, fl voit le nom symbolique de ses rêves écrit sur les murs, sur les édifices, jusque dans

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