V. DliSBORUES-VALMORB
VALMY, village et commune de France (Marne), cauu, arrond. et it 10 kiloin. O. de Kaiiue-Menehould, entre le mont d'Orval et le mont. d'Yvron ; 441 hab. Les généraux Dumouriez et Kellermann y remportèrent, le 20 septembre 1792, sur les Prussiens une célèbre victoire, en souvenir de laquelle on a érigé un monument en 1819. Napoléon 1er donna à Kellermann le titre de due de Valmy.
Valmy (bataille db), gagnée par les Français sur les Prussiens et les Autrichiens, le 20 septembre 1792. Nous avons raconté au mot ArGonne les détails de cette immortelle campagne, dont la victoire de Valmy fut le plus brillant épisode. L'armée des puissances coalisées, forte de plus de |00,000 hommes, avait envahi la Champagne, et Dumouriez attendait les ennemis dans les défilés de l'Ai'gcjune, dunt il avait promis de faire les
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Thermopyles de la France. Toutefois, il laissa tourner entièrement la position qu'il occu-
Îiait à Grand-Pré, en livrartt aux Autrichiens e passage de la Croix-aux-Bois, ce qui le contraignit à battre en retraite. Il alla camper à une lieue en avant de Sainte-Menehould, sur un plateau dominant les prairies situées "à droite du chemin qui conduit à Chàlons. Dans cette position, il avait sa droite appuyée à la rivière d'Aisne, et sa gauche protégée par des prairies marécageuses et un étang. Une vallée étroite séparait ce camp des hauteurs de l'Hyron et. de la Lune, vallée où s'élèvent quelques tertres, sur l'un desquels se trouvait le moulin de Valmy. Le quartier général était à Sainte-Menehould, à une distance égale du corps d'armée et de l'avant-garde, commandée par Dillon. Dans cette position extraordinaire, les deux armées françaises adossées faisaient front à l'ennemi, qui avait derrière lui le pays qu'il se flattait d'envahir, tandis que l'armée de Dumouriez faisait face à la France, qu'elle était chargée de défendre. L'avunt-garde et l'armée de Kellermann, campée près de Metz, reçurent ordre de Dumouriez de se rabattre sur lui. Kellermann n'avançait qu'en hésitant, car il avait appris la perte du défilé, et il craignait de se voir cerné parles ennemis. • Cependant, le 19 septembre au soir, il se trouvait très-rapproché du poste qui lui avait été assigné sur les hauteurs de Gisancourt, qui dominaient celles de la Lune. Malheureusement il se trompa et alla s'établir à Valmy, de sorte qu'au lieu de dominer les Prussiens, campés sur les hauteurs de la ■! Lune, il était complètement dominé par eux. Il sentit aussitôt tous les désavantages de cette position, rendue plus mauvaise encore par un étang qui le séparait de Dillon. Derrière lui coulait l'Auve,. ruisseau marécageux sur les deux bords, de sorte qu'il ne pouvait se replier sur Dumouriez que par : une trotiée entre le ruisseau et l'étang. S'il : se trouvait forcé de franchir l'Auve, il n'a- i vait pour celaque lepetitpontde Dampierre, I si étroit que l'infanterie n'y pouvait défiler que deux de front, et la cavalerie homme par homme. La chaussée qui y conduisait, très-resserrée et dégradée par les pluies, présentait de plus des ornières si profondes que l'artillerie et les équipages ne pouvaiept y avancer qu'avec des peines infinies. Enfin, ce qui mettait le comble aux perplexités de Kellermann, c'est que les Prussiens, en faisant franchir l'Auve à Gisancourt par un corps de troupes qui eût occupé la position de Dampierre, pouvaient s'emparer de nos magasins, couper nos communications avee Chalons et même cerner les armées françaises. Il résolut donc aussitôt de s'emparer de la position de Dampierre et fit ses préparatifs pour la levée de son camp. Mais en ce moment même il recul l'avis du mouvement des coalisés, qui s'avançaient sur trois colonnes et avaient déjà dépassé le village de iians, à une lieue de Valmy environ. Heureusement Kellermann n'était pas homme à se déconcerter; il disposa donc tout aussitôt pour compenser autant que possible les désavantages de sa position. Déjà les avantgardes étaient aux prises; Kellermann fit soutenir la Sienne par sa réserve, composée des carabiniers, de quelques escadrons de dragons et de deux batteries d'artillerie légère. Ces troupes étaient sous le commandement du général Valence, qui les disposa avec une grande habileté. 11 se déploya sur les hauteurs en avant du chemin de Gisancourt à Valmy, étendit son front sur une seule ligne et s'y maintint énergiquainent, masquant ainsi toute la plaine en arrière, où l'ennemi devait supposer des corps d'infanterie a l'appui. Celte ferme contenance intimida les coalisés au point qu'ils n'essayèrent pas de tourner Kellermann par sa gauche, où les renforts envoyés par Dumouriez n'arrivèrent que quelques heures après. Kellermann prit eu même temps position avec sa seconde ligne : la droite au village de Valmy sur la hauteur, la gauche desceudant jusqu'au ruisseau de l'Auve, occupant le village de Gisancourt et le château de Maupertuis, La première ligne se rabattit alors sur laseeonde.
Quant à l'armée ennemie, elle s'était rangée en bataille sur les hauteurs de la Lune, ayant sa droite vers l'étang de la Croix, sa gauche dans la plaine, se rapprochant du ruisseau de la Bionne. Kellermann couronna de 18 pièces de position la crêle étroite et escarpée de la hauteur de Valmy, tandis que le général Stengel, qui l'occupait avec 2,000 hommes, allait renforcer la droite de l'armée. La canonnade commença à sept heures du matin, de part et d'autre, et bientôt elle devint terrible. A neuf heures, l'ennemi démasqua tout à coup une nouvelle batterie dont les effets furent meurtriers. Kellermann eut sou cheval tué sous lui et son escorte souffrit horriblement. Pour comble de malheur, les obus des Prussiens mirent le feu à des caissons d'artillerie près du moulin de Valmy, ce qui porta dans notre ligne un effroyable désordre ; mais Kellermann se montra aux soldats, les rassura et nos canons continuèrent à tonner.
Le duc de Brunswick, général des coalisés, voyait avec dépit qu'il ne gagnait pas do terrain; il savait d'ailleurs par expérience que la canonnade n'effrayait pas les Français, ot il voulut essayer si un mouvement on
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avant, une attaque de vive force exécutée' par les vieux soldats du grand Frédéric, n'auraient pas raison des jeunes recrues que lui opposait la République. Vers les onze heures il fait donc redoubler le feu, puis dispose trois colonnes d'attaque soutenues par de la cavalerie. Les deux de gauche se portent sur le moulin de Valmy, celle de droite se refusant et se tenant en mesure. C'était encore une application de cette fameuse tactique de l'ordre oblique mise en honneur par Frédéric. Kellermann, qui voit l'orage se former, comprend aussitôt que le moment décisif, suprême, est arrivé. Ces jeunes soldats qu'il commande soutiendront-ils, dans le choc redoutable qui s'apprête, l'élan patriotique qui les a fait s'enrôler au chant de la Marseillaise? Ces savetiers, ces tailleurs, comme les appellent dédaigneusement les émigrés, justifieront-ils l'opinion méprisante que les ennemis de la France ont donnée d'eux ' k nos ennemis?... Kellermann dispose son armée en colonnes par bataillon, puis s'adiessant aux soldats : «Mes amis, leur dit-il, le moment de la victoire est arrivé ; laissons avancer l'ennemi sans tirer un seul coup et chargeons à la baïonnette.» L'armée, toute frémissante de patriotisme, répond par les cris mille fois répétés de Vive ta nation .'... Vive. la nation! répond Kellermann en mettant son chapeau k la pointe de son sabre, et aussitôt les soldats de l'imiter en agitant leurs chapeaux au bout de leurs baïonnettes et en faisant de nouveau retentir les airs des cris de Vive la naliont A ces clameurs enthousiastes, l'ennemi étonné s'arrête. «La victoire est à vous!» s'écrie Kellermann, et, profitant habilement de cet instant de stupeur chez les ennemis et d'ardeur parmi ses soldats, il fait redoubler le feu de l'artillerie sur la tête des colonnes prussiennes, dont la fluctuation révèle le désordre, et bientôt de nouvelles décharges les forcent à. reculer, taudis que nos soldats, emportés par un élan irrésistible, précipitent cette retraite.
pendant cette attaqua, le corps autrichien, commandé par Clairfayt, avait essayé, à différentes reprises et avec des forces bien supérieures, d'entamer l'extrémité de la droite de Kellermann, commandée par Stengel ; mais tous ses efforts s'étaient brisés contre l'invincible résistance de cette partie de notre armée. En ce moment Beurnonville arriva sur le champ de bataille avec 4,000 hommes et fut placé en seconde ligno sur la gauche. L'ennemi, quoique battant en retraite, continuait son feu avec beaucoup de vivacité ; pour mieux cacher ses intentions, il exécutait une foule de mouvements sur toute sa ligne. 11 était alors quatre heures du soir. Tout à coup on vit les troupes autrichiennes se préparer à une charge semblable à celle du matin, dirigée cette fois contre Stengel; mais une première victoire avait imprimé à nos soldats une confiance et un élan irrésistibles; cette nouvelle attaque fut reçue avec des acclamations de joie et une attitude intrépide- Cette vue inspira une prudente réserve aux colonnes*enneiiues, dont le mouvement fut encore moins prononcé que celui du matin. Elles arrivèrent cependant à la portée du canon et les pièces de position établies' sur les hauteurs de Valmy ouvrirent sur elles un feu terrible, qui les contraignit à se retirer en désordre. A partir de ce moment, le feu" s'éteignit insensiblement; il cessa tout à fait vers sept heures du soir, lorsque les ennemis furent rentrés dans leurs premières positions.
Le lendemain, l'ennemi fit une nouvelle tentative pour écraser l'armée de Kellermann, infiniment inférieure en forces; mais déjà lo général français avait rectifié sa position périlleuse et choisi un poste inattaquable. A cette vue, les généraux ennemis tiennent conseil et décident la retraite, que le canon de Kellermann accélère encore. Le duc de Brunswick ayant derrière lui la France irritée, devant lui une armée victorieuse, enfermé dans son camp et menacé d'y mourir de faim, l'arrogant duc de Brunswick se vit forcé d'entrer en pourparlers avec Dumouriez, qui rabaissa son ton insolent et mit le comble à son humiliation en lui prescrivant par étapes l'itinéraire qu'il aurait à suivre pour rentrer en. Prusse. Valmy fut la première réponse que la grande République fit aux provocations et aux prétentions- insensées de la coalition. Les ennemis avaient envahi la France en vainqueurs qui se partageaient déjji ses dépouilles, et ils s'en retournaient en mendiants.
Voimj (la bataille de), tableau d'Horace Vernet, galerie de sir Richard Watlace. Le moment choisi par l'artiste est celui où un boulet vient de tuer le cheval de Kellermann. Ce général porte un grand cordon militaire, qui était alors celui de l'ordre de Saint-Louis, devenu la décoration militaire. Autour de lui se pressent avec intérêt des officiers, parmi lesquels on distingue le général Pully; commandant des cuirassiers, le général Valence, le duc de Chartres et le duc de Montpensier, le général Schauenbourg, chef d'état-major; des chevaux morts et dépouillés de leur selle gisent sur le devant de la toile. Plus loin, une triple ligne de grenadiers s'ébranle et des artilleurs conduisent au galop des pièces de campagne. Un caisson saute, ouvrant dans les rangs son cratère de flammes et de fumée, et l'œil glisse jusqu'à l'horizon sur une
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plaine où se dessinent les mouvements stratégiques. A la gauche s'éleva le moulin de Valmy, sur un plateau que défendent les héroïques volontaires de Saôno-et-Loire, du Perche, de Chartres, d'Orléans, etc.
Ce tableau, qui a été exposé au Salon de 1831 et à l'Exposition universelle de 1855, est une des plus importantes productions d'Horace Vernet ; il a fait partie de la galerie particulière de Louis-Philippe, à la vente de laquelle il a été acheté par le marquis d'Herford. Il y en a une copie, par Mauzaisso au musée de Versailles. Il a. été lithographie par Bellay.
VAUIY (Françoîs-Christophe-Edouard de Kellermann, duc de), homme politique français. V. Kellermann. -
VALNAY (Jacques-Ernest Desrooiiks, dit), né à Paris en 1817. Dès son plus jeune Age il montra un goût très-vif pour le théâtre. Son père, employé dans les ponts et chaussées, ne pouvant le détourner de sa vocation, le laissa suivre la carrière dramatique. Il commença, en 1835, par figurer au théâtre du Panthéon, où il aborda plusieurs rôles. En 1836, il partit pour Tournay, où il entra dans une troupe nomade. Après avoir dirigé à Bruxelles le petit théâtre National, il fut engagea Gaiid et y resta un an. De retour à Paris en 1838, il débuta, le 8 novembre, à la Renaissance dans Olivier Basselin, puis doubla Saint-Firmin dans Lady Melvil, opéracomique de Grisar, et y créa quelques rôles. Devenu, en 1840, le pensionnaire du Palais- Royal, il y eut peu de succès et accepta des propositions pour la Russie. Il joua pendant dix ans k Moscou, tenant avec distinction l'emploi de jeune premier comique. De retour en France vers 1851, il fut engagé à la Porte-Saint-Martin; il y créa avec succès plusieurs rôles, notamment ceux de Beauséant dans \ Honneur de la maison, du capitaine Féodor dans Schamyl. Quand le théâtre ferma par la faillite, il se mit à écrire une comédie en trois actes, qui fut jouée aux Folies-Dramatiques le 22 décembre 18G6, sous le titre du Château de Rocliefantaine. Depuis la chute de l'Empire, il a dirigé k Londres Princess's-Thentre avec des alternatives de bonne et de mauvaise fortune.
VALOGNES, en latin du moyen âge Valonix, ville de France (Manche), ch.-l. d'arrond. etdecant., à 58 kilom. N.O. de Saint-Lô, 16-kilom. S. de Cherbourg, sur le Merderet; pop. aggl., 4,318 hab. — pop tôt., 5,584 hab. Tribunal de 1" instance, justice de paix, bibliothèque ; fabrication de blondes et dentelles, horlogerie; commerce de beurre, volailles, céréales, lin et toiles. Valognes possédait autrefois deux églises, dont 1 une, l'ancienne collégiale de Saint-Malo, bâtie au xv<* siècle, existe encore, et plusieurs couvents. Les bâtiments de l'ancien séminaire, bâti en 1654, sont très-vastes et remarquables; ils sont aujourd'hui occupés par la bibliothèque publique et le collège.
— Histoire. L'origine de Valognes est trèsreculée, puisque Ptolémée, qui l'appelle Crociatonum, indique cette ville comme !a capitale des Uuelli. D'après les uns, Valognes doit son nom aux Unelli, par suite d'une altération; d'après le l'ère Dunod, à sa situation dans la vallée où s'élevait l'ancienne ville d'Alautiia on Lonia (vallis Logniœ, val Logue). D'après une tradition, l'ancien châteiui existait avant Glovis. Guillaume le Bâtard y résida souvent. En 1340, Edouard III d'Angleterre coucha à Valognes et lit piller et brûler un grand nombre de maisous. Querques années plus tard, la villo e»le château furent cédés k Charles le Mauvais, roi de Navarre, par un traité conclu dans la ville même (1354). Dix ans plus tard, Duguesclin vint mettre le siège devant Valognes et força le gouverneur anglais à capituler. La capture de Duguesclin k Auray, en amenant le traité de Guérande(13S5), rendit Valognes au roi de Navarre, mais en 1404 Charles III, iils de Charles le Mauvais, abandonna ses droits sur cette ville en faveur de Charles VI (1404). Les Anglais s'emparèrent de Valognes en 1418 et s'y maintinrent jusqu'en 1449. L'année suivante, Thomas Tyrrel, lieutenant de Henri VI, tenta de reprendre Valognes. La place, défendue par l'héroïque Abel Rouault, résista longtemps ; mais, à bout de ressources, elle dut capituler (murs 1450) ; la bataille de Formigny (avril même année) la rendit aux Français. Au xvie siècle, pendant les guerres de religion, Valognes eut beaucoup à souffrir. Les huguenots échouèrent dans une première tentative d'occupation (1562); mais, en 1574, Montgomery s'en empara et y commit de grandes dévastations. Au temps de la Fronde eut lieu le dernier siège du château de Valognes; le maréchal de Matignon ne parvint k s'en emparer qu'après treize jours de tranchée ouverte (1G10). Quarante ans plus tard, la forteresse fut démolie par ordre de Louis XIV. Au xvuio siècle, la ville obéissait encore à des gouverneurs particuliers, dont le plus conno." fut le maréchal de Betlefonds. Valognes était, avant la Révolution, le chef- lieu d'un bailliage, d'une élection comprenant 17G paroisses, d'une vicomte, d'une sém: haussée, d'une officialité et d'une maîtrise des eaux^t forêts. Cette multitude de juridictions entretenait dans la ville une magistrature et un barreau nombreux. L'industrie localeétait ea outre beaucoup plus importante qu'aujour-
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d'hui; les tanneries et les fabriques de draps de Valognes étaient renommées. La disparition de ces divers éléments de prospérité a considérablement réduit le chiffre de la population, qui atteignait 12,000 âmes en 1766.
VALOIR v. n. ou intr. (va-loir — lat. valere, même sens. Je vaux, tu vaux, il vaut, nous valons, vous valez, ils valent; je valais, nous valions; je valus, nous valûmes; je vaudrai, nous vaudrons; je vaudrais, nous vaudrions; vaux, valons, valez ; que je vaille, Que nous valions, que vous valiez, qu'ils vaillent ; que je valusse, que nous valussions ; valant; vaht,ue). Avoir une valeur de: Cette montre ne vaut pas cent francs. Le commerce est l'art d'acheter trois francs ce qui en vaux six et de vendre six francs ce qui en vaut trois. (Eourier.)
— Fig. Avoir un certain mérite, une certaine importance, une certaine utilité : Cette femme ambitieuse et vaine croit valoir beaucoup quand elle s'est chargée d'or et de pierreries. (Boss.) De bien des gens, il n'y a que le nom qui vaille quelque chose. (La Bruv.) L'honneur qui se vend, si peu qu'on en donne, est toujours payé plus c/ier qu'il ne vaut. (Uuclos.) Il Mériter : La vérité vaut bien qu'on s'engage un peu pour elle. (Yillem.) L'amour
Ne vaut pas qu'on l'achète alors qu'il est it vendre.
E. AuoiER.
— Absol. Avoir de la valeur, du prix, du mérite : L'homme ne vaut que par la bonne foi. (E. de Gir.) Les billets ne valent qu'autant qu'ils sont nantis. (Proudh.) Les peuples ne valent qu'en raison du respect dont ils entourent la femme. (Toussenel.)
— Valoir de l'argent, Valoir beaucoup d'argent, avoir une valeur considérable : Voilà un tableau qui vaut dk l'argent.
— Mon aryent vaut celui des autres, En pavant, lions avons tous les mêmes droits auprès des marchands, et ceux-ci ne doivent faire aucune distinction entre leurs clients.
— Valoir son pesant d'or, Avoir une trèsgrande valeur : Voilà une statue qui vaut son pesant d'or. Cette femme vaut son pesant d'or.
— Valoir son prix, Avoir de la valeur, valoir quelque chose :
{autre.
Je valus, dans mon temps, mon prix tout comme un
Këonaed.
1! Avoir sa valeur entière, produire tout l'effet possible : Les urnes humaines veulent être accouplées pour valoir tout leur prix. (J.-J. Rouss.)
— Valov la peine de ou que, Etre assez important pour, pour que : voilà un livre qui vaut la peine qu'on le lise. Au théâtre, ce qui ne vaut pas la peine D'être dit, on le chante. (Beaumarch.) Il Mériter que : Vous ne valez pas la peine Qu'on vous réponde. Il Ne valoir pas la peine, Etre.de peu d'importance, ne valoir pas qu'on se donne la peine que cela coûterait : Je vous remercie, Monsieur. — Cela N'en vaut pas la peinb. N'ailes pas à cette exposition; cela N'en vaut pas la peine. Il faut rendre service aux hommes tant qu'on le peut, quoiqu'ils N'en vaillent
GUÈRE LA PEINE. (Volt.)
— Ne valoir rien, Etre mauvais, n'avoir pas de valeur, de prix, de mérite, de qualité : Ce vin ne vaut absolument rien, ifn vieux poète, un vieil amant, un vieux chanteur et un vieux cheval ne valent rien. (Volt.) Il Etre nuisible : Ce remède ne vaut rien pour ce malade. Le grand air ne vous vaut hien. Le bon air de la campagne ne vaut rien pour les Parisiens pur sang. (Mme E. de (jir.) La passion est bonne comme auxiliaire; elle NE yaut rien comme règle. (J. Simon.) il Etre dangereux, méchant, malintentionné : C'eut un homme en dessous; il ne vaut Rien, La meilleure ne vaut rien. Il Etre de tuneste augure : Les faubourgs s'agitent, les ouvriers chôment et s'assemblent, cela ne vaut rien.
— Ne valoir pas un sou, pas un clou à soufflet, pas le diable, pas les quatre fers d'un chien, pas une pipe de tabac, /.as le ramasser, Ne valoir pas cher, Ne valoir guère, Avoir très-peu de valeur, au propre ou au figuré : Votre vin ne vaut pas le diable. C est un mauvais drôle qui ne vaut pas une pipe de tabac. La vraie vertu est iudulyente, et une femme qui ne sait pas compatir aux faiblesses W autrui ne vaut Pas cher. (E. Abum.)
Valets souvent ne valent guère.
La Fontaine.
— Valoir mieux, Etre préférable , avoir plus de valeur, plus de prix : Le bien vaut Mieux que le mieux; tout ce qui est le meilleur ne dure guère. (J. Joubert.) L'estime vaut Mieux que la célébrité, la considération vaut maux, que la renommée et l'honneur vaut mieux que tu gloire. (Chuinfort.) Nos enfants vaudront mieux que nous. (Chaleaub.) On peut valoir mieux que sa réputation, mieux que sa conduite, mais jamais mieux que ses principes. (Latenti.)
L'ignorance vaut mieux qu'un savoir affecté.
Boileau.
Il Impersonnellem. Il vaut mieux , Mieux vaut, Il est plus a propos, plus expédient : Il vaut mieux avoir des douleurs que des remords. (Voit.) Il vaut mieux se faire agréer que de se faire valoir. (J. Joubert.) llien n'est si dangereux qu'un ignorant ami; Mieux vaudrait un sage ennenii.
La Foktami.
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* Mieux vaut, tout prisé.
Cornes gagner que perdre ses oreilles.
La Fontaine.
Il Cela vaut mieux pislole qu'il ne valait écu, vaut mieux denier qu'il ne valait maille, Cette chose a été singulièrement améliorée, a singulièrement augmenté de valeur. Loc. vieillie.
— Savoir ce qu'en vaut l'aune, Connaître par expérience les difficultés, les inconvénients d'une chose : Ne plaides pas, croyezmoi : je sais ce qu'en vaut l'acne.
— Rien qui vaille, Rien qui ait de la valeur, rien de bon, rien d'utile : // n'y a bien qui vaille dans ce magasin. Il ne fait, il ne
dit RIEN QUI VAILLE.
— Faire valoir, Rendre productif : Faire valoir son bien. Il ne sait pas fairk valoir son argent. Charlemagne kit valoir ses domaines avec sagesse. (Montesa.) Il Tirer parti de : C'est trop souvent aux dépens de leurs devoirs que les hommes font valoir leurs droits. (S.-Dubay.) Les droits ne sont rien où n'est plus la force de les faire valoir. (Guizot.) [| Donner du prix, de l'apparence, de l'importance à : Il fait bien valoir tout ce qu'il dit. One imagination ornée et sage est le seul mérite qui puisse faire valoir un livre. (J. Joubert.) Le mérite de la difficulté vaincue n'est une qualité que là où elle fait valoir les choses, et non l'écrivain, (D, Nisard.)Xoi'n d'absorber tes formes, la couleur les fait resplendir et valoir. (Th. G.aut.) [| Vanter, exalter : Il fait trop valoir ses services. Il faut assaisonner un service de ce qui peut le rendre obligeant sans le faire valoir. (Eén.) |] Faire valoir sa marchandise, Proprement exalter, vanter les qualités de ce qu'on vend, et Fig. Vanter, exalter ce qu'on dit, ce qu'on fait, ce qu'on a : On ne fait des préfaces que pour faire valoir sa marchandise, n Se faire valoir, Faire ressortir ses qualités ou ses droits : On a le droit de SE faire valoir ce qu'on vaut et rien de plus. L'art de se faire valoir donne souvent plus d'éclat que ce qu'on vaut.
■(St-Evrem.) Il vaut mieux se faire agréer que de se faire valoir. (J. Joubert.)
— Autant vaut, Il s'en faut excessivement peu, c'est tout comme : Il est m6rt ou autant vaut. (Volt.) L'affaire est donc finie? — Autant vaut. (Regnard.)
Est-il disgracié? — Bien pis. — Mort? — Autantvaut.
La Chaussée.
— Vaille que vaille, Quoi qu'il en soit, quoi qu'il doive arriver :
Enfin, vaille que vaille,
J'aurais sur le marché fort bien fourni la paille.
Racine.
— Prov. Un liens vaut mieux que deux tu l'auras, Il vaut mieux tenir une chose que d'être réduit à eu espérer deux fois autant :
Ifn tiens vaut, ce dit-on, mieux que deux tu l'auras; L'un est sur, l'autre ne l'est pas.
Il Tant vaut l'homme, tant vaut la terre, Le produit d'une terre dépend du travail qu'on lui donne.
— Jeux. Tout coup vaille, Bien que le coup ne soit pas décidé : Le coup est douteux, mais l'on verra; jouez votre boule, tout coup vaille.
— Jurispr. Valoir ce que de raison, Avoir sa vuleur, son effet naturel : Acte lui en sera donné, pour à lui valoir ce que de raison.
Ii Donner et retenir ne vaut, Il faut se dessaisir de la propriété qu'on a, par un acte, abandonné & autrui.
— Comni. A valoir sur, A déduire de : Reçu 1,400 francs, À valoir sur plus forte somme qu'il me doit.
— v. a. ou tr. Fournir, procurer, produire, causer : Celte action lui A valu une réprimande. Cette terre me vaut 12,000 francs par an. Les seules questions que l'on a faites sur les choses ignorées ont valu souvent plus d'une découverte, (Bull.) Nous estimons moins les gens ce qu'ils valent que ce qu'ils nous valent. (Petit-Senn.) La mer Rouge parait devoir la couleur qu'elle prend parfois et qui lui a valu son nom a une algue microscopique.^. Maury.)
— Avoir autant de mérite, de prix ou de pouvoir que : Monsieur vaut bien Madame et Madame VAUT bien Monsieur. Pour former l'âme d'unejeune fille, toutes les religieuses du monde ne valent pas sa mère. (V. Hugo.) Quelle poésie vaut ta nature? (M»B L. Colet.)
A gens d'honneur promesse vaut serment.
Hate-toi, mon ami, tu n'as pas tant à vivre; Je te rebats ce mot, car il vaut tout un livre.
La Fontaine.
— Cela vaut fait, CeUt est si sûr et si prochain, qu'on peut le considérer comme accompli : // aura la place aujourd'hui; cela vaut fait. (Le Sage.)
— Le jeu ne vaut pas la chandelle. Proprement On joue si petit jeu, qu'on ne pourrait payer les frais d'éclairage avec le gain, et au ligure Cela ne vaut pas l'argent ou la peine qu'on y met.
— Prov. Un bon averti ou Un homme averti en vaut deux, Un homme bien et dûment averti doit être doublement sur ses gardes.
Se valoir v. pr. Avoir autant ou aussi peu de valeur, de mérite l'un que l'autre : Ces deux raisons se valent, car elles sont aussi mauvaises l'une que l'autre.
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— Gramm. L'Académie regarde valoir comme verbe actif quand il signifie procurer, d'où il résulte que, dans ce sens, le participe valu doit s'accorder avec le complément direct quand celui-ci le précède : La gloire que ses exploits lui ont value rendra son nom immortel. Mais comme elle considère toujours valoir comme verbe neutre dans le sens propre de valeur, on doit laisser valu invariable dans les phrases comme celle ci : Ce cheval ne vaut pas aujourd'hui les deux mille francs qu'il a valu autrefois. Cette décision ne s'accorde guère avec celle que la docte assemblée a formulée sur le participe coûté ; mais on est forcé de reconnaître qu'elle paraît fondée en raison, et l'on regrette seulement qu'elle n'en ait pas porté une semblable sur coûté. Ajoutons, toutefois, qu'il est impossible de méconnaître, comme l'a fait l'Académie, le sens actif du verbe valoir quand il signifie égaler en valeur, comme dans des phrases telles que celle-ci : Madame vaut bien Monsieur. Le jeu ne vaut pas la chandelle.
— Allus. hist. Paris vaut bien une me»»o. V. MESSE.
— — Allas, littér. Le reste ne vaut pas I honneur (l'être nommé. V. RESTE.
VALOIS, en latin Valesiensis Ager , petit pays de l'ancienne France, dans la province de l'lle-de France, entre le Soissonnais au N., la Champagne à l'E., la Brie au S., le Beauvoisis à l'O. Le chef-lieu du Valois était Ves, puis Crespy. Les autres localités principales étaient : Senlis, Villers-Cotterets , Compiègne et La Ferté-Mïlon. Ce pays était habité, à l'époque de la conquête romaine, par les Vadicasses et fut compris dans la Belgique Ile ; au xne siècle, il porta le nom de comté de Srespy ; en 1284, il fut donné par le roi Philippe le Hardi à son fils Charles, père du roi Philippe VI et tige de la branche capétienne de Valois. En 1402, il fut érigé en duché-pairie par Charles VI, en faveur de son frère, Louis d'Orléans. Louis XIV donna le Valois à son frère Philippe d'Orléans, dont la maison conserva ce duché jusqu'à la suppression des apanages en 1790. Le Valois est aujourd'hui compris dans la partie orientale du département de l'Oise et dans la partie méridionale de celui de l'Aisne.
VALOIS (maison royale des), dynastie française qui a occupé le trône depuis Philippe de Valois (13Î8) jusqu'à Henri III (1589). V. France.
VALOIS (Charles, comte de), troisième fils de Philippe le Hardi. V. Charles.
VALOIS (Charles de), duc d'Angoulême, fils naturel de Charles IX et de Marie Touchet. V. Angoulème.
VALOIS (Marguerite de), sœur de François I". V, Marguerite.
VALOIS (Marguerite de), première femme de Henri IV. V. Marguerite de France.
VALOIS (Henri de), en latin Valcyiu», historiographe du roi, né-» Paris en 1603, mort en 1676. Il suivit d'abord la carrière du barreau, pour se conformer aux volontés de son père, mais il ne tarda pas à l'abandonner pour se livrer entièrement à la culture des lettres grecques et laiines. Il acquit une renommée européenne et fut chargé, par l'assemblée du clergé, de publier une édition des auteurs grecs qui ont écrit l'histoire de l'Eglise. Mazarin lui accorda ensuite une pension et le fit nommer historiographe du roi (1654). On lui doit une édition très-soignée des Histoires ecclésiastiques d'Eusèbe, de Socrate, de Sozomène,de îhéodoret et d'Evagre, enrichie d'une traduction latine, de notes et de dissertations savantes (Paris, 1C59- 1673), une édition d'Ammien Mureellin (1636) et divers opuscules réunis par Burmann, sous le titre de H, Valesii emendationum libri V, et De critica libri II (Amsterdam, 1740).
VALOIS (Adrien DE), historien, frère du précédent, né à Paris en 1607, mort en 1692. Il reçut une brillante instruction et s'attacha spécialement à étudier l'histoire de France et tous les monuments qui s'y rapportent ; puis il se fit connaître avec éclat par un ouvrage intitulé Gesta Francorum (Paris, 1646-1658;) c'est une histoire très-savante des Gaulois et des Francs depuis le règne de l'empereur Valérien jusqu'à la déposition deChildéricII (de 254 à 752). Notre histoire lui est encore redevable d'un autre ouvrage important pour la connaissance des deux premiers siècles : Notitia Galliarum (1G76). En 1664, il avait été nommé historiographe du roi. On a encore de lui les ouvrages suivants : P. Montmauri opéra in II iomos, illustrata a Quinto Januario Frontone (Paris, 1643, in-4°), opuscule qui, sous ce titre pompeux, ne renferme que deux pièces de vers latins, accompagnées de notes satiriques et d'épigrammes sur le fameux parasite Mouimaur ; De basilicis quas primi Francorum reges condiderunt (Paris, 165S-1660, 2 vol. in-8») ; De laudibus Ludovici a Deo dati régis (Paris, 1664, in-4») ; De coena Trimalcionis (Paris, 1666, in-8°) ; De vita H. Valesii (Paris, 1677, in- 12) ; Notitise Galliarum defensio (Paris, 1684, in- 40). Il avait, en outre, édité deux vieux poèmes latins, intitulés : De taudibus Berengarii Augusti et Adalberonis episcopi Laudunensis ad Robertum, regem Francorum, Carmen (Paris, 16G3, in-so).
VALO
VALOIS DE LA MAHE (Charles DE), érudit français, fils du précédent, né à Paris en 1671, mort dans la même ville en 1747. Numismate distingué, il devint membre de l'Académie des inscriptions et publia plusieurs ouvrages remarquables, entre autres une Dissertation sur les amphictyons, une Histoire de la première guerre sacrée, une Histoire de la seconde guerre sacrée et divers mémoires (dans le Recueil de l'Académie des inscriptions). On lui doit aussi, sous le titre de Valesiana (Paris, 1694, in-12), la publication de remarques historiques et critiques de son père.
VALOIS (Louis Le), jésuite français, né à Melun en 1639, mort à Paris en 1700. Admis dans l'ordre de Loyola, il s'adonna d'abord à l'enseignement, puis dirigea des communautés et fit à Pnris des retraites qui eurent du succès. Le Valois devint confesseur du petitfils de Louis XIV et supérieur de la maison professe de la rue Saint-Antoine. On a do lui des lettres, des exhortations et des entretiens sur des sujets pieux, lesquels ont été réunis sous ce titre : Œuvres spirituelles (Paris, 1758,3 vol. in-12).
VALOIS (Yves), physicien et théologien français , né à Bordeaux en 1694 , mort vers 1765. E .tre chez tes jésuites, il occupa, à l'Ecole de La Rochelle, une chaire d'hydrographie pendant plus de trente ans et consacra ses loisirs à la composition de livres destinée à propager parmi les marins l'instruction
i religieuse. Ses principaux ouvrages sont : la Science et la pratique du pilotage(L>u- Rochelle,
1 1357,in-40); Conjectures physiques sur ta cause, la nature et les propriétés du set marin (1744); Observations sur les auteurs qui cachent leurs noms par de mauvais motifs (1749, in-4») ; Entretiens sur les vérités fondamentales de la religion, pour l'instruction des officiers et gens de mer (1747, 2 vol. in-12); Entretiens sur les vérités pratiques de la religioiK{Lyoa
' 1751, 2 vol. in-12) ; Avis sur l'incrédulité moderne (1766, iii-s") ; Avis charitables à ceux qui ont le malheur de vivre dans l'incrédulité (1767, iu-8°), etc.
VALOIS (Achille-Joseph-Etienne), sculpteur, né à Paris en 1785, mort dans la même ville en 1862. Elève de Louis David et de Chaudet, il fut, à ses débuts, protégé par la maison de Bourbon et obtint le second grand prix de Rome en 1808, sur ce sujet : Dédale mettant des ailes à son fils Icare. Valois n'alla point à Rome. Il se mit à parcourir la France, allant de château en château faire des bustes mieux payés que réussis. Eu 1814, il exposa le Buste de Louis XVIII, qui eut un succès d'actualité. Puis vinrent les bustes de la Duchesse d'Angoulême, de Chaudet et de la Comtesse de *** ; un Groupe d'enfants, destiné à la fontaine de la place delà Bastilie,et une Etude de jeune fille qui lui valut une médaille d'or. Quelque temps après, il fut nommé statuaire de Mm8 la duchesse d'Angoulême et chevalier de la Légion d'ho.meur. Depuis ce moment jusqu'en 1848, ii exécuta une longue série de travaux lucratifs. Nous citerons, entre autres : le Maréchal de camp Richer-Drouet, buste en marbre ; la Duchesse d'Angoulême, François Ier, bustes en plâtre ; Louis, duc d'Orléans, d'après Cressent ; le Général de division comte de Cauluincourt, bustes en marbre ; Statue en marbre du roi Charles V, dit le Sage ; Statue en plâtre de Godefroy de Bouillon; les Statues en marbre de Louis X VI et de Michel de L'Hôpital: Léda, bas-relief (1S47), etc. Ces morceaux nombreux forment à peine la moitié de ceux que l'on doit au ciseau trop fécond de Valois, et, bien qu'ils soient les moins faibles de l'œuvre tout entier, ils n'attestent qu'un médiocre talent.
c ' VALOIS (Jeanne de), célèbre aventurière, qui joua un grand rôle dans la fameuse affaire du collier. V. La Motte (les époux).
VALOMBBEOSE, vallée d'Italie. V. Val-
, LOMBREUSE.
j VALON (À) loc. adv. (va-Ion). Navig. A ', la dérive, sans gouverner : Aller A valon.
— Fig. Sans effort pour tvsister : Quoi que < nous fassions, il nous faut passer par où les autres ont passé, et le plus prudent serait de ! se laisser aller À valon, comme disent les bateliers. (A. Kart',) j VALON (Charles-Marie-Ferdinand-Alexis, ! vicomte de), littérateur français, né à Tulle ', en 1818, mort en 1851. Il fit ses études à \ Paris, puis, au sortir du collège, ilparcourut Je midi de l'Europe, et à sou retour il publia le récit de ses excursions sous ce titre : Une année dans le Levant (Paris, 1847, 2 vol. iii-8»). Des articles sur l'Espagne et s"r l'Exposition universelle avaient attiré l'„ttention du public sur son nom, lorsqu'il trouva lu mort dans une puetie de plaisir : il se noya dans une promenade en bateau sur un étang. On cite, parmi les principaux travaux de ce littérateur : V Andalousie à vol d'oiseau (Revue des Deux-Mondes, 1" décembre 1849) ; les Prisons de France sous le gouvernement républicain, Aline Dubois, le Châle vert, le Marquis de Favras dans le même recueil ; Catalina de Eranso et François de Civitle, dans le Musée des familles.
VALONA, ville de la Turquie d'Europe. V.
AULONA. •
VALONIEs.f. (va-lo-nl— deValon, n.pr.i.
Bot. Syu. de physvdre.
VÀLO
VALOR (Ferdinand de), appelé par les
Anill 'S Molinmtned Aben-llumeyu, dernier roi de Grenade, né bu 1543, mort eu 1569. Il descendait de^ AI-llaniHr, djuaslie qui n vuit occupé pendant deux cent cinquante-cinq ans le trône de Grenade, etjonissait, quoique cm ludique, d'une. grande po|inl:i t-iié parmi les Manies. Lorsque ceux-ci se révoltèrent i-orure Philippe II, en décembre 1568, il s'empressa d'embrasser la religion mahométane et fut élu par. ses compatriotes roi de Grenade et de C'ordoue. Après quelques succès sur les Espagnols, il n'éprouva que des revers et chercha «lors à négocier sa soumission ; mais plusieurs de ses officiers se soulevèrent contre lui, s'emparèrent de sa personne et retrunjrlèrent. Su mort tragique a fourni au poète espi.ynol Marlinez de La Ro-a le sujet d'une tragédie, Aben-Humeyu, représentée en 1830 au théâtre de la Porte,-Saint-Martin, à Paris. >
VALORADIEs. f. (va-lo-ra-dl). Bot. Genre de lames, il»- la famille des plombaginées,. comprenant trois espèces, qui croissent en Chine Ht en Abyssinie.
VÀlORDE ou YALLORBE, village de S|ii*-t\ cuni.iu de Viuid, à 18 kilom. S.-O. d'O 1)8, sur la rivière de ce nom, qu'on y pusse sur un beau pont; 1,500 hab. Aux enviions, source de l'Orbe et belie grotte des Fées.
VALOREM (AD), locution adv. V. AD
VAl.OHKM.
VALOHl, illustre famille sénatoriale de Florence. Une branche de cette famille s'est établie en France dès le xive siècle ; une amie était déjà fixée à Venise. Les principaux personnages de ce nom sont: "
VALOK1 (Barthélémy), dit l'Ancien, homme d'Ei-i Uureiilin, né en 1354, mort en 1427. Successivement prieur eu 1393, U02 et 1408, gonfalonier en 1420, six fois membre duconseil des Dix, de. justice et de guerre, il lut choisi eumme auibassad-ur dans toutes les afl'aires qui nécessitèrent l'envoi d'un citoyen de la république auprès des souverains étrangers, notamment auprès du roi Ladislas (1408) et du pape Martin V (H18 et 1422), et s'acquitta toujours avec honneur de ses missions. C'était un homme très - instiuit et d'une grande sagacité politique.
VALOltl (Franeesco), homme d'Etat, né à Florence en 1439, mort en 1498,1e plusgrand citoyen de Florence, suivant Machiavel. Intendant de la monnaie, deux fois prieur du peuple, quatre fois goufulonier de justice, ambassadeur à plusieurs reprises, commissaire gênerai à Pise, membre «lu conseil des Dix, il porta dan.-- les affaires publique-- l'élévation dame que lui avait donnée l'étude de la philosophe platonicienne. Intimement lié avec le moine Savonarole, Valori désirait vivement la réforme des abus dénoncés par ce dernier ; mais il ne put voir s'accomplir son dessein. Après avoir \ainement tenté de sauver son éloquent et fougueux ami, il fut la victime de l'émeute populaire soulevée contre Savonarole et les ennemis des Médicis. Les factieux l'assassinèrent sur les marches de son palais.
VALORI (Nioeolo), historien et homme d'Etat floreiiiin, neveu du précédent, né en 1464, mort vers 1530. Successivement intendant de la monnaie, trois fois prieur du peuple, membre 'du conseil des Dix, commissaire gênerai à Fi.sioie et en Roinague, amba-sadeuren Fiance, il plut tellement à Louis XII que ce prince lui conféra les titres de chambellan et de conseiller ei l'anoblit. Valou se trouva plus tard impl.qué dans la conspiration de Boscoli ei de Cnpponi et fui. condamné à une réclusion perpétuelle. Giàee à l'intervention de Léon X, qui venait n'être élevé au p..ntificut, il recouvra ta liberté. Député à Rome, il se trouvait dans cette ville luis du .-ae de 1527 et y fut fuit prisonnier. Un a de lui une Vie de Laurent de Médicis (Florence, 1749, iu-8u), qui a été traduite eu français par Goujet (1761).
VALOLU (Baccio), érudit, né à Florence en 1535, inurte.il 1006. Apres avoir fuit ses études de droit, il uevipi tour à tour commissaire de Fistule et de Pise. conseiller secret du grand-duc Ferdinand l»r et sénateur. Sa réputation de savoir solidement établie lui valut, eu 1589, la place de bibliothécaire de Saint-Laurent.
En 1687, la branchealnée delà famille Valori s'éie^iiit dans la personne d'Alexuudre VALOHl, peut-neveu du précédent. Nous allons maintenant cher les principaux membres Ue la branche française.
VALOU I (Antoine d'EsTiLLY, marquis de), capiiuine français qui vivait au xvie siècle. D'abord page de Marguerite de France, il s'ailacha a la fortune ue- Henri IV et se signala dans toutes les batailles que livra ce prince, notamment à Ivry.
VALOU! (Charles, comte de), ingénieur français, petit-neveu du précédent, né à Paris en 1658, mort en 1734. Lieutenant au régiment de Champagne (1674), capitaine en Normandie (1(177), ingénieur de siège, briga.uer des armées du roi (1701), maréchal de ou m,., ingénieur en chef, directeur des places fortes de Picardie et de Flandre, enfin, lieutenant général vers 1710, il figura a plus de trente-six siégea et dirigea les attaques con-
VALP
tra neuf places fortes du premier ordre. Il a laissé une relation curieuse et devenue rare du siège de Douai.
VALORI ( Louis-Gui-Henri , marquis de), général français, rîls du précédent, né à Menin eu 1692, mort en 1774. Il fit, sous les ordres de son père, ses débuts dans la carrière militaire aux sièges de Fribourg et de Landau , et, c'est Inique Villars choisit pour porter à Louis XIV soixante - treize drapeaux pris sur l'ennemi. Le cardinal Fleury, qui avait, en maintes occasions, éprouvé la tact et la prudence de Valori, lui confia une mission fort délicate en Prusse, et Valori s'acquitta de son ambassade avec tant de dignité et d'aménité qu'il s'acquit pour toujours la sympathie de Frédéric le Grand. On prétend que ce prince, en apprenant la raort de Valori,,. prononça ces paroles élogieuses : • Les hommes de cette trempe ont été rares en ce siècle 1 «
VALOBl (François-Florent, comte de), général français, né à Toul en 1763, mort en 1822. Capitaine des gardes du corps en 1789, il se signala par son dévouement â la famille royale, dans les journées des 5 et 6 octobre. Licencié avec son corps, il continua de défendre avec ardeur la cause monarchique, aussi fut-il choisi pour remplir le rôle d'un des trois courriers qui précédaient la voiture de Louis XVI pendants» fuite il Varennes (juin 1791). Arrêté au retour du roi, mais rendu à la liberté au mois de septembre, il èmi^ra en Prusse, devint aide de camp du général Knlkreulh, et rentra, en 1814, avec Louis XV11I, qui le nomma maréchal de camp et grand prévôt du département du Doubs. On lui doit : Précis du voyage à Vareimes (1SI6, in-go).
VALORI (Henri-Zosime, marquis de), littérateur français, de la même famille que le précédent, né à Chàteaurenard, en Provence, en 1786, mort dans la même localité en 1859. Il suivit sa famille dans l'émigration et, se trouvant sans ressources, il chercha dans le travail les moyens d'assurer son existence. Valori était de retour en France et il avait djx-h-iit ans quand eut lieu l'exécution du duc d'Elighieti, contre laquelle il publia une protestation fort agressive, qui lui valut un emprisonnement de deux ans à Tours, Rendu à la liberté, il vint se fixer à Paris et composa avec D -Saugiers le Mariage extravagant ; mais ses opinions royalistes hautement affichées lui rirent interdire le séjour de la capitale , et ii revint dans son pays natal, qn il habita presque constamment jusqu'à sa mort. On a de lui Œuvres poétiques (Paris, 1830, in 80) -, il a publie Mémoire* et négociations du marquis de Valori (1820, 2 vol. iu-go) et le Journal militaire de Henri IV (1821 in -S»). * '
, VALORI (le marquis Charles de), prince RuSTrctuîixi, né k Paris en 1820. Ancien élevé de l'Ecole polytechnique, il n éle sous l'Empire membre du conseil général de la Loireluférieure. Le marquis de Valori s'est fait connaître par quelaues brochures politiques, telles que : Coup d œil sur la situation de la France duus l'équilibre européen (1845, in-8«) ; De la réforme administrative (1848, in-8°) ; là, Fusion et les partis (1849, in-18j. Citons encore de lui : Mémoire sur tes inondations (1857, in-8°); Roger, poème de la vie (1863. in-8"), etc.
VALORI (Henri, prince Dis), publiciste français, ne à Aix (Bouches -du -Rhône) en 1833. 11 servit dans lu cavalerie avec le grade d'officier, puis devint chambellan du grand-duc de Toscane. Toul dévoué aux idées légitimistes et catholiques, il a publié pour les défendre un grand nombre de brochures, parmi lesquelles nous dter.uis : le Grand-duc Ferdinand IV et la l'oscane (1859, in-8°); la Maison de Lorraine et l'opinion publique (18B0, ln-8°); l'Autriche et le Piémont (1860, in-so); les Droits du peuple (1860, in-S°); le Pape et la confédération italienne (1859, in-8»); le Piémont au ban de l'Europe (1860, in-16); la Question russe (18S0, in-30) • Jjlie triple alliance contre l'Angleterre , l'islamisme et la Révolution (1860, in-80); Rome et l'empereur François-Joseph (I861, in-8»); Lettre d'un guelfe à un gibelin (1861, in-8<>); {'Autriche et ta Hongrie (1862, in-8°); le Comte de Persiyuy, l'Angleterre et la démocratie (\%&Z, in-8"); 1' 'Expédition du Mexique réhabilitée ( 1804, m-S°;; le Scandinnvisme pratique (1864, in-8°); l' Unité politique et la décentralisation en Europe (1865, in-8°) ; Infaillibilité du pape (1870, in-8»); le Hanovre et i unité prussienne (1870, in-s») ; Lettres-d'un patient (1870, in-18); Henri V et les princes d Orléans (1871, in-12); le Comte de C/iristen (1872, in-12) ; la Parole est à la France! (1873, in-80), écrit dans lequel il annonce qu'avec le çetuur de la royauté traditionnelle on verra se réconcilier tous les Français et marcher sous le même drapeau M. Paul ne Cassagnuc et M. Gambetta, les radicaux et les légitimistes, les orléanistes et les bonapartistes, les représentants de toutes les religions, de toutes les sectes, da tous les principes; Lettre an sujet de M. le baron de Chubert (1815, iu-80), etc.
VALPARAISO, c'est-à-dire Vallée du Paradis, ville et port de l'Amérique du Sud, dans la république du Chili, chef-lieu de la province du même nom, et h 125 kilom. N.-O. de Santiago, ;ur l'océan Pacifique, par 330 t'
VALR
delatit S, et 74° 2'delongit. 0.; 80,000 hab. Consulats étrangers ; chantiers de construction maritime. C'est un des ports de commerce les plus importants de lu côte du Pacifique et le principal marché de la république du Chili. Valparaiso est situé au fond d'une rade magnifique et sûre qui lui sert de port naturel et qu abritent les dernières ramifications des Cordillères. Cette rade, d'une entrée facile, est éclairée par un phare à feu fixe avec étincelles de minute en minute; malheureusement, on,ne voit pas encore dans un port de celte, importance les appareils nécessaires à l'embarquement et au débarquement des marchandises, qui sont transbordées en rade à l'aide de. chalands ou lanches. C'est par ce port qu'arrivent au Chili la plus grande partie des articles manufacturés d'Europe et que s'exportent la plupart des produits du pays. Les principaux articles d'exportation sont : les cuivres bruts, les cuirs de bœuf, la farine do froment, la laine, les bois du < hili, l'argent en barre, les noix et les pommes da terre. L'importation a surtout pour objet les fers, le calicot, les rails, les locomotives, les cotonnades, les soieries, les m-ubles, les habits confectionnés, la quincaillerie, les articles de Paris, etc.
Valparaiso est une ville élégante, mais irrégulière ; elle est située, en effet, au pied des dernières hauteurs de la Cordillère, qui viennent en quelque sorte se perdre à pic dans -la mer, de telle sorte que l'emplacement do la ville a été conquis tantôt sur les masses de granit de la Cordillère, tantôt sur la mer. 1. a plupart des maisons sont construites en bois, afin qu'elles puissent mieux résister aux tremblements de terre, malheureusement trop fréquents sur ces rivages du Pacifique. Les principaux établissements publics de Valparaiso sont : la Bourse, le tribunal de commerce, les vustes magasins élevés pour l'entrepôt de la douane, l'hôpital national, l'hôpital de la marine française, celui de la marine anglaise et le théâtre. En 1543, Valparaiso n'était qu'un port désert, lorsqu'un navire, envoyé du Pérou pour porter des provisions de guerre et de bouche à Pedro Valdivia, aborda sur ce point de la côte. L'incendie de Santiago et l'heureuse situation de cette rade y attirèrent quelques pêcheurs; ur. village se forma et la rade fut fréquentée de 1 lus en plus chaque jour. En 1682, ce village fut déclaré place de guerre et muni de quelques fortifications, destinées k la défendre contra les pirates et les corsaires. En 1802, Charles VI donna a Valparaiso le titre de cité; mais l'imjiortance de cette ville date seulement de 1811, époque ù laquelle le gouvernement révolutionnaire déclara qu'à l'avenir le Chili commercerait librement avec tous les pays du inonde.
VALPEUGA, bourg du royaume d'Italie, province et à 40 kilom. N.-O. de Turin, district d'Ivrée, mandement de Cuorgne; 3,100 hab.
VALPERGA OI CAMJSO (Thomas), astronome et orientaliste italien, né à Turin en 1737, mort dans la même ville en 1815. Successivement marin à Malte et prêtre de l'Oratoire à Naples, il revint dans la capitale du Piémont en 1768, s'y adonna tout eniier aux sciences et aux lettres, et devint directeur de l'observatoire de Turin et président de l'Académie des sciences de cette ville. Caluso est un des savants dont s'honore le plus sa patrie. Son buste est placé dans la bibliothèque de Turin, qu'il a enrichie de manuscrits et de livres précieux. Voici ses ■ principaux ouvrages : Littérature) coptics rudimeuta (Parme, 1783, iu-8u); Délia poesia (1806, in-41»); Laiina cannina,cum specimine. GrtBCorum (1807, in-8°); Principes de philosophie pour les initiés aux mathématiques (1811, in 80). Ses travaux sur les mathématiques et l'astronomie sont renfermés dans les Mémoires de l'Académie de Turin et les Mémoires de l'Jnstitut de France. ,
VALPY (Richard), écrivain anglais, né dans l'Ile de Jersey en 1754, mort en 183C. Il termina ses études à l'université d'Oxford et fut nommé, en 1781, directeur de la yrammarschool de Reading, dans le Berkshire, à la tête de laquelle ii demeura jusqu'en 1S30. Dans ces modestes fonctions, il montra les connaissances d'un véritable érudit et composa un grand nombre d'ouvrages élémentaire!-, notamment une Grammaire grecque et une Grammaire iu(iue,qui sont encore usitées de nos jours dans les écoles anglaises. Il avait aussi traduit en anglais quelques tragédies des grands poëtes grecs.
VALPY (Francis), grammairien anglais, flls du précèdent, né vers 1780. Il s'est fait avantageusement connaître par les ouvrages suivants : Anulectu minora' yrxca (1803); Dictionnaire étymologique de la langue latine; Gradus ad Parnassum (1844, 6e édit.); Heures viryiliennes ou ï'b'tymologie des mots de l'Enéide (1850).
VALPY (Abraham-John), savant typographe anglais, frère du précédent, né en 1787, mort en 1855. Au sonir de l'université d'Oxford, il-publia un Excerpla des épitres de Cicéron (1804, in- 12). Devenu imprimeur, il fit paraître le Classicol Journal (1810); le Pamphlétaire ou Collection des pamphlets du jour (de 1813 à 1828) et une foule d'ouvrages classiques ayant trait à l'histoire ou aux beauxarts.
VALRÉAS, bourg de Fiance (Vaucluse),ch.-1.
VALS
de canl., arrond. et a 35 kilom. N.-E. d'Orange; pop. a^gl., 3,164 hab. — pop. tôt., 4,675 hab. Nombreuses filatures de cocons et de soie; fabrication de cartonnages, huile; chapellerie. Valréas a conservé jusqu'à nos jours ses anciennes murailles flanquées de tours et percées de meurtrières. Au centre de la ville, on remarque la tour de l'Horloge, les ruines du château Robert et l'église paroissiale. La nef et l'abside de ce dernier édifice sont du xne siècle, ^a façade appartient au xiv'6. La porte principale et la porte méridionale sont décorées, la première d'élégantes colonnettes, la seconde de remarquables sculptures. L'église de Valréns possède de beaux Vases sacrés et un bon tableau sur bois, représentant la Circoncision. Valréas renferme encore huit autres églises ei un hôtel de ville assez monumental, ancien hôtel Siméon, construit' par le marquis de S.niiane. En dehors des murs de Valréas s'étend un grand boulevard, planté d'arbres, servant de promeuade publique.
Valréas fut habité, sinon fondé par les Romains. Suivant les uns, le nom de la ville viendrait de la contraction du nom de Vnlerius, riche patricien, qui y aurait fondé la prem,ère villa; suivait) les autres, Valréas a (irait une origine purement provençale. Dès le ville siècle, un certain nombre d'habitations se groupèrent autour d'un monastère situé sur remplacement de la ville actuelle. Le village primitif devint rapidement nnecité que se disputèrent longtemps le pape et les Dauphinois. Valréas fut définitivement cédé au pape Nicolas V. en 1540, en échange de Pierrelatie. Les pontifes eu tirent des lors le chef- lieu de l'une des trois judnntures du cointai et l'entourèrent de remparts. Les guerres de religion firent subir 11 Valruas plus d'un désastre; en 1562, le baron des Adrets s'en empaia et en passa la garnison au fil de l'épée, en représai les du nia-sacre des protestants d'Orange pur lea catholiques. Valréas fut repris la même année par le comie de La Mise. Depuis cette époque, il n'a joue aucun rôle dans l'histoire. Valréas est lu patrie du célèbre cardinal Maury.
VALREY (Eugénie-Marie Gadde, dame So- LER, connue sous le pseudonyme de Max), romancière française, née en Bretagne, umrie à Pans en 1865. Elle joignait aux grâces do la femme une intelligence virile. Max Valrey.dont l'existence fut agitéeel tourmentée, se rendit à Paris et se voua à la liuerninre. Femme de beaucoup d esprit et u'nit e»prit sérieux, elle avait de remarquables qualités de penseur et d'écrivain. Elle iiefemiii lu ductruie de l'egalite de In femme et voulait la liberté de la femme au même degré que celle de l'homme, mais salis uller trop loin dans le développement de ses idées. Par la loyauté da son caractère et par sou talent, elle avait su se faire de nombreux anus. Max Vairey débuta en 185S dans la Revue des U<-ux-Muudes par Marthe de Mwitbrun, œuvre de sentiment qui fut justement appréciée et parut en volume (1857, iu-12). Elle publia successivement ensuiie des éluder plus vigoureuses et plus complètes qui lui acquirent une pince distinguée dans tes lettres : les Filles sans dot (1859, iu-12); Ces pauvres femmes! (186Î, in-12) ; les Victimes du uiariuye (i863, iu-12);. les Confidences d'une puritaine (1865, in-12>, son dernier et le plus remarquable de ses ouvrages.
VALROMEY, en latin Vallis rûtnana, petit pays de l'ancienne France, dans le Bugey; chef- lieu Chàteauneuf, puis Champagne. U appartint pendant longtemps à la maison de Savoi , qui le céda à la France en 1601, par le imite de Lyon. Il fut érigé en duché par Louis Xlll en faveur ue la maison d'Urte; .de nos jours, il fait partie du département de l'Ain.
VALS, bourg et commune de France (Ardèclie), eaut. d'Aubenas, arrond. et à 32 kifcm. N.-O. de Privas, sur la Volaue et près de ion confluent avec l'Ardeche ; pop. «ggl., 1,666 hab. — pop. tôt., 3,240 hab. Nombreuses filatures de cocons, moulinuges de soie. Sources d'eaux minérales froides, carbouatées, sodiques, gazeuses; plusieurs da ces sources ont les mêmes propriétés .que celles de Vichy, et depuis plusieurs années fournissent à l'exportation un nombre considérable de bouteilles, dont l'usage ae propage de plus en plus. Le bourg est bâti dans un charmant vallon, entouré de montagnes pittoresques et fertiles, sur la Volane, qui y forme de charmantes cascades. Les enviions offrent des curiosités naturelles bien digues d'attirer l'attention des naturalistes et des paysagistes ; nous ne citerons que les belles chaussées de prismes basaltiques que baigne la Volane et te cratère d'un volcan éteint situé à 4 kilom. du bourg. O11 y trouve aussi les ruines d'un ancien château démoli eu'1627.
VALSA s. m. ^val-sa). Bot. Genre de lichejis.
valaaiuie ( la) , ancienne chartreuse de Suisse, dans le uant. et à 17 kilom. S. de Fribourg, dans un beau vallon, entra le lac d'Omeiiie et les vallées de Cluirmey et de Bellegarde. Cette chartreuse, fondée en 1294 et sécularisée en 1772, fut vendue aux trappistes en 1791. Ces derniers la quittèrent eu 1814 pour retourner dans leur ancienne maison de France. La congrégation de Saint- Sauveur l'occupa depuis 1818.
VALSALVA (Antoine-Marie), anatomiste îta-
YALS
lien, né à Imola en 1666, mort en 1723. Il montra dès se3 plus jeunes années un goût décidé pour l'anatomie et alla étudier la médecine a Bologne, où il devint l'élève et l'ami de Malpighi. Reçu docteur en 1687, il fut nommé en 1097 professeur d'anatomie et chirurgien de l'hôpital des Incurables de Bologne. La chirurgie lui dut d'importants progrès et l'anatomie des découvertes sur l'organe de l'ouïe. Il a laissé sur cette matière un ouvrage devenu classique en Italie : De aure kumana tractatus (Bologne, 170J), souvent réimprimé. On lui doit encore de nombreuses observations d'anatomie pathologique, qui eussent, sans doute, été perdues pour la science si Morgagni n'avait eu soin d'en enrichir son immortel ouvrage : De sedibus et causis morborum.
VALSE s. f. (val-se. — V. valser). Chorégr. Danse dans laquelle le cavalier et la dame tournent ensemble sur eux-mêmes et autour de la salle : Je conçois que les' mères aiment la valse, mais je ne conçois pas qu'elles la permettent à leurs filles. (Vigée.J Une vaLSk, dans un salon éclairé de mille bougies, jette dans les cœurs une ivresse qui éclipse la timidité. (H. Beyle.)
Quand votre corps fuyait, par la valse emporté, Sur vos bras nus courait une folle dentelle; Vous «aviez le grand art de plaire et d'être belle.
H. Cantel.
— Mouvement circulaire exécuté en se déplaçant : Les libellules exécutent leurs valses. (Th. Gaut.)
— Musiq. Air sur lequel on exécute une valse : Jouer, écrire une valse.
•"■- Encycl. La valse est l'une des danses les plus enivrantes qui se puissent voir. Elle s'exécute par couples, composés d'une personne de chaque sexe, qui, se tenant en quelque sorte embrassées, tourneutincessamment sur elles-mêmes et décrivent en même temps un grand cercle dans le lieu où l'on danse. II n'y a donc d'autres limites au nombre des danseurs qui peuvent prendre part à une valse que celles posées par l'espace dans lequel elles se meuvent. C'est un tableau vraiment magique que celui d'une valse exécutée par deux ou trois cents couples dans une immense salle de danse, toute scintillante de lumières et de dorures, aux accords d'un orchestre entraînant. On dit ordinairement que la valse nous vient de l'Allemagne, où il est certain qu'elle fait en quelque sorte partie des mœurs de ce pays ; mais nous verrons plus loin ce qu'il faut penser de cette assertion. C'est à partir de la fin du xvmc siècle, vers 1790, que la valse passa le Rhin et vint s'introniser en France, où, depuis lors, son succès n'a jamais faibli. Cela est si vrai que la valse, qui était d'abord uniquement 1 apanage des salons et des réunions du grand monde, s'est glissée rapidement dans le peuple, a fait irruption dans les bals publics et que cette démocratisation ne l'a pas empêchée de continuer à régner en souveraine dans les centres mêmes de la noblesse, de l'élégance et de la haute fashion, où elle est toujours la danse privilégiée.
Les descriptions de la valse, soit en prose, soit en vers, sont incalculables, et il serait difficile de dénombrer les écrivains que ce sujet a tentés. Voici ce qu'en dit Mme Elise Voïart : • L'Allemagije est la véritable patrie de la valse. D'une extrémité à l'autre de cette vaste contrée, elle règne en souveraine; c'est la danse la plus chère à la na-" tiou. Une musique harmonieuse en accélère ou en ralentit le mouvement. Simple comme toutes les danses primitives, elle a des grâces qui lui sont propres. Il y a dans l'attitude réciproque des danseurs quelque chose de fier et d'ingénu ; chacun est bien a sa place : l'homme soutient sa compagne, et, par un mouvement rapide et circulaire, semble l'enlever à tout ce qui l'entoure. La femme cèd^ à ce doux entraînement, et l'espèce de vertige que lui cause la valse donne à son regard une vague expression qui augmente sa beauté ou la rend plus touchante. ■
La valse est peut-être la danse dont l'exécution parfaite est la plus difficile. Elle exige tout à la fois, do la part de ceux qui s'y livrent, de la grâce, de l'entrain, de la souplesse, de la légèreté, de la précision, et l'on conçoit qu'il faut aux danseurs une grande habileté et beaucoup d'adresse' pour ne pas se jeter les uns sur les autres en tournoyant ainsi sans cesse avec une rapidité parfois vertigineuse. Aussi, les bons valseurs sontils particulièrement très-rares et fort recherchés des maîtresses de maison. D'ailleurs, la première difficulté pour un danseur ou une danseuse qui se livre k Ya.valse est de vaincra l'espèce de vertige qui semble devoir s'emparer de lui infailliblement par le fait de cette espèce de tourbillonnement perpétuel. De plus, l'allure rapide de la valse et son pas tout k fait particulier exigent une précision étonnante et voisine de la perfection ; car il . y a presque danger pour les valseurs inhabiles, et leur maladresse peut les exposer à des accidents fâcheux, k des chutes qui sont au moins ridicules, k supposer inéine qu'elles ne soient point périlleuses. Nous allons voir, d'ailleurs, ce qu'est la valse au point de vue purement technique et chorégraphique.
f La valse, dit Blasis dans sou Manuel complet de la danse, se compose de deux pas, chacun de trois temps par mesure, suivant
VALS
les principes de la musique. Chacun des deux pas complète le demi-tour de valse, qui dure une mesure; ces deux pas ensemble forment le tour entier de vahe, exécutés en deux mesures. Ces deux pas diffèrent l'un de l'autre, quoique pour ainsi dire entrelacés, si l'on peut s'exprimer ainsi, et de manière à empêcher les pieds de l'un de toucher ou de faire mal aux pieds de l'autre ; ainsi, pendant que le cavalier fait un pas, la dame en fait un antre, de manière que tous les deux s'exécutent sans interruption, ainsi que nous le démontrerons clairement. Pour exécuter un de ces pas de valse, placez les pieds à la troisième position, le pied gauche en avant, puis portez le pied droit en arrière, d'une manière naturelle, sans le tourner en dehors; pincezle en quatrième .position (premier temps); portez de suite le pied gauche en avant, en tournant la pointe en dedans et la croisant en avant de l'autre pied pour arriver en quatrième position, le pied se levant immédiatement et le corps en même temps exécutant un demi-tour; placez le pied pour la quatrième position (second temps); ce pied, que vous avez levé pendant le temps précédent, doit alors se placer devant l'autre en troisième position et en dehors, reprenant su position ordinaire et pour achever sa troisième mesure. Le pas, s'exécutant ainsi en faisant un demi-tour, portera la face du danseur où était son dos précédemment. Pour faire le second pas et exécuter le second demi- tour en même temps, ce qui complète le tour de valse, tournez en dehors du coté du pied gauche, la pointe en dedans et le corps se mouvant en même temps en rond, placez-le en seconde position (premier temps); mettez le pied droit derrière le gauche, en continuant toujours à tourner le corps (second temps); portez alors le pied gauche devant vous, la pointe en dedans, le corps tournant aussi pour arriver au demi-tour au moment où vous élevez le pied gauche en seconde position pour exécuter la troisième mesure du second pas et le second demi-tour qui complète le tour de valse. On peut voir par ces détails que la valse se compose de deux pas, chacun contenant trois temps, ce qui fait six tours pour deux pas, ou un tour complet de valse exécuté pendant deux mesures; et aussi, lorsque l'un des deux valseurs avance le pied droit pour commencer le premier pas décrit ci-dessus, l'autre valseur tire en même temps le pied gauche en arrière pour entamer l'autre pas, laissant à l'autre la facilité d'avancer ses pieds; tous les deux alors exécutent le demi-tour; puis, l'un répète le pas que l'autre vient d'exécuter", dans le second demitour, pour achever le tour de valse. Quand on est placé pour valser, afin de bien entamer le pas et que les deux danseurs soient à l'unisson, la dame à la droite du cavalier, le cavalier doit partir du pied gauche, en tournant devant sa danseuse, comme si c'était sa première position, et, quant au second pas décrit précédemment, il est toujours exécuté par la personne qui a le dos du côté où la valse commence, celle qui est en face de ce côté exécutant toujours le premier pas. Pour bien valser, tous les temps doivent être exactement marqués, et il faut faire attention à ne pas tourner sur les pointes, dans les mêmes temps, cette méthode ne pouvant convenir à deux personnes qui tournent ensemble ; chaque tour de valse doit étie clairement et complètement exécuté, de manière qu'eu terminant les valseurs arrivent toujours a l'opposite du côté où ils étaient en partant, sans quoi le cours ue la valse ne pourrait être suivi et les valseurs se jetteraient infailliblement ies uns sur les autres, ou sur ceux qui sont au milieu de la salle, ce qui arrive souvent. Il fatit se garder des mauvaises attitudes, plus indécentes les unes que les autres, et qui ont pris naissance dans la mauvaise compagnie. Le cavalier doit tenir sa daine par lu main droite et par la ceinture, ou par les deux mains si elle valse difficilement; ou autrement, il serait mieux pour un cavalier de porter la main droite de la dame dans sa main gauche. Les bras doivent être arrondis, ce qui est plus gracieux, et sans mouvement; clans cette position, on doit se tenir aussi éloigné de sa dame que la longueur des bras le permet, afin de ne la gêner en rien. »
Revenons main tenant à l'origine de la valse. Elle n'a pas pris naissance en Allemagne; car dès le xne siècle elle était connue eu Provence sous le nom de volta. Le chant qui l'accompagnait était désigné par le titre de balluda. Sous Louis VII, elle vint de Provence à Paris, fut à la mode pendant tout le xvie siècle et lit les délices de la cour des Valois. Les Allemands l'adoptèrent ensuite, et la volta provençale devint la walzer germanique. L un des poètes de la Pléiade, dans un poëine qui a pour titre la Volta, raconte, ainsi l'origine de la valse. Les êtres primitifs étaient nés androgynes. Jupiter, épouvanté de leurs formes monstrueuses, sépara les sexes. Ainsi dédoublés,' l'homme et Ui femme dépérirent, yénus prit pitié d'eux et leur enseigna la volte, qui réunit de nouveau les deux êtres. Après cette poétique explication, le poète s'efforce d'imiter' dans son rhythine le tournoiement des valseurs :
Lors de bouquets enfleura ses cheveux
Et ordonna la volte de Provence,
Qui est encor le lien bienheureux,
De l'audrogjrjie une douce semblance.
VALS
Mars, flanc à. flanc, premier elle embrassa; Luy, tout ravy d'amour qu'elle lui porta, Sans se lasser tout un soir la dansa, Tournant, voltant, d'une divine sorte.
Un vieil auteur du xvie siècle, ThoinotArbeau, dans un ouvrage intituté : Orckésograpltie et traiclé par lequel toutes personnes peuvent facilement apprendre et pratiquer Vhonneste exercice des dances, décrit ainsi la volte : « ... Et après avoir tournoyé par tant de cadences qu'il vous plaira, restituerez la demoiselle en sa place, où elle sentira, quelque bonne contenance qu'elle fasse, son cerveau esbranlé, plein de vertigues et tournoyements de teste ; et vous n'en aurez peultestre pas inoins. Je vous laisse à considérer si c'est chose bien séante k une jeune tille de faire de grands pas et ouvertures de jambes ; et si, en ceste volte, l'honneur et la santé n'y sont pas hasardez et intéressez. » On voit que, dès son origine, la valse a eu ses détracteurs; mais elle avait pour elle la jeunesse de l'un et de l'autre sexe, et connue, en définitive, elle était faite pour la jeunesse, elle devait triompher de toutes les attaques.
Il nous faut maintenant considérer la. valse au point de vue musical. Son rhythine est à trois temps, d'un mouvement rapide sans exagération, et le caractère en doit être à la lois caressant, ondule ux et entraînant. La valse s'écrit de deux façons : soit tout d'un trait, sans ratures et sans interruptions d'aucune sorte; Sjàl divisée d'une certaine manière, en quatre ou cinq fragments différents, avec reprises , s'enchaluant toujours et s'enchevêtrant les uns dans les autres, et se terminant par une coda pleine de mouvement et d'ardeur. De tous les airs de danse, la valse, par sa nature élégante, aimable et parfois relativement passionnée, est presque Je seul qui se rapproche de ce qu'on appelle la grande musique et qui permette au compositeur de donner libre carrière à son savoir et à son génie. Aussi , les grands maîtres eux-mêmes n'ont-ils pas dédaigné de cultiver le genre de la valse. Beethoven a écrit, pour le piano, six valses qui sont de véritables chefs-d'œuvre, mais dans lesquels, il est vrai, Je rhythine n'est pas suffisamment mar ué pour qu'il soit facile de les danser. Weber a produit, sous le titre à' Invitation à la valse, une merveille éblouissante, qui a été complétée par l'instrumentation . d'Hector Berlioz. Les valses de Chopin sont assez justement renommées et assez connues de tous les pianisies, pour que nous n'ayons pas à insister ici à leur sujet. Au théâtre même, on rencontre des chefs-d'œuvre en ce genre ; la valse se mêle très-fréquemment, soit avec l'aide des paroles, soit sans elles, à l'action dramatique, et il nous suffira, sous ce rapport, de citer deux fragments célèbres, la valse de Giselle, l'admirable ballet d'Adolphe Adam , et la valse infernale de Itobert le Diable. Il n'est d'ailleurs pas un compositeur qui n'ait porté sur la scène le rhythine de la valse, et plus d'une fois Mozart s'en est servi avec bonheur. En dehors du théâtre, des musiciens de grand talent se sont particulièrement adonnés au genre de la valse et lui ont dû leur réputation; nous mentionnerons, entre autres, les admirables (ce n'est pas trop dire) les admirables vatses de Joseph Strauss; celles de son fils, Johann Strauss; celles de MM. Emile Etuing , Luii'uer, Labitzky, Frédéric- Burguiùller, etc., etc. Parmi certains morceaux de ce genre qui sont restés célèbres, nous citerons la valse instrumentale connue sous le nom de Valse du duc de Heickstadt, et, au point de vue vocal, l'adurable valse de Venzano , et celle, plus vulgaire, de M. Arditi , ii liacio , qua M"e Adeiiua Patti a reudue fameuse.
Valse et menuet, Opéra-Comique eu un acte, paroles de Méry, musique de M. Louis Deffès; représenté au théâtre de l'Athénée le 16 avril 1870 Cet ouvrage avuii déjà été joué au Kursaal d'Etns vers 1865. Quelques changements ont été faits k la pièce pour la représentation française. Le canevas esL si léger qu'il ue peut intéresser que les désœuvrés d une ville d'eaux. Un baron arrive k Weimar pour engager une danseuse qui doit figurer dans ies oivertissenients qu'il est chargé d'organiser à l'occasion d'une fête k Versailles ; il se trompe et engage une cantatrice; de là quiproquos et denoùment tel quel. M. Louis Deffes est un compositeur d'esprit qui aurait dû n'associer sa musique élégante et très mélodique qu'à des pièces de quelque valeur littéraire. On a entendu sa musique avec plaisir, mais on n'a pris aucun intérêt k ce livret insipide. Nous citerons, parmi les morceaux les plus goûtés, un trio, la leçon de menuet et la valse. Il- y a une singularité dans cet ouvrage, c'est que deux personnages y jouent du violon, la prima donna et le baryton; ce qui en rendra l'exécution assez difficile. Cet opéra-comique a été très-bien chanté par Aubéry, Justin Née, Laurent et M"« Singelée.
VALSECCH1 (Virginio), érudit italien, né à Brescia en 1681, mort à Florence en 1739.' Entré dans la congrégation du Alont-Cassin, il professa la philosophie, la théologie et le droit canon, et s'aoouna k l'étude des antiquités. On lui doit, entre autres écrits : De initia imperii Severi Ale-Ttuidri (1715, in -40) ; Giovanni Gersen sostenutu auiore detl imitazione di Gesu-Cristo (1724, in-4») ; Compendio délia vita di Caterina de' Ricci (1733).
Valt
I VAtSECCHI (Antonio), théologien italien, né k Vérone en 1708, mort à Padoue en 1791. Entré chez les dominicains de l'Etat de Venise, il enseigna la philosophie dans une maison de son ordre, puis il se livra k la prédication et enfin occupa la chaire de théologie k l'université de Padoue. Ses principaux écrits sont : Oratio ad theologiam (Padoue, 1758); Dei fondamenti délia religione e dei fonli dell' empiéta (1765, 3 vol. in -i°); La Religione vincitrice (1776, 2 vol.); La Verilà délia Chiesa cattotica Romana (1787).
VALSER v. n. ou intr. (val-sé — de l'allemand wttheit, rouler, tourner, qui se rattache probablement k la racine sanscrite vart, tourner, avec adoucissement de la liquide. Celte racine a produit, entre autres dérivés, le sanscrit vartana ou vartula, qui désigne plus spécialement le peson du fuseau ou la boule que l'on y adaptait pour faciliter sa rotation. A la première forme répond l'ancien slave vrieteno, vreteno, fuseau, russe vereteno, polonais wrzeciono, etc.; à la seconde, le diminutif polonais wartolka, peson du fuseau). Chorégr. Exécuter une valse : Nos soldats ont valsé ait monastère d'Alcotiaça sur le squelette d'Inès de Cuslro. (Chaleaub.) ...Je voudrais du moins qu'une duchesse, en Franco, Sût valser aussi bien qu'un bouvier allemand. A. de Musset.
— Argot. S'enfuir, s'en aller, [| Faire valser quelqu'un, L'expulser, le chasser, le mettre en fuite. Signifie aussi Le tracasser, le tourmenter, lui donner de l'exercice inutile.
— v. a. ou tr. Exécuter en valsant : On ne peut pas, à beaucoup près, valser fous les morceaux de piano qui portent le titre de valse.
VALSES1A, district du royaume d'Italie, dans la province de Novare, entre ceux d'Ossola au N., de Pallanza et de Novare à l'E., d'Aoste à l'O., de Verceil et de Biella au S. Superficie, 775 kilom. carrés, renfermant 44 communes et une population de 34,000 hab. Chef-lieu, Varallo. Sol montagneux, arrosé par la Sesia du N.-O. au S.-E.; récotte de seigle, maïs, millet, châtaignes, vins; éducation de vers k soie , élève considérable da bestiaux. Exploitation de fer, cuivre, marbre, piene à chaux.
VALSEUR, EUSE s. (val-seur, eu-ze — rad, valser)'. Personne qui valse ou qui sait valser : Les valseurs s'arrêtèrent fatigués. Vivent les grisettes de Slrasbutiry, aimantes, compatissantes et bonnes valseuses! (L.
Huart.)
C'est la nuit que les elfes sortent, Avec leur robe humide au bord, Et sous les nénufars emportent Leur valseur de fatigue mort.
Tn. Gautier.
VALSTAGNA, bourg du royaume d'Italie, province de Vicence, district et mandement de Bassano; 3,100 hab.
VALSUZENAY (Claude-Louis Broslb, baron de), administrateur français, ne à Paris en 1766, mort en 1825. Prucureur au parlement de Paris lorsque la Révolution éclata, il perdit alors sa charge ; mais, s'étant montre partisan îles idées nouvelles, il fut employé, en 1793, k l'organisation de la Belgique. Bruslé devint successivement commissaire du gouvernement dans les Deux-Nethes (1797), députe de ce département au conseil des Cinq- Cents, préfet de l'Aube (1800), de l'Oise (1810) et de la Gironde (1813). Durant les Cenl-Jours, il accouda les menées de la duchesse d'Angoulême, fut destitué eu mars 1815; mais, en juillet suivant, il reçut de Louis XV III le titre de conseiller d'Etat honoraire et la préfecture de l'Aube. On a de lui : Tableau statistique du département de l'Aube (Troyes, 1802, in-S°J.
VALTELIN, INE s. et adj. (val-te-Iain, inej. Geogr. Habitant de la Valteliue; qui appartient à ce pays ou à ses habitants : Les Valteuns. La population valteline.
VALTELINE, en latin Val Tetlina. petite contrée du royaume d'Italie, dans l'ancien royaume Lombard- Vénitien, située au S. du canton suisse des Grisons, dont elle dépendait autrefois. Elle forme une des plus considérables vallées que renferment les Alpes et s'étend le long c!e l'Adda dans la direction du N.-K. au S.-O., depuis les gorges de la Serra jusqu'au lac de Corne. Elle a au moins 90 kilom. de longueur, mais la largeur de la plaine n'est nulle part de plus de 4 kilom. Il s'en détache un grand nombre de vallons latéraux, dout les uns partent de la chaîne du Beruina au N. et les autres de celle de Legnone au S., laquelle est moins sauvage et ue présente qu'un seul glacier. Plus de trente torrents descendent de ces vallées et vont tous se jeter dans l'Adda. La Valteliue est une des contrées les plus fertiles et les plus intéressantes que les Alpes recèlent dans leur sein ; on y voit les productions de ces montagnes souvent couvertes de neige à côté de celles de la Sicile. Indépenuamment des châtaigniers qui croissent eu grandes forêts sur le penchant des monts, l'amandier, le figuier, l'olivier y prospèrent, et le sol de la vallée fournit quatre récultes. On y cultive aussi la vigne, le mûrier, les grains et toutes sortes de légumes. La Valteline possède de beaux vignobles, dont les vins sont rouges et foncés, riches en qualité,
VÀLV
et, quoique doux, leur goût a quelque chose d'austère qui les caractérise. On peut les conserver plus d'un siècle sans qu'ils s'allèrent. On fait, clans les enviions de Chiavenne, un vin dit aromatique fort estimé. On le fabrique avec des raisins rouges, ce qui ne l'empêche pas d'être blanc, parce que ie moût ne fermente pas dans la cuve. Au sortir du pressoir, il a le goût de nos vins bourrus; mais, au bout d'un an de séjour en tonneau, il acquiert du corps, du spiritueux, de la délicatesse et du parfum. On ne saurait le conserver en bouteilles parce qu'il se trouble et fermente tous les ans à l'équinuxe du printemps ; ce travail dure ordinairement un mois, après quoi il s'éelaircit de nouveau et reprend toute sa qualité. La surface de la Vulteline est de 3.278 kilom. carrés, avec une population d'environ 106,000 hab. Chef-lieu, Sondrio.
La Valteline, partie méridionale de l'ancienne Rhétie, passa successivement, pendant le moyen âge, aux Ostrogoths, aux Francs et aux Germains. Les évéques de Coire, qui l'avaient reçue en fief des empereurs, eurent souvent à la défendre contre les prétentions des habitants de Côme et celles des ducs de Milan. En 1530, ils cédèrent leurs droits sur ce pays aui.Grisons, qui l'avaient conquis en 1512. L'Espagne essaya d'occuper la Valteline, afin de communiquer avec les possessions autrichiennes du Tyrol ; mais la France s'opposa à cette occupation, et, en 1624, Richelieu rit chasser de ce pays les troupes espagnoles. En 1197, Bonaparte réunit à la république Cisalpine cette belle vailee; en 1807, Napoléon I" rit de la Valteline le département de l'Adda, dans le royaume français d'Italie. En 18M, cette vallée passa avec toute la Lomburdio entre les mains de l'Autriche, qui, en 1S59, dut la céder au roi d'Italie. La Valteline forme de nos jours la province de Sondrio dans le royaume d'Italie. Elle est très-importante au point de vue militaire à cause de sa direction parallèle à la crête des Alpes, et comme communication du Tyrol et du Milanais.
VALTER v. a. ou tr. (val-té). Mar. V.
VELTEK.
VALTER ÎE (l'abbé de La), érudit français qui vivait au xvne siècle. Il a laissé des traductions, complètement oubliées aujourd'hui, des Œuvres d Homère, de Perse et do Juvénal. Si certains bibliophiles recherchent i'édition de Hollande (1682, 4 vol. in-12) de sa traduction de Vlliade et de l'Odyssée, c'est parce qu'elle est ornée de gravures par Sehoonebeok.
VALTREOSE s. f. (val-treu-ze). Argot- Valise, mal.e.
VALTREUSIER s. m. (vul-treu-zié — rad.
valtreuse). Argot. Voleur do malles, de valises.
■ — Encycl. Le valtreusier n'exploite guère que l'étranger ou le provincial qui arrive à taris. Vêtu en commissionnaire, il se présente à celui qu'il veut duper aussitôt qu'il descend de la diligence ou qu'il sort de la gare du chemin de fer, et offre de lui porter, pour un faible salaire, sa malle ou sa vaise a l'hôtel. Le prix convenu, il met les bagages sur ses épaules, puis, au détour d'une rue où s'il survient un embarras de voitures, il s'esquive lestement avec son fardeau.
VALTR1NI (Jean-Antoine), littérateur italien, né à Rome en 1556, mort à Lorettc en 1601. Membre de l'ordre des jésuites, il enseigna les lettres et la théologie. On a de lui : De re militari veterum liomanorum libri Vil (Cologne, 1597, in-8u); Annus Huerai societatis Jesu mm. 1581 et 1582; Vita de' BB. Luigi Gonzaya e Stauislao Kostka, etc.
VALTURE s. f. (val-tu-re). Mar. V. vel-
TUKK.
VALTURIO (Roberto), écrivain militaire italien, ne à Rimiiii, mort dans la même ville en 1482. Il s'occupa de la construction de machines de guerre, eton possède encore des dessins de lui au musée d'Urbin, Il a laissé De re niititari (Vérone, 1472, in-fol.), traduit en français par Maigret (Paris, 1555).
VALUE s. f. (va-lû — rad. valoir). Prix, valeur :
Si sais-js bien qu'Amour en son clapier One n'eut lapin de si mince vahie
J.-B. Rousseau.
Il N'est plus guère usité aujourd'hui que dans l'expression plus-value. V. ce mot.
VALVA, bourg du royaume d'Italie, province de la Principauté Cicerieure, district de Campagna, mandement de Laviano , à 11 kilom. S.-E, de Calabtito; 1,900 hab. Ancien siège d'evèché.
VALVACÉ , ÉE adj. (val-va-sé — rad.
value), bot. Indéhiscent, bien que formé de vali\;s dont la soudure est apparente : Fruit
VALVACÉ.
VALVAIRE adj. (val-vè-re — rad. valve).
But. y. il appartient ou qui se rapporte aux valves : firéjloraison valvaiRe. Clouons
VALVAIRKS.
— s. f. Moll. Fausse orthographe du mot
VOLVAIRE.
VA1.VASONE (Erasme db), poëte italien, né au château de Valvasone (Frioul) en 1523, inurt en 1593. Son principal ouvrage, la
VALV
Chasse (Bergame, 1591), est un des bons poèmes didactiques de l'Italie et lui mérita les éloges du Tasse. On a encore de lui : des traductions de la Thébaïde de Stace (Venise, 1570) et de VEtectre de Sophocle (Venise, 1588) ; une épopée en trois chants, YAngelida (Venise, 1590), sur le combat des bons et des mauvais anges; les Larmes de sainte Marie- Madeleine (Ferrare et Venise, 158G), petit poème qui est une de ses meilleures productions. En général, la poésie de Valvasone est d'un goût pur et d'un style châtié ; mais elle manque du vigueur, de coloris et d'imagination, et l'étude s'y fait plus sentir que l'inspiration.
VALVE s, f. (val-ve — lat. valva, battant de porte ou de fenêtre, mot qui a été rapproché du sanscrit dvar, dvâra, védique dur, porte; zend dvara , persan dar, darwâz , kourde der, afghani derwase, ossète duar, arménien tur/ch, taraban . grec tttura pour dFura, latin foris, fores, irlandais dor, duras, dorus, kymrique dor, drws, comique darat, duras, armoricain dor, gothique dattr, anglosaxon duru, Scandinave dyr, ancien allemand tzra, turi, lithuanien durrys, porte à deux buttants; ancien slave dviri, porte, russe dveri, polonais drzwi, bohémien dwere, etc.). Battant de porte. Il Vieuot mot.
— Mécan. Soupape à clapet.
— Moll. Nom donné aux pièces distinctes qui composent la coquille de certains mollusques : Les vALViiS d'une huître, d'une moule,
— Bot. Nom donné aux pièces qui composent les gluines, les spathes, les péricarpes secs : Le nombre des valves d'un fruit ne correspond pas toujours d celui des feuilles curpeliaires qui entrent dans sa composition. (P. Ducliartre.) Dans les gousses, les siliques et les silicules, les valves sont presque toujours au nombre de deux. (Th. de Bcrneaud.)
— Encycl. Lorsque le péricarpe est formé d'une seule pièce, partout continue et sans sutures, qui ne s'ouvre pas régulièrement k sa maturité, on le dit évalve ou sans valves. Il est dit univalve lorsqu'il s'ouvre par une seule suture ou en une seule pièce, comme dans les follicules des apocynées, des' asclépiadées ; il est bivalve lorsqu'il se partage en deux valves comme dans les légumes; seulement, ce dernier exemple montre que le nombre des values d'un fruit ne correspond pas à celui des feuilles carpellaires qui entrent dans sa constitution, car les légumes n'ont qu'une seule feuille carpellaire, bien qu'ils s'ouvrent en deux valves. Les noms de péricarpes trivalves, quudrivalves, quinquivalves, etc., multivalves, s'appliquent à ceux qui s'ouvrent en trois, quatre, cinq ou plusieurs valves, etc. Cette signification du mot vulue, qui est seule rigoureuse, a donné lieu à d'autres emplois impropres de la même dénomination. Ainsi, dans la botanique descriptive, ou l'emploie fréquemment pour désigner les diverses bractées ou folioles qui entrent dans la composition des spathes. On s'en sert aussi pour désigner les folioles des glumes des graminées.
En conchyliologie, on a d'abord donné le nom de valves aux deuxparties d'une coquille bivalve, placées l'une sur l'autre ets'unissant comme les deux' battants d'une porte, à l'aide de ligaments. Par extension, on l'applique à toutes les parties solides qui revêtent ie corps des mollusques; de là les noms d'univalve s'il n'y en a qu'une, de bivalve s'il y en a deux, de multivulve s'il y en a plusieurs.
VALVE, ÉE adj. (val-vé — rad. value). Hist. nat. Muni- ou formé de valves : Coquille valvée. Péricarpe valve. Il Semblable à une valve.
— Bot. Corolle valvée, Corolle dont les pétales, avant l'épanouissement, ne se touchent que par leurs bords.
— s. f. Moll. Genre de mollusques gastéropodes pectinibranches, comprenant plusieurs espèces, qui vivent dans les eaux douces de l'Europe : Les valvrks ressemblent beaucoup aux paludines. (E. Baudeinent.)
— Encycl. Moll. I.e genre désigné sous le nom de valvèes renferme des mollusques appartenant au grand genre turbo de Linné. Ces mollusques, qui habitent les eaux douces, ont une coquille enroulée dont l'ouverture est ronde et munie d'un opercule. L'animal respire par des branchies. La valvée k crête ou porte-plumet est ainsi nommée parce que sa branehie flotte au dehors de la coquille en forme de plumet.
Vuiïéiire, roman, par George Sand (Paris, 1S61). Alida Valvèdre a été mariée de bonne heure à un homme jeune encore, généreux et bon. et pendant les premières années de son mariage elle l'a beaucoup aimé. Lui-même était rempli pour elle d'affection, Je soins et de prévenances; mais naturellement porté par la direction de son esprit à l'étude et à la méditation, il y était revenu peu à peu, sans toutefois délaisser sa femme ou se montrer moins empressé auprès d'elle ; mais Alida avait été élevée dans des habitudes d'oisiveté complète et ne comprenait guère qu'on pût, de gaieté de cœur, se priver des douceurs d'une vie inactive; elle ne s'était jamais donné la peine de réfléchir ou de penser ; jamais elle ne s'était imaginé de « chercher son idéal hors d'elle, et, ne voyant audessus d'elle-même ni Dieu, ni les idées, ni les arts, ni les hommes, ni les choses, elle s'était
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dit qu'elle était belle' et que sa destinée était d'être servie à genoux, que tout lui devait tout et qu'à rien elle ne devait rien. » On conçoit ce qui dut advenir de son amour pour son mari, quand elle vit celui-ci se plonger dans l'étude et admirer autre chose que ses beaux yeux. D abord, ce furent des plaintes : «Quand, pour t'excuser, disait-elle à son mari, d'admirer si longtemps la cassure d'une pierre ou l'aile d'une mouche, tu me dis que c'est aimer Uiett que d'aimer les bêtes et les rochers, je vois là une idée systématique, une sorte de manie qui me troubla et qui m'offense. L'homme qui esi k moi peut bien s'amuser des curiosités de la nature, mais il ne doit pas plus se passionner pour une autre idée que mon amour, que pour une créature qui n est pas moi. i Est-il besoin de dire que, devenue jalouse de la science que son mari semblait lui préférer, Alida chercha l'amour au dehors? Elle crut l'avoir trouvé dans un jeune poëte, Francis Valigny, qu'elle rencontra,sur sa route et qu'-lle se prit à aimer. Longtemps, les deux amants purent se livrer sans contrainte k tous les élans de leur passion, jrrâce à l'indépendance illimitée dont jouissait Mme Valvèdre; mais leur amour resta toujours pur; l'adultère ne fut consomméqu'au moral, car Alidaétaitcatholique, et, ne s étant mariée que selon le rit de la confession d'Augsbourg que suivait son mari, elle avait le droit de divorcer, et seulement alors elle serait tout entière à Francis. Un jour pourtant, M. Valvèdre surprit le secret des amants, et, dès lors, il fallut songer à fuir. Francis et Alida se sauvèrent en France ; puis, la santé de celle-ci s'étaut altérée, on partit pour l'Afrique. A peine la malheureuse est-elle débarquée, que sa maladie s'aggrave; elle est en danger de mort et fait des retours vers le passé, Aime-t-elle Francis autant qu'autrefois elle a aimé son mari î Depuis qu'elle a tout quitté pour suivre son amant, elle a compris sa faute; elle s'est aperçue « qu'on n'aime réellement qu'une fois; que tout ce qu'on rêve ensuite,' c'est l'équivalent d'un passé qui ne revient jamais. » Elle s'est avoué qu'elle avait méconnu la grandeur, les généreux instincts et la supériorité de caractère de son mari; et ce qui est plus horrible encore, elle a été forcée de reconnaître que l'amour de Francis était un amour de tête et non de cœur, et qu'en somme elle n'était pas aimée comme elle l'avait été.Voilk où aboutissait cette passion funeste : elle était avec son amant et regrettait son mari. Cependant la maladie fait 'de rapides progrès ; déjà la pâleur de la mort court sur les traits ravagés d'Alida ; elle va mourir, lorsque la porte s'ouvre : M. de Valvèdre parait, et sa femme se jette dans ses bras. Quelques heures après., elle expire. Le roman ne s'arrête pas là; mais, selon nous, c'est là qu'il devrait finir. /
Nous avons omis à dessein de citer aucun des personnages qui tiennent les seconds rôles ; mais noua voulons pourtant parler du juif Moserwald. C'est le personnage grotesque de l'histoire. Lui aussi, il est amoureux de Mm° Valvèdre ; il est riche et n'eût pas demandé mieux que de la payer fort cher; mais Francis lui ayant été préféré, il lui a cédé la place et a poussé l'amabilité jusqu'à l'aider par tous les moyens possibles, matériels et moraux, à mener k bien sa passion. Nous avouons que, tout amusant qu'il est, ce personnage nous semble répugnant et mériterait de finir autrement qu'en faisant un bon mariage et en continuant d'entasser des millions. A part ce reproche, que nous n'avons pas pu nous dispenser de lui faire, Valvèdre mérite tout le succès qu'il a obtenu, autant par l'intérêt véritable qu'il renferme que par les excellents enseignements qu'on y peut puispr.
VALVÉEN, ÉENNE adj. (val-vé-nin, é-ène — rad. valve). Bot. Qui est produit par l'expansion des valves : Appendices vaivbens. Cloisons valvéknnes.
VALVEHDA (Jean), médecin espagnol, né à Hamuseo (royaume de Léon) Vers 1520, mort à Rome dans un âge assez avancé. Il fit ses études médicales à Pudoue et passa ensuite à Rome, où il fut nommé médecin du cardinal Jean Tolet. Sans être un grand anatomiste, Vulverda comprit quel service il pouvait rendre k sa patrie en y important les découvertes des plus illustres anatomistes de son siècle. Il s'empara de l'œuvre de Vésate, en fit copier les planches par les plus habiles artistes, en arrangea le texte k sa façon et en fit un nouveau livre dans sa langue maternelle. Ainsi parut son Histoire de la composition du corps humain, ouvrage qui fut à son tour traduit en italien et en latin. Ce livre exerça réellement une influence avantageuse sur les études anatomiques en Espagne. Il a pour titre : Historia de la composicion del cuerpo humano (Rome, 1550, in-fol.). On doit encore à Valverda l'ouvrage suivant : De animi et corporis sanitute tuenda (Paris, 1552, in-8°).
VALVERDE, ville des possessions espagnoles, dans la province des Canaries, ch.-i. de l'Ile de Fer, sur la côte N.-E., où elle a un petit port; 4,500 hab. Résidence d'un évoque, importation de sucre, de savon, de denrées alimentaires; exportation de vin, d'eaude-vie, de fruits secs.
VAI.VEKDE-DEL-CAM1NO, bourg d'Espa-
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gne, province et à 70 kilom. N.-O. de Séville; 5,000 hab. Fabrication d'étoffes do laine, toiles et chapeaux.
VALVEIIDE-DE-XOCAH, bourg d'Espagne, province et k 30 kilom. S. de Cuença, sur le Xuear; 1,800 hab. Titre de comté.
VALVEBDE (Vincent de), missionnaire espagnol, né k Oropeza, mort en 1543. 11 suivit Pizarre au Pérou et se signala par ses rigueurs fanatiques envers les Indiens; loutefois, il se vit dépassé dans ses fureurs par ses compatriotes, qu'il essaya vainement de modérer. Revenu en Espagne en 1534, il fut envoyé de nouveau au Pérou quatre ans plus tard, pris par les naturels et massacré.
VAI.VEHT, ancien château de Philippe le Bel. V. Vauveht.
VALVICIDE adj. (val-vi-si-de — de valve, et du lat. cxdere, couper). Bot, Se dit d'un mode de déhisceuce par rupture des valves du fruit.
VALVIFORME adj. (val-vi-for-ms — de valve, et de forme). Hist. nat. Qui a la forme d'une valve. -
VALVISPORE adj. (val-vi-Spo-re — do valve, et de spore). Bot. Se dit des plantes dont les graines sont ultachées aux valves.
VALVULA1RE adj. {val-vu-lè-re — rad.
valvule). Anal. Qui est muni de valvules.
— s. f. Iiifus. Genre d'infusoires, de la famille des vorticelliens.
VALVULE s. f. (val-vu-le — du lat. valvula, dimiii. de valva, battant. V. valve). Anat. Sorte de soupape qui, ne s'ouvrant que dans un sens, permet la circulation des liquidas et des matières dans ce sens et les empêche de refluer en sens contraire : Valvules du cœur. Valvuliss des intestins. Les vaisseaux ont leurs soupapes ou leurs valvules tournées en tous sens, (Cuv.) il Valvule mitrale ou tricuspide, Valvule qui existe entre l'oreillette droite du cœur et le ventricule du même côté. Il Valvule bicuspide, Valvule qui existe entre l'oreillette gauche du cœur et le ventricule du même côté. Il Valvule iléo-cxcale ou Valvule de Bauhin, Valvule située entre l'iléon et le coecum.
— Bot. Petite valve.
■ — Techn. Espèce de robinet à vanne.
— Encycl. Anat. On donne lr nom de valvule à tout repli membraneux qui, dans les vaisseaux et les conduits de l'organisme, empêche les liquides et autres matières de refluer et qui a pour fonction principale de ralentir ou de modifier le cours des liquidas sur le trajet desquels il se trouve. Les valvules sont, en général, formées du même tissu que la paroi du canal ; elles sont, comme un développement de cette paroi, faisant pli. Il y en a qui battent comme les vantaux d'une porte, d'autres qui ressemblent à uu parapluie s'ouvrant du côté où le courant doit être arrêté et se fermant de l'autre; il y en a qui ressemblent à des voiles de navire nui, d'une part, s'enflent et, d'autre part, se détendent; il y en a qui sont en bourrelels susceptibles de s'aplatir pour ouvrir ie passage et de se renfler pour le fermer. Les valvules peuvent, en un mot, affecter toutes sortes de formes selon les convenances d9 lieu qu'elles occupent. Les anatomistes en ont étudié uu grand nombre. Nous passerons en revue les plus remarquables.
— Valvules des veines. Parmi ces valvules, signalons la valvule d'Eustache, qui se trouve à l'orifice de la veine cavciiiféneure. Considérable chez le fœtus, cette valvule est moins développée chez l'adulte. Chez ce dernier, elle a la forme d'un croissant a. concavité supérieure et elle occupe le tiers inférieur de l'orifice.
Signalons encore la valvule deThébésius, qui occupe les trois quarts de l'oritice delà veine coronaire. Elle a, comme la précédente, la forme d'un croissant k concavité supérieure, et son développement est tel qu'elle ferme complètement l'orifice de la veine au moment où l'oreillette se contracte, V. veine
— Valvules des artères. On nomme valvules sigmoïdes ou semi-lunaires celles qui siègent aux orifices de l'artère pulmonaire et de l'artère aorte. Chacun de ces deux systèmes de valvules est formé de trois replis membraneux, qu'on a comparés à trois petits nids de pigeon et qui, par leur adossement, ferment complètement la lumière de l'orifice. Chaque repli présente : 1° un bord adhérent à l'anneau fibreux situé à l'origine de l'artère; 2" un bord libre dont la partie moyenne est pourvue d'un noyau cartilagineux, dit nodule d'Aruntius pour l'appareil de l'aorte et nodule de Morgagni pour celui de 1 artère pulmonaire ; 3" une face artérielle qui reçoit la pression du sangeontenu dans les artères; 4» une l'ace ventriculuire qui regarde la cavité ilu ventricule. La triple valvule sigrnoïJe est appliquée contre la paroi artérielle lcsque le sang passe du ventricule dans l'artère. Elle s'abaisse ensuite et s'adosse pour empêcher le retour du sang dans le ventricule; c'est à ce moment qu'elle représenta les trois nids de pigeon à concavité dirigée vers l'artère. V. artère.
— Valvules du cœur. Signalons les suivantes : la valvule tricuspide, située U l'orifice auriculo-ventriculaire droit. L'une de ses faces est tournée vers les parois du ventricule et
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l'autre do côté de la cavité de l'oreillette ; son bord adhérent, est attaché à la circonférence de l'orifice ; son bon) libre et mobile tient aux tendons des colonnes charnues ; il est fort irrégulier et présente des découpures variables, parmi lesquelles on en remarque cependant trois qui sont toujours plus considérables que les autres.
La valvule mitrale, située à l'orifice auriculo-ventriculaire gauche; elle est formée de deux languettes auxquelles viennent se fixer les tendons des colonnes charnues, et dont l'une est appliquée sur l'embouchure de l'aorte, qu'elle terme presque entièrement lorsque le ventricule est dilaté. Cette valvule est plus épaisse que la valvule trieuspide et renferme souvent de petits tubercules durs et tibro-cai tilagineux. V. CCEOR.
— Valvules du cerveau. Les principales valvules du cerveau sont :
La valvule de Vieussens, membrane de substance cérébrale en forme de lame, concourant à former la voûte du quatrième ventricule et recouvrant la luette. Elle est située au-dessous des lamelles supérieures du cervelet, entre les pédoncules cérébelleux supérieurs, en arrière des tubercules quadrijumeuux.
La valvule de Tarin, repli de la substance cérébrale situé au-dessus et en arrière du quatrième ventricule. V. cerveau et cervelet.
— Valvules du canal alimentaire. Ce sont : la valvule pylorique, bourrelet circulaire aplati qui entoure l'orifice, en circonscrit l'ouverture et est disposé de manière à être un obstacle au retour du chyme de l'intestin dans l'estomac. La valvule pylorique est formée pur un simple repli des membranes musculeuse et muqueuse de l'estomac. V. py-
LORB.
Valvule iléo-cscale. Cette valvule se trouve au point de jonction du gros intestin avec l'intestin grêle. Elle forme un large repli semi-lunaire ou elliptique, dirigé transver salement, qui semble produit par l'intestin grêle prolongé à travers une ouverture du gros intestin, de manière à 'faire saillie dans l'intérieur de celui-ci. Il résulte de cette disposition deux lèvres, dont l'inférieure est plus large que la supérieure et qui se correspondent mutuellement par une de leurs faces, tandis que pur l'autre elles répondent, la première au ctBoum, la seconde au côlon. 11 règne entre ces deux lèvres une fente transversale et obtougue, qui est i'oriiice un peu rétréci de l'intestin grêle. Leurs deux extrémités se réunissent de chaque côté; elles se continuent avec deux rides fort élevées qui s'effacent d'une manière insensible et qui se terminent en pointe du côté du ctecum opposé à la valvule. Ces rides sont produites par des trousseaux longitudinaux de fibres blanchâtres. Ellesoutpour usage d'empêcher ht valvule de se renverser du cô e de l'iléon. Les deux lèvres delà aulvule iiéo-cas.ale ne sont pas deux meinbruiiesséparablesdel'iiHestin ; elles soutfornièes par un ndossement de l'intestin grêle à lui-uiéuir:, par une sorte d'invagination de l'intestin grêle dans le cseeuin. Toutes les parties du tube ne prennent pas part à cette iiivugination. Ko effet, lorsque, avec un scalpel bien tranchant, on a divisé en dehors de la valvule le péritoine et les libres musculaires longitudinales, si l'on vient- à exercer une traction peu énergique sur l'intestin grêle, on voit les lèvres Ue la valvule disparaître et l'intestin s'allonger par leur dédoublement. Ce qui démontre que les parties de l'intestin grêle qui prennent part a la constitution ,de la valvule sont la tunique muqueuse, la. tunique celluleuse et les fibres circulaires de la tunique musculaire.
VALVULE, ÉE adj. (val-vu-lé — rad. valvule). Hiot. uat. Qui est muni de valvules.
VALVUL1NE s. f. (val-vu-li-ne — dimin.
de valoulf). Forain. Genre de foraininifères hélioostègues, de la famille des turbinoides, comprenant une dizaine d'espèces fossiles, propres aux terrains crétacés et tertiaires.
VALVULITE s. f. (val-vu-li-te — rad. valvule). Pathol. Inflammation des valvules.
VALYI (Ainir.-), philologue hongrois, né il Miskmcz en 1764, mort en 1801. Professeur de langue et de littérature hongroise à l'universiie de tJnde, il fut l'un des premiers qui cherchèrent à soumettre k des règles fixes I i. i .unie national, alin de le substituer à lu langue latine dans les actes publics. On a de lui une topographie de la Hongrie, Alagyar Orszayle Irosa (Bude, 1796-1799, 3 vol.
iu-S»).
VAI.Z (Jean-Elie-Benjamin), astronome français, né à Nîmes en 1787, mort à Marseille en 1867. Chargé du cours d'astronomie au collège de Nîmes (1831), puis nu collège de Montpellier (1835), ii devint, en 1846, directeur de l'observatoire de Marseille et resta a la tête de cet établissement jusqu'en 1861, époque à laquelle il se retira avec le titre de directeur honoraire. Valz, qui était correspondant de l'Académie des sciences depuis 1832, a publié dans différents recueils spéciaux un grand nombre de mémoires, notes, etc., et de nombreuses observations dont l'astronomie et la physique ont tiré profit.
VAMADEVA, poète indou, regardé comme l'auteur du quatrième mandava du Rig-Véda.
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On ne sait rien de lui, et son existence a même été mise en doute.
VAMBA, roi des Wisigoths qui vivait au vue siècle. Il fut élu .eu 672, malgré ses refus et I'épée sur la gorge, et fut le premier roi de sa nation qui se lit sacrer pur lo clergé. Des révoltes éclatèrent successivement dans la Cantabrie, la Vasconie, la Catalogne et la Septimanie. Vamba soumit tous ses ennemis de l'Espagne et du midi des Gaules, s[empara après un siège obstiné de Nlines, où s'était réfugié un de ses généraux révoltés contre lui, le Grec Paul, et montra une modération remarquable en faisant grâce de la vie à tous les rebelles tombés entre ses mains. Son règne fut encore signalé par la première Incursion des Arabes d Afrique sur les côtes d'Espagne, où ils débarquèrent avec 260 barques, qui furent dispersées par la flotte de Vamba. Ce prince s'étant attiré la haine des évêques, dont il avait réprimé l'ambition, les débauches et les crimes, ceux-ci suscitèrent contre lui le comte Ervige qui, pendant son sommeil, le fit raser et revêtir d'un habit monastique, que les mœurs du temps ne permettaient plus de quitter. En reprenant ses sens, Vamba se crut moralement engagé, signa (680) son abdication en faveur d'Ervige et se retira dans un monastère près de Burgos, où il mourut quelques années plus tard, en 683 selon les uns, eu 687 selon d'autres. Lope de Vega a fait de ce prince le héros d'une tragédie.
VAMBERY (Hermann), voyageur et orientaliste hongrois, né à Szerdahely (île de Schutt) en 1838. Issu de parents sans fortune, il suivit les cours des piaristes de Saint- Georges, près de Presbourg, puis, au prix des plus grandes privations, il continua ses études à Presbourg, à Vienne, à Kecskemet et à Pesth. S'étant rendu à Constantinople, il apprit à parler la turc, y trouva, comme maître de français, un emploi d'abord chez Alif-Bey, puis chez le ministre Risaat-Pacha et s'initia complètement aux mœurs et aux idées des mataomètans. Il publia à cette époque un Dictionnaire allemand-turc (Constantinople, 1858) et écrivit pour le recueil de l'Académie hongroise un nombre fort considérable d'articles , dans lesquels il établissait la parenté du hongrois avec les dialectes turcs. Pour étudier plus à fond les dialectes de l'Est, il partit pour le Turkestun, se rendit d'abord en Perse, se joignit, en mars 1863, k Téhéran, à une compagnie de pèlerins, qui revenaient de La Mecque à "Yarkand, et, après vingt-deux jours de marche à travers le désert, parvint à Khiva. De là, il visita successivement Kungrad, Boukhara et Samarkand et revint en Perse par lièrat. De retour en Europe, il publia, k la fois en anglais et en allemand, sous ce titre : Voyages dans l'Asie centrale, de Téhéran, par les déserts des Turcomans, sur la rive orientale de la mer Caspienne, à Khioa, Bochura et Samarcande (Leipzig, 1865), une relation qui renferme un grand nombre de renseignements nouveaux et intéressants sur ces régions et qui a été traduite en français dans le Tour du monde, puis publiéeen volume (1865, in-8°), sous le titre de Voyatje d'un faux derviche, tnid. par Eorgues. M. Vambery a encore publié ; Etudes linguistiques (Leipzig, 1867), le premier ouvrage qui ait paru sur les dialectes de l'Est; Aies voyages et mes aventures en Perse (1807); Esquisses de l'Asie centrale (1808); une édition de l'ouvrage ouigour intitulé : Kudatku-biUik, etc.
VAMI s. m. (va-mi). Bot. Syn. de céphalote.
VAMON s. m. (va-mon — Ce mot est rattaché par Chevallet au germanique : anglosaxon wen, tumeur, loupe, goitre; anglais wen; hollandais wen; le u du primitif germanique serait devenu m comme dans plusieurs autres mots). Tumeur, loupe, goitre : Jehan Catonesloit entachiez d'une en fermeté ou maladie appelée vamON, laquelle lui faisait ou accumulait une yraiu boche au col. (Lettres de rémission de 1398.) Il Vieux mot.
VAMPIRE s. m. (van-pi-re. — Ce mot nous vient d'Allemagne, mais n'est sans doute pas d'origine allemande). Superst. Cadavre qui sort la nuit de sa fosse et va sucer le sang des vivants, ce qui produit chez eux la consomption : Le Hongrois croit aux vampires, longtemps après qu'on lui en a démontré la non-existence, (Helvét.)
— Fig. Personne qui s'enrichit du bien ou du travail d'autrui : Il y a des hommes qui font le métier de vampires, qui vous sucent l'argent, le sang et jusqu'à la pensée. (Chateaub.) La fortune n'est plus qu'une proie livrée aux vampires d'agiotage. (Eourier.)
— Mamm. Genre de mammifères chéiroptères, type de la famille des vampiridés, tribu des phyllostomiens, comprenant plusieurs espèces, dont le type habite l'Amérique du Sud : Le genre vampire est prioé de queue. (E. Baudement.) Il Nom d'une autre ebauve-souris du genre roussette.
— Encycl. Superst. Sous le nom de Dampire, certains peuples crédules, notamment en Illyrie, en Pologne, en Hongrie, en Turquie et dans une grande partie de l'Allemagne, désignent un mort qui sort de son loinbeau, généralement la nuit, et qui tourmente les vivants le plus souvent en les suçant au
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cou', d'autres fois en leur serrant la gorge au point de les étouffer.
Afin de faire connaître à nos lecteurs les idées étraiig-s qu'on se faisait des vampires, nous emprunterons le passage suivant nu célèbre ouvrage de dom Calmet, le Traité sur les apparitions des"esprits et sur les vampires. « Il y a environ cinq ans, dit dom Calinet, qu'un certain heiduque, habitant de Mêdreïga, nommé Arnold Paul, fut écrasé par la chute d'un chariot de foin. Trente jours après sa mort, quatre personnes moururent subitement, et de la manière que meurent, suivant la tradition^u pays, ceux qui sont molestés des vampires. On Se ressouvint alors que cet Arnold Paul avait souvent raconté qu'aux environs de Cassova et sur les frontières de la Servie turque il avait été tourmenté par un vampire turc (car ils croient aussi que ceux qui ont été vampires passifs pendant leur vie le deviennent actifs après leur mort, c'est-ii-dire que ceux qui ont été sucés sucent aussi à leur tour), mais qu'il avait trouvé moyen de se guérir, en mangeant de la terre du sépulcre du vampire et en se frottant de son sang; précaution qui ne l'empêcha pas cependant de le devenir après sa mort, puisqu'il fut exhumé quarante jours après son enterrement et qu on trouva sur son cadavre toutes les marques d'un arc/tivampire. Son corps était vermeil; ses cheveux, ses ongles, sa barbe s'étaient renouvelés, et ses veines étaient toutes remplies d'un Sang fluide et coulant de toutes les parties do son corps sur le linceul dont il était environné. Le hadnagi (bailli du lieu), en présence de qui se rit l'exhumation et qui était un homme expert dans le vampirisme, fit enfoncer selon la coutume dans le cœur du défunt Arnold Paul un pieu fort aigu, dont on lui traversa le corps de part en part, ce qui lui fit, dit-on, jeter un cri effroyable, comme s'il était en vie. Cette expédition faite, on lui coupa la tête et l'on brûla le tout. Après cela, on fil la même expédition sur les cadavres de ces quatre autres personnes mortes de vampirisme, crainte qu'elles n'en fissent mourir d'autres à leur tour. Toutes ces expéditions n'ont cependant pu empêcher que vers la fin de l'année dernière, c'est-a-dire au bout de cinq ans, ces funestes prydiges n'aient recommencé et que plusieurs habitants du même village n'aient péri malheureusement. Dans l'espace de trois mois, dixsept personnes de différent sexe et de différent âge sont mortes de vampirisme, quelques-unes sans être malades, et d'autres après deux ou trois jours de langueur. On rapporte, entre autres, qu'une nommée Stunoska, fille du heiduque Jolùetzo, qui s'était couchée en parfaite santé, se réveilla au milieu de la nuit toute tremblante, en faisant des cris affreux et disant que le fils du heiduque Millo, mort depuis neuf semaines, avait manqué de l'étrangler pendant son sommeil. Dès ce moment, elle ne fit plus que languir, et au bout de trois jours elle mourut. Ce que cette tille avait dit du fils de Millo le lit d'ubord reconnaître pour un vampire; on l'exhuma et on le trouva tel. Les principaux du lieu, les médecins, les chirurgiens
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examinèrent comment le vampirisme avait pu renaître, après les précaui tons qu'on avait prises quelques années auparavant. On découvrit enfin, après «voir bien olieivhè, que le défunt Arnold Paul avait tué non-seulement les quatre personnes dont nous avons parlé, mais aussi plusieurs bestimix dont les nouveaux vampires avaient mangé, et entre autres le fils de Millo. Sur ces indices, on prit la résolution de déterrer tous ceux qui étaient inortsdepuis un certain temps. Parmi une quarantaine, on en trouva dix -sept avec tous les signes les plus évidents du vampirisme ; aussi leur a-t-on transpercé le cœur et coupé la tête, et ensuite on les a brûlés et jeté leurs cendres dans la rivière. ■ Les Grecs modernes ont désigné les vampires sous le nom de broucolaqnes.W. ce mot.
— Mnnnn. Le vampire spectre, delà taille d'un gros rat, est d'un brun roux étala tête allongée. La feuille sus-nasale propre aux phyllostnmes est ovale et creusée en .-n tonnoir; les dents canines sont fortes; l'aspect de l'animal est hideux. On le trouve dans l'Amérique méridionale. On l'a tteruse, dit Cuvier, de faire périr les hommes et I--S animaux en suçant leur sang; mais il se borne à faire des plaies très-petites, qui peuvent
Quelquefois être envenimées par la chaleur u climat.
Vampire (lk), opéra allemand en quatre actes, paroles de C.-G. Hœser, musique de Marsohner ; représenté à Leipzig le 88 mars 1828. Cet ouvrage, fort remarquable, se distingue particulièrement par l'expression caractérisée des personnages de la p:èce et par une harmonie originale et vigoureuse. Le Vampire ne pâ irait pas trop à côté du Freyschùlz de Weber, l'ancien compétiteur de Marsrhiier. Cet opéra fut accueilli avec enthousiasme et représenté sur les théâtres de toutes les villes de l'Allemagne. Il le fut aussi à Londres et a. Liège I- 2" janvier 1845, avec succès. Il a été traduit et adapté a la scène française par Ramoux, et ou se disposait h. le donner à l'Académie de musique lorsque les événements de 183U en rirent ajourner la représentation. Les ouvrages écrits de l'autre côté du Kliin à oetf époque, tels que ceux de Spohr, de Marschner et de Liudpaintner, offraient des beautés que nous cherchons vainement dans les'élucubrutious ténébreuses et prétentieuses de la jeune école allemande.
Vampire (CHANSON A BOIRE DO), paroles
françaises de Ramoux, musique de Mur chner. En Allemagne, boire est une a fia re que l'on traite sérieusement, consciencieusement; de là une certaine allure un peu lourfle dans les airs à boire d'outre-Rhiii; on n'y fait rien à la légère. Ceite première partie en ut est assez sombre même. Le buveur, eue re sous l'influence des préoccupations du jour, semble déguster soi) vin avec gravite; imiis le vin agit traîtreusement, et un deux-quatre d'une allure plus frétillante annonce un commencement d'aimable ebneté. Constatons avisai dans la tournure générale de l'air une sorte de naïveté parfaite nient eu rapport avec la nature des Allemands.
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jer Couplet. En au . tom - ne, l'on doit boi - re ;
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le rai - sin Que l'on sa - vou-re mieux le vin
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croi-re,
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boi - re!
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Refrain. Ouil boire est "le seul plai - sir ; D'un tel bien sa. - chons jou ir!
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boire est le bouI plai- sir; D'un tel bien sa - chons jou - ir!
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teille et les glou - glous,