‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 556 sur 1042 · DOMESTIQUE · texte numérisé non relu

DOMESTIQUE

— Encycl. Mœurs et coût. Valet de chambre. Dans les grandes maisons, ou il y a de nombreux domestiques, le valet de chambre trône parmi les autres serviteurs; la femme de chambre réserve pour lui ses grâces les plus souriantes; la cuisinière lui garde les meilleurs morceaux, et c'est souvent après qu'il a daigné goûter à un plat qu'il le laisse servir à ses maîtres. Il pousse cependant

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quelquefois la condescendance jusqu'à jouer au besigue avec le cocher. Dans le voisinage, on admire ses culottes courtes et sa cravate d'une blancheur immaculée.

Lorsqu'il parle de ses maîtres, il s'imagine faire si bien partie de la famille, qu'il dit : « Demain, nous allons à la campagne. — iVous recevons tous les samedis. — Lundi, nous sommes invités à aller au château du marquis de "*. »

Entre eux et dans l'intimité, les valets de chambre s'appellent par le nom de leur maître ou par leur litre.

Ainsi, lorsqu'ils jouent au piquet, le valet du baron dit à celui du comte : « A toi, comte; • et celui-ci riposte à celui-là : • A toi, baron. •

Partout, on investit le valet de chambre du qualificatif de « Monsieur! » Toutefois, une seule chose l'ennuie, c'est d'être obligé de porter des favoris, ce symbole de la livrée, tandis que son maître porte moustache. Il fait cependant contre mauvaise fortune bon cœur, et, forcé de conserver ces signes distinctifs de la domesticité, il faut voir avec quel soin il les frise, avec quelle symétrie it les dispose 1 II les parfume comme les cheveux d'une petite-maîtresse, et quelquefois il accorde à la soubrette, — ô insigne faveur I

— le droit de passer ses petites mains espiègles dans les favoris de Son Eminence.

Le valet de chambre du petit-maître qui est resté garçon devient quelquefois son confident, bon maître lui confie le récit de ses bonnes fortunes pendant qu'il lui fait la barbe. Tout en le coiffant, il doit tous les matins parler du teint frais de monsieur et s'écrier à chaque instant : ■ C'est étonnant, monsieur n'a pas le moindre cheveu blanc l

— Hier, au bois, il y avait une petite dame qui regardait monsieur avec des yeux bien tendres. — Monsieur veut-il que je lui fasse la raie comme l'autre jour? cela lui allait à ravir, i

A raison des fonctions élevées que remplissent leurs maîtres, certains valets de chambre ont droit à un respect tout spécial. Il fallait voir Félix, le valet de chambre de l'ex-enipereur. N'était-ce pas 1k un grand personnage? Tandis qu'une foule de hauts solliciteurs faisaient antichambre à 1» porte du souverain, Félix avait ses entrées libres; il pouvait contempler un empereur en caleçon, une majesté en bonnet de coton 1 Aussi, comme ses faveurs devaient être briguées I Il était au courant de' la politique bien mieux que M. Emile de Girardin et que le plus profond diplomate. Une seule parole du maître pouvait lui fuire apercevoir l'état de la situation actuelle. Il eût été capable de faire la hausse ou la baisse, de vivement émotionner le 3 pour îoo et d influer sur la cote des obligations de la ville de Paris. Combien de financiers, combien de gros capitalistes auraient voulu de temps en temps occuper, pendant vingt- quatre heures seulement, la place de l'heureux Félix.

Nous avons aussi le valet de eha'mbre de monseigneur l'évèque. Celui-ci n'appartient point, pour ainsi dire, à l'ordre laïque; Son costume sévère, sa longue redingote uoire, ses souliers à boucles lui impriment un cachet ascétique qui impose le respect. Le valet de chambre de monseigneur est dans les bonnes grâces de toutes les dévotes, qui, chaque fois qu'elles le rencontrent, ne manquent pas de lui demander : ■ Comment se porte monseigneur? — Quand est-ce que monseigneur doit prêcher? »

Initié à toute la vie intime de son maître, il est, aux yeux du vulgaire, presque aussi haut placé que le vicaire gênerai.

Quant au valet de chauibrede monsieur le préfet, il cumule, en général, les fonctions de chambrier et d'huissier; c'est ainsi du moins que les choses se passent dans les préfectures de province.

Durant les audiences, il se tient dans 1 antichambre avec l'habit noir et la ehalne d'acier réglementaires. Les saluts qu'il adresse aux visiteurs dépendent tout à fait de la position personnelle que sou coup d'ce.l exercé détermine, d'après leur âge, leur attitude, mais surtout leur habit et leur ton d'assurance.

Un jeune homme se présente-t-il timidement et lui dit-il : « Monsieur, je désirerais parler à M. le préfet, ■ le valet de chumbre ne salue pas du tout et daigne à peine répondre d'un ton sec : « M. le préfet est très-occupé dans ce moment-ci. »

Pour un chevalier de la Légion d'honneur, il s'incline à quinze degrés.

A trente degrés pour un officier de la Légion d'honneur.

Pour un fonctionnaire en costume brodé d'or sur toutes les coutures, il s'incline si bas, si bas, que son front menace de toucher le parquet.

Le suir, il a quitté sa chaîne et mis ses culottes courtes. 11 se tient à la porte du salon et crie d'un ton solennel les noms des personnes qui se présentent.

De valet a ordinairement un langage fort recherché; il est façonné aux tours élégants des phrases; mais, l'éducation première h. anquant, sa conversation est émaillee d'excentricités et d'accrocs à la syntaxe on ne peut plus réussis; c'est à plonger M. Joseph Prudhomme lui-même dans la stupéfaction. Nous nous contenterons d'en citer un seul exempte.

Un jour que le comte d'Artois et plu-

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sieurs antres seigneurs jouaient à la paumai Louis XVIII voulut se mêler à la partie, malgré son précoce embonpoint.

En sortant du jeu de paume, le monarque, demanda à un valet ce qu'il pensait de son jeu :

« Si Monsieur n'était pas si grossier, répondit celui-ci, il jouerait aussi bien que monseigneur le comte d'Artois. >

— \Hist. Valets de chambre du roi. Il y en avait de trois sortes : les premiers valets de chambre, les valets de chambre ordinaires et les valets de chambre barbiers, tapissiers, horlogers. Les premiers étaient au nombre de quatre, qui servaient indifféremment à tour de rôle. Le valet de chambre couchait au pied du lit du roi; il se levait une heure avant lui et allait s'habiller dans l'antichambre. Il éveillait le roi, appelait la

frande entrée et soutenait la robe de chainre que passait au roi le grand chambellan ou le premier gentilhomme. Il aidait le roi à passer la manche droite de sa chemise. Au coucher du roi, il lui retirait ses jambières, fermait les rideaux du lit et les portes de la chambre, et gardait les clefs des coffres de la chambre.

Pour être premier valet de chambre, il fallait être noble, suivant arrêt du conseil d'Etat du 15 mai 1778. Il jouissait de tous les privilèges des commensaux de première classe.

— Valets de chambre ordinaires. Ces officiers étaient au nombre de trente-deux, dont huit servaient par quartier. Us avaient différentes fonctions à remplir auprès du roi quand on l'habillait ou le déshabillait. Ils faisaient le lit. L'un d'eux était assis dans la balustrade pour le garder ; il en répondait. Quand le roi était malade ou gardait la chambre, les valets de chambre prése'ntaient les fauteuils aux visiteurs de la famille royale. Suivant déclaration du roi du 28 février 1605, les valets de chambre avaient rang et marchaient, aux assemblées des villes, immédiatement après les conseillers des bailliages, sénéchaussées et sièges présidiaux. Ils avaient le titre d'écuyer et étaient exempts du droit de franc-fleL

— Valets de chambre barbiers, tapissiers et horlogers. 11 y avait huit valets de chambre barbiers servant par quartiers et un valet de chambre barbier ordinaire. Les fonctions de ces officiers eonsistaientàpeiguerleroi matin et soir, à lui faire le poil, à > essuyer au bain et après qu'il avait joué à la paume. Les valets de chambre horlogers étaient au nombre de quatre et servaient par quartier ; leurs fonctions consistaient à monter tous les jours les montres et les pendules du roi. Les valets de chambre tapissiers étaient au nombre de huit et servaient aussi par quartier. Ils aidaient tous les jours les valets de chambre à faire le Ut du roi, gardaient les meubles de campagne et faisuient les meubles du roi. Tous ces valets de chambre jouissaient des privilèges ordinaires des commensaux.

— Théâtre. La valet était un des personnages les plus importants de la comédie du xviib et du xvme siècle. Molière a mis en scène des valets types, dont Regnard a bien soutenu le modèle, et que les auteurs secondaires, Dancourt, Boursault, Destouches, Poisson, Hauteroche, etc., ont reproduits à leur tour. Qui ne connaît ces spirituelles ligures de Gros-René, Mascaiille, Scapin, Orispin et consorts, coquins fieffés, mais obligeants, valets effrontés , mais pleins de dévouement, dignes compagnons, dignes amants des Marinettes, des Disettes et de toutes les soubrettes du répertoire j d'ailleurs, aimant leur maître, voient leur prochain, frisant la potence, mais, au demeurant, toujours sympathiques au spectateur, qui serait désolé de les voir tomber à mal?

L'emploi des valets, de par l'importance et le caractère particulier des rôles qui le composent, était extrêmement difficile à tenir et réclamait des comédiens expérimentés et rompus à leur métier. Il exigeait, en outre, certaines qualités physiques d'une nature à part. « Autant, dit Chainfort dans son Dictionnaire dramatique, autant l'air malin est-il nécessaire aux suivantes, autant la souplesse et l'agilité le sont aux valets. J'ai observé que, dans une pièce bien faite, tous les personnages étaient toujours en mouvement; et pour lors, je n'employais cette expression que dans le Sens figuré. Par rapport aux ualets, elle doit être prise au propre. Il est essentiel que sans cesse ils amusent nos yeux aussi bien que notre esprit. De ce principe, il s'ensuit qu'une taille épaisse ne leur sied pas mieux que le bégayement à une soubrette babillarde. ■

— AUu&.hist. Il u y a paB de grand homme pour (oii valel do chambre, C'est-à-dire que dans l'intimité les grands perdent presque tout leur prestige, et, comme dit le poste :

Le m&squa tombe, L'homme reste,

Et le héros s'évanouit.

Selon MUe Aïasé (Lettres, édition Collin, p. 260), cette phrase aurait été prononcée pour la première fois par Maio Cornuel, femme d'esprit du temps de Henri IV, et dont les bons mots sont souvent cités pur Mme de Sévigné. Ce n'est sans doute qu'une réminiscence de cette phrase de Montaigne : « Peu d'hommes ont esté admirez par leurs domestiques. » Quel est, en effet, l'homme do

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génie qui reste toujours égal à lui-même quand il n'est plus sur la scène? Le monde est un spectacle où chacun joue un rôle apprêté tant qu'il est devant le public, mais où l'on dépouille tout éclat d'emprunt dès qu'on rentre dans les coulisses. Ici l'homme remplace le héros, et combien pourraient dire comme le grand Condé, que 1 on fatiguait de titres pompeux et d'éloges hyperboliques : « Allez le demander à mon valet de chambre. »

« La correspondance du maréchal de Saint- Arnaud, si elle fait estimer le talent de l'écrivain, n'ajoutera rien à la réputation de l'homme de guerre. Mais peut-être verra-t-on plus clair aujourd'hui, après la lecture de ses confidences épistolaires, dans les mobiles personnels de son ambition et de son ardeur. Une correspondance de famille ressemble beaucoup à ce déshabillé dans lequel on a dit que les grands hommes ne devraient se montrer qu'à leurs valets de chambre. »

C U VILLIER- Fl EURY.

■ Nul homme n'est héros pour son valet de chambre. »

VlLLEFBÈ.

Vale« de chambre (Le), opéra-comique en un acte, paroles de Scribe et Mélesville, musique de Carafa; représenté à l'Opéra-Coinique le 16 septembre 1823. Le duo du Valet de chambre est devenu un morceau classique. Il a la verve, l'élégance , le tour mélodique qui conviennent aux morceaux de concert. Parfaitement écrit pour les voix et sur une situation facile à comprendre, il a dédommagé, par un succès qui n'est pas épuisé, le compositeur de ses innombrables revers, qu'il faut surtout attribuer à la supériorité de la musique de son rival, hâtons-nous d'ajouter, de son vieil et fidèle ami, RossinK

Valois tic Gascogne (LES),Opéra-COmiqneen un acte, paroles de M. Philippe Gille, musique de M. Dufresue ; représenté au Théâtre- Lyrique le 2 juin 1S60. La donnée est plutôt celle d'une farce que celle d'un opéra-comique. Deux marquis sont s» pauvres, qu'ils s'imaginent de se servir à eux-mêmes de valets. Ils endo--.sent.tour à tour l'habit galonné et l'habit de cérémonie, quittaut et reprenant l'épée et le chapeau a cornes. Il y a une nièce à. marier; son amant découvre le stratagème et en abuse de telle sorte, qu'on n'a rien à lui refuser. La partition offre un duo bouffe bien traité et de jolis couplets. Elle a été interprétée par Girardot , Wartel , Potel et Mlle Faivre.

VALETAGE s. m. (va-le-ta-je — rad. valet). Service de valet. Il Vieux mot.

— Fig. Servilisme : Lé valetagb est d'instinct aux gens de cour à visage et à cœur de plaire, comme le barbolaye aux canards.

(Alex. Dum.)

— Eoon. rur. Exploitation directe du propriétaire aidé de valets.

VALETAILLE s. f. (va-le-ta-lle ; U mil. — rad. valet). Tas de valets méprisables : Il faudra faire une part à cette valetaille, puisqu'on ne peut s en passer. (P.-L. Courier.) C'est une bande de voleurs, que cette valetaille. (G. Sand.) Il Race des valets, ensemble de tous les valets : A l'époque du jour de l'an, rien déplus poli que toute ta valetaille, pour vingt-quatre heures. (Arnault.) Chapeau bas! grands seigneurs, bourgeois et vale- Vos maitres vont passer ; saluuz la canaille! [taille:

PONSARD

— Fig. Personnes d'un caractère servile : Nous naissons valetaille. {P.-L. Courier.)

VALET-À-PATINS, m. Chir. Sorte de pince a mors plat, inventée par Gui Patin, et dont on se sert pour serrer les vaisseaux dont on veut opérer la ligature.

VALETER v. n. ou intr. (va-le-té — rad. valet. Double le / devant une syllabe muette : Je Valette; il valetiera). Faire le valet, montrer un empressement servile : Il n'est pas fier et ne répugne pas à valeter bassement.

— Se donner beaucoup de peine ; fmre beaucoup de courses, de démarchas : J'aime mieux laisser tomber l'affaire que de valeter deux ans durant.

... Un député, c'est la règle ordinaire, Est de ses commettants le commissionnaire. Il lui faut valeter pour le moindre électeur.

De Laville.

VALETERIE s. f. (va-le-te-rl — rad. valet). Ensemble des valets ou jeunes nobles non mariés, il Vieux mot.

VALETON s. m. (va-le-ton — dimin. de valet). Petit valet, it Varlet, écuyer, aspirant à la chevalerie : Chaque seigneur, outre ses chevaliers, écuyers, valetons et damoiseaux, ralliait à sa bannière une multitude de fantassins. (La Bédollière.) il Vieux mot.

VALETTE (la), bourg de France (Charente), ch.-l. de cant., arrond. etâ25kiiom. S.-E. d'Angoulême, sur le versant d'une colline ; pop.aggl., 486 hab.,— pop. tôt., 929 hab. Commerce de besiiaux, po'rcs, volailles, vins et eaux-de-vie. Sur le sommet de la colline s'élève un vaste château du xvite siècle. Ce bourg fut érigé en duché-pairie, pour le duc d'Epernon, en 1622.

VALETTE (la), bourg et commune de France (Var), cant., arrond. et à 5 kilom.

VALfî

N.-E. de Toulon, sur le torrent de Saint- Joseph; pop. aggl., l,C66 hab.; —pop. tôt., 2,125 hab. Culture de fraises et de violettes renommées. Dans l'église paroissiale, on voit deux tableaux de Puget.

VALETTE (la), en italien Citta -Valella, capitale des Iles de Malte, Gozo et Comino, possessions anglaises dans la Méditerranée, située sur la côte orientale de l'Ile de Milite, par 350 53' de latit. N. et 12«10'de longit. E.; 52,000 hab., en y comprenant la population des faubourgs. Siège du gouvernement de la colonie et de l'archevêché catholique de Malte; consulats étrangers. Fabrication assez active de tissus de coton et de soie, nankins, toiles k voiles, couvertures, tapis, dentelles et broderies, chapeaux de paille, bijoux de filigrane, d'or et d'argent, vases, tables et objets divers en marbre de Gozo; ateliers de dallage, chantiers de construction de navires, etc. La Valette est la station principale des Hottes britanniques dans la Méditerranée ; c'est aussi un grand entrepôt de marchandises. Grâce a la modération des taxes et des droits de douane, la position de -cette place entre l'Europe, l'Asie et l'Afrique, est devenue précieuse pour le commerce et les services maritimes. Des cales, des bassins, des ateliers pour la réparation des navires et des machines à vapeur, des magasins de charbon et un arsenal maritime ont été établis dans les faubourgs, qu'entourent les fortifications de la cité. La ville proprement dite est bâtie sur une presqu'île, appelée autrefois Shaab-er-Ras, qui commande deux ports : l'un, la Grande- Marse ou grand port, au S.-E. de cette presqu'île, est divisé en plusieurs criques, où les plus grands vaisseaux de guerre peuvent mouiller en sûreté et dont rentrée est défendue par le fort Saint-Elme, sur la pointe orientale de la presqu'île, et par le fort Pucasoli, sur la côte S. de la Grande-Marse; l'autre , la Marse-Museetto ou port de la Quarantaine, au N.-O. de la presqu'île, est réservé aux navires qui n'ont pas la libre pratique ; on n'en peut franchir la passe que sous les feux des forts Saint-Elme. Tignô et Munoel. Ces deux derniers s'élèvent sur la côte N. du port de la Quarantaine. Chaque année le grand port est fréquenté par près de 4,000 navires ; les importations sont évaluées a environ *5 millions de francs et les exportations à 25 millions. Cet écart entre les importations et les exportations s'explique par la considération que Malte tire de l'étranger la plus grande partie des objets et des denrées nécessaires à sa consommation, et de plus le port de La Valette est un entrepôt de marchandises où viennent souvent s'amonceler les céréales et les grains de la Russie et de l'Egypte, à la destination de l'Angleterre. Les principaux articles importés à La Valette sont les tissus de coton, de laine, le fer, la quincaillerie, le charbon, 1«= tabac et le sucre raffiné; les principaux articles exportés sont : le blé, l'orge, l'huile d'olive, le vin, la soie grége, la laine, les dents d'éléphant et le soufre. Ajoutons que la plupart des services de bateaux b, vapeur dans la Méditerranée ont établi à La Valette une de leurs principales stations. Aucun port sur tout leur parcours ne peut leur offrir les mêmes avantages pour le ravitaillement et les réparutions,

— Description de la ville et des principaux édifices. Ou comprend généralement sous le nom de La Valette la ville proprement dite, bâtie sur la presqu'île sus-indiquée, et les quatre faubourgs suivants : Floriana, au S.-O. de la ville proprement dite et occupant la partie da la presqu'île voisine de l'Ile ; Senglea, Barmola et Citta-Vittoriosa, sur la côte S.-E. du grand port et autour des différentes criques qui échancrent cette côte. Tou3 ces faubourgs sont compris dans le système de fortifications qui font de La Valette une des plus fortes places du globe, t A chaque pas qu'on fait, dit Th. Gautier, on se trouve face à face avec un canon, lorsqu'on suit une des rues qui circonscrivent la ville, comme la strada Levante ou la strada Ponente. Gibraltar iut-mêine n'est pas plus hérissé de bouches à feu. L'inconvénient de ces ouvrages multipliés est qu'ils embrassent un très-grand rayon et qu'il faudrait, pour les défendre en cas d'attaque, une garnison nombreuse, toujours difficile à entretenir et a renouveler loin de la mère patrie. » La Valette est une ville régulièrement bâtie; on entre dans la ville proprement dite, en débarquantdu grand port, par la porte Lasearis. On rencontre d'abord un marché aux fruits et aux légumes, orné d'une fontaine de marbre que surmonte un Neptune en bronze ; en face, une rue ou plutôt une rampe obstruée de mendiants porte à cause de cela le nom de l'escalier de Nix- Mangiare. Douze autres rues sont parallèles à celle-là et coupent & angles droits dix rues longitudinales qui se dirigent du N.-E. au S.-O. Quoique bâtie sur un plan régulier et pour ainsi dire tout d'un bloc, cette partie principale de la ville n'en est pas moins pittoresque. La déclivité extrême du terrain compense ce que le tracé des rues pourrait avoir de monotone, et la ville escalade par des paliers et des degrés la colline, qu'elle recouvre en amphithéâtre. Les maisons, trèshautes, pour jouir de la vue de la mer, se terminent en terrasses de pouzzolane. Elles

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sont toutes en pierre blanche de Malte, une sorte de tuf très-facile à tailler, et avec lequel on peut, sans grands frais, se livrer h. des caprices de sculpture et d'ornementation. Ces maisons rectilignes font un bel effet et ont un air de grandeur et de force qu'elles doivent à l'absence de toit, de corniches et d'attique. Elles tranchent nettement en équerre surl'azur du ciel, que leur blancheur fait paraître plus intense; mais ce qui leur donne un caractère original, ce sont les bsilcons en saillie, appliques sur leurs façades. Ces cages vitrées, garnies de fleurs et d'arbusteft, et qui ressemblent & des serres projetées hors de la maison, portent sur des consoles et des modillons en volutes, en créneaux articulés, en feuillages tordus, en chimères de la fantaisie la plus variée. C'est dans ces miradores que les femmes de la classe aisée de Malte passent leur vie, guettant le moindre souffle de la brise de mer, du' affaissées sous les influences énervantes du siroco. On aperçoit de la rue leur bras blanc accoudé, et l'on voit briller le coin de leur noire prunelle, ce qui vous distrait agréablement de vos contemplations architecturales. Les rues les plus importantes de La Valette, celles où la population se montre sous son aspect le plus pittoresque, sont : la rue Reale, qui conduit du fort Saint-Elme au faubourg de la Floriana, b. travers toute la ville proprement dite ; les rues Mercante, Levante et Santa-Lucia. Le nègre, enveloppé pour tout vêtement dans une couverture de laine, y coudoie fièrement la jeune femme anglaise, à la mise sévère et correcte ; les Orientaux, couverts d'une défroque pouilleuse , s'y croisent avec des gentlemen d'une roideur toute britannique. Des boutiques qui bordent ces rues attirent aussi les regards des étrangers, car elles offrent un singulier mélange de produits de l'Orient, de 1 Italie et de la civilisation anglaise. La ville est, du reste, d'une propreté merveilleuse, qui contraste avec l'état de saleté et d'insalubrité des autres échelles du Levant. On voit que l'édilité et la police anglaises ont passé par là.

Parmi les constructions remarquables da la cité La Valette, nous parierons d'abord de l'église Saint-Jean (San Giovanni), lu principale de la ville, et regardée comme le Panthéon de l'ordre de Malte. Elle fut commencée en 157t>, sous le grand maître La Cussière, et successivement ornée par ses successeurs. • Sa façade, dit Th. Gautier, à fronton triangulaire, flanquée de deux tours terminées par des clochetons de pierre , n'ayant pour tout ornement que quatre piliers couplés et superposés, et percée d'une fenêtre et d!une porte' sans sculpture et sans arabesques, ne prépure pas le voyageur aux magnificences de l'intérieur. La première chose qui arrête la vue, c'est une immense voûte peinte à fresque, qui tient toute la longueur de la nef; cette fresque, malheureusement détériorée par le temps, ou plutôt par la mauvaise qualité de l'enduit, est de Mattias Preti, dit le Calabrèse, un de ces grands malires secondaires qui, s'ils ont moins de génie, ont quelquefois plus de talent que les princes de l'art. Ce qu'il y a de science, d'habileté, d'esprit, d'abondance de ressources dans cette colossale peinture , dont on parle a peine, est inimaginable. Chaque division de la voûte renferme un sujet de la vie de saint Jean, à qui l'église est dédiée, et qui était le patron de 1 ordre. Ces divisions sont soutenues à leurs retombées jmr des groupes de captifs sarrasins, turcs, chrétiens ou autres, deini-nus ou couverts de quelques restes d'armures brisées, dans des poses humiliées et contraintes, espèces de cariatides barbares bien appropriées au sujet. Toute cette partie de la fresque est pleine de caractère et de goût et brille par une force de couleur rare dans ce genre de peinture. Ces tons solides fout valoir lestons légers de la voûte et font fuir les ciels à une grande profondeur. Je ne connais d'aussi grande machine que le plafond de Fumiani, daDS l'église de Saint-Pantaléon, a Venise, représentant la vie,lemartyre et l'apothéose du saint de ce nom. Mais le goût de la décadence se fait moins sentir dans l'œuvre du Calabrèse que dans celle du Vénitien. En récompense de cette œuvre gigantesque, Mattias Preti eut l'honneur d'être reçu chevalier de l'ordre, comme Caravage. ■ Après ce plafond, ce qui frappe le plus dans l'église Saint-Jean, c'est le pavé, qui se compose de quatre cents tombes de chevaliers, incrustées de jaspe, de porphyre, de vert antique, de brèches de toutes couleurs, qui forment la plus splendide mosaïque funèbre. Le maître -autel, richement orné, est surmonté d'un groupe de marbre représentant saint Jean baptisant le Christ; les chapelles latérales, ornées avec une grande magnificence, appartenaient aux différentes langues qui composaient l'ordre. Parmi les tombeaux si nombreux qu'on y admire, nous citerons, dans les chapelles de la langue d'Espagne, celui de Nicolas Cotoner, un des grands maîtres qui ont le plus contribué à la splendeur de 1 ordre; dans les chapelles delà langue de France, ceux de Rohan, du comte de Beaujolais, frère du roi Louis-Philippe ; ce dernier tombeau est dû au ciseau de Pradier. C'est aussi dans cette chapelle que se trouve la Décollation de saint Jean, un des meilleurs ouvrages de Michel-Ange de Caravage,

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Une chapel'e souterraine, assez négligée, renferme les sépultures de Viliiers de l'Isle- Adara, de La "Valette et d'autres grands maîtres couchés dans leurs armures sur des . cippes armoriés, soutenus par ries lions, des oiseaux et des chimères, les uns en bronze, les autres en marbre ou .en quelque autre matière précieuse. Cette crypte n'a rien de mystérieux ni de funèbre. Les autres édifices religieux de la ville sont peu dignes d'attention : l'église protestante anglaise, de construction tout à fait moderne, dresse son clocher pointu et grêle au-dessus du port de la Quarantaine. Examinons, à l'aide de l'excellent guide que nous avons déjà cité, les édifices publics de la cité La Valette. Le plus important est le palais des grands maîtres, aujourd'hui palais du gouvernement. Il s'élève sur la Sau-Giorgo et n'a rien de bien remarquable comme architecture; il ne répond pas à l'idée qu'on se fait de la demeure des Viliiers de l'Isle-Adam, des La Valette et de leurs successeurs. * Cependant il a une prestance assez monumentale et produit un bel effet sur cette grande place, dont il occupe un des pans. Deux portes à colonnes rustiques rompent l'uniformité de cette longue façade; un immense miradors, faisant galerie intérieure et porté par de fortes consoles sculptées, circule à la hauteur du premier étage, à peu près, et donne à l'édifice le cachet de Malte. Ce détail tout local relève ce que cette architecture pourrait avoir de plat. Ce palais, vulgaire dans sa magnificence, devient ainsi original. > L'intérieur offre une suite de vastes salles et de galeries renfermant des peintures représentant des batailles de terre et de mer, des sièges, des abordages de galères turques, etc.; il y a aussi des tableaux du Trévisan, de l'Espagnolet, du Guide, du Calabrèse et de Michel-Ange de Caravage. Un des portraits les plus remarquables est celui du grand maître Vigmicourt, par le Caravage. Le trône d'Angleterre, avec son dais, ses armoiries et ses lambrequins, s'élève orgueilleusement à la place du fauteuil qu'occupait le grand maître de l'ordre, et les portraits de la famille régnante d'Angleterre font un singulier contraste avec les anciennes peintures qui représentent les grands maîtres de l'ordre. Dans ce palais, on voit le musée.des Armures, moins curieux et moins riche en armes turques qu'on ne pourrait s'y attendre. Signalons enfin dans cette ville les anciennes auberges de Castille et de France, d'Aragon et d'Allemagne, lieux de réunion des chevaliers de chaque langue; l'université, bâtie par Rohan ; l'hôpital militaire ; la bourse et le théâtre, qui sont des constructions modernes. Quant aux faubourgs, ils ne renferment rien de bien intéressant : la Floriana possède deux jardins trop vantés ; car, si de ces points on jouit d'une belle vue sur l'île, on est exposé à rôlir sur place, tant est intense l'ardeur des rayons solaires. Les trois autres faubourgs, où se trouvent les docks et les établissements de la marine, ne contiennent rien de bien curieux.

Depuis 1522, les chevaliers de Malte avaient, sous le grand maître Viliiers do l'Isle-Adam, fortifié la petite presqu'île de Borgo, sur laquelle s'élève aujourd'hui le faubourg nommé Citta-Vittoriosa. En 15G5, le grand maître La Valette, après avoir victorieusement repoussé les attaques des Turcs et des Barbaresques, fonda sur la presqu'île Sbaab-er-lîas la ville qui porte son nom. Vignaeourt, puis Lascaris firent construire les fortifications destinées à protéger la cité du côté de lu terre; l'ingénieur Florian, quf présida a cette construction, donna son nom au faubourg de la Ktoriana. Divers autres grands maîtres ajoutèrent encore aux ouvrages destinés à défendre le boulevard de la chrétienté. Mais, au xvme siècle, l'ordre de Malte, affaibli par ses dissensions intestines, par la vie dissolue de ses chevaliers, n'était plus que l'ombre de lui-même, une institution purement honorifique, sans but et sans vigueur. En 1798, quand Bonaparte se rendait en Egypte, le général français parut devant Malte, et, connue le grand maître Hompesih lui refusa l'entrée du port, l'armée fr:uiçaisi) débarqua et s'empara de la ville de La Valette presque sans coup ferir. Les Français établirent un gouvernement provisoire, avec une municipalité. Le général Vaubois fut lais>é dans l'île avec 3,000 hommes; mais, à peine la ilotie française s'étaitelle éloignée, que les Anglais et les Napolitains vinrent presque aussitôt assiéger La Valette; les Français résistèrent pendant deux .ans et ne se rendirent, en 1801, qu'après avoir vainement attendu les secours que la France ne pouvait leur envoyer. Depuis lors, La Valette est une des plus importantes stations navales de l'Angleterre.

VALETTE (Ctaude-Denis-Auguste), jurisconsulte et homme politique français, né à Salins (Jura) le IS août 1805. M est le fils d'un vieux républicain de l'armée de Hoche. Il fut reçu licencié en 1827 et docteur en 1830. Esprit vif, pénétrant, porté à la satire, malgré la gravité de ses éludes, il débuta comme écrivain, dans l'année même de son doctorat, par une brochure politique, De la pairie héréditaire, considérée comme pouvoir législatif et comme pouvoir judiciaire (1830, broch. in-8°). La même pointe satirique, tout à tait dans les allures de M. Valette, se fait

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sentir dans un petit ouvrage très-curieux,

?u'il publia beancoup plus tard, comme pour aire diversion à ses travaux de légiste, De la jurisprudence actuelle en matière d'enregistrement (1843, in-go); c'est un relevé spirituel et en même temps une critique acerbe des abus que se permet l'administration, sous le couvert de lois mal faites. En 1833, M. Valette était nommé professeur suppléant à l'Ecole de droit de Paris et, en 1837, professeur titulaire. Il a depuis constamment occupé la chaire de droit français, qu'il quitta seulement pendant la République , lorsqu'il fut appelé à siéger à l'Assemblée constituante, puis à l'Assemblée législative, et qu'il reprit en 1852, après le coup d'Etat. Comme juriste et comme professeur^ie droit, M. Valette personnifie le droit français. Il s'est surtout fait apprécier en Allemagne en révisant la traduction allemande du Traite' de la possession en droit romain, de M. de Savigny ; car, à ses études de droit, il joint une connaissance approfondie des langues vivantes comme des langues mortes. A l'Ecole comme à la tribune, comme dans ses livres, M. Valette est remarquable par la netteté des vues, la sagacité des observations, l'interprétation des textes ; son style a de la clarté toujours, et parfois de l'éloquence. On iui doit quelques ouvrages théoriques du premier ordre : De l'effet ordinaire de l'inscription en matière de privilèges sur les immeubles (1843, in-8°); c'est un exposé et un examen des opinions et des projets de loi présentés sur la matière à cette époque ; Traité des hypothèques (1846, in-8°). Cependant son œuvre la plus considérable et la plus estimée consiste en Notes et additions k la 3B édition du Traité sur l'état des personnes, par le jurisconsulte Proudhon, et en une Explication sommaire du livre 1^', qui se rattache à cet ouvrage. Les travaux de M. Valette ont mis le texte primitif au courant de la nouvelle jurisprudence et font aujourd'hui une bonne partie de sa valeur (1842-1843, ï vol. in-8°). M. Valette a de plus collaboré activement, de 1834 à 1843, à la Jievue du droit français et étranger, continuation de la Demie étrangère et française. En 1845, il fut fait chevalier de la Légion d'ht nneur

La révolution de 184S l'appela à jouer un rôle politique ; le Jura, son pays d'origine, l'envoya siéger à la Constituant. Sur les bancs de la Chambre comme dans sa chaire de professeur, M. Valette resta ce que ses aptitudes et ses études profondes l'avaient fait, un légiste. Il s'y montra républicain modéré, intègre, ennemi peu écouté, mais convaincu, de l'illégalité et de l'arbitraire. La Chambre le nomma vice-président du comité de législation; il lui apporta lu précieux concours de son autorité et de ses lumières sur toutes les questions spéciales. M. Valette eut à prendre la parole, soit comme rapporteur,soit comme simple député, sur l'abolition immédiate des majoruts, mesure réclamée par M. de Parieu et qu'il crut devoir repousser ; sur la publicité des contrats de mariage, la suppression de la quotité disponible, le travail du dimanche, l'organisation judiciaire, le timbre des effets de commerce, les conditions de la naturalisation des étrangers résidant en France, sur l'inscription hypothécaire, pour répondre à une proposition de M. Victor Considérant. Rarement il eut à aborder les questions de pure politique, et il le fit toujours avec la plus grande modération, comme dans la discussion de la loi sur les clubs et sur la presse. 11 montra, même dans les moments difficiles, un si grand respect de la légalité, que, chargé par la Chambre, avec quelques autres délégués, MM. Turc, Forel et Lemaire, ayant à leur tète M. Doulay de la Meurtrie, de lui rendre compte de l'état de l'insurrection le 23 juin, et, après avoir reçu dans ses bras le général Damesme, mortellement blessé', il réclama pour les insurgés vaincus les garanties ordinaires de la justice et se montra hostile aux proscriptions par décret et au fonctionnement des commissions militaires. Pour les délits de presse, il demandait qu'ils fussent soumis au jury.

Réélu en 1849, il siégea à l'Assemblée législative jusqu'à sa dissolution, le 2 décembre 1851. L'Assemblée le nomma membre de la commission chargée de l'étude des réformes à apporter dans la procédure criminelle. Un de ses discours les plus remarquables est celui qu'il prononça au sujet des coalitions (novembre 1849). Après le rejet parla Chambre de l'amendement Morin, qui tendait à établir la liberté absolue des coalitions, M. Valette essaya de taire prévaloir un système mixte, très-libéral au fond, qui ne plaçait sous le coup de la loi pénale que le concert ayant pour but d'arriver injustement et abusivement, de la part des ouvriers comme de la part des patrons, à la cessation du travail. M. Wolowski avait signé avec lui cet amendement que l'Assemblée rejeta, se fondant sur l'embarras qu'éprouverait la magistrature à déterminer l'injustice et l'abus. 11 prit encore la parole sur la révision des procès criminels et la réhabilitation des condamnés innocents, intéressantes questions dont la solution fut retardée pour longtemps encore ; la République eut le tort de laisser à l'Empire tous ces grands progrès à réaliser. Mais lu solution qu'ont reçue depuis quelques années ces questions de coalition et de réhabilitation témoigne de la justesse des

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vues de M. Valette. Lorsque le parti qui menait la République à sa perte combattit à outrance les hautes études universitaires et voulut supprimer les chaires de droit constitutionnel et d'histoire du droit, il s'y opposa de toutes ses forces. Au moment de la dissolution de l'Assemblée législative, M. Valette prenait part à la discussion d'un projet de loi relatif aux privilèges et hypothèques, que le coup d'Etat empêcha d'aboutir. Lors du coup d'Etat du 2 décembre 1851, il protesta contre cet attentat, fut incarcéré à Vincennes et recouvra peu après la liberté. Rendu à la vie privée, M. Valette a repris à la Faculté sa chaire de droit français. Cette longue carrière, non encore achevée, vouée tout entière à l'étude et à l'enseignement du droit, à la défense des grands intérêts publics, aux réformes urgentes et depuis longtemps demandées de notre législation, est une des mieux remplies et des plus honorables de notre temps. Il a succédé à M. Troplong comme membre de l'Académie des sciences morales et politiques, le 5 juin 1869.

VALETTE (Jean Parisot dk La). V. La Valette.

VALETTE (Siméou Fagon, dit), po8te et mathématicien français, né à Montauban en 1719, mortprès de la même ville en 1801. 11 se livra d'abord à la poésie ; mais, n'ayant point réussi, il se mit à voyager dans les pays lointains. Rentré en France dans un état de dénùment complet, il publia, en 1757, un Traité de trigonométrie spltérique, qu'il dédia à d'Alembert et qui fut approuvé par l'Académie des sciences; il écrivit aussi quelques articles dans le Mercure. Poursuivi par la misère malgré tous ses efforts, il trouva, en 1759, un asile à P^erney. Le récit de ses aventures inspira à Voltaire la pièce du Pauvre diable. On a prétendu, mais à tort, qu'il avait enseigné à Voltaire les éléments des mathématiques.

VALÉTUDINAIRE adj. (va-lé-tu-di-nè-re — lat. valetudinarius ; de vatetudo, santé, rad. valere, être fort, et aussi se porter bien ou mal). Maladif, qui a une santé chancelante : François II, Valétudinaire dès l'enfance, mourut à dix-sept ans; il n'avait régné que dix-sept mois. (Millot.) Presque tous les moralistes ont été valétudinaires. (Rigault.) Il Qui est propre aux personnes maladives : Fœdor était un prince d'un tempérament valétudinaire. (Volt.)

— Substantiv. Personne valétudinaire :

Les valétudinaires ont besoin d'avoir une conduite appropriée à leur manière d'être. (Mèrat.) La ville d'Àrcachon est une véritable oasis ouverte aux valétudinaires de tous les pays. (E. Texier.) '•

— Syn. Valétudinaire, cacochyme, in- Qruio, etc. V. CACOCHYME.

VALÉTUDINARISME s. m. (va-lé-tu-dina-ri-smo — rad. valétudinaire). Etat de valétudinaire.

VALÈTUDINÀRIUM s. in. (va-!é-tu-di-nari-omm — mot lat. formé de valetudo, état de santé). Autiq. rom.Inlirmerie d'une grande maison, il Hôpital d'un camp.

VALEUR s. f. (va -leur — lat. valor ; de valere, valoir). Prix qu'on attache à une chose, à une personne, en raison de sou utilité : Vendre un objet à sa juste VALEUR. La valeur des choses est fondée sur leur utilité. (Cundill.) Les bienfaits ne doivent pas se peser à leur valeur intrinsèque, mais au poids du ccBur. (J.-J. Rouss.) La liberté double la valeur et les forces de l'homme. (Dumouriez.) Les hommes sont comme tes monnaies, il faut les prendre pour leur valeur, quelle que soit leur empreinte. (M1"0 Necker.)

— Par ext. Prix élevé : Les blés ont de la valeur, sont en valeur cette année.

— Etat de production, en parlant des biens de la terre : Cette terre est en vaLkur. Il faut que je mette en valeur des terres abandonnées depuis te déluge. (Volt.)

— Fig. Importance : Il attache trop de valeur d cette démarche, A mesure qu'il se découvre des routes nouvelles pour parvenir au pouvoir, on voit baisser la valeur de la naissance. (De Tocqueville.) Il Portée, effet, étendue, signification : Son débit donne beaucoup de valeur à ses discours. Il ne cannait pas la valeur de ses paroles. Avant d'entamer une discussion, il faut s'entendre sur la valeur des mots. (L. Jourdau.)

— La valeur de, Environ, à peu près : Il s'avança de la valeur de trente pas.

— Turf. Intérêt pécuniaire attaché à une course.

— Econ. politiq. Propriété qu'a un objet de pouvoir être échangé contre un autre déterminé en nature et en quantité; objet jouissant de cette propriété : La valeur est une qualité des choses susceptibles d'être échangées. (Droz.) La valeur, c'est l'appréciation des services échangés. (Bastiat.) Toute valeur nait du travail. (Proudh.) Il Valeur nominale. Valeur conventionnelle attribuée à un objet et indépendante de sa valeur réelle; se dit particulièrement des monnaies : La valeur nominale des monnaies est un peu supérieure à leur valeur intrinsèque. Il Valeur intrinsèque, Valeur résultant directement de la nature des objets, et non d'une convention ; se dit spécialement des monnaies : La valeur

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intrinsèque des monnaies est inférieure à leur valeur nominale.

' — Comm. Objet servnnt d'échange : Il a reçu en à-compte des seguins, des bank-notes, des lingots et autres valeurs. J'ai touché doute mille francs, valeur reçue en espèces. S'il m'avait donné des valeurs mauvaises, je serais gobé comme un niais. (Balz.) Il Valeur en compte, Valeur portée au compte de celui qui doit toucher la somme énoncée dans une lettre de change : Vous payerez à Al... 6,000 francs, valeur en compte.

— Adininistr. Valeur déclarée, Valeur insérée dans un envoi, et qui, étant déclarée a l'administration de la poste, est remboursée en cas de perte.

— Peint. Intensité relative : La valeur des tons et des couleurs. Il concentre bien ses clairs et leur donne beaucoup de valeur. Il exagère la valeur du premier plan pour reculer ses fonds.

— Mus. Durée, en parlant des notes : La valhur de la noire est double de celle de la croche.

— Mathém. Détermination d'une quantité : Valeur positive. Valeur négative. Chercher la valeur de l'inconnue.

— Syn. Valeur, prix. V. PRIX.

— Encycl. Econ. soc. Pour résoudre les questions importantes qui se rattachent à la valeur des choses, la science traditionnelle nous offre deux théories bien connues, celle qui s'exprime par la formule de l'offre et de la demande et celle qui fait dépendre des frais de production la valeur vénale des produits. Occupons-nous d'abord de la première.

Toutes les choses qui ont une valeur vénale possèdent un double attribut :

1° Elles sont des biens ou des richesses dans le sens le plus général du mot; elles ont de la valeur en nature.

2° Elles sont rares, en ce sens que leur quantité n'est pas illimitée, ni même surabondante, comparativement aux besoins. En effet, lorsque la quantité d'une chose est telle que tout le monde, sans exception, peut en avoir assez et au delà, quelle que soit l'utilité de cette chose, elle n'a aucun prix. Par exemple, l'air atmosphérique est absolument nécessaire au soutien de la vie ; mais, comme il existe en quantité surabondante relativement aux besoins et qu'il n'est nécessaire de prendre aucune peine pour le recueillir, il n'a pas de valeur en échange. Considérons, au contraire, les objets qui ont une valeur vénale; nous verrons toujours qu'ils sont rares, en ce sens qu'il n'en exista qu'une quantité limitée, et parfois même insuffisante, relativement aux besoins. C'est le cas du pain, de la viande, du vin, des vêtements. •

Voici, du reste, un fait qui montre bien que la rareté est une des causes du prix. C'est que parfois des choses, qui ordinairement existent en quantité surabondante et n'ont point de prix, deviennent rares par accident et qu'aussitôt elles acquièrent de la valeur. Alors, c'est le cas de dire avec Massias :

« Que ne vaut un verre d'eau dans le désert, la lumière dans un cachot, une place à la lucarne où l'on respire un air purN

Au contraire, prenons une chose qui ordinairement est rare et a ue la valeur; supposons que, par accident, elle devienne surabondante, nous verrons qu'elle devra perdre toute sa valeur vénale. Far exemple si, par une cause toute naturelle, le lait devenait aussi commun que l'eau et que personne ne pût l'accaparer, il est clair que sa valeur se réduirait à rien, comme celle de cet élément.

Plus une chose est demandée, 'plus le prix de cette chose augmente; plus elle est offerte, plus le prix dimiuue. C'est ce qu'où exprime en disant que le prix est en raison inverse de l'offre et en raison directe de la demande.

Cette formule est vraie, et elle convient pour expliquer ce qui se passe lorsque ton considère la valeur vénaie d'un seul objet. Mais il y a d'autres faits concernant les valeurs et les prix, que cette formule n'explique point. Sans doute, si nous ne considérons qu'une seule chose, nous verrons que son prix varie suivant les lois qui viennent d'être indiquées. Mais les variations auront des limites ; le prix de chaque chose se maintiendra toujours entre une limite supérieure et une limite inférieure. De plus, si l'on relève les prix divers que cette chose aura eus pendant une période un peu longue, par exemple, pendant une période de dix années consécutives, on pourra déterminer ud prix moyen pour cette période. L'existence de ce prix moyen est un -fait qui, comme tout autre fait, a une cause ou une raison d'être. Quelle est lu raison de ce fait? Par exemple, pourquoi le prix moyen d'une tonne de fer a-t-il atteint un certain chiffre, en France, pendant une certaine période? La formule de l'offre et de la demande ue l'explique pas. Elle n'explique pas non plus pourquoi le prix moyen d'une chose a été supérieur, ou intérieur, ou égal à celui d'une autre chose. Par exemple, elle est impuissante à nous dire pourquoi une livre de café e^t plus chère qu'une livre de sucre et poutquoi un cachemire de l'Inde coûte plus cher qu'un mouton. Par conséquent, si nous vouions expliquer ces faits, si nous voulons, nar exemple, connaître la raison du prix moyen que chaque enose a eu pendant une période

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donnée et dans un lieu déterminé, il faut chercher cette raison ailleurs que dans la furinule en question.

Pour la trouver, nous allons suivre la voie tracée par Adam Smith dans le sixième chapitre de son livre sur la richesse des nations ; nous emploierons la méthode d'analyse; nous décomposerons le prix de chaque chose en plusieurs parties et nous rattacherons chacune de ces parties k la cause qui l'aura produite. Par la, nous arriverons à une autre théorie, k une nutre formule, celle des frais de production.

'Tout entrepreneur qui aura engagé des capitaux et payé des ouvriers pour produira Un article quelconque voudra d abord rentrer dans ses frais. par conséquent, il faut que, sur le produit brut, il recouvre au moins toutes les avances qu'il a faites; car, dans le cas contraire, il .serait en perte et cesserait bientôt de produire. Sans doute, il y a d,cs circonstances accidentelles qui peuvent déterminer un producteur à subir une perte semblable. Cela peut arriver, par exemple, s'il éprouve un besoin urgent, une gène extraordinaire. Dans ce cas, il n'y aura qu'un trouble passager. Mais il en sera autrement si ses concurrents ont trouvé moyen de produire un article k meilleur marché que lui par un procédé dont il n'a pas le secret ou dont il lui est interdit d'user, et si dorénavant tous les besoins peu\ ent être satisfaits moyennant un prix inférieur aux frais qu'il est obligé de faire pour produire le même article. Alors, sans doute, il ne pourra plus vendre ses produits au prix qu'ils lui auront coûté ; mais la cause même qui ne lui permettra plus de rentrer dans ses avances le déterminera à cesser sa fabrication. C'est donc seulement par accident et passagèrement que le prix de vente peut tomber au-dessous du prix de revient de telle ou telle maison, et, en général, pour que la production d'un article soit durablej il l'aut que l'état du marché permette au fabricant de rentrer au moins dans ses avances et d'obtenir ce qu'on appelle un prix rémunérateur.

Il y a quelques exceptions apparentes, mais dont il est facile de rendre compte. Par exemple, il arrive souvent que des articles de mode ou de fantaisie se vendent au-dessous du prix de revient quand la mode commence k passer. Mais, eu général, ceux qui fout le commerce de pareils articles se mettent eu garde contre cette chance, et, dans la nouveauté, ils demandent et obtiennent communément un prix notablement supérieur aux frais de production. Ainsi, ils établissent par avance une compensation qui leur permet de conserver sur le tout un gain souvent très-élevé.

En résumé, la formule des frais peut servir à déterminer la valeur de certains produits; seulement, c'est k la condition qu'on dise les frais à faire et non pas les frais taits. Mais il y a des richesses pour lesquelles ce mode d'appréciation fait complètement défaut. Ce sont celles qui,' comme les terres fertiles, les cours d'eau, les étangs et les mines, ne sont pas l'objet d'une fabrication courante et que, par conséquent, on ne peut pas demander "à des producteurs spéciaux faisant métier d'en créer de semblables moyennant un prix déterminé et dans un bref délai, pour le bon plaisir des amateurs. Ces richesses sont, eu gé.érul, des instruments de production et non pas des choses consommables. Comme on ne peut pas les multiplier k volonté, leur valeur vénale n'est pas comprimée, comme celle des autres instruments de production, par la possibilité d'en créer de semblables dans un court délai et pour un prix connu a l'avance. De plus, la science économique ne nous otîre aucun moyen de déterminer celte valeur d'une manière directe. Mais, k défaut de moyen direct, il y en k un autre qui, pour être indirect, n'eu est pas moins bon et utile dans la pratique. Ce moyen tient à la nature et aux propriétés des objets dont il s'agit de déterminer la valeur.

En effet, ces objets ne sont pas propres k la consommation, mais k la production, et comme tels ils sont susceptibles de donner un revenu. Or, c'est ce revenu qui est la base do l'évaluatiou ; seulement, il faut tenir compte de deux éléments, la taxe du revenu et sa durée. Il est clair, en effet, qu'k chiffre égal de rente annuelle l'instrument qui pourra donner cette rente pour un temps plus long vaudra plus que celui qui ne pourra la donner que pour un temps plus court.

Revenons maintenant k la valeur absolue des choses, k leur valeur d'utilité. Il n'y a pas de mesure ubsolue de la valeur. La valeur d'usage des choses n'est rien de plus que la somme des satisfactions positives qu'elles peuvent donner à celui qui les consomme. Si les objets no se trouvent point sous la main du consommateur, s'il faut qu'il se donne la peine d'aller les chercher au loin, la peine de les conserver ou de les empêcher de perdre leur valeur d'usage, ces peines ou," ce qui revient au même, ces travaux doivent entrer on déduction des satisfactions positives ou de la valeur réelle des objets; donc le travail en tant que peine doit être porté en déduction de la valeur d'usage. Le travail ou peine constitue donc relativement à la valeur d'usage une véritable valeur négative. Si les jouissances retirées de l'usage sont supérieures aux peines que l'acquisition de ces txr-

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leur» a coûtées, il est évident que la valeur positive ou de satisfaction est supérieure à la valeur négative ou de travail. La véritable valeur est donc dans l'excédant de la valeur positive sur la valeur négative, l'excédant de la jouissance sur la peine ou le travail.

La valeur négative ou valeur du travail en tant que peine est-elle supérieure à la valeur positive ou valeur d'usage, la production est nécessairement absurde ; car, au lieu de donner un excédant de satisfaction, elle donnerait un excédant de peine; au lieu de donner un bénéfice, elle donnerait une perte ; ce produit, dans ce cas, ne vaudrait pas ce qu'il a coûté.

Y a-t-il égalité entre la valeur négative, qui n'est autre que le prix de revient, et la valeur positive, il n'y a ni perte ni bénéfice. La production n'a encore aucune raison d'être. Enfin, le prix de revient, exprimé en peines ou en efforts, est-il inférieur k la,oaleur d'usage, la production peut être raisonnable. Mais elle ne l'est pas nécessairement, car il peut arriver que cette production en empêche d'autres qui,k travail égal ou avec des efforts équivalents, donneraient des bénéfices supérieurs.

Pour étudier k fond cette question qui renferme l'essence de la science économique, consultez : le Traité d'économie politique de J.-B. Say ; les Œuvres de Ricardo ; Dumesnil- Murigny, Catéchisme d'économie politique; J.-A. Langlois, l'Homme et la Révolution.

VALEUR s. f. (va-leur — du lat. valere, être fort, être courageux). Vertu guerrière qui pousse k affronter les dangers : Une valeur héroïque. La valeur ne peut être une vertu qu'autant qu'elle est réglée par la prudence. (Fén.) Si la valeur a ses prodiges, elle a aussi ses périls. (E. de Gir.) L'honneur fait ta valeur du soldai, le crédit du négociant, le respect mutuel et la confiance. (E. Scherer.) La valeur aux duels fait moins que la fortune.

Corneille.

[quille.

La valeur n'est valeur qu'autant qu'elle est tran-

PlttON.

— Par ext. Fermeté courageuse : C'est le hasard qui fait les héros, c'est une valeur de tous les jours qui fait le juste. (Mass.)

— Syn. Valeur, bravoure, coeur, etc. V. BRAVOURB.

— Allua. littér. Je muJ* jeune, £1 est vrai ; mais aux Anics btoik liée* Lu valeur u'atlcud

pu» le uamiiro de* aimée», Vers de Corneille dans le Cid, V. Âmk.

VALEUREUSEMENT -ad v. (va-leu-reu-zeman — rad. valeureux). Avec vateur : Combattre, succomber valeurbusisment.

VALEUREUX, EUSE adj. (va-leu-reu, en-ze — rad. valeur). Qui a de la valeur, du courage : Un soldat valisuRkux.

Les hommes valeureux le sont du premier coup.

Corneille.

— Par ext. Qui a une ardeur courageuse : Il n'est pas valeureux au travail.

VALFENERA, bourg du royaume d'Italie, district d'Asti, mandement de Villanuovu d'Asti ; 2,034 hab.

YALFONS (Charles de Mathei de), général français, né k Nîmes en 1710, inort en 1786. Lieutenant de cavalerie à dix-sept ans, il s'éleva par sa valeur jusqu'au grade de lieutenant général, et, dans le cours de sa carrière militaire, assista k vingt-six sièges et à six batailles sans recevoir aucune blessure. Il avait laissé des Souvenirs, qui ont élé publiés de nos jours par un de ses petitsneveux (Paris, 1860, in-18). Cet ouvrage, qui va de 1710 a 1786, renferme des particularités curieuses sur les personnages marquants de la cour de France pendant cette période.

VALGIDÉ, ÉE adj. (val-ji-dé — de valgue, et du gr. idea, forme). Qui ressemble ou qui se rapporte au genre valgue.

— s. f. pi. Groupe d'insectes coléoptères, de la famille des lamellicornes, ayant pour type le genre valgue.

VALGORGB, bourg de France (Ardèche), ch.-l. de canton, arrond. et k 20 kilom. N.-O. de Largentière, sur la rive gaucho de la ""Baume; pop. aggl., 287 hab. — pop. tôt., 1,352 hab. Au-dessus du bourg s'élève le plateau du Tonargue (1,528 mètres d'altitude).

YALGRANA, bourg du royaume d'Italie, province et district de Coni, ch.-l. de mandement; 2,212 hab.

VALGDARNERA, ville du royaume d'Italie, dans la Sicile, province de Caliailisetta, district de Piazza-Armerina, ch.-l. de mandement ; 9,519 hab.

VALGUARNEUA (Mariano), littérateur italien, né k Païenne en 1564, mort dans la môme ville en 1634. Après avoir étudié les langues grecque, latine, hébraïque, syriaque et la plupart des langues modernes, il alla passer quelque temps en Espagne, puis, k la mort de sa femme, il revint dans sa punie, entra dans les ordres et se consacra k l'histoire de son pays natal. Philippe IV, qui n'avait pu lui faire accepter les fonctions de chapelain de la cour d'Espagne , l'avait nommé abbé de Sainte-Anastasie. Nous citerons, parmi ses écrits : Discorso delt' origine ed untic/tita di Paienno, e de' primi abitatori délia Sicilia e delt' Jtalia (falerme, 1014,

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