VARD
roi de Naples, Jules de Varano fut rétabli dans les possessions de ses ancêtres. Constance avait épousé en 1445 Alexandre Sforza, seigneur de Pesaro, duquel elle eut une lille, Battista, qui épousa en 1459 Frédéric, duc d'Urbin, et qui mourut, à peine âgée de vingt-sept ans, en 1473, en .laissant une brillante réputation littéraire. Un certain nombre de discours latin.- de Constance Varano ont été insérés pur l'abbé Lazzarini dans le tome VII de ses 'Mélanges.
VARANO (Alfonso, marquis de), poète italien, de la famille des précédents, né à Ferrare en 1705, mort dans la même ville en 1788. Il lit ses études à Modène et devint chambellan de l'empereur d'Autriche. Pendant ses loisirs, il cultiva la poésie italienne, qu'il s'efforça de ramener k la concision lapidaire du Dante. Ses œuvres complètes, Opère poeticfie, ont été publiées k Parme (1789, 3 vol. in- 12), puis k Venise (1305, 4 vol. in-8u); cette seconde édition est beaucoup plus complète que la précédente.
VARAPODIO, bourg du royaume d'Italie, province de la Çulabre Ultérieure Ire, district de Palmi, mandement d'Oppido-Mamertina ; 2,700 hab.
VARAUCOCO s. m. (va-rô-ko-ko — mot.
indou). Bot. Arbrisseau grimpant, qui croît dans l'Inde.
VARAZZB, ville du royaume d'Italie, province de Gênes, district de Savone, sur le golfe de Gênes, chef-lieu de mandement ; 8,200 hab.
VARC11I (Benoit), historien et poète italien, né à Florence en 1502, mort en 1562. Attaché aux Strozzi, il contribua k l'expulsion des. Médicis (1527) et assista k la journée de Monle-Murlo, où s'accomplirent les destinées de la république florentine. Après la ruine de son parti, il s'expatria, suivit dans leur exil les Strozzi et tut chargé de l'éducation des enfants de cette* famille. Rappelé par Cosme 1er et chargé par lui d'écrire l'histoire des dernières révolutions de Florence, il s'acquitta de cette tâche avec une honorable indépendance, quoiqu'il fût pensionné par le duc. Son Histoire (Sioria (iorentina nella auale si conleiigono le ultime rivoluzioni delta repubblica,etc, 1721) n'embrasse qu'une période de temps assez restreinte, de 1527 à 1538; mais, malgré les digressions fatigantes dont elle est surchargée, elle offre un grand intérêt par l'exactitude avec laquelle l'auteur décrit la chute de la république et l'avènement des Médicis. Régnier en a donné une traduction française (Paris, 1754, 3 vol. in-8°). Nous citerons encore, parmi les oeuvres de Varchi : les Oraisons funèbres d'Etienne Colonna (Florence, 1548), de Alarie-Saloiala de Médicis, mère du grand-duc Cosme /er (Florence, 1549), de Michel-Ange Buonarotti (Florence, 1564): la Belle-mère, comédie (Florence, 1569); \ Ercolano (Florence, 1570), dialogue qui traite de l'origine et de la différence des langues; Sonnets spirituels (Florence, 1573, iii-40); Compositions paslorales (Bologne, 1576, in-4°)( etc. Il a, en outre, traduit en italien l' Amour fugitif de Moschus, la Consolation de Boece, le Traité des bienfaits de Séuèque, etc.
VARDALACUOS, philosophe et littérateur grec, ne dans l'île de Scio vers 1770, mort après 1825. Après avoir fait de brillantes études dans une des écoles grecques de sa patrie, il s'acquit une grande réputation de savoir et fut appelé en 1807 à la chaire de philosophie du lycée de Bucharest, qu'il occupa sept ans avec une grande distinction. En 1814, il revint k Scio enseigner les belles-lettres au lycée de cette ville , mais ne pouvant, à cause de la faiblesse de sa santé, supporter le climat de l'Ile, il partit en 1817 pour Odessa, où jusqu'k sa mort il professa les sciences au lycée grec. On a de lui, entre autres ouvrages, une Physique expérimentale et une excellente Rhétorique, dédiée k ses élèves, les fils du prince Jean Carodza, bospodar de Valachie.
VARDANE ou BARDANE, roi des Parthes, mort en l'an 47 de notre ère. Il succéda en 43 à son père, Artabau III, mais eut, dès son avènement, à lutter contre un compétiteur, son neveu Gotarzès, qu'il vainquit d'abord, mais qui, profitant ensuite du mécontentement que Vardaue avait fait naître parmi ses sujets en déclarant la guerre aux Romains, réussit k se faire proclamer roi. Mais bientôt les Parthes, révoltés de sa cruauté, rappelèrent Vardane, qui reprit possession du trône après une courte guerre avec son adversaire. Il alla ensuite assiéger Séleucie, qui depuis sept ans luttait pour la conservation de son indépendance, et, après s'être emparé de cette ville, il la fit descendre du rang de capitale et fixa sa résidence à Ctésiphun, où il lit une foule d'embellissements. Il eut encore k combattre de nouveau son neveu, qui avait trouvé un allié dans le roi de Médie. Il les défit l'un et l'autre, s'empara des Etats du second et les donna k Vononès, qui devait régner un jour sur les Parthes; mais, enivré de ses tiiomphes, il devint injuste et ciuel'et s'attira la haine des grands de sa cour, qui l'assassinèrent dans une partie de chasse.
VARDANE, prince d'Arménie. V. Vartan.
VARDANÈS, nom ancien du Boug et du Ko u ban.
VAxti
VARE
VARB
VARDAR, l'Aijiuff des anciens, rivière de la Turquie d'Euriope, dans la Roumélie. Elle descend du versant orientnl du Tchar-Da.h, coule d'abord k l'âî,, puis an S., baigne Uskup et Grudiska et ie jette dans l'Archipel, au golfe de Saloniqcte, après un cours de 290 kiloin. J
VARDE, ville ôju Danemark, dans le Jutland, bailliage et à 14 kiloni, N.-O: de Ribe, sur la petite rivière du Varde-Aa, affluent de la mer du Nord ;\l, 900 hab. Tanneries, distilleries, fabrique) de tabac. Exportation de poterie. I
VARDES (René du Biîc-Crbspin, marquis de), gentilhomme français du xvne siècle. Il était gouverneur 'de La Capelle lorsque cette ville fut assiégée par les Espagnols en 1636. Bien qu'il eût été forcé a capituler par la faiblesse de sa garnison et par les clameurs des habitants, il craignit le ressentiment de Richelieu et se réfugia k Sedan. Il s'attacha ensuite au parti du comte de Soissons et ne rentra en grâce auprès de la cour qu'en 1643. U avait épousé Jacqueline de Bueil, comtesse de Moret, qui avait été la maîtresse de Henri IV.
VARDES (François René DU Bec Crkspin, marquis de), général français, paient du précédent, né vers 1620, mort in. Paris en 1688. Mesire de camp, puis maréchal de camp après la guerre de Flandre, de Vardes soutint la cause royale pendant la Fronde, servit ensuite en Piémont et devint successivement lieutenant général k l'armée de Catalogne, capitaine-colonel des Cent-Suisses et gouverneur d'Aigues-Mortes. Il était renommé k la cour par ses intrigues galantes et Louis XIV le choisit pour confident de ses amours avec Mlle de La Vallière. Mais le favori eut le tort de dénoncer k la reine, par une lettre anonyme, les galanteries de son mari. Sa trahison ayant été découverte, il fut emprisonné à la Bastille, puis envoyé k la citadelle de Montpellier, où il subit une détention d'un an et demi, et obtint ensuite l'autorisation de se retirer dans son gouvernement d'Aigues- Mortes ; puis, en 1683, après un exil de dixhuit ans, le roi le rappela k la cour et lui pardonna.
VARDIOLE s. f. (var-di-o-le). Ornith. Espèce de pie, de l'île PapoS.
VARDO, nom latin du Gardod, affluent du Rhône. •
VARDULES, en latin Varduli, peuple de l'Espagne ancienne, dans la Tarruconaise, au Si.-K. des Cantabres, au N. des Berones. U habitait le territoire compris entre la Navarre et la Biscaye actuelles.
VARE s. f. (va-re). Métrol. V. vara.
VARK (Louis-Prix), général français, né eu 1766, 11101 1 en 1807. bergent à l'é|ioque de la Révolution, il rit toutes les campagnes de la République et franchit rapidement tons lesgrades jus'qu'k celui de général de brigade. ' Il se signala surtout confie les Anglo-Russes en Hollande, ainsi qu'à la bataille d'Eylau, où il fut mortellement blessé.
VAREC s. m. V. varech. *
VARECA s. m. (va-re-ka). Bot. Genre de cucurbitacées de Ceylan.
VARECH ou VAREC s. m. (va-rèk. — Ce mot, qui désigne proprement tous les débris que la mer rejette sur ses côtes, vient du germanique : anglo-saxon wrac, wrme, chose rejetée, débris rejetés par la mer; anglais urreck, débris de navire, wrack , varech; hollandais virak, débris rejetés par la iner, bris de navire, varech, etc. Ces divers termes appartiennent k la même famille que l'ancien haut allemand wreh, chasse, rejeté, repoussé ; gothique vrikan, heurter, pousser; allemand warken, suédois wrâka, rejeter, repousser; anglais to wrack, être jeté sur les côtes, faire naufrage, etc.). Bot. Nom vulgaire donné, sur les côtes de l'Océan, aux plantes marines, et particulièrement aux fucus : L'iode est une substance qui a été découverte dans le varech. (Cuv.) La fumée du varech £11 combustion n'est point dangereuse. (V. de Bomare.) Il Varech nageur, Sargasse baccifère.
— Ane. coût. Droit de varech, Droit qu'avaient, en Normandie, les seigneurs dont les fiefs étaient situés sur les côtes de la merde s'emparer de tous les objets que la tempête et les naufrages jetaient sur leurs terres, ou qui arrivaient assez près de terre pour qu'un homme à cheval pût les toucher avec sa lance.
— Comm. Soude de varech ou simplement Varech, Soude extraite des varechs.
— Encycl. Bot. Ce nom vulgaire désigne des plantes marines appartenant au groupe des algues et formant la famille des fucacées. Ce sout tous ces cryptogames que l'on recueille sur les côtes soit pour engraisser les terres, soit pour en retirer la soude, soit pour en faire de la litière, des matelas, etc. V. fucus, FUCACÉES, ZOSTERE, etc.
— Ane. coût. Droit de varech. Le droit de varech, qu'on appelait aussi le bris, remonte & une époque fort éloignée. On désignait par lk toutes les choses rejetées par la mer, poissons, objets perdus ou débris de vaisseaux, qui échouaient sur les terres seigneuriales; ces objets appartenaient au seigueur sur la terre duquel ils avaient été trouves. Ce droit
parait avoir une très-ancienne origine, ear on trouve dans un code norvégien de 940 deux articles le concernant :
Article 1er. Si un vaisseau fuit naufrage le long d'une terre, en venant de la pleine mer, quiconque est en état de prouver son droit par témoins peut réclamer ce qui lui appartient, quel que soit le propriétaire du lieu où ces objf ts ont été pnussés.
Art. S. Les objets sans maître jetés par la mer sur le rivage appartiennent au roi.
On voit par le premier article que le droit de varech conférait au seigneur le pouvoir de garder ce qui échouait sur sa terre ; il était tenu néanmoins de rendre au propriétaire les objets que celui-ci déclarait lui appartenir. Le second article montre qu'à l'égard de ce droit, comme de bien d'autres, on reconnaissait la puissance du roi et sa prédominance sur toutes choses. Cependant le varech finit par être abandonné par le roi k ses feudamires. Ces donations commencèrent sous les règnes des successeurs de Charlemagne. On voit, dans un diplôme en faveur du monastère* de Saint- Ouen, Charles le Chauve s'exprimer ainsi : • Si la marée pousse sur les terres de l'abbaye un poisson ou tout autre objet, nos préposés ne pourront s'en emparer, mais les moines en feront leur profit, t
Pendant la malheureuse administration de Robert Courte -Heuse, les seigneurs voulurent garder pour eux les naufragés et les navires; ce ne fut que sous les ducs qui gouvernèrent la Normandie après lui que le droit de varech fut rétabli. Richard Cœur de Lion, le 16 octobre 1190, donna une charte par la-
3uelle il déclare que, si le propriétaire périt ans le naufrage, ses héritiers auront droit h réclamer tout ce qui sera sauvé. 11 manquait encore quelquo chose k cette ordonnance, c'était de savoir pendant quel temps on devait rester sans toucher aux biens des naufragés, si les héritiers ne réclamaient pas immédiatement. L'échiquier de 1234 répara cet oubli par l'arrêt suivant: «Que le wereq soit gardé en la main le roi, un an et un jor. Et se aucuns le requiert dedans l'an, et il prueve que il soit suens, la justice le roi H randra... >
Quand un poisson tel que marsouin ou craspois échouait sur le rivage, si après avoir été harponné il n'était pas réclamé ■ dans un flo et une retrète > (Record au l'année 1155 environ), c'est-à-dire au bout de douze heures, il appartenait au seigneur sur la terre duquel il était resté, mais seulement s'il pesait moins de 12 livres ; sinon, il devenait la propriété du duc.
' Il y avait une distinction analogue pour les objets trouvés; quelques-uns seulement devaient appartenir aux seigneurs , d'autres devenaient la propriété du roi. Parmi ces derniers étaient l'or et l'argent monnayés ou la vaisselle d'or ou d'argent, les bijoux d'une valeur de plus de 20 livres, les destriers, les francs-chiens, les francs-oiseaux, tels que autours et faucons; l'ivoire, le corail et les pierres précieuses; le vair, le gris et la zibeline; les draps d'or et de soie, l'écarlate, le ballot de drap lié, dit trousse!, et les manteaux neufs.
Sj un navire périssait complètement, de telle sorte qu'il 11 y eût personne pour réclamer les objets naufragés, le seigneur devait faire prévenir ie bail 11 ou le prévôt ducal qui, après avoir inventorié le varech, mettait en vente tout ce qui pouvait se gâter et remettait le reste k la garde du seigneur. Au contraire, plusieurs hommes échappaient- ils au naufrage, ils reprenaient ce qui leur avait appartenu et le reste revenait au' seigneur. Ce furent les Norvégiens qui les premiers s'occupèrentd'atténuercette coutume de confiscation sur les naufragés, cause fréquente d'interminables procès qui linissaient souvent par la captivité pour beaucoup d'hommes échoués sur le rivage. Ainsi, en 1386, il y avait trois procès k l'échiquier île Normandie : un navire avait échoué et était porteur de onze Anglais, et l'on discutait pour savoir k qui le tout devait appartenir. L'échiquier déclara que ces onze Anglais resteraient les prisonniers d'un écuyer, nommé Pierre du Val, auquel ils s'étaient rendus; le navire fut réclame par le roi et pur l'abbaye de Fécamp. On suppose que ce fut l'abbaye qui gagna le procès. Quelques années auparavant, dans un conflit pareil, l'échiquier lui avait adjugé trente-six "Anglais dont le navire s'était brisé devant Veulettes, fief de l'abbaye.
VARE-CRUE s. f. (va-re-krû). Techn. Brique mal cuite.
VARÈtiUES, VARAltiUBS ou VARANGIENS
(de wurg, expatrié), peuple de la Norvège, appelé par les habitants de Novgorod au IXe siècle pour les défendre contre les Finnois. Les Varégues s'établirent sur le territoire de Novgorod, et leur chef, Rurik, prit le titre de grand-duc et fut le fondateur de l'empire russe.
VAREIGNE s. f. (va-rè-gne ; gn mil. — autre forme du mot garenne). Jardin maraîcher, aux environs de Tours, il On écrit aussi
VAHAIGNE.
VAREL, ville de l'Allemagne du Nord, dans le grand - duché d'Oldenbourg , cercle de Neuenburg, k 33 kiloni. N. d'Oldenbourg, à l'embouchure de la Hase dans le gulfe de Ja Jahde; 3,700 hab. Petit ponde commerce et de pèche. Château des comtes de Bentiuclc.
VARE
Ancienne résidence des seigneurs de Kniphausen.
VAREI.A (Hector-F.), homme d'Etat et joiu un! sle américain, né à Buenos-Ayres en 1831. Son père, Florencio Varela, auteur d'un ouvrage intitulé Affaires de Buenos-Ayres, traduit en français par le capitaine Sergent {1841, in-8<>). joua un rôle considérable dans* la république Argentine, se battit pour la liberté et l'ut assassiné par les sicaires du tyran Rusas. Hector, 1 aîné de ses fils, dut quitter Buenos-Ayres, où les biens paternels avaient ete confisqués, et se rendit avec sa mère et .ses frères à Rio-Janeiro, où il apprit le commerce. Le jeune homme, grâce a ses rares aptitudes, parvint à subvenir à l'existence de sa famille et employa ses loisirs à apprendre le français, l'allemand, l'anglais et l'italien, qu'il parle avec une égale facilité. Lorsque, en janvier 1852, le général Urquiza appela le pays aux armes pour secouer le joug de Rosas, Hector Varela accourut dans la république Argentine et contribua à la chute du dictateur. Peu après, il fonda la Tribuna, le plus grand et le plus populaire des journaux de PAmérique du Sud, se signala par un talent plein d'éclat, par un autour ardent pour la liberté, combattit sans relâche la dictature militaire, devenue la plaie de son pays, et prit part au mouvement qui força le général Urquiza à quitter Buenos-Ayres (1853). Lors d'un p'remier voyage qu'il fit en Europe, il visita l'Espagne, où il se lia avec Cusiel-ir.-le Portugal, l'Angleterre et l'Italie. Nommé consul général de Buenos-Ayres à Paris, il repartit pour l'Europe; mais la juste indignation avec laquelle il avait stigmatisé dans son journal l'odieux coup d'Etat du 2 décembre 1851 lui fit -refuser i'exequnlur par le gouvernement de Napoléon 111, Pendant un troisième voyage en Europe, il assista, eu septembre 1866, au congrès de Genève, où se trouvait le vieil ami de son père, Garibaldi, qui la présenta aux sommités de la démocratie européenne. Dans une séance, un habitant de Neuebâtel ayant attaqué la démocratie améiicaine, Varela protesta. Pou.-sé en quelque sorte de force à. la tribune par Jules Bovier et quelques démocrates, il y prononça un discours admirable qui lui valut une enthousiaste ovation et qui, reproduit dans les journaux, répandit son nom en Europe. De retour dans sa patrie, il fut nommé député à Montevideo et appelé à faire partie du ministère. Quelque temps après la mort de flores, il donna sa démission et* revint il Buenos-Ayres. Lors de l'épidémie cholérique qui sévit eu 1867 dans* cette ville avec une violence inouïe, il devint président du comité de salubrité et ht preuve d'un courage et d'un dévouement qui lui acquirent une grande popularité. Pendant un voyage qu'il lit peu après dans les provinces Argentines, Hector Varela y fut l'objet des manifestations populaires les plus chaleureuses. Lors de la guerre désastreuse que la Fiance soutintoontre la Prusse, le brillant journaliste se fit le chaleureux défenseur de notre paya, organisa un meeting monstre qui manifesta ses sympathies pour ia France: organisa, en outre, des représentations théâtrales au bénéfice de la souscription française et rendit de tels services à nos nationaux habitant La Plata, que ceux-ci, au nombre de 30,000, adressèrent en 1871 à l'Assemblée nationale de Versailles une pétition demandant pour M. Varela le titre de citoyen fiançais. Eu 1872, M. Varela se rendit en France pour y fonder un grand journal, Et Americtmo, dont le numéro spécimen parut le 7 mars. Dans ce journal, contenant une partie écrite en français et l'autre en espagnol, avec un grand luxe typographique et des illustrations, M. Varela s'est proposé ■ de mettre la pupulatiou hispano-américaine au courant de ce qui se passe eu Europe, de l'intéresser et de l'instruire et en même temps de révéler au vieux monde une civilisation, des niûiurs et une littérature qu'il ne connaît que très- imparfaitement. • Al. Varela, aide par des souscriptions officielles et privées venant de plusieurs Etals de l'Amérique du Sud, commença à Paris, en août 1872, la publication de ce grand journal. Eu 1873, il fut nommé ministre de la république de Guatemala à Paris et fut appelé, en février 1874, à remplir les mêmes fonction» à Paris. Journaliste au style brillant, orateur plein d'éloquence et de l'eu, républicain convaincu, défenseur constant de la démocratie et de la libene, M. Hector Varela est un des hommes les plus emiueius de l'Amérique du Sud. 11 a publie eu 1874 quelques écrits iu-8» : A Alvarez Catdeion, Emile Castelar, la République de Venezuela et son président lilanco, le Pérou devant les pays d'Europe, etc. — Un de ses frères, Muriano Vakkla, diplomate distingué, a été ministre des ati'aiies étrangères de la republique Argentine ; un second, Juan- Crnz Vakkla, est poète et antiquaire; un troisième, Kufiuu Vakela, est un savant économiste ; enfin un de ses parents, Pedro Varela, a été à deux reprises président de la république de l'Uruguay. V. Uruguaï.
VAHELA Y ULLOA (José), marin espagnol, né diuis la Galice en 17-18, mort eu 1794. Il entra au service en 1759, eu qualité de gardemarine , et s'adonna surtuui a l'étude des sciences mathématiques. En 1776, de concert avec Borda, il mesura géométriquement le pic de Ténérifïe, leva le plan des lies du Cap-
Vert et de la côte d'Afriquje, depuis le cap Spartel jusqu'au cap Vert, yfet, entre autres missions importantes, reçut |jlus tard celle de fixer les limites des possessions espagnoles et portugaises dans l'Aménayue méridionale; ce travail lui valut, en 1791,'le grade de chef d'escadre. Il était, en outrera cette époque professeur de mathématiques k l'Académie des gardes- marine du département de Cadix et membre correspondant dej l'Académie des sciences de Paris. — Un de-^es parents, Pedro Varela y Ulloa, mort en 1797, fut successivement grand bailli de l'ordre de Malte, ministre de la marine (1795), puis ministre des finances (1797). ,'
VARÉLIAUD (Antoine), chirurgien français, né à Uzerche (Corrèze) en 1776, mort à Paris en 1840. Elevé du célèbre docteur Boyer, il donna une excellente thèse intitulée : Des monographies médicales, et fut, en l'an XIII, nommé chirurgien de Napoléon par quartier. Il suivit les armées françaises dans les grandes guerres du commencement de ce siècle. Enrichi par une dotation, attaché à la personne de Marie-Louise, c'était un des plus fervents adeptes du régime impérial, dont la chute le fit retomber daus l'obscurité. Il consacra désormais ses loisirs à écrire dans les journaux de médecine du temps. Il avait entrepris un grand ouvrage, qu'il n'acheva point, sur les affections mentales. Un de ses articles médicaux déplut k Scribe, qui essaya de le ridiculiser dans le Nouveau Pourceaugnac.
VARELLA s. m. (va-rèl-la). Nom que l'on donne aux temples dans le Pégu.
VAREN (Bernhard),en latin Yarenlus, géographe hollandais, né k Amsterdam vers 1610, mort vers 1680. Il pratiqua la médecine et cultiva par goût les sciences mathématiques, particulièrement la géographie scientifique. Outre une Descriptio reyui Japonimel Siam... (1673), on a de lui un excellent traité sur la matière, Geographia generalis (16S4), où il traite toutes les questions de physique, d'astronomie et touche même à la géologie, qui alors n'était pas fondée ot dont le nom ne figurait pas sur le catalogue des sciences. Cet ouvrage, qui fit une véritable révolution, jouissait d'une telle estime que Newton s'en lit l'éditeur et le commentateur (Cambridge, 1691).
VARENGEVILLE, bourg, et commune de France (Seine-Inférieure), canton d'Offranville, arrond. et à 8 kilom. O. de Dieppe; 1,050 hab. Commerce de bestiaux et de chevaux. On y voit l'ancien manoir d'Ango, armateur anobli par François 1er, qui séjourna dans ce manoir. Dans une galerie du rez-dechaussée, on a découvert une belle fresque datée de 1544 et représentant Moïse élevant le serpent d'airain.
VARI5NI US (Auguste), théologien allemand, "né en 1620, mort en 1684. Il avait une con- " naissance approfondie de l'hébreu, qu'il parlait aussi bien que l'allemand, et, après les Buxtorf, c'est de tous les théologiens allemands celui qui a poussé le plus loin la science des accents hébraïques. 11 savait par cœur tout le texte hébreu de la Bible. II a laissé, entre amres ouvrages, un Commentaire sur Isuïe qui a été réimprimé en 1708 k Kostock et a Leipzig.
VARENNE s. t. (va-rè-ne). Forme ancienne du mot GARENNB.
— Agric. Plaine sablonneuse et inculte, où l'on ne trouve qu'un peu d'herbe pour les bestiaux, et que fréquente le gibier.
— Hist. Varenne du Louvre, Etendue de .pays dans lequel le droit de chasse était réservé au roi. Il Juridiction qui connaissait des délits commis dans la même étendue.
VARENNE (Jacques), seigneur DE Beost, avocat français, né k Dijon vers 1710, mort à lJaris vers 1780. Avocat au parlement de sa ville natale, puis secrétaire en chef des états de Bourgogne, il engagea contre le parlement de Dijon, au sujet des élus des états généraux de Bourgogne, une lutte qui faillit lui devenir fatale. Un Mémoire qu'il publia (furis, 175S, in-8o), et dans lequel il soutenait l'administration contre les prétentions de la magistrature, fut, en vertu d'une décision de ia cour des aides de Paris, brûlé par la main du bourreau. Le parlement de Dijon renchérit sur celte condamnation et fit publier une défense • d'entretenir, sous les, peines les plus sévères, aucune liaison avec un de ceux qui portaient son nom. > Le ministre, qui connaissait la sympathie occulte du roi pour Varenne, lui délivra, pour ïe soustraire à une condamnation contradictoire, des lettres d'abolition dont il dut entendre la communication à genoux. En 1766, Varenne fut nommé receveur général des finances des états de Bretagne. Un lui doit : Itegistre du parlement de Dijon de tout ce qui s'est passé pendant la Ligue (in -12) ; Monument curieux et intéressant pour L'histoire de Bourgogne sous Henri 1 V (Paris, 1772); Considérations sur t'inaliéuabilUé du domaine de la couronne (1775, in-8û).
VAUENNE UE FENILLE (Philibert-Charles- Marie), agronome fiançais, fils du précédent, lie à Dijon vers le milieu du xviii« siècle, exécuté a Lyon en 1794. 11 était receveur des impositions de la Bresse et du pays de Doinbes, quand son père fut persécute, et, enveloppé dons la même proscription, il se fixa
VARE
en Bresse dans une terre de sa famille. Il se livrait avec ardeur aux études agricoles, lorsque la Révolution vint le surprendre nu milieu de ses travaux. Arrêté^coinme fédéraliste, il fut conduit k Lyon, condamné et exécuté. On a de lui, entre autres écrits : Observations , expériences et mémoires sur l'agriculture (Lyon, 1789, in-8°) ; Observations sur les étangs (Bourg, 1791, in:8°); Mémoire sur Varnénagement desforêts nationales (Bourg, 1792, 2 vol. in-8°). Ses œuvres ont été réunies en 1807 sous le titre général à'Œuvres d'agriculture (3 vol. in-S°).
VARENNE DE FENILLE (Jean-Charles-Bénigne), agronome, fils du précédent, né à Paris en 1780, mort aux environs de Bourg en 1848. A la mort de son père, il fut recueilli patun professeur de mathématiques de Bourg, qui le mit en état d'entrer à l'Ecole polytechnique. En 1811, il fut nommé sous- préfet de Lyon et donna sa démission en 1815. Député à la Chambre introuvuble (1815), il devint en 1816 secrétaire général de la préfecture de l'Aisne, fonctions qu'il résigna en 1830 pour rentrer dans la vie privée et s'adonner, comme l'avait fait son père, à l'agriculture. On a de lui : Essai sur les produits de l'incinération des végétaux et particulièrement sur la potasse (Bourg, 1812, in-12); Mémoire sur tes forêts de pins (1812, in-12).
VARENNE (Jacques-Edouard, baron Buri- GNot de), diplomate français, né k Chalonsur-Saône en 1795, mort en 1873. Il entra dans la diplomatie sous la Restauration, remplit divers postes secondaires et fut nommé, sous Louis-Pliilippe, ministre plénipotentiaire en Portugal. Elu député de Chalon-sur-Saône en 1842, il siégea à la Chambre jusqu'en 1846 et y appuya la politique de M. Guizot. Non réélu en 1846, il dut, en outre, quitter la diplomatie après la révolution du £4 février 1848. En 1852,1e gouvernement du coup d'Etat du 2 décembre le nomma ambassadeur à Berlin. Rappelé k Paris l'année suivante, M. de Varenne reçut un siège au Sénat (1853), où il siégea obscurément jusqu'à la fin de l'Empire. La révolution du 4 septembre 1870 le rendit de nouveau k la vie privée. Retiré dans son château de Crémelon, il s'y suicida au mois de septembre 1873, eu se tirant deux coups de pistolet dans la poitrine.
VARENNE (Charles, comte DE La), publiciste français. V. La Varenne.
VARENNÉE s. m. (va-rè-né — de Varenne, agron. fr,). Bot. Genre d'arbres, de la famille des légumineuses, dont l'espèce type prolt au Mexique.
VARENNES, village et comm. de France (Somme), cant. d'Acheux, urrond. et à 21 kilom. S.-E. de Doullens; 610 hab. On y voit les ruines de l'abbaye de Clair-Fay, fondée . au xno siècle et ruinée par les Espagnols en 1637.
VARENNES-SUR-ALLIER, bourg de France (Allier), ch.-l. de cant., arrond. et k 30 kilom. N.-O. de La Palisse, près du confluent de l'Allier et du Valençon ; pop. aggl., 1,182 hab.
— pop. tôt., 2,505 hab. Commerce de vins et de froment. Ancien château de Gayette, transformé en hôpital.
VARENNES-SUR-AMANCE, bourg de France (Haute-Marne), ch.-i. de cant., arrond. et k 30 kilom. E. de Langres, sur une colline près de l'Amânce ; pop. aggl., 1,226 hab. — - pop. tôt., 1,307 hub.
VAREN NES-EN ARGONNE, bourg de France (Meuse), ch.-l. de cant., arrond. et k 29 kilom. N.-O. de Verdun, sur l'Aire et près de la forêt de l'Argonne; pop; aggl., 1,407 hab.
— pop. tôt., 1,453 hab. Papeterie, huilerie, fours k chaux, tuilerie; fabrication de biscuits et macarons. C'est lk que Louis XVI et sa famille fuyant k l'étranger fuient arrêtés le 22 juin 1791 (v. ci-apres). A i'entrée du bourg, on voit une porte remarquable par son ancienneté et son architecture.
Varcuucs (fuite de). On sait fort exactement-aujourd'hui, et par les correspondances authentiques de Marie-Autoinette, et par d'autres documents certains, que le projet de fuite de la famille royale était ancien déjà et concerté avec le3 puissances étrangères.
Constamment démenti, et de la manière la plus solennelle, il n'en était pas moins la base de tous les plans de contre-révolution. Plus le moment approchait, et plus Je roi, la reine et leurs partisans redoublaient de dissimulation, de protestations de fidélité au pacte constitutionnel; ces basses comédies coûtaient peu d'ailleurs k ces personnages, qui s'étaient fait une habitude du mensonge.
Le 22 mai 1791, la reine avait écrit à son frère Léopold, en lui rendant compte des projets arrêtés : «...Nous devons aller à Moutmédy. M. de Bouille s'est chargé des munitions et des troupes à faire arriver en ce lieu ; mais il désire vivement que vous ordonniez un corps de troupes de 8,000 à 10,000 hommes à Luxembourg, disponible à notre réclamation (bien entendu, que ce ne sera que quand nous serons en sûreté) pour entrer ici, tant pour servir d'exemple à nos troupes que pour les contenir... »
Et le l«rjuin : «Nous vous réitérons, mon cher frère, la demande de S,0u0 ou 10,000 hommes disponibles a notre demande pour le premier moment. C'est quand le roi sera en lieu de sûreté et libre qu'il verra avec reconnaissance et grande joie toutes les puissances se
réunira sa réclamation pour soutenir la justice de sa cause.i
Le plan, concerté avecM. de Mercy-Argenteau, ambassadeur d'Autriche et le Mentor de la reine, était donc de mettre d'abord la famille royale en sûreté dans une place frontière, et d'ugir ensuite contre la France avec l'appui des troupes étrangères et la diversion d'une insurrection royaliste k l'intérieur.
Les souverains, d'ailleurs, et Merry ne l'avait pas laissé ignorer k la reine, n'entendaient pas prêter leur appui gratuiieinent; avant de porter secours à leur bon frère le roi de France, ils se préoccupaient du profit qu'ils en comptaient tirer, et déjà leurs émissaires étudiaient nos frontières de l'Est et du Nord, non-seulement dans un but stratégique, mais dans des vues de démembrement.
Les négociations se poursuivaient activement. Une conférence avait eu lieu à Mantoue, k laquelle avait assisté le comte de Durfort, envoyé de Louis XVI. L'empereur d'Autriche promettait 35,000 hommes, ajoutant que les auties puissances fournira ent aussi leur contingent. Le 12 juin, il écrivait à sa sœur, Marie-Antoinette: «... Puisse votre projet s'accomplir heureusement. Le comte de ùiercy a l'ordre, la chose réussissant et •sur votre demande, de vous aider et de vous fournir tout ce qu'il peut; argent, troupes, tout sera k vos ordres. On peut compter sur le roi de Sardaigne, les Suisses et les troupes de tous les princes.de l'Europe, même celles du roi de Prusse, qui sont à Wesel, et par conséquent fort k portée.»
Nous ne voudrions pas fatiguer le lecteur de citations, d'autant plus que la réalité des manœuvres criminelles du roi et de la reine ne peut plus être contestée. Ils ont ameuté le monde entier contre nous, ouvert la France à l'étranger, qui depuis n'a plus oublié le chemin de nos foyers. La juste punition qu'ils ont subie n'a malheureusement pas racheté tout le mal qu'ils nous ont fait et les torrents de sang qu'ils ont fuit couler dans des guerres sans lin. Dans son égoïsme monstrueux, la vieille monarchie n'a pas voulu s'éteindre sans iaisser cette blessure au cœur de la patrie.
Le roi eût pu s'échapper plus facilement seul ; mais la reine s'attachait k lui, pour sa propre sûreté d'abord, puis pour ne pas l'abandonner k l'influence des princes, de Calonue et des émigrés, qui ne demandaient qu'a l'éliiniuer elle-même de leurs combinaisons.
Les préparatifs se poursuivaient avec !a malidresse la plus imprudente. Longtemps k l'avance, la reine faisait enlever son chiffre de son argenterie, emballaitses diamants et objets précieux, commandait des monceaux d'habillements, une berline immense propre k faire événement partout, une myriade d'objets connue pour un voyage autour du inonde, n'oubliait rien enfin de ce qui " pouvait éveiller l'attention. Le roi, de son côté, avait donné l'ordre à de Moustier, Malden et Valory, trois de ses anciens gardes du corps, de se munir de vestes de courrier, de couleur jauue, de préparer des relais, etc. Ces courriers improvises non-seulement ne connaissaient pas les routes, mais pas même Paris 1
Un des principaux agents de cette nfFaire était un étranger (naturellement 1), le comte de Fersen, aucien colonel du régiment de Royal-Suédois et l'amant actuel de la reine, on peut l'affirmer sans témérité. Dans la combinaison, il était cocher; Mûrie-Antoinette était gouvernante sous le nom de M'«e Rochet ; le roi, travesti, griihé, était le valet de chambre Durand ; il""1 de Tourzel, gouvernante des enfants de France, devait jouer le rôle d'une dame russe, la barouue de iiorff. Tout se réalisa ain.5i. Ce complot, coinoiné d'une manière enfantine, réussit de point en point, ce qui montre bien que la prétendue captivité de Louis XVI n'était pas fort étroite, quoique la garde des Tuileries fût confiée k la garde nationale etk La Fayette. Bouille, qui commandait k Metz, avait reçu l'ordre d'échelonner des détachements sur ia route jusqu'à Chàlons.
Dans la nuit du 20 au 21 juin 1791, la famille royale s'échappa du cliâteau, gagna la Villette, où l'atténuait la fameuse berline, et filarapidemeutsurBondy, puis vers Chàlons, vers iVluiiiniédy, vers l'étranger. La monarchie émigrait à son tour.
Le lendemain matin, Paris se réveilla sans roi. La Fayette, qui avait joué le rôle d'un niais ne comédie, se défendit comme il put. Le canon d'alarme du pont Neuf tonna, an nonçant aux citoyens que c'était l'heure des suprêmes périls et que la monarchie parjure et fugitive allait déchirer la patrie par la guerre étrangère et la guerre civile.
Sous le coup de cette éventualité terrible, Paris ne faiblit point. La vaillante cité fut tout entière debout, s'arma, commença l'apprentissage de la république et se serra autour de 1 Assemblée nationale, en répétant naïvement : «Notre roi est làl»
L'Assemblée montra de la vigueur et de la uêcision, se saisit des pouvoirs et ne contribua pas peu par son attitude k maintenir l'esprit public k une grande hauteur.
En partant, Louis XVI avait laissé une protestation pleine de récriminations fausses ou ridicules, et que l'intendant delà liste ci*
vile, de La Porte, déposa sur le bureau de l'Assemblée.
Pour n'oublier aucune maladresse dans cette folle équipée, on avait répandu le bruit sur la route que les détachements échelonnés étaient là pour escorter un trésor ; c'était le comble de l'imbécillité, dans un moment où la reine était accusée de faire passer de l'argent aux Autrichiens. Aussi les paysans s'attroupaient-ils avec plus de méfiance encore que de curiosité autour des cavaliers allemands, dont le premier escadron, commandé par le duc de Choiseul, était au delà de Chàlons-sur-Marne, à Font-de-Sommeville.
Les relais avaient été marqués par Goguelat, ofticier d'état-major et secrétaire de la reine ; mais il y eut quelques malentendus, ce qui, joint aux fautes, aux contre-temps et aux retards, amena te résultat qu'on connaît.
Le 81, vers quatre heures de l'après-midi, la vaste berline qui portait la famille royale franchit Châlons, puis arriva k Pont-de-Sommevitle. On n'y trouva plus Choiseul. Malgré les ordres précis de Bouille, il s'était replié avec ses hussards. Tous deux s'accusèrent mutuellement d'avoir fait manquer l'évasion. Mais on sait que c'est le cas de tous les royalistes qui ont été mêlés à. cette aventure. 11 est présuinable que l'échec fut dû k des défaillances et à des maladresses plutôt qu'à des trahisons.
Le roi, néanmoins, passa sans accident et arriva à Sainte- Menehould, où s'était installé la veille un détachement de dragons Là, il fut reconnu par Drouet, ancien dragon de Condé, qui suppléait alors son père comme maître de poste. Ce jeune homme énergique soupçonne une fuue vers la frontière; il se prépare rapidement à suivre les voitures, fait battre la générale, invite la garde nationale à empêcher les dragons de le suivre, monte à cheval et se jette k la poursuite des fugitifs avec un de ses amis nommé Guillaume, commis du district et ancieu dragon de ta reine.
Voilà ces deux braves citoyens galopant sur la route, au crépuscule, derrière ce coupable souverain qiti va donner aux. étrangers le signal de l'embrasement de la France. Us étaient suivis eux-mêmes par un autre cavalier, le maréchal des logis Lngache, qui s'était échappé de Sahite-Meneliouid, armé jusqu'aux dents, pour les atteindre, les tuer ou les faire tuer.
En route, Drouet et son compagnon apprennent que la berline avait pris la route de Varennes. Ils coupent à travers les bois, arrivent en ville k onze heures du soir, rejoignent, puis dépassent le convoi royal, mais au pas, de manière à se l'aire passer pour de paisibles marchands, [mis courent au pont pour le barricader; mesure urgente, car de l'autre côté de la petite rivière d'Aire on apercevait les hussards de Bouille qui attendaient; autre faute, car s'ils eussent été en deçà, et si le garde du corps Valory, au lieu de caracoler k la portière, eût gardé une heure d'avance pour tout préparer, il est probable que le roi passait et qu'il était sauvé.
Drouet réveilla quelques patriotes, prévient le maire, l'épicier Sauce, procureur de la commune, etc.. et revient avec une dizaine d'hommes attendre les fuyards le fusil à la main. 11 était alors près de minuit. On demande leurs passe-ports aux voyageurs, qui les montrent, mais se troublent en répondant aux questions. Finalement, le procureur Sauce, vu l'heure avancée, la difficulté des chemins, l'émotion qui commençait k se répandre en ville, offre sa maison. Le roi, comptant probablement sur ses troupes, accepte et, comme les plus grandes crises ne lui faisaient jamais perdre 1 appétit, se met paisiblement k manger et k choquer le verre avec le pauvre chandelier, comme on disait alors.
Pendant ce temps, l'intrépide Drouet agissait, remuait la ville, mettait la garde nationale sur pied, envoyait partout des estafettes pour sonner le tocsin et soulever les campagnes environnantes. En ces pays de frontière, la moindre alerte met tout en éveil; et combien plus en cette nuit noire, en ce temps d'alarmes continuelles I
Les hussards qui étaient au delà du pont étaient commandes par un officier allemand qui perdit la tête et se sauva. Le fils Bouille était également parti pour prévenir sou père des événements.
Mais Bouille arriverait-il à temps?
Pendant qu'à la lueur des torches les citoyens de Varenues se barricadaient et se mettaient en état de défense, Choiseul et Gog'uelat, après avoir erré k travers les bois et les chemins de traverse, arrivaient avee un détachement de cavaliers. Mais ils se sentirent aussitôt impuissants, car leurs Allemands, noyés dans la population, se rallièrent k la garde nationale. Ainsi, même les mercenaires étrangers abandonnaient la cause de la royauté.
D'autres détachements essayèrent également d'entrer en ville; mais il devenait évident que toutes les tentatives seraient vaines, car de minute eu minute les gardes nationaux accouraient de tous les points du département, remplissaient la ville et rendaient de plus en plus impossible un coup de main en laveur du roi.
Le procureur Sauce jugea qu'il était temps de déclarer k Louis XVI qu'il était reconnu et qu'il fallait qu'il se .disposât à reprendre la route de Paris. Le roi et la reine éclatèrent alors en supplications sans dignité; mais l'honnête chandelier fut très-ferme. D'ailleurs, il était visible qu'il se fût compromis eu vain.
Louis XVI n'avait plus qu'un espoir, l'arrivée de Bouille et de ses troupes, qui lui eussent ouvert une route dans le sang des citoyens.
Prévenu vers quatre heures et demie du matin, il marchait en effet sur Varennes avec le régiment de cavalerie Royal-Allemand;, mais il ne devait pas arriver à temps.
Il y avait à cette heure 10,000 hommes environ k Varennes, et d'autres étaient en route. Dans toute cette foule, on n'entendait qu'un cri : A Paris! Appelé par les clameurs à la fenêtre, le roi parut-, sous son déguisement de valet, il fit pitié, émoussa la colère. Il y eut même des cris de : Vive le roi/ mais il vit bien que les résolutions étaient arrêtées et qu'on ne lui laisserait pas continuer sa route vers la frontière.
Vers six heures, deux courriers arrivant de Paris apportèrent le décret de l'Assemblée Ordonnant 1 arrestation du roi.
Il fallut enfin se résigner, et le départ s'ef- • fectua au milieu d'un cortège immense. Il était environ huit heures du matin (22 juin). Bouille arriva une heure et demie plus tard avec ses Allemands ; mais il vit bien que tout était manqué et que l'entreprise était dès lors impossible. Il ramena sa troupe k Stenay et s'enfuit lui-même avec ses ofliciers sur les terres de l'empire.
La contre-révolution et le parti de l'étranger étaient encore une fois vaincus.
Drouet avait, dans cette circonstance, rendu un service inappréciable et sauvé la France d'un grand péril, car si Louis XVI avait pu alors faire sa jonction avec l'ennemi, la guerre éclatait avant que nous fussions prêts k la soutenir, et il n est pas possible de calculer les conséquences d'un tel événement.
Cependant l'immense cortège qui ramenait les fugitifs s'avançait lentement sur la route de Paris, renouvelé sans cesse et grossissant toujours, gardes nationaux, paysans armés de piques, de fourches, de faux, etc.
Près d'Epernay, on rencontra les commissaires de l'Assemblée, Pétion, Barnave, Mathieu Dumas, Latour-Maubourg, qui lurent les décrets et prirent la direction du cortège. Le roi, avec sa fourberie habituelle, affirma effrontément qu'il ne voulait nullement sortir du ruyaume et qu'il se retirait simplement k Montmédy pour étudier la constitution et l'accepter plus librement.
Barnave et Pétion montèrent dans la voiture royale. Ce dernier fut, pendant la route, digne et convenable, quoique un peu gauche et maladroit. Le premier, qui déjà avait bifurqué vers la cour et qui d'ailleurs rêvait de reprendre le rôle protecteur de Mirabeau, profita de sa mission pour se rendre agréable et pour s'offrir assez ouvertement comme conseil et comme appui. Il avait la pensée du parti constitutionnel et feuillant, qui voulait dès lors sauver la monarchie pour gouverner en son nom et dominer le parti populaire. DéjàLaFayette avait trouvé le mot qui devait mettre le roi k l'abri derrière une fiction ; il ne s'était pas enfui, il avait été enlevé pur lés ennemis publics, .égaré par de ' mauvais conseillers, etc.
Partis le 82 de Varennes, le roi et sa suite arrivèrent le 25 à Paris, après avoir couché k Chàlons, k Dormans et b Meaux. Cette marche de quatre jours avait eu pour eux ses émotions; mais ils redoutaient surtout le moment de la rentrée k Paris. La Fayette avait pris de minutieuses précautions-, mais cela n était pas nécessaire-, le peuple était décidé k n'accueillir les fugitifs que par un silence glacial et la tète couverte. Sur les murailles on avait affiché : «Quiconque applaudira Louis XVI serabàtonné; quiconque l'insultera sera pendu.»
Pour éviter le faubourg Saint-Martin, on tourna par les boulevards extérieurs, et l'on entra par la barrière de ia Conférence, pour descendre les Champs-Elysées et gagner les Tuileries sans avoir passé pour ainsi dire pur Paris, car toute cette région était alors fort déserte.
Mais partout on rencontra une foule immense, dont le silence imposant n'était interrompu, de temps k autre, que par un cri formidable de : Vive la nation! La monarchie était irrévocablement condamnée ; cette institution décrépite était morte sur lu route de Vareunes. La déchéance n'était plus qu'une question de temps.
VARENNES-SOIJS MONTSOREAU, bourg et commune de Fiance (Maine-et-Loire), cant., * arrond. et k 12 kilom. N.-1C, de Sauuiur, entre l'Authion et la levée de la rive droite de la Loire; pop. aggl., 392 hab. — pop. tôt., 2,000 hab. Commerce important de vins et de bestiaux. Belle église paroissiale du xiie siècle, reconstruite en partie au xvie.
VARENNES (Aimé de), poète français qui vivait au xue siècle. Cet écrivain, dont les travaux de M. Paulin Paris ont, depuis peu de temps, révélé le nom et l'œuvre, était, suivant toute vraisemblance, d'origine grecque; il habita successivement diverses villes
YARG
de la Grr-ce, puis il /vint en France et se fixa k Châtillon, aux environs de Lyon. Varennes est l'auteur d'un roman en vers intitulé Florimont, qui retrace, les aventures d,e Floriniont et de Philippe?, le bisaïeul d'Alexandre. M. Paulin Paris a Çait une curieuse et intéressante analyse de; ce poème dans les Manuscrits fiançais, tJlII, p. 9 k 58. Il a été fait de ce poème, Sai xv« siècle, une mauvaise imitation en prose, qui a été publiée, un siècle plus tard, sous ce titre : Histoire et ancienne croniegne de l'excellent roi Florimaiit, fils du nolde Mataquas, duc d'Albanie (Paris, 1528, in-4°), plusieurs fois rééditée à Lyon et k Rouen.
VARENNES (Auguste- Adrien dk Godde, marquis de), peintre et littérateur français, né k Coiilommiers en 1801, mort dans la même ville en 1864. Il commença par étudier la peinture et la gravure sous la direction du baron Denon,et il exposa, en 1837, la Synagogue des Israélites de Paris un jour de fête. Puis il renonça k la peinture et s'adonna exclusivement à la littérature. On a de lui : Simples fables (1846 et 1853); Tout est bien gui finit bien, comédie (1851); Contes d'automne (1853, in-16); Pris au piège {i 854, in-12).
VARENT (SAINT-), bourg de France (Deux- Sèvres), chef-lieu de cant., arrond. et à 30 Iciloin. N.-E. de Bressuire, sur le Thouaret; pop, aggl., 413 hab. — pop. tôt., 1,745 hab. Récolte et commerce de vins rouges et blancs.
VARÈQUE s. m. (va-rê-ke). Bot. Genre de plantes, rapporté avec doute k la famille des passiflorées, et dont l'espèce type croit kCeylan. Il Syn. douteux de pentalobis, genre de violariées.
VARÈSE s. m. (va-rè-ze). Mamm. Syn. de
VARI
VARÈSE, ville du royaume d'Italie, province et à 25 kilom. O. de Côme, chef-lieu de district et de mandement, près et à l'E. du petit lac de son nom, qui se décharge dans le lac Majeur; 12,000 hab. Récolte et filatures importantes de soie. Près de la ville, sur une colline, est le pèlerinage très-fréquentô de Sacro-Monte-di-Varese. Aux environs, nombreuses et belles maisons de campagne. Varèse fut prise sur les Autrichiens par Garibaldi le 23 mai 1859 ; huit jours après, elle fut bombardée et occupée de nouveau par le général autrichien Urban; mais le 2 juin de la même année, Garibaldi, k la tête de ses intrépides volontaires, reprit la place de Varèse et sut s'y maintenir.
VAHESE-LIGURE. bourg du royaume d'Italie, province de Gènes, district de Chiavari, chef-lieu de mandement; 7,000 hab.
VARET s. m. (va-rè). Forme ancienne du mot VARECH.
— Agric. Jachère ou assolement dans certaines contrées.
VARET (Alexandre-Louis), théologien, né à Paris en 1632, mort k Port- Royal en 1676. A la suite d'un voyage qu'il fit k Rome à l'âge de vingt et un ans, il prit les ordres et vécut dans la plus profonde retraite, adonné à l'étude exclusive de l'Ecriture sainte, jusqu'à ce que l'archevêque de Sens le choisit pour grand vicaire. Après la mort de son protecteur, Varet se retira k Fort-Royal. On lui doit, entre autres ouvrages : Lettre d'un ecclésiastique à M. Morel, théologal de Paris (1664, in-4«); Défense de la paix de Clément IX {2 vol: in-12); Lettres spirituelles (3 vol. in-12); Fucium pour les religieuses de Sainte-Catheriiw-lès-Provins, écrit qui eut pour résultat d'enlever la direction de ces religieuses aux cordeliersde Provins, contre lesquels il était dirigé, etc.
VAREUSE s. f. (va-reu-ze. — Ce mot, que l'on ne trouve dans aucun dictionnaire ancien, est rattaché par Jal au verbe garnir. Au moyen âge, une sorte de vêtement était nommé guarnazonus ou varnazonus , forme assez rapprochée de vareuse. Le guarnazonus était une sorte de guarnellus, qui n'était luimême qu'une chemise de lin blanc portée par les clercs, une aube). Blouse courte, de grosse toile ou d'étoffU grossière, que portent les marins et certains ouvriers occupés k des travaux dans lesquels ils sont exposés à se salir.
— Vêtement de drap fait à peu près comme les vareuses des marins.
VARGADELLE s. f. (var-ga-dè-le). Ichthyol. Nom vulgaire du saupe. Il On dit aussi
VKRGADELLB.
VAHGAS (Alphonse), prélat et théologien espagnol, né k Tolède au commencement du xiv« siècle, mort en 1359 ou en 136G. Il entra dans l'ordre de Saint- Augustin, vint ensuite en France et fut pendant dix ans professeur de théologie et de philosophie k Paris, où il s'était fait recevoir docteur-en Sorbonne. De retour en Espagne, il devint successivement èvéque d'Usma et de Badajoz et archevêque de Séville. Ou a de lui, sur le premier livre du Maître des sentences, des Commentaires qui ont été imprimés k Venise eu 1490.
VARCAS ou BARGAS (Martin dk), religieux espagnol, né k Xérès-de-la-Frontera vers la fin du xive siècle, mort en 1446. Il entra fort jeune dans l'ordre de Clteaux ; mais, révolté des désordres et des excès des moines, il résolut d'opérer une réforme et obtint, en 1525, du pape Martin V l'autorisation de fonder
VARH
deux nouveaux monastères dans les royaumes de Castille et de Léon. Il bâtitalors près de Tolède, sur les bords du Tage, un couvent, auquel il donna le nom de Mont-de-Sion, et où il remit en vigueur la règle primitive de l'ordre dans toute son austérité. Mais il ne put pas écliHpjer, dans la suite, aux persécutions qui attendent tous les réformateurs et demeura emprisonné dans son propre monastère jusqu'à sa mort.
VARGAS (François), jurisconsulte espagnol, mort vers 1560. Il remplit d'abord plusieurs charges importantes dans la magistrature, et futen voy e, en 1548, par Charles-Quint k Bologne pour protester contre la translation duns celte ville du concile de Trente, auquel il assista deux ans plus tard, en qualité de représentant du même prince. Après avoir ensuite résidé plusieurs années à Venise, il fut envoyé comme ambassadeur à Rome par Philippe II et, k son retour en Espagne, devint membre du conseil d'Etat. On a de lui : De la juridiction du pape et des évéques, traité écrit en latin (Venise, 1563, in-4°) ; Lettres et mémoires touchant le concile de Trente, traduits en français pur Michel Levassor (Amsterdam, 1700 et 1720, in-S0}. Ces lettres abondent en traits satiriques contre les Pères du concile; aussi en a-t-on contesté l'authenticité et soutenu qu'elles étaient l'œuvre de leur prétendu traducteur, qui était déjà connu par quelques publications écrites dans le même esprit.
VARGAS (Louis dk), peintre espagnol, né k Séville en 1502, mort en 1560. 11 alla se perfectionueràRome, dans l'école de Pierino del Vuga, qui l'initia aux pures et sévères traditions de Raphaël, et revint en Espagne après un séjour de sept ans, se croyant capable de régénérer la peinture dans sa patrie ; mais son attente fut trompée, et il dut retourner en Italie pour se livrer k de nouvelles études. Cette fois, il reparut avec éclat et emporta tous les suffrages par son tableau de la Nativité. Supérieur k tous les peintres de son temps, il acquit une immense réputation et fut chargé de l'exécution d'un grand nombre de peintures, surtout k Séville. On cite, parmi ses chefs-d'œuvre, un Culuaire, à l'hôpital' de las Bubas, et le fameux tableau de lu Génération de Jésus-Christ, connu surtout sous le nom de la Gamba, à cause d'une jambe d'Adam qui parait sortir de la toile. C'est encore un des plus beaux ornements de la cathédrale de Séville. Le Louvre possède de lui : la Vierge et l'enfant Jésus dans une gloire (musée espagnol) et une Sainte famille (collection Staudish).
VARGAS MAC1UCCA (Francesco), marquis DE VaTOLLA, littérateur italien, né a Teramo (Abruzzes) en 1699, mort en 1785. Il montra fort jeune beaucoup de goût pour les beauxarts et fut envoyé a Kome pour y étudier les oeuvres des maîtres anciens; mais il s'y occupa plutôt de littérature et, ii peine ûgé de vingt ans, traduisit en italien le Vrtti système intellectuel de l'uuiaers de Cudworlh. Il fut alors nommé membre de la Société royale de Londres, à laquelle il avait fait hommage do cette traduction, dont il ne publia cependant que quelques chapitres en 1723. Il étudia ensuite la physique et construisit lui-même des télescopes, des microscopes et des miroirs ardents. Il upprit aussi la musique vers la même époque et acquit en harmonie assez de connaissances pour pouvoir écrire un Traité du contre-point. Enfin, cédant au désir de sa famille, il étudia le droit et, aprè avoir exercé quelque temps la profession d'avocat, entra dans la magistrature, où il parvint aux dignités les plus éievées. Vurgus avait une mémoire prodigieuse. Outre les ouvrages précités, on a de lui quelques mémoires et des discours.
VARGAS-MAC1UCCA (Michel, duc Du), archéologue ilulieu de la famille du précédent, né k Sulerne en 1742, mort en 1794. Il suivit la carrière de la magistrature et consacra ses loisirs k l'étude de l'hébreu, de l'étrusque et du phénicien. On a de lui ; Délie antiche colonie venute a Napoli (1764, 2 vol. in-4»J; Spiegazione di un ruro marmo greco, nel quale si vede l'antico modo di celebrare i guiocchi lumpadici (1791, in-4").
VARGAS Y PONCE (José), géographe et marin espagnol, né a Cadix vers 1755, mort en 1821. Entré de bonne heure dans la marine, il y fil preuve de talents et de connaissances qui lui valurent d'être chargé de travaux importants. Ce fut ainsi qu il dirigea la publication de l'Atlas des cales d'Espagne et qu'il dressa le plan des Iles Baléares. Il quitta le service uvee le grade de capitaine de frégate et, après la révolution de 1820, devint membre des cortès.-On a de lui : Eloge d'Alphonse le Sage, couronné et publié eu 1782 par l'Académie royale de Madrid ; Description des iles Puyuses et Baléares par ordre supérieur (Madriu, 1787, in-4"); Itettition du dernier uuyaye dans le détroit de Magellan fait par la (régate la Suntu-Maria-de-la- Cabeza (Madrid, 1788, in-4<>).
VARGASIE s. f. (var-ga-zl — de Vargas, sav. espagu.). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des sénécionées, dont l'espèce type croit k Caracas. Il Syn. douteux de banistkhis et de thouinik, autres genres de végétaux.
VA1U1ELY, la Sarmixegethuta des Daces,
VARI
YUIpia Trajana des Romains, -village de l'empire d'Autriche, dans la Transylvanie, cercle d'Huniad, à 17 kilom. S.-O. d'Hatszeg; 800 hab. Aux environs, ruines nombreuses de l'ancienne ville romaine.
VARI s. m. (va-ri — mot indigène). Mamm. Nom vulgaire d'une espèce de maki de Madagascar.
— Encycl. Le vari, appelé aussi maki pie ou grand maki, est de la taille d'un gros chat; su longueur totale est de 0ln,55, non compris la queue, qui mesure environ 0m,45; sou pelade est laineux, très-fourni, varié de grandes lâches blanches et noires; cette dernière couleur est remplacée par le gris dans une variété; les poils des joues sont fort longs. Cet animal habile Madagascar, où il est trèscotnmun ; ses mœurs sont duuces et indolentes ; mais son naturel est assez sauvage. Il ne se nourrit que de fruits. Quand on l'inquiète, il pousse un petit grognement qui rappelle celui des chats. Comme son nom scientifique est lemur macuco, on l'a souvent confondu avec une espèce voisine, dont le nom vulgaire est mococo; mais il en diffère par sa taille plus, grande, son museau plus gros et plus long, les oreilles beaucoup plus courtes, le poil plus long, surtout autour du couetdes oreilles, ses yeuxd'un jauneorangé ou rougeâ're. On a dit, mais à tort, qu'il est d'une méchanceté farouche dans l'état de liberté. « Ces animaux, au rapport des voyageurs, dit V. de Bouiare , sont méchants comme des tigres, et, quand ils sont ou en sui.otir ou en fureur, il:; varient tellement leurs accents et font un tel bruit dans les bois que, s'il y en a deux, il semblerait qu'il y en a un cent. En effet, la voix du vari tient un pou du rugissement du lion, et elle est effrayante lorsqu'on l'entend pour la première fois. • Il y a ici évidemment ou une exagération de conteur ou une confusion avec un animal très-différent.
VARIA s. m. pi. (va-ri-a — mot lat. qui signif. choses diverses'). Bibliogr. Collection, recueil de choses variées, de variétés.
VARIABILITÉ s. t. (va-ri-a-bi-li-té — rad. variable), litat, caractère, nature de ce qui est variable : L'idfe du bien est absolue : il n'y a point de. variabilité; l'action est bonne ou mnnvuUe. (Mesnani.) La réflexion est indubitablement lu grande cause de la variabilité humaine, (<J. Renuuvier.)
— Giamm. Propriété qu'ont certains mots de changer ae désinence suivant leur mode d'emploi.
— Algèbre. Qualité d'un6 grandeur varia»ble.
Variabilité de* espèces et «es limitée (La),
par Al. Ernest Faivre (1868). L'auteur traite la question de savoir si, dans les conditions actuelles d'existence, les types que les naturalistes appellent des espèces sont fixes ou variables, permanents ou susceptibles de modifications importantes. Il examine ensuite les causes capables de produire la variabilité, en recherche les effets et surtout e>saye de découvrir et de marquer les limites de leur puissance. L'ouvrage du savant professeur de la Faculté de Lyon n'est pas d'ailleurs seulement un livre scientifique d'histoire naturelle; il fait, en outre, ressortir que la question de la mutabilité des espèces ou de leur permanence est une des plus difficiles, des plus graves que la science puisse aborder, car c est la base de l'histoire naturelle descriptive, le fondement de la doctrine anthropologique, le principe de la paléontologie, le point de départ de déductions philosophiques sérieuses.
Traitée depuis l'antiquité toujours à priori, elle aboutit au xvn» siècle au système de Rétif de La Bretonne, de- Robinet et de Maillet, dont Voltaire a si bien raillé les conséquences ridicules. Avec Linné, elle entre de la phase conjecturale dans le domaine des recherches positives; mais, préoccupé avant tout des systématisations et des methoiles, Linné donne plutôt sou attention à la distinction des espèces fondée sur les caractères île similitude qu'à la variabilité et à ses limites, et proclame l'immutabilité. Comme lui, Buffon, qui, d'ailleurs, n'est pas un naturaliste bien sérieux, envisage surtout la question au point de vue de l'histoire naturelle descriptive et proclame la stabilité des espèces l'expression la plus assurée des faits. Cuvier la considère surtout dans Ses rapports avec la zoologie descriptive, mais lui aussi est pirtisun de la stabilité. Geoffroy Saint- Hiiane dit : ■ L'espèce est fixe sous la raison de l'étal conditionnel de sou milieu ambiant; elle se modifie, elle change si le milieu ambiant varia et selon la portée des variations. » Lauiarck vote pour la mutabilité absolue. L'illustre naturaliste Darwin traite la question dans toutes ses parties, l'étudié dans l'ensemble et le détail avec une rare sagacité. Sa doctrine repose sur l'idée d'une sélection naturelle sans cesse à l'œuvre pour produire les formes nouvelles et conduit à taire dériver de plusieurs et peut-être d'un seul type primordial l'ensemble des organismes. Les changements dans les conditions d'existence et la concurrence vitale sont les agents toujours actifs qui réalisent, dans le cours des âges, la diversité des types. Tel est le fond de sa doctrine, brillante, logique, mais qui repose encore sur une hypothèse. M. Faivre ne prend que la réalité pour
VARÏ
guide; il interroge les faits, les détermine, les compare , les interprète en suivant la méthode a posteriori, d observation "et d'expérience. Il circonscrit la question et traite particulièrement de la ynriabilité des espèces dans les conditions a'ctuelles d'existence, tout en déclarant que,. même ain^i réduite, elle n'est pas susceptible d'une solution immédiate. Il ne peut établir que l'espèce est lixe, mais il démontre qiie sa variabilité n'est pas absolue. Le point important est donc de fixer les limites de cette variabilité; c'est le fond de l'ouvrage de M. Faivre. Il examine les cii constances extérieures les plus capables de modifier les espères, la nature et la valeur des changements qu'elles déterminent. Il cherche dans quelle mesure les lois de l'organisme sont compatibles avec la mutabilité absolue en demandant des preuves aux sources de la science positive et aux faits historiques, sans abandonner cependant la voie de l'interprétation. Il fait la part de l'expérimentation et celle de l'esprit d'investigation et se garde surtout d'employer les hypothèses.
VARIABLE adj. (va-ri-a-ble — lat. variabilis ; de varius , varié). Sujet a varier, à changer : Un temps variable. Une humeur variable. Est-il rien de moins fixe que l'esprit humain, toujours variable en ses pensées, vague en ses désirs, chancelant dans ses résolutions? (Boss.) L'honneur militaire est le plus bizarre et te plus variable de tous. (Valéry.)
— Méd. Pouls variable, Pouls qui varie, soit pour la fréquence, soit pour 1 intensité des pulsations.
— Mathém. Quantité variable, ou substantiv. Variable, Grandeur capable de passer par tous les états compris ou non entre de certaines limites; grandeur qui change à chaque instant d'état pendant l'accomplissement d'un phénomène, il Variable indépendante, Variable que l'on considère à chaque instuntcomme donnée. Il Variable dépendante, Grandeur variable dont l'état dépend de l'état des variables indépendantes auxquelles elle est liée : En mécanique, la variable indépendante est te temps écoulé; les variablus dépkndantks sont la vitesse du mobile, les éléments de sa position actuelle, etc.
— But. Corolle variable, Corolle des synantlièrées susceptible de se présenter sous diverses formes.
— s. m. Physiq. Degré du baromètre qui indique un temps variable : Le baromètre est au variable.
— Syn. Variable, changeant, inconstant, etc.