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où la suppuration commence. La variole et la varioloïde (variole légère) dépendent d'un même virus. Un individu atteint de varioloïde peut donner une variole grave à un individu sain, et réciproquement. Cette maladie peut même se transmettre par l'entremise d'un tiers ou par un objet ayant appartenu au malade. Il est arrivé aussi que des personnes ont été frappées de la petite vérole dix ou douze jours après être montées dans une voiture qui ayait transporté un varioleux. La prédisposition a contracter la variole est atténuée chez l'homme par la vaccination. Durant les épidémies de variole, il est bon de revacciner les individus que l'on suppose pouvoir gagner cette maladie. V. vaccine.
Le traitement de la variole confirmés ne peut s'adresser qu'aux symptômes. Dans la période prodromale, il ne faut pas entretenir autour des malades une température supérieure à 120 ou 140. On leur donne des boissons fraîches, de temps en temps nitrées, et on les met à la diète absolue. Dans la période d'éruption, on appliqua sur les paupières des compresses froides, imbibées d'une faible solution de sublimé (0Sr,05 sur 180 grammes d'eau). On pratique aussi des lotions avec un mélange de 50 grammes de chlore liquide pour 150 grammes d'eau. Dans la période de maturation, il faut avant tout se préoccuper de l'état de la fièvre. Tant que la température ne s'élève pas à un degré extraordinaire, il faut se dispenser de toute intervention thérapeutique ; mais, sitôt qu'elle monte à un degré trop élevé, on prescrit de fortes doses de sulfate de quinine. Dans la période de dessiccation, on donne aux malades des aliments faciles à. digérer, mais nutritifs, et on leur permet un peu de vin. On leur recommande aussi de ne point se gratter et de ne point enlever leurs croûtes. Les accidents tels que dyspnée, laryngite sont combattus par des cautérisations au nitrate d'urgent et par les autres moyens appropriés.
11 exis.te sur les soins a donner aux varioleux des préjugés qu'il est important de combattre. Sous prétexte qu'il faut bien se garder de faire rentrer 1 éruption, « on garde, dit le docteur Alex. Boggs, ces malheureux dans une chambre presque hermétiquement fermée, on les entoure d'innombrables couvertures et d'édredons, maintenant ainsi une chaleur anomale du corps; pratique pernicieuse et qui doit être condamnée. Une simple couverture de laine et un drap doivent suffire pour empêcher le trop grand refroidissement du corps, et on doit entretenir une température douce et égale dans la chambre du malade. » Il en est de même du préjugé contre les soins de propreté par des bains ou des lotions tièdes. Ces soins sont utiles, et doivent être prescrits, ainsi que le changement de linge. • Un autre préjugé populaire, dit encore le docteur Boggs, non moins commun et partagé par certains médecins, consiste à entretenir les malheureux varioleux dans un état de diaphorèse, avec l'idée que toutes les maladies internes doivent sortir par les pores, et, à cet effet, on presorit les boissons aussi chaudes que les malades peuvent les supporter, surtout de l'infusion de bourrache, diaphorétique favori de bonne femme, comme tant d'autres remèdes, et qui est employé de préférence dans la petite vé-. rôle pour faire sortir les boutons. Illusion .complète; seulement, comme elle est inoffensive, un médecin ne doit pas négliger d'en prescrire, sous peine d'encourir de graves reproches s'il survient le moindre accident. Je ne veux pas nier la valeur de ce mode de traitement dans certains cas; seulement, il me semble que son efficacité est beaucoup trop exagérée. •
On a recommandé divers moyens de prévenir les cicatrices qui résultent si souvent de la petite vérole. Par exemple, on a conseillé d'imiter les Indiens dans l'habitude qu'ils ont de placer leurs varioleux, vaccinés ou non, dans l'obscurité complète et d'enduire leur corps de substances grasses, telles qu'une pâte qu'ils font avec les feuilles du margousier ou de l'huile extraite des graines de cet arbre, r On est parvenu, en Europe, dit Alex. Boggs, à l'aide de cette double préservation de l'influence de la lumière et du contact de l'air; obtenue par des substances onctueuses, non-seulement a faire avorter les pustules et à empêcher ainsi la face d'être marquée, mais aussi à amoindrir et même à annuler l'intensité de la fièvre secondaire, toujours si redoutable dans cette terrible affection. ■ On a conseillé aussi de favoriser l'émission du contenu des boutons ou de les cautériser avec des caustiques tels que le nitrate d'argent; si l'on veut obtenir un résultat pour les faire avorter, il faut, lorsqu'on emploie ces moyens, s'y prendre dès le premier ou le second jour de l'éruption. Citons encore le docteur Boggs : « Dans ces derniers temps, dit-il, qn médecin de Kingston (Canada) a èmpioyé avec succès l'application de l'acide phénique à la figure, adoptant en même temps la méthode de la soustraction de la lumière dans Ja chambre du malade et un traitement général réclamé dans chaque cas. Voici la manière dont ce médecin a employé ce phénol :
S drachmes.
Acide phénique'.
Suif de raouian .
Noir de fumée. .
2 onces.
VARI
Une couche épaisse de cet onguent, étendue sur la ouate noire, est appliquée sur la figure, ayant la précaution de faire des ouvertures pour les yeux, les narines et la bouche. Ce masque est renouvelé tous les deux jours et le visage lavé avec de l'eau tiède et du savon, puis le corps entier est épongé avec une solution tiède de l'acide phénique. Avec quelques modifications, j'ai employé moi-même I cette médication et avec des résultats satisfaisants. Le masque que j'emploie est de velours ou de soie noire, que je crois préférable à la I ouate en ce que cette dernière augmente la chaleur fébrile éprouvée par les malades. Sur le corps aussi j'emploie le glycérolé phénique, mais pas avant que les pustules soient bien développées; par ce moyen, la déman* geaison et le travail de suppuration sont amoindris, la fièvre secondaire (la lièvre de suppuration) est moins intense ou tout à fait nulle, et le malade est à peine ou pas du tout marqué. •
Mais n'y a-t-il pas danger pour les malades à faire ainsi avorter les boutons? Voioi la réponse du même docteur : • Si on prefld la précaution de ne rien appliquer avant le développement des vésicules, mais seulement avant la transformation en pustules, on n'a rien à craindre, surtout si les vésicules sont abondsmtes, car, comme le remarque M. le professeur Monneret, « on ne change rien à i la marche de l'affection ni de la maladie, et, » dans le cas contraire, l'avortement des pus- » tules n'a aucune influence fâcheuse. » Nous ferons observer au docteur que, d'après ce ou'il dit plus haut, ces moyens, pour réussir, doivent être employés le premier ou le second jour. Si donc ils ne réussissent pas employés plus tard, et que, employés avant le développement des pustules, ils soient dangereux, à quoi sont-ils bons?
Il arrive quelquefois que la petite vérole procure la guérison de certaines autres maladies. Un malade était atteint de dartres rebelles; il eut la variole et fut guéri. Un autre, qui avait sur le visage ces taches de lie de vin que l'on nomme vulgairement des envies^ les vit disparaître après une petite vérole intense; il fut marqué, mais sa difformité nouvelle lui était bien moins pénible que l'ancienne. Un malade entre à l'hôpital avec une fluxion de poitrine des plus graves ; quelques jours après, une petite vérole, en se déclarant, détourne l'inflammation vers la peau, et le mala de est sauvé parce que les deux maladies s'étaient détruites pour ainsi dire l'une l'autre.
— Art vétér. On ignore les causes de \n variole chez les animaux comme chez l'homme ; mais on sait qu'elle peut se transmettre par contagion et par inoculation de l'homme aux animaux, des animaux à l'homme et d'uu animal à un autre animal.
Chez le cheval, la variole est caractérisée par un léger mouvement fébrile préalable, qui dure de quatre à cinq jours. A ce moment, il survient à la crinière, à l'encolure, à la poitrine, à la croupe, plus rarement aux membres, quelquefois à la tête, de petites pustules grisâtres, assez élevées, contenant une sérosité lactescente et entourées d'une auréole rosacée. La matière que contient la pustule commence pur être limpide, devient successivement louche, puriforme et prend ensuite la consistance d'un pus blanc, jaunâtre, épais, qui devient concret et forme la croûte, jaune d'abord, brunâtre ensuite, puis noirâtre, croûte qui, par sa chute, laisse une empreinte plus ou moins marquée sur la surface du derme. Quand ces pustules sont assez nombreuses et assez volumineuses, on pourrait confondre la variole avec le farcin volant; mais, comme la maladie se développe' en général sur des sujets non prédisposés au farcin et qu'elle est ordinairement bénigne, on ne peut la confondre avec cette dernière maladie ni avec les affections galeuses, qui s'accompagnent toujours d'un frottement extraordinaire. Le traitement est des plus simples : diète, lotions émollientes sur les parties douloureuses, onctions grasses pour taire tomber les croûtes. On peut amssi bassiner les ulcérations avec l'eau-de-vie camphrée et la teinture d'aloès pour faciliter la cicatrisation.
Le porc peut être atteint de la variole, maladie que 1 on désigne encore sous le nom de gourme du porc, de petite vérole du porc. Quand la maladie veut se déc.arer, les porcs éprouvent une grande fièvre ; ils grognent continuellement jusqu'à ce que l'éruption se manifeste. Elle a lieu ordinairement au bout de cinq à six' jours. Dans les endroits où doivent se montrer les boutons, la peau est rouge; la base des oreilles., le groin, les ara antérieurs, la face interne des cuisses et le dessous du ventre sont les endroits sur lesquels l'éruption se fait le plus fréquemment. Du reste, l'animal baisse la hure, porte ses oreilles en arrière et n'entortille plus sa queue ; les soies sont hérissées et d'un aspect graisseux; les yeux sont ternes et la respiration devient difficile; on aperçoit de la roideur aux jointures, de la rougeur dans les yeux, de l'enflure à leur circonférence ainsi qu'à la hure et au cou. Les taches rouges, da la peau commencent alors à pâlir au centra et a suppurer, de sorte qu'au bqqt du neuvième ou dixième jour les boutons spnt tout blancs et couverts, d'une, croûte qui commence à tomber au douzième jour. Dans les
Varî
endroits ou la petite vérole se montre parmi VîS hommes, il faut prendre garde de répandre cette maladie contagieuse parmi les porcs au moyen de vieilles hardes ou en jetant la paille provenant des lits. qui ont servi à des malades atteints de la petite vérole. Toutes les fois que cette maladie se manifeste parmi les porcs, il faut d'abord séparer les animaux infectés d'avec ceux, qui sont sains et vacciner ces derniers. Le porc atteint de la variole doit être» placé dans un lieu à l'abri des courants d'air et de l'humidité, sur une bonne litière, et nourri avec du lait coupé, des bouillons, de la farine d'orge, du petit-lait. Puis, quand l'éruption arrive, il faut tenir l'animal dans une température chaude, alin d'éviter tes répercussions. Quand l'éruption semble se faire difficilement, il faut administrer des breuvages d'absinthe, de racine d'angélique, auxquels on ajoute quelques gouttes d'ammoniaque. ' '
Le chien peut aussi être atteint par la variole. Le premier jour, il est triste, porte la tête et la queue basses; ses yeux sont abattus et à demi fermés; sa gueule est chaudo et sèche, elle exhale une mauvaise odeur; sa langue est chargée, il a des nausées, il vo- . mit même; sa marche es^ lente et chancelante; il se tient couché et ne se lève qu'a- ' vec répugnance ; il est assoupi, constipé ; ses urines sont rares et colorées; il n'a plus d'ap- . petit ; sa peau est chaude ; son poil, qui tombe facilement, est rude et hérissé ; pouls dur et fréquent. Le second jour, il survient quel- : quefois par les selles des évacuations de matières bilieuses, noirâtres, très-fétides; quel- I quefois la constipation se soutient, ou bien il s'établit une diarrhée qui dure trois ou quatre jours. Alors, l'animai paraît beaucoup plus mal ; il est dans l'anxiété ; il cherche les endroits frais et quitte son paillasson pour se coucher sur le pavé ; la transpiration est sensible. Vers le quatrième jour, un frisson plus ou moins vif et plus ou moins long s'empare de l'animal ; eniin, ce même jour et les jours Suivants, toutes les parties du corps, excepté le dos et les côtes, où il y en a moins, se couvrent de boutons; on en trouve sur les lèvres, dans la queue, sur le bord des paupières, de la vulve, de l'anus, du fourreau et entre les agitations des pattes, ce qui fait que la marche est très-douloureuse. Ces boutons sont d'abord rouges, ensuite blancs, puis ils suppurent, se dessèchent et tombent. L'éruption de ces boutons paraît se faire, d^ans le chien comme dans le mouton, à raison du degré de bénignité ou de confluence qui caractérise la maladie. Les moyens de préserver les chiens atteints de la variole sont plutôt du ressort de l'hygiène que de la thérapeutique, surtout lorsque la maladie suit son cours ordinaire. Les moyens hygiéniques consistent à placer le chien dans un lieu dont la température soit a lu<> ou 12», et assez aéré pour qu'il ne s'y accumule pas de mauvaise odeur; le tenir à la diète pendant toute la période éruptive ; la crème de riz ou la panade suffit pour le nourrir, quand il conserve encore quelque appétit. La nourriture animale ne doit être permise que lorsque la dessiccation- des pustules a commencé. Quant au\ moyens cuiatifs, on a proposé la saignée et des boissons abondantes.
Chez les dindons, la variole se manifeste par des bulles plus ou moins volumineuses qui s'élèvent sur divers points du corps. Ces bulles, qui sont de petites vessies jaunâtres entourées d'un cercle enflammé, se montrent à. la face interne des cuisses, des ailes et sur lu caroncule de la tète et du col. Quelques jours avant l'éruption, l'animal est triste, s'eneapuchonne et mange peu, souvent pas du tout-, ses plumes se hérissent. Après cette sorte de lièvre d'invasion, les bulles paraissent; elles mettent ordinairement quinze jours à se développer et à se dessécher. Dès qu'elles se manifestent, les symptômes d'invasion diminuent; il arrive même à quelques dindons de faire la roue quand l'éruption est tout à fuit sortie. La dessiccation est d'autant plus prompte qu'il fait plus beau temps. Quand elle est commencée, l'animal entra en convalescence. Les croûtes qui succèdent aux bulles sont jaunâtres, coniques et formées de plusieurs couches superposées ; si on les arrache avant la disparition totale de l'inflammation cutanée, elles se renouvellent. Cette maladie affecte plus particulièrement les dindons de huit à neuf mois, vers le commencement de novembre. Eile ne se montre que sur quelques individus d'abord, mais atteint successivement les autres, jusqu'à ce que tout le troupeau en soit affecté. Elle est donc très-contagieuse , malgré l'assertion contraire de Parmentier. Beaucoup des dindons qu'elle n'enlève pas perdenf la vue, parce que les yeux sont souvent le siège des bulles. Dans la Sologne, où la variole des dindons est très-répandue, on pense qu'elle n'affecte "qu'une seule fois le même animal. Très-dangereuse quand le troupeau ne reçoit pas de soins convenables, elle l'est beaucoup moins même quand on se borne aux simples précautions hygiéniques, comme à tenir les dindons dans une habitation sèche et tempérée dès que les premiers symptômes se manifestent, à ne les mener aux champs que quand ils sont en convalescence, enfin a les nourrir, dans des cours abritées, avec de bons aliments, aussitôt qu'ils commencent à avoir de l'appétit.
Les oies ont une espèce de variole assez
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semblable à celle des dindons. Elle se manifeste, principalement à la tête et au cou, par des tumeurs inflammatoires de différentes formes, quelquefois de la grosseur d'un œuf de pigeon, lesquelles s'abcèdent et sont suivies d'une suppuration abondante'et d'un délabrement dans toutes ces parties qui entraîne presque toujours la perte de l'animal. Lorsque la suppuration s établit, on perce la tumeur pour en faire évacuer le pus et empêcher le délabrement des parties, lequel est toujours la suite d'une abondante suppura-
— Ichthyol. Les varioles sont des poissons percoïdes, qui doivent leur nom à l'aspect que présente leur peau ou plus exactement leur enveloppe extérieure. Elles diffèrent des perches , dont elles sont très-voisines, par leur -préopercule dont l'angle présente de fortes dentelures et même une petite épine, en même temps que le sous-orbitaire et l'huméral ont des dentelures plus fortes. Ce genre renferme trois ou quatre espèces, qui vivent dans les mers des pays chauds. L'une d'elles se trouve dans le Nil; c'est le (aies niloticus de Cuvier, la perça nilolica de Linné, grand et excellent poisson, de couleur argentée, qui fut renommé chez les anciens. Il peut atteindre plus de ini,50 de longueur et devenir aussi gros que le thon.
On connaît aussi quatre espèces de varioles fossiles, qui sont de plus petite taille que les précédentes ; trois d'entre elles viennent de la célèbre localité du Monte-Bolca ; la quatrième a été trouvée aux environs de Sèvres, dans le calcaire grossier.
VARIOLE, ÉE adj. (va-ri-o-lé — rad. variole). Qui est marqué de la variole, qui a de nombreuses cicatrices laissées par la variole.
— Bot. Qui est semé de grains semblables aux pustules de la variole.
— -Substantiv. Personne variolée , marquée de la petite vérole.
VARIOLEOX, EUSE adj. {va-ri-o-leu, euze — rad. variole). Pathol. Qui appartient k la variole, qui la caractérise : Une épidémie vàrioleusk. Une éruption varioleuse. La fièvre gui précède l'éruption des boutons vaeiolkux présente souvent des anomalies.
(Oi-filu.) On a vu des enfants naître avec une éruption varioijsuse. (Chomel.)
— Hist. nat. Qui est marqué de pustules ou de points ressemblant aux pustules ou aux cicatrices de la variole.
— Substantiv. Personne qui a la variole : Les varioleux doivent être isolés des autres individus pendant tout le temps de la maladie.
VARIOLIFORME adj. (va-ri-o-li-for-me — de variole, et de forme). Pathol. Qui ressemble à la variole : Eruption variolikorme.
VARIOLINE s. f. {va-ri-o-li-ne — du lat. varius, varié). Miner. Substance qui compose en grande partie la variolite.
VARIOLIQUE (va-ri-o-li-ke — rad, variole). Pathol. Qui a rapport à la variole : Les pustules varioliques. Une épidémie varioliq.uk. Le pus variolique perd, au bout d'un an, une partie de son énergie, et au bout de trois ans il cesse d'être contagieux. (Chomel.)
VARIOLISATION s. f. (va-ri-o-li-za-si-on — rad. variole). Pathol. Production de la variole.
VARIOLITE s. f. (va-ri-o-li-te — du lat. varius, varié). Miner. Syn, de spilite.
VARIOLOÏDE (va-ri-o-lo-i-de — de variole, et du'gr. eidos, aspect). Pathol. Qui ressemble à la variole.
— s. f. Variole bénigne, observée chez des sujets vaccinés ou ayant eu la variole.
— Fig. Contagion morale : La varioloïde superstitieuse se remet parfois à courir et à régner. (Ste-Beuve.)
— Encycl. La varioloïde est une affection cutanée, caractérisée par une éruption pustuleuse, qui ne se montre que chez les sujets vaccinés et chez ceux qui ont déjà eu la vniiole. La varioloïde n'est autre chose, dit Valleix, que la variole elle-même, offrant un haut degré de bénignité et plus ou moins modifiée dans sa marche et dans ses symptômes. Les deux maladies se développent sous l'influence d'une même cause, o est-à-dire d'un virus spécifique.
— Symptômes. La varioloïde débute ordinairement par les mêmes prodromes que la variole ; on n'observe qu'un degré en inoins dans leur intensité; quelquefois même ils manquent complètement. L'éruption commence vers le troisième jour par des taches rouges, au centre desquelles se développe une papule dure et saillante. Le nombre des boutons est très-variable. Il n'en existe parfois que quelques-uns, tandis que d'autres fois ils sont aussi nombreux que dans la variole confluente. Ils siègent indifféremment sur toute la surface du corps, mais plus souvent sur la face et sur les membres. On ne remarque ni le gonflement ni la rougeur érysipélaieuse qui accompagnent l'éruption de la variole. Vingt-quatre heures après leur apparition , les pustules sont remplies d'un fluide séreux, et, vers le troisième ou le quatrième jour, elles sont aplaties ou pour la plupart oinbiliquées. Elles résistent au tou-
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cher et sont entouréjes d'une auréole rouge. Au sixième jour, le^ liquide qu'elles renferment est opaque; il commence à se concréter dès le septième; la dessiccation est complète partout du huitième au dixième jour. Les malades n'exhalent pas alors l'odeur fétide qu'on remarque chez les varioleux. Enfin, a la chute des croûtes, on trouve rarement de petites cicatrices, mais ce sont le plus souvent de simples taches violacées pouvant persister plusieurs mois, ou bien ce sont des points indurés, des espèces de tubercules coniques ou pointus qui-se résolvent d'eux-mêmes , mais très-lentement, c'est-àdire après une ou plusieurs semaines, laissant après eux une coloration ardoisée qui ne s'éteint que tardivement. (Grisolle.) Un caractère qui distingue essentiellement la varioloïde de la variole, c'est l'absence complète de la fièvre de suppuration et la prompte dessiccation des pustules dans la varioloïde. La durée de la maladie ne dépasse guère huit ou douze jours, et sa terminaison est presque constamment heureuse.. Le traitement ne doit présenter aucun moyen actif; il faut, à moins de quelque complication, abandonner la maladie à elle-même. Dès que la dessiccation a commencé, on peut donner aux malades une alimentation réparatrice et promptement croissante.
VARIOMMITE s. f. (va-ri-omm-mi-te — de variole, et du gr. omma, œil). Pathol. Inflammation variolique de l'œil.
VARIOROM s. m. (va-ri-o-romm — abréviat. de la phrase latine : Cum notis variorum scriptorum, Avec des notes de divers écrivains). Bibliogr. Livre classique imprimé avec des notes et des commentaires : Acheter un VARIORUM.
— Adjectiv. : Une édition variorum. Le Pline VARIOROM.
— Encycl. Les éditions qui portent cette mention sortirent, en général, des presses des Elzevirs, à Amsterdam et à Leyde, de 1650 au commencement du xvnie siècle. Les érudits qui les mirent au jour furent surtout Jean-Frédéric Gronovius; Nicolas Heinsius et Corneille Schrevelius, On cite principalement, par ordre de dates, le Claudien d'Heinsius (Leyde, 1650; in-12, 1665, in-8<>); l'Homère de Schrevelius (Amsterdam, 1656, 2 vol. in-4°) ; le Virgile d'Heinsius (Amsterdam , 1664, *in-12), plusieurs fois réimprimé; le Plante de Gronovius (Leyde, 1664, in-8°) ; le Tile-Live de Gronovius (Amsterdam, 1665, 3 vol. in -8°) ; le Salluste de Gronovius (Leyde, 1665, in-8°), plusieurs fois réimprimé ; lé Pline l'Ancien de Gronovius (Leyde, 1669, 3 vol. in-go) ; l'Ooide d'Heinsius (Leyde, 1670,3 vol. in-8°) ; Y Horace de Schrevelius (Leyde, 1670, in-S°); le Juvénal de Schrevelius (Leyde, 1671, in-8o); le Tacite de Gronovius (Amsterdam, 1673, 1685, 2 vol. in-8°) ; le Quinte-Curce de Gronovius, publié par son fils Jacques (Amsterdam, 1696, in-8°); YHésiode de Jean Leclerc (Amsterdam, 1701, 2 vol. in-8°);le Justin de Gronovius, publié par son petit-fils Abraham (Leyde, 1719, in-8").
Les éditions variorum n'ont pas été faites exclusivement en Hoiluivle et ne datent pas toutes de la seconde moitié du xviie siècle ou des premières années du xvm^. Ainsi, il y a une excellente édition variorum à'Ovide imprimée à Oxford en 1825 (5 vol. gr. in-8"). Ainsi encore, le Juvénal publié par Valpy (Londres, 1820, 3 vol. in-S°) est un variorum trèscomplet. Lors même qu'une édition dans laquelle le texte est accompagné de notes écrites par plusieurs savants ne porte pas lu mention cum notis variorum, elle est un variorum et on peut lui donner ce nom.
VARIOSPERME adj. (va-ri-o-spèr-me — du lat. varius, varié, et du gr. sperma, graine). Bot. Dont les graines sont inégales en grosseur.
VARIOSTOMATITE s. f. (va-ri-o-sto-mati-te — de variole, et de stomatite). Pathol. Inflammation variolique de la bouche.
VARIQUEUX, EUSE adj. (va-ri-keu, eu-ze — lat. varicosus; de oart'a;, varice). Méd. Qui a rapport aux varices, qui est de la nature des varices : Une dilatation VARiQUBt.SE. La compression de jarretières trop serrées donne lieu à la dilatation variqueuse des veines. (Chomel.) Il Qui est affecté de varices : Une veine variqueuse. Un membre variqueux. Le sang ne circule qu'avec difficulté dans les veines variqueuses.
■ — Moli. Coquille variqueuse, Coquille univalve, dont les spires offrent des bourrelets appelés varices, tl s. m. pi. Famille de gastéropodes pectinibranches.
— Encycl. Méd. Ulcère variqueux. On appelle ainsi en médecine un ulcère qui complir quele plus fréquemmentles varices. Comment s'étublit-il, quel est son mode de formation? A l'occasion d un petit accident quelquefois sans cause déterminante, dit le professeur Dolbeau, on voit une tuméfaction assez légère se présenter avec une peau violette, luisante, (jette tuméfaction s'accentue de plus en plus et la peau se gerce. D'autres fois, l'ulcère arrive soit à la suite de la perforation de la veine, et il s'étend alors peu à peu, soit par une excoriation de la peau; quelquefois enfin une cicatrice ancienne se rouvre et s'agrandit. C'est au bas de la jambe, le long des malléoles, sur la face interne du tibia que se développent surtout les ulcères. L'ulcère va-
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riqueux h son début est ordinairement simple et superficiel, au moins pour les ulcères que le chirurgien voit se développer sous ses yeux; il n'en est pas de même des ulcères dont sont porteurs la plupart des ouvriers; irrités par la marche, un traitement mal approprié et les fatigues de toute sorte, on les voit avec des ulcères déjà larges; les bords en sont durs, coupés à pic, enfinmméa dans un rayon plus ou moins considérable. L'ulcère paraît profond à cause du gonflement des bords ; le fond est sale et couvert de parties grisâtres, qui ne sont autres que des lambeaux gangrenés. Les parties voisines sont enfermées dans un circuit plus ou moins large; " la peau est tendue, luisante, rouge, ou accusant une inflammation moins intense, et alors lie de vin. L'odeur qui se dégage de l'ulcéra est très-forte. Quand l'ulcère est compliqué d'inflammation, l'indication est de combattre celle-ci par le repos et des cataplasmes émollients appliqués sur l'ulcère. Sous cette influence, la plaie reprend un bon aspect, et, .comme le repos agit en même temps sur les varices en les diminuant, la cicatrisation arrive après un temps plus ou moins long. Quand là plaie est bien nettoyée par le cataplasme et que tout symptôme inflammatoire a disparu, on remplace cette médication par la compression méthodique à l'aide de bandelettes de diachylon. Maintenant, cette méthode est tellement généralisée, qu'il n'est aujourd'hui presque pas de médecins qui ne l'emploient. Comment se fait cette compression? Pour ce pansement, dit Jamain, on taille des bandelettes larges de 0m,01 à 0n>,02, assez longues pour faire une fois et demie ou deux fois le tour du membre. La première bandelette est appliquée à la partie inférieure de l'ulcère, sur la partie non atteinte du membre ; les deux extrémités sont ramenées sur l'ulcère lui-même, ou elles s'entre-croisent, et les deux bouts sont portés sur les parties latérales. La seconde bandelette est mise de la même manière et doit recouvrir légèrement la bandelette inférieure. On continue ainsi le pansement jusqu'à ce que l'ulcère soit couvert entièrement. La compression par les bandelettes a sur la compression ordinaire le double avantage d'être plus exacte d'abord; de plus, la substance emplastique agit comme un excitant de la plaie. Quoi qu'il en soit, sous l'influence de ces trois conditions, repos, compression, position horizontale, la suppuration diminue, l'ulcère prend l'aspect d'une plaie qui se cicatrise, les callosités disparaissent; la circulation, favorisée par la compression extérieure, Se régularisant le plus possible, l'œdème se dissipe, et enfin un certain exercice est permis au malade ; mais, sur ce dernier point, la plus grande prudence est de rigueur, car les mouvements déplacent et relâchent l'appareil, et le membre est alors soumis aux inconvénients de la station.
VARISC1TE s. f. ( va-riss-si-te). Miner. Nom donné par Breithaupt à une substance d'un vert bleuâtre, à poussière blanche, à cassure compacte et à éclat gras, qui a été trouvée, en petites masses amorphes et concrétioiinées, à Messbach, près de Plauen, dans la Saxe royale, et qui d'après Plattner, serait composée d'acide phosphorique, d'alumine et d'eau, avec des traces d'ammoniaque, de magnésie, d'oxyde de fer et d'oxyde de chrome. "
VAH1CM ET MUTAB1LE SEMPER (Chose variable et toujours changeante), Fin d'un vers de Virgile (Enéide, hv. IV, v. 569). Didon, résignée à la volonté des dieux, a consenti au départ d'Enée ; mais déjà, dans son désespoir, elle songe à le retenir. Ses larmes, ses supplications troublent la résolution du héros troyen. Mercure apparaît alors à Enée pour lui rappeler la volonté de Jupiter. ■ Pars, lui dit-il , pars sans différer, et souviens-toi que la femme varie et change toujours, varium et mutabile semper... femina. •
François 1«», qui savait aussi bien que Mercure à quoi s'en tenir sur la conduite de la femme, rêvait un jour assis dans une des chambres du château de Chambord. Le vers de Virgile lui revint à la mémoire. Prenant alors un diamant, il traça ce distique sur une vitro :
Souvent femme varie ;
Bien Toi est qui s'y fie.
La reine Marguerite de Navarre, sœur de François Ier, cette femme si célèbre par son esprit, ses grâces, la fermeté de son caractère, et surtout par le profond attachement qu'elle portait à son frère, ayant lu cette boutade poétique du royal amant de la belle duchesse d'Etampes , lui reprocha d'avoir manqué de galanterie envers un sexe qu'il avait moins que personne le droit d'accuser et qu'elle devait naturellement défendre. Louis XIV, à la prière de M11» de La Vallière, fit briser la vitre malséante. Il devait bien le sacrifice de cette devise de l'inconstance à la femme qui lui avait témoigné une affection si proronde et si inaltérable.
On rappelle non moins souvent le distique du roi chevalier que l'hémistiche du poëte latin.
« — Faites-moi le plaisir, reprit miss Ber- » tram, de dire à M. Charles que je pensa ■ qu'il ne doit pas songer à continuer ses étu- » des de la manière qui a eu lieu jusqu'ici. • Dominie la quitta la tête baissée, et, en fer»
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FARlL
mant la porte, il ne put s'empêcher de prononcer le varium et mutabile semp'er de Virgile, i
Walter Scott.
« De là jaillissent chez la femme et ces plaisanteries dont vous riez le premier, et ces réflexions qui vous surprennent par leur profondeur; de là viennent ces changements soudains et ces caprices d'un esprit qui flotte. Parfois elle devient tout k coup d'une extrême tendresse, parfois elle est maussade et , indéchiffrable; enfin, elle accomplit \evarium et mutabile semper que nous avons eu jusqu'ici la sottise d'attribuer à leur constitution. >
Balzac.
Les caprices des femmes, quand elles en ont, ne sont que le résultat d'un pervertissement causé par l'homme. « Souvent femme • varie, ■ disait François I"; être ondoyantet divers, changeant comme l'onde... Vaines phrases que tout celai La femme mobile I elle est au contraire l'élément de fixité dans le monde, au dire de M. Michelet. »
Taxile Delord.
« — Ne vous ai-je pas dit toute ia sympathie que ma mère avait pour vous? — Souvent femme varie, a dit François 1er; la femme, c'est l'onde, a dit Shakspeare. L'un était un grand roi et l'autre un grand poëte et chacun d'eux devait connaître la femme. » Alex. Dumas.
VAR1US (Lucius), poëte latin qui'vivait au ier siècle avant notre ère. Il était ami d'Horace et Je Virgile. Varius avait entrepris un poëme épique pour célébrer Ses exploits d'Agrippa et d'Octave, et^omposé une tragédie de Thyeste , comparée par Quintilien aux chefs-d'œuvre des Grecs. De toutes ses compositions, il ne reste qu'une quinzaine de vers recueillis par Maittaire (Op. et frag. poét. lat.). Il fut un de ceux que Virgile mourant chargea de la révision et de la publication de l'Enéide. On assure même qu'il sauva ce chef-d'œuvre en empêchant le grand poète de le livrer aux flammes.
VARLET s. m. (var-lè. — V. l'étym. de valet). Page d'un chevalier, il Jeune noble qui servait un seigneur châtelain et se préparait sous ses auspices et par ses exemples à mériter l'honneur de la chevalerie, )i Apprenti. Il Vieux mot.
— Fête des varlets, Ancien nom de la Saint- Denis, qui se célébrait le premier dimanche après le 9 octobre.
— Encycl. Le terme de varlet ou valet, qui ne s'applique aujourd'hui qu'aune classe servile, était autrefois uue qualification honorable; elle n'appartenait qu'aux jeunes nobles non encore reçus chevaliers et faisant auprès de grands seigneurs ou de suzerains féodaux l'apprentissage des armes. On peut voir dans Du Caage que l'on appelait valeti, dans des titres authentiques, les enfants de grands seigneurs avant qu'ils eussent chaussé l'éperon et reçu l'accolade, et que les jeunes gens des plus hautes, familles s'honoraient de servir un princej. un baron, un chevalier, en qualité de valets tranchants, valets échansons, valets servants, titres que l'on changea plus tard contre celui à'écuyer Les lil's des empereurs eux-mêmes étaient appelés varlets.
Duchêne, dans VEistoire de la maison de Richelieu, rapporte un titre de l'an 1201, dans lequel Guillaume du Plessis se qualifie de valet, qui signifie, dit l'historien, écuyer ou damaysel, et il ajoute cette particularité que les nobles qui s'intitulaient valets donnaient à connaître par là, qu'étant issus de chevaliers, ils prétendaient à l'ordre de chevalerie obtenu par leurs pères. Il cite ensuite plusieurs titres anciens, où un jeune homme qualifié valet se dit fils d'un ancien chevalier. Gasse, poëte du xue siècle, parlant du jeune Richard, duc de Normandie, dit :
Nie ère mie chevalier, encor ère vatelan, N'avoir encor envis ne barbe ne {ruernon.
Les moeurs féodales étaient issues de l'Allemagne et dans la famille germanique la domesticité ennoblissait. Toutes les fonctions réputées serviles chez les nations méridionales étaient honorables chez celles du Nord. Dans les Niebelungen, le maître des cuisines est un des principaux chefs des guerriers. Ces coutumes se perpétuèrent chez nous pendant une longue suite de siècles et les plus grands personnages ambitionnaient l'honneur de remplir auprès du roi les fonctions les plus humiliantes de la domesticité. Ce ne fut qu'au xviio siècle que les valets de chambre du roi devinrent les gentilshommes de la chambre. Le souvenir des varlets guerriers ou sorte d'écuyers du moyen âge ?est conservé dans les quatre valets de nos jeux de cartes, qui ont même retenu les noms de capitaines renommés: Ogier, Lahire, Hector et Lancelot.
VARLET (Dominique-Marie), prélat, né à Paris en 1678, mort en 1742. Ordonné prêtre, en 1706, il fut pendant quelque temps curé de Conflans-Charenton, puis partit en 1711
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pour l'Amérique, où, pendant six ans, il évangélisa les habitants de .la Louisiane. Rappelé en 1718 et envoyé en Asie, en qualité d'évêque d'Ascalon et de coadjuteur de l'évêque de Babylone, il venait d'arriver sur les frontières de la Perse, lorsqu'il reçut un bref du pape qui le révoquait k cause de son attachement aux doctrines de Port-Royal.
Varlet se setira alors en Hollande et s'établit à Amsterdam, où il se sépara de l'Eglise romaine, en appelant de la bulle Unigenitus au futur concile (15 février 1723). Il continua néanmoins à exercer les fonctions épiscopales et sacra les quatre archevêques dissidents qui se succédèrent sur le siège d'Utrecht. Il a laissé deux Apologies (1721 et 1727), qui attestent en lui une profonde érudition, ainsi qu'une grande piété, malgré son désaccord avec la cour de Rome.
VARLET DE LA GRANGE (Charles), acteur français. V. La Granqe.
VARLETON s. m. (var-Ie-ton — dimin. de varlet). Jeune varlet. Il Ecuyer. Il Vieux mot.
VARLEY (Jean), peintre anglais, né à Londres .vers 1777, mort en 1842. D'abord apprenti chez un bijoutier, il apprit ensuite la peinture, visita une partie de l'Angleterre en reproduisant des paysages et devint un des premiers aquarellistes de son temps. Ses peintures, d'une solidité et d'une vigueur rares, sont d'un effet puissant, mais pèchent par la monotonie. Varley eut la faiblesse d'employer une partie de son temps k s'occuper d'astrologie et de se livrer à de vaines prédictions.
VARLIN (Louis-Eugène), membre de la Commune de Paris, né à Claye (Seine-et- Marne) en 1839. Il vint fort jeune à Paris, où Rapprit l'état de relieur. Très-travailleur et d'un esprit sérieux, il employa ses loisirs à de nombreuses lectures et se mit de bonne heure à étudier les questions ouvrières. En 1862, Varlin fit partie des ouvriers délégués à l'Exposition de Londres et étudia la situation du travail en Angleterre. Lors de l'organisation de la Société internationale des travailleurs (1864), il fut nommé secrétaire de la section française. A partir de ce moment, il mit son énergique volonté au service de cette société fameuse, qu'il s'attacha à propager, et lui conquit en peu de temps un grand nombre d'adhérents. Au congrès de Genève, auquel il assista (1866), Varlin prit part à la rédaction des statuts de l'Internationale, «constituée, disait l'article îer, pour préparer un point central de communication et de coopération aux ouvriers des différents pays aspirant au même but : le progrès complet et constant de la Liasse ouvrière. » Quelque temps après, il passa avec Malon dans le groupe dit des collectivistes. Poursuivi, en avril 1868, devant la police correctionnelle avec plusieurs membres du bureau du l'Internationale à Paris, comme faisant partie d'une société non autorisée, il prit la paroie • au nom de ses coaccusés, et l'avocat impérial Lepelletier dit, en parlant de lui dans son réquisitoire : « Varlin n'est pas une intelligence ordinaire. » Condamné k trois mois de prison et 100 francs d'amende, il ne renonça point à continuer l'oeuvre à laquelle il s'était voué. H renoua les faisceaux brisés du bureau de Paris, continua à correspondre avec le comité central de Londres et les comités des départements, et constitua la société sous une nouvelle forme. Au congrès de Bâle (septembre 1869), il rédigea au nom des internationalistes une protestation au sujet de la répression violente des grèves d'Aubin et de la Ricamarie. Impliqué, le 20 juin 1870, dans un autre procès fait aux affiliés de l'Internationale, il fut frappé, le 9 juillet, d'une nouvelle condamnation k un an de prison et 100 francs d'amende. Varlin se réfugia à Londres ; mais la révolution du 4 septembre 1870 lui permit de revenir k Paris. Il fut nommé chef de bataillon dans la garde nationale, se signala parmi les orateurs des clubs pendant le siège, fut compromis dans le mouvement du 31 octobre et devint un des organisateurs du comité central de la garde nationale. Le 8 février 1871, Varlin obtint aux élections pour l'Assemblée nationale, 58,384 voix dans le département de la Seine, Après l'insurrection du 18 mars, il signa la proclamation du Comité central qui s'empara du pouvoir, fut délégué aux finances le 24 mars, et, le 26 mars, il fut nommé en même temps membre de la Commune dans le Vie, le Xlle et le XVIle arrondissement de Paris, réunissant sur son nom 22,000 suffrages. Membre de la commission des finances, il continua ses fonctions de délégué au ministère des finances; mais bientôt il se vit dans l'impossibilité de se procurer l'argent nécessaire aux besoins de la Commune et fut remplacé par Jcurde le 24 mars. Varlin vota, k l'occasion des élections complémentaires du 16 avril, pour la validation, quel que fût le nombre des votants. Il devint ensuite délégué au service de la manutention et des subsistances militaires, fonctions qu'il remplit jusqu'au 15 mai. Le 1er mai, il protesta contre la création d'un comité de salut public et fit constamment partie depuis lors de la minorité, effrayée des mesures prises par la majorité. Signataire de la déclaration de la minorité le 15 mai, il cessa depuis lors de prendre part aux délibérations de la Commune. Toutefois, après l'entrée des troupes de Versailles k Paris, il
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se joignit aux combattants qui firent une opiniâtre résistance. Le bruit courut qu'il avait été fusillé le 27 mai ; un individu, désigné comme étant Varlin, fut en effet arrêté par des soldats et passé par les armes, sans aucune information préalable, sur l'ordre d'un capitaine, devant un talus au pied de la hutte Montmartre. Cependant Varlin était parvenu à s'échapper et à gagner l'étranger. Il se rendit à Bruxelles, où il exerce sa profession de relieur, et il a été condamné par contumace, à la fin de 1872, à la peine de mort, par le 4« conseil de guerre de Versailles.
VARLOPAGE s. m. (var-lo-pa-je — rad.
varloper). Action de varloper, travail de la varlope.
VARLOPE s. f. (var-lo-pe. — L'origine de ce mot n'est pas connue, mais il est fort probable qu'elle est hollandaise). Sorte de gros rabot dont le bois est très-long et porte une poignée en arrière du fer :
Sa main n'était pas endurcie Par la varlope ou le marteau.
Th. GiUTiER.
I] Demi-varlope, Varlope k dégrossir, qui est plus petite que la varlope ordinaire et dont la lumière est plus ouverte.
— Encycl. On distingue la grande et la petite varlope, qui ne diffèrent entre elles que par leurs dimensions. Les ouvriers nomment indistinctement demi-varlope ou riflard, un outil construit comme la varlope et qui n'en diffère que par la forme du fer et par sa lourdeur. C'est une sorte de varlope k ébaucher. Il est moins lourd que la varlope ordinaire, quoique construit avec le même bois dur. Sa longueur est k peu près la même, et sa grosseur moindre. Le fer est un peu cintré et a la forme de la gouge. C'est la partie convexe I qui attaque le bois.
Le riflard ou àeim-varlope a quelquefois deux poignées afin d'y placer deux ouvriers, l'un devant l'autre, ce qui arrive lorsqu'on a beaucoup de bois à enlever, qu'on fuit mordre beaucoup le fer et qu'alors l'ouvrage deviendrait trop rude pour un seul ouvrier. Dans toutes les varlopes, au contraire, le fer est plat et elles ne sont maniées que par un seul ouvrier. V. rabot, riflard, etc.
VARLOPER v. a. ou tr. (var-lo-pô — rad. ; varlope). Techu. Travailler à la varlope : Varloper une planche.
VARME s. m (var-me). Techn. Côté du creuset où se trouve la tuyère, dans les fourneaux qui n'ont qu'une tuyère. Il Plaque de fonte ou de pierre qui forme ou recouvre ce côté.
VARMO, bourg du royaume d'Italie, province d'Udine, district et mandement de Codroipo ; 2,500 hab.
VARNA, l'Odessus ou Berne des anciens, ville de la Turquie d'Europe, dans la Bulgarie, sur une petite baie de la côte occidentale de la mer Noire, où elle a un port de commerce, à 114 kilom. S.-E. de Silistrie, k 75 kilom. E. de Choumla, à 460 kilom. N. de Constantinople, par 43° 12' de latit. N. et 25037' de longit. E. ; 26,000 hab., dont la moitié sont chrétiens. Siège d'un archevêché grec. La rade de Varna, ouverte aux vents de l'E. et du S.-E., est abritée contre les vents du N.-O. ; les plus gros vaisseaux peuvent y mouiller. Son port, considéré comme un des meilleurs de l'empire ottoman sur la mer Noire, ferme la route du littoral vers Constantinople. C'est la principale échelle de ta Bulgarie et de la Dobrutscha, c'est-à-dire de la grande plaine qui s'étend entre les Balkans, le Danube et la mer. Aussi se fait-il à Varna un commerce .d'expédition et d'entrepôt trèsimportant. Le blé, le vin, les fruits, les suif.-,. les cuirs, la cire, le miel, les bois de construction, sont les principaux articles de l'exportation. On importe k Varna du fer, du cuivre, des étoffes, du café, des spiritueux, du sucre, du poivre, du sel, du charbon de terre. 5,000 à 6,000 navires entrent chaque année dans le port de Varna, qui est desservi par des bateaux k vapeur français, autrichiens, russes et ottomans. Le tonnage générai est d'environ 200,000 tonneaux. D'après les états de la douane, la valeur des importations annuelles à Varna est estimée à 7,500,000 francs ; celle des exportations à 7,600,000 francs.
Varna s*éiève près de l'emplacement de l'ancienne ville ville grecque d'Odessus, entre 'des coteaux' boisés, des marais et la mer ; elle est entourée de fortifications qui ont un développement de 4 kilom. et possède un vieux château. Le mur d'enceinte, bastionné et précédé d'un large fossé, est défendu par des fortins et des ouvrages avancés. La ville est assez bien bâtie, renferme quelques bazars bien approvisionnée et plusieurs mosquées. Aux environs de Varna, on voit le théâtre de la fameuse bataille remportée le 10 novembre 1444, par Amurat II sur les Polonais et des Hongrois. Les Russes prirent Varna en 1828. En 1854, ce port fut le point d'embarquement des troupes anglo - françaises pour la Crimée.
VA RM} HELE K (Frédéric-Dieudonné-Charles, baron de), homme d'Etat wurtembergeois, né en 1809. Il fit ses études aux universités de Tubingue et de Berlin, entra ensuite dans la carrière administrative, fut attaché de 1832 k 1839 an ministère de l'intérieur et remplit
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en même temps, à partir de 1833, les fonctions d'assesseur près la régence de LudwigV bourg. Il donna sa démission en 1839, et, de 1840 k 1S47, résida le plus souvent à Rome, bien qu'en 1844 il fût devenu membre de !a seconde chambre wurtembergeoise, où il prit rapidemement une position éminente. Il exerça surtout beaucoup d'influence dans la discussion des questions économiques, et c'est à lui principalement que le Wurtemberg doit la liberté de l'industrie, qui fut garantie par la loi du 12 février 1862. Sur le terrain purement politique, il fut loin de faire preuve d'idées aussi libérales. Pendant les agitations de 1848, il défendit avec beaucoup de vivacité les intérêts de la noblesse. Aussi gagnat-il à cette conduite la réputation d'un aristocrate endurci. Lorsque, en mars 1848, le cabinet Schleyer fut forcé de céder, il fut appelé au ministère avec le baron de Linden ; mais leur nomination dut être révoquée a van'; même d'avoir été officiellement connue, parce que la nouvelle seule en avait suffi pour provoquer dans le royaume une dangereuse agitation.
Après que la réaction eut repris le dessus, M. Varnbueler prit une part active k toutesjles mesures destinées à effacer le souvenir des années 1843 et 1849; mais il sut néanmoins garder toujours une certaine modération. )i ne fut pas rappelé au ministère, pendant le règne du roi Guillaume ; mais son successeur, le roi Charles, le nomma, le 2"4 septembre 1864, ministre des affaires étrangères et de la maison royale, et lui confia en outre, le 21 octobre suivant, la direction des voies commerciales. Depuis lors, M. Varnbueler a été l'homme d'Etat dirigeant du Wurtemberg.
Il sut se concilier tout d'abord la majorité de la seconde Chambre, puis les sympathies de la plus grande partie de la population, principalement par sa politique hostile k la Prusse; mais il perdit bientôt la confiance générale, parce que, à dater surtout de la conclusion du traité du 13 août 1866, il eut l'air tantôt de marcher d'accord avec la Prusse, tantôt de combattre la politique de cette puissance. Il ne réussit pas mieux k l'intérieur. Son projet de loi sur tes réformes à introduire dans la composition des deux Chambres ne contenta personne, et l'ordre équestre, en particulier, se montra fort blessé de n'avoir pas été mentionné dans ce projet. L'agitation anti-prussienne dont il avait été le principal provocateur lors des élections au parlement, bien qu'il se fût fait élire lui-même député k ce parlement et qu'il se fût rendu k Berlin en cette qualité, ne porta aucuns amélioration k sa position à l'intérieur, car cette agitation n'eut d'autre résultat que de dinner la victoire aux ultramontains et au parti populaire. Lors du conflit qui s'éleva en juillet 1870 entre le cabinet des Tuileries et celui de Berlin, M. Varnbueler déclara au ministre de France, le 13, qu'exiger du roi Guillaume qu'il défendît au prince de Hohenzollern de poser jamais sa candidature au trône d'Espagne, c'était une insulte au roi et à l'Allemagne et provoquer une guerre nationale. Le 15 juillet, M. de Bismarck ayant proposé au ministre wurtembergeois de rompre immédiatement les relations diplomatiques avec la France, M. Varnbueler lui répondit qu'il serait peut-être bon ■ d'amuser encore un peu les Français,» afin, de gagner du temps pour les préparatifs militaires. Cet avis fut goûté, et l'inepte gouvernement de Napoléon III s'imagina qu'il trouverait dans le Wurtemberg un allié. M. Varnbueler est un homme d'esprit et de talent, un orateur distingué, qui s'est complètement inféode k la politique de M. de Bismarck.
VARNER (François- Antoine), vaudevilliste français, né à Paris eu 17S9, mort en 1854. Après avoir terminé ses études au collège Sainte-Barbe, il y devint professeur ; mais, en 1811, il fut forcé d'entrer dans un régiment de dragons, d'où il passa, grâce k des protections, dans les bureaux du ministère de la guerre. Il fit la campagne de Russie, comme adjoint aux commissaires des guerres, et, ayant perdu sa place à la rentrée des Bourbons, il demanda des ressources à la littérature. 11 écrivit avec Imbert, sous ce titre : Y Art d'obtenir des places ou la Clef des ministères (Paris, 1816, in-8°), UDe critique piquante de l'avidité avec laquelle on postulait alors les emplois publics. Puis, les deux collaborateurs donnèrent au théâtre des Variétés le Solliciteur, pièce qui obtint un immense succès. A peu de temps de là, Varner écrivait une charmante pièce, le Mariage de raison, avec Scribe, dont il fut dès lors le principal collaborateur, ainsi que de Dartois, de Bayard, de Dupin et de Mélesvilie. En 1830, il avait obtenu à l'Hôtel de ville de Paris un emploi de chef de bureau, qu'il perdit en 1848. Les vaudevilles qu'il a signés, soit seul, soit avec d'autres, sont nombreux ; nous nous contenterons de citer les suivants : l'Intérieur d'un bureau (1823) ; le Château de la Poularde (1824) ; la Mansarde des artistes (1824); l'Art de payer ses dettes (1832); le Mari d'une muse (1834); la Pensionnaire mariée (1835); les Pénitents blancs (1835); la Chasse aux vautours (1842) ; Recette contre l'embonpoint (1843); 1 Autre part du diable ouïe Talisman du mari (1843); la Belle et la bête (1845); le Nouveau Juif errant (1846); Père et portier (1847), etc.
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VARNES ou VARINS, ancien peuple de la
Germanie. '
VARNEV (Jean-Baptiste), littérateur français, mort à Reims en 1819. Professeur au collège des Grassina a Paris, au début de la Révolution , il s'engagea à cette époque comme simple grenadier, parvint au grade d'officier et donna sa démission lors de la formation des écoles centrales. Il fut alors nommé professeur de rhétorique au collège de Chaumont, puis, en 1812, au collège de Reims. Varney s'était adonné surtout à l'étude de la littérature anglaise, et c'est à lui que revient l'honneur d'avoir le premier fait connaître en France les Lettres de Junius , dont il publia une traduction en 1791. Il a, en outre, traduit de l'anglais : le Paresseux, de Johnson (Paris, 1790, 2 vol. in-8°), et l'Histoire de miss Nelson (Neuwied, 1792, 4 vol. in-12), et, du latin, les Commentaires de César avec des notes militaires (Paris, 1810, in-8").
VARNEV (Pierre-Joseph-Alphonse), violoniste et compositeur, né à Paris en 1811. Il commença fort jeune a étudier la musique et le violon, entra, en 1832 , au Conservatoire et, pendant trois ans, y suivit les cours de Reicha. En 1835, il devint chef d'orchestre du théâtre de Gand, fut ensuite attaché à divers théâtres des départements et, à son retour à Paris, obtint la direction de l'orchestre du Théâtre - Historique, dont la fondation était toute récente. Appelé, en 1851, au Théâtre -Lyrique, il le quitta dès l'année suivante, lors du changement de direction de ce théâtre, alla reprendre son ancien emploi à Gand et devint chef d'orchestre successivement au théâtre de La Haye et au théâtre des Arts, à Rouen. C'est de là qu'il passa en 1857 aux Bouffes-Parisiens et prit, en 1862, la direction de cette scène. On cite, parmi ses compositions ; Atala, oratorio-cantate, avec choeurs (1848); le Moulin Joli, opéra-comique en un acte (1849); la Quittance de minuit, opéra-comique en un acte (1852); la Ferme de Kilmoor, opéra-comique en deux actes (1852); VOpéra au camp (1854) ; la Polka des sabots, opérette en un acte (1859); Une fin de bail, opérette en un acte (1862); la ieçon d'amour, opéra-comique (1868), etc.
VARNHAGEN D'ENSE (Charles-Auguste), célèbre littérateur et homme politique allemand, né a Dusseldorf en 1785, mort en 1858. Peu de temps après sa naissance, son père, qui exerçait la profession de médecin, alla se fixer à Strasbourg; mais, dénoncé pendant la Terreur, il fut obligé de quitter la France et se retira à Hambourg, où le rils termina, sous les yeux du père, son éducation première. En 1799, le jeune Varnhagen se rendit à Berlin dans l'intention d'y étudier la médecine, mais il négligea presque complètement cette science pour s'occuper de philosophie et de belleslettres, et, dès. 1804, il publia avec Chumisso un Almanach des Muses qui obtint beaucoup de succès. L'influence des leçons de Schlegel et l'amitié de Fichte le décidèrent a persévérer dans la nouvelle voie qu'il avait adoptée, et on le vit fréquenter successivement les universités de Hambourg, de Halle, de Berlin et de Tubingue. Les événements militaires dont l'Allemagne était le théâtre à cette époque éveillèrent en lui, dès 1806, le désir de se ranger parmi les défenseurs de sa patrie ; mais les circonstances s'opposèrent à l'exécution de ce dessein, et la connaissance qu'il lit peu après de la belle juive Rahel Levin le détourna, pour un temps, de ses velléités bel» liqueuses. Dans le but de' se créer une position afin d'obtenir la main de celle qu'il aimait, il revint à Tubingue pour y reprendre ses études médicales; il se lia dans cette ville avec Uhland et Kœrner, qui le ramenèrent à la culture des lettres. Partageant l'enthousiasme guerrier de Kœrnôr, il entra dans l'armée autrichienne en 1809 , lors de la reprise des hostilités avec la France, et fut promu officier après la bataille d'Aspern; mais, blessé à Wagram, il dut être transporte a Vienne. Après sa guérison, il alla rejoindre son régiment en Hongrie et se trouva alors placé sous les ordres du général Bentheim, dont il gagna l'amitié et qu'il accompagna, après le traité de Vienne , dans différents voyages, puis à la cour de Napoléon en 1810. Ce fut à taris surtout qu'il commença à se faire connaître comme littérateur et comme homme politique. A Prague, il se lia avec le ministre prussien de Ktein et avec Justus de Griiner. Lorsqu'en 1812 l'Autriche prit part a la campagne de Russie, il quitta le service militaire et se rendit à Berlin, où il espérait obtenir un emploi dans l'administration cwvile. Mais, soit qu'il n'eût pas réussi, soit que la tournure des affaires eut apporté une modification à ses idées, il accepta, en 1813, le grade de capitaine dans l'armée russe, assista a la prise de Hambourg et suivit, en qualité d'aide de camp, le général de Tettenborn dans sa marche sur Paris. 11 venait de publier une Histoire des événements de Hambourg (Londres, 1813), que suivit bientôt après une Histoire de la campagne de Tetlenborn (Stuttgard, 1814). Pendant qu'il était à Paris, il obtint un emploi diplomatique au service de la Prusse, suivit, en 1814, au congrès de Vienne le chancelier de Hardenherg et, à la sollicitation de cet homme d'Etat et du baron de Stein, écrivit à cette époque un ouvrage sur la Saxe. Au début de la guerre de 1815, il suivit de nouveau Hardenberg