V. VALKNTINIANISMK
VALENTIN (Basile), alchimiste du moyen âge. V. Basile.
VALENTIN (Valentin de Bodlongne, dit le), peintre français, né k Couloimuiers en 1591, mort à Rome en 1634. Il lit ses premières études dans l'atelier de Simon Vouet, puis il alla perfectionner son talent en Italie, où il se lia d'une étroite amitié avec le Poussin. La protection du cardinal Barberini lui procura de nombreux travaux. Son tableau du Martyre de saint Processe et de saint Martinien, peint pour la basilique do Saint- Pierre et considéré comme son chef-d'œuvre, lui lit la plus brillante réputation. Admirateur de Michel-Ange, et surtout de Caravage, il s'est appliqué k l'imitation expressive de la nature, et semble avoir préféré la vigueur à l'élégance et la correction du dessin au charme de la couleur. Le musée du Louvre possède onze tableaux de lui, parmi lesquels on remarque : le Reniement de saint Pierre ; les Quatre Evungétistes ; le Tribut de César ; la Diseuse de bonne aventure. Ces toiles ont poussé au noir.
VALENTIN (Simon François, dit le), peintre français, né à Tours en 1606, mort à Paris en 1671. Il apprit la peinture en copiant des tableaux et s'adonna d'abord au portrait. Le duc de Béthune, dont ii attira l'attention, l'emmena avec lui à Rome, où il venait d'être nommé ambassadeur, et lui fit donner par le roi un subside. En 163S, François reprit la route de France, se lia k Bologne avec le Guide et se rendit k Paris, où il lit avec un plein succès le portrait du jeune dauphin. Il exécuta un certain nombre de ta- ', bleaux religieux pour les églises, puis s'enferma dans la retraite et mourut de la pierre. C'était un peintre consciencieux et travailleur, dont les productions peu nombreuses manquent d'originalité.
VALENTIN ou VALENT1NI (Michel-Bernard), médecin et naturaliste allemand, né k Giessen en 1657, mort dans la même ville en 1726. Ses études terminées, il alla constater en Hollande, en Angleterre et en France l'état de l'art médical, revint exercer à Pliilipsbourg, puis fut appelé dans sa ville natale pour y occuper une chaire de physique. Ses principaux ouvrages sont : Medicina novo-antiqna (Francfort, 1698, in-4°) ; Pahdects medico-legales (1701, 3 vol. in -4") ; Musxum mus2orum{noi, in-fol.); Armentarium nature systematicum (G;essen , 1709, in-4") ; Corpus juris medico-tegate (Francfort, 1722, 2 vol. in-fol.).
VALENTIN (Louis'- Antoine), chirurgien français, né a Saint-Jean-d'Angely en 1736, mort en 1823. 11 était membre du collège royal de chirurgie et membre honoraire de l'Académie de médecine. Il émigra en 1791 et rentra en France sous le Consulat, On a de lui : Question chirurgico- légale relative à l'affaire de la demoiselle Famin, femme du sieur Laneret, accusée de suppression de part (1708) ; Eloge de Lecat (Paris, 1769, in-8«) ; Recherches critiques sur la chirurgie moderne, avec des lettres à M. Louis (1772, in-go) ; Question médico-légale, examen du procèsverbal de l'ouverture du corps de Louis XVII et des causes de sa mort (imprimé k l'étranger, 1795, iu-S"). Dans cet opuscule, Valentin soutient que le jeune prince a été empoisonné ; mais comme il n'était pas en France
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k l'époque de la mort delà victime, son opinion, purement hypothétique, n'a pu tenir contre les témoignages de Desault et de Pelletan.
VALENTIN (Louis), médecin français, né k Soulanges,près deVitry-le-François,en 1758, mort k Nancy en 1829. Il était chirurgienmajor adjoint, lorsque, en 1790, il alla à Saint-Domingue et y exerça les fonctions de premier chirurgien des armées. Lors du soulèvement des noirs, il se réfugia aux Etats- Unis, où il fut nommé parle consul de France directeur des hôpitaux destinés aux marins, De retour en France en 1799, il se fixa il Nancy et fut un des plus zélés propagateurs de la vaccine. Ses principaux ouvrages sont : Traité théorique et pratique de l'inoculation (Paris, an VIII, in-8°) ; Traité de la fièvre jaune (Paris, 1803, in-8») ; Notice sur l'état présent des sciences physiques et naturelles et sur quelques découvertes récemment faites dans les Etats- Unis d'Amérique (Paris, 1809, in-8") ; Coup d'ceil sur les différents modes de traiterle tétanos en Amérique (Paris, 1811, in-8°) ; Recherches historiques et pratiques sur lecroup (Paris, 1812, in-12); Mémoire et observations sur les fluxions depoitrine (Nancy, 1815, in-8"), etc.
VALENTIN (Robert-François), typographe et écrivain français, né k Paray-le-Monial en 1796, mort en 1849. Il n'avait pas terminé ses études lorsqu'il s'engagea, en 1S13, dans un régiment d'infanterie, aveu lequel il fit les campagnes de 1814 et de 1815 et fut fait prisonnier k Waterloo. De retour en France, il fonda une école primaire k Dijon,' revint en 1819 à Paris, où, après avoir été maître d'études, il entra en 1820 dans l'imprimerie Baudouin, dont la direction lui fut confiée en 1828. Dix ans plus tard, il passa en qualité de correcteur k l'imprimerie Dif-. pont et, de 1845 jusqu'à sa mort, aidaM. Pion dans la direction de sa maison. On a de Valentin plusieurs ouvrages destinés k la jeunesse : Abrégé de l'histoire du Bas-Empire (1828); Abrégé de l'histoire des Croisades (1836) ; les Ducs de Bourgogne au xive et au xve siècle (1841-1843); les Peintres célèbres (1841-1845) ; les Artisans célèbres (1S43) ; Voyages et aventures de Lapéruuse (1843); Histoire de Venise (1843); Vie de sainte Geneviève (1844) ; Vie de saint François de Sales (1845), etc.
VALENTIN (Gabriel-Gustave), physiologiste allemand, né k Breslau en 1810, de parents appartenant à la religion juive. Reçu docteur k Breslau, il y exerça la médecine jusqu'en 1836, époque k laquelle il fut appelé k une chaire de l'université de Berne, qu'il occupe encore aujourd'hui. En physiologie, AI. Valentin appartient à l'école de Purkin.ie, avec lequel il a publié k Breslau un ouvrage intitulé De phœnameno generati et fundamentali motus vibratorii continui (1835). On a encore de lui : Manuel de l'histoire du développement (Berlin, 1835) ; De functiombus nervorum cerebralium et nervi sympathici libri quatuor (Berne, 1839) ; Manuel de physiologie de l'homme (Brunswick, 1845, 2 vol.) ; Principes de physiologie de l'homme (1S45) ; De l'influence de ta paralysie du nerf vague sur la perspiration des poumons et de la peau (Francfort, 1857); Etude du tissu des plantes et des animaux à la lumière polarisée (Leipzig, 1861) ; Usage du spi-ctroscope pour des truvaux de physiologie et de médecine (1863) ; Essai d'une pathologie physiologique des nerfs (1864) ; Essai d'une pathologie phyaiolugtque du sang et des autres liquides du corps (1806) ; Examen physique des tissus (1867). AI. Valentin avait, en outre, fondé eu 1836 le Répertoire d'anatoniie et de physiologie, dans lequel il insérait des comptes rendus annuels de physiologie, il lésa publies depuis 1846, dans les Comptes rendus annuels sur les progrès de la médecine de Constatt et Eisenmann.
VALENTIN (Marie-Edmond), homme politique et administrateur français, né k Strasbourg'le 27 avril 1S23. Lorsqu'il eut terminé ses études, il s'engagea dans les chasseurs à pied et se fit remarquer par sa valeur. Il était sergent-major k Metz en 'février 1848, lorsqu'il fut nomme adjudant sous- oflicier. Un mouvement d'insubordination s'étant manifesté k cette époque dans la garnison, M. Vulentiu contribua k rétablir l'ordre par sa fermeté et son énergie. En 1850, il était sous-lieutenant, lorsque les électeurs du , Bas-Rhin le nommèrent, le lo mars, représentant du peuple k l'Assemblée législative. Républicain convaincu, le jeune oflicier alla siéger dans les rangs de la gauche et vota constamment contre la politique réactionnaire de la majorité et du président Louis Bonaparte. Lors du coup d'Kiat du 2 décembre, il fut arrêté et son nom figura en tête des listes de proscription du 9 janvier 1852. "M. Valentin se réfugia en Angleterre, y perfectionna son instruction et fut nommé, en 1860, professeur k l'Ecole d'applicutiou d'artillerie et du génie k Woolwieh, k laquelle il resta attaché jusqu'en 1870. A cette époque, il revint en France et, le lendemain du la chute de l'Empire, le gouvernement de la Défense nationale lu nomma préfet du Baslïuiti (5 septembre), ■ s'en rapportant k son énergie et k son patriotisme pour aller occuper son poste. » En ce moment, Strasbourg était investi et assiégé par une armée allemande. Avec une fermeté d'âme, une énergie
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de résolution qui font de lui un des rares ca ractères de ce temps-ci, M. Valentin n'hésita
fias à prendre au pied de la lettre cette périleuse mission. Arrivé le 7 dans le Bas-Rhin, où il organisa des expéditions de francs-tireurs, il parvint à franchir les lignes ennemies et pénétra le 19 septembre à Strasbourg, après avoir franchi k la nage, sous 1b feu croisé de l'ennemi et de la place, la rivière 1*111 et un fossé des fortifications. S'étant fait aussitôt reconnaître, il fut conduit auprès du général lihrich. Quelques instants après, la ville apprenait que le préfet de la Défense nationale était venu prendre possession de son poste et proclamer la République. Administrateur civil, il ne put empêcher le général Uhrich de faire arborer, le 27 au soir, le drapeau blanc, et ne fut point consulté sur la défense, qui eût pu se prolonger peut-être jusqu'au 7 octobre. Après la capitulation de Strasbourg, M. Valentin, au mépris des conditions qui l'avaient réglée, fut arrêté par ordre du général Werder, conduit en Allemagne et détenu pendant trois mois et demi dans les casemates de la forteresse d'Ehrenbreitstein. Mis en liberté après la capitulation de Paris, il se rendit aussitôt k Bordeaux et fut nommé préfet du Rhône en remplacement de M. Challeinel-Lacour, qui venait de donner sa démission (février 1871), En prenant possession de sou poste, il adressa a la population une proclamation dans laquelle il affirmait sa volonté de maintenir. l'ordre tout en rappelant son inébranlable attachement à la République-. A la nouvelle de l'insurrection de Paris, il annonça que, «sous le régime du suffrage universel, il ne peut exister qu'une seule autorité, celle de l'Assemblée nationale librement élue (19 mars 1871). » A la fin du mois, l'hôtel de ville de Lyon tomba au pouvoir des insurgés. M. Valentin, prisonnier de l'émeute, montra une énergie qui ne se démentit pas un seul instant et parvint à en triompher. Le 30 avril suivant, k l'instigation des émissaires de la Commune de Paris, une insurrection avant éclaté dans le quartier de la Guilloiière, M. Valentin se mit à la tète des troupes. A trois reprises, il abattit de ses mains le drapeau rouge et ramena au combat les troupes qui se repliaient. Les devançant d'une vingtaine de pas, il marcha droit à une barricade et tomba blessé par une balle; mais sa mâle énergie avait ranimé l'ardeur des soldats et l'insurrection fut vaincue. L'ordre rétabli, il montra la plus grande modération et ne cessa d'affirmer ses convictions républicaines. C'en était assez pour que le courageux administrateur fût en butte aux. attaques les plus odieuses de la part de la réaction. Le 13 janvier 1872, il tut condamné parle tribunal civil de Lyon à 4,000 fr. de dommages et intérêts envers un nommé Haas, qui lui avait été signalé par le consul de France à Genève comme un espion prussien et un agent de la Commune de Paris, et à qui il avait fait subir une détention de quelques jours. Le 24 janvier 1872, il fut remplacé comme préfet do Lyon par M Pascal. Le gouvernement de M. Tliiers lui offrit, k titre de compensation, une place de trésorier payeur et le poste de ministre de France a Berne ; il refusa, et, le 10 février suivant, un décret le nomma commandeur de la Légion d'honneur. Au mois d'août de la même année, le conseil de l'Ecole d'application de AVoolwich doubla la pension de retraite à laquelle il avait droit eu qualité d'ancien professeur. M. Valentin vivait dans la ietraite, lorsque, les électeurs de Seine-et-Oise ayant été appelés à élire un député le 7 février 1875, les délègues républicains de ce département le choisirent comme candidat contre le duc de Padoue et M. de Kéruuy. Elu par 56,220 voix contre 42,117 données au premier de ses compétiteurs et 4,121 au second, il alla^iéger û la gauche républicaine, aveu laquelle il vota la constitution du 25 février suivant, contre la loi de l'enseignement supérieur, etc. A latin de cette même année, l'Assemblée nationale prononçait eniiu sa dissolution, et, le 30 janvier 1876, M. Valentin était élu un îles sénateurs du département du Rhône.
VALENT1N-SM1TH (Joannes-Erhard), magistrat français, né à Trévoux en 1796. Après avoir exerce, de 1819 à 1830, la profession d'avocat k Saint-Etienne, où il fut en outre, k dater Oe 1824, juge suppléant au tribunal civil, il y devint procureur du roi après la révolution de Juillet et passa ensuite, en qualité de conseiller, aux cours de Riom (1837), de Lyon (1850) et Ce Puns (1864). Dans l'intervalle, il avait été successivement membre du conseil général de la Loire, secrétaire de la commission supérieure des chemins de fer (1839) et de la commission d'assistance publique chargée spécialement de s'occuper des enfants trouvés ; puis, en 1851, le gouvernement l'envoya eu Angleterre étudier l'organisation des tribunaux, de police, et en particulier les lois sur la détention préventive; plus tard, il fit partie à deux reprises (185U et 1862) des commissions chargées de rechercher les moyens propres à abréger cette détention. Mis à la retraite, il a été nommé conseiller honoraire. On a de M. Valeniiu-Smith un assez grand nombre d'écrits, parmi lesquels nous citerons : Aperçu sur l'état de la civilisation en. France (1S28, in-8°) ; llapport sur le chemin de fer de Saint-- Etienne à Lyon (1835, iu-4°); /{apport sur les
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enfants trouvés de la Seine {(838, in-S°); Notice historique sur Chalamont (1847, in-8") ; Mendicité et travail (1848, in-8<>); Monographie de la Saône (1852, .iu-80); De l'origine de la possession annale (1854, in-8°); De la philosophie de la statistique (1854, in-8°) ; Considérations sur la Domves (1856, in-8°) ; Considérations sur l'histoire de la ville de N an l ua (1&Ô9, in-40)", Notions historiques sur les Burgondes (1860, in-8°); Du tribunal de police en Angleterre (1863, in-8°); Lectures à la Sorbonne (1863-1860), etc.
Vnieiiti» (la mort de), tableau d'Eugène Delacroix. Le sujet de ce tableau est emprunté au .Faust de Goethe. Valentin, le brave soldat, frère de Marguerite, gtt sur le pavé, blessé k mort, entouré de quelques voisins; des têtes effarées se montrentaux croisées, k la lueur des torches; Marguerite, livide comme un spectre, dans son vêtement nocturne, tord ses mains de désespoir à l'énergique apostrophe du grossier, mais honnête soudard. Au fond, on voit Faust et Méphistophélès Se sauvant avec la prestesse de gens qui viennent de commettre un crime. « Quand on a parcouru quelque vieille ville d'Allemagne, Nuremberg par exemple, on est frappé de l'extrême vérité locale de la Mort de Valentin, dit M. T. Gautier. Voilà bien les hautes maisons aux pignons denticulés, aux fenêtres maillées de plomb, aux étages en saillie,' aux cheminées de brique où nichent des cigognes ; la rue étroite et sombre, qui se termine en escalier et laisse voir, au bout de la perspective, la cathédrale vaguement ébauchée par la lune derrière un rideau de bruine. La pose et le geste de Marguerite sont d'une grandeur vraiment tragique, quoique la figure ait apeine quelques pouces de hauteur: on dirait que Delacroix a vu MU» Siebach dans Faust et a reproduit une de ses attitudes si naturelles et si pathétiques. •
VALENTINES. f. (va-lan-ti-ne). Ane. cont. Prétendue de chaque valentin. Il Lettre que les jeunes gens, en Angleterre, écrivent aux jeunes tilles le 14 février, jour de saint Valentin. Il Papier valentine ou à valentines, Papier a lettres spécialement destiné à écrire les valentines. Il Semaine des valentines, Semaine dont fait partie le 14 février.
— Bot. Syn. de valentie.
— Encycl. Là semaine des valentines est te carnaval de la jeunesse anglaise. Comme les esclaves, à Rome, avaient le droit de tout dire k leurs maîtres le jour des saturnales, de même les faiseurs de valentines se croient tout permis dans leurs lettres extravagantes. C'est le moment où la galanterie, le sentiment et l'intrigue peuvent se livrer à tous les écarts. Mais pourquoi toutes ces lettres sont-elles datées du 14 février? Pourquoi invoque-t-on, dans les choses d'amour, la protection d'un saint que l'Eglise vénère comme catholique martyr? Double question que les plus èrudits laissent sans réponse. Sait-on jamais d'où viennent lus vieilles coutumes et les antiques traditions? Quelquesuns soupçonnent cependant que les valentines pourraient bien avoir une origine païenne. Leur nom ne dériverait-il pas tout simplement du mol latin vate, que l'on mettait autrefois au bas des lettres, en cuise d'adieu, et pour dire à celui k qui 1 on écrivait : Portez-vous bien? Voilà qui enverrait certainement fort loin toute idée de faire intervenir un saint dans les affaires de cœur des jeunes Anglaises et des blonds enfants d'Albion. Quoi qu'il en soit, à Londres et dans la plupart des autres villes des trois royaumes, les valentines pleuvent le 14 février. C'est la carte de visite obligée des jeunes gens, et la jeune miss qui ne recevrait rien ce jour-là aurait lieu d être mortifiée, car ce serait une preuve que personne ne songe k l'empêcher de cuiller sainte Catherine. Aussi, toutes les jeunes Anglaises, même celles qui ont perdu, uepuis longtemps, le droit de se dire mineures, attendent- elles avec impatience le facteur le jour du la Saint- Vuleutin. Elles ouvieut leurs lettres avec une ardeur fébrile, et bientôt on les entend pousseV des cris de joie ou de bruyants éclats de rire. Quelques-unes cependant deviennent sérieuses. Ce sont celles qui, suivant la croyance vulgaire, doivent se marier dans l'année. • A Vienne, en Autriche, et aussi eu Hongrie, d>t un de nos spirituels chroniqueurs, les choses se passent différemment, et j'avoue que je préfère à l'usage des valentines la poétique tradition des couronnes de roses que jettent au courant du fleuve les filles du Danube. Seulement, comme il gèle au 14 février, et que les roses ne fleurissent pas eu hiver, c'est vers le 15 août qu'on se donne rendezvous pour lancer du haut des ponts les couronnes fatidiques. Heureuses les jeunes tilles dont les fleurs sont entraînées par le flot rapide sans qu'aucun obstacle les arrête j elles aussi trouveront dans l'année le mari de leurs rêves 1 »
VALENTINE DE MILAN, duchesse d'Orléans, née vers 1370, morte en 1409. Fille de Jean-Galéas Viscouti.duc de Milan, et d'Isabelle de France, elle épousa en 13S9 Louis d'Orléans, frère du roi Charles VI, et lui apporta en dot le comté d'Asti, avec ses droits éventuels sur le Milanais. Niles grâces de sa personne, ni l'élévation de ses sentiments, ni ses vertus ne la préservèrent de l'abandon d'un époux inconstant et des blessures rie la
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calomnie. Pendant que la reine entretenait i un commerce criminel avec le duc d'Orléans, son beau-frère, Valentine prodiguait ses soins au monarque en démence et poussait même la mansuétude jusqu'à témoigner k sa puissante rivale une amitié exempte des amertumes de la jalousie. Elle était k Château-Thierry lors jlu meurtre de son époux (1407). La crainte que devait lui inspirer une faction capable de frapper de tels coups ne l'arrêta point; elle mit ses enfants en sûreté et se rendit hardiment k Paris, traversa toute la ville, accompagnée d'une longue suite de femmes vêtues de deuil, et vint se jeter aux pieds du roi en demandant justice. Le faible monarque promit tout; mais peu après il éloigna de sa cour la courageuse princesse. Retirée k Blois, elle ne cessa depuis de faire entendre ses douloureuses réclamations. Enfin, le spectacle du triomphe des coupables et de l'impunité du crime, son désespoir et ses regrets la conduisirent rapidement au tombeau. Au lit de mort, elle fit jurer à ses enfants de soutenir la gloire de leur maison et surtout de poursuivre la vengeance du meurtre de leur père. Ses droits héréditaires sur le Milanais devinrent plus tard le prétexte des guerres entreprises en Italie par deux de ses petits-fils, Louis XII et François 1er.
On sait que, après l'assassinat de son mari, elle ava-itfait tendre de noir ses appartements et inscrire partout cette devise qu'elle avait composée elle-même :
Plus ne m'est rien, Bien va m'est plus.
Valouilnc, roman de G. Sand (Paris, 1833, 8 vol. in-8°). Six mois k peine avant l'apparition de ce roman, Indiana avait porté le nom de l'auteur k tous les coins de la France, et des applaudissements enthousiastes avaient salué l'avènement d'un grand écrivain. G. Sand, étonnée elle-même de son succès, était retournée dans son cher Berry, et, quelque mois après, elle en rapportait Valentine qui, supérieure k Indiana par la composition et par le style, la plaçait définitivement au premier rang de nos romanciers. Chacun des caractères de ce roman est vrai et admirablement soutenu. Bénédict est un fils de paysan, que l'instruction a fait sortir de sa sphère et qui ne peut entier dans aucune autre. Supérieur k sa naissance, inférieur k son éducation, il est malheureux, il souffre, il rend malheureux et fait souffrir tout ce qui l'entoure. C'est d'abord sa cousine, Athénaïs, douce et bonne villageoise, un peu fière de sa fortune, mais sincèrement éprise de Bé- . nédict, qui la raille sans cesse bien qu'il doive l'épouser. Puis, c'est Louise, réduite à se cacher de sa noble famille parce qu'elle a eu seize ans, un coeur tendre et surtout une mauvaise mère, et qu'elle s'est laissé séduire. Bénédict, touché des malheurs de cette douce créature, a voulu devenir son consolateur et son soutien. Mais Louise s'est rappelé sa première faute ; elle n'a pu envisager un nouvel amour sans eii'roi ; elle a éconduit Bénédict sous le prétexte qu'Aihenaïs l'aimait et qu'il se devait k sa cousine. Enfin, c'est Valentine, la sœur de Louise, qui, elle aussi, aime Benedict. Tout l'ouvrage est fondé sur la situation d'un homme devant qui trois femmes se sentent faibles, qui les tient entre ses mains, les domine de toute la puissance de sa nature et Iesentralne fatalement avec lui dans l'abîme. Athénaïs, pur dépit du dédain de Bénédict, se marie aveu le paysan Buttly, sans toutefois cesser de garder au fond du cœur un reste d'amour pour son cousin; Valentine, obligée d'obéir k la fière comtesse de Raimbaut, sa mère, se laisse unir au comte de Lansac, secrétaire d'ambassade, couvert de dettes, qui ne voit dans sou mariage qu'un moyen d'apaiser ses créanciers et se soucie fort peu d'aimer sa femme. Quant à Louise, son rôle est de toujours souffrir, et, partagée entre son affection pour sa soeur et sa passion inavouée pour Bénédict, elle se résigne k assister k leurs amours, k les faciliter même, car elle n'a que ce moyen de ne pas se séparer des deux êtres qui lui sont également chers. Cependant Valentine s'est conservée pure, et bien que sou mari l'ait abandonnée quelque jours après leur union pour se rendre en mission k Saint-Pétersbourg, elle est restée digne de son estime ; le jour où il revient, Valentine, ne se sentant plus la force de résister, tombe k ses genoux et implore son appui, sa protection contre elle-même ; elle est en droit d'espérer qu'il ne la repoussera pas. Mais qu'importe k M. de Lansac que sa femme lui soit ou non fidèle ! Ce qu'il veut, c'est sa fortune, pour faire face aux exigences de ses créanciers, et il ne demande qu'a se faire payer son déshonneur k prix d'or. Dès lors toute résistance devient inutile, et la malheureuse femme, rebutée même par sa mère, k bout de force pour repousser une passion contre laquelle elle a lutté si longtemps, s'y abandonne tout entière avec d'autant plus d'impétuosité que la résistance a été plus longue. Quelques jours de bonheur lui sont à peine accordés pour tuntd'angoisses passées. C'était ordinairement dans la chambre d'Athénaïs Buttly que Bénédict et Valentine pouvaient se voir. Pierre Buttly l'ignorait, mais il se souvenait fort bien que Bénédict avait aimé Athénaïs et que celle-ci n'avait.iarnais oublié son cousin. Un soir, un
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obligeant voisin le prévient que sa femme était enfermée avec Bénédict. Celui-ci passait pour un monsieur, un savant dans le pays et n'était guère aimé. La fureur de Buttly est terrible ; il prend Ba fourche, se poste dans un coin, attend Bénédict à sa sortie de chez Athénaïs et Vétend roide mort devant lui. Huit jours, après Valentine le rejoignait dans la tombe ; Louise, qui, sur le cadavre de Bénédict, avait avouéson amour k sa sœur, s'agenouillait sur la tombe des deux amants, et Athénaïs, rendue veuve par le suicide de Pierre Buttly, se consolait k l'idée de devenir un jour la femme de Valentin. L'action est rapide, entraînante; il n'y a pas une page dans cet admirable récit, pas un personnage, pas une silhouette qui n'inté resse, ne séduise ou ne charme. Cette rivalité de trois femmes est d'une invention trèshabile ; la rivalité des deux sœurs est surtout du plus grand effet. Louise est un des caractères les plus finement étudiés du roman moderne. Il n'y avait qu'une femme capable d'en saisir les nuances avec une telle habileté. M. de Lansac est un type achevé de personnalité égoïste et de calcul abject ; on pourrait peut-être, cependant, le trouver un peu exagéré pour les besoins de la cause. Même les personnages secondaires, Grapp, un usurier ignoble, qui vient pour mettre à exécution les vils projets du comte sur la fortune de Valentine ; le paysan Buttly, le jaloux Buttly, qui paraît deux fois k peine, mais dans des scènes pathétiques ; l'orgueilleuse comtesse de Raimbaut, la jolie fermière Athénaïs offrent autant.de portraits d'une grande sûreté de touche et du coloris le plus vrai.
Valentine d'Aubigny , opérn-eomique en trois actes, paroles de MM. Jules Barbier et Michel Carré, musique d'Halévy; représenté k l'Opéra-Coniique le 2G avril 1856. La conception bizarre du livret a nui ii l'effet de la partition, qui renferme des morceaux distingués, notamment l'air de Gilbert : Comme deux oiseaux; les couplets de Boisrobert : Un amoureux, accompagné par un pizzicato d'un effet très-heureux, et le boléro de Sylvia. Distribution : Bataille, Mocker, Nathan, Mil*» Caroline Dupiez et Zoé Bélia.
VALENT1N1 (Jean), musicien italien, né k Rome, mort dans la première moitié du xviie siècle. Il devint, vers 1615, organiste delà cour de Vienne. Nous citerons, parmi ses compositions imprimées : Alotetii a seî voci (Venise, 1611, in-4°); Musiclie concertais a 6, 7, 8, 9 e 10 vocio&sin islrumenti (Venise, 1619, in-fol.) ; Musiclie a 2 uoci coi busso pet organo (Venise, 1622); Musiche da caméra a 2, 3, 4, 5 e 6 voci (Venise, 1621) ; Sacri concerli (Venise, 1625), etc. Il a laissé plusieurs œuvres en manuscrit.
VALENTIN1 (Pierre-François), compositeur italien, né a Rium-, mort dans la même ville en 1654. Elève de J.-M. Niuiini, il se plaça rapidement au rang des meilleurs musiciens de son époque, l'nrtui s -s œuvres, nous citerons plusieurs Canons, dont un sur des paroles du Salui' Utyina (Rime. 1Q29); la Mitra, fable givcque versifiée (1654); la Traiisfurmatio't de Daplmé (1054); des Madrigaux, des Chants spirituels, des Litanies, des Motets k plusieurs voix, compositions qui ne punirent la plupart qu'après la mort de l'auteur. Ce dernier a laissé, en manuscrit, trois ouvrages didactiques sur la musique.
VALKNTINI (Georges-Guillaume, baron dis), écrivain alteinuml, ne k Berlin en 1775, mort en 1834'. Elève de l'Ecole des cadets de sa ville natale, il lilla campagne do 1793 contre la Fiance, passa, en 1S08, au service do l'Autriche, prit part k la campagne de 1809 et, après la bataille de Wagrain, alla guerroyer contre les Turcs dans les rangs de l'année russe. La guerre de l'indépendance allemande le rappela, en 1813, 'sous les éteiidard> prussiens j il servit alors dans le corps de Buluw, assista a la bataille de Leipzig, k la campagne de Hollande, ainsi qu'à cel.e de 1815, et, à lu pnix, fut nommé commandant de la pince de Glogaii. En 1824, il fui promu nu grade de lieutenant gênerai et, quatre * ans plus tard, devint inspecteur des établissements d'instruction militaire. Nous citerons, parmi ses ouvrages : Souvenirs d'un officier prussien relatifs aux campagnes de 1792 à 1794, sous le voiie de l'anonyme; Traité de lapelite guerre (Berlin, 1810); l'Art de la guerre (1810-1813, 3 vol.) ; lissai d'une histoire de la guerre de 1809 (1812).
VALENTIN1 (Charles), compositeur italien, né k Lucques vers la Jiu du siècle dernier. Il a donné un asse2 grand nombre de compositions dramatiques sur divers théâtres de l'Italie. En 1827, il devint chef d'orchestre du théâtre de Messine et occupa cet emploi pendant une dizaine d'années environ. Nous citerons, parmi ses opéras : Il Capricio dramviatico, Aniinta, Il Figlio del signor Padre ; Lo Spetlro parlante; L'Orfanella di Ginevra (Naples, 1825) ; Il ûegoudo (Païenne, 1829); // Sonnanbulo (Lucques, 1834) ; Gli Aoventurieri (Lucques, 1837) ; Gli Arragonesi inNa~ poli (Rome, 1838), etc.
VALENT1N1 (Michel-Bernard), médecin et naturaliste allemand. V.' Valentin,
VALENTINIANISME s. m, (va-lan-ti-ni-ft-
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ni-sme).IIist. relig. Doctrine des valeiitiiiiens, dont la secte fut fondée par Valentin.
— Encycl. Valentin d'Alexandrie, qui parut vers le milieu du n= siècle, forma une secte considérable, contre laquelle les Pères de l'Eglise ont beaucoup écrit. L'étendue de la secte de Valentin, le soin avec lequel les Pères ont essayé de réfuter ses doctrines supposent que ses principes étaient analogues aux idées de ce siècle. L'examen du sj'Stèine de Valentin peut donc servir à faire connaître l'élut de l'esprit humain, les princ pes philosophiques qui dominent dans «e siècle. Valentin prétendait avoir reçu les doctrines qu'il professait d'un disciple de saint Paul. Son système consiste à, expliquer le christianisme par la formation, la désorganisation et la reconstitution finale du plérome.
Voici d'abord la manière dont Valentin racontait la formation du plérome. Dans les profondeurs de l'Absolu, dans l'Abîme qu'aucune intelligence ne saurait sonder, existait de toute éternité la Pensée, la Conscience objective, dont l'Absolu se servit pour ses manifestations extérieures après des siècles de repos et de silence. Sa première manifestation s'opéra par trois projections successives d'éonsfv. ce mot), dont l'émanation eut lien par couples ou xyzygies. De la seconde s-yzygie, ou de la Parole et de la Vie, émana à son tour une décade, et de la troisième une dodécade, qui complétèrent l'ensemble des manifestations de Dieu, le plérome opposé à la matière, au chaos, qui n'est que ténèbres et vide; car,~contruirement à d'autres écoles gnostiques, Valentin et ses disciples n'admettaient pas le dualisme oriental.
Le plérome ne resta pas dans son intégrité. Le dernier éon de la dodécade,le plus éloigné de l'Etre suprême, et par conséquent le moins pur, la Sophia, consumée du désir de se réunir a. l'Absolu, de la passion de le connaître, donna naissance à un être imparfait, la Sophia Achamoth, qui, en errant hors du plérome, tomba dans le chaos, communiqua a la matière des germes de vie et enfanta le Démiurge, être mixte, tenant à la fois de la nature divine et de la nature physique.
Cependant, afin de rétablir dans la plérome l'harmonie troublée par la chute de la Sophia, l'Etre suprême envoya à son secours l'éon Horos, et, de son côté; la première des intelligences célestes envoya une nouvelle syzygie, le Christ et le Saint-Esprit, qui expliquèrent aux autres éons le mystère des déploiements du Dieu suprême. Plein de reconnaissance envers l'Absolu qui avait délivré la Sophia, les éons voulurent le glorifier par une créature qui réunit tout ce qu'il y avait d'excellent dans leur nature. Ce nouvel éon fut Jésus, le premier-né de la création, destiné à jouer dans le monde inférieur le même rôle de Rédempteur et de Révélateur que le Christ, né de la première intelligence divine, ou le premier-né de l'émanation, avait joué dans le monde des intelligences.
Ce monde inférieur était l'œuvre du Démiurge, qui l'avait tiré de la matière sous la direction de sa mère et de l'éon Jésus. Il avait séparé le principe hylique ou matériel et le principe psychique ou spirituel confondus dans le chaos, et du dernier il avait formé les six Génies planétaires, à l'image du monde supérieur ; mais il avait voulu former l'homme à sa propre image. La Sophia déjoua son projet en communiquant a l'homme formé par le Démiurge une étincelle de la lumière divine, du souffle divin, et en l'élevant ainsi au-dessus de son créateur. Irrité de trouver dans son ouvrage une intelligence supérieure à la sienne, le Démiurge arracha l'homme du paradis et le précipita de cette région aérienne sur la terre ; puis, il revêtit son " âme d'un principe hylique, le corps, qui le soumit à l'influence de Satan, le méchant fils de la matière. L'homme est donc composé de trois éléments : l'intelligence (pneuma), dont l'origine est divine ; l'âme [psuchë), qu'il tient du Démiurge, et le corps, qu'il tient de lamatière (hulê). L'œuvre du Rédempteur, ou de l'éon Jésus, consiste à séparer ces trois éléments. Valentin divise les hommes en trois classes, chez lesquelles l'un des trois éléments domine : les hyliques ou hommes matériels, qui sont les païens ; les psychiques, juifs et chrétiens vulgaii es, qui ne connaissent que le Démiurge , et, enfin, les pneumatiques, chrétiens supérieurs, qui sont arrivés, comme Valentin, à la perception du Dieu absolu, par la gnose . Les prophètes furent des hommes qui, inspirés par des puissances divines, révélèrent obscurément les choses futures. Vint ensuite le Messie, suscité par Je Démiurge lui-même, peu satisfait de l'état de ses créatures, et dans lequel il mit le plus de forces psychiques qu'il put. L'éon Jésus s'unit à lui au moment du baptême et s'en sépara avant la passion, ce qui explique les défaillances du Messie à l'approche de sa mon. Après la complète adoption de la gnose, qui opérera l'entier développement de l'élément spirituel dans les hommes, arrivera le rétablissement final. Le Sauveur reconduira dans le plérome la Sophia Achamoth, escortée des hommes devenus pneumatiques par la gnose. LeDémiurge demeurera avec les psychiques sur les confins du plérome : la matière avec les hyliques rentrera dans le néant. Tout le christianisme se trouve ainsi ex-
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pliqué par Valentin. La vie actuelle n'est qu'une chute, qu'une désorganisation du plérome ; la lin du monde ne sera, à proprement parler, que la cessation de cette période de trouble et le moment de la recomposition définitive du plérome.
Valentin eut beaucoup de disciples; les plus célèbres furent Ptolémée, Secundus, Héracléon, etc., etc., qui développèrent sa doctrine et la répandirent dans toute l'Europe. V. GNOSTICISME.
VALENTINIE s. f. (va-lan-ti-nï — de Valentin, n. pr.}. Kot. Genre d'arbrisseaux rapporté avec doute à la famille des sapindacées, et dont l'espèce type croit aux Antilles.
VALENTINIEN, IENNE s. (va-lan-ti-niain , i-è-ne). Hist. relig. Partisan des doctrines de Valentin.
— Adjectiv.: Les sectaires valentiniens.
VALENT1N1EN 1" (Flavius Valentiniands), empereur romain, né à Cibalis (Pannonie) vers 321, mort à Bregetio, près de Presbourg, en 375, fils de Gratien, comte d'Afrique. Il servit sous Constance et sous Julien, en Gaule et contre les. Perses. Sa valeur brillante et le souvenir des exploits de son père relevèrent promptement aux premières charges militaires. Zélé chrétien, il refusa de seconder Julien dans sa réaction en faveur du paganisme et fut, suivantquelques historiens, exilé par ce prince; mais le plus grand nombre rapportent que l'empereur n'employa que les voies de la douceur pour lui faire partager ses convictions. Après la mort de Jovien, il fut proclamé auguste par l'aimée à Nicée en 364 et s'associa presque aussitôt son frère Valens, à qui il céda les provinces de l'Orient. Pendant les années suivantes, il fut appelé en Gaule par les invasions des Allemands, qu'il chassa à plusieurs reprises, fit élever une ligne de forteresses sur la rive du Rhin pour contenir les tribus belliqueuses des barbares et chargea le comte Théodose d'aller réprimer les ravages des Pietés de la Grande-Bretagne. Il habita Trêves jusqu'en 373, revint en Italie, où il fit un court séjour, et passa en Pannonie pour combattre la révolte des Quades, qu'il poursuivit jusque dans l'illyrie. il succomba à son retour, dans son camp de Bregetio, aux suites d'un accès de colère contre les députés des barbares qu'il venait d'écraser (375). Ce prince avait quelques-unes des qualités qui font les grands souverains; il s'occupa de réformer les abus par des lois sages et d'adoucir le sort de ses sujets, établit a Rome un médecin par quartier pour soigner les pauvres, montra, quoique ardent catholique,une grande tolérance religieuse , diminua les impôts, encouragea la culture des sciences, établit les défenseurs de cité et défendit aux avocats de taxer leurs honoraires. Malheureusement, son amour de la justice engendrait souvent des actes d'une sévérité si excessive, que la répression des délits ressemblait à uu acte de fureur. Pour la faute la plus légère, il prononçait la peine de mort. Ses exécuteurs étaient deux ourses énormes auxquelles il avait donnélesnoms d'Innocence etùtMietted'or. Elles étaient enchaînées près de sa chambre à coucher, et le terrible justicier se plaisait à les voir déchirer les membres palpitants des malheureux qu'il avait condamnés.
VALENTINIEN II (Flavius VaLKNTjNIAnuS Junior), empereur romain, fils du précédent, né en 371, mort à Vienne (Dauphiné) eu 392. Salué auguste par les légions d'Hlyiie après la mort de sou père, il vit ratifier le choix de l'armée par Gratien, son frère aîné, déjà associé a l'empire par son père pour éviter les horreurs de la guerre civile. Gratien abandonna les préfectures de l'Italie et de l'illyr.ie à Valentinien, qui fut placé sous la tutelle de l'impératrice Justine. Cette princesse, en protégeant les ariens, donna un prétexte au tyran Maxime , vainqueur et meurtrier de Gratien (383), de se jeter sur l'Italie et de s'en rendre maître. Valentiuien fut rétabli en 3SS par le grand Théodose, qui lui assura même la possession des provinces au delà des Alpes ec lui donna pour lieutenant le Gaulois Arbogaste, qui s'empara de toute l'autorité et finit par faire égorger l'empereur uu moment où celui-ci voulait le dépouiller de son commandement.
VALENTINIEN 111 (Flavius Placidus Valentinianus), empereur d'Occident, fils de Constance 111 et de Plucidie, né à Ravenne en 419, mort en 455. Il fut le dernier rejeton de la race du grand Théodose. Revêtu de la pourpre en 425 et' abandonné à la tutelle d'une mère ambitieuse, il grandit au milieu de honteux plaisirs, sans que lui vinssent jamais la raison ni ie courage ; il laissa le comte Boniface livrer l'Afrique aux Vandales, assassina de sa propre main le patrice Aétius, qui lui avait conservé la Gaule en écrasant Attila aux champs Catalauniques, et fut tué lui-même par le sénateur Pétrone Maxime, dont il avait outragé l'épouse.
VALENTINO (SAN-), bourg du royaume d'Itaiie, province de l'Abruzze (Jitérieure, disirict de Chieti, chef-lieu de mandement; 3,600 hab. Récolte et commerce de soie et de céréales.
VALENTINO -TORIO (SAN-), bourg du royaume d'Italie, province de la Principauté
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Citêrieuie, district de Salerne, mandement de Sarno; 4,100 liab.
VALENTINO (Henri -Justin -Armand -Joseph), musicien français, né à Lille en 1787, mort à Versailles en 1865. Son père, Italien d'origine, était chirurgien à l'hôpital militaire de Lille. Tout enfant, il montra des dispositions extraordinaires pour la musique et devint rapidement un habile violoniste. Attaché à douze ans à un thuatre, il était deux ans plus tard en état de conduire un orchestre. En 1813, il épousa à Metz la nièce du compositeur Persuis. Celui-ci , étant devenu directeur de l'Opéra en 1818, appela à Paris. Valentino, alors chef d'orchestre d'un théâtre de Rouen et l'adjoignit à Kreutzer comme chef d'orchestre "en second de l'Académie royale de musique. Après la retraite de Kreutzer, il partagea avec Habeneck les fonctions de premier chef d'orchestre de l'Opéra (182S). En 1824, il avait été chargé de seconder Plantade dans la direction de l'orchestre de la chapelle de Charles X. Eliminé de l'Opéra sous la direction de Louis Véron (1830), Valentino devint chef d'orchestre de l'Opéra-Comique, qu'il quitta en 1836 pour aller habiter Chantilly. En 1837, Chabron lui ayant offert la direction de concerts de musique classique qui s'établissaient rue Saint-Honoré, à Paris, Valentino accepta, composa avec soin son orchestre, et pendant plus de trois ans, consacra ses efforts à l'exécution des œuvres de Haydn, de Mozart et de Beethoven. Mais les concerts Valentino, comme on les appela, ne réussirent point et cessèrent en avril 1841. Quelque temps plus tard la salle des concerts servit à un bal qui a gardé depuis lors le nom de Valentino. Pendant ce temps, celui-ci se retirait k Versailles, où il vécut dans la retraite C'était un chef d'orchestre d'un talent supérieur et un excellent homme. •
VALENTINOIS, en latin Pagus Valentiniensis, petit pays de l'ancienne France, dans la ci-devant province du Dauphiné, compris aujourd'hui dans le dépurtement de laDrôme, et dont Viilence.Montéliinar, Crest et Donzère étaient les villes principales. Au moyen âge le Valentinois forma un comté qui eut des seigneurs particuliers jusqu'en 1419, A cette époque, il fut vendu au dauphin, fils de Charles Vil, qui ne put remplir les conditions de la vente. Il fut acquis peu uprès par le duo de Savoie, qui le céda à la France en échange du Faucigny, en 1446. Louis XII, en 1498, érigea le Valentinois en duché-pairie eu faveur de César Borgia , fils du pape Alexandre VI ; cette donation fut révoquée eu 1504. En 1548, le duché de Valentinois fut donné par Henri II à Diane de Poitiers, sa maltresse, pour en jouir sa vie durant. Après la mort de Diane, Je Valentinois fut réuni à la couronne, et le duché- pairie éteint. Louis XIII le fit revivre en 1642 en faveur d'Honoré Grimaldi, prince de Monaco, pour dédommager ce prince des terres dont il jouissait auparavant dans le royaume de Naples. Ce duché fut déclaré femelle le 26 janvier 1643, et Louise-Hippolyte de Grimaldi , fille aînée d'Antoine, prince de Monaco, et de Marie de Lorraine, ayant été mariée eu 1715 à L. Goyon de Matignon, le duché-pairie do Valentinois passa dans cette maison, où il est resté jusqu'en 1787. L'aîné des enfants du prince de Monaco porte encore de nos jours le titre de duc de Valentinois.
VALENTYN (François), voyageur hollandais, né à Dordrecht en 1666, mort vers 1725. Il passa la plus grande partie de son existence dans les Indes orientales et exerça longtemps à Amboine, l'une des îles Moluques, les fonctions pastorales. On a de lui un livre intéressant intitulé, Oud an nieuw Oust Indie {Anciennes et nouvelles Indes orientales) [Dordrecht, 1724, 5 gr. vol. in-fol.], ouvruge qui peut, encore aujourd'hui, être consulté avec fruit par ceux qui s'occupent de l'histoire des Indes orientales.
VALENZA, ville du royaume d'Italie, province, district et à il kilom. N. d'Alexandrie, chef-lieu de mandement, sur la rive droite du Pô; 9,700 hab. Beau palais.
VALENZUÉLIE s. f. (va-lain-zuê-II — de Vulenzuela, n. pr,). Bot, Genre d'arbres, de la famille des sapindacées, tribu des sapindées, dont l'espèce type croît au Chili.
VALERA (Diego de), historien espagnol, né à (Juença vers 1412, mort vers la fin du XV siècle. Elevé à la cour de Jean II, il se concilia l'affection de ce prince, qui lui fit faire de brillantes études et l'envoya ensuite dans les diverses cours de l'Europe pour achever son éducation. De retour dans Son pays au milieu de la révolte des grands, Valera osa seul conseiller au roi vainqueur le parti de la clémence et vit sa voix écoutée. Sous Henri IV, il se tint à l'écart et consacra tous ses instants au travail; mais Isabelle le tira de sa retraite et lui conféra le titre de mujordome, tandis que Ferdinand le nommait son historiographe. On a imprimé de cet auteur, entre autres ouvrages : La Cronica de Espana ubreviada (Séviile, 1482, in-fol.); De Prooidentia (Séviile, 1494, in-fol.); Tratado de la hobleza y leallad (Alcala, 1502, in-4°) : Tratado de los rietos y desafios que entre los caballeros y los hijos de ellos se acoslumbran hazer, ouvrage presque introuvable aujourd'hui (in-4°, sans lieu ni date).
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VALE II A (Cyprien de), écrivain espagnol, né vers 1531, mort en Angleterre à une date inconnue. 11 fut l'un des rares Espagnols qui embrassèrent les principes du protestantisme; aussi se déroba-t-il par la fuite au sort que lui réservait l'ifïquisition. Réfugié en Angleterre, il professa a l'université d'Oxford,.puis passa en Hollande pour faire imprimer sa Bible, et, ce travail achevé, revint clans son pays d'adoption. On lui doit, entre autres ouvrages : lnstitucion de la religion cristiana compuesta por Juan Calvin (1597, in-4o) ; La Biblia transladada en espaiiol (1602, in-fol.).
VALÉRAL s. m. (va-le-ral). Chim. Corps que l'on obtient en distillant le valérate de baryte.
VALERANDIE s. f. (vn-le-ran-dî — de Valerand, botan. fr.). Bot. Genre de plantes, de la famille des gentianées, formé aux dépens des chironies.
VALÉRATE s. m. (va-lé-ra-te). V, VALÉ-
RIANATE.
VALERE-ANDRÉ, surnommé De**cliu> ou Taïuniler, bibliographe belge, né à Desschel (Brnbant) en 15SS, mort en 1656. Il fit ses études k Douai et à Anvers, suivit plus tard des cours de droit à l'université de Louvain et y obtint dans la suite une chaire et l'emploi de bibliothécaire. Son principal ouvrage, la Dibliotheaa belgica (Louvain, 1623, in-go; 1643, in-40, édition revue et augmentée), est cité comme un des meilleurs recueils bibliographiques que l'on connaisse. On a encore ue lui : Catalogus clarorum Hispania scriptorum (Mayinet, 1607, in-4°); Fasti academici studii Lovaniensis (Louvain, 1636, in-4°), ouvrage dont la seconde édition (16ô0), qui renfermait des additions considérables, lut mise à l'index; Synopsis juris canoniei,
VALÈliE-MAXlME (Valerius Maximus), historien latin qui vivait sous Tibère. Quelques écrivains ont avancé qu'il appartenait à l'illustre famille Valeria. Il servit en A*ie sous Sextus Pompée. De retour à Rome, il vécut à l'écart des affaires publiques; gagna la faveur de Tibère et consacra ses loisirs à l'étude de l'histoire, qu'il envisagea surtout sous le rapport des mœurs. Le seul ouvrage que nous ayons de lui est intitulé : De dictis factisque memorabilibus libri IX. C'est une compilation d'anecdotes, de traits historiques, de uuiximes, etc., assez arbitrairement classés sous divers titres généraux ( Ue religione, De patientia, etc.). Il en offrit la dédicace à Tibère, par une épltre qui n'est qu'un tissu de basses flatteries. Le style de cet écrivain est défectueux et se ressent déjà de la décadence; il manque de critique et de goût; mais son ouvrage n'en, est pas moins précieux en raison du grand nombre de détails qu'on y trouye sur les mœurs et les usages de la société romaine, et qu'on chercherait vainement ailleurs; aussi a-t-il été réimprimé très-souvent. L'édition la plus ancienne a paru à Strasbourg en 1470; les plus estimées sont celles de Torrenius (Leyde, 1726, in-40) , de Kapp (Leipzig, 1782, in-8°), de la société Bipontine (Strasbourg, 1806), de Hase (Paris, 1822-1833, 3 vol.), de Kempf (Berlin, 1S54) et de Halm (Leipzig, 1S65). Parmi les traductions françaises, nous citerons celle de Simon de Hesdin, faite vers le milieu duxivo siècle et imprimée au xve (vers 1476, 2 vol. in-fol.), celle de Peuchot et Hallais (Paris, 1822, S vol. in-12), et celle de Frémion, qui fait partie de la collection Panckoucke (1827-1828, 3 vol. in-8°).
VALERI (Jean), jurisconsulte et économiste italien , né à Grosseto (Toscane) en 1775, mort en 1827. Il s'adonna avec ardeur à l'étude du droit sous la direction d'Ottavio Lundi, excellent légiste, et fut nommé, sous la domination française, conseiller de préfecture du département de l'Orabrone. Valeri obtint, lors de l'abolition des couvents de moines, qu'on laissât subsister ceux qui s'occupaient de l'éducation des enfants et empêcha la ville de Sienne d'être dépouillée de ses trésors artistiques au profit des musées français. En 1814, il fut nommé professeur de droit criminel à Sienne et occupa cette chaire jusqu'à sa mort. Il u'a laissé aucun ouvrage imprimé, à part quelques articles dans VÀntologia de Florence; il est regrettable que deux travaux aussi intéressants que profonds : De legum origine et De l'influence des lois économiques sur la morale des peuples, qu'il lut à l'Académie des Fisiocritici de Sienne et à celie des Georgofili de Florence, n'aient pas été livrés à la publicité.
VALERIA (Galeria), impératrice romaine, décapitée à Thessalonique en 315. Fille de Dioctétien et de Prisca, veuve de Maximien Galère, dont elle avait adopté un fils naturel, Candldianus, elle se vit indignement traitée par Luciuius, fils légitime de Maximien, et alla chercher un asile dans le camp de Maximi n Il qui, après le refus qu'elle lui fit de sa main, l'exila en Syrie avec sa mère. Après la mort de Maxirain, Valeria et sa mère errèrent à l'aventure pour échapper aux poursuites de Luciuius; mais celui-ci les découvrit à Thessalonique. Candidianus fut massacré sous leurs j'eus et les deux princesses eurent la tête tranchée.
VALÉRIANATE s. m. (va-Ié-ri-a-na-te — rad. valériane). Chim. Sel produit par la coin-
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binaison de l'acide valérianique avec une base, il On dit aussi valératb.
VALÉRIANe's. f. (va-lé-ri-a-ne — du lat. valere, être en santé, par allus. aux propriétés médicales de ces plantes). Bot. Genre de plantes, type de la famille des valérianées, comprenant environ cent trente espèces, répandues en Kurope? en Asie et surtout en Amérique : La vai.eriank officinale est une grande ptanle, commune dans les lieux humides et couverts. (lJ. Duchartre.) Il Valériane bleue ou Valériane grecque, Nom vulgaire du poléinoine bleu. It Valériane corne d'abondance, Nom vulgaire des fédies. Il Valériane rouge, Nom vulgaire du centranthe rouge.
— Encycl. Bot. Ce genre de plantes est caractérisé par un calice à limbe roulé en dedans pendant la floraison et se déroulant en aigrette à la maturité; une corolle tubuleuse, infundibulif.jrme, à cinq lobes, à tube légèrement bossue a la base; trois étamines; un fruit monosperme (akène), couronné par une aigrette a soies plumeuses. Les valérianes sont des plantes vivaces, herbacées, glabres ou plus ou moins pubescentes. Leurs fleurs blanches ou rosées sont quelquefois diolques; elles sont disposées en cymesaxillaires ou terminales rapprochées en corymbe. Les espèces du genre sont peu nombreuses. On les trouve en Europe, en Asie et en Amérique. La valériane officinale [valeriana officinales de Linné), qui est la plus commune de toutes, a une hauteur de près de 1 mètre. Ses tiges sont dressées, fi-*tuleuses, sillonnées. Ses feuilles sont pubescentes, pinnatiséquées, a segments oblongs, entiers. Ses rieurs sont" hermaphrodites. Elle fleurit de juin à août, dans les endroits humides des bois, les prairies marécageuses, au bord des eaux. Sa racine, souvent employée en thérapeutique, est très-petite; elle est formée d'un collet écailleux très-court, entouré de tous côtés de radicules blanches, cylindriques, de 0ia,002 à 0m.005 de diamètre. Elle possède une saveur légèrement ainère, comme un peu sucrée d'abord, et une odeur désagréable qui se développe par la dessiccation, au point de devenir très-forte et fétide. Cette odeur plaît singulièrement aux chats, qui déchirent les sacs qui renferment la racine, se vautrent dessus et en mangent même avec délices. On trouve dans le commerce .pharmaceutique deux variétés de racines de valériane qui paraissent dues, selon Guibourt, à la différence des lieux où on les a récoltées.
La racine de valériane fournit par la distillation avec de l'eau une essence verte, d'une odeur forte, complexe dans sa composition, formée, selon Geihardt, de valérol et d'un hydrocarbure camphénique, le bornéène ou valérèue. L'acide valérianique n'est, selon ce chimiste, que le résultat de l'oxydation du valérol et ne préexiste pas dans la racine. D'autres chimistes, Pierlot surtout, onttrouvé de l'acide valérianique dans la racine fraîche.
La valériane phu, grande valériane, est cultivée dans les jardins comme plante d'agrément. Ses tiges sont plus élevées, ses feuilles plus grandes que celles de la précédente. Elle s'en distingue par ses feuilles radicales indivises ou simplement incisées, par son fruit qui présente deux lignes de poils. Cette espèce est originaire du centre de l'Europe. On la substitue quelquefois, sans inconvénient, du reste, à la valériane officinale. Sa culture a produit des variétés nombreuses. Ses fleurs sont ordinairement blanches. La racine de la grande valériane est le phu ou nard de Crète. On peut la considérer comme une variété de la première, quoique Linné en ait fait une espèce particulière.
La valériane celtique croît sur les montagnes de la Suisse et du Tyrol, pays des anciens Celtes, d'où lui est venu le nom de nard celtique. Sa souche est pourvue c l'une saveur amère et d'une odeur forte qui l'a fait employer comme parfum. Elle entre dans la thénaque. V. nard.
La valériane jatamansi constitue le fameux nard indien ou spioanard, en honneur autrefois chez les dames romaines. V. nard.
La valériane dioîgue commune dans les bois humides, les prairies marécageuses et les marais tourbeux, a aussi des racines odorantes. En Sicile, on mange en salade les jeunes pousses de la valériane rouge j les bestiaux aussi en sont friands.
— Action physiologique. C'est en excitant des phénomènes nerveux artificiels analogues aux spasmes morbides que la valériane produit ses effets. Elle cause de la céphalalgie, un trouble passager de la vue-, quelques vertiges très-fugaces. Chez certains animaux, elle bouleverse la sensibilité et les fonctions musculaires. A haute dose, elle n'est pas toxique.
— Thérapeutique. Dioscoride et Aétius commencèrent a la mentionner. Le Napolitain Columna, vers la fin du xvie siècle, la tira de l'oubli dans lequel elle était tombée. E le l'aviiii guéri de l'epilep>ie. Boerhaave, sans regarder cette racine comme le spécifique de cette névrose, ne lui refusait, pas une certaine efficacité. Il est présumable que cet illustre médecin confondait le morbus sacer avec des convulsions épileptiformes" ou avec l'hystérie ; car on ne peut pas croire qu'une maladie incurable de nos jours ait été guérissable autrefois.
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La valériane s'applique surtout aux femmes. Dans les diverses formes hystériques, spasmes, vapeurs, maux de nerfs, crispations, agacements, etc ; dans les vertiges, préludes sinistres de la démence. Plusieurs auteurs du siècle dernier attestent son efficacité dans la chorée, chez les jeunes filles; de nos jours, dans cette affection, son emploi est beaucoup plus rare. Cet oubli tient sans doute à son impuissance reconnue. La valériane est un puissant antispasmodique. Dans les troubles nerveux suscités par les jeûnes, la diète, les pertes de sang artificielles, son emploi est des plus utiles; elle arrête immédiatement les phénomènes de l'innervation, i A la fin des fièvres continues graves, dit Trousseau, lorsque l'adynamie et surtout l'ataxie sont venu«s avec des hémorragies nasales ou intestinales abondantes, que le ventre est ballonné, indolent, qu'en un mot l'incohérence nerveuseest liée à la faiblesse, il y a tout avantage et aucun inconvénient à prescrire la valériane. » Rayer a employé avec quelque succès la valériane dans la polydipsie sans diabète; Trousseau s'en est également servi, a la dose effrayante de 30gr. d'extrait par jour.
VALÉRIANE, ÉE adj. (va-lé-ri-a-né — rad. valériane). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte à la valériane.
— s. f. pi. Famille de plantes dicotylédones, ayant pour type le genre valériane.
— Encycl. La famille des valérianées renferme des plantes herbacées, annuelles ou vivaces, plus rarement sous-frutescentes, à tiges dressées, quelquefois grimpantes, portant des feuilles opposées, entières ou sinuées, dépourvues de stipules. Les fleurs, hermaphrodites, quelquefois polygames ou même dioïques par avortement, disposées en cymes dichotomiques, ont un calice tubuleux à limbe divisé en trois à cinq lobes égaux ou inégaux, d'autres fois en nombreuses lanières, sétacées et plumeuses qui forment une sorte d'aigrette; une corolle monopétale, à tube régulier ou prolongé en éperon, en limbe partagé en trois à cinq divisions, insérée sur un disque épigyne, ainsi que les étamines, qui sont ordinairement en nombre égal à celui des divisions de la corolle, mais quelquefois réduites à une seule; un ovaire adhérent, à trois loges, dont une seule fertile et uniovulée, surmonté d'un style simple terminé par deux ou trois stigmates distincts ou soudés. Le fruit est indéhiscent, coriace ou membraneux et renferme une seule graine à tégument membraneux double et à embryon dépourvu d'albumen.
Cette famille, qui a des affinités avec les dipsacées et les rubiacées, comprend les genres valériane, valérianelle, centranthe, fèdie, patriuie, nardostachys, dufresnie, astréphie, beckée, etc. Les valérianées sont répandues dans les deux continents. Elles possèdent des propriétés actives, concentrées surtout dans les racines. Quelques espèces servent d'aliment ou de condiment; d'autres sont employées en médecine ou dans la parfumerie.
VALÉRIANELLE s. f. (va-lé-ri-a-nè-le — dimin. de valériane). Bot. Genre de plantes, de la famille des valérianées, formé aux dépens des valérianes, et comprenant une cinquantaine d'espèces, qui habitent surtout la région méditerranéenne : On cultive, sous le nom vulgaire de mâche d'Italie, la valkrianulle couronnée. (P. Duchartre.)
— Encycl. Les valérianelles sont des plantes herbacées, annuelles, à tiges dichotomes, à feuilles opposées, à petites fleurs blanches ou rosées. Ce genre, réuni autrefois aux valérianes, s'en distingue par son calice, dont
. le limbe n'est pas enroulé dans la préfloraison. Il renferme environ cinquante espèces, qui presque toutes croissent autour du bassin méditerranéen ou dans la région du Caucase. La plupart peuvent être consommées soit par l'homme, soit par les animaux domestiques. La plu3 intéressante est la valérianelle potagère, qui croit dans presque toute la France. Cette plante présente plusieurs variétés, élevées par divers auteurs au rang d'espèces, et qui sont cultivées dans nos jardins potagers, sous les noms vulgaires de doucette ou de mâche. V. ces mots.
VALERIANI MOLINARI (Ludovico), économiste et littérateur italien, né à Imola en 1758, mort en 1828. Il étudia le droit à Rome, tout en s'adonnant à la philologie, puis il suivit la carrière politique. Successivement député pour la département du Léman, membre du conseil des anciens de Milan, directeur des écoles primaires nationales, professeur d'économie politique à l'université de Bologne, membre de ta commission des études pour la province Transpadane, inspecteur de l'imprimerie, il fut nommé, en 1S13, recteur de l'université de Bologne. Ses principaux ouvrages sont : Conseils moraux tirés du Déiiionique d'Isocrate (1802) ; Du prix de toutes les valeurs marchandes (1800); Traité des mesures (1807) ; Discours sur l'économie politique (Bologne, 1809); Considérations sur la justice distriOutive (Florence, 1817); le Banquet de Frédéric II (1819; deux appendices, 1821 et 1823); Traité du change, lune des plus re-, marquables productions de l'auteur (1823); lissais, dans lesquels l'auteur expose, sous forme de dialogue, ses idées sur l'économie politique (1825- 1S2£, 3 vol.), etc.
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VALÉRIANIQUE adj. (va-lé-ri-a-ni-ke — rad. valériane). Chim. Se dit d'un acide extrait de la valériane, et qu'on appelle aussi
ACIDE AMYMQOE. Il On dit aUSSÎ VALÉUIQUK.
VALÉRIANOÏDE s. m. (va-lé-ri-a-no-i-de — do valériane, et du gr. eidos, aspect). Bot. Syn. de centranthe, genre de valérianées.
VALERIANOS (Apostolos),navigateurgrec. ' V. Fuca.
VALERIANOS P1ERBS (Valeriano Bolzam, dit), littérateur et poëte moderne, né à Bellune en 1477, mort à Padoue en 1558. La pauvreté de sa famille le réduisit à servir en qnaljté de domestique, et ce ne fut qu'à l'âge de quinze ans qu'il commença à apprendre & lire; mais il ht dans l'étude des progrès si rapides que les hommes les plus éminents s'intéressèrent à son instruction. Valla et Lascaris lui enseignèrent les langues grecque et latine; le cardinal Bembo, Léon X et Clément Vil furent ses Mécènes. Dans la suite, il fut revêtu, presque malgré lui, de la charge de protonotaire apostolique, après avoir refusé deux fois l'épiseopat, afin de pouvoir consacrer tout son temps aux lettres. On a de lui un assez grand nombre d'ouvrages de philologie et d'antiquités, ainsi que des poésies, le tout écrit dans un latin d'une rare élégance. Le plus connu a pour titre : Contarenus, sive de lilteratorum infelicilate (1 620). C'est un tableau touchant des misères des gens de lettres. On y trouve un grand nombre d'anecdotes curieuses. Citons encore : De fulminum signifieationibus (Rome, 1517, in-8°) ; Prosacerdotumbarbis defensio (Rome, 1531, in-so)'; Bieroglyphica{Bêile, 1556,io-fol.).
VALÉRIE s. f. (va-lé-rl). Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des hadénides, comprenant deux espèces, qui habitent le midi de la France.
VALÉRIE, en latin Valeria, contrée dé l'ompire romain, dans la Pannonie inférieure. Elle s'étendait le long du Danube, entre laDrave et le Raab, et forma au ivo siècle une province du diocèse d'Illyrie.
VALÉRIE, en latin Valeria, nom qui fut donné à une province de l'Italie,- dans les premiers temps du christianisme. La Valérie italienne était comprise dans le diocèse de Rome et située entre le Picénum, l'Ombrie et la Campanie.
VALERIE (Wilhelmine-Joséphine Simonin, dame Gustave Foui.n, dite), actrice et femme de lettres, née à Paris en 1834. Elevée péniblement par sa mère, qui n'avait pas d'autre ressource que son travail, elle entra au Conservatoire, suivit la classe de Samson et obtint, au concours de 1852, le premier prix de comédie. Elle débuta, l'année suivante, à l'Odéon par le rôle de Laure de l'Honneur et l'argent. Elle eut assez de succès pour être engagée immédiatement au Théâtre-Français, où elle se montra, le 20 juillet, sous les traits de Lisette du Jeu de l'amour et du hasard. En 1S54, elle joua Josseline de Mon étoile, de Scribe; en 1855, Clotilde de Y Essai du mariage, de Méry; en 1856, Isabeau de Guillery, d'Edmond About; en 1857, la suivante ce la Slutueile d'un grand homme, de Léon Guillurd et Achille Bézier. Elle se fit remarquer dans Chérubin du Mariage de Figaro. Elle venait déjouer, au commencement de 1858, un rôle peu important dans les Doigts de fée, de Scribe et Legouvé, quand elle quitta brusquement le théâtre et s'en alla à Londres rejoindre M. Gustave Fould, que, plus tard, elle épousa. Revenue en France, elle prit le nom de Guaiave lloiier et publia son premier roman, l'Enfer des femmes, qui fut bien accueilli, puis elle fit paraître dans la Presse, en 1869, une nouvelle intitulée Slermna. Elle donna, un an après, au théâtre de Cluny, le Médecin des dames, comédie en quatre actes, en prose, qui réussit (1 S janvier). Elle composa ensuite un roman intime, les Bluets, avec une préface de George Sand (1875, l vol. in-8u). Cet ouvrage, qu'elle remania souvent, est la meilleure de ses productions. Elle a écrit, en outre, la chronique des théâtres de Paris-Journal, sous le pseudonyme de Ceadriilon, et a collaboré à beaucoup de feuilles parisiennes. Elle s'est aussi adonnée a la sculpture et elle a exposé plusieurs médaillons en marbre, notamment une Fête de bacchantes (Salon de 1S57), un buste de sa mère et celui de M. Gustave Fould, ancien député au Corps législatif.
Valérie, roman de Mme de Krudner (Londres, 1803, 2 vol. in-12). Cet ouvrage, dont le sujet est emprunté à la vie aventureuse de l'auteur, est remarquable par la pureté du style et le charme mélancolique des descriptions. C'est à Venise, où son mari résidait en qualité d'ambassadeur de Russie, qu'eut lieu l'aventure racontée par elle dans ce style éclatant emprunté à la plume de J.-J. Rousseau et qui fit pondant plusieurs années les délices de l'Europe lettrée. Un secrétaire -d'ambassade attaché & son mari s'était épris pour elle d'une passion funeste; il n'avait que vingt-deux ans; il était dune timide. N'osant avouer son amour à Mme de Krudner ou n'espérant pas être payé de retour, il se tua. 11 faut beaucoup d'indifférence ou de vanité pour oser fuire un livre à propos d'une aventure pareille. Mme de Krudner avait de l'amour-propre et le goût de la célébrité. C'était une occasion de satisfaire à la fois ces deux penchants. Elle aimait d'ailleurs à comp-
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ter ses victimes. A ce sujet, on cite d'elle un mot digne de Molière : « Il y en a encore un a Lausanne qui n'est pas mort, mais il ne peut aller loin. • Enfin, elle était née poète et n'avait encore rien publié.
L'ouvrage est écrit sous forme épistolaire, comme la Nouvelle Séloïse, et les peintures de J.-J. Rousseau reviennent sans cesse it la mémoire de l'auteur. Le secrétaire d'ambassade, sous sa plume, est un jeune Suédois de haute naissance, Gustave de Linar, dont elle a entendu, dit-elle, raconter les malheurs par la personne même qui en avait été la cause involontaire. Elle dit en avoir eu les lettres dans les mains et elle a obtenu le droit de les publier. Mais, loin d'embellir le caractère de Gustave, elle n'a pas même fait l'inventaire complet de ses vertus.
Ce livre a un défaut ! l'amour de Gustave n'est point partagé'. On conçoit qu'il aurait fallu de l'audace à Mme de Krudner pour mettre au jour une œuvre dans laquelle elle eût confessé publiquement les péchés de sa vie privée. En effet, quoique anonyme, le roman portait en titre le prénom même de Mme de Krudner, et dans le monde on connaissait parfaitement l'auteur. Il offre surtout des scènes champêtres, alors neuves dans le domaine des lettres. On sait que le goût de la nature avait été mis à la mode par J.-J. Rousseau et Bernardin de Saint- Pierre. Quant au caractère mystique de Valérie, il est conforme au tempérament de M">« de Krudner. Le goût de la dissertation et des questions philosophiques traitées de haut se manifeste à chaque page.
La langue de l'auteur est d'une pureté et d'une transparence rares. Cependant on y trouve des futilités et un goût pour le détail mesquin qu'on ne rencontre pas chez les écrivains de l'autre sexe. D'autre part, la vanité perce à chaque instant. Le lecteur-, qui sait que Valérie n'est autre que M"16 de Krudner, a quelquefois à rougir pour elle de ce ton de fatuité avec lequel elle se pose en héroïne et se décerne des éloges qu'elle place, il est vrai, dans la bouche de son amant. Mais c'est elle qui fait parler Gustave, et elle lui prête souvent des fantaisies sentimentales qui ne peuvent naître que dans l'imagination d'une femme fort éprise d'elle-même. Cela n'empêche pas le livre de Mme de Krudner, grâce aux détails personnels qu'il contient, d'avoir fait le tour de l'Europe, défrayé les salons et la critique pendant plusieurs années et de rester, en définitive, un de.s monuments remarquables de la litlérature française à l'étranger, car il est écrit en français, et l'éclat du style témoigne suffi samment du soin avec lequel on cultivait alors notre langue hors de chez nous. Il y eut, à l'apparition de Valérie, un engouement extraordinaire chez les femmes. Deux éditions parurent la même année, et la troisième date de 1804. Le prince de Ligne donna une continuation du roman (1807, in-12).
VALÉRIEN (mont), montagne située à 11 kilom. à l'O. de Paris, sur la rive gauche de la Seine, entre les routes de Versatiles et de Saint-Germain. Le mont Valérien, dont le nom rappelle, dit-on, celui du père de l'empereur Gallien, parait avoir été, dès les premiers temps du christianisme, habité par des ermites et' des communautés religieuses; mais ces souvenirs n'ont rien de précis. Vers 1400, d'après Gerson, vivait au mont Valérien un anachorète célèbre nommé Antoine. Son ermitage fut occupé longtemps après sa mort par lu sœur Guillemette Faussart, qui fit bâtir la chapelle et une grande cellule et mourut vers 1561. Un jeune visionnaire, Jean Housset, lui succéda dans l'ermitage; mais ce ne fut qu'environ cent ans plus tard que le célèbre couvent dit du Calvaire remplaça l'antique cellule des anciens anachorètes.^ Dès les premiers ermites du mont Valérien," le sommet en avait été planté de trois grandes croix, objet continuel de pèlerinages, dont nous avons parlé ailleurs (v. calvaire). Le mont Valérien continua à être un lieu de pèlerinage religieux jusqu'à la Révolution, où, pur suite du décret de 1791, la communauté fut dissoute. Les bâtiments du couvent ne furent point démolis cependant, et, lors de la tenue du concile convoqué à Paris plus tard par Napoléon, on les vit devenir le rendez- vous d'un grand nombre de piètres et d'évèqnes qui en rirent le centre de leurs conciliabules secrets. L'autocrate donna a un bataillon de ses grenadiers l'ordre de se rendre au mont Valérien, d'y saisir les conspirateurs et de raser le couvent et l'église jusqu'aux, fondements. Cet ordre fut ponctuellement exécuté. Napoléon songea d'abord à faire élever sur les ruines du couvent une succursale de la maison d'éducation d'Ecouen ; puis bientôt, jugeant avec sa sûreté de coup d'œil, tout le parti stratégique qu'on pouvait tirer de la situation du mont Valérien, il donna l'ordre d'y faire construire une caserne. Les nouveaux bâtiments n'étaient pas achevés quand arrivèrent les événements de 1815. La Restauration douna le mont Valérien aux Pères de la Foi, qui s'y installèrent et essayèrent d'y faire revivre les anciens pèlerinages: En 1830, les jésuites abandonnèrent enfin Je mont Valérien; peu de temps après, le couvent fut de nouveau démoli, et, à sa place, commença à s'élever le fort redoutable qui aujourd'hui commande tous les environs. Le fort du mont Valérien, le plus ira-
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portant par sa situation de tous ceux qui détendent la capitule, domine toute la vallée qui s'étend devant Paris du côté de l'ouest. Il contient de vastes casernes et des casemates à l'épreuve de la bombe. Une garnison de 1,500 hommes l'occupe en temps ordinaire, et ce chiffre, eu temps de guerre ou de sié^e, peut être plus que doublé. Pendant le siège de Paris par les aimées allemandes, le mont Valérien contribua puissamment k la défense de la capitale. Après la signature de l'armistice, le fort dut être livré aux Prussiens, qui l'occupèrent quelques jours. Après l'insurrection du 18 mars 1871, lorsque la Commune fit marcher les gardes nationaux sur Versailles, le mont Yulérien canonna la colonne conduite par Bergeret, qui suivait la route de Sainl-CInud, et la força .le se replier en désordre sur Paris (2 avril 1871).
VALÉHIEN (Publias LiHnius Valerianus), empereur romain, né l'an 190, mort en Perse en 269. Ayant embrasse la carrière militaire, il porta les armes avec éclat, se distingua dans tous les grades de l'armée, fut revêtu, en 251, de la dignité de censeur, que venait de restaurer l'empereur Dèee, et salué empereur par les légions de Gaule et de Germanie après la mort de Gallus (253). Il triompha facilement de son faible euuii.étileur Étnilien, associa son fils Gallien à l'empire, lutta contre le débordement des barbares, écrasa les Goths, mais laissa les bordes scythiques dévaster l'Asie Mineure. Après sept années d'heureux règne, il vouiut, marcher lui-même à la défense de l'Eupluate, contre Sapor, roi des Perses, qui venait de s'emparer de l'Arménie, l'ut vaincu et fait prisonnier k Edesse. Sapor l'abreuva d'oiitrages et le traîna à sa suite chargé de 'chaînes. Il se servait de son captif comme d'un marchepied pour monter à cheval, et quand Valénen eut succombé à ses infortunes) le barbare le fit écorcher et ordonna qu'on teignit sa peau en rouge pour la suspendre dans un temple comme un trophée.
Cette tradition a paru douteuse.
VALÉR1EN (saint) , prélat français, mort vers 461. Issu d'une riche famille de Lyon, il vivait au milieu des plaisirs, lorsque saint Kucher, évêque de Lyon, son parent, entreprit sa conversion. Valérien se convertit en eïfet, et alla s'enfermer dans la solitude de Léjins, puis devint, en 438, évêque de Cemauuin. Le Père Jacques Sirmond a publié sous ce titre : Sancti Valeriani episeopi Cemeliensis homeiis XX, etc., tout ce qui nous est parvenu.de ce prélat.
VALÉRINE s. f. (va-lé-ri-ne). Chim. Nom donué aux glycérides qui prennent naissance lorsqu'on chauffe la glycérine avec l'acide valerique.
— Encycl. V. VALÉRIQUB.
VALER1N1 (Adrien), poète italien, né à Vérone. 11 vivait au xvie siècle et n'est connu que comme l'auteur des ouvrages suivants : Afrodite,nuovairagedia (Vérone, 1578,in-S°); Le BMeze di Vérone (1586, in-8») ; Cenfo madrigali (1592, in-8°).
VALEBIO (Théodore), peintre, graveur et dessinateur, né aux forges d'Herserange, près de Longwy (Moselle), en 1819. I! vint de trèsbonne heure k Paris, où ses essais en peinture. et en lithographie le tirent remarquer des artistes; il eut même la bonne fortune d'intéresser à son avenir Charlet, qui le prit pour élève en 1834, et il devint bientôt son ami. En 1836, Valerio fit avec son maître un voyage à travers l'Allemagne, la Suisse, l'Italie et la Sicile ; il en rapporta un grand nombre d'études, de dessins, de gravures, d'aquarelles, qu'il exposa pour ses débuts. Parmi les morceaux les plus saillants de cette première époque se trouve le fameux Corps de garde flamand du Salon de 1838, ' popularisé par de nombreuses reproductions. Ce tableau, et à côté de lui une foule de portraits vivement enlevés, acquirent à M. Valerio une'vogue réelle, qu'augmentèrent encore le portrait au crayon de Charlet et de sa fille (Salon de 1842) ; la Position critique, la Pêche aux écrivisses (Salon de 1843). En 1849, 1850 et 1851 , M. Valerio exposa : les Apprentis forgerons, le Chenil, Jeune fille de Calabre, les Marais Pontins, Rue de Rome, Souvenir de Naptes, etc.
Ici se place une des phases les plus bizarres de la carrière de M. Valerio. C'était en 1852. La question d'Orient venait de s'ouvrir; la Turquie appelait sous les armes toutes ses troupes. L'artiste vit là une occasion sans pareille d'étudier sur place une foule de types orientaux , des costumes et des urines de toutes sortes; il alla s'enfermer dans Silistrie assiégée et que décimait le choléra, puis suivit l'armée turque jusqu'aux extrêmes frontières, visita la Hongrie et la Bosnie. Ni son crayon ni ses brosses ne restaient oisifs, dans ces explorations à travers mille dangers, et il en rapporta une des plus curieuses collections ethnographiques que jamais dessinateur ait pu montrer. La plupart de ces aquarelles ont été exposées aux Salons de 1855, 1857 et 1859 ; il en a reproduit luimême quelques-unes k l'eau-forte. En 1861, M. Valerio exposa encore trois belles eauxfortes appartenant à la même série : Pêcheurs hongrois, une Pusta, un Musicien tsigane,- et quatre tableaux réussis, le Ghetto de Sienne, Forlwiata, Jeune femme de Sienne tressant de ta taille et l'Oiseau. Ce Salon lui valut la
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croix; les précédents lui avaient procuré trois médailles. En 1863, il exposa une Dévidense, Paysanne d'Assise, le Marché aux herbes, et, en 1864, Une gardeuse d'armes, de pipes et de berceaux à l'entrée du monastère de Cettigne , Peux femmes tsiganes , études à l'aquarelle qui rappellent le faire de Decamps, et une gravure, Berger des frontières du Monténégro ; en 1865, Famille monténégrine pleurant ses morts après un combat (oeinttire); en 1866, deux autres tableaux , Campement de Tsiganes, Musiciens morlagués, et une eau-forte. Gardes du prince de Monténégro ; en 1868, un Convoi de bachibouzoucks blessés; en 1869, Chef turc et son escorte, et deux aquarelles : Aveugles bretonnes. Danseuse de Bosnie ; en 187C, Chevaux bretons sur les falaises de Bis , Attelage breton à marée montante ; en 1872, les Pierres dmidigues de Karnac , Chevaux bretons à l'abreuvoir; en 1874, la Coupe du goémon, Bergère du manoir de Kermo; en 1875, le Puits, le Départ pour les champs et diverses gravures d'après les tableaux de ses expositions précédentes.
VALERIQUE adj. ( va-lé -ri-ke). Chim. Se dit d'un acide delà série des acides" gras, d'un chlorure , d'un anhydride et d'une aldéhyde correspondant à cet -acide.
— Encycl. L'acide valerique C'WO* est le cinquième terme de la série des acides gras dont la formule générale est C"H2n02 et dont les termes inférieurs sont l'acide formique CH»0», l'acide acétique C*HK)* , l'acide propiontque C3H"Oa et l'acide butyrique C*H=0». On connaît actuellement trois acides valérigues isomères : l'acide valerique normal