V. RÉFRACTAIRES
M. de Yillemessant, toujours en quête de talents excentriques, et qui avait employé Vallès au Figaro bihebdomadaire, l'enrôla d'une manière fixe dans l'Evénement pour une Chronique par jour et lui fit un pont d'or (1,500 francs par mois). Le réfractaire s'épanouit quelque temps en bourgeois, l'aisance assouplit son caractère; sans renoncer à sa manière brutale et à ses paradoxes plus choquants qu'originaux, il mit moins d'&preté dans ses écrits. Cependant il aimait toujours les irréguliers ; c'est une veine qu'il ne se lassa jamais d'exploiter. Il se fit l'historiographe des saltimbanques, des hercules forains, des femmes à barbe, des géants, des phénomènes, des boxeurs, des monstres, des curiosités, des avaleurs de sabre, des clowns et de tous les pitres et banquistes de Paris,
De tous les articles consacrés à ces exhibitions, il forma un volume intitulé la Bue (v. ce mot), qui contient, en outre, une cinquantaine de pages de Souvenirs, succession de tableaux champêtres et de scènes rustiques. Mais là encore, dans ces esquisses attraj'antes, il est avant tout un descripteur, une sorte de photographe, recherchant surtout l'effet. Dans toutes ses compositions d'ailleurs, il est plus artiste qu'écrivain, et toutes ses préoccupations sont pour les choses voyantes, excentriques, brutalement paradoxales, plutôt que pour le fond et la philosophie du sujet.
Ces excès de plume n'étaient évidemment pour Vallès que de véritables mystifications, des feux d'artifice tirés pour éblouir les simples, faire briller son esprit et surtout faire du bruit et forcer le succès.
Bien qu'il eût participé à la résistance contre le coup d'Etat, avec une poignée d'étudiants dont plusieurs se sont fait un nom, Ranc, Castagnary, Arthur Arnould, etc., il n'était guère préoccupé alors de théories et d'idées républicaines, qu'il reprenait et quittait d'ailleurs, suivant son humeur et sa fortune. A cette époque, où il ctait'grassement payé par Villemessant pour amuser un public spécial, il prenait de plus en plus le ton de lu maison et bafouait de ses sarcasmes aigus les purs, les hommes à caractère, les' républicains restés fidèles à leur opinion, et qu'il nommait des « sacristains révolutionnaires. » Toutefois, il finit par perdre sa situation à l'Evénement, et il retomba encore une fois dans la vie de hasard.
C'est dans cetintervalle (1867) qu'il fonda un journal hebdomadaire sous un titre qui lui avait déjà servi pour un de ses recueils, la Rue. Flanqué de collaborateurs endiablés comme lui, il reprit avec une verve folle ses théories abracadabrantes, ses affectations de réalisme brutal, ses excentricités et ses paradoxes.
Cette feuille fut supprimée au bout de six mois, pour avoir effleuré les matières politiques. Elle avait eu un certain éclat, mais sans enrichir ses rédacteurs, qui, même avec un talent réel, en gardèrent un renom fâcheux d'extravagance systématique et calculée.
Ces dispositions le conduisirent deplainpied au Figaro, où il retomba en mai 1863. Il retourna de nouveau su cocarde et plaidâtes circonstances atténuantes pour ses anciennes opinions, La paresse et la misère le conduisirent plus bas encore , et, s'il n'a pas trempé dans la police impériale, comme quelques-uns l'ont prétendu, il a du moins servi d'instrument à une manœuvre électorale ayant pour but de faire échouer la candidature de Jules Simon par une diversion radicale et socialiste, et d'effrayer, en outre, par l'apparition du fumeux spectre rouge.
Vallès se prêta complaisamment à ce jeu; on lui donna les moyens de fonder une feuille éphémère, le Peuple, et de se porter contre Jules Simon dans une circonscription de Paris (1869). Comme il était dans ses habitudes de dépasser constamment la mesure et de se jeter dans l'excentricité, il se proclama avec sa hâblerie habituelle le candidat de la misère. Il échoua fort piteusement et ne put même détourner assez de voix pour empêcher le député de la gauche de passer au premier tour.
Cette nouvelle aventure fit quelque bruit et l'on soupçonna que, derrière le prétendu comité de Vallès, il y avait la main et l'argent de la police, chose possible. Ses amis ont affirmé que daDS tous les cas il n'en avait rien su et qu'il avait agi aveuglément poussé par son caractère aventureux et son étourderie. Mais cet épisode fâcheux de sa vie n'en laisse pas moins une impression pénible.
Lors des troubles qui suivirent les défaites de Reischshoffen et de Forbuch, il fut arrêté
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(août 1870) et enfermé a Mnzas, ce qui prouve bien que le gouvernement impérial ne le regardait pas comme mi auxiliaire.
La révolution du 4 septembre lui rendit la liberté. Il se jeta alors dans la mêlée, s'affilia à l'Internationale et joua un rôle dajis toutes les agitations pendant le siège de Paris. Chef d'un bataillon de la garde nationale, à l'époque du 31 octobre (v. octobre), il prit parti pour le mouvement et s'installa à la mairie du IX" arrondissement. 11 fut poursuivi , même condamné, mais son affaire n'eut pas de suite.
Après la capitulation de Paris, il fonda son fameux journal le Cri du peuple, dans lequel il émit tout d'abord -l'idée de Paris ville U-. bre, et qui fut au nombre des six journaux supprimés par le général Vinoy. Il le fit reparaître après la révolution du 18 mars et fut nommé membre de la Commune. Le succès produisit alors sur lui l'effet habituel; il se calma subitement, rêvant de jouir de ce bonheur passager, et devint tout à coup pacifique. « Plus de sang versé, dit-il ; les fusils au repos 1 Assez de guerre civile comme cela 1 Après avoir vaincu par le combat, fortifions-nous par le travail ! •
Il essaye même de rallier la bourgeoisie à la Commune : « Allons 1 que le rez-de-chaussée et la mansarde se raccommodent i ». 11 aurait volontiers tenté d'y rallier Versailles s'il l'avait cru possible. En un mot, il montra une fois de plus qu'il n'était réfractaire que quand il ne pouvait pas faire autrement, et il convoitait maintenant la pais avec autant d'ardeur qu'il avait demandé la lutte. Mais son illusion ne fut pas de longue durée, et les premières hostilités, en lui laissant entrevoir l'issue finale du conflit, ravivèrent ses passions véhémentes et son exaltation.
11 fit peu de chose comme membre de la Commune; mais dans son journal, qui fut un des moniteurs de l'insurrection, il soufflait l'esprit de résistance et la colère avec l'énergie du désespoir. Il fut un de ceux qui, vers la fin de cette tragédie, eurent l'idée de rendre Paris imprenable en menaçant ceux qui le prendraient de l'incendier et de le faire sauter.
Le 16 mai, il écrivait dans le Cri du peuple;
i On a pris toutes les mesures pour qu'il n'entre duns Paris aucun soldat ennemi.
» Les forts peuvent être pris l'un après l'autre ; les remparts peuvent tomber : aucun soldat n'entrera dans Paris. Que l'armée de Versailles sache bien que Paris est décidé à tout plutôt que de se rendre.
» Si M. Tliiers est chimiste, il nous comprendra. ■
A la fin de la lutte, Vallès fut un des derniers combattants, aux"barricades du XIe arrondissement. Il échappa ensuite aux recherches et parvint à s'évader. Cependant les journaux racontèrent qu'il avait été arrêté le 25 et exécuté sommairement près de la place du Châtelet, en compagnie de Ferré. Mais il est certain que les deux malheureux qu'on avait pris pour eux et fusillés étaient deux innocents. On sait qu'il y eut dans ce moment de répression barbare de nombreux exemples de ces épouvantables méprises.
Son Cri du peuple'\ui avait rapporté des sommes considérables. En outre, un de ses anciens élèves, dont il n'avait d'ailleurs conservé aucun souvenir, mais qui admirait ses écrits, était inoit en lui laissant un legs de 50,000 francs, qu'il n'avait pas encore touché lors de l'entrée des troupes à Paria. L'avocat Bigot, chargé de ses atlaires, parvint à recouvrer cette somme et la lui porta a Londres, mais lui emprunta 10,000 francs et mourut d'apoplexie peu de temps après son retour k Paris. Telle est l'histoire que l'on donne comme authentique. Depuis ce temps, Vallès vivrait du revenu de ses 40,000 francs et de ce qui avait pu lui rester des bénéfices de son journal. Il semble s'être condamné à un silence absolu, car, sauf quelques lettres à des amis, il n'a pas donné signe de vie depuis sa fuite à l'étranger.
VALLÉS1E s. f. (va-lê-zl — de Vallès, n. pr.). Bot. Genre d'arbres et d'arbrisseaux, de la famille des apocynées , tribu des ophioxylées , comprenant quatre espèces, qui croissent dans l'Amérique tropicale.
VALLET, bourg de France (Loire-Inférieure), ch.-l. de cant., arrond. et à 23 ktlom. E. de Nantes, sur une hauteur, près de laSanguèse; pop. aggl., 1,141 hab. — pop. tôt., 5,346 hab. Kécolte et commerce de vin très-estiiné.
VALLET (Guillaume), graveur français, né à Paris en 1G33, mort en 1704. Il apprit les premiers principes de son ai^t dans l'atelier de Daret, partit vers 1653 pour Rome, où, pendant un séjour de huit ans, il se perfectionna sous la direction de Carie Maratte, et, peu de temps après son retour en France, fut admis à 1 Académie de peinture et de sculpture (16'64), Mauvais dessinateur, Vallet possédait, en revanche, un burin d'une rare hardiesse, un trait d une grande netteté, et il excellait dans la disposition des tailles et lé tracé des lumières et des ombres. On cite, parmi ses planches les plus remarquables : Suite d» dioerses télés antiques, au nombre de soixante et une, d'après les dessins du peintre romain J.-A. Canini; Portrait de François Mauriceuu, chirurgien juré
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de Paris; Portrait du poète italien Virgilio de Barrea, d'après Pierre-Franc. Mola ; Allégorie sur les soins du pape Alexandre A'II pour faire fleurir l'Académie des Inlronati, a Sienne , etc. — Son fils, Jérôme Vallet, acquit aussi une certaine réputation comme graveur et devint membre de l'Académie en 1702. On cite comme ses meilleures compositions : le Centenier perçant le côté de Jésus- Christ mort sur la croix, d'après Antoine P;iillet, et seize Planches gravées de la colonne Théodosienne, à Constanlinople, son morceau de réception à l'Académie.
VALLET (Augui-te), dit de Virivîllo, archéologue, né à Paris en 1815, mort en 1868. Il fit d'assez biilltmtes étu'les classiques, entra ensuite à l'Ecole des chartes, d'où il sortit en 1837 pour aller remplir à Troyes les fonctions d'archiviste du département de l'Aube. Ce fut à Troyes qu'il prépara et mit en ordre les matériaux de son premier ouvrage important, Archives historiques du département de l'Aube et du diocèse de Troyes (1841, l vol. in-8°), qui lui valut une médaille d'or de l'Académie des inscriptions et belleslettres. En 1842, il revint à Paris, où il fut immédiatement attaché à la bibliothèque Richelieu; il quitta cet emploi au commencement de l'année 1847 pour devenir répétiteur à l'Ecole des chartes, où il fut nommé depuis professeur; il conserva sa chaire jusqu'à sa mort. «Travailleur infatigable, dit M. Miot- Frochot, d'une insatiable curiosité, tout ce qu'il rencontrait sur sa route, il le notait et, noté, il le publiait. C'est ce qui explique ces nombreuses brochures, ces articles de journaux et de revues, ces livres enfin qui se succédaient avec une étonnante rapidité. Il semblait que Vallet de Viriville eût la fièvre, cette fièvre généreuse dont parle quelque part Diderot et que donne la recherche opiniâtre de la science. Mais ce chercheur trouvait souvent, parce que toujours il cherchait. C'est lui qui a retrouvé le nom de l'auteur de la Chronique de la Puceile, dont il s'est fait, par son érudition, le dernier éditeur. C'est enc'ore lui qui, par un vrai miracle de travail, a pu reconstituer jour par jour l'histoire de Charles VII. C'était là, en effet, son époque favorite. Tout ce qui se rapportait au xve siècle, de près comme de loin, lui était cher; il travaillait encore à le faire connaître quand la mort est venue le saisir.» Vallet de Viriville est au premier rang de ceux qui ont fait connaître ce temps, et, s'il lui a manqué l'éclat du talent propre aux premiers historiens de notre époque, comme somme de travail et d'information il a produit presque autant qu'eux tous. A la veille de sa mort, il travaillait à une Histoire de Paris sous la domination anglaise, qui ne verra sans doute jamais le jour, et à une Histoire générale de Paris, que M. Haussniann et la commission faisant fonction de conseil municipal faisaient écrire aux frais de la ville. Du reste, l'Académie des inscriptions a récompensé comme elle le méritait l'érudition de l'auteur de YHistoire de Charles VII. Elle a accordé au premier volume le prix Bordin et aux deux suivants le second, puis le premier prix Gobert.
Vallet de Viriville a laissé des souvenirs pleins de charme parmi ses disciples si nombreux et dans le monde savant, dont il était un des ornements. « Son amour de la science, dit M. Miot-Frochot, n'était ni jaloux ni égoïste; if ne voyait qu'elle seule et ne prenait pas souci de sa propre gloire. Il était affable, d'un conseil amical et désintéressé. >
Voici la liste des publications les plus remarquables de l'auteur : Mémoire présenté à l'Institut historique sur ta manière dont on doit écrire le nom de famille de. la Puceile d'Orléans (l vol. in-4°); Archives historiques du département de l'Aube et de l'ancien diocèse de Troyes (1841, in-80) ; -Mémoire sur ta conquête de l'Egypte {\SiZ, in-S°), traduction du célèbre Mémoire de Leibniz, écrit en latin, et qui n'avait pas encore été traduit en français; Histoire de l'instruction publique en Europe et principalement en France{lii9- 1852, t vol. gr. in-40, avec grav.) ; l'ouvrage va depuis l'origine du christianisme jusqu'à nos jours et peut être considéré comme une des plus faibles productions de Vallet de Viriville; Iconographie historique de ta France (Paris, 1853, in-8°); Recherches sur Jeanne Darc (1855, in-8°); Recherches sur Agnès Sorel (1855-1856, in-8°); les Inventeurs de l'imprimerie en Allemagne (1858, in-8°) ; Isabeau de Bavière (1859, in-s«) ^Histoire de Charles VU (1862-1866, 3 vol. in-8°), son œuvre capitale ; Procès et condamnation de Jeanne Darc, d'après des documents originaux (18B7, in-8°). Vallet de Vifiville a, de plus, collaboré à un grand nombre de journaux spéciaux et de recueils périodiques, auxquels il fournissait des articles d'histoire, d'art, de littérature et même de philosophie. On cite, parmi les recueils où il a écrit : la Bibliothèque de l'Ecole des chartes, V Encyclopédie nouvelle, le Magasin pittoresque, Y,Artiste, ï Athemeum français, la Revue de Paris, la Reoue archéologique, etc.
VALLETR1A, nom latin de la vallée de Barégks.
VALLETTA (Joseph), littérateur italien, né à Nitples en 1636, mort en 1714. Il exerça avec éclat la profession d;avocat et refusa le titre de sénateur que lui offrait le duc de
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Toscane pour rester dans sa ville natale. Valletta se forma une magnifique bibliothèque, qu'il mit à la disposition des lettrés. Il connaissait l'anglais et traduisit de cette langue en italien plusieurs ouvrages. Parmi ses écrits origin.-ux, on cite un traité sur la procédure dans les matières qui ont rapport avec la religion.
VALLETTA (Niccolo), jurisconsulte italien, né à.Arienzo, royiiume de Naples, en 1738, mort à Niiples en 1814. Il fit ses études dans cette dernière ville, occupa en 1785 la chaire de droit civil à l'université et devint, en 1812, professeur de droit romain et doyen de la Faculté. Ses principaux ouvrages sont : Elementi del diritto del regno napolitano (Naples, 1776, in-8°); Délie kggi del regno napolitano (1786, 3 vol. in-8°); Institutiones juris feudalis (1780, in-8°) ; Juris romani institutiones (1782, 2 vol. in-8°); Parlitiones juris canonici (1785, in-8°); Cicalata su! fascina volgarmente dettù jettatura (1787), ouvrage où l'auteur plaisante avec beaucoup d'érudition sur l'influence magnétique qu'un homme peut exercer sur les autres ; Giosue al Giardano (1795, in-4°); Dissertazione del feudo longobardico opposto à la qualità èreditaria (1810, in-4°), etc.
VALLETTRYE (de La), poète français peu connu, qui vivait vers la fin du xvie siècle. On ignore le lieu de sa naissance,' mais divers indices font conjecturer qu'il est originaire d'Angoulème. Venu de bonne heure à Paris, il fut employé aux fêtes et aux spectacles de la cour de France. Il avait, il est vrai, embrassé le parti delà Ligue; mais, réglant ses opinions sur ses intérêts, il passa dans le camp du Béarnais. Le volume qu'a laissé cet écrivain, sous le titre à'Œuvres poétiques (Paris, 1602, in-12), se compose : des Amours, du Eaux honneur des dames , de l'Amour mercenaire et frippanier, de la Chasteté repentie, de l'A mour logé trop haut, etc. « La plupart des pièces de La Vallettrye, dit M. Weiss, sont pleines d'obscénités et d'équivoques grossières. »
VALLl (Eusebio), médecin italien, né aux environs de Pistoia, mort à La Havane en 1816. Il suivit les cours de médecine de la Faculté de Pise et se rendit ensuite a Smyrne et à Constantinoide pour y examiner la inarche et les effets de la peste. Il se voua entièrement à l'étude des maladies épidémiques, et il devait être victime de son zèle. La fièvre jaune s'étant déclarée en Espagne, il alla observer les symptômes du Hôau, puis il se. décida à aller le combattre à son berceau même , en Amérique. Arrivé à La Havane, votdant s'assurer si la fièvre jaune était contagieuse, il se vêtit des habits d'un mort et se coucha à côté du cadavre'. Le lendemain de cette expérience, il succomba. Ses principaux écrits sont : Memoria sulla peste di Smyrne nel 1784 (1 vol. in-12); Saggio suite malatlie chronice (Pise, 1702, in-12); Memoria sullajisi ereditaria (Florence, 1790, in-12) ; Memoria sulla peste di Costanlinopoli nel 1803 (1 vol. in-12).
VAI.L1A ou WALLIA, quatrième roi des Wisigoths, mort vers 420. Il est le premier qui se soit établi dans les Gaules et qui ait résidé à Toulouse. Parent d'Ataulphe , il vengea sa mort en faisant périr Sigeric, à la place duquel il fut élevé sur le trône (415). Il rendit à Honorius la princesse Placidie, reçut de cet empereur l'autorisation de s'établir dans l'Aquitaine et la Narbonnaise I" et alla combattre pour lui les Vandales, les Alains et les Suèves d'Espagne.
VALLIER (SAINT-), bourg de France (Al- -pes-Maritimes), ch.-l. de cant., arrond. et a 12 kilom. N.-O. de Grasse; pop. aggl., 440 hab. — pop. tôt., 501 hab. Moulins à huile et à farine ; commerce d'essence de lavande. Saint-Vallier occupe l'emplacement de l'ancien Castrum Valerii des Humains ; ou y a trouvé de nombreux débris d'antiquités romaines, armes, tombeaux, médailles, etc. Les murailles de l'ancien fort subsistent encore en partie. AUX environs, sur les hauteurs, on voit deux cassines entourées de retranchements; un peu plus loin, un pont naturel sur la Siagne. Ce pont est formé d'une arcade calcaire de 30 mètres d'épaisseur, de 10 mètres de hauteur et de 5 mètres de portée. Cette arcade est recouverte de chêneâ verts, qui donnent à ce site un aspect très-pittoresque.
VALLIER (SAINT-), bourg de France (Drôme), ch.-l. de cant., arrond. et à 32 kilom. N. de Valence, au confiuent.de la Galaure et du Rhône et à l'entrée de là pittoresque vallée de Galaure ; pop. aggl., 2,875 hab. — pop. tôt., 3,173 hab. Importante fabrication de crêpes et organdis ; faïences, teintureries, brasseries; fabrique de produits chimiques. On y voit un beau château gothique, qui fut habité par Diane de Poitiers ; les. jardins qui l'entourent ont été plumés par Le Notre. On croit que ce bourg occupe l'emplacement de l'antique Usoli, mentionnée dans les cartes de Peutinger.
VALLIER (SAINT-), bourg de France (Saône-et-Loire), cant. de Mont-Saint-Vincent, arrond. et à 56 kilom. de Chalon-sur- Saône ; pop. aggl., 191 hab. — pop. tôt., 3,215 hab. Mines de houille, moulins, fours à chaux, huileries.
VALLIER ou VALÈRB (saint) , prélat fran-
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çais et martyr du me siècle, né a Langres. Il apprit la théologie sous la direction de l'évêque- Didier, qui lui conféra le diaconat. Chocrus , à la tête d'une bande de Vandales, vint assiéger la ville; Didier se dévoua et alla solliciter du barbare te salut de la ville ; le Vandale fit décapiter l'évèque. Les habitants abandonnèrent alors la cité et s'enfuirent sous la conduite de Vallier. Ils allaient atteindre les montagnes du Jura, quand ils furent atteints par leurs, ennemis, qui massacrèrent presque toute la bande des fuyards. Vallier fut soumis aux plus affreuses tortures avant de recevoir le coup de grâce.
VALLIER (François-Charles), comte du Saussay, littérateur français, né il Paris en 1703, mort en 1778. D'abord président au parlement, il embrassa la carrière militaire, devint colonel d'infanterie et se signala par sa prodigalité et ses folies. Il sacrifiait , comme on disait alors, aux Muses sans succès, et on lui doit les ouvrages suivants, aujourd'hui complètement oubliés : l'Amour de la patrie, poÊme (1754, iii-&a); Journal en vers de ce qui s'est passé au camp de Ilichemont, commandé par M. Cheverl (Melz, 1755, in-4°); le Citoyen, poSme en trois chants (1759, in-8°); Ode sur les eaux de Baréges et de Bagnères, avec un Essai sur la guerre, en vers, et une lettre en prose (1762, in-8°); Pièces en vers et en prose (1762, in-8") ; Aux grands etliux riches (1764, in-8°); le Triomphe de Flore, ballet en un acte, musique de Dauvergne, joué à Fontainebleau le 29 octobre 1765, imprimé la même aimée (in-so) ; Eglè ou le Sentiment, comédie allégorique eu un ucte, jouée le même jour que le Triomphe de Flore; Epitre à la nation française sur l'établissement des Invalides, de l'Ecole militaire, etc. (1768, in-4»); Eloge de Ckevert, en vers libres (1769, in-8°). Cette composition fut lue à l'Académie d'Amiens le 25 août
VALL1ÈRE .(Jean-Florent de) , général d'artillerie, né h. Paris en 1667, mort en 1759. 11 fit toutes les campagnes de la dernière partie du règne de Louis XIV, assista à soixante sièges et a dix grandes batailles, eut le commandement en chef de l'artillerie au siège du Quesnoy, où, avec trente-quatre pièces d'artillerie, il en démonta quatre-vingts en vingt-quatre heures, -Nommé brigadier des armées du roi et chargé de réorganiser l'artillerie, il lui donna une grande impulsion , détermina l'uniformité des calibres, dont il réduisit le nombre à cinq, et calcula le premier les effets de la poudre dans les mines. C'est à lui qu'on doit la fondation des écoles et des établissements qui ont donné, au siècle dernier, il l'artillerie française une si grande supériorité. Devenu lieutenant général, il se distingua à la bataille de Dettingen (1743). Ferme et inébranlable dans l'action , Vallière était, dans le monde, le plus simple et le plus doux de tous les hommes. Fontenelle a tracé de lui le portrait suivant :
De rares talents pour la guerre En lui furent unis au cœur le plus humain. Jupiter le chargea du soin de son tonnerre, Minerve conduisit sa main.
VALLIÈRE (Joseph-Florent, marquis de),
fénéral français, fils du pré.cédent , né it aris en 1717, mort en 1770. 11 fit ses premières armes au siège de Philipsbourg en 1734, servit ensuite sous les ordres de sçn père a la bataille de Dettingen et au siège de Fribourg, commanda en second l'artillerie dans les Flandres en 1745, dirigea l'année suivante les opérations de tous les sièges de la campagne, obtint en 1747, en remplacement de son père, la direction générale des écoles et des bataillons d'artillerie, et, par l'habileté de ses dispositions, détermina la prise du fort de Ber»-op-Zoom. Promu lieutenant général en 1748, il devint, sept uns plus tard, directeur des deux corps réunis do l'artillerie et du génie, décida, par la bonne disposition de ses batteries et par l'activité de leur feu, du succès de la journée d'Hastembeck, et rendit encore d'importants services pendant le reste de la campagne. Eu 1761, il partit pour l'Espagne à la demande du souverain de cette contrée et y employa deux ans à réorganiser les administrations de l'artillerie et du génie. Il ne voulut accepter d'autre récompense de ses services que le titre de marquis, et, quelques années plus tard, alla encore opérer à Naples des réformes analogues à celles dont on lui était redevable en Espagne. Bien qu'il eût con serve jusqu'à sa mort le titre de directeur général de l'artillerie , il fut assez longtemps sans en remplir les fonctions, a cause ries menées des adversaires qu'il s'était fuitspar la fermeté avec laquelle il maintenait l'application des règlements qu'il avait mis en vigueur. Le marquis de Vallière, qui était devenu, en 1761, associé libre de l'Académie des sciences, a laissé plusieurs Mémoires, un entre autres dans lequel il établit d'une façon péremptoire la supériorité des pièces longues d'iirtillerie sur les courtes.
VALLIÈRE (Louis-César db La Baume lb Blanc, duc db La). V. La Vallière*.
VALLIÈRE (Louise-Françoise de LaBaumb lb Blanc db La). V. La Valliérb.
VALL1ÈRES, bourg et commune de Franco (Creuse), cunt. de Felletin, urrond. et k 15 kilom. S.-O. d'Aubusson,snr une colline; pop
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aggl., 430 hab. — pop. tôt., 2,210 hab. Commerce de bestiaux- Ferme-école dans les dépendances du château de La Villeneuve. Dans l'église paroissiale, construction du xm° siècle, on voit une élégante chapelle, élevée au xive siècle par les d'Aubusson, seigneurs de La Villeneuve.
VALLIFILIX s. m. (val-li-fl-Iikss — du lat. valtis, vallée ; filix, fougère). Bot. Syn. de lygodion, genre de fougères.
VALLIKIKILI ou WALL1KIKILI s. m. (valli-ki-ki-li — mot cinglais). Ornith. Espèce de coq sauvage de Çeylan.
VALL1N (Louis, vicomte), général français, né k Dormans en 1770, mon en 1854. Il venait de terminer ses études de droit, lorsque la loi de la première réquisition l'appela sous les drapeaux. En moins de sept mois, il était parvenu au grade de chef de bataillon, mais il fut forcé de redevenir simple soldat lorsque son régiment servit à compléter les anciens cadres. Il repassa, mais moins rapidement cette fois, par ses anciens grades, fut promu en 1807 colonel des hussards de Chainborand, lit les campagnes de Wagram et de Russie, devint général de brigade pendant la retruite et assista à la bataille de Waterloo, après laquelle il conduisit l'arrière-garde de la droite de l'armée jusque sous les murs de Paris. Promu alors lieutenant général par le gouvernement provisoire, il eut, le l«f juillet 1S 15, une part brillante au combat, de Roquencourt, ou il lit tirer le dernier coup de canon contre les Prussiens. Sous la Restauration, il fut attaché successivement aux inspections et aux remontes de cavalerie, reçut en 1822 le commandement de l'avant-garde de l'armée d'Espagne, ouvrit en 1523 la campagne par l'escarmouche de la Bidassoa , battit , le 19 avril de ia même année, le général Jara près de Talavevra et, après la campagne, fut rappelé au poste qu'il occupait précédemment dans l'inspection de cavalerie. I! fut mis en disponibilité en 1830 et vécut, dès lors, dans lu retraite.
VALL1SNÊRIE ou VAL1SNÈRIE s. f. (valli-sné-rl — de Vallisnieri, botan. ital.J. Bot. Genre de plantes aquatiques, de la famille des hydrocharidées, type de la tribu des vallisnériées, comprenant plusieurs espèces, répandues dans les eaux douces des régions chaudes et tempérées du globe : La vallisnérie spirale se trouve dans le Rhône et dans , les canaux du midi de la France. (tJ. Duchartre.) Darwin, Caslel et Delille ont chanté la vallisnérie. (Th. de Berneaud.) Il On "dit
aussi VAL1SNÈRG.
— Encycl. Bot. Le genre vallisnérie renferme un certain nombre de plantes herbacées, vivaces, stolonifères, que l'on rencontre dans les eaux douces du midi de l'Europe, Leurs feuilles sont linéaires, leurs fleurs dioïques. Les fleurs mâles , très-petites, sont réunies dans une spathe transparente, terminant une hampe très-courte; le périanthe est à trois segments. Les fleurs femelles sont beaucoup plus grosses, solitaires et terminent une hampe très-longue, tortillée en spirale; le périanthe est à tube adhérent; l'ovaire, adhérent, uniloculaire, est couronné par le limbe du périanthe. Le mode de fécondation de la vallisnérie spirale, qui est le type du genre, est extrêmement curieux : la spathe des fleurs mâles s'ouvre et celles-ci se détachent pour venir flotter à la surface de l'eau ; en même temps, la hampe, qui se termine par une fleur femelle, se déroule, les deux fleurs se rapprochent et la fécondation a lieu. La spire qui porte la fleur femelle se resserre alors, et le fruit va se développer au s fond de l'eau.
VALLISNÉRIE, ÉE adj. (va-li-sné-ri-é — rad. vallisnérie). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au genre vallisnérie.
— s. f. pi. Tribu de la famille des hydrocharidées, ayant pour type le genre vallisnérie,
VALLISNIERI (Antoine), médecin et naturaliste italien, né dans l'Etat de Modène en 1661, mort en 1730. En 1683, il se rendit à l'université de Bologne, où il suivit les leçons de Malpighi. Reçu docteur en 1685, il fit un voyage à Venise et à Parme, et, à son retour en 1789, il alla se tixer à Scandiano pour y exercer sa profession. Vallisnieri acquit une telle célébrité, qu'en 1700 il fut appelé Ella chaire de médecine et d'histoire naturelle de l'université de Padoue. Il parut tout d'abord vouloir concilier les diverses doctrines; mais, en réajité, il lit entrer dans ses cours l'enseignement de toutes les découvertes modernes , ce qui lui attira la haine des professeurs attachés aux vieilles erreurs et lui suscita raille tracasseries. Il combattit la génération spontanée, prouva que les sources ne viennent pas de la mer, fit une foule d'expériences sur les insectes, particulièrement sur leur génération et leur manière de vivre, découvrit plusieurs lois physiologiques et donna une impulsion considérable k la science. On distingue parmi ses ouvrages, dont te recueil a été publié par son fils (Venise, 1733, 3 vol. in-fol.) : Dialogue sur ta curieuse origine de beaucoup d'insectes (Venise, 1700) ; Considérations et expériences relatives à la génération des vers ordinaires du corps humain (Padoue, 1710 et 1726); Expériences et observations sur l'ori-
VALL
gvw, le développement et les mœurs de divers insectes (Padoue, 1713); Histoire du caméléon d'Afrique et de divers animaux d'Italie (Venise, 1715) ; De l'origine des fontaines (Venise, 1715); Histoire de la génération de l'homme et des animaux (1721) , le plus important de ses ouvrages et qui lui a mérité les éloges de Buffon.
VALLO-DËLLA-LUCANIA, ville d'Italie, dans la province de la Principauté Citérieure, ch.-l. de district et de mandement, à 65 kilom. S.-E de'Salerne; 5,121 hab. Tanneries, mégisseries. On y remarque une église d'un beau style.
VALLOMBREUSE, en latin Yallis Ombrosa, vallée du royaume d'Italie, dans la province de Florence, prés de San-Giovainù-in-Vald'Arno. En 1060, saint Gualbert y fonda une abbaye de bénédictins , dont les abbés portaient les ornements pontificaux et avaient le titre de comtes de Canette, de Guald , de Magnai et de Monteverde.
VALLON s. m. (va-Ion — dimin. de val). Petite vallée, espace étroit entre deux hauteurs moins considérables que des montagnes ; A'ous considérions avec plaisir le creux des vallons, où des troupeaux de bœufs mugissaient dans les gras herbages. (Fén.) Heureux qui peut, au sein du vallon solitaire, Naître, vivre et mourir dans le cûamp paternel 1