‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 56 sur 1042 · HE · texte numérisé non relu

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— Encycl. Le théodolite se compose «ssen tiellenîent de deux cercles divisés : l'un horizontal, pouvant tourner autour d'un axe vertical passant par son centre, l'autre vertical, pouvant tourner autour d'un aie horizontal pnssa/it également par son centre j et «l'une lunette wuu.e d'une alidade k vernier, parai-

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lèle au plan du cercle vertical et pouvant tourner autour de son axe. L'appareil est monté sur un trépied muni de vis à caler. Le cercle vertical est placé aune petite distance de l'axe du cercle horizontal et peut tourner autour de cet axe en entraînant le sren, qui d'ailleurs rencontre l'autre, et uue alidade à ver-

nier qui parcourt les divisionsdu cercle horizontal. Quand on veut employer t'instrumenta la détermination d'une distance zénithale, on n'utilise que le cercle vertical, dont on dirige le plan vers l'objet; l'inclinaison de la lunette au moment où son axe optique est dirigé vers cet objet donne le complément de l'angle cherché.

Pour déterminer l'angle des plans verticaux passant par le point de station et deux objets éloignés, on fait tourner le cercle vertical autour de l'axe vertical, de manière à amener le zéro du vernier de l'alidade horizontale au zéro du cercle horizontal, et on fixe alors le cercle vertical à l'axe vertical. On fait ensuite tpurnc.r le cercle horizontal , autour de son centre jusqu'à ce que le plan du cercle vertical, entraîné dans ce mouvement, vienne passer par le premier objet, celui de gauche, si le sens de la graduation sur le cercle horizontal est de gauche à droite; une vis de rappel permet de modérer le mouvement autant qu'on te veut, lorsqu'on approche du but. Ko même temps, on dirige la lunette vers l'objet visé; une vis de rappel permet également de modérer le mouvement de cette lunette. En agissant alternativement sur les deux vis de rappel, on arrive bientôt à placer l'objet a la croisée des fils du réticule. Cela fait, on fixe le cercle horizontal à l'axe vertical, on décale le cercle vertical et on le fait tourner seul autour de l'axe vertical jusqu'à ce que son plan passe par le second objet, celui de droite. En même temps, on dirige la lunette vers le second objet. Quand on a amené l'axe optique à passer par le point visé, il ne reste qu'à lire l'angle cherché, indiqué par la graduation du point du cercle horizontal où s'est arrêté le zéro du vernier de l'alidade qui eu parcourt les divisions.

L'observateur n'a souvent à s'occuper que d'un seul objet, dont il s'agit de déterminer la hauteur au-dessus de l'horizon et l'azimut, c'est-à-dire l'angle du plan vertical passant par le point de station et l'objet avec la plan méridien. Le théodolite est éminemment propre à donner & la fois ces deux augles. Le plan de l'axe vertical de l'instrument et du zéro du cercle horizontal étant amené et fixé dans le plan méridien, ilsuftit de faire tourner le cercle vertical autour de l'axe vertical, de manière u amener l'objet dans l'axe optique de la lunette, pour avoir l'azimut donné par le point où s'est arrêté le zéro de l'alidade horizontale, et la hauteur donnée pur celui où s'est arrêté le zéro de l'alidade qui porte la lunette.

Lu mise en station du théodolite exige un grand nombre de vérifications attentives. Il faut rectifier l'axe vertical, l'axe horizontal Qi ('fixe optique de lu lunette, ]^es deux pre-

mières opérations s'effectuent à l'aide de niveaux, en agissant sur les vis calantes pour l'axe vertical, et, pour l'axe horizontal, sur une vis qui permet de donner à cet axe, dans le Sens vertical, un petit mouvement autour dupointpar lequel il est relié à l'axe vertical. L'axe qui doit être vertical étant exactement perpendiculaire, dans l'instrument, au plan du cercle qui doit être horizontal, il suffit de rendre le plan de ce cercle horizontal, ce que l'on obtient au moyen des vis du trépied. Quant à l'axe qui doit être horizontal, pour le rectifier, on se sert d'un niveau mobile à

f lieds fourchus, qu'on place en équilibre sur a surface cylindrique concentrique a l'axe et qu'on retourne ensuite bout pour bout. L'horizontalité est assurée quand la bulle de ce petit niveau occupe le même plan dans les deux positions.

Pour rectifier l'axe optique de la lunette, il suffit de viser successivement un même objet fixe en portant le cercle vertical d'abord à gauche de l'axe vertical, ensuite à droite, et de faite, dans les deux cas, la lecture sur le limbe horizontal. Si la ligue de visée est bien parallèle au plan du cercle vertical, les deux angles lus doivent ditférer de 180<>. Si la vérification ne se fait pas, le complément à 180° de la différence trouvée est le double del'inclinaison de l'axe optique sur le plan du cercle vertical. On annule cette inclinaison en déplaçant le réticule dans un sens convenable, le long dune perpendiculaire au plan du cercle, au moyen d'une vis micrometrique.

THÉODORA S, m. (té-o-do-ra — du gr.

theos, dieu ; dôron, présent). Bot. Genre de là famille des légumineuses, tribu des césulpinées, réuni aujourd'hui comme simple section au genre schotia.

THÉODORA (sainte), pénitente du vie siècle, dont les hagiographes placent la naissance sous le pontificat de Symmaque et le règne de l'empereur Anastase, vers 510 de 1ère chrétienne. Ses aventures tiennent du roman. Née à Alexandrie, d'une famille noble, elle épousa un riche seigneur dont on ne dit pas le nom et ne lui fbt pas longtemps fidèle ; le diable et une vieille entremetteuse la tentant, elle se laissa aller à commettre un adultère et,' pour se punir, résolut de s'enfermer dans un couvent d'hommes, distant d'Alexandrie d'environ 6 lieues. L'abbé la reçut sans se douter de sou déguisement, et l'employa à porter de l'eau, à laver la vaisselle, à iaire les commissions. Un jour qu'on l'avait envoyée chercher de l'huile, elle coucha en route au monastère de Noue, où une fille, croyant que c'était Un homme, vint se coucher près d'elle. « N'ayant pas trouvé ce qu'elle dédirait, dit naïvement la Père Riba-

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deneyra, tout éprise du feu infernal de la concupiscence, elle s'abandonna à un autre. Dans la suite, étant interrogée sur celui qui lui avait fait commettre cette faute, elle dit que c'était le moine Théodore, désignant la nuit et le lieu de son péché. • Les moines de Noue envoyèrent l'enfant dont ell-i était accouchée au monastère où vivait Théodora, et l'abbé, lui mettant l'enfant dans les bras, la chassa ignominieusement. Théodora dédaignant de se disculper emporta l'enfant, •Qu'elle nourrit de lait de brebis, et vécut ellemême pendant sept ans d'herbes et d'eau, • Le diable.dit le même hagiographe, non content de lui avoir suscité cette disgrâce, pour l'affliger davantage prenait souvent la ligure de son mari, lui répétant les plaintes et les paroles amoureuses dont il l'entretenait autrefois, puis la priait de mettre fin a ses ennuis et de retourner en sa maison. Quelquefois les diables la venaient environner sous la forme de bêtes sauvages ou de j soldats et d'une armée conduite par un grand prince qui ordonnait qu'elle fût fouettée, ' parce qu'elle avait refusé de l'adorer, et les | diables la fouettaient si rudement qu'ils la laissaient k demi morte. • L'ubbé de son an- | cien monastère ayant enfin pitié d'elle la fit rentrer, et peu de temps après elle mourut. La confession qu'elle fit alors k son prétendu fils, et que l'abbé, caché près de sa cellule, entendit, édifia tous les religieux, et ils l'honorèrent dès lors comme une suinte. Son mari, averti par un ange de l'endroit où Théodora était morte, prit l'habit qu'elle avait porté et mourut à son tour, longtemps après, dans la même cellule. Quant k l'enfunt, il devint abbé du monastère. On voit que le roman est complet; les ha priograpfies l'ont trouvé si intéressant qu'ils V>.it édité deux fois. Ils attribuent exactement les mêmes aventures à sainte Marine.

Suinte Théodora est honorée par l'Eglise le lt septembre. Elle n'a cependant pas accompli beaucoup de miracles ; une fois, dans une sécheresse, elle a fait tomber de lu pluie; une autre fois, elle fit mourir un crocodile qui voulait la manger et empêcha une bète leroce de dévorer le portier du couvent. Ce ne sont là, dirait Rabelais, • que de menus suffiaiges. • La chapelle d'un des anciens couvents de la rue des Postes, à Paris (aujourd'hui rue Lhomoml), était placée sous l'invocation de sainte Théodora.

THÉODORA, femme de Justinien I", impératrice d'Orient, née dans l'Ile de Chypre vers l'an 500 ou 501, morte à Pythie au mois de juin 548. Théodora est une des figures les plus étranges de l'histoire; bassement hypocrite et à la fois rière et dédaigneuse, pleine de courage et commettant des lâchetés, prostituée et sainte, en un mot mélange de Lien et de mal, de vices odieux, crapuleux, et de grandes vertus, elle a pu être blâmée par les uns et louée par les autres, sans que ni les uns ni les autres s'écartassent de la vérité.

C'est aux sources que nous avons étudié Celle dont nous avons k esquisser la vie, même aux sources impures de Procopo, dont nous avons k citer, en les voilant, plus d'une gaillarde anecdote. De cette étude il est résulté pour nous une conviction qui n'est point celle de Sileiltiarius, mais pas davantage celte de Baronius; la voici, avant d'aller plus avant. Jusqu'au jour où, par une trèsgrande habileté , grâce a ses charmes et au hasard, elle est devenue impératrice, Théodora n'a été qu'une vierge folie, folle de baisers, d'amours, folle de plaisir; mais, égarée seulement pur son tempérament du feu et par les conseils d'une mère odieuse ; dès qu'elle est devenue l'épouse de Justinien, elle se réveille tout k coup, chasse de son esprit toutes les pensées malsaines qui l'ont obsédée jusqu'alors comme dans un cauchemar et apparaît avec toutes les qualités qui sommeillaient en elle et pur lesquelles elle était digne, elle l'a bien prouvé dans la suite, d'être ussocièe à. l'empire d'Orient.

Le père de Théodora se nommait Acacias; il était originaire de l'Ile de Chypre. Sous le règne d'Anastuse, prédécesseur de Justinien sur le trône, Acacius était chargé de la garde des bêtes destinées aux spectacles et qu'entretenait la faction des verts; k cause de l'emploi qu'il exerçait, on le surnommait le muilre des ours, Acacius mourut, laissant trois tiiles, dont l'aînée avait à peine sept ans. Celle-ci avait nom Comito; elle se maria plus tard k Sittas, duc d'Arménie, et, d'après Alematlnus, elle serait la mère de l'impératrice Sophie ; la seconde se nommait Anastasie ; elle donna le jour, toujours d'après l'annotateur de Procope, aux deux neveux de Théodora, dont parlent quelques auteurs; lu troisième est celle dont nous avons k raconter la vie.

La veuve d'Acacius essaya de procurer à un second mari les fonctions qu'occupait le premier; ce fut en vain. Réduite à la misère, elle s'imagina de faire paraître dans l'amphithéâtre ou avaient lieu les spectacles dont son premier époux avait été 1 ordonnateur, et en un jour de fête solennelle, ses trois tilles en habits de deuil, en habits de suppliantes. La faction des bleus fut émue, eut pitié; la faction des verts, de laquelle les orphelines auraient dû attendre compassion et assistance, ne les reçut qu'avec mépris.

Théodora prandit, et a.yec l'âge grandit

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aussi sa beauté Incomparable. Un jôur^éll'e parut sur le théâtre de Byzance, où ses sfleutfs jouaient déjà, où Comito surtout se faisait remarquer. Elle ne joua d'abord que des rôles muets, puis des rôles d'esclave iportantsuf sa tête le siège pliant.» Enfin, telle eut là permission de travailler pour son propre compte," suivant la maligne expression de Gibbon, qui, d'après Procope, fait la^pqrttjnit de la future impers trice k l'époque de ses dér buts de comédienne : /Ses traits, dit-il, avaient de la délicatesse et de la régularité; son teint, un peu pale, était cependant animé d'une légère nuance d'incarnat j la vivacité de ses yeux exprimait sur-Ié-champ^bùles les sensations; ses mouvements aisés déve1 loppaieut les grâces d'une taille élégante, quoique peu élevée, et l'amour ou l'adulation pouvaient défier le pinceau du peintre et celui du poète de rendre 'l'incomparable perfection de ses formes. » - : ;

Plus d'un peintre et plus d'un sculpteur cependant ont tenté ce que Gibbon dit impossible. Sur une place.deConstanCtriftple.qn voyait une statue de Théodora posée sur une colonne de porphyre (v. Procope, De zdifiï eiis, A. i, c. xi). Alemnnnus a fait son portrait d'après une mosaïque de Ruvenne, représentant l'épouse de Justinien ornée de perles.

A peine fut-il permis à. Théodora de tra-j vailler pour son propre compte, a.insî.qua dit l'historien du Bas-Empire, que tout a coup elle fut célèbre et .que les applaudissements saluaient son apparition sur la scène. « .Elle, ne dansait pas, dit l'historien que nous' ve; nons de citer, elle ne chantait pas, elle no jouait pas de la llùte, et ses talents se boi--: naîent k l'art de la pantomime; elle excellait dans les rôles boutions, et dès qu'elle ehpa.it ses joues et que, prenant un ton et des gesteis comiques, elle se pluignaît des coups qu'elle avuit reçus, des éclats de rire et des applaur dissemeuts remplissaient le théâtre do Coustantihople. » Mais c'est bien moins sort talent mimique qui rendit célèbre Théodora que sa beauté enivrante, qui faisait rèyer ceux qui l'avaient entrevue une fois. On'dit que tous purent faire de leurs rêves une réalité.

Nous ne raconterons pus complaisamment, comme Procope, l'histoire presque \ègendaire des débauches de Théodora. Douée d'un tempérament de feu, Théodora se livre à un amour physique, charnel, comrne Cléopâtre, comme Jeanne de Naples, comme Messaline, comme tant d'autres; elle s'y livre poussée par sa nature , d'une façon inconsciente. Qu'on ne dise pas qu'elle faisait de l'amour un métier : c'est sa mère qui faisait de sa tille un objet Je vente; celle ci cherchait les amants riches, celle-là, dit Gibbon, les amants robustes. ■ Théodora , dit cet historien, surpassait la Crispa d'Ausone (ep. 71); qui imitait le capilutis luxus des femmes tle Noie (Quintilien , int. VIII , 6). Elle rit un fameux souder où, environnée de trente esclaves, elle accorda ses faveurs k dix jeunes gens. »

Un jour vint où l'on put croire que ï'eni-. vrante Cypriote allait renoncer à sa scandaleuse existence. Elle s'était éprise follement . d'un certain Ecebole, de Tyr, et ne vivait i plus, ne voulait plus vivre que pour lui. Ecebole est nommé au gouvernement de la Pen-r lupole d'Afrique; elle s'attache k son amant et, heureuse, fuit avec lui te théâtre de ses I débordements. Ce temps de vie calme dura peu ; lu nature reprit bientôt ses droits, et ' d'autant plus violemment qu'elle avait été : comprimée. Ecebote chassa Théodora, Elle se rendit k Alexandrie et de Ik revint à Constantinople, réduite k la plus extrême misère. Elle offrit son beau corps à ceux qu'elle rencontrait sur son chemin en échange de sa subsistance. "Dans sa route laborieuse, dit' Gibbon, elle fit, sur son passage, jouir de ses attraits toutes les villes d'Orient et se montra digne d'avoir reçu le jour dans l'Ile favorite de Vénus.»

De retour dans la capitale de l'empire d'Orient, tout k coup il se fait en la vie de Théo-w dora un changement complet, étrange, miraculeux; la fille folle de son corps, et dont la ceinture était toujours prête à se dénouer, devint une femme décente en sa mise, austère même; ceux qui autrefois, la rencontrant dans la rue, « détournaient la tête de peur d'être compromis,» sauf k aller, la nuit venue, gratter k sa porte, n'ont plus à redouter cette rencontre ; la courtisane vit maintenant retirée dans une petite maison ; elle y vit seule, sage, chaste, gagnant honnêtement son pain de chaque jour et filant de la laine au coin de l'âtre, comme une matrone romaine au beau temps de la république. Un ' grand nombre d'historiens, d'érudtts ont exercé leur .sagacité k la recherche de la cause qui, du jour au lendemain, avait d'une hétaire fait une honnête femme. Quelquesuns ont prétendu que le genre de vie adopté tout k coup par Théodora n'était de sa part qu'un appât nouveau, un moyen pour attirer vers elle les galants ; d'autres ont cru k lu fabte qui courut plus tard, d'un rêve qui aurait annoncé k la courtisane sa grandeur future, l'avertissant en outre que Justinien ne lui offrirait sa main que lorsqu'elle aurait renoncé pour j-amais k ses débordements. Ce qui, selon nous, est le plus probable, c'est que Justinien, épris des charmes irrésistibles de Théodora, exigea $'o\\o cette retraite mo»

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mentanée comme uns sorte de purification, ejque la courtisane y consentit, heureuse d'être aimée par celui qui gouvernait déjà l'Orient sous son oncle en qualité de patrice, et qui était appelé k l'empire.

Le neveu de Justin, après avoir relevé et élevé jusqu'à lui la pécheresse, et déjà, par ce fait, l'avoir presque réhabilitée, veut achever l'œuvre commencée et, poussé par des scrupules religieux autant peut-être que par sa folle affection, donner à sa concubine le titre d'épouse. «Mais les lois de Rome, dit Gibbon, défendaientexpressémentle mariage d un sénateur avec une femme déshonorée par une extraction servile ou par la profession du théâtre. L'impératrice Lupicinia ou Euphemia, née d'une famille de barbares, de mœurs grossières, mais d'une vertu sans tache, ne voulait pas d'une prostituée pour sa nièce. VigUantia elle-même, la mère de 'Justinien, remplie de frayeurs superstitieuses, quoiqu'elle convint de l'esprit et de la beauté de Theodora, crnignaitque la légèreté et l'arrogance de cette artificieuse maîtresse ne corrompissent la piété et ne troublassent le bonheur de son tlls. » Les deux amants attendirent. L'impératrice mourut. Vigilantia se laissa fléchir ou ne fut pas écoutée, disent quelques historiens, et mourut de chagrin ; et bientôt après, l'an 521 ou 522, était pu-, blié, sous le nom de l'empereur Justin, un édit abolissant la sévère loi romaine: «on laissait la possibilité d'un glorieux repentir aux femmes infortunées qui avaient prostitué leur personne sur le théâtre, et on leur permettait de contracter une union légale avec les plus illustres des Romains.»

A peine cet édit était-il publié, que le mariage de Theodora et de Justinien était solennellement et pompeusement célébré. Bientôt après (527), lorsque Justin eut revêtu de la pourpre son neveu, que depuis longtemps il avait appelé près de lui et qui gouvernait à sa place, le patriarche de Constantinople posa le diadème sur les tètes de l'empereur et de l'impératrice d'Orient. Justinien, en son fol amour, ne voulut pas s'arrêter là, et la fille d'Acacius, la tille du maître des ours, celle qui avait joué les rôles bouffons sur les théâtres de Constantinople, qui s'était prostituée au plus offrant, vit alors prosternés k ses pieds, rampants, vils, tous les graves magistrats, tous les patriarches, tous les grands, tous ceux qui naguère se détournaient de leur chemin de peur de scandale quand ils la rencontraient. La femme de Justinien en conçut pour tous ceux qui l'entouraient un mépris absolu, un profond dégoût, à ce point que, lorsqu'on s'imaginait qu'elle allait vouloir paraître tière , hautaine, dans toute la splendeur de son titre et de sa puissance en cette ville, théâtre de sa vie désordonnée, elle quitta Constantinople, préférant au séjour de la capitale de l'empire celui des palais somptueux, mais retirés, qui bordaient les côtes de la Propontide et du Bosphore. C'est là qu'elle vécut presque constamment, c'est de là qu'elle gouverna, tandis que son mari régnait.

On a dit que Theodora sur le trône fut avare; ce qui est vrai, c'est que, durant une grave maladie de son mari, elle vit peu à peu s'éloigner d'elle ses fidèles courtisans, et qu'elle songea qu'à la mort de celui qui l'avait élevée si haut elle pourrait bien retomber dans son état premier de misère et d'abjection. Alors elle amassa des richesses, sachant bien que par elles, si son époux venait à mourir, elle garderait la puissance qu'elle tenait de son amour.

On a aussi accusé Theodora de cruauté.

Cette accusation n'est que trop vraie et restera comme la tache la plus grande, la pius ineffaçable de sa vie, quoique cette impératrice fût amenée à cette cruauté par son profond mépris de eeux qu'elle gouvernait et par le soin qu'elle dut prendre de sa conservation; elle avait de nombreux espions, qui pénétraient partout, dans les fêtes, dans les théâtres, dans les familles, et malheur à ceux que ces espions désignaient comme ayant laissé échapper de leurs lèvres des propos, un mot contre la dignité de l'impératrice 1 Ils étaient aussitôt jetés en prison et cruellement châtiés.

Mais dans l'histoire de cette étrange Theodora, à côté de pages où sont consignés des faits barbares, que de pages remplies d'actions grandes et belles! La plus belle, à notre avis, c'est la construction, sur la côte asiatique du Bosphore, d'un palais où, un jour, elle fit conduire, pour les y entretenir k ses frais et toujours, 500 femmes de Constantinople que la débauche ou la misère avait conduites où elle avait été conduite ellemême, à la prostitution, i La reconnaissance de la plupart d'entre elles fit oublier, dit Gibbon, le désespoir de quelques-unes, qui se jetèrent dans la mer.»

11 y avait vingt-deux ans que Theodora régnait sans contrôle, lorsque la mort vint la surprendre tout à coup au milieu des grandeurs. Sa santé avait toujours été délicate, peut-être les débauches de sa jeunesse l'avaient-elles beaucoup altérée; cependant les imputations de Procope à ce sujet et les insinuations de Gibbon ne sont point prouvées, et ThéodorB mourut, à ce que l'on croit communément, non de la maladie qu'ils prétendent, mais d'un cancer. Lorsque se fut déclarée cette terrible et incurable affection, les médecins ordonnèrent à Theodora les

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baiqs chauds de Pithye, et elle dut s'y rendre. Mais, à peine arrivée à Pithye, elle expira. C'était au mois de juin 548. Elle régnait, avons-nous dit, depuis vingt-deux ans ; elle était mariée depuis vingt-quatre et avait environ quarante-sept ans.

Elle ne laissa pas d'enfant à Justinien. Une fille, seul fruit de ses amours avec l'empereur, était morte en bas âge. On a dit qu'elle avait eu un autre enfant au temps de sa folle vie. Le fait n'est point prouvé, pas plus que le crime dont cet enfant légendaire aurait été la victime. Voici, du reste, ce qu'en dit Gibbon : «Le libertinage et d'odieuses précautions la garantirent du danger qu'elle courait d'être enceinte. Elle devint cependant mère une fois. L'enfant , sauvé par son père et élevé sous ses yeux en Arabie, apprit de lui, à sa mort, qu'il était fils d'une impératrice. Plein d'ambitieuses espérances et ne soupçonnant aucun danger, le jeune homme se hâta d'arriver à la cour, et il fut admis en présence de sa mère. Comme on ne le revit plus, même après la mort de Theodora, ce fut avec justice que la femme de Justinien fut soupçonnée de l'avoir fait disparaître. •

THEODORA, impératrice romaine qui vivait dans la première moitié du ix» siècle de notre ère. Elle épousa Léon l'Arménien, don tel le obtint, pour des raisons de dévotion, qu'il différât le supplice de Michel le Bègue, condamné, la veille de No8l, k être brûlé dans le fourneau des bains impériaux, et fut pour ce fait épargnée par les assassins de son mari. Conduite d'abord à l'Ile de Protée avec ses quatre fils, dont l'alnë, Constantin, portait depuis plusieurs années le titre d'Auguste, elle eut la douleur de les voir mutiler, puis fut transférée dans l'Ile de Chalcis, vers 823.

THEODORA, impératrice d'Orient, troisième fille de Constantin XI, née en 9S6, morte «n 1056. Habile, intrigante, ambitieuse, elle fomenta, à la mort de son père, une révolte de palais contre son beau-frère, Romain Argyre, dans le but de le faire descendre du trône pour mettre k sa place Prunien, son amant. Mais, trahie, elle fut arrêtée dans ses projets, chassée de la cour et bientôt après reléguée dans un couvent, ou elle resta enfermée et surveillée jusqu'à la fin du règne de Michel Calafate, en 1042. A cette époque, elle sortit tout à coup de sa retraite pour devenir maltresse de l'empire. Elle fut proclamée impératrice avec sa sœur Zoé; mais celle-ci, soit par incapacité, soit par insouciance, laissa à Theodora tout le soin des affaires. On dit que Theodora gouverna d'une façon toute virile ; elle se fit craindre des ennemis de l'empire, qu'elle maintint en paix, choisit des ministres habiles, fit fleurir le commerce et les arts, diminua les impôts. En elle finit la famille de Basile le Macédonien, montée sur le trône en 867.

THÉODOKA DESPUNA, impératrice d'Orient. V. Despcna.

THEODORA, dame romaine, née dans la seconde moitié du ixe siècle. Grâce à sa naissance illustre, à ses immenses richesses, à sa grande beauté, à son esprit d'astuce et d'intrigue, elle se lit un nombre considérable de partisans. Secondée dans son besoin de domination par des amants aussi nombreux que dévoués, elle fut en quelque sorte, pendant trente ans (890-920), la véritable souveraine de Rome, et on la vit disposer de la tiare, qu'elle fit donner, en 9U, k Jean X. On ignore l'époque de sa mort. Elle eut deux filles, qui lurent également célèbres par leur beauté et par leurs galanteries scandaleuses, Marozia (v. ce nom), et Theodora, qui épousa le consul Gratien, fut peut-être la maîtresse de celui qui devint pape sous le nom de Jean X; car on ne sait pas au juste si ce fut la mère ou la fille qui fit donner la tiare à ce pontife.

THÉODORB DE CYRENB, surnommé l'Athie, philosophe grée de la fin du iva siècle av. J.-C. Disciple d'Areté, tille d'Aristippe, le chef de l'école cyrénaïque, il s'attira de nombreux et puissants ennemis par la singularité de ses doctrines et la hardiesse de ses ouvrages. Banni de sa patrie, il se réfugia k Athènes, où il éprouva la sévérité de l'Aréopage, qui le condamna, dit-on, à boire la ciguë. D'autres rapportent qu'il fut sauvé par Démétrius de Phalère. Son livre Sur les dieux lui valut le surnom d'Athée ; mais on sait que ce titre était donné par le peuple à tous ceux qui ne respectaient pas les superstitions du paganisme, et peut-être ne faut- il pas le prendre dans le sens que nous lui donnons aujourd'hui. Ce qui prouve que Théodore n'était point un homme méprisable, c'est l'ambassade dont Ptolémée I" le chargea auprès de Lysimaque, ainsi que la fermeté et la grandeur d âme qu'il lit paraître en cette occasion. «N'es-tu pas, lui dit Lysimaque, ce'lhéodore chassé d'Athènes? — On ne t'a pas trompé, lui répondit le philosophe ; les Athéniens, comme Séméié, qui fut trop faible pour porter Bacchus, n'ont pas eu la force de me garder chez eux. — Je te ferai mourir. — Une cantharide en ferait autant. — Tu seras mis en croix. — Peu m'importe de pourrir en l'air ou dans la terre. — Ne reparais pas devant moi. — Non, à moins que Ptolémée ne me charge d'y paraître encore. « On peut consulter sur lui Diogènede Laërte, Cicéron, Slrubon, Eusèbe, Suidas, etc.

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THÉODORE (sainte), vierge et martyre , décapitée à Alexandrie sous Dioclétien, vers 304. Ayant refusé de sacrifier aux dieux, elle fut conduite devant le juge qui, n'ayant rien pu obtenir d'elle, la fit frapper de verges et ordonna de la conduire dans un lieu infâme pour y ètre'exposée à la brutalité publique. Un chrétien, vêtu en soldat et appelé Diriyme, la suivit aussitôt, la rassura, changea avec elle de vêtements et la fit échapper. Le juge, averti de ce qui s'était passé, condamna Didyme k être décapité. On conduisait ce dernier au supplice, lorsque Théodore accourut, voulut partager sou supplice et eut, en effet, la tête tranchée en même temps que lui. L'Eglise l'honore le 28 avril.

THÉODORB (saint), archevêque de Cantorbéry, né à Tarse ( Cilicie ) en 602, mort en 690. Il fit ses études à Athènes, acquit une connaissance approfondie de la littérature profane et sacrée, puis se rendit k Rome, où il s'enferma dans un cloître. Bien qu'il ne fût point entré dans les ordres, il avait acquis une telle réputation de sagesse et de savoir que le pape Vitalien le nomma, en 668, archevêque de Cantorbéry et primat de la Grande-Bretagne. Après avoir reçu le même jour l'ordre de la prêtrise et la consécration épiscopale, Théodore partit pour l'Angleterre avec l'abbé Adrien et Benoit Biscop, traversa la France, passa l'hiver à Paris, arriva dans son diocèse au commencement de 669 et se mit aussitôt à l'œuvre. Il créa des écoles, propagea les arts et les sciences, rétablit la discipline, présida le concile d'Hetfield (680), qui fixa la doctrine de l'Eglise d'Angleterre sur le mystère de l'incarnation, rendit le siège d'York à saint Wilfrid, exilé en Frise, et composa, sous le titre de Pœuitentiale, des canons destinés à régler le temps des pénitences publiques. Ce recueil a été publié à Paris (1677, 2 vol. in-4«), avec notes. L'Eglise célèbre la fête de saint Théodore ie 19 septembre.

THÉODORB STUDITE (saint), écrivain ecclésiastique , né à Constantinople en 759, mort en 826.11 se sépara de sa femme, Anne, pour embrasser la vie religieuse, devint abbé du monastère deSaccudion (794), refusa d'approuver le divorce de l'empereur Constantin IV (795) et fut exilé k Thessalonique. Rappelé à la mort de son persécuteur (797), il devint abbé de Stude (d où son surnom). Théodore subit, par suite de son caractère rigide, entier et violent, un nouvel exil sous Nicéphore (806) et fut emprisonné par l'empereur iconoclaste Léon V, l'Arménien, qui poussa la cruauté jusqu'à punir sa noble fermeté par de cruelles flagellations. En 824, sous Michel II, il quitta Constantinople et finit par se retirer dans l'Ile de Chalcis. On a de ce saint prélat un grand nombre d'ouvrages de théologie, dont une partie a été publiée par le F. Sirmond (en sree et en latin) dans le tome V de ses Œuvres (Paris, 1696, in-fol.). On y remarque surtout d'excellents discours sur la question des images et contre les iconoclastes. Un grand nombre de lettres qui nous restent de lui sont intéressantes au point de vue de la connaissance des troubles religieux de cette époque. Une édition complète de ses Œuvres a été publiée par l'abbé Migne (Paris, 1860, in-8°).

THÉODORB I«r, pape, né k Jérusalem vers 580, mort à Rome en 649. Il succéda à Jean IV'sur le trône pontifical en 642, écrivit k Paul, patriarche de Constantinople, fiour lui reprocher de favoriser le monothéisme, et, comme le patriarche ne tenait aucun compte de ses avertissements, il le fit déposer dans un concile tenu k Rome (648). En réponse à cette condamnation, Paul interdit les légats du pape de leurs fonctions et persécuta les évêques attachés au parti de Théodore. Ce pontife était doux, charitable et zélé. Martin Ier lui succéda.

THÉODORE II. pape, né à Rome, mort dans la même ville en 898. Elu à la place de Romain le 12 février 898, il ne conserva le siège pontifical que pendant vingt jours. Il rappela les évêques chassés de leurs sièges et rétablit les clercs ordonnés par Forinose. Jean IX lui succéda.

THÉODORE L'ANf.E, empereur grec de Thessalonique. Il régna de 1222k 1230; sa famille était alliée k celle des Comnène. En 1204, il entra au servicede Théodore I" Lascaris, souverain de Nicée, puis il passa en Epire, où son frère Michel s'était créé une principauté, et à la mort de ce dernier (1216) il lui succéda. Théodore conquitalorslaThessalie et la Macédoine, qu'il ajouta k l'Epire. Ayant fait prisonniers Pierre de Courtenay et le légat du pape, qui se rendaient k Constantinople en traversant l'Albanie, il excita contre lui par ce fait une indignation générale en Europe et relâcha le légat pour éviter de voir fondre sur lui une année décroisés (1218). Quant k Courtenay, il venait de mourir en prison. Peu après, Théodore se fit proclamer empereur à Thessalonique (1222), prit Andrinople aux Latins, maîtres de Constantinople, et se rendit jusque sous les remparts de cette ville. Engagé ensuite dans une guerre contre les Bulgares, il tomba entre les mains de leur roi, Asan II (1230), qui lui fit crever les yeux et ne lui rendit la liberté qu'au bout de sept ans. Théodore retourna alors en Epire, enleva le pouvoir à son frère Manuel (1237); mais comme il était

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aveugle, il ne le garda point et fit confértr le titre d'empereur k son fils Jean.

THÉODORE 1er et THÉODORE II 1ASCA- R1S, empereurs de Nicée. V. Lascaris.

THÉODORE (Théodore-Antoine, baron de Nkuhof, plus connu sous le nom de), roi de Corse, né à Metz en 1690, mort à Londres te 11 décembre 1756. Son père, qui possédait une baronnie dans le comté de la Marck ( Westphalie), avait été capitaine des gardes ,de l'évêque de Munster; mais, s'étant marié avec la fille d'un marchand de Visé , il fut obligé de se retirer en France, où la duchesse d'Orléans lui fit obtenir le commandement d'un fort dans le pays Messin. Il mourut en 1695, laissant deux enfants en bas âge, Théodore et une fille nommée Elisabeth. Théodore fut admis très-jeune parmi les pages de la duchesse d'Orléans. Il en sortit n dix-sept ans et entra, en qualité de lieutenant, dans le régiment de la Marck, au service de France. Mais il n'y resta que peu de temps. Son esprit aventureux et son ambition précoce le tirent passer dans l'armée suédoise. Là, il plut à 1 entreprenant ministre de Charles XII, ie baron de Goertz, qui complotait le rétablissement des Stuarts sur le trône d'Angleterre. El l'envoya en Espagne pour s'entendre à ce sujet avec le cardinal Alberoni, que divers motifs portaient k favoriser cette restauration. Théodore réussit dans sa mission secrète, revint se concerter avec le baron de Goertz et fit plusieurs voyages à Londres pour y préparer l'avènement projeté ; mais la trame ayant été découverte par le ministère anglais, Théodore n'eut que le temps de se sauver k La Haye, auprès de l'ambassadeur d'Espagne. Après la fin tragique du comte de Goertz (8 mars 1719), Alberoni le fit venir en Espagne et le chargea de divers travaux diplomatiques; il resta en faveur près du successeur d'Alberoni, le duc de Riperda, qui lui donna un brevet de colonel et lui fit épouser miss Saarsfield, fille de lord Kihnarnock, dame d'honneur de la reine Elisabeth, femme de l'hilippe V. Mais cette femme, laide et acariâtre, ne tarda pas à lui inspirer du dégoût. Après quelques mois de mariage, il quitta nuitamment Madrid, en emportant les bijoux de sa femme. Arrivé à Paris au moment où, près de sa déconfiture, le système de Law attirait encore les spéculateurs, il prit des actions du Mississipi et y perdit ses dernières ressources. En quête de nouvelles aventures, Théodore parcourut divers Etats de l'Europe, contracta un peu partout des dettes importantes et vécut ainsi pendant plusieurs années, fuyant ses créanciers de pays en pays et cherchant à inspirer la confiance à l'aide de litres peu authentiques, tels que celui de chargé d'affuires de l'empereur Charles Vï, qu'il prit en arrivant k Florence (1732). C'est dans cette ville que le hasard le mit en rapport avec les émigrés corses vaincus dans la dernière insurrection. A cette époque, l'insolence des procédés de l'autorité génoise s'était jointe à un redoublement d'injustice qui devait porter ses fruits. Quoique l'île tut ruinée, les Génois exigeaient de la Corse des contributions excessives et lui faisaient subir un joug odieux. De nouvelles séditions ne tardèrent pas à éclater. Au commencement de 1734, les habitants de la paroisse d'Orezza commencèrent les premiers; ils furent suivis par plus des deux tiers des autres paroisses, tant en deçà qu'au delà des monts. Giovan'tiiacomoCaatinetto, homme puissant et accrédité dans le district du Cap- Corse, se mil à la tête de ceux de son pays ; Ginastro, Gentili, Ornuno, Maldini et plusieurs autres furent déclarés chefs des insurgés, chacun dans son district. Jusque-là, il u avait pas été question, de la part des Corses, de se gouverner eux-mêmes; ils avaient bien souvent témoigné de leur haine pour la domination génoise, mais ils avaient paru désirer ardemment que quelque autre puissance voulût les délivrer de ce joug. Au commencement de 1735, les principaux chefs résolurent d'opposer république à république et formèrent le dessein d'établir dans l'Ile une espèce de gouvernement aristocrato-dé,mouratique, sous la protection directe do la vierge Marie. On convoqua k cet effet une assemblée générale des paroisses de l'une et de l'autre partie'de l'île. Chaque communauté y envoya un député, et tous ensemble convinrent de nouvelles lois suivant lesquelles la Corse serait gouvernée à l'avenir. Andréa Ceccaldi, Giacinto Paoli et don Luigi Giafferi furent élus primats du royaume et décorés du titre d'altesses royales. L'acte fut proclamé le 30 janvier 1735 k Corte. Le 17 mars, les lois et statuts des Génois furent brûlés devant le peuple assemblé sur la place publique de Corte. Les commissaires de la république de Gènes se virent chassés de partout. Pendant deux ans, les chefs corses souiinrentla lutte avec vigueur, et rien n'annonçait que Gênes pût réduire la Corse par ses seules forces, lorsque, pensant élever plus haut sans doute leur pays et le mieux mettre en état de se suffire à lui-même, les Corses furent amenés à se donner un roi. Ils jetèrent les yeux sur Théodore, honimo de belles manières, d'un agréable abord, s'exprimant bien en italien et doué d'une vivacité singulière. Voyant en lui un hoinmu hardi, entreprenant, ambitieux et résolu, trèscapable de risquer sa vie pour son ambition, ils le jugèrent propre à assurer l'indépen-

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dance de la Corse. Il leur promit son appui en échange du pouvoir roval que l'on convint de lui conférer. Les chefs des villes principales préparèrent ie$ esprits à cet événement, et le comte Domenico Rivarola, qui était l'agent de la junte corse en Toscane, prit une assez grande part à ces préliminaires. Théodore, après avoir tenu plusieurs conférences à Livourne avec Ortuoni, Rivarola et quelques autres notables corses, parcourut 1 Europe, demandant à toutes les cours où il était connu un secours qu'il n'obtint nulle part. 11 passa à Tunis avec une recommandation pour le consul d'Angleterre. Il vit le bey et en obtint plusieurs audiences intimes, dans lesquelles son éloquence eut un plein succès ; il exposa au bey et à son conseil tous les avantages que le gouvernement de Tunis pourrait tirer d une alliance avec la Corse, où la voix des chefs nationaux l'appelait, lui Théodore, à exercer la puissance royale, et il fit si bien que la régence consentit a lui fournir un secours considérable, consistant en 10 pièces de canon, 4,000 fusils, 10,000 sequins marqués, plus une certaine somme de demi-sequins et de quarts de sequins de Barbarie, 3,000 paires de souliers, 700 sacs de blé et une assez grande quantité de munitions de bouche et de guerre. Théodore aborda le 12 mars 1736 au port d'Aleria, sous pavillon britannique, vêtu d'un long habit écarlate doublé de fourrure, couvert d'une vaste perruque, d'un chapeau retroussé à larges bords, portant au côté une longue épée à l'espagnole et à la main une canne à bec de corbin en guise de sceptre. Les Corses le reçurent comme un libérateur et il fut porté en triomphe au château de Cervione, où il installa sa petite cour. L'.enthousiasme ne connut plus de bornes devant la majesté de sa personne et l'aménité de son accueil, et la consulta générale de la nation, convoquée k Aleria le 15 avril, l'élut unanimement roi de Corse sous le nom de Théodore 1er. A cette occasion fut promulguée une nouvelle charte constitutive de la Corse, délibérée et votée par les représentants du peuple et que le nouveau roi jura solennellement d'observer. Théodore se Ht couronner en grande pompe dans l'église des récollets de Tavagna, nomma aussitôt des secrétaires d'Etat, des gardes, donna des titres de noblesse, fit battre monnaie et fonda un ordre de chevalerie sous le titre d'ordre de la Délivrance. Il notifia son élévation au trône au sénat ds Gènes et se prépara k la lutte. Les premiers ennemis qui se présentèrent, composés d'un ramassis de brigands que Gènes avait attirés, leur promettant complète immunité, furent facilement dispersés. Gènes mit à prix la tête du roi, qui répondit

Far un manifeste déclaratif de guerre; mais argent s'épuisait, les secours promis n'arrivaient pas, et, craignant de voir s'écrouler le trône qui ne reposait que sur sa réputation, Théodore annonça à son peuple qu'il allait presser l'exécution des engagements contractés à son égard, et, le il novembre 1736, il s'embarqua k Aleria, déguisé en abbé. Il échappa aux croisières génoises, arriva à Livourne, de la passa à Rome, k Turin, k Paris,,à Amsterdam. Partout il éveilla une si grande curiosité, qu'il put retirer quelques secours qu'il envoyait dans l'Ile. Alors survint l'intervention française eu Corse, et le peuple croyait que c'était fait de son roi, lorsqu'il parut à la tète d'une flottille de trois bâtiments pourvus do provisions de guerre et de bouche. Il devait ce secours à des négociants d'Amsterdam qui l'avaient tiré des prisons»de cette ville où ses créanciers l'avaient fait enfermer. Il débarqua le 20 septembre 1738 près de Torre-delle-Prunette, où il tint une assemblée sur la plage, en plein air, et où il eut le plaisir d'entendre encore une fois des voix populaires de patres et de pêcheurs crier : Yiva il nostro re Teodoro! Les Français, alliés de la république de Uênes, avaient alors des forces considérables dans l'Ile; mais la résistance reprit le dessus, et, !e 13 décembre 1738, k Borgo, ils éprouvèrent une cruelle défaite, qui prit le nom de Vêpres corses. Des rtnforu furent envoyés de France, et bientôt une proclamation de Boissieu contre Théodore découragea les partisans de celui-ci. Il quitta de nouveau la Corse le 15 octobre, sa rendit à Naples et passa de là encore en Hollande, ne désespérant pas d'y trouver de nouveaux secours pour tenter de là d'engager dans sa querelle l'Angleterre et ies Provinces-Unies. II passa k Londres vers la fin de 1739 et y contracta de nouvelles dettes dans l'intérêt de sa cause. De passage a Livourne, Théodore parvint k intéresser a sa Cause l'amiral anglais Mathewsj, qui lui prêta trois vaisseaux avec lesquels il débarqua à i'Ile-Rousse. 11 publia aussitôt un manifeste ; mais les temps étaient changés, et, devant le froid accueil qui lui fut fait en Balagne, Théodore crut prudent de quitter de nouveau l'Ile. Réfugié finalement à Londres, il y mourut k l'âge de soixantesix ans, après avoir passé cinq années dans une prison pour dettes, où ses créanciers l'avaient fait jeter. 11 en était sorti quelques mois auparavant par les soins d'Horace \Valpole, au moyen d'une souscription ouverte en sa faveur. Il obtint Sa libération prononcée

fiar les juges, qui constatèrent son insolvabiité complète. On l'enterra dans le cimeLière de Sainte-Anne, à Westminster. Dans les sept mois que dura son règne, Théodore avait paru plus occupé de preudre au sérieux son

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titre de roi avec ses pompes extérieures que d'en remplir les devoirs. D'ailleurs, sa nature brillante, mais fausse, courageuse sans persistance et vicieuse sans grandeur, ne pouvait longtemps s'accommoder au milieu des rudes caractères qui l'entouraient. Son nom est cependant resté populaire de l'autre côté des monts, où l'on ne sut jamais de son règne que les récits enthousiastes qui y avaient pénétré, considérablement grossis par l'imagination, et les gens du peuple disent encore : Al tempo del re Teodoro.

Voltaire, dans Candide, a placé Théodore parmi les six rois détrônés avec lesquels Candide et Martin soupèrent à Venise. Les domestiques avaient traité chacun de ces personnages de sire et de majesté. « Tous les domestiques ayant disparu, les six étrangers, Candide et Martin demeurèrent dans un profond silence. Enfin Candide le rompit : « Mes- » sieurs, dit-il, voilà une singulière plaisan- » teriel Pourquoi êtes-vous tous rois? Pour » moi, je vous avoue que ni moi ni Martin » nous ne le sommes. » Cinq de ces rois expliquèrent comme quoi ils l'étaient. II restait un sixième monarque a parler : « Messieurs, » dit-il, je ne suis pas si grand seigneur que « vous; mais enfin j'ai été roi tout comme un » autre. Je suis Théodore; on m'a élu roi en » Corse ; on m'a appelé Votre Majesté, et k » présent à peine m'appelle-t-on monsieur; n j'ai fait frapper de la monnaie et je ne pos- > sède pas un denier; j'ai eu deux secrétaires » d'Etat et j'ai à peine un valet; je me suis » vu sur un trône et j'ai été longtemps en » prison sur la paille. J'ai bien peur d'être » traité de même ici, quoique je sois venu » comme Vos Majestés passer le carnaval à » Venise. »

THÉODORE, empereur d'Abyssinie. V.

Théodoros.

THÉODORE, dit d'Héraclée, prélat grec, mort vers 355. Il fut nommé par Constantin évêque de sa ville natale, devint un des chefs du parti arien, fut un des commissaires envoyés en Egypte par le concile de Tyr pour instruire contre Athanase (336) et présenta, en 342, à Constance la constitution d'Antioche. Il assista, en 347, au concile de Sardes, qu'il quitta avec d'autres prélats ariens pour former le concile de Philippopolis, et, bien que déposé par la première de ces assemblées, il n'en conserva pas moins sou siège épiscopal. C'était un des hommes les plus instruits de son temps. Il avait composé plusieurs ouvrages aujourd'hui perdus, entre autres une Exposition des Evangiles et des Commentaires su?' les Actes des apôtres.

THÉODORE, dit de Mopaueate, théologien hérésiarque, né à Antioche vers 350, mort en 428. Il cultiva dans sa jeunesse les lettres, la philosophie et l'histoire, embrassa la vie monastique sous l'inspiration de saint Jean Chrysostome, fut ordonné prêtre en 382 et combattit avec un grand éclat l'hérésie^ des apollinaristes et celle des ariens. Elu évêque de Mopsueste en 392, il mérita l'estime de Théodose, assista au concile de Constantinople (394), mais tomba bientôt, dit-on, dans les opinions des pêlagiens. Toutefois, il ne se déclara pas ouvertement et il mourut emportant la réputation d'un des plus grands docteurs de l'Orient. Saint Cyrille attaqua sa mémoire, et le cinquième concile œcuménique de Constantinople (553) condamna sa personne et ses écrits. Il avait composé un nombre immense d'ouvrages, dont il ne nous est parvenu qu'un Commentaire sur les psaumes, inséré dans les Catens du Père Cordes ; des Commentaires sur les petits prophètes, publiés dans Scriptorum veierum nova collectio de Maï (1825); quelques Commentaires sur saint Luc (1788) et des Fragments de ses écrits, publiés par Facundus (1619).

THÉODORE, surnommé le Lecteur, parce qu'il en remplit les fonctions dans l'église de Constantinople, historien grec qui vivait uu VI<= siècle. On ne sait rien de sa vie. Il est auteur d'une Histoire de l'Eglise, qui s'étend de la vingtième année du règne de Constantin jusqu'au règne de Julien. Elle a été publiée en grec par Robert Estienne (Paris, 1544), en grec et en latin (Genève, 1612; Paris, 1673), avec les notes de Valois, et traduite en français parle président Cousin, dans son Histoire de l Eglise.

THÉODORE, surnommé Aseidu*, archevêque de Césarée, en Cappadooe. Il vivait au VI» siècle de notre ère et était visiteur d'un monastère en Palestine, lorsqu'il se rendit vers 537 à Constantinople, dans le dessein d'y répandre les doctrines des origénistes. Il acquit un grand crédit auprès de l'empereur Justinien, et surtout de Théodora, et parvint k se faire nommer archevêque de Césarée. Ce fut lui qui poussa, en 546, Justinien à publier un décret condamnant les œuvres de Théodore de Mopsueste, la lettre d'Ibas et l'écrit de Théodoret contre les douze anathèraes de saint Cyrille. Les évêques de l'empire ayant reçu l'ordre de souscrire ce décret sous peine d'être déposés et exilés, il s'ensuivit un trouble profond dans l'Eglise. L'année suivante, le pape Vigile s'étant rendu à Constantinople pourexaniiner l'affaire condamna l'édit impérial dit des trois chapitres par un décret appelé Judicatum (548), sans préjudice toutefois pour l'autorité du concile de Chaicédoine et à condition que personne ne parlerait et n'écrirait plus sur cette questiou.

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Théodore n'en continua pas moins à susciter par ses intrigues de nouveaux troubles dans l'Eglise et fut privé par le pape de 1 episcopat et de la communion catholique. L'archevêque de Césarée répondit à cette condamnation en provoquant des mesures vexatoires contre Vigile, qui se réfugia dans une église a Chalcédoine. Enfin eut lieu, en 563, a Constantinople, un concile reconnu par l'Eglise comme œcuménique et qui confirma solennellement celui de Chalcédoine, en le plaçant au même rang que les quatre premiers conciles généraux. Les doctrines des origénistes y furent solennellement condamnées, et Théodore, qui avait perdu toute son influence de- i puis la mort de Théodora, vécut depuis dans | la retraite.

THÉODORE, dit de Pbnran, évêque de , Pharan, en Arabie. 11 vivait au commencement du vue siècle. On ne sait rien de la vie de ce prélat, qu'on regarde généralement comme le premier auteur du inonothélisme. Ce fut au concile tenu, en 626, k Constantinople qu'il fut pour la première fois question de cette hérésie, laquelle consiste à reconnaître en Jésus-Christ deux natures, mais une seule volonté et une seule opération. Théodore contribua beaucoup moins à l'établir et à'ia propager que Sergius, patriarche de Constantinople, Athanase, patriarche des jacobites, et Cyrus, évêque de Phaside. Parmi les fauteurs de cette hérésie, condamnée par le Concile de Latran en 626, on trouve le pape Honorius. Il est vrai qu'à cette époque l'infaillibilité personnelle du pape n'était pas encore inventée. On ne sait ni où ni à quelle" époque mourut Théodore de Pharan.

THÉODORE (J.), religieux de Saint-Sabas, en Palestine, mort en 833. Le patriarche de Jérusalem l'envoya vers 820 à Constantinople pour rendre témoignage contre la doctrine des iconoclastes. Théodore partit avec son frère Théophane et se présenta avec lui devant l'empereur. Ce prince, ayant vainement essayé de lui faire andonnner son opinion, le lit frapper de verges et l'envoya avec son frère dans une prison du Pont-Euxin. Après la mort de Léon l'Arménien, ils revinrent k Constantinople , où ils opérèrent quelques conversions. Emprisonnés de nouveau sous Michel le Bègue, ils eurent k souffrir de nouvelles persécutions sous l'empereur Théophile qui, par un raffinement de cruauté, leur fit piquer le visage de manière k y graver douze vers ïambiques, puis les envoya en exil.

THÉODORE, métropolitain de Carie. Il vivait au IXe siècle et se rangea d'abord dans le parti de Photius, puis revint k résipiscence, se rendit au concile général de Constantinople (869), demanda k se réconcilier avec l'Eglise, reçut de nouveau le pallium du patriarche Ignace et siégea avec beaucoup de distinction. Toutefois, les légats du pape ne voulurent point prendre sur eux de le rétablir dans ses fonctions de métropolitain de Carie sans l'avis du souverain pontife, et l'on ignore quelle fut la réponse du pape. Théodore était très-versé dans les lettres grecques et arabes. On possède de ce prélat, surnommé Abucaru ou Père de Carie , quarante-deux opuscules contre les mahométans, les juifs et les hérétiques. Ces opuscules ont été publiés par le savant Gretsar (Ingolstadt, 1606, in-4").

THÉODORE (Santabaren), prélat grec, mort vers 912. Il fut élevé au monastère de Stude, k Constantinople, puis se lia intimement avec Photius, qui lui fit donner un évêché. Présenté pur ce dernier k l'empereur Basile vers 878, il capta la confiance de ce prince., qui le garda auprès de lui, s'efforça de faire rétablir Photius sur le siège patriarcal de Constantinople et n'y put réussir, parce que le patriarche Ignace vivait encore, mais parvint toutefois k obtenir que Photius exerçât publiquement ses fonctions épiscopales, bien qu'un concile l'eût déposé. A ta mort d'Ignace, Photius reprit possession du patriarcat et récompensa le zèle que Théodore avait montré pour sa cause en le faisant nommer archevêque d'Euchaïte et protothrone ou évoque du premier siège, dépendant du patriarche. Théodore prit une part des plus actives au concile de Constantinople (879), qui reconnut Photius comme patriarche, et continua k exercer une grande influence sur l'esprit de l'empereur Basile. Ce prince ayant perdu son fils Constantin, Théodore, grâce k un subterfuge, parvint k persuader k cet imbécile souverain qu'un prétendu fantôme, apparu dans une forêt, était l'ombre de son fils qui venait l'embrasser. Le prince Léon, qui devint k la mort de Constantin l'héritier présomptif du trône, ayant manifesté k diverses reprises sa vive antipathie contre Théodore, qu il considérait comme un intrigant abusaut de la faiblesse de sou père, Théodore résolut, dit-on, de le perdre. Il l'engagea, lorsque son père sortirait, k l'accompagner, armé d'un poignard, pour pouvoir le détendre s'il était attaqué; puis il déclara secrètement à Basile que son fils avait résolu d'attenter k sa vie et qu'il profiterait d'une circonstance favorable pour l'assassiner. Basile ayant acquis la preuve que son fils était armé, un jour où il sortit avec lui, crut à la véracité des paroles de Théodore. Il le fit arrêter, jeter en prison et, sans l'intervention du sénat, il l'eût fait mettre à mort. Quelque temps après, Basile s'éteignait, et Léon montait sur le

trône. Ce prince, prétextant un complot tramé par Théodore pour le renverser , ordonna qu'on le frappât de verges, qu'on lui crevât les yeux, puis il l'envoya en Natolie. Par là suite, il le fit revenir k Constantinople, où il lui donna une pension,

THÉODORE (Méliteniote), savant grec. Il vivait au xin» siècle de notre ère. Tout ce qu'on sait de lui, c'est qu'il fut grand sacristuin (sacellaire) de l'Eglise patriarcale do Constantinople. Il a laissé un traité sur l'astronomie en trois livres, dont un manuscrit se trouve a la Bibliothèque nationale de Paris et dont Vossius a publié l'introduction et le premier chapitre sous le titre de : Theodori Meliteniotx,magni sacellarii magnx Ecclesiœ Constantiuopolitanm proœmium in ustronomiam (Paris, 1663, in-<o).

THÉODORE (Jacques), médecin et botaniste allemand. V. Tabkrn^montanuS.

THÉODORE BALSAMON, canoniste grec.

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