‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 536 sur 1042 · V^ESO · texte numérisé non relu

V^ESO

sens, joue sur les deux premières syllabes du mot vadurie ; il est doux et gracieux ; probablement il s'unissait, dans le chant, à un rhythnte où dominaient la douceur et la grâce, et il était destiné à aceompagner les sons d'une musette.

VADUZ, bourg de l'Allemagne du Sud, capitale de la principauté de Licluenstein, près de la rive droite du Rhin, qui sépare la principauté du canton suisse .de Suint-Gall, à •48 kilom. S.-O. de Bregenz; 1,900 hab. Château du prince.

VffiJOVIS s. m. (vé-jo-vis). Arachn. Genre d'arachnides , de l'ordre des scorpionides, formé aux dépens des scorpions, et comprenant trois espèces, dont le type habite le Mexique.

VSRFRADE s. f. (vèr-fra-de — mot suédois qui signifie recrutement). Partie de l'armée suédoise qui se compose de divers corps spéciaux, recrutés par enrôlements volontaires, et destinés à faire le service près de la personne du souverain, dans les garnisons et les places fortes.

VAERNEWYCK (Marc van), historien belge, né à Gand vers 1500, mort en 1570. Ilsadonna d'abord k l'étude de la théologie, puis se consacra exclusivement à celle de l'histoire de sa patrie, sur laquelle il alla recueillir des matériaux non-seulement dans les principales villes des Pays-Bas, mais même jusqu'en Italie. Cependant, bien qu'il eût passé toute sa vie à travailler, il n a laissé, outre quelques écrits sans grande valeur, qu'une histoire de Belgique (Gand. 1565, in-4<>), qui ne se recommande ni parle style ni par la clarté. Elle a pourtant obtenu un grand nombre d'éditions, dont ta dernière, qui est en même temps la meilleure, a paru à Gand en 1829 (2 vol. in-S°).

VAERNEWYCK (Pierre ^Henri van), littérateur belge du xvns siècle. Il appartenait a la famille du précédent, mais n est guère cornu que comme l'auteur d'un ouvrage intitulé : Géographie de Medrano, illustrée et traduite en vers français (Bruxelles, 1688,

VjEROE, petite île de la Norvège, près de la côte occidentale, la plus méridionale de l'archipel des Lofoden. C'est entre cette lie et celle de Mosken, au N., que se trouve le Maelstrôm. V. ce mot,

VAEKST (Frédéric-Chrétien-Eugène, baron de) , littérateur allemand , ne à Wesel en 1792, mort en 1855. Elevé à l'école des cadets de Berlin, îl entra en 1810 dans l'armée, lit la campagne de 1812 contre la Russie, celles de 1813 à 1815 contre la France, et-quitta le service en 1818. Il consacra les années suivantes k des voyages dans les principales contrées de l'Europe, devint en 1825 copropriétaire de la Gazette de lireslau et, en étant devenu seul propriétaire en 1833, transforma cette feuille en un journul d'un intérêt général. Lié personnellement avec plusieurs officiers allemands de l'année de don Carlos, il fut à même de puiser aux meilleures sources des renseignements sur la guerre d'Espagne, et fit même, au commencement de 1838, un voyage au quartier principal de don Carlos, qui l'accueillit avec une grande bienveillance. En 1840, il fut nommé directeur du théâtre de Breslau et l'administra jusqu'en 1847, époque à laquelle l'état de sa santé le força à se retirer. Quelque temps avant sa mort, il avait perdu la vue et était complètement paralysé. Outre ses nombreux articles dans la Gazette de Breslau, ou a encore de lui : la Perspective du cavalier (Leipzig, 1836), ouvrage qui rit beaucoup de bruit lors de sa publication et qui parut sous le pseudonyme du chevalier de Lelly ; les Pyrénées (Breslau, 1847,2 vol.) et Gaslrosopltie (Leipzig, 1852). Dans ces trois ouvrages, Vaerst a fait preuve d'un talent original et prime-sautier.

VAEBST (Hermann-Hans-Hugo, baron be), homme politique prussien, frère du précédent, né k Bayr'euth en 1798. Il entra en 1813, comme volontaire, dans un régiment de uhlans, lit les campagnes de 1813 à 1815 et demeura au service jusqu'en 1840, époque à laquelle il prit sa retraite avec le grade de major. 11 s'occupa ensuite pendant plu sieurs années d'économie rurale, fut élu en 1848 député de sa circonscription électorale à l'Assemblée nationale de Francfort et entra en 1862 à la Chambre des députés de Prusse, dans laquelle ri appartint au parti des progressistes et fut élu rapporteur poulies questions relatives à l'armée. 11 siégea à lu Chambre jusqu'à la fin de la session de 1867 et devint alors membre de la première diète de la Confédération germanique du Nord. Après avoir été l'un des fondateurs du parti national et libéral en Prusse, il s'est depuis cette époque retiré de la vie publique, bien qu'on lui eût à plusieurs reprises offert un nouveau mandat.

\M SOLI 1 {Malheur à l'homme seul, qui se tient à l'écart.') Paroles de VEcclésiaste, auxquelles nos écrivains font souvent allusion.

• Au lieu de chercher k concilier son système avec des vérités acquises à l'esprit humain, Rousseau a préféré faire avec elles une scission orgueilleuse et bruyante; mais

c'est sur lui que las suites en retomberont, car c'est ici qu'il faut dire : Vss soli! »

Lanfret.

« Ecrivons-nous, retrouvons-nous dans nos lettres. Les indifférents découragent ; les cœurs connus remettent de la chaleur et de la vie dans ceux de leurs amis quand ils se touchent. Un livro qui connaissait l'homme a

dit : Vas soli! »

(Bévue de Paris.)

■ Les bohémiens, ces bâtards de la civilisation, sont des individus arriérés. Les sentiments qui sont le fondement de l'état social et du rapprochement des hommes leur sont inconnus. Absorbés dans l'égoïsme aveugle de la brute, ils n'existent que pour eux et ils existent mal. La solitude, que les anciens regardaient comme une calamité et une punition, vm soli, est pour de tels êtres une nécessité de leur nature. •

Dr Broussais.

VJESTERAS ou W^STEEAS , ville du royaume de Suède, chef-lieu de la préfecture de son nom, dans la Suède propre, k 140 kilom. N.-O. de Stockholm, à l'embouchure du Swart dans le lac Mœlarn, par 50» 40' de hitit. N., H» 15' de longit. H.; 4,000 hab. Eveché luthérien; lycée. Commerce de fer, cuivre, laiton, vitriol. On y voit une belle cathédrale qui renferme le tombeau d'Eric XIV; un château royal. L'hérédité de la couronne en Suède fut décrétée par une diète qui se tint dans cette ville en 1544.

ViESTERAS (préfecture ou lan DE),division ■ administrative du royaume de Suède. Elle est comprise entre celles de Gefleborg au N., de Stora-Koparberg au N.-O., d'Upsal à TE., de Nykoping au S. et d'Œrebro k l'U. Elle a 140 kilom. de longueur sur 80 de largeur, et une superficie de 6,893 kilom. cmitôs; 98,941 hab. Outre les lacs Mœlarn et Hielmar, jjui la baignent au S., elle en renferme plusieurs autres moins importants, qui reçoivent plusieurs petits cours d'eau et se déchargent par des rivières dans des lacs plus considérables. Le sol de la province e&t plat, bien arrosé, fertile en céréales et renferme de beaux pâturages qui nourrissent un nombreux bétail. Les richesses minérales du soi sont activement exploitées et donnent lieu à d'importantes transactions commerciales.

VA-ET-VIENT s. m. Mouvement alternatif, soit d'un même objet qui quitte et reprend sa position, soit de plusieurs objets dont les uns vont et les autres viennent, en passant par le même endroit : Le balancier d'une horloge est animé d'un mouvement- de va-et-vient. Il ne fait que sortir, rentrer, ressortir; c'est un va-et-vient incessant. Ce pont ne désemplit pas de passants ; le va-et- vient y est perpétuel. !l PI. va-et-vient.

— Machine ou organe affecté d'un mouvement alternatif ; On adapte un va-et-vient aux machines à tirer la soie.

— Petit bac servant à passer un cours d'eau, et qui est attaché avec deux cordes au moyen desquelles on l'attire alternativement d'une rive à l'autre.

— Fig. Alternative : L'échange des idées entre peuples est un va-et-vient perpétuel. Devenir meilleur et remeltreà nos descendants une humanité meilleure, c'est l'éternel va-etvient de notre développement moral. (E. Littré.)

— Mar. Cordage établi entre deux points, et qui permet de communiquer de l'un à l'autre en se balant : Un va-et vient put être établi entre te rivage et te navire en perdition. La seule chance de salut étuit d'établir, au moyen d'un câble porté sur les roches, un va-et-vient, sorte de communication des plus dangereuses, entre la terre et les débris d'un navire. (E. Sue.)

— Pêche. Cordage attaché à un filet et qui sert tant à l'immerger qu'à le retirer de l'eau.

YM VICT1SI (Malheur' aux vaincus!) Après la sanglante bataille de l'Allia, dont l'anniversaire fut mis par les Romains au nombre des jours néfastes, la terreur s'était répandue dans Rome, et tous les habitants avaient pris la fuite, excepté quatre-vingts vieillards, qui attendirent courageusement la mort sur leurs chaises curules, et la jeunesse, qui se réfugia dans le Capitole. Apres avoir saccagé et brûlé Rome, les Gaulois mirent le siège devant la forteresse. Ayant échoué dans un assaut, ils établirent un blocus rigoureux. Les défenseurs de la forteresse, assiégés depuis sept mois et livrés à toutes les horreurs de la famine, demandent enfin k capituler. Brennus, le chef des Gaulois, consent à lever le siège moyennant 1,000 livres pesant d'or. Le tribun Sulpicius apporte la somme au jour marqué. Pendant qu'on pèse l'or, une contestation s'élève, et les Romains reprochent aux vainqueurs de faire usage de faux poids. C'est alors que Brennus, jetant sa lourde épée dans la balance, prononça le mot célèbre, devenu proverbial : Vs viclis! « JJallieur aux vaincus! »

On fait allusion à ce l'ait en rappelant soit la parole de Brennus : V& viclis, soit sa traduction française, Malheur uux vaincus, soit le Gaulois jetant son épée dans la balance.

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, «Le coup de marteau donné par le commissaire-priseur, après qu'il a jeté l'enchère insolemment conquérante, sonne comme l'èpéa du Brennus gaulois tombant dans la balance, et son terrible adjugé est sinistre comme le v& victist »

Edouard Fournier.

• Le chimiste sexagénaire excitait un profond sentiment de pitié chez les gens bien élevés, une curiosité railleuse dans le peuple ; deux expressions grosses de mépris et de ce va viclis dont les masses accablent les grands hommes malheureux. •

Balzac.

• Que de femmes succombent au besoin, à la misère, k l'occasion ! Leur chute a tous les caractères d'une défaite. Le malheur est venu k elles, suivant le langage de la Bible, comme un homme armé. Ces infortunées n'ont trouvé ni en elles-mêmes, ni dans les ressources d'une éducation quelconque, les moyens de le repousser avec avantage. Or, notre société ressemble fort k ce maître farouche et dur qui n'a qu'une maxime : Malheur aux vaincus/ ■

Esquiros.

• La critique a signalé, dans l'Histoire de la conquête de l'Angleterre par les Normands, un genre d'injustice, d'ailleurs si rare, qu'il y a du mérite k en encourir le reproche, la partialité pour les vaincus. Elle a dit trèsspirituellement da l'historien, . trop Saxon contre les Normands, qu'il avait retourné le mot de Brennus et dit : 'Malheur aux vainqueurs/ »

Nisàrd.

« Non, dit le magistrat, je n'oublierai pas que je suis le tuteur de lu société et l'organe de la loi. L'histoire a cité comme un crime insolent le fer de Brennus mis dans une balance; laisserai-je un sourire de femme faire fléchir la balance de la justice de tout son

poids ? »

Alphonse Kark.

VAEZ (Jean-Nicolas-Gustavé vanNiuuWUnhuysen, dit), littérateur français, ne à Bruxelles en 1812, mort k Paris en 1862. 11 fut d'abord destiné au barreau, se tourna ensuite vers le théâtre et fit jouer, de 1829 k 1S34, divers ouvrages dans sa ville natale. Venu à Paris, il s'y lia avec M. Alphonse Royer et commença, avec ce dernier, cette longue collaboration k laquelle on doit une série do pièces, parmi lesquelles nous citerons : Mon parrain de Pontoise, en un acte (1842); Un ami malheureux, la Dame de trèfle, les Fantaisies de milord, vaudevilles (18:.0); le Voyage à Pontoise, en un acte (1843); le Bourgeois grand seigneur, Odèon (1842), et Mademoiselle Base (1843), comédies; la Comtesse d'Altemberg, drame en cinq actes; Chodruc-Duclos, autre drame (1850), et surtout les opéras suivants, composés et traduits de l'italien : Lucie de Lammermoor, Renaissance (1839) ; la ^Favorite, Opéra (1840); Don Pasquale, Opéra (1843); Othello (1844); Bobert Bruce, Opéra (1847); Jérusalem, Opéra (1847). Citons encore les Premiers pas ou les Deux génies, Opéra- National (1847). Gustave Vaez a collaboré, en outre, avec Scribe, au libretto de Ne touchez pas à la reine, opéra-comique (1847), et avec M. Victorien Sardou k celui du Capitaine Eeuriot, trois actes, Opéra-Comique (!8o4). Seul, il a donné : le Cheval de Grammont, les Scènes de la vie privée, Bruxelles (1834 1835); , Il Signor Bazili, les Brodeguins de Lise, \a ' Coffre-fort, Nouvelles d'Espagne, comédies et vaudevilles en un acte (1836-1847); le Bourgeois des métiers ou le Martyr de la patrie, drame en cinq actes et six tableaux (1849, in-8<>), etc. En 1853, il fut associé k son ami, M. Alphonse Royer, comme directeur adjoint du théâtre de 1 Odéon, et passa de là, avec le même, au mois de juin 1856, à l'Académie de musique, où il conserva jusqu'en 1860 le titre de directeur de la scène. C est en cette qualité qu'il a entrepris divers voyages en Allemagne et en Italie k la recherche, assez peu facile, des ténors. Il uvait été créé chevalier de la Légion d'honneur en 1856.

VAG, rivière de Hongrie. V. Waag.

VAGA, rivière de la Russie d'Europe. Elle prend sa source dans la partie centrale du gouvernement de Vologda, k l'O. de Tolma, coule au N.j entre dans le gouvernement d'Arkhangel et se jette dans la Dwina du nord, après un cours de 360 kilom. Elle est navigable pendant l'été, pour des bateaux plats, sur une grande partie de son cours.

VAGA (Piero Buonaccorsi, dit Pierino ou Peritio del), peintre italien , né k Florence en 1500 ou 1501, mort en 1547. Fils d'un militaire au service du roi de France, il n'avait que deux mois lorsque sa inère mourut de la peste. Etant fort jeune encore, il fut mis en apprentissage chez un apothicaire; puis il attira l'attention d'un peintre médiocre, Andréa de Cerri, qui le prit k son service et lui enseigna les premiers éléments de l'art. Bientôt, frappé de ses dispositions extraordinaires, il le fit entrer dans l'atelier de Ridolfo Ghirlandajo. Pierino n'avait que onze ans lors- I qu'il fut placé sous la direction de ce dernior

VAGA

miUre, Ses progrès furent rapides; il surpassa tous ses condisciples et sa fit remarquer d'un peintre nommé le Vaga, qui le décida à venir à Toscanellu, où il avait divers travaux à exficuti-r, et l'emmena ensuite à Rome. Une fois dans eetie dernière ville, Pieri no n'en voulut plus sortir. Le Vaga, comprenant que tout serait inutile pour retenir un élève dont la collaboration lui était si profitable et désirant lui être utile, le recommanda avec Ja plus vive sollicitude à tous les peintres romains qu'il connaissait. C'est' à punir de ce moment que Pierino joignit a son nom celui du Vaga, son maître.

Livré à ses propres ressources, le jeune Florentin fut réduit, pour vivre, à travailler à la journée tantôt chez un peintre, tantôt chez un autre ; mais, soutenu par son ardent amour de l'art, il Sut trouver le temps de faire ies études les plus sérieuses. Il dessina avec un soin extrême les fresques de Michel- Ange, au Vatican, les débris de la statuaire antique et les peintures décoratives récemment découvertes dans les grottes du palais de Titus. Jules Romain et le Fattore avant parlé de lui avec éloge à leur maître Raphaël, celui-ci voulut le connaître, examina ses dessins et en reçut une impression si favorable qu'il l'admit dan» son école et l'employa dans les travaux des Loges. Pierino travailla avec Jean d'Udine aux arabesques et peignit, sur les des.iins de Raphaël, te.s histoires de Josu^ et de David. Vasari lui attribue, en outre, l'exécution de trois fresque* tirées de la vie du Christ : la Nativité, le Baptême et la Cène. Ces peintures sont si remarquables que quelques-unes ont été regardées comme étant de la main de Raphaël lui - mémo. Pierino n'avait pas seize ans que déjà il était recherché comme un des meilleurs élèves du divin Sanzio. Ce fut sans doute sur ta recommandation de son maître qu'il reçut la commande d'un travail important à faire dans la voûte de la- salle des Papes, appelée aujourd'hui la salle de l'appartement Boryia, au Vatican ; il peignit, dans des compartiments entourés, d'arabesques par Jean d'Udine, les Sept planètes, personniriees par les divinités dont elles portent le nom, les Douze figures du zodiaque, les Constellations et quatre Victoires. 11 exécuta aussi des scènes mythologiques et des arabesques dans une villa tjue' l'archevêque de Chypre, un Alilobranduii, possédait à Chiuvtea, et dans le palais qu'avaient à Rome les Fugger, fameux banquiers allemands. Le temps a détruit plu- Sieurs autres fresques dont il décora vers la même époque diverses églises, entre autres l'égiise de la Minerve, où l'on admirait de lui une Mise uu tombeau dont Vasari a fait une description des plus élogieuses.

Devenu un maître du premier ordre a l'âge -où. d'ordinaire, les autres peintres ne sont encore qu'élèves, Pierino de! Vaga fit un voyage dans sa ville natale en 1523; il y fut accueilli avec honneur parles artistes et fut charge de la décoration d'une façade du couvent des Caniiiltiules; niais la peste s'étant déclarée à Florence, il partit en tonte hâte, n'ayant fait que le carton de la peinture qui devait décorer cette fuçade.

De retour à Rnrue, Pierino épousa, en ir>25, la sœur du Fattore (G.-Kraneesco PeiiuiJ, et s'adjoignit à ce dernier et à Jules Romain pour aciieyer les travaux de Raphaël. Il exécuta pour sou propre compte, dans l'église de« Servîtes, les fresques d'une chapelle, entre autres une Création d'Eue et deux évangélistes, Saint Jean et Saint Marc. Pendant qu'il travaillait à ces peintures, le connétable de Buuibon vint mettre le siège devant Rome (1527). Fait prisonnier et dépouillé de tout ce qu'il possédait, Pierino dut la liberté à quelques fantaisies qu'il peignit pour les soldats qui le gardaient. Dans la misère où ce desastre l'avait fait tomber, il fut réduit, pour donner du pain à sa famille, a faire des dessins pour un éditeur d'estampes. Ces dessins, d'une ampleur ei d'une pureté de style admirables, forment une suite qui a été gravée par Cuzaglio, sous le titre i' Amours des dieux (v. Ditiuxj, De pareils travaux ne pouvaient suffire aux besoins et a l'activité de Pierino; aussi accepta-t-il avec empressement la proposition qu'un certain Niccolo Veueziano, broueur en renom, lui fit de le présenter au prince André Doria, a Gênes ; il partit pour cette ville, après avoir confié à des parents sa femme et sa fille. Accueilli avec distinction par le prince et chargé par lui de décorer son palais, récemment construit, il fit venir de Rome deux sculpteurs, l'oncle et le neveu, Giovanni da Fiesole et SiK'io Cosini, et un modeleur en stuc, Lucio Romano. Avec le concours de ces trois collaborateurs, il orna le palais Doria de sculptures et de pointures qui excitèrent la plus vive admiration.

Quelque temps après, Pierino se décida à retourner eu Toscane, rappela près de lui sa femme et sa fille qu'il avait laissées a Rome, et se fixa à Pise, où il acheta une maison et où il commença quelques peintures pour l'embellissement de la cathédrale. Mais bientôt il éprouva le désir de revoir Gènes, où il peignit, entre autres, un Saint Michel terrassant Lucifer. Eu 1542, sous le -pontificat de Paul Ili, il se rendit à Rome. D importantes peintures û fresque, la Résurrection de Lazare et la Piscine probuiique, qu'il exécuta dans l'église de laTrinité-du-Mout, attirèrent l'attentioa du cardinal Farnèse, qui le prit

VAGA

bientôt a son service et lui assura une pension. Le pape Paul III lui confia de son côté divers travaux. Ne pouvant suffire a tant d'occupations malgré sa prodigieuse fécondité, il employa un grand nombre de collaborateurs, parmi lesquels se distinguèrent Lucio Romunoy Girolamo da Sermoneta et Marcello Venusti, ses élèves. Epuisé par tant de fatigues, atteint d'une maladie de poitrine, il mourut subitement le 14 novembre i547. Sa femme et son gendre, Josefo Cincio, médecin, le firent inhumer dans le Panthéon de Rome, où était la sépulture de Raphaël.

vagabond, onde adj, (va-ga-bon, on-de — lat. vagabundus, mot venu de vagari, errer, qui est rattaché par Eiehhoff à la racine sanscrite vag ou vaihl, remuer, agiter, d'où aussi, selon lui: le grec ochleS, pour Focheâ, Fochleô; le latin vacillare et 1 anglo-saxon tofican, vaciller, wican, glisser, aller; le Scandinave toucha , errer , vikia, se mouvoir, vikila, être mis on mouvement ; l'ancien allemand wachen, wichan ; allemand wackeln, wankan ; anglais to toag, lo waggle, etc. Cette racine vag est probablement alliée à la racine vah, porter, restée vivante avec une foule de dérivés dans toutes les langues de la famille indo-européenne). Qui erre de côté et d'autre : Mendiant vagabond. Course vagabonde. L'hirondelle Vagabonde. La chiure est vive, capricieuse, lascive et vagabonde. (Buff.)

— Fig. Inconstant, qui va d'un objet à l'autre, qui ne se fixe pas à un objet ; Des regards vagabonds. Une pensée vagabonde.

'Contenons les vives saillies de nos penséeS vagabondes. (Boss.)

— Pèche. Courtines vagabondes ou substantiv. Vugabo7ides, Filets placés au fond de l'eau pour servir de parc et que l'on change fréquemment de place.

— Zooph. Polypes vagabonds, Polypes libres, non fixés.

— Substantiv. Personne vagabonde, personne errante, sans domicile: Tous les paysans qui s'éloignaient de leurs paroisses, sans être munis d'une attestation signée par le curé et le syndic, devaient être arrêtés et jugés préuotalemenl, comme vagabonds. (A. de Tocqueville.) il Personne inoccupée et qui erre une grande partie de la journée. Il Personne sans moeurs et sans conduite, qui fréquente des lieux mal famés.

— s. f. pi. Arachn. Race d'aranéides, comprenant celles qui poursuivent leur proie au lieu de l'attendre.

— Syn. Vagabond, errant. V. ERRANT.

Vagabond (le) [ The Wanderer], poème

philosophique, par Richard Savage (Londres, 17!9). Cet ouvrage, qui se compose de plus de deux mille vers, appartient au genre didactique et descriptif. L'auteur semble s'être proposé de montrer que le bien sort presque toujours du mal. Cetteidée est exprimée dès la première page et se représente souvent. Le cadre adopté par le poète est le plus simple des canevas. Dans une vision, le vagabond (le poète lui-même) parcourt une partie de la terre. En descendant d'une haute montagne, il rencontre un ermite qui l'accueille dans sa cellule. Cet ermite est un jeune homme ; il avait reçu du ciel la beauté, la noblesse, la fortune, la puissance ; il avait acquis la gloire ; la mort d'une femme adorée l'a déterminé à quitter brusquement le monde, et la solitude lui a donné la résignation, le calme d'esprit et la sagesse. Une suite de conversations s'engage entre l'ermite et le voyageur, et celui-ci ne reprend sa route que quand le poète n'a plus rien à dire. Dans cette série de dissertations, procédé qui engendre inévitablement la monotonie, le poète développe des thèmes aussi ennuyeux que moraux. Les difficultés matérielles, les obstacles naturels sont la source de toutes les inventions, de tous les progrès ; les revers de fortuue sont autant de leçons qui peuvent servir à corriger nos défauts-, les souffrances, les peines du coeur élèvent et fortifient l'âme en taisant naître des vertus qu'elle ne connaît qu'a ce prix: Se courage, la patience, ta résignation. Rien n'est plus simple que 1 ordonnance du poème, et cette simplicité accuse une grande pauvreté d'imagination. Cependant, l'auteur sait revêtir sa pensée d'une forme élégante et vraiment poétique. Le Vagabond n'est pas inférieur k la plupart des poèmes du même genre, par exemple à ceux de Thomson et de Campbell. Ni le nombre, ui la variété dos tours, ni la beauté des images, ni l'éclat du style, ni les descriptions brillantes, ni les passages pleins d'éloquence et de sensibilité ue font défaut ; un morceau, le portrait du suicide, est demeuré longtemps classique en Angleterre.

Lo talent de Savage a pour caractère général l'élévation et la force ; son style a une franchise d'allure et une originalité propres et se rapproche de celui des maîtres. Savage regardait le Wanderer comme son principal titre de gloire; ce poème, dédié à lord Tyrconnel, qui fut le Mécène de l'auteur, a vieilli comme tous les ouvrages du même genre.

Vagnlioud» (Les), parM. Mario Proth(l865).

D'après l'auteur, les vagabonds sont les héros ou les victimes de toutes les agitations intellectuelles qui ne permettent pas au génie humain de s'arrêter dans les divers chemins de la science, de l'art, de la philosophie, de la religion. La véritable image de l'humanité

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souffrante, pensante et agissante, est celle d'un Juif errant volontaire. Ahasvérus n'a point de patrie, il cherche partout un abri, mais ne se repose nulle part ; ses étapes s'appellent des révolutions; toutes les hôtelleries qui lui otfrent un asile s'écroulent d'ellesmêmes autour de lui ; il marche au milieu des ruines. Mais il prend son parti des vicissitudes auxquelles le progrès le condamne; après avoir pleuré de tant de chutes, il trouve bien plus gai d'en rire. Il n'a plus d'illusions et raille ses prétentions à l'immortalité. 11 insulte aux majestés tombées qui font encore les vaines ; il les nargue même quand elles sont debout, certain que leur dernière heure n'est pas loin, M. Mario Proth voit un typa de ces vagabonds de l'intelligence dans François Rabelais, le roi des moqueurs, Voltaire même compté. Au bruit de son gros rire, le passé s'ébranle et la raison entrevoit, à travers l'ivresse des jouissances matérielles, les futures conquêtes de la science affranchie. « N'aie pas peur, petit, dit Panurge, et entre doue; c est ici qu on fonde la foi profonde. »

M. Mario Proth applaudit à, toutes les révolutions, à tous les révolutionnaires de la fiensée, à tous ceux qui préparent la révoution de la société en se moquant d'elle. Il écrit sur Voltaire, l'un da ses plus illustres vagabonds, des pages où la personne du patriarche de Ferney est moins bien traitée que son œuvre. C'est, que-, M. Proth va plus loin que Voltaire; il trouve que la tâche du xvmo siècle n'est pas achevée. Les philosophes n'ont pas démoli tout ce qui mériiait de l'être, et bien des choses qu'ils ont justement jetées à terre se sont relevées. « Avec les négations violentes de la préface servant de prélude aux railleries téméraires du livre, dit M. Vapereau, l'auteur des Vagabonds ine fait l'effet de vouloir tirer à son tour, comme jadis Proudhon, ce fameux coup de pistolet destiné à convertir les passants. Que de gens le tirent aujourd'hui parmi les jeunes recrues de tous les partis l Mais ce n'est pas assez de faire du tapage avec la poudre; U ne suffit pas de viser à la cible, il faudrait abattre la poupée. »

VAGABONDAGE s, m. (va-ga-bon -da-ge — rad. vagabonder). Etat, habitudes de vagabond : Tous les crimes de l'homme commencent au vagabondage de l'enfant. (V. Hugo.) Bans l'ancienne Home, celui gui se rendait coupable de vagabondage et de mendicité était condamné Sux travaux des mines. (É. de Gir.)

— Encycl. Le vagabondage est l'état des vagabonds, des gens sans aveu, qui n'ont ni domicile certain ni moyens de subsistance et qui n'exercent habituellement aucun métier, aucune profession. Telle est la définition donnée par l'article 270 du code pénal. D'autre part, l'article 269 déclare que le vagabondage est un délit « Cette règle, dit Boiiard, a été critiquée par quelques théoriciens. Il ne peut, ont-ils dit, y avoir de délit la où il u'y a pas de fait immoral, là où il n'y a pas même d'acte matériel. Le fait de n'avoir ni moyens d'existence, ni domicile, ai profession habituelle peut ne renfermer en lui-même aucune immoralité; il peut être pour celui qui se trouve dans cette position le résultat de circonstances malheureuses, du manque de travail, de la misère ; mais il ne révèle pur lui-même aucune perversité intrinsèque. A cette critique, on répond que la loi pénale a pour mission première la conservation de l'ordre social, et c'est surtout au point de vue de cet ordre qu'il faut examiner le caractère du vagaboudage.'Ov, n'est-il pas évident que la situation de l'homme qui n'a ni moyens d'existence, ni domicile, ni profession est pour la sécurité publique un péril imminent et certain? La société a même le droit de la déclarer immorale, car elle impose ù chacun de ses membres des obligations qu'ils sont tenus de remplir; or, une de ces lois sociales est la loi du travail pour tous ceux qui ne sont pas incapables d'en supporter le poids. Ainsi, soit au point de vue de l'ordre, soit au point de vue delà morale, le législateur a eu le droit d'incriminer le vagabondage et de le qualifier délit, t

Celui qui se trouve momentanément sans ouvrage, sans domicile, par suite de circonstances indépendantes de sa volonté, n'est point regarde comme un vagabond. Le code pénal atteint seulement l'inaction volontaire, qui est la preuve de la fainéantise et de la corrupiion ; mais l'inaction involontaire n'est pas plus réprimée quelHndigence elle-même. Le principal fait qui constitue le vagabondage est le défaut d'habitation. Les articles 271, 272 et 273 contiennent les dispositions sutvantes applicables aux vagabonds : les vagabonds ou gens saus aveu qui auront été légalement déclarés tels, seront, par ce seul fait, punis de trois à six mois d'emprisonnement. Ils seront renvoyés après avoir subi leur peine sous la surveillance de la haute police pendant cinq ans au moins et dix ans au plus. Néanmoins, les vagabonds âgés de moins de seize ans ne pourront être condamnés à la p.eine d'emprisonnement; mais, "sur la preuve des faits de vagabondage, ils seront renvoyés sous la surveillance de la h^ute police jusqu'à l'âge de vingt ans accomplis, à moins qu'avant'cet âge ils n'aient contracté un engagement régulier dans les armées de terre ou de mer. Les individus dé-

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clarés vagabonds par jugement pourront, s'ils sont étrangers, être conduits pur les ordres du gouvernement hors, du territoire français. Quant aux vagabonds nés en France, ils pourront, après un jugement mème'passô en force de chose jugée, être réclamés par délibération du conseil municipal de la commune où ils sont liés, ou cautionnés par un citoyen solvable. Si le gouvernement accueille la réclamation ou agrée la caution, les individus ainsi réclamés ou cautionnés seront, par ses ordres, renvoyés ou conduits dans la commune qui les aura réclamés, ou dans celle qui leur sera assignée pour résidence, sur la demande de la caution.

La nature des éléments constitutifs du u«gabondnge fait comprendra sans peine la méfiance dont la loi entoure le vugabond. Ainsi, il résulte des dispositions de l'article 278 du code pénal, qui est également applicable aux mendiants et aux vagabonds, que la possession par un individu en présomption de vagabondage d'un ou plusieurs effets supérieurs it 100 ÏV., et dont il ne peut prouver l'origine, le place sous la présomption de vol, au lieu de faire supposer qu'il possède des moyens de subsistance. Certaines circonstances peuvent encore rendre plus sévèiesMes peines portées contra les vagabonds ou contre les mendiants. L'article 277 porte, en effet, que tout mendiant ou vagabond qui aura été saisi travesti d'une maniera quelconque, ou porteur d'armes, bien qu'il n'en ait usé ni menacé* ou muni de limes, crochets ou autres instruments propres soit à commettre des vols ou d'autres délits, soit à lui procurer les moyens de pénétrer dans les maisons, sera puni de deux a cinq ans d'emprisonnement. Quant aux autres dispositions communes aux vagabonds et aux mendiants,

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