VAR1UM ET MOTAB1LE SEMPER
VARIÉTÉ s. f. (va-ri-é-té — lat. varietas ; de varius, varié). Etat d'un objet composé de parties diverses, variées : La variété fait le charme du paysage. (Fén.) S'il faut de l'ordre dans tes choses, il faut aussi de la variété. (Montesq.) L'image d'une vie monotone, même au sein du bonheur, fait éprouver de l'effroi à un esprit qui a besoin de variété. (Mme de Staël.) La variété, c'est ta vie; l'uniformité, c'est la mort. (B. Const.)
La variété seule a le droit de nous plaire.
De LILLE.
Il Diversité, différence, caractère des choses qui ne se ressemblent pas : La variété des conditions est un des éléments de la vie sociale.
— Hist. nat. Ensemble d'individus possédant des caractères permanents qui les distinguent des autres individus de la même espèce : Il y a des espèces plus susceptibles tes unes que les autres d'offrir un grand nombre de variétés. (Th. de Berneaud.) Les variétés de seigle sont moins nombreuses et moins tranchées entre elles que celles du froment. (M. de Dombasle). Les catalogues des jardiniers présentent trois mille variétés de roses. (A. Karr.) il Dans le langage ordinaire, Ensemble d'individus possédant certains caractères qui les distinguent des autres individus de la même catégorie : Le beau parleur n'est rien autre chose qu'une variété du pédant. (Boitard.) Ouvrez Skakspeare, vous y trouverez plus de trente vabibtés de la vieillesse. (Ph. Chasles.)
— Littér. et b.-arts. Qualité résultant de la diversité dans la manière et dans les formes, et qui est opposée à la monotonie et à l'uniformité.
— s. f. pi. Bibliogr. Titre de certains recueils composés de morceaux variés : Les Variétés littéraires, il Nom donné, dans les recueils bibliographiques, aux ouvrages qu'on n'a pu faire entrer dans la classification générale.
— Syn. Variété, différence, disparité, etc. V. DIFFÉRENCE.
— Encycl. Zool. La variété, dans le règne animal, résulte de la différence qu'on observe dans une ou plusieurs parties û'un iudividuj comparativement à la généralité des individus de la même espèce. En d'autres termes, on peut la définir : un individu ou un ensemble d'individus appartenant à la même génération sexuelle, qui se distingue des autres représentants de la même espèce par un ou plusieurs caractères exceptionnels. Ainsi, le cheval a ordinairement le poil court et droit ; lorsqu'il l'a long et frisé, il constitue une variété. Les variétés se produisent par l'action de la nature; ainsi, les taupes ou les souris blanches. Mais elles ne se perpétuent pas
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toujours par la génération; air.1-], les animaux que nous venons de citer peuvent donner naissance à des petits decouleur noire. Mais, quand les animaux sont soumis à l'em-
fiire de l'homme, comme le sont, par exemple, es animaux domestiques, leurs variétés se perpétuent de génération en génération et forment des races. Les variétés à leur tour peuvent présenter des modifications secondaires et former des sous-variétés. La tendance à produire des variétés n'est pas la même chez tous les animaux ; elle dépend de l'espèce, du degré de domestication, du climat, du régime, etc.
• Si on voulait, dit Bosc, prendre le mot variété dans son acception la plus rigoureuse, il n'y aurait point d'espèce, car il est, en général, dans les animaux comme dans les plantes, peu d'individus qui n'offrent des différences. Si ce fait s'observe moins dans les animaux et les plaotes sauvages, c'est que leurs variations sont circonscrites dans des bornes plus étroites et que nous n'avons pas un bien grand intérêt de les distinguer. Les moutons blancs paraissent tous semblables à celui qui ne les voit pas habituellement, mais le berger sait fort bien les reconnaître. Il n'est souvent rien moins que facile de déterminer si un animal est une espèce ou une variété. Autrefois, on rangeait beaucoup de variétés parmi les espèces, puis on a rangé beaucoup d'espèces parmi les variétés. Aujourd'hui, on commet moins d'erreurs de ce genre, parce que les principes sont mieux connus."
Néanmoins, l'origine des variétés et des races est certainement un problème des plus ardus. Pour résoudre cette question, on a eu recours aux hypothèses les plus diverses; on a invoqué tour à tour l'influence des astres, la variété originelle des âmes, l'intervention directe de Dieu ou du diable, la nature personnifiée et faisant des efforts infructueux pour réaliser son type complet, l'état moral des parents et surtout l'imagination de la mère , les 'actions exercées sur celle-ci et par son intermédiaire sur l'enfant déjà formé, le climat, la nourriture, l'éducation, etc.
On s'accorde aujourd'hui à accorder à cet égard la plus grande importance aux actions de milieu. « Lorsque les conditions générales du milieu sont identiques, dit M. de Quatrefuges, l'espèce se modifie peu et rarement; lorsque le milieu devient très-variable, l'espèce reflète ces variations par la multiplication des variétés, qui, à leur tour, deviennent la souche de nombreuses races. Ainsi s'expliquent la rareté des races sauvages .et les grandes distances qui les séparent sur le globe, aussi bien que le grand nombre des variétés et des races qui se pressent autour de l'homme; ainsi s'explique le retour des races marronnes à une uniformité relative. Toutes les fois qu'il nous est possible de saisir quelques relations entre une cause quelconque et l'apparition d'une variété servant de souche à une race, c'est dans le milieu que nous trouvons cette cause, parfois dans ' une particularité unique, mais dominante. » j Toutefois, il faut reconnaître, avec le même I auteur, que l'espèce animale peut, à un raoi ment donné, présenter de singuliers écarts ! et produire des individus fort éloignés, sous . certains rapports, du type spécifique, en un • mot des variétés bien tranchées.
— Bibliogr. Dans les recueils bibliographiques, on range sous le titre de Variétés tout ce qui ne trouve pas naturellement sa place dans une des autres divisions de l'ouvrage, consacré à un genre littéraire déterminé, et . particulièrement les livres dits de curiosités : curiosités de littérature proprement dite, cu- ■ riosités de l'histoire générale, curiositéâ de ta science et de l'art, curiosités des mœurs et des idées, curiosités des mœurs cynégétiques, curiosités de la vie navale, etc.
! On a donné le titre de Variétés à des livres I qui contiennent des morceaux détachés sur ', divers sujets. Il y a des Variétés littéraires, I des Variétés historiques, des Variétés moraj les, des Variétés philosophiques, des Variétés j amusantes, etc.
| Dans les journaux, le titre de Variétés se donne, en général, à certains articles placés entre les faits divers et les annonces et qui, par leur sujet, s'écarteut des matières habituellement traitées dans le journal. Ce sont presque toujours des comptes rendus de livres. La place qu'ils occupent ne doit pas les , faire juger dignes de peu d'estime. Les articles si justement célèbres de Sainte-Beuve ' ont paru dans le Constitutionnel et le Moni- \ teur universel sous la rubrique de Variétés avant de former lé recueil des Causeries du lundi. Dans les revues, les Variétés, qui se placent vers la fin, comprennent un ensemble d'articles sur des sujets divers, écrits en général d'une manière plus succincte que le reste.
Variétés littéraires, morale* et historiques, par M. de Sacy, de l'Académie française (1859). Cet ouvrage, en deux volumes, renferme un choix d'articles publiés dans le Journal des Débals pendant une période de trente années, de 1828 à 1858. L'ordre adopté par M. de Sacy dans le classement de ses articles est assez simple. Il ne pouvait guère les ranger à leur date et en composer des anuales littéraires , des annales supposant une suite ; les articles qu'il a recueillis, se-
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parés quelquefois par un long espace de temps, ne sont pas reliés et ne forment pas un ensemble par eux-mêmes. Il les a donc rangés par ordre de matières sous ces trois titres : Littérature, Morale et Eistoire, en ayant soin néanmoins de les classer chronologiquement, quant aux auteurs ou aux sujets auxquels ils se rapportent. Ainsi, dans la littérature, Cicéron passe avant Plutarque et Amyot ou Henri Estienne avant Fénelon. On trouve d'ailleurs, a la fin de chaque .article, la date de sa publication. Quoique M. de Sacy nous avertisse qu'il a revu ces articles avant de les réunir en volumes, on n'a pasdepeineà reconnaître qu'ils ont été .composés pour un journal; ils ont toutes les qualités et les défauts de ces sortes de publications. Le style a très-souvent la vivacité qui convient à la polémique ; il a aussi la négligence, l'incorrection et la familiarité qui résultent d'une composition précipitée. Le journaliste se révèle encore au caractère passionné, souvent même exclusif, de sa critique, soit dans l'éloge, soit dans le blâme, et à cette tendance à grossir les traits afin de frapper plus vivement l'esprit des lecteurs. En laissant subsister à peu près complètement ces caractères, M. de Sacy ne s'est pas assez rendu compte de la différence profonde qu'il doit y avoir entre des articles de journal, productions éphémères faites pour vivre vingtquatre heures, et un livre qui affiche la prétention d'oeuvre durable. Le cadre des articles littéraires est assez étendu; il comprend des travaux sur Cicéron, Amyot, Bossuet, Fénelon, Massillon, les chefs-d'œuvre de l'éloquence française au xvno et au XVIIIe siècle, sur les prosateurs français du second ordre, sur Chateaubriand , Benjamin Constant et sur nos principaux critiques contemporains, Ampère, J. Janin, Villemain, Philarète Chasles, Saint-Marc Girardin et Sainte- Beuve. Cette partie est sans contredit la meilleure du recueil; elle atteste un esprit judicieux, un goût éclairé, une connaissance sérieuse de la littérature classique, un véritable amour des belles-lettres et donne pleinement a l'auteur le droit de dire dans sa préface : « J'aime les lettres, je les aime avec passion ; c'est un sentiment qui est né pour ainsi dire avec moi. Aussi loin que je remonte dans mes souvenirs, je ne trouve pas un jour où la vue seule d'un bon livre, k plus forte raison sa lecture, ne m'ait ravi ou transporté. Je ne pourrais jamais dire tout ce que ce goût des livres et des lettres a répandu de charme sur ma vie ; quelle force j'y ai puisée contre le découragement et l'ennui ; combien de fois une heure, une seule heure de lecture m'a ranimé et rendu à moimême; I »
Dire que M. de Sacy aime passionnément les belles-lettres, c'est dire qu il regarde l'étude des anciens comme la base nécessaire d'une solide éducation littéraire. Dans son admiration pour les anciens, M. de Sacy va jusqu'à poser en principe qu'un livre est plus ou moins bon, Selon qu'il s'approche ou s'éloigne davantage des vieux modèles. De là à condamner le romantisme, qui a régénéré notre littérature et réalisé le beau sous des formes nouvelles, il n'y a qu'un pas. M. de Sacy le franchit. La littérature romantique lui paraît être une littérature de prospectus, magnifique en promesses, maigre en résultats. • Convenons, dit-il, que ce serait un livre comique que celui où l'on réunirait, à côté des pompeuses et hautaines préfaces de nos écrivains, le peu qu'ils ont réalisé de ces plans admirables. » Ce jugement est injuste, mais n'étonne pas, la partialité de M. de Sacy étant bien connue.
La partie morale des Variétés ne brille pas par la nouveauté des aperçus. Toutefois, nous avons remarqué comme utile à consulter un petit essai sur les Maximes de La Rochefoucauld, uu article sur Bacon et Descartes et une étude sur les Sermons et la philosophie de Bossuet.
La partie la plus vulnérable de l'ouvrage est la partie historique. Le doctrinaire obstiné, injuste, inconséquent, illogique y apparaît dans toute sa splendeur. Dans sa tendresse pour la monarchie de Juillet, l'auteur attaque sans ménagement et sans scrupule les gouvernements précédents et surtout lu Convention nationale, à laquelle, moins impartial que M. Thiers, il va jusqu'à contester l'incontestable mérite d'avoir sauvé la France. Quant à la Terreur, il n'a pas d'expressions assez flôtrissanteset indignées pour la qualifier. Les contradictions ne sont pas rares, et cependant l'auteur est inébranlable dans son amour pour le gouvernement parlementaire et la royauté constitutionnelle, qu'il vante à tout propos.
Si nous avons insista si fortement sur les défauts du livre de M. de^acy, c'est que sa réputation nous faisait un devoir de lui témoigner une honorable sévérité ; mais uous sommes heureux de reconnaître son amour des lettres, sa parfaite bonne foi, la sincérité de ses convictions et cette qualité si rare à notre époque, la modération. Il n'insulte jamais ses contemporains, et si, dans la chaleur de l'improvisation, il lui échappe des injustices d'appréciation et des vivacités de
Îiarole, le plus souvent il reconnaît le taent de ses adversaires et s'incline devant leur honorabilité. C'est une lutte courtoise. Nous applaudissons également à son patriotisme et à l'élévation de certaines idées de
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ce genre : « J'éprouve une répugnance profonde pour les recours à la force, qui ne font triompher une cause qu'en ternissant sa pureté et qui donnent au droit même quelque chose de violent et de brutal dont l'empreinte ne s'efface pas. » Quelle condamnation des coups d'Etat I
En résumé, les Variétés littéraires, ces articles de journaux qui ont valu un fauteuil académique à leur signataire, sont l'œuvre d'un honnête homme, équitable toutes les fois que ses convictions ne faussent pas sa vue, • d'un homme de goût, et d'un sincère ami des lettres.
Vnrletd* orientales (LES), par Al. Léon de
Rosny (1868). « Ceci est un livre de science, • aurait pu mettre pour épigraphe le docte orientaliste. Auteur de travaux plus approfondis sur les langues, les littératures, la géographie et l'histoire de la Chine, de la Cochinchine et du Japon, il a réuni dans ce volume un grand nombre d'articles rédigés pour divers recueils spéciaux avec. la brièx-etétjue réclament des articles de journaux et la netteté que comportent de tels sujets. Si vaste que soit le champ de l'érudition, il s'étend tous les jours, et la curiosité mondaine commence à se tourner du côté de l'Orient. M. Léon de Rosny effleure tout; ce n'est pas le lieu de rien approfondir; mais, dans cette course rapide a travers toutes les curiosités de l'extrême Orient, il ne laisse pas que de recueillir une foule de notions et de faits qui intéressent par leur singularité même.
Comme souvenir littéraire, nous empruntons aux Variétés orientales cet échantillon de poésie tamoule, qui prouve que, si la poésie orientale, dans ses monstrueuses épopées orientales, surpasse la nôtre en grandeur, parfois elle nous laisse bien loin en arrière en fait de puérilités. Voici comment ces peuples à l'esprit enfantin et raffiné entendent l'harmonie imitative :
Idaekkaiar.
« Sur un arbre voisin du bord d'une rivière, une corneille était perchée : Ka, ka, ka, disait-elle. En bas se trouvait un berger sans flèches pour l'atteindre : Tt, tt, faisait-il. Une femme belle parmi les femmes, montée . sur un éléphant, s agitait {adakkikkud akkikarattattudakki), murmurant , mâchonnant, ses tempes ruisselantes : M, m, m, m, m, m, m, m, murmurait l'éléphant.»
Nous dirons quelques mots de la Grande encyclopédie japonaise, 6Ur laquelle le livre de M. Rosny nous fournit une notice intéressante. Bien qu'inventé au xvme siècle, ce mot est le seul qui puisse caractériser l'œuvre japonaise, qui répond parfaitement à l'idée qu'elle éveille. L'encyclopédie des Japonais et des Chinois traite de toutes choses, comme l'indique son nom, qui signifie « les trois principes,» c'est-k-dire le ciel, la terre et l'homme. Des planches et des tables en aont l'inséparable accessoire. L'ethnographie y tient une très-grande place, et, sous le rapport de l'antiquité, les Japonais traitent les Chinois aussi largement qu'eux-mêmes. Suivant eux, le Céleste-Empire aurait eu trois dynasties ainsi partagées : « la dynastie des souverains célestes, qui dura dix-huit mille années; la dynastie des souverains terrestres, onze mille aimées; la dynastie des souverains actuels, quarante-cinq mille six cents années. Ensemble, elles gouvernèrent l'empire pendant soixante-quatorze mille six cen ts ans. • Et l'on s'étonne en Europe, en Amérique de retrouver des mâchoires humaines fossiles paraissant dater de dix mille ans! Nous espérons pour Y Encyclopédie japonaise, et du reste M. de Rosny entretient cet espoir, que les autres parties scientifiques de cette œuvre sont moins contestables que la partie ethnographique. Ce qui ne l'est pas, c'est le soin avec lequel M. de Rosny a étudié ces matières, ayant toujours présent à l'esprit ce mot : « Le sage n'affirme rien qu'il ne prouve ou ne soit en mesure de prouver. ■
Variété» (théâtre dus), théâtre de genre, Bitué boulevard Montmartre, près du passage des Panoramas. Il fut construit en 1807 pour la troupe de l'ancien théâtre Montansier, exilée du Palais-Royal, sous la direction de l'architecte Célerier. La salle fut inaugurée le 27 juin de la même année par le Panorama de Momus, vaudeville de Désaugiers. Le genre que le théâtre représentait alors était la bouffonnerie exorbitante, comme le théâtre du Palais-:Royal l'a représentée depuis; la troupe comptait dans ses rangs Potier, Verlie't, Odry, Legrand, Lepeintre aîné, etc., etc. Vers 1809, le théâtre eut des démêlés assez vifs avec le duc de liovigo, alors ministre de la police, qui résolut de le faire fermer h la suite de grivoiseries scéniques un peu trop accentuées. La protection de l'archichancelier Cambacérès et de Regnault de Saint- Jean-d'Angely, deux fidèles habitués des Variétés, parvinrent à arrêter l'arrêt de mort qui les menaçait.
En 1829, cédant à une pensée maladroite, les Variétés essayèrent de suivre la mode en jouant le drame j sauf pour Kean , drame d'Alexandre' Dumas, la tentative fut malheureuse. Ce théâtre revint bientôt à son ancien genre, et Jenny Vertpré y ramena la foule. On n'y vit presque plus de grosses bouffonneries, mais des vaudevilles légers, spirituels. Après avoir longtemps tâtonné à la
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recherche d'un genre définitif, les Variétés semblent l'avoir enfin trouvé dans le théâtre bouffon d'Offenbach. Le succès de la Belle Hélène, de Barbe- Bleue et de la Grande- Duchesse en a assuré la prospérité.
Les Variétés ont vu passer Déjazet, Arnal, Bouffé, Frederick Lemattre mêmel De nos jours, Dupuis, Mil* Schneider, Couder, Grenier, Hamburger, etc., soutiennent dignement la vieille réputation comique de Potier et Lepeintre aîné, leurs ancêtres.
VARIETUR (NE) (né-va-ri-é-tur — mots lat. qui signif. Qu'il ne soit rien changé). Sorte de formule qui indique une précaution de la justiee pour que rien ne soit changé à l'état actuel d'une pièce : La pièce sera signée et parafée, ne varietor.
VARlGNANA(Barthélemy de), médecin italien, né à Bologne vers le milieu du xine siècle, mort vers 1318. Il étudia son art sous Taddeo d'Alderotto et s'attacha au parti de l'empereur Henri VII, qui le nomma son premier médecin. Il a laissé des Commentaires sur plusieurs livres d'Hippocrate, mais on ignore s'ils ont été publiés.
VARIGNANA (Guillaume db), médecin italien, fils du précédent, mort dans la première moitié du xrve siècle. Il exerça avec beaucoup de succès la pratique de son art à Bologne et devint, en 1304, consul de cette ville. Ses oeuvres ont été recueillies et publiées sous ce titre : Sécréta sublimia ad varios curandos morbos verissimis auctoritatibus illustrata (Lyon, 1526, in-4<>; Bâle, 1597, in-4°, 4e édit., annotée par Gaspard Bauhin). — Deux descendants de Varignana étaient comptés, vers la tin du xive siècle, parmi les meilleurs médecins de Bologne.
VARI GNON (Pierre), géomètre français, né k Caen en 1654, mort à Paris en 1722. H était fils d'un architecte et se destinait à l'état ecclésiastique, lorsqu'un Euclide qui lui tomba sous la main commença à éveiller son goût pour les mathématiques. La lecture des ouvrages de Descartes acheva de le déterminer. Il vint a Paris en 1686, avec l'abbé de Saint-Pierre, qui lui fit une pension de 300 livres. Son Projet d'une nouvelle mécanique, qu'il publia en 1687, lui ouvrit les portes de l'Académie et lui valut une chaire de mathématiques au collège Mazarin. Il remplaça Duhamel, en 1704, dans la chaire duCollége de France.
Varignon fut l'un des premiers en France qui acceptèrent les principes de l'analyse infinitésimale. Il les défendit avec succès devant l'Académie contre Rolle et autres. On a de lui : Nouvelles conjectures sur la pesanteur (1690), ouvrage peu estimé; Nouvelle mécanique (1785); Eclaircissements sur l'analyse des infiniment petits (1725); Traité du mouvement et de la mesure des eaux courantes (1725) ; des mémoires insérés dans le Recueil de l'Académie des sciences, et quelques ouvrages sur la religion. Le principal titre de Varignon consiste dans, ses travaux sur da mécanique, qu'il a débarrassée de vieilles démonstrations métaphysiques, enrichie de nouveaux théorèmes et coordonnée d'une façon régulière. Galilée avait clairement énoncé le principe de la composition du mouvement déjà' acquis par un corps et de celui qu'une force intervenante lui aurait communiqué à partir du repos ; il avait suffisamment indiqué le principe de la composition des mouvements que produiraient séparément" deux forces simultanées. Stevin avait entrevu la règle de composition des forces concourantes ; mais c'est à Varignon qu'est dû le premier énoncé clair de cette loi, sous la forme qui lui a été conservée. C'est k lui aussi qu'il faut reporter l'origine de la théorie des moments pour les forces concourantes. Enfin, il a, le premier, donné un énoncé général du principe des vitesses virtuelles. Sa mécanique est triple en quelque sorte : il établit les conditions d'équilibre des diverses machines par la composition directe des forces, au moyen du théorème d'Archiraède relatif au levier et de son propre théorème pour la composition des forces concourantes, puis il montre, pour chaque cas, que les moments des forces en équilibre, pri3 par rapport au point rixe de la machine, donnent une somme nulle, et que la somme des produits de chaque force par la vitesse virtuelle de son point d'application est aussi nulle.
Beaucoup de contemporains de Varignon ont laissé (les travaux plus importants que les siens sur différents points difficiles de la mécanique, mais aucun n'a plus fuit pour en éclaircir les principes et en simplifier l'exposition.
VAR1IFOLIÉ, ÉE adj. (va-ri-i-fo-li-é — du lat. vurius, varié ; folium, feuille). Bot. Quia des feuilles de forme variée. Il On dit aussi
DIVERSIFOLIÉ et HÉTÉROPHYLLK.
VARILHES, ville de France (Ariége), cheflieu de cant., urrond. et à 9 kilom. de Pamiers, sur le chemin de fer du Midi ; pop. aggl., 1,178 hab. — pop. tôt., 1,646 hab. Forge, minoterie; commerce de pores. On y remarque une ancienne église, restaurée il y a quelques années, et, dans les environs, une grotte curieuse.
VARILLAS (Antoine), historien français, né k Guéret en 1624, mort à Paris en 1696. Après avoir exercé quelque temps les fonctions de précepteur, il obtint, en 1648, la
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chnrge d'historiographe de Gnstnn d'Orléans, puis celle d'adjoint à la Bibliothèque royale. Colbert lui donnaSia mission de collationner la copie des manuscrits de Brienne, dont il venait de faire l'afcquisition ; mats sa négligence . lui fit perdre successivement toutes ces places, ainsi qu'une maigre pension de 1,200 livres que G,olbert lui avait accordée en 1662 et qu'il l\ij retira en 1670. De Harlay, archevêque de Paris, lui en fit alors accorder une nouvelle par l'assemblée du clergé pour l'aider dans la composition de son Histoire des hérésies. Varillas s'était retiré au monastère ,3e Saint-Côme, d'où il ne sortait que pour aller se promener dans le closdesChartreux, consacrant tout son temps à l'étude et à la composition littéraire. Nous citerons, parmi ses nombreux ouvrages : la Politique de la maison d'Autriche (Paris, 1658, in-4"); Factum pour la généalogie de la maison d'Éslrées (Paris, 1678); Histoire du règne de saint Louis. (La Haye, 1682, in-8<>), qui ne comprend que la minorité de ce prince, de 1226 à 1229; Histoire de Charles IX (Paris, 1683, in-4"): la Pratique de l'éducation des princes ou 1 Histoire des premières années de la vie de l'empereur Charles V (Paris, 1684, in-12); Histoire- de François ItT (Paris, 1685, 2 vol. in-40); les Anecdotes de Florence ou {'Histoire secrète de ta maison de Médias, ouvrage plein d'inexactitudes et do faussetés (La Haye, 1685, in-12); Histoire des résolutions arrivées dans l'Europe en matière de religion depuis 1374 jusqu'en 1569 •(La Haye, 1686-1689, 6 vol. in-4» ou 12 vol. in-12), c'est son Histoire des hérésies; Réponse à la critique de Burnet sur les deux premiers tomes de ^'Histoire des hérésies (La Haye, 1687, in-8"); la Politique de Ferdinand le Catholique, roi d'Espagne (Amsterdam, 1688, in-12); Histoire de Louis XI (Paris, 1686, 2 vol. in-40) ; Histoire de Louis XII (Paris, 1688, 3 vol. iti-4o); Histoire de Charles VIII (Paris, 1691, in-4»); Histoire de Henri II (Paris, 1692, 2 vol. ir-4»); Histoire de François //(Paris, 1693, in-12); Histoire de Henri III (Paris, 1694, 2 vol. in-4<>). Les ouyrages de ce fécond écrivain eurent d'abord un succès considérable, et l'on ne peut nier qu'ils ne soient écrits avec un certain talent de narration et une érudition qui lui ont mérité les éloges du savant H net; mais on s'aperçut bientôt qu'il altérait -étrangement l'histoire par des citations fausses ou inexactes, par des infidélités de toute nature et des bévues innombrables. 11 tomba dès lors dans un discrédit dont il ne s'est jamais relevé. Après avoir connu la gloire, il en arriva à ne plus trouver un libraire qui voulût se charger d'imprimer les ouvrages qui tombaient de sa plume intarissable.
VAR1LLE (de), connu sous le nom de Variiiœu* Pjrhy*, publiciste polonais, né en France vers 1720, mort en 1780. Il s'établit en Pologne, y obtint l'indi^énat et devint précepteur des fils du prince Jeun Sanguszko. On a de lui : Lettres sur l'éducation d'unseigneur polonais (Varsovie, 1757, in-4°) ; Compendium politicum seu breois disseriatio de variis Poloni imperii vicibus (Varsovie, 1760, in-8°), traduit eu polonais et en allemand ; Essai politique sur la Pologne (Varsovie, 1764) ; Lettres sur la constitution actuelle de la Pologne et la tenue de ses diètes (Paris, 1769, in-8»), publiées d'abord en polonais (Varsovie, 1764, in-8°); Réflexions politiques sur la Pologne (Londres, 1772, in-8°).
VAR1N (Jean), graveur en médailles, né à Liège en 1604, mort en 1672. Il perfectionna la gravure des médailles et inventa pour les frapper des procédés supérieurs h ceux qu'on avait employés jusqu'alors. Appelé à Paris et chargé de graver le sceau de l'Académie française, il gagna la confiance de Richelieu, qui le choisit pour garde général des monnaies, dirigea la retonte des monnaies légères d or et d'argent, et grava les nouveaux poinçons, ainsi que la suite des médailles frappées pour perpétuer le souvenir des événements du règne de Louis XIII. Nommé l'un des premiers membres de l'Académie de peinture et de sculpture (1664), il exécuta la Statue en marbre de Louis XIV et entreprit l'histoire métallique de son règne, que la mort l'empêcha d'achever.
VARIN (Joseph), graveur d'architecture, de la famille du précédent, né à Châlons-sur- Marne en 1740, mort à Paris eu 1800. Il étudia d'abord sous la direction de son père, habile graveur sur métaux, puis il vint se perfectionner à Paris et se lit promptement un nom par la reproduction des œuvres de nos grands architectes. On lui doit les planches des beaux livres suivants : Voyage pittoresque, par Saint-Non ; Voyage en Grèce, de Choiseul-Gouffier; Tableau de l'empire ottoman, par d'Ohsson Mowradja; Voyage pittoresque de Syrie, par Cassas ; Traité d'architecture, de Blondel; Traité de fortification, par Montalembert, etc. Citons encore, parmi ses compositions isolées : Vue générale de la ville de Caux; des Vues d'Aix, de Besançon et de Neuchâtel ; Vue et perspective de la superbe place de Bordeaux; Vue du théâtre de cette ville, prise intérieurement; enfin des Vues du Palais-Royal, du Palais de justice à Paris, du Palais, de la place et des prisons de Caen, du palais des Etats & Dijon, etc.
VARIN (Thomas), seigneur d'Audeux, his-
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torien français, né à Besançon en ! 610, mort en 1668. Il entra dans l'administration et devint, en dernier lieu, juge en la régalie. On a da lui plusieurs ouvrages relatifs à l'histoire de Besançon et de la Franche-Comté. Tels sont, entre autres: Besançon tout en joie dans i heureuse possession de son auguste souverain (Besançon, 1659); VEtat de l'illustre confrérie de Saint-Georges, autrement dit de Rougemont, en Franche-Comté de Bourgogne (Besançon, 1663, in-fol.); Narré fidèle et curieux de tout ce qui s'est possédons l'heureuse prise de possession de la cité de Besançon par le marquis de Castel-Rodrigo, (Besançon, 1664, in-40), efc.
VARIN (Brice -Marie), homme politique français, mort en 1793. Député du tiers état de la sénéchaussée de Rennes aux états généraux lorsque la Révolution éclata, il embrassa avec ardeur les idées nouvelles; mais, tout en voulant l'égalité de tous devant la loi, il fit preuve d'une modération qui était dangereuse k cette époque et fut envoyé à l'échafaud par les terroristes.
VARIN (Jacques), botaniste français, né à Saiut-Thomas-la-Chaussée, près de Rouen, en 1740, mort en 1808. Après avoir fait de premières éludes botaniques à Rouen, il se rendit à Paris, où, tout en travaillant comme typographe pour se procurer des moyens d existence, il suivit les cours faits au Jardin du roi par Thouin et par Richard père. En 1776, il fut nommé directeur du jardin des plantes de Rouen, et, pendant trente-deux ans, il n'épargna ni soins ni fatigues, ni voyages pour augmenter tes richesses de cet établissement, qui, à sa mort, possédait plus [ de 3,000 plantes. Varin n'a publié aucun ou- I vrage, mais il a perfectionné l'art de la ! greffe, produit de nouvelles variétés de fleurs et introduit en France le mastic de Forsyth, [ destiné à fermer les plaies des arbres et à opérer la régénérescence de ceux qui sont pourris.
VARIN (Charles-Nicolas), graveur français, frère du précédent, né k Châlons en 1745, mort en 1805. Il aida son frère dans un grand nombre de ses travaux et exécuta seul, en outre, des reproductions des tableaux de Boucher, de Leprince, de Law • rence, etc. Enfin il a gravé, d'après ses propres dessins, les portraits de Monsieur de Juigné et de l'Abbé Parchappe.
VARIN (Charles Voirin, dit Victor), auteur dramatique français, né k Nancy en 1798, mort à Paris en 1869. Il fut d'abord clerc de notaire, et, tout en faisant son droit, s'essuya au théâtre par des vaudevilles. Au commencement de 1825, une pièce en un acte, intitulée Huit jours de sagesse, écrite eu collaboration avec Desnoyers, fut soumise parles deux amis au jugement de M. Etienne Arago, qui déjà avait fait jouer quatre ou cinq ouvrages au boulevard et au théâtre du Vaudeville. Celui-ci n'y trouvant pas les éléments d'un succès, même en la modifiant, mais reconnaissant qu'il y avait là-dedans beaucoup d'esprit, proposa aux deux auteurs en herbe un scénario qu'il venait de tracer ; ils l'acceptèrent, à charge de revanche, et, le 22 août 1825, la comédie k couplets l'Amour et la guerre fut jouée sur le théâtre de la rue de Chartres. Après le succès, Desnoyers se fit nommer, ainsi que M. Etienne Arago ; mais Voirin, qui craignait que son père ne lui supprimât sa pension d'étudiant, se cacha sous le pseudonyme de Victor, qui n'était pa3 même son prénom. Ce ne fut que plus tard qu'il adopta le nom de V«rin, par une transaction entre le désir bien naturel de se faire reconnaître de ses amis après ses succès futurs et le respect de la volonté paternelle. Une fois le pied à la scène, il donna de nombreux vaudevilles pleins de gaieté et de mouvement, en société avec Dumersan, Bayard, Clairville, Davricourt, Etienne Arago, Desvergers, Vanderburoh, Paul de Kook, Carmouche, Laurencin, Duvert, Duponchel et, dans les derniers temps, Michel Delaporte et Henri Rochefort. Nous en passons. Parmi ces pochades désopilantes se distingue, par son long succès, la bouffonnerie qui a pour titre les Saltimbanques, comédie-parade en trois actes, mêlée de couplets, écrite en collaboration avec Dumersan et jouée au théâtre dos Variétés le 25 janvier 1838. Cet imbroglio drolatique, un des triomphes d'Odry, nous a légué le type de Bilboquet.
Nous citerons dans le vaste répertoire de Varin ; les Femmes d'emprunt (1833); Un bal du grand monde (1836); le Père de l'enfant (1837) ; la Jolie fille du faubourg, en trois actes (Vaudeville, 1840) ; les Ressources de Jonat/ias (Palais-Royal, 1842); Paris, Orléans et Rouen, vaudeville en trois actes (Palais- Royal, 1843); le Carlin de la marquise, proche parent du Petit chien de la marquise pastiche de Crébillon fils, dû a Théophile Gautier (Vaudeville, 184*); les Sept merveilles du monde, revue (1845) ; les Frères Dondaine (Vaudeville, 1846) ; Jocrisse maitre et Jocrisse valet, parade de Dorvigny, retouchée par Varin (1847); l'Académicien de Pantoise (1848); la Montagne qui accouche (Gymnase, 1849); Habit, veste et culotte, folie en cinq tableaux (Montansier, 1849); les Femmes saucialistes, à-propos en un acte (même théâtre, même année); Portes et placards (Vaudeville, 1850); J'ai mangé mon ami; Phénomène ou l'Enfant du mystère (Montansier, 1850) ; les
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Erreurs du bel âge (Variétés, 1854) ; Deux profonds scélérats (Palais-Royal, 1854); Zarine, parodie en deux actes de la Czarine (1855); les Aventures d'un paletot, un acte (Vaudeville, 1855); le Massacre d'un innocent (Variétés, 1855); Une giroflée à cinq feuilles (1859); les Trois fils de Cadet Bomsel (1860); Ma sœur Mirette (1 801) ; Ahl que l'amour est agréable ! {liai); Un ténor pour tout faire (1863); les Ficelles de Montemjioivre (1864); les Filles mal gardées (1865); Madame Ajax (1866); le Baudet perdu (1866). C'est en collaboration arec Varin que M. Henri Rochefort a écrit un de ses premiers vaudevilles, Je suis mon fils, joué au Palais-Royal en février 1860. Varin était un peu oublié dans la vie retirée qu'il menait depuis plusieurs années, lorsque Lambert Thiboust, un de ses plus jeunes confrères, sollicita et obtint pour lui, le 15 août 1864, la décoration de la Légion d'honneur. Le portrait de Varin figure dans la décoration de la salle de spectacle de Nancy, sa ville natale.
VARIN (Pierre-Joseph), historien français, né à Brabant-le-Roi (Meuse) en 1802, mort en 1849, D'abord professeur à l'école des pages de Charles X, à Versailles, il devint successivement professeur d'histoire au lycée de Reims, sous-bibliothécaire aux archives de la même ville, censeur du lycée (1832), et obtint bientôt après une chaire d'histoire à la Faculté de Reims. Il était doyen de cette Faculté, lorscju il succéda à Charles Nodier comme bibliothécaire de la bibliothèque de l'Arsenal, a Paris. Ses principaux écrits sont : De l'influence des questions de race sous les derniers Carlovingiens (Paris, 1838, in-80); De quibusdam Berberti opusculis et de Gallicanarum doclrinarnm originibus (1833, in-8°); Archives communales de Jleims (Paris, 1839- 1849, 7 vol. in-4°) ; la Vérité sur les Arnauld (1847, 2 vol. in-8"). Varin avait, en outre, collaboré à la Revue nouvelle, au Correspondant et au Dictionnaire Jtistorique et géographique de Bretagne d'Ogé.
VAR1NAS ou BAIUNAS, ville du Venezuela (Amérique du'Sud), chef-lieu de la province de son nom, sur le Santo- Domingo, à 480 kilom.S.-O.de Caracas; 11,200 hab. Commerce actif de sucre, coton, café, et surtout de tabac renommé récollé dans les environs.
VÀ1UNAS ou BAR1NAS (province de), division administrative de la république de Venezuela. Elle est une des trois qui furent formées dans l'ancien département de l'Orénoque et est comprise entre la province de Curabobo au N.-E., celles de Caracas de Guyane à l'E., la république de l'Equateur au S. et les provinces vénézuéliennes de Merida, Trujillo et Barquisimeto h l'O. Elle compte 120,000 liab, Cette population est da beaucoup inférieure, à celle que pourrait nourrir le territoire de Varinas s'il était bien cultivé; la fertilité du sol et la douceur du climat semblent inviter les colons européens à se diriger vers ce pays, qui les appelle de tous ses vceux.
VARINGA s. m. (va-rain-ga). Bot. Nom vulgaire du figuier des Indes et de quelques espèces voisines,
VÀB1NS ou-VARNES, en latin Varini et Varni, peuple de l'ancienne Germanie, qui habitait, sur les bords de la Baltique, le territoire compris entre l'Elbe et l'Oder. Ce territoire fait aujourd'hui partie du Mecklembourg.
VARIOBLÉPHABITE s. f. (va-ri-o-blé-fari-te — de variole, et de blépharite). Pathol. Blépharite consécutive à te variole.
VARIOLAIRE adj. (va-ri-o-lè-re — rad.
variole). Hist. nat. Qui offre des aspérités analogues aux pustules de la variole.
— s. m. Bot. Genre de végétaux fossiles.
1 — s. f. Genre de lichens, que plusieurs botanistes regardent comme une forme particulière des pertusaires : Les variolaires; croissent sur les pierres et plus souvent sur les écorces. (C. Montagqe.)
— Encycl. Bot. La variolaire est un petit lichen indigène {vuriolaria discaïda), d'une saveur extrêmement amère, qu'on a préconisé contre les fièvres et les névralgies intermittentes et contre les affections vermineuses. C'est sous forme de poudre qu'on l'administre, à la dose de 0Rr,5 à 08r,6, dans du miel ou dans un prunçau. La variolaire amère, cryptogame très-commun sur l'écorce des hêtres, a été aussi vantée comme fébrifuge. Alms en a retiré un principe très-amer (picrolichénine).
VARIOLARINE s. f. (va-ri-o-!a-ri-ne — rad. variolaire). Chim. Matière cristallisable qu'on a extraite de la variolaire. Il Quelquesuns disent variolarin s. in.
VARIOLARYNGITE s. f. (va-ri-o-la-rainji-te — de variole, et de laryngite). Pathol. Laryngite ou inflammation du larynx causée par la variole.
VARIOLE s. f. (va-ri-o-le — du bas lat. variola, dimin. du lat. varius, bigarré, tacheté). Pathol. Maladie éruptive , connue sous le nom vulgaire de petite vérole. Il Variole des bêtes à laine, Clavelée. il Variole des vaches, Vaccine.
— Ornith. Nom vulgaire d'une espèce d'ar? louette qui habite la Plata.
— Ichthyol. Genre de poissons acanthoptérygiens, de la famille des percoïdes, coin-
prenant sept ou huit espèce^, les unes vivant dans les mers- des pays chauds, les autres fossiles et appartenant aux terrains tertiaires : Les quatre espèces foksiles connues restent inférieures pour la taille aux varioles vivantes. (E. Baudement.) \
— Encycl. Pathol. Cette maladie n'a pas existé de tout temps en Europe ; on ne la connaît que depuis l'an 632, et il est probable qu'elle a été apportée *du centre de l'Afrique par les Sarrasins. Elle débute par un frisson violent ou par de -.petits frissons répétés, qui font place bientôt à une chaleur continue. Le pouls est plein, la chaleur du corps monte à 41» et même 42», la face est rouge, les malades ont soif; il y a de la faiblesse, du vertige et souvent des douleurs dans le dos et dans le sacrum. Cette fièvre s'exaspère dans le cours de la seconde et de la troisième journée. Au milieu de la troisième exaeerbation fébrile, on voit apparaître à la face de petites pustules rouges qui, partant du front, des environs de la bouche et des yeux, s'étendent rapidement sur la face entière. Si l'éruption est abondante, ces pustules se serrent les unes contre les autres et souvent se fondent, pour déterminer une rougeur uniforme de là face. Si l'éruption est faible, ces petites nodosités restent isolées. Eu partant de la face, l'exanthème gagne dès le lendemain le cou, la poitrine, le dos et, au troisième jour, les extrémités. L'éruption se fait également sur les membranes muqueuses, dans la bouche, dans le pharynx, dans les voies aériennes, sur la conjonctive. On observe, en conséquence, de la salivation de l'enrouement, de la toux croupale et une douleur brûlante dans les parties génitales externes. En même temps, la fièvre continue, avec quelques rémissions cependant. Six jours après la première éruption, et, par conséquent, neuf jours après les premiers symptômes fébriles, commence la période de suppuration ou de maturation. Les boutons deviennent plus grands, perdent leur forme tronquée par le haut et prennent un aspect bombé. Si on les pique avec une aiguille, leur contenu, qui représente un pus épais, se vide en une fois. La peau, autour des pustules, se gonfle fortement et devient rouge foncé. On voit alors les boutons se déchirer et verser leur contenu à la surface, ou ils se dessèchent de manière à former des croûtes d'abord jaunâtres et plus tard brunes. Les-boutons du trono et des extrémités restent en retard sur ceux de la face. A ce moment, la fièvre prend une forme adynamique. Les boutons deviennent sanguins, il se fait des hémorragies, la peau se gangrène; dans beaucoup de cas, de la dyspnée, des points de côté et même des symptômes de pleurésie peuvent survenir. Enfin, après les trois périodes fébrile, d'éruption et de suppuration vient la période de dessiccation, qui commence à dater du onzième qu du douzième jour. La "formation des croûtes fait des progrès, le pourtour des boutons pâlit et désenfle, les autres accidents disparaissent, la fièvre tombe.
Autrefois, la variole, qu'on appelle aussi la petite vérole, était un fléau terrible ; on voyait succomber le tiers ou même la moitié des sujets atteints. Aujourd'hui, grâce à la vaccine, la variole est non-seulement devenue rare, sauf quelques recrudescences, difficiles à expliquer, dans ces derniers temps, mais encore beaucoup moins meurtrière; quand les cas de variole sont les plus noihbreux, il meurt a peine 2 à 3 pour 100 des individus atteints de l'éruption.
Dans la variole proprement dite, on distingue la variole confluente, la variole cohérente et la variole discrète. La première se déclare rapidement, présente des troubles généraux très-graves et souvent est mortelle ; sa qualification lui vient de ce que les boutons, qui sont très-abondants, sont tellement pressés, qu'ils se réunissent en pustules communes, La seconde, dans laquelle les boutons, quoique nombreux encore et très-pressés, ne font pourtant que se toucher par les bords, présente aussi de la gravité. La troisième, comme' l'indique encore son nom, est caractérisée par des boutons plus ou moins abondants ou plus od moins rares, mais toujours séparés par des intervalles de peau normale.
On distingue encore la variole verruqueuse, celle dans laquelle le développement des boutons s'arrête à la première période, c'estk-dire n'arrive pas au point de former des vésicules, mais les laisse au simple état de nodosité ; la variole séreuse ou lymphatique, celle dont les boutons ne donnent qu'un liquide clair ou presque clair, et nullement jaune et puriforme; la variole sanguinolente, celle dont les boutons contiennent ilu sang; la variole siliqueuse ou emphysémateuse, celle dont le bouton, pur une résorption de son contenu, se transforme en une sorte de coque vide; enfin, la variole gangreneuse, celle à laquelle s'ajoute une gangrène de la peau.
La variole est une maladie contagieuse et virulente. On peut la transmettre en inoculant le pus contenu dans les vésicules varioliques, et les expériences de M, Chauveau ont prouvé que l'activité virulente de ce pus réside principalement dans des corpuscules qu'il tient en suspension- Elle se transmet spontanément par les; miasmes varioleux qui émanent des malades. La plus grande intensité de contagion correspond à l'époque où le contenu des pustulea vient et se troubler et