‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 560 sur 1042 · VALLISNÉRIE · texte numérisé non relu

VALLISNÉRIE

VALISNÉRIE s. f. (va-li-sné-rl). Bot. V.

VALLISNÉK1E.

VALKENBCRG (Thierry), peintre hollandais, né a Amsterdam en 1675, mort en 1721. Il étudia sous différents maîtres peu connus et, en dernier lieu, sous Jean Weeninx,dont il s'appropria la manière, tout en conservant une certaine originalité. Il avait déjà quelque célébrité lorsqu'il conçut le dessein de se rendre en Italie; mais l'accueil enthousiaste qu'il reçut k Vienne l'y fit renoncer, et il revint quelque temps après dans sa ville natale, où il eut différents travaux k exécuter pour Guillaume III, roi d'Angleterre. A la mort de ce prince, le roi de Prusse voulut l'attirer k sa- cour; mais l'artiste repoussa cette offre, par condescendance pour sa femme, à laquelle il était uni depuis peu et «jui devait bientôt remplir sa vie d'amertume. tJe fut pour chercher une distraction à ses chagrins domestiques qu'il partit pour Surinam ; mais sa santé ne put se faire au climat brûlant de cette iie, et il revint dans su patrie, où il mourut dans la force de l'â.,e et du talent. Valkenburg excellait surtout dans les tableaux ne nature morte, et l'on cite comme de véritables chefs-d'œuvre en ce genre ses toiles représentant un Lièvre mort; des Oiseaux morts, avec quelques attributs de chasse; Chat tenant un coq sous ses pattes, etc. II jouissait aussi d'une certaine réputation comme peintre de portrait, et ses figures se distinguaient par la vivacité et lu naturel du coloris, la vérité de la ressemblance et la vigueur de la touche.

VALK.I, ville do la Russie d'Europe, dans la gouvernement et à 48 kilom. S.-O. de Kharkow, eh.-l. du cercle de son nom, sur la

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TATjti ; 9,700 hab. Commerce de céréales et de bestiaux,

VALKI RIES, déesses de la mythologie Scandinave. V. Walkykirs.

VALLA (la.), bourg et commune de France (Loire), canton de Saint-Chamond, àrrond. et à 20 kilom. de Saint-Etienne, sur un contre-fort du mont Pila; pop. aggl., 512 hab. — pop. tôt., 2,128 hab. Ruines du vieux château de Thoil.

VALLA (Laurent), savant philologue du xve siècle, né à Rome en 1406, mort à Naples en 1457. Il fut un de ceux qui, avec le Pogge, contribuèrent le plus à la restauration des lettres. I! professa l'éloquence à Pavie, puis à Milan, k Gênes, à Florence, suivit Alphonse V d'Aragon dans toutes ses expéditions en Italie (1435-1442), revint k Rome en 1443 et acheva un ouvrage trèsremarquable, De falso crédita et ementita Constantini donations libellus , où il réduisit à néant le document apocryphe de la prétendue donation de Constantin, sur lequel les papes appuyaient leurs prétentions à la domination temporelle. Menacé de poursuites, il s'enfuit k Barcelone, puis revint à Naples, où Alphonse l'accueillit avec bonté* et le choisit pour son historiographe. Sous le pape Nicolas V (-1447), il fut rappelé à Rome et nommé secrétaire apostolique et chanoine de Saint-Jean-de-Latran. Mêlé k toutes les polémiques littéraires de son temps, il ne se montra pas moins acerbe et agressif que ses adversaires.- C'est surtout avec " le Pogge qu'il eut une de ces interminables luttes qui étaient le scandale des lettres à cette époque, et où les injures tenaient le plus souvent lieu d'arguments. Bien que Valla ait rendu d'éminents services à son siècle par de nombreuses versions d'auteurs grecs, c'est surtout comme latiniste qu'il acquit une immense célébrité. Son ouvrage le plus fameux est son traité des Elégances de la langue latine (Venise, 147 1), qui se répandit rapidement dans toutes les écoles et qui fut, pour ainsi dire, le code de l'enseignement pendant la plus grande partie du xvie siècle. Ce travail, qui a été dépaisé' depuis, n'en atteste pas moins une grande sagacité de recherches et un rare discernement. Les Œuvres de cet écrivain ont été publiées k Bàle (1543). Outre les écrits que nous avons mentionnés, on remarque dans ce recueil : De libero arbitrio; Anlidoti in Poggium libri IV; De dialectica libri III ; Commentarium in Sallustium ; ffistoriarum Ferdinandiregis Aragoniés libri III ; Calomnia theologica L. Vallss olim Neapoli intentata; Emendationes in Livium de Bello punico; Facetise morales seu JEsopus translaius, ouvrage traduit en français par G. Tardif sous les titres A' Apologues et fables de £. Valla (Paris, 1490, in-fol.) et de Menus propos fabuleux (Paris, 1542, in-8g),etc. La plupart de ces ouvrages avaient déjà été publiés à part.

VALLA (Georges), médecin, littérateur et physicien italien, né k Plaisance vers 1430, mort k Venise en 1500. Il étudia la langue et la littérature grecque sous Andronic et professa successivement k Milan, à Pavie et à Venise. Il fit faire un grand pas k la médecine en traduisant plusieurs ouvrages grecs et en composant lui-même plusieurs écrits sur cette science. Parmi les principaux, nous citerons les suivants : Universse médicinal, ex Grsecis potissimum. contracta , libri sep tem (Venise, 1501, in-fol.); Interpretatio laiina Alexandri Aphrodisei de febrium causis et difj'erentiis (Lyon, 1506, in-S») ; De humaui corporis partibus opusculum (Bàle , 1527, in-8°); Rhazis de pestilentia liber grmee interpretatus (Bàle, 1529, in-8») ; De simpticium natura liber unus (Strasbourg, 1525, in-8°) ; De universi corporis purgalione (Strasbourg, 1529, in-8°), etc.

Valla n'était pas seulement un humaniste et un médecin distingué. Versé dans toutes les sciences naturelles; il rendit d'importants services par ses traductions du quatorzième livre d'Euclideet de son Introduction harmonique, des ouvrages de Proclus Sur la sphère, deNicéphore Sur l'astrolabe, d'Aristarque de Samos Sur les grandeurs et distances du soleil et de la lune, d'Aristote Sur le ciel, il avait composé, sous ce titre: De rébus expetendis ac fugiendis, une sorte d'encyclopédie comprenant l'arithmétique en trois livres, la musique en cinq, la géométrie en six, l'astronomie et l'astrologie médicale en quatre. Cet ouvrage n'a vu le jour qu'après sa mort, -en 1501.

VALLA (Nicolas), jurisconsulte français du xvie siècle. Conseiller 'successivement aux parlements de Paris et de Rennes, il laissa, sous ce titre : De rébus dubiis et quxstionibus in jure controversis tractatus viginti, un ouvrage qui a joui longtemps d'un grand crédit en matière de jurisprudence. La cinquième édition fut publiée à Arnheim en 1638.

VALLA (Joseph), théologien français, né à L'Hôpital (Forez), mort k Dijon en 1790. Entré dans .la congrégation Ue l'Oratoire , il professa les humanités àSoissons et à Lyon. Il a publié, dans cette dernière ville, Instiiutiones philosophics (1782, 5 vol. in-12), livre connu sous le nom de Philosophie de Lyon, et qui est resté classique jusque dans ces derniers temps. Dans les éditions subséquentes, on y a corrigé certains passages un peu entachés de jansénisme. On doit encore

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au Père Valla, en société avec Tabaraud et Charrier de La Roche : Institutiones théologies (Lugduni, 1784, 6 vol. in-12).

VALLADARES Y SAAVEDRA (Ramon), littérateur espagnol, né k Algesiras, province de Cadix, en 1824. Il étudia le droit, exerça quelque temps la profession d'avocat, obtint ensuite un emploi à la direction générale des contributions, puis une chaire de littérature à l'Académie de musique et de déclamation de Madrid et y- renonça plus tard pour devenir consul d'Espagne k Naples. On a de lui : Notions sur l'histoire du théâtre espagnol; De l'abolition de la peine de mort en matière politique; Légendes populaires en prose et en vers; des comédies, telles que : la Reine Sibylle; Perdre son temps; l'Ame en peine; plusieurs drames, entre autres : Un fidèle pour un traître; les Jugements de Dieu; le Miroir de la faveur ; l'Amour à l'épreuve; le Cœur d'un père ; Martin le garde- cote ; Gonzalo le Bâtard ;Y Indépendance espagnole, etc. Il a, en outre, été rédacteur en chef de plusieurs journaux littéraires.

VALLADIER (André), littérateur et théologien français, né k Saint-Paul, près de Moritbrison, vers 1565, mort à Metz en 1638. Entré chez les jésuites, il enseigna k Avignon les humanités et la rhétorique. Sa réputation comme prédicateur ayant excité la jalousie de ses collègues, il quitta Avignon et prêcha pendant quelque temps à Moulins. Lesjésuites, on ne sait pour quelle cause, lui avaient voué une haine implacable. Henri IV avait mandé Valladier pour lui confier la rédaction des annales de son règne. On cacha au prélat l'ordre du roi, et les persécutions devinrent telles qu'il rompit avec son ordre. Nommé en 1608 prédicateur du roi, puis chanoine de Metz et abbé de Saint-Arnould, un procès avec le cardinal de La Rochefoucauld, au sujet de cette dernière dignité, lui attira de nouveaux désagréments, qu'il esquiva par la fuite; et quand, en 1621, il rentra en possession de son abbaye, il y trouva les bénédictins de Saint- Vanne installés par ordre du prince de Vaudemont. On cite , parmi les écrits de Valladier : Spéculum sapientis matronalis (Paris, 1604, in-4°) ; le Pontife chrétien (Paris, 1612, in-8°); la Sainte philosophie de l'âme (Paris, 1613, in-8°) ; la Tyrannomanie étrangère (Paris,' 1626, in-40); les Saintes montagnes et collines d'Orval et de Clairnaux, panégyrique du Père Bernard de Montgaillard, fameux ligueur (1629, in-4").

VALLADOLID,la Pintia des Romains, ville d'Espagne, ch.-l. de la province de son nom, k 154 kilom. N. de Madrid, au confluent de la Pisuerga et de L'Esgueva et près du canal de la Castille, par 41» 39' de latit. N. et 70 2' de longit. O. ; 57,400 hab. Siège d'un archevêché érigé en 1857 ; résidence du gouverneur et des autorités civiles et militaires de la province. Université fondée en 1348 et célèbre par ses études de droit; cour d'appel ; école des beaux-arts ; école d'artillerie ; place de garnison. Bibliothèque publique, très-riche en manuscrits précieux et éditions anciennes; huit collèges. Valiadolid était autrefois une ville opulente par son industrie et par son commerce, aujourd'hui bien déchus; on y trouve encore quelques fabriques de lainages, chapellerie, soieries, toiles, coton, papiers, liqueurs, poterie et parfumerie. Le commerce actuel consiste presque entièrement dans le trafic des objets de consommation locale. Cette ville est très-grande, eu égard à sa population ; son enceinte murée est percée de six portes; ses rues sont, en général, régulières et larges, mais mal entretenues. L'affluence considérable des étudiants,le passage continuel des voyageurs et des négociants qui se rendent k Madrid lui donnent cependant un vif aspect d'activité.

Valiadolid est une ville très-ancienne, bâtie sur les ruines d'une cité romaine, dont on retrouve encore fréquemment des vestiges aux environs. Sa position septentrionale, en la garantissant de toute tentative de la part des Maures, la fit choisir comme Gapitale de l'Espagne. C'est à Valiadolid qu'eut lieu le mariage de Ferdinand et d'Isabelle, a l'occasion duquel furent célébrées des t'êtes dont les chroniques nous ont laissé le souvenir. Christophe Colomb mourut dans la même ville en 1506; Philippe II y naquit en 1627. Valiadolid conserva le titre de capitale et fut le séjour préféré de la royauté jusqu'au jour où Philippe II en transféra définitivement le siège k Madrid. Un instant, Philippe III retourna à Valiadolid et y fut suivi par les grandes administrations de l'Etat; mais, k l'avènement de Philippe IV, la cour retourna k Madrid, qui n'a pas cessé, depuis cette époque, d'être le centre du gouvernement espagnol. En 1808, Valiadolid fut une des premières villes de l'Espagne qui tentèrent d'opposer une résistance obstinée à l'occupation française. Don Miguel de. Cevallo y fut égorgé par la populace, qui força ensuite le général don Gregorio de La Ouesta de la conduire contre l'armée française. Les défenseurs de Valiadolid furent défaits au pont de Cabezon le 12 juin 1808, et la ville tomba au pouvoir des Français. Lorsque Napoléon 1er passa les Pyrénées pour consolider sa domination en Espagne, il tint son quartier général k Valiadolid, pendant le mois de janvier

— Monuments. La cathédrale de Valiadolid, restée inachevée, fut commencée sous Phi-

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lippe II, en 1585, par le célèbre Juan de Herrera. Elle devait, dans la pensée de son fondateur, constituer un monument unique dans la chrétienté et avec lequel Saint-Pierre de Rome pût rivaliser seul. Mais la mort de Philippe II interrompit les travaux et ne-permit pas à Herrera de donner k son œuvre les proportions qu'il avait projetées. La façade de l'édifice se compose de deux corps d'ordre dorique. L'intérieur , d'une simplicité non moins grande, mais imposant, contient plusieurs chapelles remarquables, entre autres celle où se trouve le tombeau du comte Pedro Ansurez, seigneur de Valiadolid. Ce tombeau est surmonté d'une urne funéraire, sur laquelle s'appuie la statue du comte. Le chœur de l'église, ou silleria, contient les stalles de l'ancienne collégiale et celles qui proviennent du couvent, aujourd'hui détruit, de San-Publo. Ces dernières ont été exécutées sur les dessins d'Herrera, architecte de la cathédrale. Parmi les peintures qui ornent l'édifice, il faut citer V Assomption de Zacharias Velazquez, qui surmonte le maître-autel ; un tableau de l'école florentine, représentant le Crucifiement, et une Transfiguration do Luca Giordano. L'ancien cloître, qui correspondait avec la cathédrale, est encore debout; il est conçu dans le style dorique, comme la basilique. Il en est de même des archives, où l'on conserve encore les plans primitifs et un modèle complet, en bois, de la cathédrale, telle que Juan de Herrera s'était proposé de l'édifier. Le trésor de la cathédrale, un des plus riches de l'Espagne, grâce aux fréquentes libéralités des souverains qui résidèrent dans cette ville, possède, entre autres chefs-d'œuvre, un tabernacle ou custodia d'argent massif. Ce tabernacle, ciselé par Juan d'Arfe en 1590, pèse 282 marcs, soit 63kil,196, et mesure 2 mètres de hauteur. Sa face principale représente Adam et Eve dans le paradis terrestre. Il est promené chaque année pendant la procession de la Fête- Dieu.

Le principal monument de Valiadolid, après la cathédrale, est le palacîo Real, ancienne résidence des rois d'Espagne. Cet édifice est plus remarquable par les souvenirs qu'il évoque que par son extérieur architectural, assez médiocre. Agrandi au commencement du xvtie siècle par Philippe III, il fut aménagé, s'ous le règne d'Isabelle II, pour servir de résidence à l'infant don François de Paule. Le patio, ou cour intérieure du palais, est entouré d'une suite de bas-reliefs de Berruguete, représentant toute la série des empereurs romains. Un escalier monuments! conduit aux galeries supérieures, dont la magnificence contraste avec l'apparence extérieure du palais. C'est dans le palacioReal que demeura Napoléon lors de son passage en Espagne.

Quelques églises de Valiadolid méritent également une mention spéciale. L'église Santa-Maria-de-las-Augustias, dont la construction remonte k 1604, présente une façade d'ordre corinthien, sur laquelle se détachent les statues de Saini Pierre et de Saint Paul et celle de la Piété. On remarque k l'intérieur une Mater Dglorosa, qui passe pour un des chefs-d'œuvre de Jean de Juni. L'église de la Magdalena, construite eu 1570 par l'architecte Rodrigo Gil , est un édifice gothique, dont la façade porte encore les armoiries de son fondateur, Pedro de Gasca, évoque de Palencia. On y remarque un retable d'ordre corinthien, du à Esteban Jordan. L'église San-Lorenzo possède un vieux et intéressant tableau historique, représentant la procession qui eut lieu sous Philippe III à l'occasion de la réception de la Vierge aux cires ( Virgen de las candelas) de Hernandez. L'église de l'Antigua, une des plus anciennes de PÊspagne, surmontée d'une tour romane, remonte au xie siècle. Son retable, œuvre de Jean de Juni, est un des meilleurs ouvrages de sculpture sortis des mains de cet artiste. L'église San-Miguel, ancienne église des jésuites, est un édifice d'ordre corinthien, k nef spacieuse, et possède un beau retable de Jordan, dont les figures représentent la Nativité et la Circoncision. L'église de las Huelgas contient le mausolée en albâtre de la reine Maria de Molina, femme de don Sanche le Brave. Mentionnons encore le retable de l'église de las Descalzas-Reales, enrichi de peintures de Carducci et de Mathias Blasco; le clocher en brique et le portail de San-Salvador; un bon tableau du xnie siècle, re- présentant une Vierge, conservé dans l'église de Saint-Martin; enfin, dans l'église de la Cruz, dont on attribue la construction à Herrera, plusieurs groupes de sculpture remarquables, œuvre de Hernandez, et trois grands tableaux représentant la Passion.

Valiadolid renferme bien d'autres édifices. L'ancien couvent des dominicains de San- Pablo, dont les bâtiments, aujourd'hui mutilés, ont longtemps servi de lieu de réunion aux cortès; la façade gothique, heureusement conservée intacte, présente un portail tellement surchargé de détails de sculpture, que sa vue a arraché k Antonio Pons, auteur d'un Voyage en Espagne, cette phrase : « Il faut voir ce portail pour croire qu'il y ait eu des hommes assez patients pour terminer une pareille entreprise. » L'église du couvent de San-Pablo contenait autrefois le tombeau du célèbre cardinal-duc de Lerme. Ce tombeau est aujourd'hui au musée de la ville. Un grand nombre d'autres richesses artistiques,

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qui faisaient jadis de ce couvent un des plus beaux édifices de l'Espagne, ont été dispersées lors de la guerre de 1808. La façade du collège dominicuin de San-Gregorio, fondé en 1488 par Atonzo de Burgos.évêque de Palencia, du même style que celle de San-Pabto, n'est pas d'une richesse moindre ; mais, comme San-Pablo, l'édifice est aujourd'hui abandonné et presque en ruine. Citons encore l'ancien palais de l'inquisition, occupé par l'audiencia; la casa de la Miserieordia, maison de refuge fondée par Diego-Valentin Diaz, peintre célèbre, pour les jeunes orphelins; on y remarque un beau retable orné de peintures par le fondateur; l'hôpital de la Résurrection ; il possède une Vierije au scaputaire, sculptée par Hernandez, et une Résurrection, par Pantoja. La chapelle de Puerta-Cceli, fondée par Rodrigo Calderon, favori du duc de Lerme, et le couvent des Augustins s'élèvent à côté de l'hôpital. Une caserne occupe les bâtiments de l'ancien couvent des Carmélites, transformé en hôpital à l'époque de l'invasion française. Une autre caserne occupe la casa del Sol, ancienne habitation de Diego Sarmiento de Actina, dont la façade présente un beau portail sculpté. Enfin, l'ancien palais des amiraux de Castille est aujourd'hui le palais de la députation provinciale. La maison où mourut Colomb existe encore ; elle est située au n» 7 de la rue qui a reçu, depuis cette époque, le nom de l'illustre navigateur.

Les deux principales places d$ Valladolid sont la plaza Mayor et la plaza Campo- Grande. La première, ouverte sous Plii- Jippe II, entourée de constructions uniformes, à arcades portées par des colonnes de granit de 3 mètres de hauteur, a servi de modèle à la pince de Madrid. La plaza Mayor, autrefois théâtre des combats de taureaux et des exécutions capitales, vit en 1453 tomber la tête de don Alvaro de Luna, grand connétable d'Espagne et ancien favori.de Juan II; c'est sur cette même place qu'eut lieu, sous Philippe II, en 1559, un des plus épouvantables auto-da-fë dont l'histoire nous ait transmis le souvenir. La plaza Campo-Grande servit aussi plus d'une fois de théâtre aux autoda-fé ; mais, au temps de la splendeur de Valladolid, c'était sur cette place qu'étaient célébrées les joutes et les fêtes royales. Valladolid possède encore diverses autres promenades: l'Espolon, le prado de la Magdalena, le pa»eo de los Recoletos et celui de la fontaine du Salut. L'université, fondée en 1346, et où l'étude du droit fut jadis enseignée avec éclat, est, aujourd'hui encore, considérée comme la troisième de l'Espagne; elle possède une chapelle assez remarquable et une grande salle dite Sala del Glausiro, où se trouve ufle galerie de tous les souverains d'Espagne depuis Philippe V. La bibliothèque est riche de 12,000 volumes environ. La bibliothèque provinciale en possède 14,000, sans compter les manuscrits et une intéressante collection de médailles ; elle occupe, ainsi que le musée, les bâtiments de l'ancien colegio mayor de Sunta-Cruz, fondé en 1694, bel édifice dans le style de la Renaissance et dont le portail est surmonté de l'image du fondateur agenouillé devant la Vierge. Le musée comprend treize salles, dix réservées à la peinture , trois réservées à la sculpture. Parmi les tableaux, les plus remarquables sont dus à Vicente Carducei, à Ruhens, à Arsenio-Mascagni de Florence et à Cardenas, peintre portugais; il y a aussi un Saint Joa- "uin et un hnfant, attribués à Murillo; un iaint Bruno, par Zurbaran, et une Sainte Famille qui passe pour le chef-d'œuvre de Diego Diaz. Parmi les sculptures, il faut citer plusieurs statues par Hernandez, des bas-reliefs de Leone Leoni, un Saint Bruno colossal, par Berrugnete , et quelques fragments de l'œuvre de Jean rie Juni. Valladolid possède deux théâtres : le Grand-Théâtre, de construction récente, qui peut contenir 2,500 spectateurs, et le théâtre de Lope, qui contiens l,aoo places.

VALLADOLID (province de). La province de Valladolid, division administrative de l'Espagne, formée d'une partie de la Vieille- Castille, est limitée au N. par la province de Léon, au N.-E. par celle de Palencia, à l'E. par celles de Burgos et de Segovie, au S. par celle d'Avila, à l'O. par celles de Salamanque et deZamora. Superficie, 8,340 kilom. carrés; 255,116 hab. Le territoire est gôné- ' ralement plat, excepté près des limites de Léon et de Zuinora, où il est accidenté par quelques ramifications des monts Ûantabres. Les principaux cours d'eau qui l'arrosent sont : le Douro, la Pisuerga, le Seguillo et le Zapardïel. Le sol, assez fertile, mais mal cultivé, produit des grains, un peu de vin, du lin, du chanvre, du sumac, de la garance, de la soie et de l'huile. Elève considérable de moutons, chèvres, mulets, ânes, bêtes à cornes; éducation d'abeilles. On y trouve quelques sources thermales et on y exploite quelques carrières de pierre à bâtir. Le commerce de la province a surtout pour objet le trafic des bestiaux et des laines.

VALLADOLID, ville du Mexique, chef-lieu de f tëiat de Mechoacan, à 192 kilom. N.-O. de Mexico, pur 19" 42' de latit. N. et 103° 12' de longit. O., 25,200 hab. Evêché, séminaire, collège. Climat doux et agréabie. Cette ville est bien bâtie et approvisionnée d'eau par de beaux aqueducs. On y remarque une belle

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cathédrale. Patrie d'Auguste Iturbide, proclamé empereur du Mexique en 1822 et fusillé en 1824. On nomme quelquefois cette ville Morelia.

VALLADOLID, ville du Honduras. V. Co-

MAYAGUA.

VALLAGE, petit pays de l'ancienne France, > dans la ci-devant province de Champagne. Il avait pour localités principales : Joinville, Bar-sur-Aube et Vassy. Il est aujourd'hui réparti entre les quatre départements de la Marne, de la Haute-Marne, de l'Aube et de la Meuse.

VALLAIRE adj. (val-lè-re — lat. vallaris1 de vallum, retranchement). Antiq. rora. Se disait d'une couronne qu'on donnait à celui ■ qui avait le premier franchi les retranchements ennemis.

VALLANCEY (Charles), écrivain anglais, mort dans les premières années du xix° siècle. Il descendait d'une famille française que les persécutions religieuses avaient forcée de chercher un asile en Angleterre, et fit ses études à Eton, où il se lia avec le marquis Townshend, qui, ayant été nommé vice-roi d'Irlande, l'appela auprès de lui en qualité d'ingénieur eu chef de cette contrée. Vallancey s'éprit d'un bel amour pour la langue et les antiquités irlandaises, dont il fit une étude approfondie. Après avoir publié, en 1773, une Grammaire de la langue hibernoceltique, il entreprit, l'année suivante, la publication d'un recueil périodique intitulé Collectanea de rébus hibernicis, qui obtint d'abord beaucoup de succès ; mais Vallancey, qui ne faisait pas facilement l'abandon des opinions, quelquefois fort étranges, qu'il professait en archéologie et en étymologie, ne tarda pas à rompre avec les collaborateurs qu'il s'était adjoints et demeura seul pour continuer les Collectanea, qu'il fit paraître cependant jusqu'en ISOi. Us forment un recueil de six volumes in-8° et sont fort recherchés aujourd'hui. Vallancey s'était figuré avoir retrouvé dans la langue irlandaise des mots hébreux et carthaginois, et il avait adopté ce point de départ pour forger un système étymologique qui ne tendait à rien moins qu'à faire de l'irlandais la langue la plus ancienne de l'univers.

' VALLANGIN, village de Suisse. V. VÂ-

LENGIÏ*.

VALLAPERTA (Joseph), compositeur italien, né à Melzo, près de Milan, en 1755, mort en 1829. 11 ne dut son talent qu'à la nature et à son travail particulier, fut d'abord professeur de clavecin à Venise et, après avoir habité quelque temps l'Allemagne, devint, en 1793, maître de chapelle à Acquila, dans les Abruzzes. Il revint, en 1803, se fixer à Milan, où il résida jusqu'à sa mort. Nous citerons, parmi ses compositions, plusieurs Concertos, trois Oratorios estimés, savoir : Ezechia, Il Trionfo de Davide et 11 Voto di Jefte; trois Requiem, six Miserere, un assez grand nombre de morceaux de musique d'église, etc.

VALLARA (François), musicographe italien, né à Parme vers 1670, mort au couvent des carmes de Mantoue, dans lequel s'était écoulée la plus grande partie de sa vie, vers 1730. On a de lui : Scuola corale nella quale s'insegnano i fondamenti piu necessarii alla vera cognizione del canlo gregoriano (Modène, 1707, in-4°); Primizie di canto ferma (Modène, 1713, in-4"); Trattato teorico-pratieo del canto gregoriano (Parme, 1721, in-4°).

VALLARIDB s. f. (val-la-ri-de - dir> lat. vallaris, des vallées). Bot. Genre d'arbrisseaux grimpants, de la famille des apocynées, tribu des échitéos, comprenant quatre espèces, qui croissent dans l'Inde.

VALLARS1 (Domenico), antiquaire et littérateur italien, né à Vérone en 1702, mort dans la même ville en 1771. Entré chez les jésuites, il s'adonna spécialement à l'étude du grec, de l'hébreu- et de l'histoire ecclésiastique. Il alla exercer à Rome les fonctions de reviseur pour les langues orientales et revint terminer ses jours dans sa ville natale. On a de lui : la ïtealta e leltura délie sacre antiche iscrizioni scella cassa di piombo contenente le reliquie de' SS. Ferma e Rustico (Vérone, 1763, in-4<>). Vallarsi a, en outre, publié des éditions de saint Jérôme, de Rutin, et collaboré à l'édition de saint Hilaire de 1730 (Vérone, 2 vol. tn-fol.).

VALLATA, bourg du royaume d'Italie, province de la Principauté Citérieure, district d'Arcano, mandement de Castel-Boronia; 3,604 hab.

VALLAURI (Thomas), philologue italien, né à Chiusa-di-Cuneo (Piémont) en 1805. 11 commença ses études kMondovi et les acheva à l'université de Turin, où ileut pour maîtres de littératures grecque et latine Boucheron et Biamonti. Nommé, très-jeune encore, professeur de rhétorique, il fut agrégé à la Faculté des sciences et lettres en 1833. Cinq ans plus tard, il devint professeur suppléant d'éloquence grecque et latine à la même faculté de Turin et titulaire en 1843. En 1849, il fut appelé à faire partie du conseil de l'université, ainsi que de la commission des écoles secondaires du royaume d'Italie; il est en outre, depuis 1841, membre de la commission pour l'étude de l'histoire nationale. Vallauri avait commencé, dès 1841, une série

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de publications qui ont trait pour la plupart à la littérature italienne ou latine, entre autres : Histoire de la poésie en Piémont (Turin, 1841, 2 vol.); Des sociétés littéraires du Piémont (Turin, 1844) ; Bistoire des universités du Piémont (Turin, 1846, 3 vol.); une édition répandue du Dictionnaire latin-italien de Bazzoni (Turin, 1850-1854); un Dictionnaire latin-italien à l'usage clés élèves, etc. C'est comme latiniste que M. Vallauri est surtout estimé; son Histoire de la littérature latine (Turin, 1849; 7e édit., 1868) est généralement considérée comme une œuvra hors ligne. Il a publié, en outre : Fasti rerum gestarum a rege Carlo Alberto (Turin, 1843); Fastes de la maison royale de Savoie (Turin, 1845-1846); le Cavalier Mariai en Piémont (1847); un recueil de ses Discours (1852); Nouvelles (1868, 4e édit.), etc.

VALLAUB1S, bourg et commune de France (Alpes-Maritimes), cant. d'Antibes, arrond. et à .18 kilom. S.-E. do Grasse, dans une fertile vallée, au-dessus du golfe Jouan; pop. aggl., 2,594 hab. — pop. tôt., 3,016 hab. Nombreuses et importantes fabriques de poteries communes; moulins; mine de manganèse. Ce village, entouré de beaux jardins plantés de citronniers et d'orangers, renferme Se nombreux débris de constructions romaines. Dans une muraille, à l'un des angles de la place principale, on voit une inscription trouvée au bord du golfe Jouan et qui mentionne la réparation de la voie Aurélienne par Tibère; l'église paroissiale renferme une pierre portant une inscription romaine où il est parlé de Constantin. Restes des murs et des tours de l'enceinte du village.

VALLE (Jérôme), dit Gcrolanio Pndo-vnuo'

poète italien, né à Padoue dans la première moitié du xv° siècle, mort après 1457. On n'a aucun détail sur sa vie. Les seuls écrits que l'on connaisse de lui sont un poème sur la passion de Jésus-Christ, intitulé Jesuida, qui a été publié pour la première fois à Leipzig en 1510, et une pièce de vers latins, De amoribus ad Helysiam puellam, qu'Ovide n'eût pas désavouée.

VALLE (Niccolo della), Valu en latin, poète italien, né a Rome en 1451, mort en 1473. Bien que surpris par la mort à peine au début dé la vie, il était déjà docteur en droit et chanoine de l'église Saint-Pierre, à Rome, et laissa des traductions en ver.s latins des Opéra et dies d'Hésiode (Bàle, 1518, in-4°) et de fragments da Vlliade, qui forment environ la moitié de ce poème (1474, iiî-40).

VÀLLE (Pietro della), surnommé il Poliegrino, célèbre voyageur italien, né à Rome en 1586, mort en 1652. Possesseur d'une fortune considérable, il s'occupa de littérature dans sa jeunesse, et ses poésies le firent recevoir membre de l'Académie des Umoristi. Il s'engagea vers 1610 dans la marine et fît, en 1611, sur une flotte espagnole, une croisade sur les côtes de la Barbarie. Un amour malheureux lui ayant inspiré le désir de visiter la terre sainte, il prit à Naples l'habit , de pèlerin, s'embarqua a Venise en 1614 et ne cessa de voyager jusqu'en 1626. Pendant ce laps de temps, il visita Constantinople, Rhodes, Alexandrie, Le Caire, Alep, Bagdad, où il épousa une belle Géorgienne, Giocrida Maani, et se rendit ensuite en Perse, où il reçut la meilleur, accueil de 'Sehah-Abbas. Il demeura dans cette contrée six années (1017- 1623), pendant lesquelles il suivit le roi à Ispahan,4ans les provinces do la mer Caspienne et dans l'Aderbaidjan; il servit aussi dans une guerre entre ht Perse et la Turquie et réussit à apporter quelque amélioration au sort des chrétiens en Perse. Au commencement de 1623, il rit voile de Gambroun à Surate, séjourna dans l'Inde jusqu'à la fin do l'année 1624, revint par Mascate à Bassora, traversa le désert d'Alep et, après s'être encore arrêté à Chypre, à Malto, en Sicile et à Naples, arriva» Rome le 28 mars 1626. Etant devenu veuf, il se remaria avec une des parentes de sa femme, Géorgienne comme elle, qui l'avait accompagné dans ses voyages. Lo pape Urbain VIU, auquel il présenta un mémoire sur la situation de laGéorgie, le nomma gentilhomme honoraire de sa chambre. Ce fut à cette- époque qu'il écrivit la relation de ses voyages (Rome, 1650, i vol.; 1662, nouvelle édition complétée par un grand nombre de lettres ; trad. en français, Paris, 1745). M. Fétis mentionne aussi, parmi leséerits,dePiotro délia Valle, une dissertation, intitulée De la musique de, notre époque, qui a été insérée dans le tome II des Œuvres de J,-ti. Doni et qui renferma des détails intéressants sur l'histoire de la musique au xvi* et au xviie siècle.

VALLE (Guglielmo della), historien italien, né à Sienne vers 1740, mort dans la même ville en 1794. Entré chez les cordeliers, il consacra sa vie presque entière h la composition de ses Lettere sanesi sopra le belle arti (Venise et Rome, 1782-17S6, 3 vol. in-40). Il a, en outre, édité les Vite de' pittori de Vasari (Sienne, 1791) et les Memorie storiche (Naples, 1785, in-8<>) du Père Jean-Baptiste Martini, dont il" était l'ami et dont il avait aussi écrit l'éloge (Bologne, 1784, in-4°). Brunet le regarde comme l'auteur anonyme de l'ouvrage intitulé- Sloria del duomo di Orvieto (Rome, 179 1, in-4o).

VALLÉCULE s. f. (val-lé-ku-le — dimin. ,

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de vallée). Bot. Intervalle qui sépare les côtes dans los fruits des ombellifères.

VALLÉCULE, ÉE adj. (val-!é-ku-lé — rad.

vaUëcute). Bot. Qui est pourvu de vallécules :

Fruit VALLÉCULE.

VALLÉE s. f. (va-lé. — Ce mot, qui corres-

?ond au provençal vallada et à l'italien aaiata, est une extension de val). Espaco situé entre deux montagnes ou deux chaînes de montagnes: Les habitants des montagnes sont ordinairement plus maigres que les habitants des valléks. (Maquel.)

— Terrain déprimé que suit le cours d'un fleuve ou d'une rivière : La vallée du Rhâne. La vallée du Rhin.

— Fig. Décliu : A mesure que nous descendons la vallée de la vie, nos infirmités demandent quelques-uns des soins et la société intérieure d'une femme. (Ste-Beuve.)

— Vallée de larmes, Vallée de misère, La terre, considérée sous le rapport des maux que souffrent ses habitants : Ce monde-ci est une vallée de miskre. (Volt.) Dans notre vallée de larmbs, il est je ne sais quelle plainte éternelle, qui fait la note dominante des lamentations humaines. (Chateaub.)

— Ecrit, sainte. Vallée de Josaphat, Vallée de la Palestine, où les morts, d'après l'Ecriture, doivent se réunir pour subir le dernier jugement. V. Josaphat.

— Fr.-maçonn. Ville, quand il s'agit d'un atelier des hauts grades : Le chapitre da la Parfaite Union, vallée de Rennes. Il On dit Orient quand il s'agit d'une loge.

— Géol. Valtée longitudinale. Vallée qui sépare deux chaînes do montagnes parallèles : On appelle valléks longitudinales celles qui s étendent entre deux chaînes de montagnes, parce qu'elles suivent le sens de la longueur de ces chaînes. (L. Figuier.) Il Vallée transversale, Celle qui sépare deux contreforts parallèles d'une chaîne de montagnes : Les vallées qui sont formées par deux rameaux latéraux d'une chitine s'appellent valléks transversales. (L. Figuier.) tl Vallée d'érosion, Grand sillon flexueux creusé par un cours d'eau.

— Techn. Descenderie de mine organisée avec un double treuil, de manière à remonter le3 wagons pleins et à descendre les wagons vides sur la pente que suit la couche exploitée.

— Syn. Vallée, vallon. La vallée est large, profonde; la vallon est étroit, agréable, couvert de fleurs. On ne voit dans la vallée qu'une terre basse, limitée par des montagnes, ordinairement sillonnée par un cours d'eau ; le mot vallon rappelle à l'esprit les occupations auxquelles se livrent les habitants, les plaisirs qu'Us y goûtent, etc.

Voilée de misera, ancien nom populaire du quai de la Mégisserie, à Paris. Ce nom lui venait de ce que là se donnaient rendezvous les métiers les moins ragoûtants de la capitale, principalement les mégissiers, dont le nouveau quai ne rappelle heureusement que le souvenir. Grâce à la fourmilière de gens déguenillés qui y avaient élu domicile pour ajouter encore à son aspect repoussant, à sa malpropreté, jamais nom ne fut mieux mérité que celui da Vallée de misère. En outre, cette rive de la Seine, sujette autrefois aux inondations, n'avait été pendant longtemps qu'un désert où las pauvres gens euxmêmes n'osaient venir. Ce ne fut guère que sous Louis XII, après la terrible inondation de 1490, qu'ilss'y risquèrent, comme si ce grand désastre eût épuisé tout ce qu'ils pouvaient avoir de dangereux à craindre. Auparavant, à peine y voyait-on quelques masures de boue. « Depuis ce temps-là, dit le vieil historien Gilles Corrozet, les maisons de la Vallée de misère aboutissant devant Saint-Leufroy ont été basties ; paravant c'estoit voyrie. » A côté des mégisseries qui s'accumuleront bientôt sur cette rive vint s'établir le marché à la volaille, alors marché en plein venE où tout marchand venu d»s campagnes voisines avait, dit M. Edouard Fournier, «le droit d'étaler sa marchandise en pleine fange. » Le lieu où ce marché s'installa lui fit donner le nom de marché de la Vallée de misère, ou par abréviation marché de la Vallée, et ce nom était si profondément entré dans la mémoire des Parisiens que lorsque, plus tard, le marché à la volaille traversant la Seine alla s'établir sur le quai des Augustins, on persista à le désigner sous le nom primitif. Aujourd'hui même qu'il a été définitivement installé dans un pavillon des Halles centrales, ce marché s'appelle toujours marché de la Vallée. C'est k la Vallée de misère que se voyait la fameuse arche Marion, appelée d'abord abreuvoir Thibautaux-dez, parce que la rue qui y venait aboutir faisait suite k celle où un sieur Thibaut tenaitauxuii siècle un tripot pour lesjoueurs de dés. Il y avait encore près de là le célèbre cabaret de la Table-îloland, où une légende prétendait que Roland avait bu- en compagnie des quatre filsAymon. Ce cabaret jouissait encore sous Louis XIII d'une grande réputation. A cette époque, l'ancienne Vallée de misère fut un peu nettoyée et peuplée de cabarets, de tavernes de tripots ; un polite du temps remarquait l'antithèse qui existait alors entre lo nom obstiné de Vallée de lui-

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sère et les ripailles dont ce quartier était le théâtre ordinaire :

Que n'ai-je cent mille ducats

Afin d'en faire bonne chère

De tous les morceaux délicats

Qui sont dans ce lieu de misère!

Vers 1616, ce quartier prit le nom de quai de la Ferraille, ce qui indique quel genre de commerce était venu s'y installer. Les marchands de ferraille n'en étaient cependant pas les seuls hôtes ; là aussi étaient venus s'établir, avec leurs cages, les marchands du Pont aux oiseaux, après sa destruction. Cette dernière branche d'industrie s'est perpétuée jusqu'à nos jours sur le quai qui a succédé à son ancien emplacement. Aux xvneet xvm° siècles, le quai delà Ferraille était le théâtre ordinaire des exploits des racoleurs. Aujourd'hui, le quui de la Mégisserie, à tout jamais à l'abri des eaux de la Seine, bordé de constructions monumentales, ne rappelle guère ni la fange ancienne ni les illustres cabarets de la Vallée de misère.

VALLÉE s. f. (va-lé — de Vallée, n. pr. d'homme). Bot. Genre d'arbres, (le la famille des tiliacées, tribu des éléocarpées, comprenant trois espèces, qui croissent dans la Colombie et au Pérou.

— Arboric. Poire de Vallée, Variété de poire.

VALLÉE (Geoffroy), célèbre déiste, né à Orlénns dans le XVI« siècle, mort à Paris en 1574. Il vint jeune à Paris, où il mena une vie de plaisirs et de dissipation et où il publia un écrit intitulé : la Béatitude des chrestiens ou le Fléo de la foy. « Le fond du sa doctrine n'est pas l'athéisme, dit La Monnoie, mais un déisme commode, qui consiste à reconnaître un Dieu saris le craindre et sans appréhender aucune peine après la mort. » Dénoncé, Vallée fut arrêté, languit deux ans dans les prisons du Châtelet et fut pendu. On ne connaît qu'un exemplaire de l'édition Originale de la Béatitude des chrestiens, qui est conservé à la bibliothèque d'Aix, et d'après lequel a été faite, vers 1770, une réimpression de cet opuscule.

VALLÉE (Louis-Léger), ingénieur français, né en 1784, mort en 1864. Admis en 1800 à l'Ecole polytechnique, il en sortit en 1803 pour entrer dans les ponts et chaussées. Nommé ingénieur en 1808, il exécuta le dessèchement de la vallée de la Scarpe et construisit le canal de la Gensée. Ingénieur en chef en 1821, il dirigea tes travaux du canal du Centre, puis il devint inspecteur divisionnaire et enfin inspecteur généra! des ponts et chaussées en 1848. Après avoir fait longtemps partie du conseil général des ponts et chaussées, il fat en 1851 admis à la retraite. On lui doit, entre autres écrits: Traité de géométrie descriptive (l819,in-4°); Traité de la science du dessin (1821, in-4°) ; Traité de la coupe 4e la pierre (1828, in-4<>); Exposé général des études faites pour le tracé du chemin de fer du Nord (1837, in-4°); Du Rhône et du lac de Genève (1843, in-8»); Changement d'organisation des ponts et chaussées et de l'Ecole polytechnique (1848, in-8°) ; Cours complet sur la vision de l'homme et des animaux (1854,in-80); Des eaux, des travaux publics et du barrage de Genèue (1859), etc.

VALLÉE (Louis-René-Oscar "Devalléb ou de), magistrat et écrivain français, né à Lamothe-Saint-Héraye en 182L. Issu d'une ancienne famille nuble originaire du Poitou, il lit ses études à Lyon et apprit le droit à la Faculté de Poitiers. Stagiaire au barreau de cette dernière ville dès 1842, il vint s'inscrire à celui de Paris en 1843 et, jusqu'en 184S, exerça la profession d'avocat, La révolution de Février lui permit d'entrer dans la magistrature. Le 4 mars de cette année, il fut nommé substitut du procureur de la république près le tribunal de première instance de la Seine. Il devint en 1852 substitut du procureur général prés la cour d'appel de Paris, en 1855 avoeaf- général près la même cour, en 1861 premier avocat général et en 1867 conseiller d'Etat. M. Oscar de Vallée a porté la parole dans plusieurs causes qui on»viveinent préoccupé l'opinion publique. On cite, parmi elles, l'affaire du duel entre MM. Charles Hugo et Viennet fils, le procès soutenu par Mmo de Guerrv contre la communauté de Picpus, celui qui fut intenté par les héritiers du prince Eugène à l'éditeur des Mémoires du duc de Raguse (1858). RI. Oscar de Vallée, quoique chargé de représenter le ministère public, sut se concilier dans ces différentes affaires l'estime de tous les partis par la modération' de sa parole, la discrétion habituelle à son esprit et la sévérité d'un" langage qui n'exclut aucirne des qualités réelles de l'éloquence. Après la chute de l'Empire, il rentra dans la vie privée et reprit son ancienne profession d'avocat à Paris. Lors des élections à la Chambre des députés (20 février 1876), il a posé sa candidature comme bonapartiste à Rocroi, où il a échoué. On a de lui, outre quelques plaidoyers publies par les journaux judiciaires et reproduits par des journaux politiques : De l'éloquence judiciaire au xvue siècle .■ Antoine Lemaistre et ses contemporains (1856, in-8°), réédité en 1858 sous le titre à'Etudes sur le X.VU0 siècle; les Manieurs d'argent, études historiques et morales (1857, in-lï), ouvrage qui tit beaucoup de bruit et eut rapidement plusieurs éditions (v. Manieurs d'argisnt) j

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le Duc d'Orléans et le chancelier d'Agvesseau (1800, in -8»] ; la Magistrature française et le pouvoir ministériel (1871, in-S°) ; le Gouvernement nécessaire (1870, in-18); M. Baroche (1875, in-8").

VALLÉE (Joseph, de La), littérateur français. V. Lavallee.

VALLEGIO-VERONESE, bourg du royaume d'Italie, province, district et à 22 kilom. S.O. de Vérone , mandement de Villafranca, près de la rive "gauche du Mincio; 4,553 hab.

VALLE1N (Victor), journaliste et écrivain français, né a Saintes en 1810, mort en 1873. 11 devint le propriétaire et le rédacteur en chef de Y Indépendant de la Charente-Inférieure, publié à Suintes, et, pendant vingtcinq ans, il le dirigea avec autant de zèle que de talent. M. Vallein a rendu les services les plus actifs et les plus intelligents à la cause de la démocratie républicaine et de la libre pensée. On lui doit plusieurs ouvrages : le Moyen âge ou Aperçu de la condition des populations, principalement dans les xie, xne et XIIIe siècles (Saintes, 1855, in-18), ouvrage qui fut très-remarque; Voyage à lioyan, La Tremblade, Marennes, Vile d'Oleron, Brouage (1863, in-8"); la Marquise de' Brienne ou l'Amour dans le mariage (1873), roman qui a paru sans nom d'auteur, etc.

VALLEIX (François-Louis-Isidore), médecin français, né à Toulouse en 1807, mort en 1855. Il vint étudier la médecine à Paris, et, nommé externe des hôpitaux en 1828, il passa sa première année à la Charité; pendant la seconde, il fut attaché à l'hôpital des Enfants-Trouvés. Reçu interne en. 1830, il soutint sa thèse de docteur en 1835 et fut élu médecin des hôpitaux en 1836, au minimum de l'âge fixé par les règlements; mais il ne fut placé définitivement dans les hôpitaux qu'en 1845 et successivement attaché à la direction des nourrices, à l'Hôtel-Dteu annexe, à l'hôpital Beaujon et enfin à la Pitié, où il resta jusqu'à sa mort; c'est dans ce dernier hospice qu'en 1852 il ouvrit Ses Conférences cliniques et qu'il commença à exercer les élèves à l'étude si difficile du diagnostic. Dans les premiers jours de juillet 1855, Valleix avait donné des soins à un enfant qui succomba à une atteinte du croup, et, les jours suivants, il continuait ses visites à une jeune fille atteinte d'une angine couenneuse, qu'elle avait contractée en restant assidûment auprès de cet enfant, lorsque, le dimanche 8 juillet au matin, il ressentit une légère douleur de gorge. Vers le soir, ilsurvint un malaise croissant et des symptômes généraux grave3. Malgré deux cautérisations faites d'abord dans les douzes premières heures, malgré le dévouement de l'amitié uni à la science pratique la plus expérimentée, rien ne put, conjurer le progrès incessant de la maladie. Un œdème dur de la glotte, étendu rapidement à toutes les parties "Voisines, compliqua bientôt l'angine couenneuse et, par sa gravité irrémédiable, devint la maladie principale. Le 12 juillet, quatre jours seulement après le début, Valleix était dans un état désespéré. 11 vit arriver la mort avec un calme sto'ique, malgré les souffrances cruelles qu'il endurait, et il succomba le soir du même jour, n peine âgé de 48 ans, ayant fourni une brillante carrière scientifique, ainsi qu'on en jugera par l'énoncé de ses œuvres. Son premier ouvrage fut b> Clinique des maladies des enfants noubeau-nés (Paris, 1838, in-8»). En 1840, il publia un mémoire in-8° Sur la néuralgie dorsale ou intercostale; en 1847, son Traitédes névralgies ou affections douloureuses des nerfs, placé aujourd'hui au premier rang de nos ouvrages modernes, et couronné par l'Académie.

Nous n'ènumérerons pas tous les nombreux et intéressants mémoires qu'il inséra dans divers recueils, et nous- arriverons immédiatement à son Guide du médecin praticien ou Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquée (Paris, 1847, 5 vol. in-8, 1™ édition; 1866, 5» édition, revue par Lorain). Ce livre, aujourd'hui classique, eut un immense succès à son apparition, et ce succès se continue encore aujourd'hui.

VALLEJO (Jose-Mariano), mathématicien espagnol, né dans les environs de Grenade en 1779, mort en; 1843. Après avoir fait de sérieuses études, il fut nommé, dans les premières années de ce siècle, professeur de mathématiques et de la science des fortifications au séminaire des nobles de Madrid, et écrivit à cette époque son 'Traité complet de mathématiques (5 vol. in-4»), qui est encore aujourd'hui, en Espagne, le meilleur manuel à l'usage des officiers et des ingénieurs. Elu député aux cortès après 1815, il s'y signala par le libéralisme de ses opinions et, après les événements de 1823, dut chercher un refuge en France, où il continua ses travaux scientifiques et littéraires. De retour en Espagne, il y devint successivement chef de section au ministère d'Etat, directeur général des études, député aux cortès et sénateur du royaume. Ou a encore de lui : Traité des mathématiques pures et mixtes (2 vol. in-4<>) ; Traité de mécanique pratique à l'usage des artistes et des artisans j Traité du mouvement et des applications des eaux (3 vol. in-4°) ; De la courbure des lignes, mémoire où sont traités quelques points relatifs au système et à la formation du globe terrestre que nous habitons, etc.

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VALLELONGA, bourg du royaume d'Italie, province de la Calabre Ultérieure II«, district de Monteleone, mandement de Monterosso; 1,665 hab. Ce bourg s'élève, dit-on, sur l'emplacement de l'antique Nicephora.

YALLEMONT (Pierre Le Lorrain, abbé de), littérateur et physicien français, né à Pont- Audemer en 1649, mort dans la même ville en 1721. Reçu docteur en théologie, il se fixa quelque temps à Rouen, que son humeur indépendante lui fit abandonner à la suite de nombreux démêlés avec les ecclésiastiques de la ville. Venu à Paris pour y exercer les fonctions de précepteur, il se rendit ensuite à Versailles, où il séjourna dix ans; puis il devint successivementprieurde Saint-Jacquesde-Bressuire, en Poitou, professeur au collège du Cardinal-Lemoine et enfin alla terminer ses jours dans sa ville natale. On a de lui : la Physique occulte (Paris, 1693, in- 12); Eléments de l'histoire (Paris, 1696, 2 vol. in -12); la Sphère du monde (Paris, 1701,in-12); Curiosités de la nature et de l'art sur la végétation (Paris, 1703, in-12); Du secret des mystères (Paris, 1710, 2 vol. in-12) ; Eloge de Sébastien Leclerc (Paris, 1715, in-12).

VALLEiNUAri, ville de Prusse, province du Rhin, régence, cercle et à 4 kilom. N.-E. de Coblentz, près de la rive gauche du Rhin; 3,728 hab. Fabrication de draps, cuirs, pipes de terre ; teintureries, navigation.

VALLENSTE1N. célèbre général. V. Wal-

LENSTEIN.

VALLERAUGUE, bourg de France (Gard), chef-lieu de canton, arrond. et à 17 kilom. N. du Vigan, au confluent du Claron et de l'Hérault; pop. aggl., 1,874 bab.; — pop. tôt., 3,742 hab. Culture du mûrier et importante éducation de vers a soie; filature de soie, de bas de soie; fabrique de chandejles; chaudronnerie. Patrie de La Beauraelle.

VALLEHIOLA (François), médecin français, né à Montpellier en 1504, mort à Turin en 1580. Il fit ses études philosophiques -à Paris, puis suivit les cours de médecine de la Faculté de Montpellier; on ignore s'il fut jamais reçu docteur et où il en aurait reçu le titre. Appelé par le duc de Piémont, Emmanuel-Philibert, il fut nommé professeur à Turin, en remplacement de d'Argentier. Valleriola se rendit célèbre par des observations fort intéressantes. Ses £oei communes sont uu trésor d'érudition. Les matériaux pourraient, à la vérité, être rassemblés avec plus de goût, mais on n'en a réellement pas assez tiré parti. Ily réunit les principaux passages des anciens sur chaque objet de la médecine, et donne ensuite ses propres raisonnements.

On doit encore à Valleriola les écrits suivants : Commentaria in sex libros Galeni de morbis et symptomatibus (Lyon, 1540, in-8°) ; De re medica oratio (Venise, 1548, in-S°); Enarrationum medicinalium libri sex (Lyon, 1554, in-8°) ; Observalionum medicinalium libri sex (Lyon, 1573, in-fol.); Commentarii in librum Galeni de constitutione artis medica (Turin, 1577, in-8»).

VALLÈS (Jules), littérateur, membre de la Commune de 1871, né au Puy, dans le Velay, en 1833. Il était fils d'un professeur et fit ses études au collège de Saint-Etienne, puis à celui de Nantes.

En 1849, il fut envoyé à Paris pour se préparer à l'Ecole normale ; mais la modeste carrière de l'enseignement ne pouvait convenir à son ambition, et il se jeta dans la vie d'aventures, pauvre et isolé sur le pavé de Paris. A dix-sept ans, il entra dans un complot de jeunes gens ayant pour but d'enlever le président Louis Bonaparte, projet chimérique qui naturellement échoua. Vallès y gagna quelques jours de Màzas, mais fut relâché sans jugement. Il retourna à Nantes se retremper au sein de la famille, mais revint bientôt à Paris pour tenter la fortune.

Il devint secrétaire de Gustave Planche, auquel il consacra, en 1857, une étude émue remplie de souvenirs affectueux. Après la mort de l'éminent critique, il fut un moment professeur libre, puis repartit pour Nantes en 1856. Ce fut dans cette ville qu'il composa et publia son premier écrit, X Argent, marqué déjà de sa manière originale, mais paradoxale et forcée. Sur la couverture jaune d'or s'étalait comme une estampille limage argentée d'une pièce de 5 francs. Ce singulier ouvrage, calculé pour forcer l'attention , était une hymne à l'argent, exprimant brutalement l'âpre convoitise, la cupidité, l'envie, la passion des jouissances matérielles. Sous ce rapport, c'était bien un produit de l'époque impériale. Mais cette œuvre étrange fut peu remarquée. L'argent si âprement convoité ne zinc pas trouver son apologiste , et Vallès , pauvre comme avant, revint à Paris. Sa brochure cependant lui ouvrit le Figaro, où il entra comme chroniqueur de la Bourse. C'étai tune situation plus que modeste, car le Figaro ne paraissait alors que deux fois par semaine.

Dès lors Vallès tomba tout à fait dans la bohème littéraire et vécut quelques années au quartier Latin d'une Vie de misère et d'aven- ' tures, ébauchant des drames, des romans, des poésies, etc. Quoique paresseux à l'excès, il avait une veine facile et un talent réel, vigoureux, coloré, mais gâté par l'affectation du paradoxe et de l'énergie.

H finit par entier comme expéditionnaire à la mairie de Vaugirard, et il resta quatre

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ans dans cette situation modeste, mais qui du moins lui donnait un morceau de pain.

En 1860, il débuta au Figaro par un article qui fut remarqué, le Dimanche d'un jeune homme pauvre. De loin en loin, il en publia d'autres, avec l'irrégularité qui était dans sa nature. Sa situation s'améliora, et de 1861 à 1865 il écrivit dans divers journaux, la lievue européenne, la Presse, la Liberté, l'Epoque. Ce sont les principaux articles qu'il fournit alors dont il a fait un recueil qu'il publia, sous le titre : les Réfractaires (1866). Nous avons donné l'analyse de ce livre, qui est comme le roman des déclassés de la vie parisienne, et nous n'y reviendrons pas ici.

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