‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 534 sur 1042 · VADE · texte numérisé non relu

VADE

de toute nature abrégèrent sa joyeuse existence. Un abcès dans la vessie lui survint et nécessita une opération qui, bien que pratiquée par un chirurgien habile, détermina une hémorragie à la suite de laquelle H succomba, âgé seulement de trente-sept ans.

Avant Vadé, personne n'avait tenté d'imiter le langage poissard, ce qui lui valut la surnom de Collai de la poésie. Il étudia ce genre trivial dans les faubourgs, aux barrières, dans les bojjges et les cabarets de la place Maubert. Il s'est ainsi créé une place à part dans la littérature et une originalité étroite, mais vivante, qui a maintenu son nom. V. poissard.

Voici la liste de9 pièces de Vadé : la Pileuse, parodie à'Omphale (1752) ; le Poirier, opéra-comique (1752); le Bouquet du roi, opéra-comique (1752); le Suffisant, opéracomique (1753); le Rien, parodie (1753) ; les Troqueurs, opéra-comique (1753); le Trompeur trompé, opéra-comique (1754); Il était temps, parodie (1754); la Nouvelle Bastienne, opéra-comique (1754); la Fontaine de Jouvence,gratta ballet mêlé de chants (1754) ; les Troyennes en Champagne, opéra-comique (1755); Jérôme et Fanchonnelte, pastorale (1755); Follette ou \' Enfant gâté, parodie (1755J; Nicaise, opéra-comique (1-756); les Racoleurs, opéra-comique (1756); Y Impromptu du cœur (1757); le Mauvais plaisant ou le Drôle de corps (1757) ; la Veuve indécise, parodie de la Mère coquette (ouvrage posthume, 1756); la Canadienne, comédie en un acte et en vers (ouvrage posthume). Le reste du bagage littéraire de Vadé se compose de la Pipe cassée, poëme épitragi-poissardi-hèroïcomique, une de ses œuvres le plus souvent citées et les plus caractéristiques; des Bouquets poissards, des Lettres de la Grenouillère, des Epilres en vers, Madrigaux, Fables, Amphigouris, Chansons. Le tout a été réuni sous ce titre : Œuvres de M. Vadé ou Recueil des opéras-comiques, parodies et pièces fugitives de cet auteur, avec les airs, rondes et vaudevilles notés (Paris, 1775, 3 vol. in-Su).

V«dé (le mariage de), comédie en trois actes, en vers, avec un prologue, par MAI. Amédée Rolland et Jean Du Boys (théâtre de l'Odéou, 8 octobre 1862). Cette œuvre est vive, leste, franche et mi peu gauloise, comme il convenait au personnage principal, à ce poëte singulier qui, malgré les menaces paternelles, ne voulut point faire d'études et inventa la poésie de la rue, le genre poissard. On se doute bien que ce chercheur d'aventures, de dissipations et de débauches, qui vécut du plaisir et qui en mourut, ne consentit jamais à enchaîner sa liberté dans les liens d'une union légitime. Lui qui chantait: Le passé n.'est qu'un songe, .Une fichaise, un rien, ne pensait pas mieux de l'avenir et ne voulait sacrifier ni à l'espérance ni au devoir* l'insouciance du jour présent. Aussi n'est-ce pas un vrai mariuge dont il s'agit dans la comédie de MM. Roiland et Du Buys, mais d'une passion un peu plus durable que les caprices ordinaires de Vudé. Cette passion a pour objet Nicole, une aimable éuailière. Mais, même dans celte union passagère, Vadé ne peut garder la fidélité. Unegrande dame, la marquise de Beaupré, vient le chercher au milieu Ues halles au risque de se faire ■ engueuler, » accident auquel elle ne prête pas plus d'attention qu'il ne le fallait alors. C'était en ett'et la mode d'aller à la halle et d'éiuuier le catéchisme poissard. Vade étuil recherché dans le plus grand monde, où ses plaisanteries graveleuses avaient beaucoup de succès. La comédie nous le montre épris des charmes de la marquise et oubliant tout à fait l'écuillère. Il se laisse entraîner dans un bal travesti et s'y trouve fort mal à l'aise sous un costume de cour, Nicole, de son côté, pur esprit de vengeance, fait les doux -yeux U un gentilhomme qui accompagne Mme de Beaupré, dont il est l'amant. Ce geruiltiomiiie, trahi pour le poëte, se fait un malin plaisir de lui ravir sa maîtresse. U l'emmène au même bul où Vadé a suivi la marquise. Nicole porte à ravir sou déguisement de grande dame. Le poète en devient plus amoureux que jamais. Il laisse, avec le costume dont il s'était affub.é, l'éiiquetie et la gêne si peu d'accord avec son esprit indépendant. Adteu le monde, la marquise, le luxe des vêtements et l'hypocrisie des paroles 1 II reprend sa liberté, son écaillère et ses chansons.

VADE-IN-PACE s. m. (va-dé-inn-pa-sé — mots laiins qui signifient va en paix): Prison de couvent, dans laquelle on enfermait les moines ou les religieuses. Il PL vade-inpace.

— EnCycl. V. OUBLIETTES.

VADEL s. m. (va-dèl). Mar. Manche de guipon.

VA-DE -LA- GUEULE s. Pop. Goinfre, personne qui mange gloutonnement.

VA-DE -LA- LAN CE s. m. Argot. Homme licencieux dans sa conduite ou dans ses discours.

VADEMANQUE s. f. (va-de-m:m-ke — de vade, et de manque). Banque. Diminution du fonds d'une caisse, u Vieux mot.

VADE-MECUM s. m. (va-dé-mé-komm — du lat. vade, .va; mecum, avec moi). Titre donné quelquefois à certains ouvrages d'un

VADI

format portatif, contenant les principaux éléments d'une science, d'un art, etc. ti Ouvrage qui, sans porter ce titre, y a droit par sa disposition, son utilité : Horace estlevAPKmkcum de tous les littérateurs. Ce livre est le vadk-mecum obligé de tous les voyageurs.

— Par ext. Objet qu'on a toujours avec soi : Le boudoir était meubtéavec coquetterie, mais il y manquait certaines bagatelles gracieuses qui sont le vade-mecum de la femme. (P. Péval.)

— Quelquefois ou dit veni-mecum (viens avec moi) au lieu de vade-mecum.

VA-DE -PIED s. m. Domestique qui va à pied, n PI. VA-DE-PIED.

VADE RETRO, SATANAS1 [Retire- toi, Satan), Paroles de Jésus à Satan, lorque celuici, seion l'Evangile, le tenta sur la montagne.

« Le tentateur parle aux femmes un autre langage : « Vous êtes jeunes, vous êtes

• belles; voyez ces dentelles, ces soieries, » ces chiffons, tout cela est h vous I » Ainsi parla M. D..., et cette fois Véronique n'eut pas la force de crier : Vade rétro ! ■

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