L. Jourdan
* Voyez-vous celui-ci? Un philosophe qui . marche de visions en visions et de ténèbres en ténèbres, quand il devrait s'avancer de clartés en clartés. Il est content de lui, car il est en train de rompre l'unité du genre humain I II a fait de Dieu lui-même un être désarmé, un être inutile, un être perfide et menteur: Vade rétro I lui dit-il, et il se frotte les mains de joie en songeant à sa victoire.» Jules Janin.
« Rien ne va moins à tout ce qui est chré-
• tien que le bruit et l'éclat. • C'est le révérend Père Lacordaire qui a écrit ces mois édifiants dans le premier volume de ses œuvres complètes, consacré à la vie de saint Dominique. 11 semblerait dès lors que, pour conformer ses actions à ses paroles, l'auteur eût dû repousser énergiquement l'offre d'une place k l'Académie et répondre à M. de Faltoux : Vade rétro, Salanas I ■
Taxilb Delord.
Par trop bien boire, un seigneur de Bourgogne De son pauvre œil se trouvait déferré.
Un docteur vient : • Voici de la besogne Pour plus d'un Jour. — Je patienterai.
— Ça, vous boirez... — Eh bien ! soit je boirai.
— Quatre grand» mois... — Plutôt douîe, mon
[maître.
— Cette tisane... — A moi?... Voyeice traître 1 Vade rétro : guérir par le poison!
Non, par ma soif! perdons une fenêtre Puisqu'il lo faut, mais sauvons la maison. • J.-13. Rousseau.
VA-DEVANT s. m. Vin fait plus tôt que les autres, il Vieux mot.
VAD1ANUS (Joachim), historien et érudit allemand, il V. Watt (de).
VADICASSES ou VIDUCASSES, ancien peuple de la Gaule, dans la Belgique Ile, au S.-O. desSuessiones et à l'E. de> Silvanectes. Leur villa principale était Noviomagus (Lisieux) ; leur territoire forma dans lu suite lo pays appelé Valois.
VADICASSES ou VIDUCASSES, peuple de la Gaule, dans la Lyonnaise lie, entre les Baïoeasses à l'O. et les Lexoviensàl'E. Leur pays est compris aujourd'hui en grande partie d<ms le département du Calvados.
VADIER (Marc-Guillaume.-Alexis), constituant et conventionnel frunçais, né duns lo comté de Foix en 1736, mort à Bruxelles en 1828. Il était conseiller au ur~ésidial de Pomiers, lorsque le tiers état de la sénéchaussée de Foix le nomma député aux états généraux, où il siégea dans le rang des constitutionnels. Après l'arrestation du roi à Varennes (juin 1791), Vadier demanda que, dépouillé de son inviolabilité, Louis XVI fut traduit devant la haute cour de justice ; mais, s'étant rétracté en partie le surlendemain, il fut traité de renégat par la feuille de Morat. Elu député à la Convention par le département de l'Ariége, il prit place dans les rangs de la Moniagne, vota la mon de Louis XVI sans appel ni sursis, contribua a la chute des girondins, entra au comité de Sûreté générale le 14 septembre 1793 et s'y signala par son ardeur à poursuivre les contre-révolutionnaires. Le rapport le plus célèbre qu'il ait fait au nom de ce comité est celui qui concerne l'utfaire de Catherine Théot. On lui a reproché la mort de quatorze habitants de l'Ariége, .qu'il fit traduire lui-mèiuo au tribunal révolutionnaire, et doni il pressa le jugement avec une incroyable activité; mais il put dire pour sa défense que c'étaient des ennemis jurés du nouveau régime et qu'ils avaient excité dans le département des troubles qui menaçaient de prendre autant d'importance que ceux de la Vendée. Au 9 thermidor, Vadier fut un des accusateurs de Robespierre ; mais, devenu à son tour suspect à la faction dominante, il se vit condamner à la déportation (2 murs 1795), avec Billaud -Varennes, Collot d'Herbois et Barère, ses anciens collègues aux comités de gouvernement. Caché dans Paris, U
VADU
échappa pendant quelque temps aux recherches; mais (ilns tard, impliqué dans la conspiration de Babeuf, il fut arrêté. Bien qu'il n'eût pas été étranger à cette grave affaire, il parvint à se faire acquitter, sans cependant recouvrer la liberté, car on l'interna k Cherbourg, pour, de là, être transporté à Cayenne.^Le 18 brumaire lui ouvrit les portes de sa prison. Il vécut" dans la retraite jusqu'en janvier 1816, époque à laquelle il dut prendre, comme régicide, le chemin de l'exil, en vertu de la loi d amnistie. Il mourut paisiblement, sans que ses convictions politiques eussent jamais été ébranlées. Sa fille et son gendre lui firent élever un monument dans le cimetière de Bruxelles, à côté de celui de David, son ancien collègue k la Convention et son ami.
VAD1MON (lac), en latin Vadimonis lacus, lac de l'Italie ancienne, dans l'Elrurie, nommé aujourd'hui lue de Bassano. Sur li's bords de, ce lac, dont les eaux étaient sulfureuses, les Romains battirent les Etrusques en 310 av. J.-C, et les Gaulois Sénonais en 283. De nos jours, ce lac est en partie couvert d'une couche de terre flottante.
VADIPÈDE adj. (va-di-pè-de — du lat.
vado, je marche ; pes, pedis, pied). Orniih. Qui a les pieds conformés pour la marche.
VAD1DS, personnage des Femmes savantes, sous le nom duquel Molière a mis en scène le savant Ménage. Comme Trissotin (v. ce mot), Vadius est un type particulier du faux savant, de l'érudit ridicule, toujours prêt k citer, jamais à raisonner, du pédant en un mot.
Tout hérissé de grec, tout boufû d'arrogance. Et qui, de mille auteurs retenus mot pour mot. Dans sa tête entassés, n'a jamais fait qu'un sot.
BOILEAU
Dans l'application , Vadius est resté , comme Trissotin, le type du pédant en us.
• Ah ! la liberté de la presse 1 Démuselez vos journalistes de Paris, et vous verrez un beau tapage I Tous les Vadius se mêleront de gouvernement, et les Caritidès donneront leur avis. Au diable la pétaudière ! >
Napoléon I«.
VADJ1K (el), port de la mer Rouge, sur ta côte d'Aiabie(Hedjaz), par 20° 13' de laiit. N. Il est petit, mais bon etsûr, et l'on y trouve de l'eau potable.
VADO, la Sabatia Vada des Romains, bourg fortifié du royaume d'Italie, province de Gènes, district et à 6 kilom. S.-O. de Savone, sur la côte occidentale du golfe de Gênes, où il a une excellente rade, pouvant abriter des vaisseaux de haut bord; 1,500 hab. Pèche active et navigation.
VADROUILLE s. f. (va-drou-lle ; II mil. — Ce mot est probablement un diminutif de l'ancien français vadeau, venu lui-même de l'anglais wad, paquet, bourre d'arme à feu, tampon d'étoupe). Mar. Tampon de laine muni d'un manche, servant à nettoyer le pont d'un navire.
— Argot. Femme de mœurs légères.
VADURIE a. f. (va-du-rl). Littér. Espèce de chanson en vogue au moyen âge.
— - Encycl. La vadurie était une des nombreuses formes que les poètes du xuia siècle donnèrent à la chanson ; sa physionomie spéciale était dans le refrain, qui n'avait pas de sens précis ou même pas de sens du tout, mais devait reproduire le son de la musette ou de quelque autre instrument. Telle est la vadurie suivante de Moniot de Paris, trouvère dont on a aussi de gracieuses pastourelles, mais sui-lequel on manque, du reste, de renseignements ;
Douce amie très plesant,
Je ne puis estre tesant (taisant),
Ains sui je por vous fesant Ceste vadurie.
Va du va du va du va belle.
Je suis molt por vous bleciés; Se vus raorir me lessiés, Vostre ame, bien le sachiés,
Sera mal bailtie.
Va du va du va du va belle...
Nous citerons encore la pièce suivante, qui est dans le dialecte du Poitou. C'est la Beine d'uvril qui mène sa ronde :
Al entrade del tens clar,
Eya!
Pir joye rocoinençar,
Eya!
Et pir jalons irritar,
Eya!
Vol la regine raostrtir (
K'ele est si amorouse.
Qui donc la véist dançâr,
Eya!
Et son gent cors déportai-,
Eya!
Ben puist dire, de vertar,
Eya!
K'el mont non sie sa par, La regine joiouse.
L'exclamation Eya 1 servait de refrain et s'alliait sans doute au point d'orgue de quelque instrument qui jouait sur un rhythmo vif et gai. Dans la vadurie de Moniot, le refrain Va du va du va du va belle, qui n'a pas de