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à Paris et fut nommé ensuite ministre de Prusse à Carlsruhe, où il prit une part active à l'introduction d'une constitution parlementaire dans le grand-duché de Bade.
Rappelé en 1819 et nommé ambassadeur auprès du gouvernement des Etats-Unis, il refusa cette brillante position, qui l'eût enlevé à l'Allemagne et à toutes ses affections. A dater de cette époque, il vécut à Berlin, sans emploi, avec le simple titre de conseiller de légation, jusqu'en 1829, époque a laquelle il fut chargé d'une mission confidentielle. à Cassel. Il déploya à cette occasion une remarquable activité et sembla renaître à la vie politique ; mais, en 1833, Sa mort de Rahel, qu'il avait épousée en 1814, vint éteindre en lui toute idée d'ambition. Elle avait toujours exercé sur lui une grande influence, malgré la différence d'âge qui existait entre eux (elle avait quatorze ans de plus que lui), et la douleur qu'il éprouva de sa perte fut telle que, pendant deux ans, on ne le vit travailler à aucune œuvre de longue haleine. Il passa ses derniers jours dans la retraite, occupé de ses travaux littéraires et de correspondance avec ses, amis. Au nombre de ces derniers était Henri Heine, et cependant leurs caractères semblaient peu faits pour sympathiser ensemble. tA première vue, dit M, Rodolphe Gottschall, notre littérature moderne ne présente pas deux plus grandes antithèses que Varnhagen d'Ense et Henri Heine : l'un est un maître de la formé artistique dans tout ce qu'elle a de plus clair et de plus pur; l'autre, un rebelle qui ne veut se plier à aucune des lois de l'art ; l'un n'est satisfait que lorsqu'il crée une œuvre parfaite; l'autre n'est content que lorsqu'il peut rapetisser jusqu'au tronc l'image de Dieu; l'un est un Allemand conséquent avec lui-même, un patriote prussien; l'autre, un cosmopolite qui va, errant ça et là, a l'aventure; l'un, un diplomate consommé et un homme du monde accompli ; l'autre, un adversaire systématique de la diplomatie et un adorateur mal élevé des Muses Les conversations de Varnhagen avec
Humboldt et son journal ne laissent aucun doute sur la sympathie secrète qui avait établi une liaison, interrompue seulement par la mort, entre le diplomate prussien et le poète parisien. Ce n'est pas, du reste, l'identité, mais bien la différence et le contraste des caractères qui sont la plus sûre garantie de la durée des relations amicales. Les lettres de Heine à Varnhagen publiées par Ludmilla Assing, d'après les manuscrits de son oncle (v. ci-dessous), jettent une vive lumière nonseulement sur leur caractère a tous deux, mais encore sur l'époque littéraire parmi les plus illustres représentants de laquelle ils ont le droit d'être comptés. »
, Les principales œuvres de Varnhagen d'Ense sont des biographies écrites avec une exactitude, une élégance et souvent une profondeur qui l'on fait surnommer le Plutarque allemand. Parmi ses œuvres les plus remarquables, nous mentionnerons : Essais et contrariétés de Charles (1805); Nouvelles allemandes (Stuttgard, 1815) ; Poésies diverses (Francfort, 1816) ; Pensées spirituelles d'Ange Silesius (Hambourg, 1822), dont la troisième édition a paru sous le \itre à' Angélus Silestus et saint Martin (Berlin, 1849); Goethe dans la mémoire des contemporains (Berlin, 1823); Monuments biographiques (Berlin, 1824-1830); Vie du général Seydlitz (Berlin, 1834); Vie du général de Winterfeld (Berlin, 1836) ; Vie de la reine de-Prusse, Sophie-Charlotte (Berlin, 1837); Souvenirs et mélanges (Leipzig, 1843-1846, 7 vol.); Vie des feld-maréehaux comtes de Schwerin (Berlin, 1841); Vie du jeld- maréchal Keith (1844); Bans de Held (Leipzig, 1845) ; Vie de Chartes Millier (Berlin, 1847); Simple discours adressé aux Allemands sur le problème du jour (Berlin, 1848) ; Vie du comte liulow de DennevÀtz (Berlin, 1853) ; Documents d'histoire et de littérature, recueil d'articles publiés dans le Jahrbûcher, qu'il avait aidé à fonder. Après la mort de Varnhagen, sa nièce Ludmilla Assing a encore publié, d'après ses manuscrits : Ta suite de ses Souvenirs (Leipzig, 1859, tomes VIII et IX) ; Lettres d'Alexandre de Humboldt à Varnhagen de 1827 à 1858 (Leipzig, 1360), qui ont obtenu cinq éditions successives la première année de leur publication ; Journal de F. de Gentz (Leipzig, 18G1); Lettres à une amie de 1844 à 1853 (Hambourg, 1860); Journal de Varnhagen d'Ense (Leipzig, 1861-1862, tomes !" à VI; Zurich, Iseï-lS'Ss, tomes VII et VIII); Lettres de Slœgemann, Metternich, Heine et Bettina d'Arnim avec des lettres, des remarques et des notices de Varnhagen (Leipzig, 1865) ; Correspondance entre Varn-~ hagen et Œlsner, avec des lettres de Rahel (Stuttgard, 1865); Feuilles de l'histoire prussienne (Leipzig, 1868 et suiv., 3 vol.).
VARNHAGEN D'ENSE (Rachel- Antonie- Frédérique Lkvin-Markus, dame), épouse du précédent, née à Berlin en 1771, morte en 1833. Elle appartenait à une famille juive et était sœur du poète Louis Robert. Tout enfant, elle lit preuve d'une rare intelligence, et comme son éducation fut assez négligée, ses qualités naturelles ne s'en développèrent que plus à l'aise et d'une façon plus originale. Après la mort de son père, elle vécut dans les conditions les plus heureuses auprès de sa mère, qui ne mit aucune entrave h l'essor de son esprit, et bientôt la jeune Rahel réunit autour d'elle l'élite des savants , des littéra-
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teurs et des artistes de Berlin. Les malheurs de la Prusse en 1806 et la mort du prince Louis, auquel l'unissait une affection profonde, quoique toute platonique, l'affligèrent profondément. Ce ne fut que deux ans plus tard qu'elle fit la connaissance de Varnhagen , qu'elle épousa en 1814, après s'être convertie au christianisme. Pendant la guerre de l'indépendance, elle fut l'une des femmes allemandes qui contribuèrent le plus a l'accomplissement de cette grande œuvre ; elle suivit, l'année même de son mariage, Varnhagen au congrès de Vienne. Dans cette ville, puis à Carlsruhe, et plus tard, de nouveau, à Berlin, elle se trouva en rapport avec les hommes les plus éminents de son temps, et, lorsqu'on 1831 Berlin fut décimé par le choléra, elle fit preuve du plus grand dévouement, prodiguant à tous secours et consolations. Rahel n'avait jamais cherché la réputation littéraire et n'avait rien écrit qui fût destiné à voir le jour. Mais, après sa mort, son époux publia un recueil remarquable de ses lettres, sous ce titre : Rahel, souvenir adressé à ses amis (Berlin, 1833: 1834, 3 vol., nouv. édit.), et il le fit suivre d une Galerie de tableaux de la société de Rahel (Leipzig, 1836, 2 vol.). Depuis la mort de Varnhagen, on a encore publié, d'après ses manuscrits : Correspondance entre Rahel et David Veit (Leipzig, 1861, 2 vol.). Pour bien faire connaître cette femme, qui, pendant plus d'un quart de siècle, a exercé une influence prépondérante sur la société littéraire allemande, nous reproduirons ici les lignes qu'un critique éminent lui a consacrées : « Qui a été a Berlin sans connaître M™e Varnhagen de Ense', sans entendre au moins beaucoup parler d'elle î Cette dame fut presque un phénomène en Allemagne; elle eut un salon qui n'offrit rien d'analogue à l'hôtel de lîambouillet et aux réunions de MMmes Geoffrin et Du Deffant. Douée de presque toutes les qualités de l'esprit, liée avec les notabilités intellectuelles de l'Europe , elle n'eut rien de commun avec le pédantisme et la prétention de Mme de Staël. Sa maison pouvait être quelquefois à son insu un bureau d'esprit, mais c'était avant tout un bureau de cordiale affabilité etde bon goût. Comment décrire à Paris cette originale personnalité de M™6 Varnhagen , femme spirituelle, modifiée par la sensibilité allemande, faisant servir l'instruction à favoriser ses élans d'imagination capricieuse, pouvant être vaine, vaine d'elle et de son époux, et n'étant jamais que bonne? Que les Français imaginent le caractère de femme le plus curieux pour leurs idées habituelles, il leur restera encore à le teindre de cette couleur particulière à l'Allemagne. Le plus bel éloge qu'on puisse faire d'elle, c'est que, pouvant prétendre à la gloire littéraire, elle n'a laissé , comme titre au souvenir de ses contemporains, que ses lettres, témoignage de piquante sympathie, réunies par son époux dans le recueil que nous avons sous les yeux. •
VARNHAGEN D'ENSE (Rose-Marie) , dame Assing, femme de lettres alIemande.V. Assing.
VAROLE (pont de). Anat. Grosse éminence qui joint les pédoncules moyens du cervelet, au devant du cervelet et de la moelle allongée, derrière les pédoncules du cerveau.
— EncyCl. V. PROTUBÉRANCE.
VAROLI (Constantin) , médecin et anatomiste italien, né a Bologne en 1543, mort en 1575. Il fit ses études médicales dans sa ville natale, passa son doctorat, puis devint professeur d'anatomie etde chirurgie et premier médecin du pape Grégoire XII L C'est seulement plusieurs années après sa mort que fut publié son principal ouvrage. Il n'avait, de son vivant, fait paraître qu/une lettre sur les nerfs optiques, dans laquelle il indiquait une nouvelle manière de disséquer le cerveau en commençant par sa base, et où il donnait sur la structure de ce viscère quelques détails dont les principaux ont fait donner son nom à une des parties centrales du cerveau, le pont de Varole. Cette lettre a pour titre : De nervis oplicis nonnullisque aliis prxter communem opinionem in capite humano observatis epistola (Padoue, 1572, in-8°). Quant a son ouvrage posthume, il est intitulé : De resolutione corporis humant libri quatuor (Francfort, 1591, in-8o).1
VARON (Casimir), littérateur français, né en 1761, mort à Mons en 1796. Il s'udonna à l'étude des lettres et des beaux-arts et se rendit à Rome. Se trouvant dans cette ville lors de l'assassinat de Basseville , il parvint non sans peine à se sauver (13 février 1793), et dut abandonner ses papiers et ses travaux littéraires. De retour en France , Varon devint membre de la commission des arts, puis administrateur du département de Jemmapes. On a de lui : Etrennes du Parnasse (1788-1789, 2 vol. in-12); Essai sur le paysage historique de la campagne de Rome, publié dans la Décade philosophique ; des pièces de vers, etc. Il a; rédigé le premier voyage de Levaillant.
VAROQU1ER s. m. (va-ro-kié). Bot. Nom vulgaire du centrolépis.
VAROTARI (Dario), peintre italien, dit II
Padovano. V. PADOUAN.
VAROTARI (Alessandro), peintre italien.